lundi 14 octobre 2019

Les prisonniers de la liberté - Luca di Fulvio


Les prisonniers de la liberté   -   Luca di Fulvio

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Slatkine |& Cie
parution : 12 septembre 2019
Pages : 688
ISBN : 978-2-88944-096-2
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur


1913, trois jeunes gens embarquent pour l’Argentine. La rebelle Rosetta fuit son village italien. A la mort de ses parents, harcelée, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner sa ferme. Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il refuse de se soumettre à la Mafia locale. Raechel, petite juive russe, a vu sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de son père. Le nouveau monde les réunira.

Après New York, Luca Di Fulvio nous emmène à Buenos Aires. Un parcours semé d’embuches, où amitié, amour et trahisons s’entremêlent… Un grand Di Fulvio.


L'auteur


Nationalité : Italie
Né(e) à : Rome , le 13/05/1957
Biographie :

Luca Di Fulvio est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de littérature d'enfance et de jeunesse.

Avant de fonder sa propre compagnie de théâtre (Le Moveable Feast), il travaille avec Paola Bourbons, Sergio Graziani, Mario Marans, Andrzej Wajda. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d'édition.

Publié en 1996, son premier roman, "Zelter", est une histoire de vampire.

Son deuxième roman, "L’empailleur" (L'impagliatore, 2000), est un thriller qui est adapté au cinéma en 2004 par Eros Puglielli sous le titre "Ochi di cristallo".
Les droits cinématographiques de son roman "L'échelle de Dionysos" (La scala di Dioniso, 2006), dont il a aussi écrit le scénario, sont vendus avant même la parution du livre en librairie.

Sous le pseudonyme de Duke J. Blanco, il aborde la littérature d'enfance et de jeunesse avec "I misteri dell'Altro Mare" en 2002.

Luca Di Fulvio est devenu l'un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de "Le gang des rêves" ("La gang dei sogni", 2008) publié en France en juin 2016 chez Slatkine & Cie et premier tome d'une forme de trilogie. Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d'un jeune Italien, s'est lentement mais sûrement transformé en best-seller. Suivra, un an plus tard, "Les enfants de Venise" (La ragazza che toccava il cielo, 2013) puis "Le soleil des rebelles" (2018).


Source : Babelio


Il y a tellement de choses à lire, impossible pour moi de le faire seule , alors j'ai décidé d'inviter des amis à partager leur ressenti de lecture. 

Un autre regard, l'avis d'Yves 


Ces « Prisonniers de la liberté », forts de leurs 654 pages, m’ont procuré de longues heures de lecture passionnante.


J’avais découvert cet auteur italien un peu par hasard, grâce à son « Gang des rêves », paru il y a 10 ans et déniché en brocante. Déjà, pas moyen de lâcher cette histoire d’émigrés italiens aux Etats-Unis, riche en rebondissements et émotion.

Dans ce nouvel opus, l’auteur plante son décor à Buenos-Aires, en 1912-1913.

On y suit les destins de 3 émigrés (un peu contre leur gré) : Rocco et Rosetta, venus de Sicile et Raquel, jeune juive issue d’un village russe.

C’est foisonnant, passionnant, et les personnages nous entraînent dans une histoire dont on ne ressort pas indemne.

Le Nouveau Monde de 1912, c’était peut-être la liberté, mais pas pour tout le monde.
Et d’autant plus dans cette Argentine où les immigrés italiens sont légion et reproduisent les schémas mafieux de leur pays natal. Les différences de classes y sont omniprésentes et la majorité des habitants, ballottés entre pauvreté extrême et règlements de comptes, n’ont guère de raisons d’espérer.

Rocco parviendra-t-il à s’extraire des griffes de cette mafia et à retrouver Rosetta, féministe avant l’heure, croisée sur le bateau de l’immigration (coup de foudre !), elle-même sous le coup d’une accusation de tentative de meurtre et recherchée par les polices italienne et argentine ?


Raquel, qui a quitté son village natal après le meurtre de son père, pour se retrouver embringuée dans le sillage de maquereaux inhumains, trouvera-t-elle une place dans cette société qui broie tant de 
vies ?


On se doute que le roman finira bien mais les péripéties pour arriver au dénouement sont spectaculaires et toujours prenantes.


Maître d’un scénario qu’Hollywood finira bien par récupérer, Luca Di Fulvio est un auteur qui entraîne l’addiction et génère l’insomnie, tant on est pressé de connaître la suite des aventures de tous ses personnages, bons et mauvais.


A ne pas manquer !

Sa note : 9/10








jeudi 10 octobre 2019

La police des fleurs, des arbres et des forêts - Romain Puertolas

La police des fleurs, des arbres et des forêts    

Romain Puertolas

Sorcière ! - Matthieu Dhennin - MEILLEURS LIVRES . FR

Albin Michel
Parution :  2 octobre 2019
Pages : 352
EAN13 : 9782226442994
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Une fleur que tout le monde recherche pourrait être la clef du mystère qui s’est emparé du petit village de P. durant la canicule de l’été 1961.

Insolite et surprenante, cette enquête littéraire jubilatoire de Romain Puertolas déjoue tous les codes.

L'auteur




Romain Puértolas est né le premier jour de l'hiver 1975 à Montpellier. Il a une maîtrise en Lettres et Civilisation Espagnoles, une maîtrise en Français Langue Etrangère, une licence en Lettres et Civilisation Anglaises et un diplôme en météorologie de Météo France. Doté d'une oreille musicale, il parle espagnol, catalan, anglais, russe et a des notions en allemand et a même appris le swahili lors de son voyage de noce au Kenya. Il imite également très bien l'eau qui coule dans un verre.

Enfant, Romain voulait être plongeur pour le Commandant Cousteau (il l'a même chanté, la preuve ici) et agent secret. Dresseur de poupées russes, en ce sens qu'il a toujours eu comme objectif d'avoir plusieurs vies en une seule. Ainsi, tour à tour DJ, compositeur, professeur de langues, traducteur-interprète, steward, voix pour méthode de langues, nettoyeur de machines à sous, chef avion, employé de navigation aérienne et lieutenant de police, Romain a déménagé 31 fois en 38 ans et vécu dans 3 pays (France, Espagne, Angleterre), prouvant que le mouvement et le voyage tiennent une place privilégiée, si ce n'est essentielle, dans sa vie.

Il écrit depuis l'âge de 6 ans (d'abord des bandes dessinées, puis des poèmes et enfin des romans). Auteur de 7 romans et de centaines d'histoires, il justifie son imagination débordante par l'existence de Gérard, un poisson rouge offert par sa mère pour son neuvième anniversaire, qui lui dicterait phrase par phrase ses romans...

Source : son site

Mon avis

Génial ! J'étais victime d'une panne de lecture et ce livre m'a totalement guérie.  Il est fort Puertolas !

Dès l'introduction, il nous annonce qu'il s'agit d'un roman policier et "c'est juste qu'il y a ... un coup de théâtre final époustouflant.  Oui, quelque chose que l'on essaye de vous dire depuis le début, qui est là depuis le début, et que vous ne comprenez qu'à la fin.  Mais il est trop tard et vous vous apercevez que vous vous êtes bien fait avoir."

Ça marche, les amis, je me suis bien faite balader.  Un régal.

Nous sommes le 18 juillet 1961, remettons-nous dans le contexte.  Le petit village de P. , il est 11h17 le matin et un train entre en gare avec à son bord, un jeune inspecteur de police brillant dépêché à la demande du maire car un crime atroce a eu lieu dans le village.  Le corps d'un certain "Joël" a été retrouvé dans une cuve de la fabrique de confiture Boneteau, celle du maire !  Le corps avait été démembré, découpé à la scie et réparti dans 8 sacs des "Galeries Lafayette".  

A son arrivée, stupeur, le corps a déjà été enterré, un monument est en construction à la mémoire du défunt.  Pas de problème, une autopsie a bien été réalisée par le Docteur Bonnin, généraliste et vétérinaire du village.  Étranges tout cela, tout comme les habitants de la campagne.  De plus, un violent orage empêche toute communication téléphonique, originalité du roman - n'oubliez pas nous sommes en 1961 - les câbles ont été arrachés, impossible de communiquer autrement que par courrier.  Il s'agit en effet d'un roman épistolaire.

C'est assisté par J-C Provincio, de la police des fleurs, des arbres et des forêts -nous sommes à la campagne - que notre inspecteur devra résoudre ce crime horrible. Pour se faire, il a une arme secrète qui ne le quitte jamais, même dans les toilettes, si si je vous assure ...  Un enregistreur à bandes, dernier cri et ses douze piles alcalines, c'est ce qui lui permettra de retranscrire ses auditions dans des lettres envoyées au procureur. Il ne nous épargne aucun détail pour notre plus grand plaisir.

C'est une véritable enquête avec des quiproquos.  Il nous parle de la campagne et des moeurs et attitudes étranges de ces habitants, qui se croient tout permis et bafouent parfois la réglementation, quoi que ...   Parlent-ils le même langage ?

Je me suis bien amusée à la lecture, j'ai ri surtout pour le bouquet final car l'auteur s'est bien joué de nous, à des lieues de ce que l'on peut imaginer.

Coup de maître, jubilatoire !  Bravo, j'ai passé un excellent moment, un livre qui fait du bien.

Ma note : ♥

Les jolies phrases

Il est incorrect de penser que le silence règne en maître ici.  Les cigales qui font un bruit de clôture électrifiée, le meuglement des vaches, les chiens qui aboient, les clochettes des brebis qui tintent au loin comme cent églises forment un paysage sonore qui ne s'éteint pas, qui n'en finit pas, qui vous accompagne toujours, mais auquel on ne s'habitue jamais. Non, madame, il n'y a pas moins de bruit à la campagne qu'à la ville, il est juste différent.

Et puis, pourquoi tuer Joël, le seul être qui vous accompagne dans la solitude ?  Ce serait  comme, et pardon d'être si poétique, souffler sur la bougie qui illumine votre caverne, pour tomber de votre propre initiative dans les ténèbres.


Du même auteur j'ai lu 

Romain Puértolas - L'extraordinaire voyage du fakir qui ...





mercredi 9 octobre 2019

Le dernier pharaon / Schuiten-Van Dormael/Tyomas Gunzig/Laurent Durieux

Le dernier pharaon  (Blake et Mortimer)

François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig, Laurent Durieux



Dargaud
Blake et Mortimer
Parution : 29 mai 2019
DESSIN: FRANÇOIS SCHUITEN
SCÉNARIO : THOMAS GUNZIG
VAN DORMAEL JACO
FRANÇOIS SCHUITEN
COULEURS : LAURENT DURIEUX
Pages : 92
EAN.9782870972809
Prix : 17.95 €

Pour ma part, j'ai lu la version demi-format

Aucune description de photo disponible.

Présentation de l'éditeur

« Par Horus, demeure ! » Le souvenir de la Grande Pyramide hante à nouveau Mortimer. Ses cauchemars commencent le jour où il étudie d'étranges radiations qui s'échappent du Palais de Justice de Bruxelles : un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales, des pannes dans les circuits électroniques et d'épouvantables hallucinations chez ceux qui y sont exposés. La ville est aussitôt évacuée et enceinte d'un haut mur.

Pour venir à bout du rayonnement, l'armée a conçu un plan qui met en péril l'avenir du monde. Pour Blake et Mortimer, malgré leurs vieilles querelles, malgré leur âge, il va s'agir de repartir à l'aventure, vers une Bruxelles abandonnée pour tenter encore une fois de sauver le monde. Et s'apercevoir que la zone interdite n'est pas si abandonnée que cela.

Ce qu'ils trouveront là est en lien avec leur aventure passée, celle qui les avait menés au temps de leur jeunesse, vers les mystères de la Grande Pyramide.

Dans "Le Dernier Pharaon", les Belges François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux ont voulu revisiter l'oeuvre d'Edgar P. Jacobs, où se mêlent leurs talents respectifs et le plus grand respect pour la série originelle. Un hors série fidèle, mais à la fois très personnel, qui prend ses sources au coeur même des aventures de Blake et Mortimer. À ne pas manquer !




Mon avis

J'ai un aveu à vous faire, je n'ai jamais lu les aventures de Blake et Mortimer de Jacobs mais je sens que cela ne saurait plus trop tarder.

Je suis belge et j'ai comme vous le savez l'envie de découvrir et de faire découvrir des auteurs de chez nous, alors c'est tout naturellement que j'ai eu envie de découvrir cet album de François Schuiten, Jaco Vander Maelen, Thomas Gunzig et Laurent Durieux.

Un album publié en deux formats, j'ai lu l'horizontal - grand format-  et je me suis régalée.

Direction Bruxelles, plus précisément sous le palais de Justice imaginé par Poelaert.  De mystérieux hiéroglyphes, le bureau de l'architecte, le signe d'un passage, des éléments troublants, le professeur Mortimer est présent à la demande d'un ami qui s'engage dans un passage marqué du Dieu Seth, et c'est le chaos..  Un énorme faisceau de lumière se propage, émergeant de l'édifice.

Les rayonnements perturbent les champs magnétiques provoquant coupures d'électricité.  La ville est évacuée, une immense cage de Faraday est construite entourant le palais de justice pour contenir les rayons.

Quelques années plus tard, malgré les précautions, le phénomène s'étend provoquant pannes et anéantissant les ordinateurs, les transports, les télécommunications, on risque le chaos total.

Mortimer doit rejoindre Blake à Londres, il partira en mission à Bruxelles pour stopper le tout, l'armée risquant d'intervenir et de provoquer plus de dégâts.

C'est une aventure palpitante dans un monde en perdition, la ville est en ruines laissée à la nature et ses dangers.  Un groupe de survivants ?  Blake arrivera-t-il à résoudre ce mystère?

Le graphisme de Schuiten est magnifique, on retrouve des traits de ligne claire revisité.   Une réussite qui est le résultat de la collaboration entre un cinéaste, un écrivain, un dessinateur hors pair et un artiste de la couleur.  Ils nous donnent 4 regards différents.


Sauver le monde, un sujet d'actualité  Un album que je vous conseille vivement.

Ma note :  ♥♥♥♥♥

Une jolie phrase

Rien de plus effrayant que l'inconnu, rien de plus dangereux que l'ignorance.



vendredi 4 octobre 2019

77 - Marin Fouqué

77      -  Marin Fouqué


77

Actes Sud
Parution : 21 août 2019
Pages : 224
ISBN 978-2-330-12545-5
Prix  : 19, 00€


Présentation de l'éditeur

Chaque matin depuis la rentrée, ensommeillés, mutiques, mal lunés, ils se retrouvent au point de ramassage – le grand Kevin, la fille Novembre, le Traître, les faux jumeaux, et puis lui. Aujourd’hui, il ne montera pas dans le car scolaire, il va rester seul au bord de la route, sous l’abribus, sous sa capuche, toute la journée. À regarder passer les voitures. À laisser son regard se perdre sur les terres du “sept-sept”, ce département vague entre Paris et la province, entre boue et bitume, où les villes sont de simples bourgs et les champs de mornes étendues de camaïeu brun. À se noyer dans les souvenirs d’avant l’été, quand le Traître s’appelait encore Enzo et qu’avec la fille Novembre ils formaient un trio inséparable.
Ce premier roman à l’énergie brute charrie la violence et l’innocence, l’âge des possibles et de l’insupportable, la construction des corps et la fracture des rêves dans un flux de conscience époustouflant de spontanéité, d’invention, de vérité.



“Longtemps j’ai cru venir d’un paysage sans identité.

Ni tout à fait urbanisée, ni entièrement rurale, j’ai grandi dans une zone sans réelles histoire ni culture auxquelles me rattacher. J’enviais secrè­tement celles et ceux de la ville qui me parais­saient connectés en haut débit à tout ce qui palpite ; j’admirais et craignais celles et ceux des périphéries que je fantasmais comme braves et prompts à tout retourner sur leur passage ; je respectais celles et ceux des provinces qui me semblaient avoir quelque chose à protéger et à chérir. Moi, je venais seulement d’une zone où rien ne se passe et où personne n’arrive, pas assez vive et pas totalement morte, quelque part au croisement exact entre le bitume et la boue.

Du bitume et de la boue, on doute rarement de qui enfouira qui.

Alors, pour mieux la saisir avant sa dispari­tion, j’ai d’abord voulu écrire cette terre sans histoire ; mais le roman m’a tracté sur d’autres sillons : ceux d’une réalité pétrie d’entre-deux. Entre la mémoire et le paysage, entre la fange et le goudron, entre l’enfant et l’adulte, entre le jeu et le coup, entre l’oubli et le mensonge, entre l’amour et l’amitié, entre le genre et la sexualité, entre l’injonction à se construire en « vrai bon­homme » et le désir de devenir soi-même, entre la rage et l’abandon, entre la fureur et l’étreinte, entre le silence et les non-dits, entre la houle et l’impact.

C’est de cette bifurcation dans la terre que naîtrait la voix du narrateur.

Une voix si ancrée dans le paysage qu’elle l’incarnerait totalement, se faisant à la fois témoin et porte-parole d’une génération d’ou­bliées et d’oubliés de toutes provenances. Une voix pour emporter cette génération plus loin que la capuche dont elle serait protégée, plus loin que l’abribus où elle se tiendrait recluse, plus loin que l’étendue de terre qui l’entourerait avec la nationale pour seul horizon, et pourquoi pas aller encore plus loin, au-delà du territoire, au-delà des souvenirs, au-delà de l’adolescence, au-delà de la violence, au-delà de toute injonc­tion, au-delà du silence.’’

M. E

L'auteur nous en parle




Mon avis

C'est un premier roman dont on va entendre parler j'en suis certaine. Pour diverses raisons.

Sa forme : c'est un récit écrit d'un jet continu, d'une traite, sans chapître, sans alignement.  Un texte continu entrecoupé de nom de COULEUR ou de METALLISE en majuscules.  C'est tout.

Un peu perturbant au départ mais nécessaire comme un flot de paroles continu, un grand monologue qui raconte le quotidien d'un ado en capuche dans le 77.

C'est un récit qu'à plusieurs reprises, j'ai lu à voix haute pour entendre claquer la langue, sa musicalité, son rythme.

Ça claque, ça pète, ça vit et pourtant il ne se passe pas grand chose dans cet abribus en béton où notre narrateur passe ses journées à fumer des pétards refusant de prendre le car scolaire conduit par Polnareff.  Il regarde Enzo, le traître, la fille de novembre, le grand Kevin et les jumeaux partir et reste la journée dans son abri sous sa capuche.

Il nous raconte son 77, et regarde passer les voitures sur la nationale, une rouge, et il se souvient, une jaune, d'autres souvenirs reviennent et surtout 3 métallisées ce matin là.

C'est un roman d'initiation, lui au corps frêle, qui se planque sous sa capuche, nous raconte son bled, ses champs marron, le père Mandrin sur son tracteur, la vieille, les vieux qui jouent au loto, la parisienne, ce qui a fait que son pote Enzo soit devenu le traître, ...

Il nous conte l'arrivée du grand Kevin qui fera de lui un autre.

Je n'ai pas envie de vous en dire plus si ce n'est que c'est rural, c'est noir, ça claque, ça pulse, la vie quoi dans le 77.

L'écriture est tranchée, saccadée, c'est un long monologue sonore et sensible.  Poétique à sa manière.
Quelle force d'écriture.  Un coup de poing, un coup de maître disent certains.

Ce roman sort de l'ordinaire.  A découvrir de toute urgence.

Ma note : 8.5/10


Les jolies phrases

Ils se prennent pas mal la tête, les vieux, dans la vie.  Ça rassure pas pour les années à venir.

Fumer quand on est pompiste est un sport dangereux, il disait, mais ça passe le temps, il ajoutait avant de conclure que souvent, c'est ce qui est le plus dangereux qui passe le mieux le temps.


L'odeur de peau des vieux, faudrait réussir à l'isoler.  Pour comprendre. Comprendre l'odeur du temps, des paquets d'années entassés.  Comme les strates de terres en cours de SVT, à l'époque où j'y allais encore.  Cette odeur de peau de vieux, elle imprégnait la salle, tu la sentais dans ton nez à peine passé la porte.

Dingue comme le bruit d'une bagnole peut ramener au réel.  Et dingue comme les souvenirs peuvent défiler.  Encore plus vite que la vie.  Le passé, il s'enchaîne bien mieux que le présent, j'ai remarqué.

Toute la journée, calme moi aussi, les nuages à mater.  Ça bougeait toujours, les nuages, une forteresse qui devient un chien qui devient un cheval qui devient un bateau qui devient un flingue qui devient une bagnole qui devient une masse, qui devient une gueule.  Et quelques avions qui la percent comme on s'éclate les boutons.

La première claque du shit, tu t'en souviens longtemps.  D'abord tu la crains, tu te dis que c'était la pire chose au monde, le pire moment de ta vie, plus que ça se reproduise, tu t'arrêtes bien avant que ses ressacs ne reviennent.  Et puis un jour tu la regrettes.  Tu te mets à se recherche.  Tu l'idéalises.  Un peu comme l'amour.   C'est la mémoire qui te trompe.  D'ailleurs, ça sert peut-être à ça la mémoire : trouver la vie belle au moins dans le rétro.  Dans le rétro du tracteur de la vie, y a l'ancienne terre qui se retourne.  Par vagues ça se retourne et puis plus rien n'est comme avant .  Nouvelle terre.  Belle terre bien grasse et sombre du sud 77.

La vie c'est des coups, la défonce c'est de l'entraînement.  C'était ça être un homme, un vrai : se connaître de l'intérieur, en profondeur.



lundi 30 septembre 2019

Bilan lecture de septembre

Bilan de lecture septembre

Un petit coup de mou.  Presque pas de lectures seconde partie de septembre.  Petite panne !!!  ou un peu d'overbooking ?  Trop de choses à lire, difficile de savoir par où commencer ?  Je ne sais pas, le début du jogging, plus de sport, moins de temps pour lire et chroniquer, c'est ce qui prend le plus de temps.

L'envie d'un break !  mais des activités en rapport avec la lecture toujours bien présentes.

C'était une première et certainement pas la dernière, "Le livre sur la place" à Nancy en compagnie d'autres lectrices, Nath et Régine.  Du bonheur, des rencontres, des tables rondes, des livres mais autrement.

A la rencontre de Myriam Leroy chez Tulitu.  La lecture d'un manuscrit pour une amie, du bonheur livresque  mais moins formel.

Assez de blabla, voici mon bilan de septembre  :

Elle sera au théâtre 140 le 10 octobre prochain : mon billet en cliquant sur la couverture pour avoir accès à l'article.







et un super manuscrit dont je ne peux pas encore vous parler

Je vous l'avais dit , un mois très léger , j'espère que la panne va passer.  Pourtant ce n'est pas le choix, ni l'envie qui me manque.

A très vite.