J'ai arrêté Otto Abetz - Maxime Germain/Didier Eisack
L'histoire vraie d'un héros méconnu.
Seconde Guerre mondiale. Joachim Eisack, un Juif allemand réfugié dans la région lyonnaise, s'engage dans la Résistance. Après avoir participé à la libération de la France en 1944, il retourne en Allemagne comme inspecteur de la Sûreté pour dénazifier la zone française occupée de Säckingen. C'est là que, seul, il remonte la piste qui le conduira à découvrir où se cache, sous une fausse identité, Otto Abetz, ex-ambassadeur du Reich en France et général de la SS.
Il orchestrera son arrestation le 25 octobre 1945 et contribuera à retrouver le trésor du Werwolf (tableaux spoliés, documents secrets, argent et or...), destiné à fomenter une résistance nazie après guerre.
Abetz sera condamné à vingt ans de travaux forcés, mais gracié par le président Coty quelques semaines avant le décès de Joachim – qui, lui, ne sera jamais récompensé.
Cette BD est l’adaptation de l’ouvrage de Didier Eisack
publié en 2022. Didier est le petit-fils de Joachim Eisack, citoyen juif
allemand qui a quitté l’Allemagne avec sa femme et ses 6 enfants en 1933 pour
vivre en France. Il va être interné en 1939 comme ennemi de la France et va
s’engager dans la Légion Etrangère pour ensuite entrer dans la résistance
française en 1942.
Otto Abetz était un proche de Hitler et fut nommé comme
ambassadeur allemand en France. Il met en place des lois spoliant les Juifs avec
la collaboration de Vichy. En 1945, le sergent Joachim Eisack , appelé Ezac
pour franciser son nom, va recevoir la mission de traquer Otto Abetz. Celui-ci
s’est réfugié avec d’autres nazis dans la campagne allemande. Il va aussi
cacher le ‘Trésor de Werwolf’, argent reçu de Ribbentrop, ministre des affaires
étrangères du Reich, pour les groupes nazis en Forêt-Noire.
Joachim est donc à la recherche d’Abetz mais aussi de
l’argent caché (66 millions de francs français de l’époque).
Une BD qui se lit rapidement comme un suspens mais qui
surtout nous en apprend beaucoup sur ces personnes méconnues que furent Joachim
Eisack et Otto Abetz. Car si l’on connait le nom des hauts dignitaires nazis,
celui d’Abetz m’était personnellement inconnu. Des dessins en bleu gris et
blanc, une construction des cases assez rapide, parfois trop; on a l’impression
que des morceaux de l’histoire manquent.
Dans l’ensemble, une BD très enrichissante si l’on
s’intéresse à la seconde guerre complétée par un dossier bien documenté en fin
d’ouvrage.
8,5/10


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire