samedi 6 août 2022

Bilan de lecture de juillet

Bilan de lecture de juillet



Une petite semaine de vacances en famille dans la région de Saint-Malo, l'occasion d'augmenter un peu mon rythme de lecture.  C'était l'occasion de commencer la découverte de la rentrée littéraire qui nous réservera de belles surprises. 


En préparation à "L'intime festival" de Namur, sortir de ma Pal un roman québécois :




Une incontournable de la rentrée littéraire :




Une très belle découverte, un premier roman à découvrir au plus vite :




Il est originaire de ma ville , l'occasion de découvrir un auteur local, un livre en auto-édition




Voici un troisième livre de la rentrée qui parle de soeurs , je vous en parle à sa parution




Une merveille, un petit bijou, une pépite. ♥♥♥♥♥   Filez en librairie vous ne serez pas déçu !




Si vous ne partez pas c'est aussi l'occasion de voyager avec Lili Sohn et de partir sur les chemins de Compostelle.





En Grèce au début de la seconde guerre, c'est une autre histoire !





Un très beau premier roman de la rentrée, j'aime découvrir de nouvelles plumes.





Un roman graphique engagé pour la rentrée Futuropolis




Un gros coup de coeur avec ce très très beau roman de la rentrée ♥♥♥♥♥




Comme toujours, cette rubrique est mise à jour une fois par mois, en cliquant sur la couverture vous avez accès à l'article s'il a été publié.


Belles lectures à vous.



 

mardi 2 août 2022

Soixante printemps en hiver - De Jongh / Chabbert ♥♥♥♥♥

 Soixante printemps en hiver  -   De Jongh/Chabbert   ♥♥♥♥♥














Dupuis / Aire libre
Tranche de vie
Parution : 20 mai 2022
Scénario : Ingrid Chabbert
Dessin : Aimée de Jongh
Pages : 120
Isbn : 9791034747375
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur

Le jour de son 60e anniversaire, Josy refuse de souffler les bougies de son gâteau. Sa valise est prête. Elle a pris une décision : celle de quitter mari et maison pour reconquérir sa liberté en partant avec son vieux van VW ! Sa famille, d'abord sous le choc, n'aura dès lors de cesse de la culpabiliser face à ce choix que tous considèrent égoïste. Josy va heureusement tenir bon, trouvant dans le CVL (« Club des Vilaines Libérées ») des amies au destin analogue et confrontées à la même incompréhension sociétale... Mais cela suffira-t-il pour qu'elle assume sa soif d'un nouveau départ ? Et qu'elle envisage peut-être même un changement d'orientation sexuelle ? Oui, si l'amour s'en mêle. Ou pas...

Aimée De Jongh et Ingrid Chabbert composent la peinture subtile, touchante et moderne d'une crise de la soixantaine au gré d'un road movie impossible à lâcher avant sa conclusion. Un « Aire Libre » surprenant, osant traiter le tabou du changement de vie et d'orientation sexuelle...






Ingrid Chabbert


Ingrid Chabbert est née au siècle dernier, en 1978 précisément, en Aveyron. Elle a grandi au milieu des champs, des vaches et du chant des ruisseaux. Elle n'a pas fait de hautes études, elle aurait aimé pourtant... Elle a enchaîné les petits boulots, noircissant le soir ses carnets d'histoires pour enfants ou adultes. C'est un drame qui va lui donner l'élan et l'envie de croire en elle, avec le soutien sans faille de sa compagne.

Elle commence alors à adresser aux éditeurs jeunesse ses premières histoires. Très vite, ses premiers albums sont publiés et plus d'une centaine verront le jour.

Puis un jour, c'est le grand saut vers l'inconnu : raconter en BD un pan de son histoire et aborder le sujet si tabou du deuil périnatal. Écumes paraîtra aux éditions Steinkis et, quelques années plus tard, la version anglaise remportera à New York le Harvey Award du "Best European comic book".

À partir de là, les publications BD vont se multiplier avec, par exemple, l'adaptation du roman à succès d'Olivier Bourdeaut En attendant Bojangles (Steinkis), en jeunesse le dyptique Elma, une vie d'ours (Dargaud) ou encore Les amies de papier chez Bamboo.

Soixante printemps en hiver est sa première BD aux éditions Dupuis et elle espère qu'il y en aura d'autres. En tout cas, elle a encore plein d'histoires dans sa besace, que ce soit pour les petits ou les grands. Car ce qu'elle aime, c'est jongler, passer d'un monde à un autre ! Et elle le prouve dans sa vie privée également, car malgré des journées bien trop courtes, c'est 7j/7 qu'elle dirige une association de protection animale dans son département.   Source : Dupuis

Aiméee de Jongh


Le travail de l'auteur de BD et animatrice Aimée de Jongh (Pays-Bas, 1988) a été publié pour la première fois dans le journal néerlandais Metro en 2012. Puis, en 2014, elle a publié son premier roman graphique : Le retour de la bondrée. Ce livre a connu un succès international et a fait l'objet d'un film. Depuis lors, Aimée De Jongh a travaillé sur plusieurs romans graphiques, notamment L'obsolescence programmée de nos sentiments (avec le scénariste Zidrou), Taxi ! et Jours de Sable. En France, Jours de Sable a été sa véritable consécration en tant qu'autrice de bande dessinée. Elle a remporté le Prix Atomium, le Japan International Manga Award et le Prix Des Libraires de BD 2022, mais est aussi la première autrice à décrocher le prix Ouest-France Quai des Bulles. En mai 2022, Soixante Printemps en Hiver, une collaboration avec la scénariste Ingrid Chabbert, est publiée dans la collection Aire Libre des Éditions Dupuis.   Source : Dupuis


Mon avis


Magnifique , de jolis dessins et une histoire tout en tendresse !

Après 35 ans de mariage, le jour de ses 60 ans, Josy plante tout le monde devant son gâteau. Elle n'en peut plus de faire semblant. Elle étouffe. Il n'y a plus d'amour, juste de l'habitude. Son mari, ses enfants et petits-enfants la comprendront-elle? Elle prend la route dans un vieux van et reprend sa vie en main.

Elle va rencontrer Camélia et son petit Tom de 8 mois, vivant faute de mieux dans une vieille caravane sur une aire d'autoroute. Elle rencontrera aussi des femmes qui comme elles se sont libérées. Elle n'osera pas se laisser porter par ses choix..... vivre pleinement.

Je n'en dis pas plus. Cet album est touchant, émouvant, très juste aussi.

"Quand les vieux maris quittent leur femme, on les comprend, on leur trouve des excuses. Mais quand ce sont les femmes... Nous sommes les sorcières qui broient les coeurs et brisent les familles."

Le scénario d'Ingrid Chabbert est tout en douceur et finesse, dans la recherche de l'expression des sentiments. C'est en harmonie avec le dessin magnifique d'Aimée De Jongh, harmonieux tout en douceur et aux couleurs pastels. Les visages sont expressifs, représentatifs de sentiments et doutes vécus par les personnages. Les mots sont justes. C'est pudique, délicat.

Un joli tandem qui se complète et s'exprime à merveille, j'espère pouvoir le retrouver dans d'autres collaborations.

C'est beau, délicatesse et douceur également sur les corps veillissants ( je repense au magnifique "l'obsolescence des sentiments programmés" d'Aimée de Jongh en collaboration avec Zidrou) et aussi la rencontre de l'amour au féminin.

Lisez-le il est juste ♥♥♥♥♥





Les jolies phrases

Quand les vieux maris quittent leur femme, on les comprend, on leur trouve des excuses. Mais quand ce sont les femmes... Nous sommes les sorcières qui broient les coeurs et brisent les familles.

Si on pouvait prévoir, que ferait-on réellement ?  Est-ce qu'on vivrait pleinement? Est-ce qu'on franchirait des ponts sans se soucier de l'autre côté ?





vendredi 29 juillet 2022

Un enfant de toi - Dimitri Van Sprang

 Un enfant de toi   -  Dimitri Van Sprang






























Editions Merci les Livres
Parution : 12/01/2022
Pages : 232
ISBN978-2-38355-097-6
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur

Après quatre tentatives de fécondation in vitro avortées, la nouvelle tombe : Adrien est déclaré stérile. Alors que son couple est mis à l’épreuve, le jeune architecte rencontre Flore, une artiste avec qui il imagine une relation passionnelle. Le rêve et le réel se mélangent alors dans une expérience onirique et initiatique qui permettra à Adrien de traverser les épreuves de son infertilité.



Mon avis

Un premier roman qui ne laisse pas indifférent.  Un thème très rarement développé par un homme, le désir d'enfant, de paternité.  

Adrien et Louise forment un couple harmonieux depuis sept ans, mais après six ans de mariage, le verdict est tombé, ils n'auront pas d'enfant ensemble !

La quatrième FIV vient d'échouer.  C'est fini, c'était la dernière chance d'avoir leur enfant car Adrien est stérile.

Que va devenir leur couple ?  Comment rester uni et prendre du recul ?

Á la troisième personne et en utilisant des aller-retour dans le temps, Dimitri Van Sprang va nous faire comprendre les sentiments et émotions "au masculin", comment accepter cet échec.

L'humour vient par touches délicates alléger un peu ce long parcours du combattant, de l'annonce de la stérilité, des épreuves liées et tout le parcours long et difficile de la procréation médicalement assistée.

Un roman qui avec justesse et une écriture précise et riche en émotion retrace le parcours d'un couple lié à la stérilité masculine.

C'est intéressant, toutes les étapes sont décrites, la douleur ressentie et les frustrations aussi.
Le découragement aussi et comment rester uni, lâcher prise.

Un premier roman très réussi.

Ma note : 8.5/10


Les jolies phrases

La stérilité a eu raison de sa fertilité.

C'est une sensation extraordinaire d'embrasser une femme pour la première fois.  Le souffle se coupe, le coeur s'accélère, fort, le corps s'électrise, vient enfin la caresse des lèvres liquides, qui couvre, apaise et éveille les sens.  C'est le premier saut dans le vide.  Mais le saisissement s'estompe dès le deuxième, l'instant si précieux de la découverte est déjà passé. 

Le plaisir pour le plaisir.  Une vie sans contraintes, où faire l'amour était simplement un acte de volupté et d'abandon.  Mais vivre pour vivre sans rien attendre en retour est le luxe des jeunes amants.  Quand le projet d'avoir un enfant supplante la passion charnelle, qu'il se mue en un objectif supérieur, il faut avoir le coeur bien accroché.  

En réalité, le seul désir qui prime pour eux est celui d'avoir un enfant.  Il les aliène.  C'est un trou noir qui absorbe tout.



mercredi 27 juillet 2022

Le guerrier de porcelaine - Mathias Malzieu ♥♥♥♥♥

 Le guerrier de porcelaine   -   Mathias Malzieu  ♥♥♥♥♥




















Albin Michel
Parution : 12 janvier 2022
Pages : 240
Isbn : 9782226470379
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur



En juin 1944, le père de Mathias, le petit Mainou, neuf ans, vient de perdre sa mère, morte en couches. On décide de l’envoyer, caché dans une charrette à foin, par-delà la ligne de démarcation, chez sa grand-mère qui a une ferme en Lorraine. Ce sont ces derniers mois de guerre, vus à hauteur d’enfant, que fait revivre Mathias Malzieu, mêlant sa voix à celle de son père. Mainou va rencontrer cette famille qu’il ne connaît pas encore, découvrir avec l’oncle Emile le pouvoir de l’imagination, trouver la force de faire son deuil et de survivre dans une France occupée.

Il aura fallu plus de six ans à Mathias Malzieu pour écrire ce Guerrier de porcelaine, son roman le plus intime, où, alliant humour et poésie, il retrace l’enfance de son père et s’interroge sur les liens puissants de la filiation.

L'auteur












Mathias Malzieu entame sa carrière d’homme poétique en 1993 en fondant le groupe de rock Dionysos. Peu enclin à choisir entre sa vocation de chanteur et d’auteur, il développe depuis lors un univers sous forme de livres, de disques et de films. Il connaît un immense succès populaire en 2007 avec La Mécanique du cœur, traduit dans plus de vingt pays et adapté au cinéma ; son bouleversant récit autobiographique, Journal d’un vampire en pyjama (2016), a reçu le Prix Essai France Télévisions et le Grand Prix des Lectrices de Elle, et son dernier roman, Une Sirène à Paris (2020), s’est accompagné d’un disque et d’un film éponyme réalisé par Mathias Malzieu avec Nicolas Duvauchelle et Marilyn Lima.

Mon avis

C'est l'histoire de son père, Mainou, que Mathias Malzieu nous raconte.  Mainou a dix ans début juin 44.  Il vient de perdre sa maman et sa nouvelle petite soeur, son père doit retourner au combat.

Il va devoir rejoindre la famille de sa grand-mère maternelle.  La grand-mère et son chignon strict, la tante Louise et ses bondieuseries et l'oncle Émile ...

Oui mais, le problème est que sa famille se trouve en zone occupée !  Ils occupent une petite ferme-épicerie, la Fröhmule, à Bitche, à cheval sur l'ancienne frontière allemande.  C'est donc chez l'ennemi qu'il doit se rendre.

C'est en charette à foin, caché dans la meule emportant avec lui une boîte aux souvenirs fantômes et deux valises, qu'il traversera la ligne de démarcation.

Á la Fröhmule, il y a des règles à respecter ; ne pas sortir, ne pas parler français car tous risquent leur vie pour lui en le cachant.  

La vie c'est derrière la fenêtre, dans la cave souvent à cause des bombardements et il y a Sylvia aussi, le grenier... et l'écriture.

Solitude, tristesse mais aussi le sentiment en étant dans la maison de sa maman de s'en rapprocher, de voir ce qu'elle a vu à son âge, alors il lui parle, enfin lui écrit surtout dans son cahier afin d'être plus proche d'elle.

C'est magnifique, très poétique.  Les phrases sont de petits trésors que l'on savoure au fil de la lecture.  

C'est le regard d'un enfant qui fait le deuil de sa maman par l'écriture.  Un roman intime écrit avec humour et justesse.  C'est magnifique et émouvant.

Á lire absolument.

Coup de ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases

Imaginer quelque chose de joyeux pour diluer la douleur.

La joie et la mélancolie me téléscopent.  Je me sens comme une bougie en plein vent.  Dès que je m'allume, je m'éteins. 

La joie est rouillée, je ne sais plus trop comment ça marche.

Pour l'instant, la tristesse engourdit mes nerfs.  Mais je crains le moment où la douleur va se réveiller.

Faut-il s'entraîner à se souvenir ou s'entraîner à oublier ?

En prison pour se protéger, quelle drôle d'idée.

Écrire à ton fantôme c'est facile.  Lui parler comme je t'écris, c'est impossible!

Faut-il s'entraîner à se souvenir ou s'entraîner à oublier ? Je ne me souviens pas toujours très bien, je n'oublie pas très bien non plus.


Le seul jouet sur lequel tu peux compter, c'est ton cerveau ! Fouille sous la colère ce qu'il reste de joie et rééduque ton rire. 

L'eau c'est la réalité, le sirop c'est ton imagination.  Si tu mets trop de grenadine, ça devient imbuvable.  Si tu n'en mets pas assez, ça manque de saveur.  Ça se voit à la couleur, tu dois apprendre à le sentir. 

Tu apprendras que l'amour, ça s'entretient comme un potager.  Et la poésie, c'est le meilleur des engrais. 

Ton oncle est un rêveur. Mais il oublie que quand on rêve trop grand, on passe sa vie à être déçu de la réalité.
 Ta tante est une rêveuse. Mais elle oublie que quand on ne rêve pas ses propres rêves, on s'emmerde.

La grande santé, c'est l'âme !  Et une âme qui ne se nourrit ni de poésie ni d'imagination, une âme qui ne réfléchit pas, ça pourrit ! 

Du même auteur j'ai lu et chroniqué

Cliquez sur la couverture pour avoir accès à l'article


dimanche 24 juillet 2022

Le petit frère - JeanLouis Tripp ♥♥♥♥♥

 Le petit frère  -   JeanLouis Tripp  ♥♥♥♥♥































Casterman
Parution : 11 mai 2022
Pages : 344 
ISBN : 9782203228641
Prix : 28 €


Présentation de l'éditeur

A travers le souvenir de son frère Gilles, disparu trop tôt dans un accident de la route, JeanLouis Tripp fait le récit d’une bouleversante histoire familiale.


Un soir d'août 1976. JeanLouis a 18 ans. C'est le temps des vacances en famille, des grandes chaleurs et de l’insouciance... Mais un événement brutal va tout interrompre : Gilles, le frère de JeanLouis, est fauché par une voiture. Transporté à l'hôpital, le garçon succombe à ses blessures quelques heures plus tard. Pour JeanLouis, hanté par la culpabilité, un difficile parcours de deuil commence...
45 ans plus tard, l'auteur choisit de revenir sur cet épisode et de retraverser chaque moment du drame. Avec franchise et sensibilité, il sonde sa mémoire et celle de ses proches pour raconter les suites immédiates et plus lointaines de l'accident, luttant pour dessiner la perte tragique d'un petit frère de 11 ans qui continue d'exister dans l'histoire familiale...







L'auteur










© Fabrice de Bray




Né en 1958, JeanLouis Tripp publie ses premières histoires courtes à la fin des années 1970, avant de bifurquer vers la peinture, la sculpture et l’enseignement. En 2006, il publie avec Régis Loisel la série à succès Magasin Général, puis en 2017 et 2020 les deux volumes d'Extases, un récit autobiographique sincère et intime.

Source : Casterman






Mon avis

Jean-Louis Tripp a 18 ans le 5 août 1976 lorsque le drame arrive.  

Tout allait bien, c'était les vacances, un petit périple en roulotte en Bretagne.  L'étape du jour était toute proche mais ...  Gilles son frère a voulu descendre retouver sa maman à l'arrière.  Il était sur le marche-pied, côté route.  Jean-Louis a voulu le retenir, il lui donnait la main et personne n'a rien vu venir...

Cette voiture verte l'a percuté, emporté en prenant la fuite.  L'horreur !
Pas de téléphone portable, peu de passage, l'incompréhension, la stupeur et ce temps perdu pour prévenir les secours.  C'était trop tard, Gilles n'a pas survécu.

Depuis ce jour, ce flash, les mains qui se perdent !

Le sentiment de culpabilité profond pour Jean-Louis et ses proches.  Sa maman était derrière avec Dominique.

C'est aussi un père absent ravagé par le chagrin, une famille anéantie... 

La vie a repris certes mais qu'aurait-elle été si ...  

C'est plus de 45 ans plus tard que Jean-Louis Tripp se raconte à travers ce drame.  Gilles avait 11 ans, lui 18 !

C'est très intime mais Jean-Louis Tripp rend l'histoire de son deuil universelle.  C'est riche en émotions, intense, cela secoue !  C'est d'une grande justesse !

Il a fallu deux ans et cinq jours pour le terminer, ce roman graphique remue, secoue, révolte, c'est une claque émotionnelle !

Immense coup de


Ma note : ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases



J'ai le sentiment que le deuil d'un enfant ne peut se partager qu'avec quelqu'un ayant vécu le même drame. On peut se projeter, imaginer et faire preuve de toute l'empathie de la terre, mais l'expérience de cette épouvantable douleur, la douleur de la perte contre-nature, l'amputation violente de la chair de sa chair... non, on ne peut pas savoir.


Parfois, on est sidéré de constater que la vie – on ne sait comment – a continué. On croyait ne jamais sortir de l'abîme, mais doucement, sans qu'on s'en rende compte, ça change. Puis un jour, on réalise avec surprise qu'il y a longtemps qu'on n'y a pas pensé.


Puis ce furent les condoléances... les condoléances, c'est le rituel du réconfort qui ne réconforte pas, mais si, quand même un peu.
C'est le moment de ceux qui ne sont pas assez proches pour être venus à domicile et de ceux qui ne se lassent pas de les présenter.
À nos parents, à notre grand-mère ; ils disent ces mots convenus que tout le monde semble trouver justes. Les mots justes sont difficiles à trouver, ils se dérobent. Dans le fond, c'est à ça que sert ce rituel. À remplacer les mots justes.

Moi, j'aurais voulu en parler...  Mais je sentais bien que c'était impossible.
Je sentais que parler de Gilles réveillerait un tsunami émotionnel.  Et il faut bien le dire, j'avais du mal à regarder en face la peine de mes parents...  Alors, moi non plus, je ne disais rien.