dimanche 11 novembre 2018

Einstein, le sexe et moi - Olivier Liron

Einstein, le sexe et moi                Olivier Liron

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Alma éditions
Parution : le 6 septembre 2018
Pages : 200
ISBN : 978-2-36279-287-8
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je vais vous raconter une histoire. Cette histoire est la mienne. J’ai joué au jeu télévisé Questions pour un champion et cela a été très important pour moi. »


Nous voici donc en 2012 sur le plateau de France 3 avec notre candidat préféré. Olivier Liron lui-même est fort occupé à gagner ; tout autant à nous expliquer ce qui lui est arrivé. En réunissant ici les ingrédients de la confession et ceux du thriller, il manifeste une nouvelle fois avec l’humour qui est sa marque de fabrique, sa très subtile connaissance des émotions humaines.

Olivier Liron

L’image contient peut-être : Olivier Liron, barbe



Olivier Liron est né en 1987. Normalien et agrégé d’espagnol, il enseigne la littérature comparée à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre. Il se forme en parallèle à l’interprétation et à la danse contemporaine à l’École du Jeu et au cours Cochet. Son premier roman, Danse d’atomes d’or, est publié en 2016 chez Alma Éditeur. Il est également l’auteur de pièces de théâtre, de scénarios pour le cinéma et de fictions sonores pour le Centre Pompidou. En 2017, il adapte son roman Danse d’atomes d’or pour le cinéma dans le cadre de la promotion « Adaptation de romans » de la Fémis. En 2018, il crée le spectacle La vraie vie d’Olivier Liron. Son deuxième roman, Einstein, le sexe et moi, est paru en 2018 chez Alma Éditeur.


Source Alma éditions









Mon avis


Le 15 août 2012 fut une journée importante pour Olivier Liron, c'était l'enregistrement de l'émission "Super question pour un champion" avec le mythique Julien Lepers.

Ah Julien Lepers, tout un poème ! Celui qui tous les soirs captaient l'attention dans les foyers, celui qui aurait sans doute aimé embrasser une autre carrière, celle de chanteur dans les années 70... allez savoir ... C'est l'auteur du tout au moins mythique "Pour le plaisir" d'Herbert Léonard.

Celui qui s'emballe en posant des questions, oui, oui, oui, qui lancent ses fiches en l'air, titille ou soutient les candidats...

Bon, on se calme... Julien fait certes partie du roman mais c'est aussi de lui, qu'Olivier Liron (dont il s'agit du deuxième roman) nous parle à travers les coulisses et l'enregistrement de cette émission.

Quel est l'intérêt de ce roman me direz-vous ?

Il est multiple car on rit, on pleure, on passe par pleins d'émotions surtout le rire et l'humour avec un vrai style littéraire.

Olivier est autiste asperger, comme il le dit lui même, ce n'est pas une maladie mais une différence.  Il en a beaucoup souffert de cette particularité et à travers le récit de cette finale, entre les séquences - le livre est construit en fonction des différentes étapes de l'émission - il nous parle de lui, de ses expériences, de son vécu, de son apprentissage.

Une petite madeleine dans le coca entre chaque séquence et c'est parti, il nous raconte son enfance solitaire, triste, son mal être, sa colère, ses chagrins, ses peurs, ses émotions,  comment il s'est réfugié dans les mots, la connaissance pour "se remplir la tête pour peupler sa solitude".

Il nous raconte ses premières amours, ses premiers émois, ses craintes, sa maladresse dans le début de sa vie intime.  Je ne verrai plus jamais "Les pensées de Pascal" de la même manière.

Ce qui fait la force de ce roman, c'est sa sincérité, son auto-dérision, l'humour.

Il parle de sa différence de façon touchante, de la manière dont il l'a surmontée.  Il sublime son "handicap", le dépasse et cette particularité devient sa force qu'il trouve dans l'écriture, une écriture salvatrice, une force intérieure, une résilience.

Oui, lisez ce petit ovni littéraire dont on parle beaucoup, c'est une pause, un petit moment de pur bonheur.  Un personnage attachant qui gagne à être connu.

Ma note : 9.5/10


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Les jolies phrases

Ensuite je me souviens qu'on s'est mis derrières les buzzers.  Tout s'est bousculé dans ma tête, le sang est venu battre à mes tempes comme la mer, et c'était comme entrer dans un rêve sous la lumière aveuglante des projecteurs.

La vraie vie est plus romanesque que les films.

Mais la façon dont les autres vous font comprendre votre différence, ça s'inscrit aussi dans le corps.  J'ai dans mes tripes la mémoire de la différence qu'on m'a apprise, qu'on a tatouée sur ma chair.

Ce qui ne tue pas rend plus fort... à condition qu'on en réchappe et qu'on ne meure pas avant de désespoir ou de résignation.

Le plus drôle, ou le plus énervant, comme on veut, ce n'est pas la difficulté d'être différent, c'est l'absence de toute prise en compte de cette différence à l'école par les adultes.

C'est marrant, je parle du corps, mais j'ai l'impression que les mots ont encore plus de pouvoir que les coups, que les mots sont les coups qui ne partent jamais, les plus indélébiles, les plus violents pour le corps, justement.

Il s'est passé des choses dans ma tête.  Il se passe souvent trop de choses dans ma tête.

Je me souviens de tous les détails, ma mémoire est un enfer, l'oubli est un long chemin qui mène au pays du bonheur.

Le problème avec la vérité, j'ai pensé c'est qu'on ne sait pas comment la révéler.

J'aurais voulu lui dire que je ne m'accordais pas le droit d'être moi-même, et que j'avais l'impression d'être mon propre tyran en permanence, mon propre monstre.  J'ai un monstre en moi.

Je me suis rempli la tête d'informations pour peupler ma solitude.

Mes parents étaient des fonctionnaires qui n'avaient pas l'air de très bien fonctionner.

La joie est un pur délice de l'esprit qu'on ne doit pas manger trop vite, sinon on peut faire une indigestion.

Quand on ne peut pas parler, on construit des forteresses.  Ma forteresse à moi est faite de solitude et de colère. Ma forteresse à moi est faite de poésie et de silence. Ma forteresse à moi est faite d'un long hurlement.  Ma forteresse à moi est imprenable.  Et j'en suis le prisonnier.





samedi 10 novembre 2018

Prendre refuge - Mathias Enard et Zeina Abirached

Prendre refuge          

Zeina Abirached  et Mathias Enard

Prendre refuge

Casterman
Parution : 05/09/2018
Pages : 344
Scénario : Mathias Enard
Dessin : Zeina Abirached
ISBN : 9782203148611
Prix : 24 €

Présentation de l'éditeur


Entre Bâmyân et Berlin, hier et aujourd’hui, l’amour comme la plus belle des aventures.


1939, Afghanistan. Autour d’un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d’une archéologue. Cette nuit-là, les deux femmes l’apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate.

2016, Berlin. Karsten, jeune Allemand qui se passionne pour l’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s’éprend, malgré leurs différences.

A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d’amour atypiques, comme un écho à deux époques complexes, se tissent au fil des pages. Alliant les contraires, rapprochant des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser, l’album propose une réflexion sur la difficulté d’aimer aujourd’hui comme hier.


 

Les auteurs nous en parlent

Très très belle interview que pour ma part j'ai écouté après la lecture.




Mon avis

Ce roman graphique tout en noir et blanc est un vrai petit bijou.


  • Deux époques :


- 1939 : Afghanistan sur le site des Bouddhas de Bâmiyan.  Anne-Marie Scharzenbach tombe en amour de Rita, une archéologue.  La guerre éclate en Europe.

- 2016 : Berlin.  Karsten, passionné de l'Orient,  rencontre dans une fête scolaire Nayla, une jeune réfugiée syrienne.


  • Deux cultures : l'Orient et l'Occident vont se rencontrer.
  • Deux langues : l'allemand et le syrien
Avec une économie de mots, un graphisme en NOIR et BLANC somptueux, ces deux destins vont s'entremêler par le biais du livre que Karsten va lire. 

C'est la difficulté de vivre un amour hier et aujourd'hui.

C'est l'histoire des opposés qui se rencontrent, de cultures et de langues qui s'apprivoisent.

Il y a peu de mots, des onomatopées mais le visuel est tellement puissant, des regards qui se croisent, des situations que l'on "entend" presque tellement le dessin est fort.

De la poésie, des moments magiques, un ensemble de petits riens qui permet de prendre refuge dans l'autre.  C'est profond, intime, on entend, on ressent les émotions au plus profond de soi.

Un roman graphique à lire et à relire, à parcourir au hasard des pages pour sa beauté.

La fin m'a bouleversée, secouée.  Sublime !

Encore un joli coup de coeur.  ♥♥♥♥♥



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Anne-Marie Scharzenbach                            Bâmiyân

source wikipedia

mercredi 7 novembre 2018

Un monde à portée de main - Maylis de kerangal

Un monde à portée de main       

Maylis de Kerangal



Gallimard - Collection Verticales
Parution : 16/08/2018
Pages : 288
ISBN : 978-2-07-279052-2
PRIX / 20 €

Présentation de l'éditeur

«Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage.»


L'auteure nous en parle




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Mon avis

#Un monde à portée de main #Maylis de Kerangal #MRL18 #Rakuten

Peut-être pas la bonne pioche pour moi, à l'occasion des  #MRL18 #Rakuten que je remercie.  Je me réjouissais vraiment à l'idée de retrouver la magnifique plume de Maylis de Kerangal.

J'avoue avoir eu des difficultés à rentrer dans cette lecture, le sujet m'intéresse pourtant mais je pense que les longues envolées lyriques décrivant de manière magistrale et somptueuse le monde de la peinture; ustensiles, tons, nuances, couleurs, matières .... n'ont pas réussi à me toucher.

Peut-être est-ce un peu trop documenté , un peu trop précis pour la non initiée que je suis.
Je l'ignore, la fatigue peut-être aussi mais ce fut un début laborieux.

Voici le sujet.  Paula Karst (son nom prendra tout son sens en cours de récit), Jonas et Kate sont amis.  Ils ont étudié ensemble d'octobre 2007 à mars 2008 à l'institut de peinture, rue du Métal à Bruxelles, le monde du trompe l'oeil, de l'illusion.

C'est principalement le parcours de Paula Karst que nous allons suivre.  Elle surprend ses parents en voulant s'inscrire dans cette voie, elle s'immergera corps et âme dans l'apprentissage de cet art.  On peut en effet parler d'un art car c'est une discipline exigeante demandant de s'investir complètement, c'est physique et mental à la fois.  Il faut véritablement s'imprégner du sujet, se fondre en lui pour pouvoir reproduire par exemple l'effet du bois, du marbre.  Il faut observer, rendre la patine, le poids du temps, les défauts..  Reproduire et non créer.

On suivra le parcours des étudiants avec leurs doutes, leurs joies mais aussi une grande solitude, il n'y a place pour rien d'autre que l'apprentissage et le travail.

Ensuite Paula travaillera commençant par de petits boulots, partant pour l'Italie, un travail pour une expo, chez un coiffeur puis de fil en aiguille à Portofino, restaurant tantôt une résidence, un hôtel particulier pour arriver à Cineccita, c'est le monde du cinéma, le haut lieu de l'illusion, de la tromperie, du factice..  Elle y découvrira d'autres techniques puis passera par Moscou avant en 2015 de participer au projet du fac similé de Lascaux 4, passage qui m'a vraiment réconciliée avec le roman.

L'écriture de Maylis de Kerangal est virtuose, elle manie la langue et les mots à merveille.  Un vocabulaire riche, des mots choisis, un travail très bien documenté.  Les phrases sont longues, parfois trop longues pour moi mais il en reste du moins une véritable performance.

L'art du trompe-l'oeil, l'approche de la création peut aussi je le pense être en parallèle, l'art de l'écriture, l'art d'avoir un monde à portée de main.


Ma note : 7/10

Les jolies phrases

Le trompe-l'oeil est la rencontre d'une peinture et d'un regard, il est conçu pour un point de vue particulier et se définit par l'effet qu'il est censé produire.

Elle s'aime d'avance en apprentie manches retroussées prête à en découdre, en artisane bûcheuse ayant choisi une voie modeste pour pénétrer au coeur de la peinture - apprendre le dessin, acquérir une parfaite connaissance des techniques et des produits, commencer par le commencement -; elle aime raconter qu'il faut en passer par là pour se placer ensuite devant une toile, un mur, n'importe quel support, et que ce qui importe arrivera plus tard, ailleurs, dans un autre monde, celui des artistes - et c'est là qu'elle se trompe, et de belle manière.

...l'idée que le trompe-l'oeil est bien autre chose qu'un exercice technique, bien autre chose qu'une simple expérience optique, c'est une aventure sensible qui vient agiter la pensée, interroger la nature et l'illusion, et peut-être même - c'est le credo de l'école - l'essence de la peinture.

Je croyais que je voulais être peintre.  Paula sursaute ; je veux peindre, c'est tout!

Il y a des formes d'absences aussi intenses que des présences, c'est ce qu'elle a éprouvé en pressant son front sur le grillage, tendue vers ce monde qui s'ouvrait là, occulte, à moins de dix mètres, une grotte où l'on avait situé rien de moins que la naissance de l'art.

Paula s'est demandé si les peintures continuaient d'exister quand il n'y avait plus personne pour les regarder.

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour aller vers l'article







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dimanche 4 novembre 2018

Simple d'esprit Le fada de Bousiéyas - Jean-Claude Lefebvre

Simple d'esprit

Le fada de Bousiéyas                          Jean-Claude Lefebvre

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Editions La Trace
Parution : 01/05/2018
Pages : 150
ISBN : 979-10-197515-07-2
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur


Le simple d'esprit avec son sourire figé "TOUJOURS COUNTEN", nous qui le croisons, que savons-nous de lui ? Il nous raconte ses joies, ses peines et ses angoisses, ses amours, ses douleurs dans une époque et un environnement rudes.

Son monde n'est pas tout à fait le nôtre, mais le notre est-il si différent du sien ?


L'auteur


Après « Barnabé et le Vieux Fou », « Insomnies » et « Ils m’appelaient Doctor John », Jean-Claude Lefebvre revient dans ses montagnes pour se mettre dans la peau de « Simple d’Esprit, le Fada de Bousiéyas » dont les idées frissonnent dans la tête comme les petites pensées sauvages au vent des alpages.
Jean-Claude Lefebvre est aussi médecin à la retraite, pas toujours à la retraite ...avec des missions pour MSF en Syrie, en Lybie et en Afrique ...


Mon avis


Attention pépite !  ♥♥♥

Un grand merci à Jean-Philippe Laffont et aux jeunes éditions "La Trace" pour la découverte de cette pépite.  Un livre que je n'aurais sans doute jamais découvert autrement, et quelle erreur, je serais passée à côté d'un petit bijou !

Avant de parler de l'histoire, je tiens à souligner la beauté de l'objet.  Le livre est soigné, avec un visuel magnifique qui reflète à merveille l'esprit du livre. Bravo.

Exercice difficile, trouver les mots sur ce récit magnifique. C'est parti !

Direction Bousieyas, un petit village des Alpes Maritimes dans l'arrière pays niçois.
C'est un 24 décembre que verra le jour Jean-Noël dit le Fada de Bousieyas.

La naissance s'annonce difficile, le bébé ne vient pas, il neige, il faut aller à la rencontre du docteur dans cette nature hostile, traîneau et mules sous la neige, braver le froid !  Il faudra utiliser les fers pour que Jean-Noël voit le jour.  Il en sera marqué à vie, un oeil fermé, le visage déformé à tout jamais.. Il ne respirera pas de suite laissant quelques séquelles au niveau de son développement intellectuel.

Un chouette professeur le prendra à l'école mais au départ de celui-ci, il sera rejeté, deviendra la risée de tous au village.  L'amour de ses parents le portera, lorsqu'au village on l'embêtera, pour éviter les affrontements il suivra les conseils de sa maman , il sourira, se forgera une carapace.

"Toujours counten" , on dit de lui , se sera la façon d'éviter des reproches et d'avoir la tranquillité, d'éviter que l'on s'acharne sur lui et devienne le souffre-douleur.

Mais pourtant, il n'en est pas si insensible, il nous raconte ici son histoire, nous donne sa vision des choses.

Il est sensible, il ressent toutes ces choses en dedans mais à du mal à s'exprimer.  L'amour inconditionnel de ses parents, la bienveillance de Georges son parrain et son confident "Néan", un âne du Poitou différent comme lui, lui permettront d'avancer, d'apprendre le métier de muletier de son père, de garder des chèvres en montagne.... et surtout de vivre comme tout le monde, une vie simple au rythme des saisons.

Un magnifique récit, une plume poétique, bien particulière qui m'a séduite d'entrée de jeu.  L'écriture est sensible comme notre "fada", magnifique.

Elle nous décrit à merveille la montagne, la nature.  On ressent la tempête, l'orage, la neige, on voit littéralement les paysages, on ressent la nature en soi. 

Un roman qui nous parle d'un autre temps, nous sommes au siècle dernier. Il nous parle de la modernisation, de la fin du métier de muletier avec l'arrivée des routes, de la période de la première guerre..

Les mots, l'apprentissage auront une place importante.  Amour, différence, regard des autres sont des thèmes abordés tout en sensibilité, un roman magnifique, à découvrir de toute urgence.

Vous l'avez compris c'est vraiment un immense coup de coeur, un livre qui m'a touchée.

Ma note : ♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

J'aurais pu recopier le livre !!!!

J'ai beau être simple d'esprit, j'ai un coeur comme les autres.

Ces gens sont comme les mélèzes, ont l'écorce rugueuse et les pieds bien en terre, même s'ils sont courbés par le vent et la neige.  Ils sont faits de bois dur, dont le coeur rouge saigne.

- Les gens, ne sont pas tous gentils, ils n'aiment pas que l'on soit DIFFÈRENT ni que l'on ne pense pas comme eux. Toi, tu es DIFFÈRENT, plus doux et tes idées dans ta tête ne suivent pas le même chemin, alors ils ne peuvent pas te comprendre.  Aussi quand quelqu'un te traite de Fada, de simple d'esprit, t'insulte ou te dit quelque chose que tu ne comprends pas, souris, es ben mieil.  (c'est bien mieux)
- Mais je n'ai pas envie de sourire quand ils sont méchants !
- C'est pour cela qu'il faut sourire, m'a t-elle répondu, s'ils voient qu'ils te mettent en colère, que leurs paroles te blessent, ils continueront et ce sera pire.  Alors que, si tu leur souris, s'ils te croient toujours content, ils se lasseront rapidement et te laisseront tranquille.  Souviens-toi de cela et souris.
... je suis devenu aux yeux des autres "un Bouan fada toujours counten", le simple d'esprit pour qu'ils me laissent la paix.

Tu sais comment ça fait d'être amoureux ?  ça met du miel à l'intérieur, mais quand il n'y a plus de miel, il reste les abeilles qui te mangent le coeur.

Le doute, c'est terrible, c'est comme la pourriture dans le fruit, si on le laisse, il gâte tout, dans mon grand bonheur tout neuf il y avait une épine.

Le mariage, c'est une histoire d'amour, pas de différence, il faut deux êtres qui s'aiment...  S'ils s'aiment, ils n'ont pas besoin d'être pareils.  Un garçon et une fille ce n'est pas parce qu'ils sont différents de ceux qui les entourent qu'ils ne peuvent pas s'aimer, se marier et être heureux.  Le mariage c'est comme une soupe de légumes à laquelle tu ajoutes de l'huile d'olive.  L'huile et la soupe sont différentes, la preuve, c'est que, l'huile flotte sur la soupe et comme cela ce n'est pas particulièrement bon.  Par contre si tu brasses les deux ça devient goûteux, mais si tu veux que ça le reste, il faut continuer à brasser jusqu'à la dernière cuillerée.  Le mariage c'est pareil, ce n'est pas la différence qui emporte, c'est d'entretenir jusqu'au bout.



Encore merci aux éditions La Trace, une jeune maison prometteuse que je vais suivre d'un peu plus près.

vendredi 2 novembre 2018

Bilan de lecture octobre 2018

Bilan de lecture octobre

Bilan d'octobre : 9 lectures , ce n'est pas si mal car les activités étaient nombreuses en octobre; la reprise des spectacles de théâtre, concert, escapade. Deux belles rencontres littéraires : celle imprévue d'Olivier Liron  auteur de ma dernière lecture mais aussi la belle lecture spectacle du magnifique roman de Wilfried N'Sondé  "Un océan, deux mers, trois continents".

C'était aussi et j'en suis fort heureuse , la reprise après une pause estivale de nos lectures communes avec mon binôme Julie. 

En détail cela donne ce qui suit.

Comme d'habitude en cliquant sur la couverture vous aurez accès à mon avis s'il est déjà publié.

Une écriture magnifique, une passion destructrice, une écriture salvatrice : 




Lecture scolaire du fiston, l'occasion de découvrir le destin des soeurs Mirabal et un pan d'histoire de la République Dominicaine




Indispensable , gros coup de coeur , en écho au travail magnifique du Dr Denis Mukwegé, Prix Nobel de la Paix, à la découverte du Kivu et malheureusement de ses atrocités.   A lire absolument.





Rentrée littéraire , suite :  un road movie et l'amour d'un père pour sa fille , une écriture qui vaut le détour.


Magnifique récit et auteur passionnant, un destin hors du commun, celui de NSAKU NE VUNDA,  un prêtre qui traversa un océan, deux mers, trois continents jusqu'au Vatican





Un immense coup de coeur, je vous le recommande chaleureusement .  La différence à l'honneur ce mois-ci dans mes lectures.  L'histoire magnifique d'un simple d'esprit dans les montagnes .  Une autre époque, un autre temps, le regard des gens.   Une pépite ♥♥♥  





D'un simple d'esprit à un autre, direction la Corse.  C'est la reprise de nos LC




Prendre refuge tout un programme, un roman graphique bouleversant. Peu de mots mais que de sensibilités, juste Sublime.




J'ai terminé le mois en beauté, une rencontre imprévue à la Fnac de Bruxelles et un roman qui est passé sur le haut de ma Pal.  La différence est le thème de mon mois d'octobre, un récit touchant, rempli d'humour et de spontanéité.  A découvrir de toute urgence.





Rendez-vous pour d'autres découvertes en novembre.