mercredi 24 juin 2026

Les grues volent vers le sud - Lisa Ridzén ♥♥♥♥♥

 Les grues volent vers le sud  -  Lisa Ridzén  ♥♥♥♥♥














La peuplade
Parution : 07 mai 2026
Traduit du suédois par Catherine Renaud
Pages : 432
Isbn : 978-2-925416-89-0
Prix : 23 €
Prix du livre de l’année en Suède, 2025
Prix Norrland Culture, 2025
Prix Adlibris (Meilleur livre de fiction et meilleur premier roman), 2024


Présentation de l'éditeur



Bo n’a plus beaucoup de temps devant lui. À quatre-vingt-neuf ans, il vit isolé dans un village suédois et sa santé décline rapidement. Sa solitude n’est troublée que par le va-et-vient de ses aides à domicile. Parmi les rares choses qui lui restent, il y a les appels à son meilleur ami et la fidèle compagnie de Sixten, son gros chien auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Bo aime s’endormir avec lui, sa main enfouie dans l’épais pelage. Quand son fils juge qu’il ne peut plus s’occuper d’un tel animal, l’orgueilleux Bo plonge dans un tourbillon d’émotions. Père et fils n’ont jamais su communiquer. Comment dire aujourd’hui ce qui compte vraiment? Bo dresse le bilan de sa vie, de ses liens familiaux, et se penche sur la façon imparfaite dont il a exprimé son amour au fil des ans.



Bestseller international profondément émouvant, gagnant du Prix du livre de l’année en Suède, Les grues volent vers le sud est le récit d’une dernière réconciliation. Lisa Ridzén célèbre la beauté des lumières du crépuscule avec une œuvre irrésistible, traduite dans plus de quarante langues.

Lisa Ridzén

Lisa Ridzén est née en 1988 en Suède. Elle est doctorante en sociologie et étudie les normes de la masculinité dans les communautés rurales du Norrland, région où elle vit. Plusieurs fois primé, Les grues volent vers le sud est son premier roman.

Source : La peuplade



















Mon avis

Bo a 89 ans, il vit seul avec son chien Sixten dans sa maison d'un petit village du Nord de la Suède depuis que Fredrika sa femme est placée dans une institution pour démence.  Une équipe d'aides- soignantes merveilleuses se relaient pour prendre soin de lui.   Hans, son fils passe régulièrement, il pense que Bo n'est plus capable de s'occuper de son chien et veut lui trouver une autre famille.

C'est un cataclysme qui se produit dans la tête de Bo à cette annonce.  On va vivre son quotidien, ressentir avec lui ses sentiments.  Lisa Ridzen dans ce premier roman magnifique nous fait ressentir avec beaucoup d'émotions les ressentis de Bo, on entre dans sa tête, dans ses pensées, ses souvenirs intérieurs, sa vie d'époux, l'amour profond pour sa femme, sa vie de père, cet enfermement dans ce corps, dans sa tête que par pudeur la vieillesse lui empêche de partager, comme une incapacité de faire, de dire l'amour qu'il porte à son fils.  Il ne veut pas reproduire la relation vécue avec son père, il sait que son fils l'aime et veut le lui dire mais c'est difficile.  Il s'interroge aussi au basculement de changement de rôle lorsque ce n'est plus le père qui prend soin du fils mais l'inverse.

Un roman qui parle aussi de l'amitié envers son ami Ture, son chien Sixten, et puis un questionnement aussi sur les limites du système pour vieillir bien, de merveilleux aides-soignants se relaient pour permettre à Bo de rester chez lui, l'attachante Ingrid qui fait ce travail avec empathie, amour et respect.

Ce qui bouleverse ici c'est l'humanité dans l'écriture.  C'est d'une justesse incroyable.  C'est beau, maîtrisé et cela m'a vraiment bouleversé au plus profond de mon être.


Coup de cœur à découvrir d'urgence.


Les jolies phrases

Je lui en veux toujours de vouloir contrôler ma vie, mais en même temps, je veux pas qu'il me lâche. 

Je peux presque toujours me réfugier dans le sommeil.  Là, les choses sont encore comme elles doivent être, j'y ai encore mon mot à dire. 

Le temps et les souvenirs forment une bouillie informe et il arrive que les premières années passées avec toi me semblent plus proches que la semaine dernière.  Mes anciens professeurs et mes camarades de classe me rendent visite et les souvenirs que j'ai refoulés refont surface.  

Je suppose qu'il fait référence à ta mémoire et je suis d'accord avec lui. C'est bizarre tout ce qui a disparu en toi. Toute notre vie. Mais je m'imagine qu'il doit encore rester quelque chose. Des souvenirs qui refont surface dans tes rêves. Des images qui défilent parfois devant tes yeux quand tu regardes par la fenêtre. Peut-être que je me dis ça pour que ce ne soit pas trop douloureux.

Je contemple notre fils de cinquante-sept ans.  Il n'y a rien de comparable à ça.  Elever un être humain.  Personne ne nous avait prévenus avant que tu tombes enceinte.  Que ça allait être aussi difficile que ça.  Comment est-ce que quelque chose d'aussi naturel que d'avoir un enfant peut-il être si compliqué ?
Je caresse la tête de Sixten et je pense à l'accord que j'ai passé avec moi-même.  Que je voulais tout régler avant que ce soit mon tour.  Que je ne voulais pas qu'il reste de tensions entre nous avant la fin.  Je ne veux pas qu'il ait à ruminer sur ceci ou cela.  

Je ne sais pas quand c'est arrivé, mais nos rôles ont été inversés.  Bien que son corps n'ait jamais été aussi imposant et musclé que le mien l'a été, il est celui qui détient l'autorité désormais.  Celui qui décide de ma vie.  C'est moi qui suis la raison de son existence, et pourtant je suis celui qui doit se soumettre.  Qui dépend de ses décisions.  C'est lui qu'on écoute, pas moi. 

On en a souvent parlé, du fait qu'on ne veut pas qu'ils nous gardent en vie quand on n'en aura plus de vie. 

jeudi 18 juin 2026

Lalie en l'air - Anne-Sophie Kalbfleisch ♥♥♥♥♥

 Lalie en l'air   -  Anne-Sophie Kalbfleisch   ♥♥♥♥♥
















Rouergue
La Brune
Parution : avril 2026
Pages : 128
Isbn : 978-2-8126-2829-0
Prix : 18.00 €

Présentation de l'éditeur

Lalie n’est qu’une enfant. Et si elle dérive bien souvent de rue en rue, dans le quartier de l’Ancien Canal, c’est que ses parents travaillent et que ni sa grande sœur ni son grand frère ne veulent s’encombrer d’une gosse.
Un jour, elle entre dans le jardin d’un homme qui s’exprime avec un drôle d’accent.
Sa meilleure amie Sophie a beau lui dire que les hommes sont dangereux, Lalie ne peut renoncer à ses échappées auprès de Mark. Là où, enfin, quelqu’un prend le temps de s’intéresser à elle. Et puis elle ne lit pas les journaux, lesquels ne parlent plus que des petites filles qui disparaissent dans le pays, semant la peur et le désarroi.
Avec ce roman pudique et tendre, Anne-Sophie Kalbfleisch raconte par petites touches une amitié sous le sceau de l’interdit au milieu des années 1990, lorsque des crimes inouïs ont changé la Belgique.


Anne-Sophie Kalbfleisch


Née en 1988 à Bruxelles, Anne-Sophie Kalbfleisch est enseignante en physique. Elle a participé en tant que commandante à une simulation de mission sur Mars dans le désert de l’Utah. Cette expérience lui a inspiré ce récit ancré dans l’Amérique profonde, ses ambiguïtés et ses inégalités. En 2015, elle a été lauréate du Prix du Jeune Écrivain pour sa nouvelle « Un ours, et d’autres évidences ». En 2024 paraît son premier roman, Eureka dans la nuit, aux Editions du Rouergue.

source : Rouergue









Mon avis

Après "Eureka dans la nuit" qui était magistral, Anne-Sophie Kalbfleish nous revient avec brio pour ce deuxième roman d'un genre totalement différent, une véritable pépite à lire absolument.

Un roman court mais dense qui nous raconte une amitié merveilleuse dans un contexte difficile.  Nous sommes en 1994 à La Louvière en Belgique lorsque le roman commence à l'époque de l'affaire Dutroux qui aujourd'hui encore a laissé des traces.
Lalie est une enfant vive et solitaire souvent livrée à elle-même, son père rentre tard du resto où il travaille, sa mère est débordée par son travail et son père à gérer.  Nicolas et Justine, frère et sœur plus âgés ont d'autres priorités.  Du coup Lalie se promène seule au bord du canal et un jour découvre la maison de Mark, un flamand, jardinier discret vivant là depuis quelques années.  Mark était prof de bio à l'université, il est doux, attentif et connait plein de choses sur les oiseaux.  Lalie y trouve un père, un ami, elle se sent écoutée au centre des attentions chez lui.  Une amitié est née, Monsieur Mark va l'aider pour l'école, lui transmettre son savoir, Lalie sourit enfin. 

Mais nous sommes dans les années de disparition des fillettes, de l'affaire Dutroux et les regards suspicieux vont changer la vision des choses. Mais pourquoi un prof d'unif se retrouve ici comme jardinier, les rumeurs vont bon train et on a vite fait de faire un amalgame, de déformer les choses.

L'originalité du récit réside dans l'écriture, l'usage du "tu" pour Lalie nous donne un regard à hauteur d'enfant mais on a aussi d'autres points de vue, celui de son amie Sophie qui rêve de devenir détective, celui des adultes, des voisins. 

L'écriture est tout en délicatesse, poétique.  La tension grimpe au fil du récit, c'est somptueux.  Le récit nous replonge à l'époque et nous interroge sur la vision que l'on peut avoir en fonction du contexte social et des traces du passé.

Bravo Anne-Sophie et merci pour ce magnifique récit, un immense coup de cœur à découvrir au plus vite.

Les jolies phrases

Un homme, c'est un garçon adulte, ça cumule les défauts des deux. 

Tu te demandes si être enfant n’est pas la chose la plus dangereuse au monde, il suffit d’un adulte, un seul…

Tu penses à cet immense noisetier sur le chemin de l'école, à quelques rues de chez toi. Quand en automne tu passais par-là, tu ne voyais jamais de noisettes sur le trottoir, ou à peine les week-ends de grand vent. Mais cet automne, depuis les dernières disparitions, tu as vu le trottoir se couvrir de noisettes. Des tas et des tas de noisettes, que les écoliers ne ramassent plus. Parce qu'à présent les parents accompagnent ou déposent leurs enfants à l'école, parce que ceux-ci n'ont plus l'occasion de marauder, parce que : on a peur. C'est cela, que raconte le noisetier. La peur.

Au contraire des romans policiers, qui tendent à dissiper le mystère, le monde réel ne fait que l'épaissir.





mardi 16 juin 2026

D'elle à moi - Lucy Sante

 D'elle à moi   -   Lucy Sante














Phébus
Traduit de l'anglais par Eric Reyes Roher
Parution : 05-03-26
Pages : 208
Isbn : 9782752915467
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur



« Je ne suis pas une écrivaine trans. Je suis une écrivaine qui est trans. »

Début 2021, Luc Sante envoie à son cercle d'amis un mail bouleversant : à 67 ans, il s'apprête à devenir Lucy, en ajoutant une lettre à son nom.

Sante s'est longtemps sentie déplacée : enfant unique de parents catholiques et ouvriers, née en Belgique, elle émigre très tôt aux États-Unis avec sa famille, puis s'installe à New York où elle fréquente la scène artistique du début des années 1970. Elle se lie d'amitié avec des figures entrées dans la légende : Nan Goldin, Jean-Michel Basquiat, Jim Jarmusch et Martin Scorsese, qui s’inspirera de son œuvre pour réaliser Gangs of New York. Lorsque Sante reconnaît enfin sa véritable identité de genre, réprimée pendant plus de soixante ans, cette révélation bouleverse tout et, avec une honnêteté désarmante, elle retrace les moments où cette conscience souterraine a orienté sa vie. Car c’est bien là, dans l’écriture et le récit de soi, que tout prend sens.

Un témoignage dépassionné et dédramatisé, qui ne cesse jamais de surprendre son lecteur, accueilli avec ses doutes et accompagné hors de ses préjugés.


Lucy Sante

Artiste, autrice et critique reconnue, spécialiste des marges et des contre-cultures, Lucy Sante a longtemps collaboré avec The New Yorker ou The New York Review of Books, et enseigné l'histoire de la photographie au Bard College. Plusieurs de ses livre ont déjà été publiés en France, notamment L’Effet des faits chez Actes Sud, Dope(s) ou My lost City chez Inculte.

source  Phébus









Photo : Jem Cohen  



Mon avis

Merci à Jérôme Colin et à la RTBF d'avoir invité Lucy Sante dans son émission "Entrez sans frapper" , c'est ce qui m'a donné l'envie de découvrir ce livre passionnant. (Le podcast est ici )

C'est un récit de vie, un témoignage très émouvant, celui de Lucy Sante, une écrivaine qui est trans.  On voyage dans le temps, sans chronologie dans son histoire, dans son ressenti, ses émotions.

Lucy est née à Verviers le 22 mai 1954 dans une famille ouvrière qui a subi de plein fouet la crise industrielle de la région, une mère catholique, dure, intransigeante.  La perte d'un enfant Marie-Luce, un an et un jour avant l'arrivée de Luc Marie ! La famille fera plusieurs aller-retours vers les Etats-Unis pour s'y installer au final.  Lucy vivra dans la région de New-York dans les années 70 et fréquentera de grands noms du monde artistique : Basquiat, Nan Goldin, Jim Jarmusch et Martin Scorsese.  Elle évoluera dans le monde de la musique et deviendra une écrivaine reconnue sous le nom de Luc Sante.

A 67 ans après avoir construit une vie, une famille, une réputation, il y aura une prise de conscience de ce qu'elle a toujours refoulé en elle et pourtant présent depuis son enfance, Luc deviendra Lucy car elle est femme !   C'est l'application Face App qui ouvre une porte sur son inconscient, en y glissant des photos, elle se voit enfin en femme, ce qu'elle a toujours été au fond d'elle-même.

Alors tout s'éclaire, une lettre à ses amis pour leur révéler sa vraie nature de femme, à 67 ans c'est évident et c'est vital, nécessaire, une question de survie, elle doit transitionner pour enfin être elle-même.  

Elle nous raconte cette décision difficile mais essentielle, son rapport au corps, au regard des autres.  C'est un récit intime écrit de manière fluide et agréable avec une sensibilité et une sincérité rare qui touche. 

A l'heure où beaucoup ne comprenne pas la transidentité, la réfute, la condamne, il est vraiment INDISPENSABLE de lire ce magnifique récit  pour permettre la tolérance, l'écoute et permettre à ceux et celles qui ne sont pas né.es dans le bon corps d'enfin être soi et trouver la paix. 

Merci Lucy pour votre témoignage que je recommande à tous.tes. 


Ma note : 9.5/10


Les jolies phrases

Je ne suis pas une écrivaine trans. Je suis une écrivaine qui est trans.

La perspective d'une transition est à la fois séduisante et terrifiante.

Le vent de tolérance qui souffle aujourd'hui, celui-là même qui a permis mon envol, ne fera-t-il pas dire à certains que je cède à un effet de mode, histoire, peut-être de rester dans le coup ? 

C'est un choix difficile, qui a le pouvoir de chambouler ma vie de fond en comble.  Ne vais-je pas détruire des choses essentielles au passage ?  

J'ignore pourquoi je suis, je sais néanmoins que mon désir d'être une femme est si fort que je ne peux l'exprimer par des mots.  Il est tellement plus fort que moi qu'il semble venir du dehors.

J'étais sûre de moi et paralysée par le doute, sans peur et facilement effrayée, euphorique et susceptible de m'effondrer subitement.

L'identité n'est-elle pas une construction au bout du compte ?

J'accepte ce que je suis et ma destinée, à présent que j'ai conquis mon identité.  Je ne la déteste plus, ne m'excuse plus d'être qui je suis.  Je marche la tête haute. 

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire






J'avais beaucoup aimé  "La couleur des sentiments"  il y a plus de 10 ans , j'ai vraiment envie de découvrir le nouveau titre de "Katryn Stockett"

Le calamity club  -  Kathryn Stockett















Robert Laffont
Pavillions
Parution : 28/05/26
Traduit de l'anglais (USA) par Laura Satz
Pages : 682
Isbn : 9782221284131
Prix : 24.90 €

Présentation de l'éditeur

Après plus de 15 ans d'absence et 15 millions d'exemplaires vendus dans le monde, le grand retour de Kathryn Stockett, l'autrice de La Couleur des sentiments. Bienvenue dans Le Calamity Club, une histoire de résilience et d'amitié où la solidarité féminine n'a d'égale que la soif de justice et de liberté.

" Si on donne à une fille une bouffée d'air frais et qu'ensuite on la lui reprend, elle se battra comme une lionne pour la récupérer. " Mississipi, 1933.

Meg, onze ans, a appris à ne compter sur personne. Depuis que sa mère l'a abandonnée, elle fait partie des grandes filles " inadoptables " de l'orphelinat, où elle se bat chaque jour pour garder espoir malgré le mépris et la cruauté de la présidente.
Birdie, missionnée d'aller retrouver sa sœur récemment mariée à un riche banquier pour sauver sa famille ruinée, découvre un foyer parfait en apparence mais qui repose en réalité sur un tissu de mensonges.
Charlie, internée de force dans un asile après avoir été jugée " faible d'esprit ", est prête à tout pour récupérer sa fille perdue et retrouver sa dignité.
Trois destins qui vont se rencontrer par la force du hasard autour de l'orphelinat du comté de Lafayette, puis converger avec celui d'un groupe de femmes intrépides qui élaborent un plan audacieux : le " Calamity Club ". Mais dans une ville où règne l'hypocrisie, le moindre acte de défi vous expose à tous les dangers... Quel sera le prix à payer pour leur désobéissance ?


Très envie de découvrir le dernier livre d'Olivier Bourdeaut

Une histoire d'amour et de violence   -  Olivier Bourdeaut




























Gallimard
La Blanche
Parution : 30/04/26
Pages : 240
Isbn : 9782073130242
Prix : 20.50 €

Présentation de l'éditeur

Le jour où il enterre son père, tout le monde félicite Olivier pour le succès de son premier roman. La scène est absurde, presque irréelle. Et pourtant, c’est là que tout commence.
Car derrière la consécration de l’écrivain se cache une histoire intime. Celle d’un fils qui a grandi dans l’ombre d’un père aussi impressionnant qu’insaisissable, d’un enfant qui s’est construit contre la violence et sous les coups, d’un adolescent qui les a rendus et d’un homme qui, au moment de devenir père à son tour, choisit de transformer son héritage.
De Nantes

à l’Espagne, des bancs de la pension aux plateaux de télévision, Olivier Bourdeaut remonte le fil d’une vie faite de chutes, de réconciliations inattendues et de victoires inespérées. Peut-on réécrire son histoire familiale ? Et que reste-t-il, au fond, de nos pères ?
Traversé par une émotion et un humour irrésistibles, ce livre raconte la métamorphose d’un mauvais élève en écrivain, d’un fils blessé en un père attentionné. Un récit vibrant sur la filiation, les épreuves, et finalement la joie de trouver enfin sa place.


La rentrée littéraire se profile 

Le livre de la disparition  -  Ibtisam Azem








Globe
Parution : 26/08/26
Traduit de l'arabe (Palestine) par Leïla Tahir
Pages : 304
Isbn : 9782207188392
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

À Tel-Aviv, Ariel et Alaa sont voisins et amis. L'un est un journaliste israélien, l'autre, un cameraman palestinien, hanté par le souvenir de sa grand-mère récemment décédée. Un matin, Israël se réveille abasourdi : tous les Palestiniens ont disparu. Plus d'ouvriers, de serveurs, de chauffeurs... Le pays est à l'arrêt. Alors que le gouvernement tente de déterminer si cette disparition représente un danger pour l'État, Ariel pénètre dans l'appartement d'Alaa pour enquêter et découvre son journal. En le lisant, il va peu à peu prendre conscience de la douleur et de la colère que son ami a toujours contenues. Empreint de réalisme magique, Le Livre de la disparition renverse habilement les perspectives sur la question israélo-palestinienne et met en lumière l'invisibilisation d'un peuple et d'une histoire. Sobre et évocateur, le roman fait résonner le drame de l'exode palestinien de 1948 et explore la persistance des souvenirs, qui blessent autant qu'ils consolent.


Celui-ci sera ma prochaine lecture, hâte de retrouver la plume de Jérôme Colin


Je suis né dans la tempête  -  Jérôme Colin





















Allary
Parution : 20 août 2026
Pages : 288
Isbn : 9782370736208
Prix : 20.90 €

Présentation de l'éditeur

« Quand le soleil commence à décliner, nous allons derrière la maison étendre les draps sur la corde. En fin de journée, la lumière bascule et la campagne entière se couvre d’un voile d’or. Tout semble plus doux, plus lent. Presque pardonné. Je me dis : voilà ce qu’il faudrait. Recouvrir en permanence le monde de cette lumière qui berce le sud de l’Italie pendant quelques minutes sur le coup de dix-neuf heures. »
Valério est né le 9 janvier 2007, le même jour que l’iPhone. Il aimerait vivre sa vie d’adolescent mais autour de lui, tout accélère. Sa mère court entre les petits boulots, son père tutoie la mort au volant de son Alfa, son meilleur ami et le quartier de son enfance
se métamorphosent.
Comment habiter humainement un monde devenu trop rapide ?
Au cœur de la tempête, Valério cherchera une zone de repli. Un endroit, ne serait-ce qu’un petit endroit, où la vitesse n’entre pas.


On termine avec des réceptions jeunesse chez Les Arènes

Quelques mot d'amitié  -  Jake Biggin




























Les Arènes jeunesse
Parution : 28 mai 26
Pages : 64
Isbn : 979-10-375-1602-2
Prix : 14.90 €


Présentation de l'éditeur



Une déclaration d’amitié envers soi et les autres, source d’inspiration et de réconfort.

Il n’est pas toujours facile de trouver un ami – ou d’en être un. Ce livre propose quelques réflexions sur l’amitié,
dans un dialogue simple et apaisant.

On retrouve les deux personnages du titre Quelques mots d’amour : une fillette se pose des questions et son compagnon, un petit teckel, l’interpelle et lui répond.

Ensemble, ils découvrent que l’amitié est un sentiment profond. Un autre mot pour désigner l’amour.


Une nouvelle collection pour les 3-6  -  Des histoires à lire seul !

Les lectures naturelles 
3 histoires à lire seul !  

Perlette  -  Céline Alvarez 



















Les arènes jeunesse
Les lectures naturelles 
Premières histoires à lire seul
Parution : 18 juin 26
Pages : 32
Isbn : 979-10-375-1608-4
Prix : 5.90 €



Marlaguette  -  Céline Alvarez




















Les arènes jeunesse
Les lectures naturelles 
Premières histoires à lire seul
Parution : 18 juin 26
Pages : 32
Isbn : 979-10-375-1607-7
Prix : 5.90 €



Mulan  -  Céline Alvarez





















Les arènes jeunesse
Les lectures naturelles 
Premières histoires à lire seul
Parution : 18 juin 26
Pages : 32
Isbn : 979-10-375-1606-0
Prix : 5.90 €


Présentation de l'éditeur


Aidez votre enfant à apprendre à lire grâce à la méthode de Céline Alvarez avec ce conte revisité.



Un livre pour entrer dans la lecture dès la maternelle. Digrammes en vert pour signaler les paires de lettres qui produisent un son.
Bulles pour désigner qui parle.
Onomatopées pour un premier niveau de lecture très simple.
Lettres muettes en gris pour repérer les lettres qui ne se prononcent pas.
Capitales pour faciliter la reconnaissance des lettres.

Dès que l’enfant connaît le son des lettres et des principaux digrammes (OU, AN, ON…), il peut lire son premier livre !


Belles lectures ! 

dimanche 14 juin 2026

Le mage du Kremlin - Luc Jacamon

 Le mage du Kremlin -  Luc Jacamon





















Casterman
Parution : 29/04/26
Adaptation du roman de Giuliano da Empoli
Scénario : Thea da Empoli
Dessin et adaptation: Luc Jacamon
Pages : 144
ISBN : 9782203296626
Prix : 24 €

Présentation de l'éditeur


Le best-seller de Giuliano Da Empoli servi par le dessin de Luc Jacamon


On l’appelait le « mage du Kremlin ». Vadim Baranov, ancien metteur en scène devenu éminence grise de Poutine, fascine autant qu’il intrigue. Un soir, il livre enfin son histoire au narrateur : des coulisses du pouvoir russe surgit un monde de manipulations et d’illusions, où la politique devient théâtre. De la Tchétchénie à l’Ukraine, Le Mage du Kremlin dévoile les ressorts du régime et médite sur la nature du pouvoir.

Dans cette adaptation, Luc Jacamon donne corps à la Russie post-soviétique grâce à son réalisme stylisé, parfaitement adapté à cet univers implacable.


Mon avis

Après avoir lu le roman de Giuliano Empoli - chronique ici - vu la pièce au théâtre, après le film, voici l'adaptation en BD par Luc Jacamon, une réussite totale.

Fin des années 90, qui pour succéder à Elstine après la Perestroïka, la libéralisation et les riches oligarques, il faut trouver quelqu'un pour reprendre le pouvoir.  Vadim Baranov, homme de théâtre devenu producteur va y jouer un rôle et se rapprocher du pouvoir, il deviendra le bras droit du mage du Kremlin.

Son choix se porte sur un agent de la sécurité russe utilisant des mesures autoritaires, il va décider qu'il est temps d'en terminer avec l'horizontalité du pouvoir, ce qu'il faut c'est la verticalité.  Cela commence par la force contre la Tchétchénie, les russes vont amener l'ordre à l'intérieur ce qui démontrera de sa puissance à l'extérieur.  Poutine car c'est bien de lui que l'on parle va reprendre possession des richesses aux mains des oligarques.  Il va construire un régime pire que l'Union Soviétique car il a une certaine idée de la grandeur russe, ce qui compte pour lui n'est pas le peuple mais la grandeur du pays.

Luc Jacamon s'empare merveilleusement du sujet.  Son dessin est très réaliste, des traits fins, le regard perçant, glaçant de Poutine. Les paysages du grand nord sont magnifiques.  Les couleurs et le style épuré parfaitement adaptés à la représentation de la Russie post-soviétique.

Ma note : 9/10



Les jolies phrases

Les passions font vivre l'homme, la sagesse le fait seulement durer. 

S'il veut rester en vie, chaque peuple doit croire que ce n'est qu'en lui que réside le salut du monde.

La verticalité du pouvoir est la seule réponse satisfaisante, l'unique capable de calmer l'angoisse de l'homme exposé à la férocité du monde.

Si les hommes étaient des créatures rationnelles, les casinos n’existeraient pas et je n’en posséderais pas.  Il n'y a rien de plus sage que de miser sur la folie des hommes, Evgueni. 

Les imprévus sont toujours le fruit de l'incompétence.