dimanche 10 mars 2019

Où vivre - Carole Zalberg

Où vivre        -         Carole Zalberg

Où vivre
Grasset
Parution : 03/10/2018
Pages : 144
ISBN : 9782246818472
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur

« Peut-être que nous n’étions pas faits pour avoir un État à nous, après tout. Voilà ce que me confie, à voix basse, comme pour elle-même, ma tante assise sous la pergola devant sa maison inchangée depuis ma dernière visite, trente ans auparavant. Cette réflexion, la déception qu’elle révèle me glacent mais que répondre ? Et qui suis-je pour avoir une opinion, moi qui n’ai pas remis les pieds ici depuis si longtemps ? C’est à peine croyable mais les décennies ont filé sans que j’y prenne garde, sans que j’affronte les contradictions et le malaise qui me tenaient éloignée de ce pays que je qualifiais de compliqué pour évacuer la question. »

A travers leurs voix recomposées par Marie, née en France dans les années 60, les membres d'une famille juive polonaise relatent leur installation en Israël après la guerre. Au long des décennies intranquilles, les générations nouvelles venues dans l'État juif puis celles qui y sont nées expriment leurs attentes et leurs déceptions, au fil d’un quotidien à jamais hanté par la Shoah. C'est cette fin d'un monde que les plus âgés ont voulu surmonter en construisant un lieu sûr. C'est elle que les plus jeunes veulent empêcher de se reproduire en acceptant avec plus ou moins d'évidence les épreuves que leur pays ne cesse d'imposer.

De l’après-guerre à nos jours, l'exil des uns et les questionnements de la famille restée en France se répondent, tissant des liens indéfectibles. Leurs voix se mêlent pour dire avec puissance une destinée familiale complexe et vitale qui est aussi une magnifique plongée dans les paradoxes de l’État d’Israël, autour de la question des pionniers, de leurs rêves, de leurs déceptions.

L'auteur nous en parle

J'ai visionné ceci après la lecture, je vous conseille vivement de la regarder avant .



Mon avis

Une jolie plume, un beau récit dans un roman choral où au fil du temps - de l'après-guerre à nos jours - les membres d'une famille juive polonaise séparée par l'Histoire et les kilomètres, se livrent à nous.

Des fantômes liés à l'histoire de la famille les poursuivent au quotidien.

Marie est née en 1960, c'est la fille d'Anna restée en France.

Les ancêtres, "les pionniers" arrivent en 1949 dans la terre promise d'Israël.  Nous sommes juste après la guerre et la création de l'état d'Israël.  Les ancêtres vont participer à la création d'un Kibboutz.  Les langues sont multiples et l'on décide que ce sont l'anglais et l'hébreu qui seront adoptées.  Les exilés sont souvent lettrés, musiciens, médecins, bijoutiers, ils vont tout abandonner et se donner corps et âmes pour cette terre ingrate.  Ils renoncent à beaucoup mais ils ont une certitude : celle de rompre avec la malédiction, ne plus être désignés, ils n'attendront plus le prochain massacre.

Oui mais il y a tout de même trois ans de service militaire, et la paix n'est pas vraiment retrouvée.

De l'autre côté, ceux qui sont restés en France ou aux États-Unis ne pouvant plus supporter de vivre en ghetto, ont le sentiment de se sentir libre, ils peuvent étudier, se cultiver, trouver une place dans le monde sans le risque de croiser un regard haineux.

Mais tous qu'ils soient ici ou là-bas sont hantés par l'Histoire.

Dans ce récit, plusieurs générations se livrent , nous font prendre conscience d'un idéal difficile à atteindre, de la difficulté de trouver la Paix.

On suit l'évolution de la vie au Kibboutz, l'envie de réussir, l'espoir, la joie mais aussi la nostalgie.  La difficulté pour Marie restée en France en rendant visite après 30 ans de prendre position, de réaliser qu'il y a une absence de solution pour trouver la paix intérieure.

J'ai aimé l'écriture incisive, profonde du récit en partie autobiographique.  C'est fort, cela amène à la réflexion, à considérer la question autrement sur un sujet complexe, Vivre ici ou ailleurs, un autre regard pour comprendre la complexité du choix.

Très émouvant et intéressant.


Ma note : 8.5/10



Les jolies phrases

C'est peut-être pour cela qu'il s'est passé trente ans avant que je retourne en Israël : pour discerner la vérité fragile et complexe de ces vies, il fallait éviter le fracas du réel et de son actualité constamment tourmentée.

Qui sait, peut-être allons-nous être heureux dans notre pays, s'il reste en nous de quoi l'être au moins un peu.

Je savais, moi, que j'avais beaucoup plus que mes 15 ans.  On grandit vite dans le danger et les privations.  Le temps que la guerre prenne fin, j'étais devenue tout à fait adulte et je ne comprenais pas que les autres n'en conviennent pas.

Mais comment être légers quand tous nous venons de lignes décimées ?  Quand alors qu'on nous veut invincibles, plus jamais victimes, nous avançons avec la conscience presque honteuse de notre précarité ?

C'est peut-être essentiellement ainsi que se manifeste votre héritage juif, dans cette forme de pudeur et de résilience qu'est l'auto dérision des persécutés, des menacés, des survivants.

Aussi conflictuelles soient-elles, nos relations avec les Palestiniens ne préparent pas à cela non plus.  Être l'objet de la haine, en ressentir ou au moins de l'incompréhension, les deux pieds plantés dans ce qu'on considère comme sa terre, n'a rien à voir avec le rappel constant de son illégitimité, de sa qualité d'indésirable.  On comprend que la plupart revienne vivre ici après avoir vu le vaste monde, qui aurait tant à leur offrir.

Rien n'est achevé.  La paix se refuse encore, se refusera sans doute à jamais tant les hommes sont doués pour tout gâcher, nos fils poussent à peu près droits mais tourmentés, pleins de nos drames et de ce qu'ils auront à affronter, et je la laisse seule ?

Nous n'avons peut-être pas le choix, mais nous en avons fait, ou plutôt, des choix ont été faits en notre nom qui n'avaient rien d'obligatoire, qui sont de l'huile constante sur le feu.  Nous n'avions pas à occuper plus de territoire qu'il n'en faut.  Comment espérer la paix quand on fournit à ceux qu'on croit ainsi dominer de quoi nous haïr de génération en génération ?  Et comment fait-on pour vivre heureux, nous, sans être désespérés par cette situation impossible ?

Grandir au kibboutz nous a permis de gagner du temps.  On est quasiment nés affranchis.  Pas question d'oublier une minute de quelle tragédie on était les rejetons ni que nos géniteurs ne nous étaient pas dévoués.  Au moins, on avait de l'entraînement, on ne s'attendait pas à ce que le monde nous ouvre les bras.

Peut-être avions-nous fini par partager quelque chose d'essentiel, en nous taisant pourtant des heures côte à côte.  Ne serait-ce que le fragile souvenir, sans qu'il soit jamais évoqué, du très ancien bonheur enfui, un bonheur passant alors inaperçu, tant  qu'on en jouissait, et la conscience d'avoir traversé ensemble des épreuves qui nous avaient usés mais pas vaincus.  Nous étions sauvés, nos enfants et nous.  Nous avions fait ce qu'il fallait.



samedi 9 mars 2019

Concours 1000 abonnés

Concours 1000 abonnés.




Que de chemin parcouru depuis le 21 septembre 2012 !

Passionnée de lecture depuis toujours, je suis belge, mariée et maman d'un ado de 14 ans.  Je travaille à temps plein dans le secteur bancaire.  Lire c'est ma bulle d'air, mon évasion, une nécessité.

C'est un peu par défi que j'ai créé ce blog suite à une annonce pour participer aux Matchs de la rentrée et obtenir un roman contre une critique !

Quelle évolution depuis et que de beaux moments partagés avec vous, fidèles lecteurs.  C'est avec joie que je vois ce blog grandir, s'épanouir.

Si je l'ai créé, c'est aussi et surtout parce que la passion des livres et les belles découvertes que l'on fait en solitaire, il faut les partager. Etre passeur de mots, vous donner l'envie de découvrir et partager mes et vos coups de coeur, est la raison d'être de ce blog.

Votre fidélité se fête, c'est la raison pour laquelle j'ai envie avec de nombreux partenaires de vous récompenser.

Que diriez-vous de gagner 5 de mes derniers coups de coeur ?

C'est la réalité grâce aux éditions Albin Michel, Les Escales, et aussi mes partenaires belges car une des particularités de ce blog est de vous faire découvrir la littérature de mon pays !

Merci à Editions 180 °, Robert Laffont (merci Sarah !) et Lilys éditions

On gagne quoi ?

Mes 5 derniers coups de coeur  (en cliquant sur la couverture vous avez accès à mon article complet)

3 belges

  Une drôle de fille

et

Belle-Amie L'Appartement Du Dessous, Herrlemann Florence - Livro - WOOK


Comment participer ?

Il vous suffit de vous abonner à ma newsletter , c'est simple sur la page du blog à droite

Follow by email :  il suffit de remplir

Si ce n'est fait liker la page FB du "Coin lecture de Nath"  et celle du concours et taguer 3 personnes à participer.

Liker la page de mes partenaires est un plus 180 °, Lilys éditions, Robert Laffont, Albin Michel et Les Escales.


N'oubliez pas de me communiquer pour quel livre vous jouer et de me donner vos coordonnées afin que je puisse vous recontacter.

Le concours s'adresse à la France et au Benelux. Désolée pour les autres pays .

Le concours se terminera le samedi 23 mars à minuit.




Mille Mercis ! – La Siphonnée


Merci à mes partenaires  (lien vers leur page en cliquant sur le logo)

N'hésitez pas à aller les visiter.

Aucune description de photo disponible. LiLys Éditions - Page profil YouScribe Robert Laffont (@robert_laffont) | Twitter

Éditions Les Escales (@LesEscales) | Twitter Jeunesse | Les éditions Albin Michel

dimanche 3 mars 2019

Belle-Amie - Harold Cobert ♥♥♥

Belle-amie                    Harold Cobert   ♥♥♥




Les escales
Parution : 07 février 2019
Pages : 416
Isbn : 9782365694421
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur

Que diriez-vous de retrouver Georges Duroy, le fameux « Bel-Ami » de Maupassant ? Comment va-t-il poursuivre sa fulgurante ascension après son fastueux mariage avec Suzanne à la Madeleine ? Mettant ses pas dans ceux du maître, Harold Cobert livre une suite possible au chef d’œuvre de Maupassant.

Après son fastueux mariage en l’église de la Madeleine à Paris, Georges Du Roy, le « Bel-Ami » de Maupassant, se met à rêver d’une carrière politique. Et si ce monde devenait son nouveau terrain de jeu, l’arène de son ambition dévorante ?

Louvoyant entre le milieu journalistique et celui des affaires, Du Roy intrigue comme jamais pour accéder aux plus hautes sphères du pouvoir. Alors qu’elle milite pour les droits des femmes, Suzanne, son épouse, se révèle une alliée précieuse dans cette lutte féroce.

En glissant ses pas dans ceux du maître et en nous entraînant dans le Paris de la fin du XIXe siècle, Harold Cobert propose une suite haletante au chef-d’œuvre de Maupassant. À lire aussi comme un saisissant miroir de notre époque.

« Un pari fou et totalement réussi. Un somptueux plaisir de lecture ! »

Tatiana de Rosnay


L'auteur





Nationalité : France
Né(e) à : Bordeaux , 1974

Biographie :

Harold Cobert est un écrivain français, petit fils de Roger Lafosse (1927-2011) créateur du festival SIGMA. Il se met à écrire alors qu'il poursuit des études littéraires. Titulaire d'un doctorat ès lettres, il publie aux éditions Séguier une série d'ouvrages consacrée à Mirabeau intitulée "Mirabeau, le fantôme du Panthéon".

En février 2007 paraît "Le Reniement de Patrick Treboc", aux éditions Jean-Claude Lattès, son premier roman, qui raconte le destin d’un jeune professeur intègre, criminel par accident, libéré de prison grâce à une émission de télé-réalité qu'il a lui-même inventée.

En mai 2009 paraît "Un hiver avec Baudelaire" aux éditions Héloïse d'Ormesson.

En 2010 paraît "L'Entrevue de Saint-Cloud" qui a reçu le Prix du Style 2010 et qui fait partie de la "Sélection Cultura Jeunes Talents 2010-2011" et de la première sélection du Prix des Libraires.

Il écrit sous le pseudonyme d'Arsène Lutin: Arsène étant le prénom de son fils, Lutin car il est "le lutin de Tatiana de Rosnay".

En octobre 2012, paraît un essai chez François Bourin éditeur, "Petit éloge du charme".

En 2016, il publie "La mésange et l'ogresse".

Le 07 février 2019 "Belle-Amie"

Source : Babelio

Mon avis

Quel pari fou et audacieux d'imaginer la suite de "Bel-Ami" de Guy de Maupassant publié en 1885.  Un pari tenu et avec brio sous la plume d'Harold Cobert.

J'avais lu au préalable le texte original, occasion pour moi de lire un classique mais je vous assure ce n'est absolument pas nécessaire pour plonger dans "Belle-Amie" car l'auteur habilement nous plante le décor et le contexte dans les premiers chapitres.

Georges Du Roy de Cantel a épousé Suzanne il y a dix ans, il est aujourd'hui père de deux enfants, il vit dans l'hôtel particulier de luxe provenant de son beau-père et est aujourd'hui à la tête du journal "La vie Française".

Georges a gravi les échelons en utilisant les femmes pour conquérir le pouvoir et la fortune.  Lui qui tout au début n'était que Georges Duroy, fils de paysan et de cafetier normand, lui qui travaillait aux Chemins de fer comme petit employé bouclant difficilement ses fins de mois.

C'est la rencontre fortuite avec son ancien camarde de régiment Forestier lors d'une de ses nombreuses flâneries dans Paris qui a changé sa vie.  Forestier qui occupait une belle position au journal l'a présenté à Monsieur Walter, le directeur de "La vie française" et banquier juif.  Il fut engagé après un dîner au cours duquel il rencontra les femmes qui allaient changer sa vie :  Madeleine Forestier sa première femme écrivant de façon mordante avec un regard pointu et critique sur la société dans le journal concurrent "La Plume", Clotilde sa première amante, Virginie la bigote et enfin Suzanne qui deviendrait un jour sa femme.

Celui que l'on surnommait à l'époque "Bel-Ami", le séducteur de ces dames a fait du chemin, mais cela ne lui suffit pas, il ambitionne aujourd'hui un siège au Palais de Bourbon.  Il partira en campagne sur ses terres natales dans la région de Rouen envisageant  de devenir député et pourquoi pas ministre.

N'oublions pas le rôle prépondérant des femmes dans sa vie, en particulier il convoite la "Belle-Amie", la mystérieuse Salomé qui hante ses jours et ses nuits.

Harold Cobert très vite nous replonge dans l'époque et le style de Maupassant, dressant un portrait de la société en respectant les codes utilisés par l'auteur original, tout en apportant un air contemporain et de la modernité dans son récit.

Après les premiers chapitres de mise en place, l'écriture devient agile, aisée, fluide.  J'ai beaucoup aimé le clin d'oeil en référence à Maupassant qui intervient dans le récit tant au sens propre qu'au figuré, une façon très maligne d'intégrer la publication de "Bel-Ami" dans le récit.

Harold Cobert aborde les rouages politiques, le monde de la presse et du journalisme, mais aussi le rôle des banquiers et de la finance.  Il se réfère habilement à l'Histoire en intégrant dans le récit la montée en France de l'antisémitisme, le scandale du canal du Nicaragua et le combat mené par les femmes pour obtenir des droits et une certaine indépendance.

Au fil des pages, on est captivé, s'interrogeant comment Du Roy toujours très épris de la gente féminine et de la "Belle-Amie" Salomé allait sortir son épingle du jeu et s'en sortir. Je ne fus pas déçue, au contraire, complètement bluffée par le retournement de situation imaginé par l'auteur.

Du grand art ! Grandiose, un défi relevé et réussi de manière magistrale.

Merci "Les Escales, Masse critique de Babelio et surtout Harold Cobert pour ce grand moment de lecture.

Ma note : 9.5/10 ♥♥♥♥



Les jolies phrases

Écouter est la clef du succès en politique, lui avait maintes fois répété Clément, écouter en donnant l'impression que votre vie entière dépend de la résolution des problèmes de ceux dont vous convoitez les voix, même si vous irez plutôt au bordel avec les deniers de leurs urnes !

La curiosité est le vice des journalistes, et chez moi le journaliste n'est pas toujours loin du député.

Les religions ne sont qu'un instrument d'enfumage, de l'encens putride et faisandé uniquement destiné à manipuler les petites gens, à dominer les peuples, à les asservir tandis que quelques-uns, les plus forts, les saignent et se servent.  quelle hypocrisie que tout cela !

On a l'âge de ses blessures, pas de ses artères. Certains événements vous font vieillir prématurément et vous privent de votre jeunesse. 

...une bonne affaire ne consiste pas à prendre le plus possible pour soi seul, mais à faire en sorte que chacune des parties trouve son compte aux dépens de l'autre, sans que la vie de quiconque ne se retrouve en péril.  Chacun perd quelque chose pour gagner autre chose.  C'est cela qu'il appelait "la prédation réciproque". 

N'oubliez pas que la finance gouverne le monde.  La majorité des hommes politiques ne sont que de vulgaires pantins qui jouent le rôle que nous leur écrivons.  

Malgré ce que le genre lexical nous enseigne, le pouvoir est comme une femme : il faut la désirer pour la séduire, accepter qu'elle se lasse de vous et surtout pas vous accrocher désespérément à elle pour vous effacer avec grâce si jamais vous voulez un jour la séduire de nouveau.

L'Histoire peut se répéter, jamais elle ne fait marche arrière.

Comme vous le savez, je suis médecin.  Quant un membre pourrit et menace de contaminer le reste du corps, l'amputation est la seule solution possible.  Il est des cas, comme celui auquel nous sommes aujourd'hui confrontés, où même l'amputation n'assure pas le rétablissement tant l'infection s'est répandue en profondeur dans l'ensemble des tissus.  Pourtant, le plus grand crime restera toujours de ne pas tenter tout ce qui est en notre pouvoir pour guérir le malade du mal qui le ronge.

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour lire  ma chronique



samedi 2 mars 2019

Bel-Ami - Guy de Maupassant

Bel-Ami                      Guy de Maupassant




Folio Classique 3227
Première parution en 1886

Chez Folio en 1976
Édition de Jean-Louis Bory
Nouvelle édition en 1999
Pages : 448
ISBN : 9782070409358
Prix : 3.5 €

Présentation de l'éditeur

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

L'auteur

Résultat de recherche d'images pour "guy de maupassant"



Nationalité : France
Né(e) à : Tourville-sur-Arques , le 05/08/1850
Mort(e) à : Passy , le 06/07/1893
Biographie :

Henry-René-Albert-Guy de Maupassant est un écrivain français.

Il passe une enfance heureuse à Étretat, au bord du littoral normand et reçoit son instruction d’un abbé et de sa mère, qui possède une vaste culture littéraire. Les parents de Guy déménagent souvent. Il passe donc le reste de son temps entre le port et la campagne, où il se lie avec les pêcheurs et les paysans des environs qui lui inspireront plus tard plusieurs personnages.

Il intègre le lycée de Rouen en 1868. Il commence à écrire ses premiers sonnets à l'âge de 13 ans.

Au sortir du collège, Maupassant est mobilisé pour la guerre de 1870 contre la Prusse. Il sert dans l’intendance à Rouen jusqu’à la débâcle de 1871.

Il travaille ensuite à Paris comme fonctionnaire au Ministère de la Marine pendant près de dix ans, puis au Ministère de l’Instruction publique. Il se consacre pleinement à l’écriture en 1880. C'est cette même année qu'il reçoit la reconnaissance du public. Il est introduit dans les milieux littéraires par Flaubert qui le considère comme son fils spirituel.

Dans les dernières années de sa vie, Maupassant est atteint de troubles nerveux dus à la syphilis. Son aversion progressive pour la société, qui croît à mesure que sa paranoïa augmente, le conduit à vivre reclus. Dépressif, physiquement diminué et sombrant peu à peu dans la folie, il décède à l’âge de 43 ans.

Guy de Maupassant a marqué la littérature française par ses six romans, dont "Une vie" (1883), "Bel-Ami" (1885), "Pierre et Jean" (1887-1888, avec sa célèbre préface dans laquelle il expose sa vision du roman naturaliste et critique le genre de l’étude psychologique), et surtout par ses nouvelles (parfois intitulées contes) comme "Boule de suif", qui l'a fait connaître, les "Contes de la bécasse" (1883) ou "Le Horla" (1887).

Source : Babelio

Mon avis

Envie de relire un classique, ce roman publié en 1885 avant de lire la suite imaginée par Harold Cobert  "Belle-Amie"

Georges Duroy est fils de paysans , originaire de Rouen.  Sans diplôme, après avoir effectué deux ans de service dans l'armée d'Afrique, il monte à Paris dans le but de devenir riche. Il travaille aux chemins de fer et sans le sou lorsqu'il croise un ancien du régiment, son ami Forestier, journaliste à "La vie française".  Celui-ci lui propose de travailler avec lui au journal et le convie à un dîner où il rencontrera entre autres Monsieur et Madame Walter (le directeur du journal), Madame Clothilde de Varenne et bien entendu Madeleine Forestier.

Peu à peu il évoluera au journal.  Ce séducteur dans l'âme n'hésitera pas à user de son charme pour gravir peu à peu les échelons de la société en se servant de la gente féminine. Duroy sera rapidement surnommé Bel-Ami auprès de ces dames.

Guy de Maupassant a une plume fluide et agréable, il nous décrit de manière exquise les femmes, leurs charmes et la société du dix-neuvième siècle, en particulier la bourgeoisie, ses dîners mondains et sorties au théâtre.  

Maupassant décrit le monde du journalisme, il n'est pas tendre, un milieu oisif où le temps libre très présent permet batifolage et maîtresses.  Un milieu où les interviews en direct n'avaient pratiquement pas lieu, se contentant de rapporter les ouï dires , ou d'écrire ce que les lecteurs avaient envie de lire.

Un milieu qui permettait de mettre et démettre le pouvoir, en mettant en avant ou non des hommes politiques.

Walter le directeur du journal est avant tout un home d'affaires, et utilise volontiers son journal à dessein dans le but de soutenir ses affaires financières et s'enrichir.  Au 19ème, l'argent et l'apparence étaient essentiels.  Paraître en société, être parvenu et en jeter plein la vie aux autres était synonyme de réussite.

Un récit intemporel que j'ai beaucoup aimé même si le personnage de Duroy  attachant au départ pouvait devenir détestable et insupportable à d'autres.  Un "Bel-ami" qui ne laisse certes pas indiffèrent.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Cela sentait la misère honteuse, la misère en garni de Paris. Et une exaspération le souleva contre la pauvreté de sa vie.  Il se dit qu'il fallait sortir de là, tout de suite, qu'il fallait en finir dès le lendemain avec cette existence besogneuse.

C'est un malin, c'est un roublard, c'est un débrouillard qui saura se tirer d'affaire.  Et s'il s'était promis en effet d'être un malin, un roublard et un débrouillard.

Oui, je ferai la sauce, mais il me faut le plat.

Les huîtres d'Ostende furent apportées, mignonnes et grasses, semblables à de petites oreilles enfermées en des coquilles, et fondant entre le palais et la langue ainsi que des bonbons salés.

Il n'avait jamais songé aux filles de son directeur que comme on songe aux pays lointains.

Les épaves de la noblesse sont toujours recueillies par les bourgeois parvenus.

Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c'est mourir.  Vivre enfin, c'est mourir!

Il est si profond et si triste, le silence de la chambre où l'on vit seul.  Ce n'est pas seulement un silence autour du corps, mais un silence autour de l'âme, et, quand un meuble craque, on tressaille jusqu'au coeur, car aucun bruit n'est attendu dans ce morne logis.

Une vie ! quelques jours, et puis plus rien ! On naît, on grandit, on est heureux, on attend, puis on meurt.

Voilà pourtant la seule chose de la vie : l'amour ! tenir dans ses bras une femme aimée ! Là est la limite du bonheur humain;

Je veux faire pénétrer en vous ma tendresse, vous la verser dans l'âme, mot par mot, heure par heure, jour par jour, de sorte qu'enfin elle vous imprègne comme une liqueur tombée goutte à goutte, qu'elle vous adoucisse, vous amollisse et vous force, plus tard, à me répondre : "Moi aussi je vous aime".

...j'ai justement sur moi la clef du confessionnel.  Et fouillant dans sa poche, il en tira un anneau garni de clefs, puis il en choisit une, et il se dirigea, d'un pas rapide, vers les petites cabanes de bois, sorte de boîtes aux ordures de l'âme, où les croyants vident leurs péchés.

Car les paroles d'amour, qui sont toujours les mêmes, prennent le goût des lèvres dont elles sortent.

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour accéder à l'article





vendredi 1 mars 2019

BILAN DE LECTURE DE FEVRIER

Bilan de lecture de février

Février se termine, c'était pour moi l'occasion d'un challenge personnel, une première participation à "Tournée minérale" autrement dit un mois sans alcool.  Challenge réussi.  Heureusement que mes lectures du soir s'accompagnent de thés et tisanes à cette période de l'année. ☺


C'était aussi le rendez-vous incontournable de l'année, à savoir la Foire du Livre de Bruxelles, tentations nombreuses et belles rencontres.  Je rattrape mon retard de chroniques car 14 billets publiés sur le mois, un record.

Et puis, vous qui êtes de plus en plus nombreux à me suivre, on arrive tout doucement à 1000 personnes suivant régulièrement mon blog.  Encore une petite quinzaine, et on y est avec un super concours en gestation.

Côté lectures : un total de  8 comprenant 2 albums,  4 belges, un classique.  De très belles lectures et de nombreux coups de coeur.


C'est parti , comme à chaque fois lorsque mon billet est publié il vous suffit de cliquer sur la couverture et vous aurez accès à ma chronique.

J'avais apprécié le premier, c'est la suite et fin d'une belle saga de mon compatriote Jean-Louis Aerts, c'est mon premier coup de coeur, un joli bond dans l'Histoire ♥



Le seul roman graphique du mois  une très belle découverte.




Un classique pour changer, une habitude à prendre peut-être !  Avant de lire la suite imaginée par Harold Cobert, la découverte de Bel-Ami.  J'ai passé un agréable moment.




Merci à Armel Job pour l'envoi de son dernier roman, je vous le conseille vivement, il est juste parfait .  Il faut absolument que je remonte les nombreux titres de l'auteur en veille dans ma PAL.





Une belle rencontre avec Stéphane et Nathalie à la Foire et des découvertes que je n'aurais sans doute pas fait par moi-même.  Un livre convaincant.





Un joli cadeau, merci Emilie !  Kid Noize  vous le connaissez sans doute en musique, voici le premier d'une série éponyme.  Vraiment très intéressant .






Je l'attendais celui-là , sous le charme de sa plume avec son premier roman "Le festin du lézard", Florence Herrlemann nous revient dans un style tout à fait différent , un roman épistolaire absolument magnifique.  Une pépite à découvrir de toute urgence.


Et pour terminer le mois, un autre coup de coeur !  Le pari était osé, imaginer la suite de "Bel-Ami" de Maupassant.  Pari tenu avec brio !  Une belle description de la société de l'époque qui raisonne bien avec l'actualité.  Le monde n'aurait pas tant changé !





Joli mois en somme, en route pour mars. 

Belles lectures à tous.  N'hésitez pas à commenter ou partager vos avis en commentaire sur le blog ou via la page fb