dimanche 15 mars 2026

Lady Nazca - Nicolas Delestret

 Lady Nazca -  Nicolas Delestret















Grand Angle
Parution : 07/01/26
Pages: 112
Isbn : 978 2 8189 9921 9
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur


“Dans le désert de Nazca , elle va trouver bien plus que le secret des lignes millénaires : elle va se trouver elle-même.”
Pérou, 1935. Maria, jeune expatriée allemande, mène une vie paisible à Lima avec Amy, sa compagne. Elle ne se doute pas qu’en suivant l’archéologue américain Paul Kosok, sa vie va basculer. Dans le désert, elle découvre d’immenses figures tracées dans le sol : les lignes de Nazca. Convaincue qu’il s’agit d’un trésor unique, la jeune femme se lance dans une incroyable aventure scientifique, humaine et spirituelle. Entre découvertes, obstacles et choix personnels, elle devra faire face à de nombreux défis… et apprendre à suivre sa propre voie.


Nicolas Delestret

Nicolas Delestret est née le 20 janvier 1977 dans le Nord de la France. Il fait ses études aux beaux-arts de Tournai. Ce sont les bancs de l’atelier de narration d’Antonio Cossu qui l’accueillent. Le destin lui fait croiser la route de Jean David Morvan avec qui il adapte L’Homme qui rit de Victor Hugo (Ed. Delcourt). Nicolas se lance aussi dans l’aventure scénaristique et signe avec son ami Rod une histoire de cow-boy Les enquête d’Andrew Barrymore parue aux éditions Dargaud. Fin 2011, il collabore au collectif « Vivre libre ou mourir » pour les éditions du Lombard avec le scénariste JC Terrien. À partir de 2012 s’en suivent différentes participations à des projets hors-bd entre autre pour des dessins animés et des jeux vidéos. il travaille notamment sur les décors de Aux Trésors de Kérubim série sur France 3 et le long métrage Dofus : le film. Il signe son retour à la BD en 2017 avec Adieu, monde cruel sur un scénario écrit pas Stéphane Massard et Jean Rousselot pour les Bamboo édition. En 2020 il scénarise et illustre le roman graphique La Maison aux souvenirs chez Grand Angle et poursuit sa collaboration avec l’éditeur en 2023 avec le one-shot Le Dernier quai. Il revient en 2026 avec le biopic sur la vie de Maria Reich Lady Nazca.

Source : Grand Angle


L'avis de mon mari



Cette bande dessinée nous raconte l’histoire vraie de Maria Reiche, une jeune femme allemande née en 1903 à Dresde ayant étudié l’astronomie, les mathématiques et la géographie. Suite au décès de son père et ne s’entendant pas avec sa mère, elle part au début des années 30 au Pérou. Là elle va rencontrer Amy qui va devenir sa compagne. Elle rencontre un historien américain Paul Kosok qui étudie les systèmes d’irrigation au Pérou.

Maria en traversant le désert a remarqué des lignes et va commencer à les cartographier. Certains la disent folle ou sorcière et elle va aussi devoir s’opposer au mafiosi de la région qui veut implanter des champs de coton menaçant ainsi de détruire les découvertes de Maria. Ces lignes deviennent une réelle obsession pour elle ; Amy ne voulant pas s’installer dans le désert quitte Maria.

Maria sacrifie donc beaucoup pour continuer inlassablement ses recherches et démontrer que ces lignes ou géoglyphes de Nazca sont un trésor archéologique de grande importance.

Elle mourra au Pérou en 1998.

Très beaux dessins reflétant à la fois les couleurs du Pérou, la dureté du désert et les périodes de souffrance de Maria .

La BD est inspirée du film de Damien Dorsaz sorti en décembre 2025 en France mais encore inédit en Belgique.

Un très beau voyage mettant en lumière une personnalité méconnue du 20ème siècle.

Ma note : 9/10




vendredi 13 mars 2026

Lequel de nous portera l'autre ? Violaine Lison ♥♥♥♥♥

 Lequel de nous portera l'autre ?   Violaine Lison  ♥♥♥♥♥





















Esperluète éditions
Parution : octobre 2025
Pages : 208
Isbn 9782359842029
Prix : 22 €


Présentation de l'éditeur


Ce n’est pas Léonce qui surgit dans ma vie un jour de mars 2014. Pas encore lui. Mais un autre. Qu’il connaît. Ça, je ne le sais pas encore. Je ne sais rien de toute façon. Cet après-midi-là. Rien de Léonce. Rien de l’autre. Rien de cette incroyable rencontre qui m’attend.


Quand Violaine Lison reçoit en dépôt les carnets de Léonce Delaunoy, elle est frappée par la beauté et la force de l’écriture de ce jeune homme mobilisé comme brancardier lors de la Première Guerre mondiale.

Malgré l’horreur des tranchées, Léonce reste à la fois proche de la nature – décrivant comme personne les paysages, l’Yser, les oiseaux… – et de ses idéaux d’amitié. Le récit de la « guerre de Léonce » se déploie sous les yeux de Violaine. Pourtant, très vite elle sent que « quelque chose » ne va pas. Des manques apparaissent. Des incohérences. S’agit-il d’un faux, d’une retranscription ? Une forme d’enquête historique et littéraire commence…

Au fil de ses recherches, l’autrice retrouve les carnets originaux et comprend que le journal de Léonce a été recopié par Paul, un ami très proche de Léonce. Mais la retranscription est lacunaire. Les parties censurées parlent de l’absurdité de la guerre, du désespoir, de l’envie de mourir, mais aussi d’une amitié amoureuse pour Herman, troisième personnage de cette histoire.

Quel intérêt avait cette censure ? Faire de Léonce un héros ? Gommer l’amour porté à un autre homme ? Violaine ne tranche ni ne juge, elle tisse son récit entre les carnets, approche la vie de Léonce tout en racontant sa propre quête.

Lequel de nous portera l’autre ? est un récit polyphonique, où les voix de Léonce et de Violaine s’entremêlent, se répondent et se questionnent. Cent ans les séparent, pourtant le texte de Léonce Delaunoy résonne avec une modernité frappante. Et c’est tout l’art de Violaine Lison que de nous ancrer dans le réel tout en laissant une place à l’inattendu des mots. Il en naît une rencontre rare et précieuse.

L’enquête menée par Violaine Lison lui a permis de récolter de nombreux objets : carnets, boutons, lettres, mouchoir, éphémérides... Témoins de la vie de Léonce, ces objets ont été photographiés et intégrés au texte.


Violaine LISON


Violaine Lison vit à Tournai. Elle a étudié la philologie romane à Namur puis à Louvain-La-Neuve. Enseignante, elle aime transmettre à ses élèves sa passion des lettres et de l’art. Avec eux, elle écrit des poèmes et des pièces de théâtre qu’elle met en scène (Hors-la-vie est paru aux Editions Lansman en 2015).

La forêt, la mémoire, la trace, l’inattendu sont ses compagnons de marche. Avec eux, elle se crée et se creuse une langue où habiter.

Aux éditions Esperluète, Lequel de nous portera l'autre ? (2025) est son troisième titre, après Vous étiez ma maison (2022, avec des dessins de Manon Gignoux) et Ce soir, on dort dans les arbres (2021, avec des dessins de Valérie Rouillier).

Source : Esperluète éditions

crédit photo : Ornella Somma












Mon avis

C'est une petite merveille que je vous propose de découvrir, un livre magnifique qui nous fait connaître la courte vie de Léonce Delaunoy, jeune séminariste, brancardier durant la Première Guerre Mondiale. 

Léonce a vingt ans lorsqu'il est réquisitionné comme brancardier.  Il va vivre l'horreur, l'enfer, la peur, côtoyer la mort, vivre la solitude sans armes pour finalement être emporté par un éclat d'obus quelques jours avant la fin de la guerre, le 15/10/1918.

Ce qui est touchant et incroyable c'est la manière dont Léonce est arrivé à nous pour y trouver une place dans nos cœurs, car croyez-moi après la lecture il restera gravé au plus profond de vous.

Violaine Lison reçoit en 2014 des carnets de guerre de la part du petit-neveu de Paul Nackart.  Elle en commence la lecture, la retranscription (un travail de longue haleine) , elle est frappée par la beauté de l'écriture poétique, la sensibilité de l'auteur pour la nature, une véritable plume d'écrivain .

 " Trouver la beauté dans l'immonde. Dire l'immonde avec beauté " 


Violaine se rend compte d'éléments qui clochent et que Paul Nackart n'est que le copiste des carnets de Léonce Delaunoy. Elle enquête auprès de sa famille, se rend à Ostiches et recevra les carnets originaux de Léonce et toute une série d'objets se trouvant en photo à la fin du livre.

Très vite elle se rend compte que des passages n'ont pas été retranscrits. Pourquoi ? Par pudeur ? Pour cacher sa colère contre les autorités? Ou parce que trop intime parlant d'une amitié amoureuse ?

Et puis, il y a un grand mouchoir militaire plié en seize avec un nom et une adresse, un certain Herman habitant au Havre.

Patiemment avec tous ces éléments, Violaine va tisser des liens, entremêler sa plume à celle de Léonce pour le faire revivre plus d'un siècle après sa mort et lui donner une nouvelle vie de papier.   Ce livre est juste sublime, lisez-le, il est en lice pour le prix des librairies indépendantes.

Une petite merveille, un immense coup de cœur .

Les jolies phrases

Consciemment ou non la vie du soldat est une vie d'oubli.

Trouver la beauté dans l'immonde.
Dire l'immonde avec beauté. 

Rester humain dans un monde qui ne l'était plus.  Rester humain sous les ordres de supérieurs insensés. Oser le cri.

C'est ton amour de la nature qui t'a permis de tenir.  De survivre.  Contre vents et tranchées.  Vivre cette guerre au jour le jour. À ciel ouvert. Avec les grives, les lièvres et les liserons.  Chaque matin, une abeille. Chaque soir, le chant d'un merle. 

Ce savoir n'est pas qu'encyclopédique.  Il est celui de l'ami, qui sait que nommer, c'est respecter et rencontrer.  Il tend un regard fraternel vers ses voisins de feuilles et de plumes, alors qu'autour de lui, les humains s'entretuent. 

Comme les hommes, les oiseaux ont leur part d'ombre.  Dans les carnets de Léonce, les corbeaux partagent le pays avec les merles, les bouvreuils, les linottes.  La nuit côtoie le jour.  

Les corbeaux de Léonce sont les mêmes que ceux de Van Gogh.  Ces corbeaux qui pèsent au-dessus d'un champ de blé, dans le dernier tableau du peintre, quelques jours avant son suicide.  Corbeaux de la mort qui rôde.  Même vol lourd et sombre.  Même magma funeste.

Mois du Sacré Cœur. Les champs sont rouges de coquelicots. C'est du sang partout en nappes immenses. Quand le soleil y tombe avec le vert du soir, on dirait une immense cuve de sang que de grandes mains secouent.

On nous tond et tondus, on nous enverra à la mort. Il est beau de mourir pour son pays mais on ne peut pas être beau pour mourir.

Quatre ans à ressasser la mort.  À imaginer le moment de la funeste rencontre. Entre peur et résignation.  Entre effroi et provocation.  Quatre ans de sursis. Sans échéance précise.







jeudi 12 mars 2026

Les guerres invisibles Tome 2 - Marina Lisa Komiya

 Les guerres invisibles  -  Marina Lisa Komiya




















Casterman
Parution : 21 janvier 2026
Traduit par Anaïs Koechlin
Pages : 336
Isbn : 9782203296572
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur


Le deuxième et dernier tome de cette quête de liberté à quatre voix contre les conventions.


Yoriko, Haru, Arthur et Scott ont quitté un Japon vaincu, en ruines et occupé, pour gagner les États-Unis. Confrontés à une réalité nouvelle mais non moins âpre, quel avenir sauront-ils imaginer et bâtir ?
Drame intime et flamboyant, Les Guerres invisibles, ce sont celles que mènent quatre personnes discriminées pour leur nationalité, leur orientation sexuelle, leurs origines ou leur identité.
Du Japon aux États-Unis, elles se rencontrent, s’aiment, se perdent et s’attendent dans les replis de l’histoire.
Un second tome en miroir du premier : le récit emmène les personnages en Amérique et se découvrira en sens de lecture occidental.


Mon avis

Ayant lu les deux tomes d'affilée, j'ai été un peu perturbée en découvrant un sens de lecture à l'européenne !   Mais oui, bien sûr c'est logique, c'est vraiment le reflet miroir de la société car nous avons traversé l'océan et nos 4 protagonistes sont installés su le sol américain.

Ils sont toujours à la recherche de leur identité, car pour devenir américain et obtenir la nationalité ce n'est pas si simple. Il y a toujours ce problème d'identité et d'acceptation qui existe.  Rien n'a changé pour eux surtout, le poids de la langue, de la communauté japonaise qui aimerait perpétuer le poids des traditions.  La liberté tant recherchée n'est pas si facile à vivre pleinement.

L'autrice démontre bien cette difficulté d'appartenance, cette quête d'identité tant difficile à atteindre étant toujours un étranger quelque part, difficulté de trouver une vraie place et de définir la place des générations futures.

De plus le racisme est présent partout, surtout pour Nao qui rejette son prénom pour s'intégrer, même s'il est américain, il est toujours l'asiatique pour ses copains.

Les guerres invisibles portent bien son titre.  J'ai pris plaisir à sa lecture en prenant conscience des difficultés d'intégration, du poids des traditions, les barrières à faire tomber.

Je vous le recommande vivement.


Ma note : 9.5/10





mercredi 11 mars 2026

Les guerres invisibles - Marina Lisa Komiya

Les guerres invisibles  -   Marina Lisa Komiya




















Casterman
Sakka Seinen
Parution : 18/06/25
Pages : 336
ISBN : 9782203290570
Prix : 18 €


Présentation de l'éditeur

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un Tokyo en ruines et occupé par l'armée américaine, l'heure est à la survie et à la reconstruction. Mais pour certains, forcés de taire qui ils ou elles sont, les combats font toujours rage. Drame intime et flamboyant, Les Guerres invisibles, ce sont celles que mènent quatre personnes discriminées pour leur nationalité, leur orientation sexuelle, leurs origines ou leur identité. Du Japon aux États-Unis, elles se rencontrent, s'aiment, se perdent et s'attendent dans les replis...


Mon avis 


J'ai lu les deux tomes d'affilée, dans cette première partie sous la forme d'un vrai manga traditionnel, on commence la lecture par la fin contrairement au second tome, car à mon sens il nous fait vivre le poids de la tradition.  Nous sommes en l'an 23 de l'ère Showa, à savoir en 1948 juste après la guerre.

Yoriko Murata se souvient de celle qu'elle aime profondément, Haru Sudô qu'elle a perdu de vue six mois plus tôt,  en main une carte talisman représentant un cerisier en fleur. 

On va un peu remonter le temps pour comprendre ce qu'il s'est passé.  En réalité ce sont 4 destins qui s'entremêlent, celui de ces deux femmes qui seules doivent affronter les traditions, les choix faits par le père, la violence du patriarcat, le regard de la société lorsqu'on est femme au Japon.

Deux hommes vont sceller leur destin, Arthur Jirô Hashimoto, un soldat américain d'origine japonaise croisant la route d'Haru, un garçon rempli de bonté, d'humanité.  Son frère a perdu la vie pour les Etats-Unis.  L'autre homme c'est Scott Charles o' Connor, un jeune américain qui arrive à Yokohama, un homme doux, bon qui va proposer à Yoriko de l'épouser.

Sur un fond historique, cette histoire c'est le combat de personnes discriminées par leur identité, orientation sexuelle, leur nationalité.


J'ai beaucoup aimé la mise en lumière de leurs doutes, de ce combat intérieur pour faire de bons choix et pour survivre dans un Japon assez violent à l'époque sur le sort de la femme, de leur combat pour vivre et se faire une place dans le respect et la dignité.


Ma note : 8.5/10




dimanche 8 mars 2026

Souvenirs ardents - Jacques Donjean ♥♥♥

 Souvenirs ardents  -  Jacques Donjean  ♥♥♥





















BOZON2X
Beaux livres
Parution : 25/11/25
Pages : 160
Isbn : 9782931067314
Prix : 45 €

Présentation de l'éditeur

Un portrait sensible et poétique de la ville de Liège, vu à travers l’objectif du photographe et réalisateur Jacques Donjean. L’ouvrage, ponctué de textes personnels et de citations d’auteurs, révèle au fil des pages l’âme mystérieuse et enjouée de la Cité ardente, le rapport intime que l’auteur tisse avec Liège : cette ville que l’on croit connaître mais qu’il nous semble pourtant découvrir pour la première fois.


Mon avis


Jacques Donjean nous convie à une promenade visuelle dans la Cité Ardente.

Un voyage original au fil des saisons, un livre d'ambiance, poétique, de ressentis et d'émotions. Ce qui s'en dégage avant tout c'est la beauté.  Le regard porté sur les lieux, sur les gens.

Son objectif capture des visages, des situations de vie précaires, joyeuses, festives.  Une chose est certaine c'est que l'on se sent proche des gens, on ressent le sens de l'hospitalité, l'authenticité, la vie.

Durant ce voyage à travers l'art, les musées, les parcs, on découvre des quartiers, des instantanés de la vie mais on croise aussi des personnalités qui ont marqués ou marquent encore la vie liégeoise :
Simenon, Jacques Charlier, le cinéaste George Yu, Pierre Kroll, l'écrivain Eugène Savitzkaya, Peggy Lee Cooper ou encore Philippe Boxho.

Il y a la batte, la foire d'octobre, la vie nocturne du Carré, les fêtes populaires mais aussi la culture avec l'opéra, le musée d'art brut, celui de la Boverie, l'aquarium.    Il y a la sidérurgie, la cathédrale, l'eau et la maison du canal et bien d'autres choses.

C'est tout un voyage que je vous invite à faire, j'ai vraiment passé un excellent moment.

Ma note : ♥