mardi 4 mai 2021

Arbres en péril, Nos villes, leur dernier sanctuaire - David Happe

Arbres en péril , Nos villes, leur dernier sanctuaire
David Happe






Le mot et le reste
Parution : 18 mars 2021
Pages : 190
Isbn : 9782361397234
Prix : 19 €


Présentation de l'éditeur


Si le constat est sombre, ce témoignage montre que nous avons les connaissances nécessaires pour mieux comprendre le déclin silencieux mais massif de la biodiversité et inverser la situation.

Conçu comme un voyage botanique qui emmène le lecteur sur les cinq continents, Arbres en péril déploie l’histoire de ces migrants végétaux qui au fil des siècles ont agrémenté parcs et jardins, et dont l’avenir à l’état sauvage est largement menacé. Communément plantées dans notre environnement proche, certaines essences d’ornement peinent à subsister dans leur milieu naturel. Combien de cèdres, de séquoias, de marronniers et de milliers d’autres espèces subissent les nuisances causées par les hommes? Surexploitation forestière, sécheresse, pathogènes, urbanisation galopante entraînent un déclin massif qui affecte près de la moitié de la diversité arboricole de la planète. Il subsiste toutefois l’espoir que le grand public par son intérêt croissant pour ces grands végétaux puisse contribuer à leur sauvegarde.

David Happe


Technicien forestier et ingénieur écologue, David Happe s’investit depuis vingt-cinq ans en faveur de l’étude et de la protection de la biodiversité. Au travers de nombreux articles publiés dans des revues à destination du grand public ou des professionnels, il s’est régulièrement attaché à mettre en lumière la diversité et le rôle essentiel de la flore en général et des arbres en particulier.

Mon avis

Voici une lecture qui sort de l'ordinaire pour moi grâce à Babelio et les éditions Le mot et le reste que je remercie vivement.  David Happe nous fait prendre conscience des arbres en péril à travers le monde.

C'est super intéressant mais aussi interpellant car on parle souvent d'extinction d'espèces en pensant aux oiseaux ou autres espèces animales mais la flore et les arbres en particulier en font partie intégrante.

Dans ce livre on découvre avec de nombreuses photos et croquis à l'appui les différentes espèces, comment celles-ci on été découvertes, introduites dans d'autres contrées mais surtout on prend conscience des menaces, des gestes que l'on pourrait poser pour éviter ou ralentir ces disparitions.

Saviez-vous que sur les cinq continents, ce sont 60.000 espèces à travers le monde qui sont menacées ?

Saviez-vous qu'un tiers des conifères est en régression tout comme un tiers des érables, la moitiè des magnolias, 80 espèces de chênes, 60 de bouleaux  ? 

Saviez-vous que des arbres remarquables comme les séquoias géants sont eux aussi menacés pour cause de sécheresse, d'abandon d'anciennes pratiques ancestrales de brûlis, de vulnérabilité aux insectes, d'un environnement de sapins plus inflammables ?

Ce livre est très bien illustré, de nombreuses photos (juste dommage qu'elles soient en noir et blanc), planches ou documents nous racontent l'histoire d'espèces, leur découverte, leur introduction dans d'autres continents. 

Après avoir parcouru diverses espèces et les menaces pesant sur elles ; comme le peuplier noir victime de pollution, se développant le long des cours d'eau de plus en plus enfouis,  les sorbiers de Serbie, victime collatérale de la guerre, la menace du bois de rose en Afrique, du Gingo Biloba ou des magnolias en Asie , on se penchera sur les causes et solutions pour enrayer le mouvement.

Les causes de disparition :

  • Les grands incendies liés souvent aux changements climatiques, à la sécheresse.
  • Les abattages urbains, diminution de nouvelles plantations comme le marronier par exemple en ville, les arbres ététés, élagués, mutilés pour des raisons de sécurité qui les fragilisent en cas de sécheresse et tempête.
  • L'exploitation intensive comme la biomasse aux Etats-Unis
  • La déforestation et l'apparition de nouveaux parasites suite à cela
  • L'intensification de la sylviculture
  • La pollution urbaine
  • L'imperméabilisation des sols  etc...
A nous d'agir en étant plus conscient de cela et en changeant nos comportements, en créant des banques de graines et en conservant des arbres remarquables dans les arboretum, jardins et parcs botaniques,  en élevant certains arbres ex-situ pour les réintroduire après dans les pays d'origine. 

A nous d'être responsables.

Ma note : 8/10

dimanche 2 mai 2021

BILAN DE LECTURE D'AVRIL

 Bilan de lecture d'avril 




Avril comme chaque année c'est le mois belge.  Je ne déroge pas à cette tradition, même si je lis belge toute l'année , neuf pour ce mois d'avril.  Je vous laisse découvrir ma chronique en cliquant comme à chaque fois sur la couverture si celle-ci est publiée.


La mise à jour de cette page est mensuelle.


J'avais adoré "Des barreaux aux fenêtres" publié il y a quelques années, celui-ci m'a également séduite. C'est chez Weyrich, une maison d'éditions de chez nous à soutenir.




Une bd culte republiée colorisée , magnifique 




Une lecture différente grâce à Babelio et masse critique, un essai très intéressant





Comme à chaque fois un récit très fort de Geneviève Damas  ♥




Une nouvelle plume primée par le Prix écritures Noires, déjanté, jouissif.




Un peu de rêve et de fantasy avec cette nouvelle série .  Evasion garantie.




Un auteur belge incontournable, un excellent roman d'Armel Job.





Un premier roman qui nous parle du déracinement  chez Diagonale éditions.
 





Le dernier Servais, mon chouchou en bd, il dessine la forêt et les animaux de façon extraordinaire.





Encore un premier roman exceptionnel, une symphonie familiale.




Un petit opuscule dont je vous parle bientôt.





Je suis toujours en cours de lecture de :


Si les dieux incendaient le monde - Emmanuelle Dourson

Si les dieux incendiaient le monde - Emmanuelle Dourson







Grasset
Parution : 13 janvier 2021
Pages : 256
Isbn : 9782246823643
Prix : 20 €


Présentation de l'éditeur

Une famille déchirée que le destin va rassembler lors d’une extraordinaire soirée.

Il y a Jean, le père ; Clélia, sa fille aînée ; Albane, la cadette que personne n’a revue depuis que sa sœur lui a volé l’homme qu’elle aimait, quinze ans plus tôt ; Yvan, que Clélia a épousé depuis. Et Katia, leur fille, qui de cette tante disparue sait ceci : elle vit à New York, est devenue une célèbre pianiste, son souvenir hante encore ses parents. Leurs vies basculent le jour où Jean apprend qu’Albane doit donner un concert à Barcelone et décide de s’y rendre. Chacun, à sa manière, devra y assister.

Magistral, ce premier roman est une prouesse littéraire, une épopée où d’une voix, celle de l’énigmatique narratrice, le destin d’une famille est retracé avant d’être à nouveau chamboulé. Y gronde la rumeur de notre monde incendié, appelé lui aussi à se retrouver pour survivre.


Emmanuelle Dourson  nous en parle




Née en 1976 à Bruxelles, Emmanuelle Dourson a fait des études de lettres. Si les dieux incendiaient le monde est son premier roman.




 

Palau de Musica                                                     Opus 111  Beethoven




Mon avis

C'est un premier roman pour ma compatriote Emmanuelle Dourson.

C'est sous forme d'un roman choral, que dis-je d'une symphonie familiale que nous est proposée cette petite pépite. Un livre riche et exigeant où la musique, la littérature et l'art occupent une partie majeure.

Il s'agit d'un double drame familial qui unit les différents membres de la famille, drame dont la narratrice principale Mona nous échappe au début... J'avoue que cela m'a un peu dérouté.    Elle se dévoile au fil des chapitres, elle qui nous parle du passé, de ce qui a détruit cette famille mais aussi de demain et de l'espoir porté pour que réparation soit faite et ses regrets oubliés.

Chapitre après chapitre avec chaque personnage ayant une voix bien spécifique, on entre littéralement dans leur tête, dans leurs pensées et comprend ce qui les relie les uns aux autres.

Il y a Jean, le père impotent, en introspection dans la contemplation de son tableau de Smargiassi et les mots de Nabokov, Clélia sa fille la soeur d'Albane - se préoccupant du réchauffement climatique , absente, en fuite en Ethiopie, Yvan le beau-frère mari de Clélia , premier amour d'Albane, Katia, la nièce fille de Clélia - une ado qui se cherche- et enfin Albane la fille cadette de Jean.

Albane a fui l'Europe il y a 15 ans sans adresse gardant comme lien l'unique carte postale de voeux annuelle.

Chaque protagoniste a entendu l'info, Albane grande musicienne internationale donnera un concert au Palau de Musica de Barcelone.  Cette nouvelle va bousculer la famille et tout va basculer car chacun devra assister à cet événement à sa manière.

Ce premier roman est magistral même si j'avoue avoir eu un peu de mal à situer la narratrice au départ.  Il est surprenant, exigeant avec une structure narrative un peu perturbante mais adéquate, parfaite. 

L'écriture est poétique, fluide, imagée.  Les mots sont savamment choisis avec précision et efficacité. 

C'est un voyage auquel Emmanuel Dourson nous convie, une ode aux voyages même, que ce soit les descriptions des lieux, en particulier le Palau de Musica mais aussi dans le domaine de l'art; la peinture de Smargiassi à Vélasquez, de la littérature avec entre autre Nabokov, Homèren Jacottet et bien entendu la musique avec en particulier l'opus 111 de Beethoven.

La psychologie des personnages, leur façon de penser qui les relie les uns aux autres est puissante.  D'autres thèmes universels sont abordés comme le réchauffement climatique et la fin programmée de notre planète, la solitude, les regrets, la fuite...

Un très beau premier roman à découvrir. Un roman qui doit infuser afin de pouvoir dégager toute sa puissance et sa grandeur.

Ma note : 9.5/10  uniquement lié à mon état de concentration au début du roman



Les jolies phrases

Revoir sa fille, l'entendre et l'admirer.  Observer le fruit de ses entrailles.  Car même pour un homme vieux et un père délaissé, l'enfant qu'il avait conçu restait la chair de sa chair, et si celle-ci se détachait de lui, elle laissait une blessure.  Jean voulait retrouver l'enfant et refermer la plaie.

Pourquoi tant d'inquiétudes puisqu'un jour disparaîtrait l'étoile dont dépendait la vie ?

L'âge n'est pas un fardeau mais une chance.

Après un concert j'ai besoin de calme, je me cache dans ma loge et j'éteins tout, parfois j'allume une bougie, je dois recueillir tous ces fragments qui sont sortis de moi, je dois les rassembler, c'est une opération longue et douloureuse, je suis exangue, mais le public ne comprend pas, il vient frapper à ma porte, il a besoin de se répandre, surtout ne rien garder, et il pleure son émotion à mes pieds.

Il ne fallait pas vivre dans un mausolée, avait-elle dit, pour rester vivant on devait éloigner de soi les têtes sans force des morts.  

Une mouche s’était posée sur le pupitre de Katia, les pattes engluées dans une tache d’encre, et plus le poème s’étirait plus la tache autour de la mouche s’élargissait. Un monde inconnu s’ouvrait à la pensée, on pouvait le prolonger à l’infini, écouter ses résonances, c’était donc ça, la culture, avait-elle pensé, une tache bleue qui se dilatait, une source où venait s’abreuver l’imaginaire. On découvrait un univers parallèle, des eaux nous portaient vers des rivages insoupçonnés, on allait vivre enfin, explorer les abysses, voguer d’un courant à l’autre puis s’échouer quelque part, épuisé et ravi. On aurait gardé sur soi les traces du voyage, la clarté pâle de « l’aurore aux doigts de rose » qu’Homère avait offerte au héros aux mille ruses. On allait pouvoir peindre des fresques, dessiner des traits sur un vase, des traits fins, ceux d’un navire, rouge sur fond noir, et Ulysse attaché au mât. Du fond du vase nos descendants entendraient peut-être un jour monter le chant des sirènes.

Bien des années plus tard, quand j'avais regardé l'album avec Katia, elle m'avait demandé pourquoi j'avais l'air triste sur les photos et je lui avait parlé d'Albane, de mon amour pour elle - l'enfant chérie est toujours celle qu'on ne voit pas, celle qui s'en va.  A la place vide qu'elle avait laissée j'avais bâti des cités, des mondes, un univers, sur son absence j'avais tracé mille routes imaginaires.  J'aurais voulu garder pour moi l'enfant prodige - mes enfants n'avaient pas besoin de gloire, d'amour seulement.  Mais il n'y avait pas eu assez d'amour, il avait donc fallu la gloire. 

Le jour où il n'y aurait plus personne pour entendre les bruits, y aurait-il encore des bruits ? 

Yvan aurait-il eu raison ?  l'univers en expansion n'était-il que la dilatation du temps ? notre existence n'était-elle que l'étirement dans la durée du noyau originel où notre destin était écrit ?

Pour la vingtième fois elle tentait de se rassembler, de réunir toutes les notes comme les perles d'un collier, de les enfouir en elle pour pouvoir bientôt les distribuer.  Non pas les disperser comme le collier cassé de Clélia, mais les égrener selon un ordre précis, rigoureux et continu, presque mathématique, une ligne d'exécution tant de fois répétée que l'interprétation risquait d'être banale si Albane ne retrouvait pas le feu des premières fois.  Derrière ses paupières fermées, c'était cela qu'elle guettait au fond d'elle - la flamme qui parfois se ranimait quand elle parvenait à réduire au silence ses ruminations.










 


vendredi 30 avril 2021

A la découverte de la maison d'éditions FDeville

A la découverte des éditions FDeville






J'ai découvert une maison d'éditions de chez nous que je ne connaissais pas du tout.  J'ai eu envie d'en savoir plus et en ce dernier jour du #moisbelge je me suis dit que ce serait sympa de le partager avec vous.


"Parce que le livre est un magnifique outil de transmission de la pensée humaine, parce que la pensée et la parole partagées permettent d’ouvrir l’esprit et le champ des possibles.

Les auteurs que nous choisissons de publier sont des libres-penseurs, des hommes et des femmes au cœur de l’action, qui partagent leur vécu ou leur imaginaire en quête de sagesse et d’un monde meilleur."

C'est ce que vous découvrirez en vous rendant sur le site de cette jeune maison d'éditions.

Voici le lien de leur site : ici  

Merci à Frédéric Deville d'avoir répondu à mes questions.

Quand est née la maison d’éditions et comment ?

La maison d'éditions s'est vraiment structurée fin 2019, lorsque nous nous sommes décidés à nous lancer pleinement dans cette aventure.

 

Comment et/ou pourquoi avez-vous éprouvé le besoin de vous lancer dans l’édition ?

Les éditions F deville sont le fruit de libraires passionnés depuis plus de 25 ans, Cathy Decreton et Frédéric Deville. (Ils ont créé la librairie abao à Bruxelles.)

Au fil de rencontres est venue l’envie de publier des auteurs et des textes qui leur tenaient à cœur.

 

Quel est votre registre ?

Nous publions de la littérature, des contes, des livres pour enfants, des essais, ... Tout ce qui nous plaît. Nous accordons de l'attention tant à la qualité de "l'objet" livre qu'à celle de l’écriture et des images. Nous voulons aussi accompagner les auteurs dans la durée et construire une politique à long terme. Les éditions F deville constituent une maison d’édition indépendante et généraliste, ouverte à tous les médias qui façonnent la vie contemporaine.

 

Y a-t-il un travail rédactionnel avec les auteurs ?  Des conseils, relecture, retravaillez-vous ensemble le manuscrit ?

Oui. Bien sûr, cela dépend de l'aboutissement des manuscrits. Certains ne sont presque pas retouchés, d'autres sont retravaillés en profondeur.

L'édition est un travail commun entre l'auteur et l'éditeur pour arriver à produire un ouvrage de qualité.

 

Combien de parutions par an ?

Une dizaine pour l'instant.

 

Le livre aujourd’hui c’est compliqué, encore plus j’imagine depuis un an ?  Ou le public au contraire lit plus étant privé de ses autres » libertés » ?

Les lecteurs lisent et le confinement a redonné le goût de la lecture à certains.

Depuis ce satané virus, il est clair que certaines mises en place ont été désolantes. Ainsi, à sa sortie, un ouvrage de Pierre Guelff sur Victor Hugo, qui avait été fort bien accueilli par les libraires, avait trouvé place sur tous les étals de la FNAC ou Cultura jusqu'aux petites librairies indépendantes. Le lendemain de la livraison de ce titre s'installait le premier confinement... Flop.

Plus dur que le savoir-faire, il faut faire savoir. C'est souvent la presse qui détermine le choix des lecteurs. Depuis peu, nous travaillons avec Gilles Paris (écrivain qui est aussi attaché de presse) pour faire parler de nos ouvrages.

 

Comment êtes-vous distribué ?

Nous sommes distribués en France et en Belgique par Pollen. La CEDIF se charge de la diffusion.


Merci à Frédéric Deville d'avoir répondu à ces quelques questions.


Il existe cinq collections :

- Oeuvres au rouge :

Une collection consacrée aux romans. Des créations originales en littérature française.

Je découvrirai bientôt deux titres :



- Les tribulations de Monsieur le Conte :


Depuis le berceau des temps, les contes sont des passants de sagesse. Ils libèrent leurs auteurs de toutes contraintes qui pourraient restreindre la puissance de leur imaginaire.

Cette collection propose des créations originales tous publics.

- Une collection jeunesse

- Une collection Beaux livres
















- Les carnets littéraires des amateurs de pavés mosaïques



La Franc-Maçonnerie est un sujet inépuisable. Puisant ses racines dans toutes les traditions, elle est héritière d’une méthode qui pourrait contribuer à l’éveil de chacun.

Cette collection propose des ouvrages originaux à l’attention tant des francs-maçons que des profanes intéressés.


Allez vous promener sur leur site qui est très agréable.

Une belle découverte.




mardi 27 avril 2021

Le fils du matador - Francisco Palomar Custance

Le fils du matador - Francisco Palomar Custance









Diagonale éditions
Parution : le 12 février 2021
Pages : 240
Isbn : 9782930947020
Prix : 18.50 €


Présentation de l'éditeur


Quête initiatique, ce premier roman nous emmène sur les pas d’un jeune espagnol, ayant fui avec sa famille la dictature de Franco. Rodrigo rêve de devenir matador comme son père, le grand Don Jésus.

La rage au ventre, la furia au corps, Rodrigo n’a de cesse de fuir l’école pour retrouver son terrain de jeu et y affronter son taureau. A la mort de Franco, tout bascule.

L'auteur




















Photo : Stephen Wincke


Né en 1963 en Belgique, de parents espagnols, Francisco Palomar Custance a suivi une formation de comédien et de mime. Il a réalisé et écrit plusieurs courts métrages.


Le fils du matador est son premier roman.


Mon avis

Cela fait six ans que la famille Fuentes Aguilar est arrivée en Belgique fuyant le régime franquiste espagnol.  Don Jésus et Rosa, leurs enfants ;  Rodrigo l'aîné a 11 ans, sa soeur Lola et le petit Sussito.

Ils vivent dans un logement social qui leur a été attribué à leur arrivée avec une famille italienne comme voisine. Don Jésus a travaillé six mois dans la mine et depuis il est malade, dépressif et alcoolique, il passe ses journée à boire au bistrot de Patricia pendant que Rosa fait des ménages pour subvenir aux besoins de la famille.

Rodrigo lui n'aime pas l'école, il vit dans sa bulle avec un seul rêve; devenir matador comme son père.
Avec ses potes il fait les 400 coups dans le cimetière devenu son terrain de jeu.  Il dessine beaucoup et est nostalgique de son enfance heureuse laissée en Espagne.  Il fantasme le père héros et est complètement déconnecté de la réalité. 

1975, Franco s'éteint, tout peut basculer, les espoirs d'un retour au pays, d'une autre vie.  La joie éclate, tout redevient possible mais pour Don Jésus c'est plus compliqué.

C'est un roman très visuel concernant les rêves et espoirs de Rodrigo.  On sent la nostalgie, la mélancolie des déracinés.

Un premier roman très intéressant. 

Ma note 7.5/10


Les jolies phrases

Un Espagnol des grands espaces ensoleillés comme lui ne pouvait pas s’acclimater à un tel travail aussi rapidement. Il fallait des siècles pour s’accoutumer à ce pays, pour accepter que sa pluie glaciale et pénétrante vous tombe dessus continuellement. Un pays où il fallait vivre l’été à toute vitesse comme si son retour était remis en question chaque année.

La sécurité sociale était le seul cadeau : le seul rayon de soleil tombé du ciel de ce pays froid.  Cadeau déposé dans ses mains par le facteur chaque premier du mois avec une régularité enivrante. 

Ecoute Rodrigo.  Là, dehors, dans le monde, il y a déjà tellement de mensonges... Tu vois, si nous, dans notre famille, on se met à mentir aussi, c'est la fin du monde.  Tu comprends ça, Rodrigo ?  

Quand ton mari devient un clown, tu ne rigoles plus tous les jours.

- Je veux dire, tu te sens plus otalien ou tu te sens plus belge ?
Angelino attrapa une serviette et s'essuya les mains à son tour en examinant son fils .
- Moi, je me sens bien, Sylvio, je me sens très bien. Mi sento molto bene capisci ?.