mardi 8 juin 2021

Le démon de la colline aux loups - Dimitri Rouchon-Borie ♥♥♥♥♥

 Le démon de la colline aux loups - Dimitri Rouchon-Borie  ♥♥♥♥♥














Le Tripode
Parution : 07 janvier 21
Pages : 240
Isbn : 9782370552570
Prix : 17 €


Présentation de l'éditeur



Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin.

Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d’amour et de passion, de moments de lumière... Il dit sa solitude, immense, la condition humaine.

Le Démon de la Colline aux Loups est un premier roman. C’est surtout un flot ininterrompu d’images et de sensations, un texte étourdissant, une révélation littéraire.


L'illustration de couverture a été réalisée par Clara Audureau.


Lauréat du Prix Première de la RTBF

L’Auteur

Dimitri Rouchon-Borie est né en 1977 à Nantes. Il est journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers. Il est l’auteur de Au tribunal, chroniques judiciaires (La Manufacture de livres, 2018). Le Démon de la Colline aux Loups est son premier roman.



Mon avis

Quelle claque !  Ce premier roman est magnifique mais je vous préviens, âmes sensibles, accrochez-vous !

Duke le narrateur est en prison, il nous raconte comment du statut de victime il est devenu bourreau.  

C'est un récit poignant, palpitant, impossible à poser une fois sa lecture entamée car on est pris par le récit dès que l'on a passé le cap de cette écriture singulière quasi dépourvue de ponctuation.  Un langage totalement adapté au personnage, à sa vie, à son vécu.  

Il commence par sa petite enfance qu'il nous décrit avec son "parlement" si particulier, lui qui n'a pas eu accès à une éducation affective et scolaire.  

C'est la maison de l'horreur située sur la colline aux loups, une petite enfance horrible, volée, saccagée.  Duke, imaginez-vous qu'il ne connaîtra son prénom que le jour où après le passage de l'assistance sociale, on l'enverra à l'école obligatoire.

Duke a grandi dans le "nid"  avec ses frères et soeurs dont il ne connaît pas les prénoms,  dans une pièce avec de nombreux chats et leurs déjections, une gamellle au sol une fois par jour pour les nourrir, enfin quand il y en avait une !

Une enfance sauvage, coupée du monde et des contacts sociaux avec en prime violence et maltraitance extrême que ce soit au dedans ou au dehors lorsqu'il découvrira le monde et l'école.  

Duke sent en lui grandir ce qu'il appelle "le démon de la colline" qu'il essaie tant bien que mal de contenir au fond de lui - jusqu'au jour où l'innomable arrivera ; le viol par le père  et la descente aux enfers.

On comprendra petit à petit ce qui l'a amené à la prison.  Duke est touchant, attachant, victime ou coupable ?  On peut vraiment se poser les questions car comment survivre et réagir à cette révolte qui grandit en lui ?   C'est d'une noirceur extrême mais au bout de ce récit il y a la lumière...

On s'attache à Duke et croyez-moi, vous ne l'oublierez pas de si tôt.  Duke a la naïveté, cette ingénuité qui touche.  Il aime le beau, la nature qui l'apaise, il sait aimer et va avoir envie de trouver la rédemption en lisant des textes religieux, mystiques.

Il est sa vie durant à la recherche d'un équilibre luttant contre le mal qui le possède.  il a un bon fond mais parfois le surplus de violence subie provoque un électrochoc et fait remonter ses douloureux souvenirs jusqu'au débordement .. et à l'horreur,  convaincu d'être possédé par le mal, par la folie qui rongeait son père, une fatalité.

On passe par toutes les émotions à la lecture de ce récit écrit de main de maître par Dimitri Rouchon-Borie, chroniqueur judiciaire.  Il explore les tréfonds de l'âme humaine avec une langue réinventée adaptée au récit et à la sensibilité du personnage.

Un uppercut littéraire à découvrir d'urgence.

Prix Première 2021.  Premier roman

C'est un gros ♥♥♥♥♥





Les jolies phrases

Je vais écrire des choses sales et je voudrais que vous me pardonniez même si lire c'est moins pire que subir on voudrait tous être épargnés.


La maîtresse était une femme, c'est maintenant que je le dis à cet âge j'étais un animal et je reniflais juste les gens pour m'inspirer de ce que m'apprenait leur odeur.  Elle elle sentait le printemps et la pluie et quand je la regardais j'entendais tomber les gouttes depuis une gouttière imaginaire. 

Il a demandé vous pensez que votre âme peut être sauvée ? 
Je ne savais pas quoi répondre à ça mais j'avais une idée au sujet des âmes car c'est un sujet qui m'obsédait comme la conscience je lui ai dit que je ne voulais pas laisser sur la terre le Démon pour qu'un autre l'attrape et qu'on avait bien les vaccins pour les épidémies pourquoi on avait rien pour les démons, et c'est à cause de ça que j'en étais là où j'en étais.

On peut vivre longtemps dans le mal sans que rien ne change mais le bien fait bouger les choses parfois c'est une bonne option parfois non.

Ce qui est étrange avec la fin de mon enfance et la disparition du nid c'est que ça m'a beaucoup interessé de faire le parallèle parce que c'était l'horreur mais au fond c'était notre paradis et rien n'a été mieux que cela.

Je suis resté chez Pete et Maria des années et tout allait bien car leur façon de fabriquer des habitudes me protégeait du Démon. J'ai compris cette chose-là c'est qu'ils s'occupaient de moi et tant qu'ils le faisaient je pouvais compter sur eux c'était comme museler un fauve en lui faisant des caresses. Je sentais bien que j'avais à l’intérieur une trace qui ne partait pas c'était la déchirure de l'enfance c'est pas parce qu'on a mis un pont au-dessus du ravin qu'on a bouché le vide. J'avais le manque des frères et sœurs et je n'osais pas demander parfois on voyait des juges ou des éducateurs et pas un ne me parlait de Clara ou de la Boule est-ce qu'ils pensaient à moi? Petit à petit j'avais commencé à m'intéresser à la solitude qui était une sorte de permanence au-dedans et à la fin on revient toujours à ce qui est constant mais je ne savais pas encore si c'était une porte fermée ou une porte à ouvrir je le tournais comme ça dans ma tête.

La mort de Billy m'a fait comprendre qu'on ne peut pas faire grand-chose pour les autres un peu mais c'est la limite et des fois un peu c'est déjà immense qui est bien capable de mesurer. J'attendais aussi que quelqu'un fasse ça pour moi mais ça n'est pas venu.

La Colline aux Loups c'était déjà une prison bien pire que tout imaginez-vous sous l'eau depuis le jour de votre naissance à retenir votre respiration en attendant une bouffée d'air qui ne vient pas ma vie c'est ça.

Alors j'avais demandé au psy ce qu'il fallait que je fasse pour plus subir mon héritage j'étais comme quelqu'un qui se débat avec un poids tu soules tu coules mais tu ne sais pas où est attachée la pierre. Le psy avait dit faites en sorte d'être heureux j'étais resté à le regarder il m'avait dit je vous provoque pas c'est la seule solution essayer d'avoir une vie normale un logement à vous une maison ce que vous voulez un labrador une petite copine et un travail vous verrez déjà ça changera tout.

La prison c'est comme le squat ça fait illusion d'une famille et quand on sort on a un manque parce que c'est comme enlever un vêtement trop serré qu'on a porté trop longtemps je ne sais pas si je suis clair. 

J'ai dit les hommes sont des choses vides et des fois leur vie se remplit de bien et des fois de mal et des fois c'est partagé et ça fait lutte. 

Je me dis qu’il faudrait que je demande au prêtre si la Colline aux Loups était une punition de Dieu dans ce cas ce serait terrible d’avoir commencé sa vie par la punition pour des choses que je n’avais pas encore faites.

dimanche 6 juin 2021

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire



Ce n'est pas Noël pourtant mais dans ma boîte aux lettres, c'est l'impression que j'ai eue. Merci à tous mes partenaires pour votre confiance. C'est le temps qui me manque !  Un peu de patience pour les comptes rendus.  Voici les 10 qui ont rejoint ma gargantuesque PAL

Je vous propose de commencer par le belge 


L'été sans retour   -   Giuseppe Santoliquido











Gallimard - la Blanche
Parution : 20 mai 2021
Pages : 272
ISBN : 9782072915758
Prix : 20 €


Présentation de l'éditeur



« La vie se gagne et se regagne sans cesse, à condition de se convaincre qu’un salut est toujours possible, et de se dire que rien n’advient qui ne prend racine en nous-mêmes. »

Italie, la Basilicate, été 2005. Alors que le village de Ravina est en fête, Chiara, quinze ans, se volatilise. Les villageois se lancent à sa recherche ; les jours passent, l’enquête piétine : l’adolescente est introuvable. Une horde de journalistes s’installe dans une ferme voisine, filmant le calvaire de l’entourage. Le drame de ces petites gens devient le feuilleton national.
Des années après les faits, Sandro, un proche de la disparue, revient sur ces quelques mois qui ont changé à jamais le cours de son destin.
Roman au suspense implacable, L’été sans retour est l’histoire d’une famille maudite vivant aux marges du monde, confrontée à des secrets enfouis et à la cruauté obscène du cirque médiatique.


Chez le même éditeur pour un recueil de nouvelles

Soucoupes volantes    -     Grégoire Polet

















Gallimard - La Blanche
Parution : 01/04/21
Pages : 240
Isbn : 9782072878343
Prix : 19.50 €

Présentation de l'éditeur 

« Le type montait sur le toit de la maison et faisait avec un drapeau des grands signes à on ne savait trop qui.
Jean-Paul, ça l’incommodait. Certainement. Ça le mettait mal à l’aise. Il avait acheté le terrain, la ferme, et il s’était assuré qu’il n’y avait pas de nuisances, voie ferrée, pylônes haute tension, porcherie nauséabonde dans l’entourage. Il ne pouvait prévoir que sur le toit de la paisible maison voisine, où habitait un notaire à la retraite, un énergumène viendrait lui susciter des angoisses. Parce que c’était d’angoisse qu’il s’agissait. Nulle autre nuisance. Le bonhomme ne criait pas, ne faisait rien de répréhensible. Mais il portait un uniforme militaire, treillis et casquette de l’armée serbe, et agitait un drapeau rouge. Debout sur le toit. »

Dans les montagnes de Serbie, une maison tranquille devient le rendez-vous des amateurs de soucoupes volantes.
À Bruxelles, l’enregistrement d’un virtuose du violon fait apparaître des fantômes.
À Kosice, Slovaquie, un homme adopte un ours.
Un autre oublie son téléphone dans un restaurant d’Oslo.
À Paris, des collectionneurs sans scrupule se refilent un douteux manuscrit de Napoléon…
Entre réalisme grinçant et fantastique teinté d’une mélancolie légère, ces dix-sept nouvelles de Grégoire Polet restituent avec vigueur et humour la vérité des êtres, tout en laissant une place au rêve.

Un tout grand merci à Catherine Meeùs qui me propose non pas de découvrir un mais deux livres

Olga, ou la fragilité de l'insouciance   -   Catherine Meeùs



















Academia
Parution : 25 février 2021
Pages : 112
ISBN : 978-2-8061-0575-2
PRIX :  12.5 €

Présentation de l'éditeur

Olga a disparu... Mais quand on est rien pour personne, est-on jamais plus qu'une simple annonce de disparition dans le journal du dimanche?
Olga, ou la fragilité de l'insouciance, c'est le récit de la difficulté de passer de l'enfance à l'âge adulte. L'histoire de peut-être, de doutes, de ces choix qui n'en sont pas vraiment, qui ne sont peut-être rien d'autre qu'une vue de l'esprit, ou qu'un regard porté sur les choses.

Dans un autre registre, un objet magnifique aux éditions La clef

Lire au jardin      -   Delphine Gosserie & Catherine Meeùs





















Editions La clef
Parution : mars 2021
Poésie
Textes :  Catherine Meeùs
Dessin : Delphine Gosseries
Isbn : 9782960240412
Prix : 12.50 €

Suis contente de lire l'adaptation de 1984 de Georges Orwell en roman graphique

1984     -    Frédéric Pontarolo



















Editions Michel Lafon
Parution : 27 mai 2021
Pages : 138
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Londres, 1984, Winston Smith, employé au ministère de la Vérité, chargé de réécrire l'histoire afin qu'elle s'accorde avec la version officielle, tombe amoureux de Julia, rencontrée lors des Deux Minutes de la Haine.
Comment leur amour pourra-t-il exister dans un monde où les sentiments sont interdits et où les Télespions surveillent les individus sans relâche ?

Souriez Big Brother is watching you !

Une autre adaptation celle du roman de David Safier

Maudit Karma   -    Christopher



















Michel Lafon
D'après le roman de David Safier
Parution : 27 mai 2021
Pages : 154
ISBN : 9782749942858
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Animatrice télé, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle meurt, écrasée par le lavabo de la station spatiale russe Photon M3 et se réincarne en fourmi. Dans l'au-delà, elle apprend
qu'elle a accumulé trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fi lle mais elle a trompé son mari. De ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite améliorer son karma pour remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long. Kim devra surmonter bien des obstacles...

Une surprise de lecteurs.com

Les Premiers  - Une histoire des super-héros français  -  Xabi Molia




























Seuil
Parution : 05/01/2017
Pages : 352
Isbn : 9782021343113
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur 



« Jetant un œil à sa montre, il s’aperçut qu’il allait être en retard, lorsque la pensée qu’il irait plus vite en volant se présenta dans son esprit. L’instant d’après, son pied droit prenait appui dans l’air devant lui, à quelque vingt centimètres du sol, puis son pied gauche avait suivi. Maintenant, il se tenait à sept ou huit mètres au-dessus de la foule. Son cœur battait à tout rompre. Il frissonnait. »

Un jour de janvier, Jean-Baptiste se découvre le pouvoir de voler, comme, au même moment, six hommes et femmes de son âge. Bientôt, ils manifestent d’autres capacités prodigieuses. Leur vie bascule. La nôtre aussi.



Les Premiers entrecroise les destinées de ces héros malgré eux, surgis dans le ciel d’une France en crise. Haletant, drôle et bouleversant, un roman-monde qui nous entraîne jusqu’aux frontières de notre condition.


Un premier roman qui a attiré mon attention chez Gallimard

Les chats éraflés  -   Camille Goudeau


























Gallimard - La Blanche
Parution : 01/04/2021
Pages : 272
Isbn : 9782072930010
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur 

Soizic, vingt-deux ans, monte à Paris sur un coup de tête pour fuir une jeunesse sans perspectives. Elle se jette dans une ville où personne ne l’attend, vit de jour comme de nuit, découvre la débrouille, la violence et la beauté de la capitale.
Un peu par hasard, elle devient bouquiniste sur les quais de Seine. Entre les livres, les bibliophiles et les touristes, au milieu des passants et des égarés, elle tourne la page de l’enfance et se construit une nouvelle vie.
Mais pour vraiment y parvenir, inventer sa liberté et son monde, elle devra se confronter à un passé qui s’est fait sans elle et retrouver une mère qui l’a abandonnée.


Je garde un excellent souvenir d'une rencontre à Paris et de la découverte de " L'enfant aux cailloux", heureuse de lire à nouveau Sophie Loubière

De cendres et de larmes -  Sophie Loubière



























Fleuve noir 
Parution : 03 /06/2021
Pages : 352
EAN : 9782265155251
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur

Le nouveau roman de Sophie Loubière après Cinq Cartes brûlées, Prix Landerneau Polar 2020


Madeline, Christian et leurs enfants rêvent depuis longtemps d’un appartement plus grand où chacun aurait son espace. Un rêve rendu impossible par la réalité du marché parisien. Quand l’occasion se présente pour Christian d’obtenir le poste de conservateur au cimetière de Bercy, avec un pavillon de fonction de 180 m2, la famille Mara n’hésite pas et s’y installe au début de l’été 2019. Peu à peu, les enfants se font au panorama. Tandis que Madeline, caporale cheffe sapeur-pompier, sauve les vivants, Christian veille les morts. L’âpreté de son métier réveille bientôt en lui le besoin d’extérioriser ses émotions par la peinture. Au cœur de ce fragile équilibre où les métiers de l’un et de l’autre pèsent lourd, la maison révèle ses fêlures. Lentement. Insidieusement.

Quelque chose menace cette famille recluse au milieu des tombes.

Une menace dont personne ne mesure encore l’ampleur.

On termine la semaine avec une réception des Arènes que j'ai immédiatement envie de lire

C'était génial de vivre   -   Marceline Loridan-Ivens



























Les Arènes
Parution : 10 juin 2021
Propos recueillis par David Teboul
et Isabelle Wekstein-Steg
Pages : 184
Isbn : 979-10-375-0276-6
Prix : 15 € au profit de la Fondation pour la mémoire de la Shoah

Présentation de l'éditeur



« Dans les camps, il y a ceux qui survivent et ceux qui ne survivent pas. Il y a ceux qui reviennent et ceux qui ne reviennent pas. Personne ne sait pourquoi. C’est quelque chose qui vient du ciel. Il y a des anges, forcément. Je le crois. J’ai toujours eu deux anges avec moi. Je les ai toujours. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Peut-être parce qu’il fallait que je revienne. Il fallait que je dise ce que d’autres ne diraient pas, que j’écrive ce que personne n’écrirait. Je ne sais pas. Je n’y suis pour rien. »

Quelques semaines avant de mourir, Marceline Loridan-Ivens, déportée à Auschwitz-Birkenau à quinze ans dans le même convoi que Simone Veil, s’est confiée à David Teboul et Isabelle Wekstein-Steg. Ceci est son dernier récit.

Je suis tout à fait heureuse de parler avec vous, parce que j’ai toute confiance en vous. J’ai essayé de vous donner le meilleur de moi, en toute honnêteté. Il y a longtemps que je n’ai pas parlé comme je vous ai parlé à vous deux, car j’ai toute confiance. L’un sans l’autre, non. Ensemble, oui, absolument.
— Marceline Loridan-Ivens

Les bénéfices de ce livre seront reversés  à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Récit écrit par David Teboul et Isabelle Wekstein-Steg

samedi 5 juin 2021

Les chimères de Vénus - Alain Ayroles / Etienne Jung


Les chimères de Vénus - Alain Ayroles et Etienne Jung









Rue de Sèvres
Parution : 24 mars 2021
Scénario : Alain Ayroles
Dessin : Etienne Jung
Pages : 62
Isbn : 9782369811879
Prix : 15 €

Alain Ayroles : scénario














Alain Ayroles est né en 1968. Il étudie aux Beaux-Arts d’Angoulême où il rencontre Bruno Maïorana qui mettra en images ses scénarios pour la série en 6 tomes, Garulfo et Jean-Luc Masbou avec lequel il réalisera les 12 volumes de De cape et de crocs. Passé maître dans l'art du dialogue et de la mise en scène, il aime revenir à la source des grands récits pour se les réapproprier. C’est ainsi qu’il revisite l’univers des Vikings dans Sept missionnaires dessiné par Luigi Critone, celui des vampires dans la trilogie « D » dessinée par Bruno Maïorana et colorisée par Thierry Leprévost, ou le roman picaresque dans Les Indes fourbes, sa dernière nouveauté, dont Juanjo Guarnido signe dessin et couleur. Il travaille actuellement sur Les Chimères de Vénus, le diptyque développé en parallèle de la série Le Château des étoiles d’Alex Alice, qui sera dessiné et mis en couleur par J. Etienne.

Etienne Jung
















Étienne Jung est illustrateur pour la presse, l’édition jeunesse, scolaire et religieuse. Il a étudié aux Arts Décos de Strasbourg et s’est spécialisé dans l’illustration aux côtés de Claude Lapointe. En 2003, il met son talent de dessinateur et de coloriste au service du scénario de Denis-Pierre Filippi, pour Gargouilles, aventures trépidantes sur fond d’apprentissage de la magie et passera ensuite le pinceau à Silvio Camboni pour la suite de la série.

De 2006 à 2011, il dessinera les trois tomes de Brüssli, conte décalé truffé de clins d’œil à la littérature jeunesse sur un scénario de Jean-Louis Fonteneau. En 2016 puis 2018, il dessine, Au matin du 3ème jour et Auguste et Romulus, tous deux scénarisés par Laurent Bidot. Il a également illustré plusieurs romans et albums jeunesse.

Il travaille actuellement sur Les Chimères de Vénus, la série parallèle au Château des étoiles d’Alex Alice, scénarisée par Alain Ayroles, dont il réalise le dessin et la mise en couleurs. Il réside à Strasbourg.

Source ; Rue de Sèvres

Présentation de l'éditeur



1874, les vaisseaux des puissances terrestres s’élancent dans l’éther pour conquérir les planètes du système solaire. L’actrice Hélène Martin débarque sur Vénus, monde sauvage couvert de brume, à la recherche de son fiancé, un poète évadé des bagnes de Napoléon III. Poursuivie par l’inquiétant duc de Chouvigny, entraînée dans la rivalité des empires, Hélène s’aventurera à travers des jungles infestées de dinosaures et sur des océans déchaînés jusqu’aux confins de l’astre, où se dressent les vestiges d’une mystérieuse civilisation.

Dans l'univers du Château des Étoiles, embarquez pour une planète sauvage !







Mon avis

Bienvenue dans un monde imaginaire, des dessins magnifiques, féériques qui nous emmènent dans un autre monde, dans un autre temps, nous sommes en 1873.

Tout commence dans la mer des Sargasses, un éthernef est attiré vers l'île magnétique.  Nous sommes près des colonies françaises et anglaises, dans un autre monde, celui de Vénus, un univers décalé par rapport au nôtre où coexistent encore les dinosaures...

Hélène Martin est chanteuse d'opérettes à Paris, elle est sublime, la beauté par essence, la coqueluche de ses messieurs qui se disputent ses faveurs;  C'est le duc de Chouvigny, gouverneur à la Nouvelle Cythères qui l'emportera, elle l'accompagnera à bord de l'Excelsior pour un voyage vers les Colonies. 

Son objectif est de retrouver Aurélien, son amoureux de poète qui est détenu au bagne là-bas.
Le retrouvera-t-elle ?

En route pour un fabuleux voyage.  Le texte est intéressant, le dessin somptueux.  Bienvenue dans l'imaginaire, le fantastique.  C'est le premier volet d'un tryptique. 

Impatiente de lire la suite.

Ma note : 9/10




vendredi 4 juin 2021

Bilan de lecture de mai

 Bilan de lecture de mai

J'ai l'impression de lire plus cette année, c'est une bonne chose.

Deux lectures communes, une expérience bien agréable.

Mon souci est que j'ai envie de lire mais que j'ai besoin de plus de temps pour  écrire et publier mes avis.  Je suis désolée pour le temps de décalage entre la lecture et la parution, je suis consciente que c'est parfois long mais je n'arrive pas à écrire mon billet de suite avant de passer à autre chose. 

Voici mon bilan de lecture de de mois de mai : 13 lectures.

Comme à chaque fois si mon article est publié, cliquez sur l'article pour accèder à celui-ci.

Mise à jour mensuelle de la rubrique.





Un bonheur de retrouver l'écriture et les personnages de Anne-Gaëlle Huon




L'expérience d'une lecture commune avec un texte fort sur un sujet de société interpellant




La joie de rencontrer Amélie Nothomb début du mois et l'envie de relire Mercure, un de mes préférés.




Autre lecture commune, autre auteur que j'affectionne beaucoup Mathieu Menegaux




Les Lulus sont de retour pour mon plus grand bonheur




Une petite pépite qui nous parle des harkis, sujet peu abordé.




Il aurait pu se nommer "les femmes du facteur"  




La claque !  A découvrir de toute urgence, il a été récompensé par le prix Première




Un peu déroutant 



Une nouvelle plume du Brabant Wallon,  un coup de ♥



Intéressant mais difficile, un essai mis en images





Un petit tour au Japon avec une auteur italienne , un très bon moment 




Touchant l'histoire de la grand-mère de Robert Badinter.




Belles lectures à vous .

mardi 1 juin 2021

Femmes en colère - Mathieu Menegaux ♥♥♥♥♥

Femmes en colère - Mathieu Menegaux   ♥♥♥♥♥









Grasset
Parution : 3 mars 2021
Pages : 198
Isbn : 9782246826866
Prix : 18 €


Présentation de l'éditeur

Cour d’Assises de Rennes, juin 2020, fin des débats (auxquels le lecteur n’a pas assisté) : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Qu’a-t-elle fait ? Doit-on se fier à ce que nous apprennent les délibérations à huit-clos, ou à ce que révèle le journal que rédige la prévenue qui attend le prononcé du jugement ?

Accusée de s’être vengée de manière barbare de deux hommes ayant abusé d’elle dans des circonstances très particulières, Mathilde Collignon ne clame pas son innocence, mais réclame justice. Son acte a été commenté dans le monde entier et son procès est au cœur de toutes les polémiques et de toutes les passions. Trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher. Doivent-ils faire preuve de clémence ou de sévérité ? Vont-ils privilégier la punition, au nom des principes, ou le pardon, au nom de l’humanité ? Avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?

Nous plongeons en apnée dans cette salle des délibérations d’un jury de cour d’assises. Neuf hommes et femmes en colère qui projettent sciemment ou inconsciemment sur l’écran de cette affaire le film intérieur de leur propre existence…



Mon avis

Cour d'Assises de Rennes, juin 2020, c'est le procès de l'année, hypermédiatisé à la suite de la vague #metoo.  Sur le banc des accusés, Mathide Collignon, née le 2 octobre 1985, elle est mère de deux petites filles, médecin interne gynécologue.

Elle a subi une agression et a décidé de ne pas se laisser faire, le comble; ses agresseurs sont la partie civile.  C'est vrai qu'elle a répondu par la vengeance de manière spectaculaire et que ce procès est important, la décison créera un précédent  (ou créera jurisprudence ???)

Un détail et non des moindres, l'accusée aime le sexe, le reconnaît et le revendique et ça ce n'est toujours pas accepté lorsqu'on est une femme. Pourquoi est-ce un "crime", mal vu, inavouable pour une femme et pas pour un Don Juan, Casanova...

"Je suis recluse dans cette geôle, dans l'attente d'un délibéré d'assises parce que j'aime le sexe, et que, un soir de solitude, j'ai eu envie de m'envoyer en l'air, au lieu de regarder le téléfilm sur France 2 comme une "bonne" mère de famille. "

Mathilde est bien victime, elle est mal tombée..., n'a pas cru dans la société, en colère, elle a cédé à la vengeance croyant que cela réglerait ses souffrances, c'est humain, non !

Et là, elle attend le verdict, celui du jury : quatre femmes, deux hommes et trois magistrats !

La condamnera-t-il une seconde fois ?  La sentence sera-t-elle exemplaire ?  ou au contraire clémente ?

C'est l'affaire Collignon qui anime toute la France.

Un sacré débat dans la vague #metoo, un récit qui nous parle de notre société actuelle, de combat que doivent mener les femmes qu'on n'écoute ou n'entend toujours pas.

Mathieu Menegaux m'épate à chaque fois par sa faculté à penser comme une femme.  C'est le point commun de chacun de ses romans.  Il explore et maîtrise avec brio la psychologie féminine en mettant en avant des situations particulières et les conséquences qui peuvent en découler.

À sa manière il essaie à mon sens à mettre en avant le fait que les femmes démarrent avec un handicap et sont encore très loin d'être l'égale de l'homme.  De nombreux préjugés doivent encore tomber.

Ce roman est à deux voix, d'une part Mathilde qui prend la plume en attendant ce jugement et nous dévoile petit à petit son histoire, ses motivations et rancoeurs. D'autre part on assiste aux rouages d'un procès d'assises et des différentes étapes du délibéré.  C'est un peu plus ardu mais super intéressant, un peu comme un docu-fiction.

J'ai beaucoup aimé ce roman super bien construit qui donne lieu à réflexion, va droit au but et comme à chaque fois maintient une tension, un suspense en nous surprenant.  

Ma note : 9.5/10


Les jolies phrases


Et si c'était votre fille, votre sœur, là, dans le box des accusés, derrière cette vitre blindée, auriez-vous envie qu'elle soit un symbole? Trouveriez-vous juste qu'elle soit condamnée pour l'exemple? La Justice vous intime de la condamner lourdement. L'Humanité devrait vous conduire à la clémence envers cette femme qui a reconnu les faits et qui a déjà été punie. Alors, que choisirez-vous? Serez-vous des justiciers? Ou serez-vous justes?

Je ne devrais pas écrire ces mots. Je ne retiens donc aucune leçon ! Pourtant c'est clair : avouer aimer le sexe , pour une femme, en 2020, malgré tous les Weinstein, les Polanski, et les #MeToo du monde, c'est toujours s'exposer à être considérée comme une putain une traînée, une salope, une allumeuse et toute la litanie de qualificatifs imagés écrits par des hommes. Avouer aimer le sexe, pour une femme, ce n'est pas anodin.  Il suffit de constater le choix des mots.  Sans en avoir conscience, je viens d'écrire "avouer", pas "affirmer" , ni "revendiquer".  Même aujourd'hui, aimer le sexe, pour une femme, relève encore du vice, pour une grande partie de la population.  C'est un crime, une honte, une tare à dissimuler, un défaut qu'il convient d'avouer, donc, car faute avouée est à moitié pardonnée.  Une femme a le droit d'apprécier de faire l'amour avec son compagnon.  Mais aimer le sexe, le revendiquer, s'envoyer en l'air avec un parfait inconnu, juste parce qu'il est attirant , ou avec un type qu'on connaît, juste parce qu'on en a envie là tout de suite, pas question de le crier sur les toits.  Il convient de l'avouer en le murmurant derrière le moucharabieh d'un confessionnal.  Il s'agit d'une maladie. Comme les homosexuels jadis, qu'il fallait soigner ou exorciser, les femmes qui avouent aimer le sexe relèvent de la pathologie. Je ne connais pas d'équivalent à " nymphomane" pour un homme. Un Don Juan, c'est chic. Casanova idem.  

Je suis recluse dans cette geôle, dans l'attente d'un délibéré d'assises parce que j'aime le sexe, et que , un soir de solitude, j'ai eu envie de m'envoyer en l'air, au lieu de regarder le téléfilm sur France 2 comme une "bonne mère de famille".

Elle a quand même dit qu'elle avait envie de sexe, elle avait rendez-vous, comment est-ce qu'elle peut dire qu'elle a été violée ?  Moi je pense que c'est à force de toutes ses saloperies de balance ton porc et de #MeToo qu'elle s'est fait un film complet. Et que si nous les jurés on laisse faire en disant "Non mais la pauvre il fallait bien qu'elle se défende", eh bien, nous les hommes, on n'aura plus qu'à rester chez nous si on veut rester entiers ! 

Je refuse de condamner cette femme. La condamner, c'est accepter la société dans laquelle nous vivons.  L'acquitter, c'est faire changer la peur de camp.  

Alors qu'une femme ose mener sa vie sexuelle comme elle l'entend, elle est légère, immorale, et on oublie que c'est une mère aimante et une professionnelle appréciée ?  Et parce qu'une femme a décidé une fois de se faire justice elle-même, elle va se transformer en Charles Bronson, écumer nos villes pour traquer les hommes et les découper en morceaux à la première occasion ? 

Le viol nous brise de l'intérieur.  Certains pays l'on tellement intégré qu'ils le pratiquent comme arme de guerre.  Nous avons  une occasion unique de commencer à recoller les morceaux.  Voilà ce qui me semblerait juste.

Si les femmes ne se serrent pas un peu les coudes, on va continuer à subir la loi des hommes pour l'éternité, à mourir sous leurs coups sans jamais réagir ....


Comment ai-je pu croire un instant que la vengeance guérirait ma souffrance ?


Elle est humaine, cette femme. Elle mérite notre humanité. Si nous la condamnons lourdement, nous l'aurons détruite une deuxième fois.

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