lundi 26 octobre 2026

Ce qui dort sous le camélia - Claudie O. Wetterwald

 Ce qui dort sous le camélia - Claudie O. Wetterwald

















Editions du gros caillou
Parution : 27/08/26
Pages : 456
Isbn : 9782494202399
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur


« Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. »

Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire. Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre. Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus.

Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre. Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.

Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O.Wetterwald nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.

Le destin de deux femmes qui devront lutter pour survivre au cœur du chaos. 
Une fresque bouleversante !

Claudie O. Wetterwald


Amoureuse des mots, Claudie O. Wetterwald écrit depuis toujours. En 2022, son premier roman, La Fille d’encre et de lumière, est le coup de cœur unanime du concours des Éditions du Gros Caillou.

Vendu à plus de 10 000 exemplaires, il a été en sélection du Prix des lecteurs Gouttes de Sang d’Encre 2024 et en sélection du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2025.

Ce qui dort sous le camélia est son deuxième roman.

Crédit Photo : Elsa Rodrigues






Mon avis

Elles sont 254 femmes livrées à la vindicte populaire, un immense procès est orchestré dans un stade de foot, du jamais vu, mais c'est normal car les temps ont changé, nous sommes après le Désastre, dans un autre monde.  Elles attendent leur sort.  Elles, car ce sont exclusivement des femmes ordinaires comme vous et moi.  Que leur reproche-t-on ?  De s'être débrouillées, d'avoir fait ce qui était nécessaire pour défendre les leurs ?  

Parmi elles, Lisenn Delors qui risque le plus gros, pourquoi ? Pour son courage, son humanité ? Une autre femme, Rym Kettani a la lourde tâche de la défendre. 

Cette dystopie est incroyable, glaçante car le fil entre la fiction et la réalité est très mince. Tout a commencé par une panne d'électricité, un black-out, un monde qui bascule dans le chaos, pas de communications, ni d'eau, tout s'arrête, il faut survivre, réapprendre à vivre autrement.  Comment faire? Tenir , c'est le sort des femmes, leur condition qui sont évoqués, la sororité, l'entraide, le maintien des liens et le partage du savoir ancestral pour continuer à vivre, survivre.

Une construction parfaite dans le temps, très claire, de courts chapitres, un récit magistral qui tient en haleine.  Un récit qui en plus fait réfléchir aux choix à faire et à notre société si individualiste et à la montée de la haine et du nationalisme.

Immense coup de cœur.

Les jolies phrases

Le choix pouvait sembler curieux, mais il était évident qu'il s'agissait du moyen le plus efficace de contrôler l'information et le pouvoir. 

Les hommes allaient-ils tous devenir fous ?  Car c'était bien d'eux qu'il s'agissait, après tout.  Ils étaient si nombreux à être partis en quête de solutions.  Ou bien était-ce plutôt en quête d'adrénaline ...

Ces hommes-là nous détestent. On a sauvé leurs fermes, leurs maisons, leurs familles, leurs enfants. Mais nous leur avons fait le plus terrible des affronts: nous avons survécu.


Avant qu'on ne m'en accuse, je n'appelle pas à la guerre civile. Au contraire, j'appelle à la prudence. Car si nous ne résistons pas maintenant, ce n'est pas une lutte intestine qui est à craindre, c'est la fin de nos libertés. Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n'est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts : nous avons survécu.


Le combat aujourd'hui n'est pas contre un ennemi invisible il est pour la survie. Tout ce qui importe c'est de préserver les siens.


La folie des hommes n'avait désormais plus besoin de trouver une raison. Il n'y avait plus rien pour l'arrêter.

Mais surtout, souvenez-vous : le corps sait.  Il connaît son travail.  Il n'a pas besoin d'électricité pour mettre au monde un enfant, seulement de votre amour.  

Une chose n'avait pas changé : les vivants vibraient toujours d'une forme d'espoir.  Ils étaient capables de joie, même si plus rien ne serait jamais comme avant.

Entre deux pics de douleur, je réalisais que, bientôt, le petit être que j'avais couvé avec tant d'amour serait de ce monde et que  plus jamais je ne pourrais le protéger de la même manière.  Il ou elle serait comme nous, soumis aux mêmes rigueurs, aux mêmes dangers.





jeudi 22 octobre 2026

Championne - Nina Bouraoui

 Championne -  Nina Bouraoui















JC Lattès
Parution : 19/08/23
Pages : 360
Isbn : 9782709676236
Prix : 20.90 €
Ecoutez lire

Présentation de l'éditeur

Une jeune fille, au pied de son immeuble, s’entraîne contre un mur. Elle frappe la balle avec sa raquette, inlassablement, pour fuir la folie de son pays et de sa famille, pour échapper à la colère de son père, à l’amour en désordre de sa mère, à la pâleur de sa soeur. Elle frappe et en elle les mots se bousculent : elle butte contre une faute qu’il lui faut avouer pour grandir et rêver à la femme qu’elle deviendra, qui s’aimera et aimera, qui se sera gagnée, elle.

Nina Bouraoui signe un roman ensorcelant, hypnotique, la confession d’une jeune fille en feu, qui a le don des mots et un regard qui saisit chaque sentiment pour l’explorer, chaque geste pour dire le désir et la beauté.


Nina Bouraoui





Née en 1967, Nina Bouraoui est romancière. Elle est notamment l’auteure de La voyeuse interdite (prix du Livre Inter 1991), Mes mauvaises pensées (prix Renaudot 2005), et plus récemment Otages (Lattès, 2020, prix Anaïs Nin), Satisfaction (Lattès, 2021) et Grand Seigneur (Lattès, 2024).




© Patrice Normand






Mon avis

Expérience un peu inhabituelle pour moi qui aime lire en prenant des notes, ce livre je l'ai écouté le temps de deux longs trajets en voiture, une approche très différente, une sortie de ma zone de confort.

La jeune héroïne tape inlassablement la balle de tennis sur le mur.  Elle frappe et frappe encore et encore dans l'espoir de devenir Championne !

Championne c'est ce qu'elle veut être, en réalité gagner le respect et sa liberté. 

Elle tape et tape et exprime sa rage, sa colère, c'est son échappatoire pour aussi trouver le courage de nous raconter, d'exprimer sa honte, son secret, une confession qui va venir je vous le dis, martèle inlassablement Nina Bouraoui.  Une répétition comme pour trouver l'énergie, la force de dire et de s'échapper du poids de cette société.

Un père violent, une mère envahissante, qui la couve, l'étouffe.  Une sœur qui doit se cacher car elle est en danger, c'est le pays où les hommes tuent les jeunes femmes.  Elle est à la lisière de l'adolescence, au corps plus masculin, elle frappe encore la balle et nous raconte sa rage, sa force, sa honte, crie et dénonce les injustices et cherche à trouver la rédemption.

Un texte fort, puissant, un peu trop répétitif parfois mais tellement prenant, suffocant parfois au point de ressentir le besoin de rage de la narratrice. 

Un texte dont on sort un peu KO.

Ma note : 8/10



mardi 20 octobre 2026

Equation à une inconnue - Frédéric Peynet

 Equation à une inconnue  -  Frédéric Peynet






















Grand Angle
Parution : 01/07/26
Pages : 104
ISBN 979 1 0411 0777 3
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur


L’amour est aveugle... mais parfois, il est juste myope.
À 18 ans, Olivier reçoit une déclaration d’amour au bord d’une piscine. Sans ses lunettes, il ne distingue qu’une silhouette... avant qu’elle ne disparaisse.
Vingt-six ans plus tard, devenu chauffeur de taxi, il ignore toujours l’identité de cette inconnue sans nom ni visage.
Le souvenir, lui, persiste. Une idée improbable s’impose : la retrouver.
Mais comment identifier, presque trente ans après, une femme dont on n’a entendu que la voix ?
L’équation est posée....

Frédéric Peynet

Frédéric Peynet est né le 11 octobre 1977 à Saint-Rémy en Saône-et-Loire. Passionné par le dessin depuis son plus jeune âge, il étudie durant trois ans à l'école d'arts appliqués Pivaut, à Nantes, avec l’ambition de devenir dessinateur de bande dessinée. Avec la scénariste Isabelle Plongeon, il publiera son premier album, « Les Apatrides » aux éditions Pointe Noire au début des années 2000. Puis viendra la trilogie « Toran » des mêmes auteurs aux éditions Nucléa. En 2005, avec le scénariste Jean-Charles Gaudin, Frédéric dessinera « Le Feul », trilogie parue aux éditions Soleil entre 2005 et 2009. En parallèle de ses séries, Frédéric Peynet participe à plusieurs albums collectifs des éditions Soleil : « Les Contes du Korrigan », « Les Chansons de Gainsbourg », « Polnareff », « Hanté ». Il a également dessiné trois pages pour le tome 5 de la série « Prométhée » de Christophe Bec. Après « Le Feul », Frédéric collabore de nouveau avec Jean-Charles Gaudin. Ensemble, ils créent le thriller « Phoenix », dont les trois tomes paraîtront entre 2010 et 2013 aux éditions Soleil. En 2014, Frédéric travaille avec le scénariste Serge Le Tendre à l’adaptation en bande dessinée du roman « Les Vestiges de l'aube » de l’écrivain David Khara, aux éditions Dargaud. Le second tome sort en 2015. Puis le duo poursuit sa collaboration chez Dargaud avec « Le Projet Bleiberg », une nouvelle trilogie également adaptée du roman éponyme de David Khara parue entre 2017 et 2019. En 2022, toujours en compagnie de Serge Le Tendre, Frédéric illustre trois albums de mythologie grecque, « Pygmalion et la Vierge d’Ivoire », « Astérios, le Minotaure » puis « Sisyphe - Le châtiment des Dieux » en 2024, aux éditions Dargaud. En 2026, Frédéric écrit et dessine l’album « Équation à une Inconnue » aux éditions Grand Angle.


L'avis de mon mari 

Tout commence dans une piscine municipale où une jeune femme déclare son amour à Olivier alors âgé de 18 ans. Problème, Olivier est myope et a enlevé ses lunettes pour nager. Il ne voit donc pas qui est cette femme qui lui vient de lui déclarer sa flamme.

Avance rapide : Olivier a 44 ans et est chauffeur de taxi. Il va prendre comme cliente une jeune femme qui vient de rater sa correspondance à Bordeaux pour rejoindre sa compagne qui va accoucher. Grâce à elle, Olivier va retrouver le chemin de son village d’adolescent, Cyvette

Arrivé là, une seule idée : essayer de retrouver la trace de cette jeune femme rencontrée 26 ans plus tôt à la piscine.

Il va se lier avec les gens du village qui vont tout entreprendre pour qu’il la retrouve, annonces dans les journaux, banderole d’avion et même une sorte de rave illégale au grand dam du maire local qui finalement l’utilisera comme publicité pour son village. 

Olivier retrouvera-t-il sa belle ? Evidemment, je ne vais pas vous le dire. Sachez cependant que les choses ne se passent pas toujours comme on le veut et la morale de cette histoire n’est-elle pas de saisir l’opportunité quand elle se présente plutôt que de nourrir des regrets par après ?

BD très sympa, au dessin rappelant les belles heures du journal Tintin , beaucoup d’humour ; on passe un très bon moment sans se prendre la tête.


Sa note : 9/10





dimanche 18 octobre 2026

Café littéraire du 12 novembre avec Daphné Tamage

 Café littéraire du 12 novembre avec Daphné Tamage



Le prochain café littéraire sera consacré à Daphné Tamage le jeudi 12 novembre prochain à 19h à la bibliothèque Maurice Carême de Wavre.


L'autrice : Daphné Tamage


Daphné Tamage est née à Bruxelles en 1992. Après avoir étudié la réalisation et le scénario à l’Institut des Arts de Diffusion (IAD), elle entre à l’Atelier des Écritures contemporaines de La Cambre. Passionnée de jazz et de littérature américaine, elle vit actuellement à Bruxelles.

À la recherche d’Alfred Hayes est son premier roman.

Lauréate d'une Bourse de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Découverte, 2022




© Dorian Prost



Nous parlerons de ses deux romans publiés chez Stock éditions.


Le retour de Saturne

« Je vous prescris un mois sans hommes.
– Mais les hommes sont partout, docteur !
– Qu’importe la méthode, je m’en fiche. Barricadez-vous au monastère des Dominicaines cloîtrées de Lourdes, enfermezvous où vous voulez. Pas d’hommes, pas de flirts, pas de parties de jambes en l’air, rien. »

Voici Apolline partie à Conques, sous les glycines d’un village sacré et de son abbatiale. Pour la première fois, cette trentenaire dépendante du regard et des caresses des hommes doit s’imposer un sevrage éprouvant. Portée par la lumière des lieux, elle revisite sa carte amoureuse, pour détisser les fils de ses erreurs et de ses désirs.
Quête spirituelle, déambulation sur le chemin de l’amour, rencontre inattendue avec frère Charles, ce roman drôle et profondément original met en scène une femme d’aujourd’hui dans un décor immémorial. Il y a un désespoir léger qui nimbe la colline de Conques.
Est-ce si difficile d’être soi-même ?


Le chant des contraires




« J’ai perdu la foi et mes clés le même jour. J’ai vite retrouvé mes clés. Dans la serrure. Mais pas du bon côté. »
Voilà Apolline enfermée, le soir du Nouvel An, dans son minuscule studio parisien. Le concierge est parti en vacances, son père pêche le saumon en Alaska et ses voisins ignorent ses cris de détresse. La jeune romancière doit pourtant se rendre à ce réveillon : son avenir en dépend.
À mesure que l’heure du rendez-vous approche, qu’une pluie de mésanges charbonnières s’abat sur la ville et que les raisons d’espérer se font rares, Apolline remonte le fil de sa journée pour tenter de comprendre comment elle en est arrivée là.



En pratique


Rendez-vous le jeudi 12 novembre 2026 à 19h.

C'est gratuit mais il faut absolument s'inscrire en envoyant un petit mail à l'adresse suivante : bibliocareme@wavre.be ou en téléphonant au 010 23 04 15 pour la bonne organisation de la soirée.


Adresse du jour :


Bibliothèque Maurice Carême
Rue de l'Ermitage 65
1300 Wavre


Parking gratuit à proximité (à l'arrière de La Sucrerie)


Comme à chaque fois, la librairie Claudine sera présente si vous souhaitez acquérir un des livres pour la séance de dédicaces.


Nous terminerons autour d'un verre en toute convivialité.

Au plaisir de vous y retrouver nombreux.ses  j'espère !







samedi 17 octobre 2026

Eskera au bord du monde - Bérangère Cournut

 Eskera au bord du monde -  Bérangère Cournut






























Le tripode
Parution : le 27 août 2026
Pages : 400
Isbn : 9782370555151
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur



Sur une grève battue par les vents, Eskera vit seule avec son ­­­­­grand-père. Au cœur des canaux maritimes de Patagonie, elle plonge pour cueillir des moules, ramasse des œufs dans les marais. Depuis la forêt escarpée elle guette l’arrivée de ses amis Yuras et Yasoep, dont les familles sont en perpétuelle migration. Jusqu’à ce qu’un jour, une vague immense vienne ravager ce monde. Arrachée au rivage qu’elle a toujours connu, Eskera est entraînée par les flots dans un voyage à travers le temps et l’histoire de ses ancêtres, nomades de la mer présents depuis des milliers d’années sur la pointe australe du continent.

Après les Hopis dans Née contente à Oraibi et les Inuits dans De pierre et d’os, c’est à la rencontre des Kawésqar que Bérengère Cournut nous emmène. Eskera au bord du monde raconte le destin d’une enfant-esprit pleine d’élan et de candeur, qui grandit en suivant les traces d’un peuple et d’un monde menacés d’effacement – et pourtant toujours vibrants.



L'illustration de couverture a été réalisée par Carla Richard.


Bérengère Cournut

Bérengère Cournut est née en 1979. Ses premiers livres exploraient essentiellement des territoires oniriques, où l'eau se mêle à la terre (L'Écorcobaliseur, Attila, 2008), où la plaine fabrique des otaries et des renards (Nanoushkaïa, L'Oie de Cravan, 2009), où la glace se pique à la chaleur du désert (Wendy Ratherfight, L'Oie de Cravan, 2013). Depuis, elle poursuit sa recherche d'une vision alternative du monde. En 2017, paraît Née contente à Oraibi (Le Tripode), roman d'immersion sur les plateaux arides d'Arizona, au sein du peuple hopi. En 2019, paraît De pierre et d'os (Le Tripode), roman empreint d’écologie et de spiritualité qui nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme inuit. C’est ce dernier roman qui révèle son œuvre au grand public (Prix du roman Fnac, 150 000 lecteurs). Elle est également l’autrice de formes romanesques plus atypiques avec la nouvelle épistolaire Par-delà nos corps (Le Tripode, 2019), le long chant d’Élise sur les chemins (Le Tripode, 2021) et la fantaisie Vövöl (Le Tripode, 2023). Dans le sillage de ses romans consacrés aux peuples des confins du monde, Bérengère Cournut écrit Eskera au bord du monde (Le Tripode, 2026), une plongée dans l’univers et l’histoire des Kawesqars, peuple de Patagonie.

Source : Le tripode

Mon avis

Le plaisir de retrouver la plume de Bérengère Cournut et son univers onirique pour nous parler de notre monde, des civilisations en mode de perdition.  Cette fois, elle nous emmène à la découverte d'un peuple de Patagonie : une plongée dans l’univers et l’histoire des Kawesqars.

Eskera vit seule avec son grand-père au bord de l'océan, elle pêche et récolte des coquillages pour le nourrir.  Elle n'a jamais quitter ce monde.  Elle attend ses amis Yasoep et Yuras qui reviennent toujours de leurs voyages sur la terre de feu.   Un jour une grande vague emporte avec elle Eskera, l'enfant esprit et avec elle commence un voyage dans le temps et à travers le Chili, la terre de feu, la Patagonie.

On va traverser le temps à l'époque des glaciers, rencontrer les loberos - des pêcheurs nomades mi colon, partir à la découverte de ses ancêtres, de leur traditions, retrouver l'amitié et rencontrer de somptueux paysages : lac, mer,  rivière, glacier, forêt.

Une rencontre d'un peuple en perdition qui nous enseigne le respect de la terre, cadeau de l'univers, le respect du vivant avant, aujourd'hui et pour l'avenir.  On voyage dans le monde des esprits, celui d'Eskera, à la découverte d'un peuple, d'un mode de vie, d'un état d'esprit. 

L'écriture est magnifique, poétique. Cette remontée aux origines, à nos ancêtres, à la beauté du monde est comme l'écriture d'une beauté immense.  Ce récit c'est aussi comprendre la perte et l'absence.

Un très joli livre dans la continuité de l'œuvre de Bérengère Cournut.

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

Le langage des humains est comme celui des autres animaux : il prend son sens dans les tonalités de la voix et s'interprète en fonction des mouvements du corps.  j'ai appris cela, dans ma solitude, en observant le  monde autour de moi. 

Disparaître pour échapper à quelque chose d'ici que l'on ne comprend pas et qui ne signifie pas forcément la fin du monde .  Tu comprends ?

C'est là ta force, Eskera : tu es l'esprit de ce qui peut encore advenir, malgré la mort, malgré la disparition des corps.

Regarde bien autour de toi : de la mort jaillit la vie, de la vie jaillit la joie.

Comme si sa longue vie lui avait appris qu'il n'y a rien à craindre et qu'à n'importe quel moment, n'importe quel endroit, il existe plusieurs voies, plusieurs chemins. 

Tu vois la forme des vagues, les rouleaux, le ressac ?  Ben, c'est à peu près pareil : le temps se déploie sans cesse, mais il revient toujours sur lui-même.

Comme ça fait du bien de se délester ainsi de ses tristesses, de ses secrets.  De jeter le manque à la nuit plutôt que de le rouler dans son ventre.

Il faut embrasser le monde tel qu'il a été, tel qu'il est, tel qu'il sera.

La puissance de l'eau, du vent, du feu et de la terre, on doit s'y plier.

Les humains se font une place - oubliant parfois à qui ils la doivent.

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