mercredi 22 avril 2026

C'est où le plus loin d'ici ? 1 Tyler Boss et Matthew Rosenberg

 C'est où le plus loin d'ici ?  1    Tyler Boss et Matthew Rosenberg






















Casterman
Parution : 27/08/25
Scénario : Matthew Rosenberg
Dessin : Tyler Boss
Pages : 272
ISBN : 9782203242319
Prix : 25.95 €


Présentation de l'éditeur


Une nouvelle série post-apocalyptique dans un futur où s’affrontent des bandes d’ados ne voulant surtout pas grandir !


Le monde tel qu’on le connaît a pris fin. Il ne reste plus que des bandes d'ados vivant dans des bâtiments en ruine. La jeune Sid est convaincue qu'il doit y avoir quelque chose de plus et de mieux au-delà de la zone où il (sur)vivent. Lorsqu'elle disparaît vers les territoires inconnus, sa bande va tout risquer pour la ramener chez elle. Une histoire rythmée et mystérieuse sur ce qui compte vraiment : survivre, vivre avec ceux qu’on aime et… les disques vinyles !


Tyler Boss

Tyler Boss est un dessinateur primé et nommé aux Eisner Awards, originaire de Buffalo, New York ; il a été l’élève de David Mazzuchelli (Asterios Polyp). Ses albums déjà parus s’intitulent 4 Kids Walk into a Bank et Dead Dog's Bite. Il a déjà remporté plusieurs prix :
-2015 MoCCA Arts Fest Award of Excellence
-2014 Rhodes Family Award for Outstanding Achievement in Cartooning
-2013 Archie Goodwin Memorial Award
-2011 School of Visual Arts President's Award


Matthew Rosenberg

Matthew Rosenberg est né et a grandi à New York, où il a découvert la bande dessinée et le punk rock. Après des années à sortir des disques et à faire le tour du monde avec des groupes, il a réussi à développer sa carrière dans la bande dessinée avec les livres indépendants à succès We Can Never Go Home et 4 Kids Walk into a Bank. Ensuite, il a écrit des aventures pour certains personnages parmi les plus importants de l’univers des comics, comme les X-Men, Spider-Man, le Punisher, Archie et Batman.

L'avis de mon mari



Nous sommes dans un monde futuriste sur lequel nous n’avons aucune information à la base. Sans doute s’agit-il d’un monde post-apocalyptique où survivent des bandes de jeunes ?

Pourquoi que des jeunes ? Il semblerait que les ‘adultes’ soient exclus de ces bandes mais on ne sait pas très bien ce qu’ils deviennent une fois leur majorité atteinte

Tout commence dans la bande des ‘college’. L’un des personnages est Sid, une jeune femme enceinte. Elle va disparaitre mystérieusement lorsqu’elle fait le guet avec Oberon.

La mission est donc de retrouver Sid, menée par la leader des College, Alabama. S’ensuit une série d’altercations avec d’autres bandes et d’autres rencontres comme dans la maison Grand-Maman où les gens mangent des …humains !

Nous rencontrons aussi les ‘étrangers’, grands personnages sans visage entre fantôme et ectoplasme.

Bizarre comme univers ? Absolument. On n’y comprend pas toujours grand-chose, on ne sait pas qui est qui mais qu’importe on se laisse aller dans cet univers fantastique que n’aurait pas renié un certain David Lynch mais peut-être avec moins de violence.

Recommandé pour fans de bd’s complètement jetées et sans logique apparente.


Ma note : 6/10



mercredi 15 avril 2026

Appel manqué - Carole Fives

 Appel manqué   -   Carole Fives





















Gallimard
L'arbalète
Parution : 02/01/2026
Pages : 128
Isbn : 9782073129819
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur

« Vous avez eu la pilule, l'IVG, on vous a tout apporté sur un plateau doré et vous venez encore vous plaindre ! On a fait notre part, c'était à vous de saisir le relais qu'on vous tendait à bout de bras. bandes d'ingrates ! Qu'est-ce que vous avez fichu pendant tout ce temps ? Travaillé, travaillé, mais enfin, ça ne vous empêchait pas de vous battre pour vos droits. Après le boulot, après avoir couché le gosse et terminé ton ménage, après avoir appelé ta vieille mère, il te restait encore un peu de temps pour militer, non ? Au lieu d'aller chez le psy ... Ah, t'en auras perdu du temps et de l'argent avec ça, mais c'est pas chez les psys qu'on fait la révolution ma fille. »

Après le succès d'Une femme au téléphone, Appel manqué signe le grand retour de Charlène, soixante-treize ans, plus déjantée que jamais. Quand la solitude lui pèse, elle bombarde sa fille de messages téléphoniques, qui sont autant de reproches, d'appels à l'aide et de révélations. Qu'ont à transmettre les « boomeuses » ? MeToo peut-il rapprocher les générations ? Portrait d'une mère qui appuie toujours là où ça fait mal, ce roman drôle et mordant interroge aussi le rapport au féminisme à tous les âges.


Carole Fives








Photo F.Mantovani © Éditions Gallimard


Mon avis


Charlène c'est "Une femme au téléphone" publié en 2017, on la retrouve avec plaisir dans ce nouvel opus "Appel manqué".   Charlène a 73 ans, après avoir été une boomeuse militante, mère à 23 ans, elle est partie laissant sa fille âgée à l'époque de 12 ans, emmenant son frère cadet.  

Pour un oui, pour un non, elle bombarde littéralement sa fille de messages, la harcelant parfois.  Carole Fives nous raconte une relation mère/fille,  le conflit de deux générations qui ont du mal à s'entendre !

C'est truculent, mordant, on sourit, on rit beaucoup et pourtant on s'interroge en filigrane sur le mode de fonctionnement de notre société, sur la solitude, la distance qu'il peut y avoir entre les générations.

Charlène est exigeante, elle se plaint constamment pourtant on s'y attache.  Elle n'arrête pas de faire des commentaires sur l'éducation que sa fille donne à son petit-fils, critique, compare avec son époque, et pourtant est-elle la mieux placée pour lui faire ses remarques.

Charlène c'est un peu la bipolaire, qui n'arrête pas de se plaindre de ses locataires, de critiquer puis d'encenser, de retourner la situation.  Charlène qui a toujours besoin d'argent, qui sur un coup de tête menace de vendre la maison.  Elle n'est jamais satisfaite.  Elle qui toute sa vie a toujours tout décidé, ne sait plus rien faire sans l'avis de sa fille aujourd'hui.  

Et puis il y a le covid, la solitude, l'ami Bernard et tellement d'autres choses, l'évolution des réseaux sociaux, de la femme qui travaille avant de s'occuper de ses enfants, un regard acerbe sur notre société.

J'ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Ma note : 8/10


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dimanche 12 avril 2026

Foi de prof - Harold Cobert

 Foi de prof  -  Harold Cobert





















Editions le Rocher
Parution : 14/01/2026
Pages : 336
EAN : 9782268112725
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur



Une année dans l'enseignement privé catholique


En septembre 2024, le romancier Harold Cobert devient professeur suppléant en lettres au lycée privé catholique Passy Saint-Honoré. Si, comme tout enseignant d'aujourd'hui, il fait face à la génération TikTok, dont l'orthographe ou la concentration ne sont pas le fort, il découvre au fil des jours un établissement humain, réactif et souple, loin de la bureaucratie froide imposée dans le public. Ce contexte favorable, qui pousse et soutient les élèves, conjugué à sa propre passion de transmettre, permettra à Harold Cobert d'intéresser son auditoire aux grands auteurs et aux subtilités de la langue française. Loin des idées reçues, ce journal de bord est un vibrant plaidoyer pour le système éducatif catholique, si souvent décrié, mais qui est peut-être le dernier bastion d'une certaine forme de méritocratie...

Harold Cobert

Harold Cobert est écrivain. Il a publié une dizaine de romans dont Un hiver avec Baudelaire (Héloïse d'Ormesson, 2009), La mésange et l'ogresse, dans la tête de Monique Fourniret (Plon, 2016), Belle-Amie (Les Escales, 2019), Le procès Mein Kampf (Les Escales, 2025).


Source : Le Rocher



Mon avis

C'est la plume d'Harold Cobert, que j'apprécie beaucoup qui m'a donné envie de découvrir cet essai, plus exactement ce témoignage agencé comme un journal de bord sur sa première année dans l'enseignement. Je suis belge, le système éducatif est certes différent dans mon pays, mais un constat est identique, une démotivation des profs et un nivellement par le bas dans l'enseignement, j'étais donc très curieuse.

Premier constat intéressant , c'est que l'auteur est arrivé sur le tard dans l'enseignement, à l'approche de la cinquantaine en quête de sens, à la recherche de plus d'humain. Avec un vécu, une expérience professionnelle différente, c'est peut-être plus facile de transmettre des valeurs.

C'est l'assassinat de Samuel Paty qui a été l'élément déclencheur, qui lui a donné l'envie de s'engager, de combattre à sa manière cette attaque aux connaissances, au savoir. Titulaire d'un doctorat ès lettres ,  il dispose d'un savoir à transmettre. 

Harold Cobert a postulé tant au public qu'au privé et c'est comme suppléant sous contrat dans le catholique qu'il va prendre en main, une classe de deuxième B.  

Le constat est simple, une moyenne trop basse, un manque d'écoute, de concentration, vocabulaire faible, peu de motivation au départ, faut dire que les horaires un peu "biscornus" - une pause après les 20 minutes de cours, ne l'aident pas.   

Son objectif : leur donner l'envie de lire par plaisir et pas par obligation, acquérir du vocabulaire, un minimum de syntaxe et de cohésion - une phrase c'est sujet, verbe, complément -, retrouver un sens critique en développant le vocabulaire, être agile.

On suit l'évolution de la classe au jour le jour, on ressent l'amour de ses élèves, une vraie notion d'écoute et de respect mutuel.   Il s'impose petit à petit, est honnête, juste, ne triche pas et il va parvenir petit à petit à élever le niveau et permettre à sa classe de retrouver les bases et de s'élever en intégrant des outils d'époque tel que l'I.A.

Ce qui m'a également frappée, c'est la plus grande liberté dans l'enseignement libre et la rigidité de l'appareil public, sa bureaucratie sans humanité face aux programmes. C'est passionnant, inspirant, à découvrir.  

J'ai aimé retrouver la plume de l'auteur.  Ce livre n'a rien d'un roman mais il se lit de la même façon.  De très courts chapitres au fil du temps.  J'ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture.

Ma note : 8.5/10


Les jolies phrases

Tous ont en commun le rejet de l'univers de l'entreprise, de ses dysfonctionnements, de sa déshumanisation, et par conséquent la quête d'une activité professionnelle porteuse de sens, un sens humain, un sens indexé sur autre chose que la seule rentabilité économique.  Leur présence ravive en moi une intuition que cette première année d'enseignement ne cessera de me confirmer : il serait sans doute bénéfique que notre système éducatif compte plus de professeurs n'ayant pas uniquement connu les salles de classe, de personnes qui se sont aussi frottées au monde du travail autrement qu'en tant qu'écoliers, lycéens, étudiants et enfin enseignants. 


Le prêtre enchaîne avec un constat auquel je n'avais jamais pensé : la parole est sans doute l'une des régions les plus polluées de notre monde et de notre planète.  Mal se parler pollue en effet les relations humaines.  Les paroles, sans cesse négatives, anxiogènes, mensongères ou dénigrantes, gangrènent nos pensées, l'image de soi, jusqu'à notre santé mentale.

Apprendre à raisonner et à réfléchir aux futurs citoyens reviendrait à forger des esprits libres. 

Dans un monde et une époque où les outils numériques cherchent à restreindre toujours plus la définition de ce que nous sommes à ce que nous possédons, faut-il réellement s'étonner que les jeunes générations confondent de plus en plus l'avoir avec l'être ?

Je voulais vous dire, monsieur, je me rends compte que c'est important, les mots.  Si on n'a pas les mots, on ne peut pas comprendre.  On arrive à rien, en fait.  

Citation de Camus :  " Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde"

Si tous ces ados vous apprécient, c'est parce que vous ne trichez pas.  Vous êtes honnête avec eux, et ils le sentent.
Et puis, il paraît que vous êtes passionné et passionnant. Nous sommes beaucoup de parents à vous être reconnaissants de ce que vous faîtes.


Du même auteur, j'ai lu 

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samedi 11 avril 2026

La Princesse qui pue qui pète mène l'enquête au château - Marie Tibi/Thierry Manes


La Princesse qui pue qui pète mène l'enquête au château
Marie Tibi/Thierry Manes



















Casterman Jeunesse
Parution : 11 mars 26
Pages : 32
Texte : Marie Tibi
Dessin : Thierry Manes
Isbn : 9782203303621
Prix : 12.90 €
Lectorat : 3 à 6 ans

Présentation de l'éditeur

Notre princesse malicieuse devient détective !

Dans la salle du trône règne une ambiance morose. La reine Guillemette est en pleurs. Le roi Clotaire, les larmes aux yeux, tente de la consoler.
Le chat favori de la reine a disparu et une demande de rançon arrive quelques minutes après.

Castille, accompagnée de son ami Armand et de sa cousine Cunégonde, décide de mener l'enquête. Qui peut en vouloir à sa royale Maman ?

Une histoire pleine d'indices, de suspense et... de petits prouts, quand même !




Mon avis

Si je compte bien c'est le septième album mettant en scène Castille de Bonaloi, la fameuse princesse qui pue qui pète !  Un personnage attachant sans complexe qui mange avec les doigts, s'occupe des animaux avec son ami Armand le fils du fermier et qui adore faire des concours de prouts !

Mais au palais l'ambiance est morose, le chat favori de la reine a disparu et une demande de rançon est arrivée.   

Castille ne peut pas rester les bras croisés, la voici partie enquêter avec sa cousine Cunégonde et son ami Armand.  Nos apprentis détectives mènent l'enquête.

Un album drôle, joyeux, gourmand sous le signe de l'amitié et de la perspicacité.  

S'adresse aux 3-6.

Ma note : 9/10





mercredi 8 avril 2026

Petit fruit - Marion Fayolle

 Petit fruit - Marion Fayolle




















Gallimard
La Blanche
Parution : 8 janvier 2026
Pages : 128
Isbn : 9782073111159
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur

«Novembre, décembre, janvier, elle calcule sur ses doigts en même temps qu'elle marche. Si elle tombait enceinte ce mois-ci, ça serait pour juillet. Elle préférerait un bébé de printemps mais c'est raté. Et puis, non, c'est la saison des fruits, ça tomberait mal pour les cueillettes. Un bébé d'hiver, ce serait idéal, ils auraient plus de temps pour l'accueillir. Janvier, décembre, novembre, elle rembobine les saisons.» Une femme dont le ventre reste vide, un mari qui ne trouve pas les mots pour la rassurer, un inconnu qui frappe à la porte et s'immisce entre eux. La rencontre de trois solitudes, quelque part, dans une ferme. Ici, on glane des prunelles en attendant le petit fruit dans la chair, on jette ses peurs au feu, on peint pour se parler. Dans ce deuxième roman, Marion Fayolle évoque le désir d'enfant avec une délicatesse qui n'élude pas le chagrin. Elle écrit comme on rêve, avec des images, des sensations et des symboles. Elle invente un monde où l'on transforme ce dont les autres ne veulent pas, où les amours déteignent et où la poésie se cueille à même le sauvage.

Marion Fayolle


Née en 1988, Marion Fayolle a grandi en Ardèche. Inscrite en dernière année de l'école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, c'est au sein de l'atelier d'illustration qu'elle a rencontré Matthias Malingrëy et Simon Roussin, avec lesquels elle a fondé en 2009 la revue «Nyctalope».

"Du même bois" est son premier roman publié en janvier 2024







Mon avis

"Petit fruit" c'est un conte, un court roman poétique, à l'écriture sobre, resserrée, sensible et sensuelle, tout en finesse.  

Un couple sans nom qui au fil des saisons glane, cueille de façon sauvage des cèpes, des prunelles, des châtaignes pour les vendre transformés au marché.   C'est un couple qui a fui la ville pour la campagne et vit simplement, espérant depuis plus de deux ans d'être trois et de former une famille.

"Petit fruit" c'est un texte court en douceur exprimant la douleur de l'absence, d'un ventre vide, d'un désir de maternité qui ne vient pas.  Mois après mois, en suivant le cycle féminin, c'est l'attente, l'espoir et puis l'immense déception, l'impuissance du mari face à la détresse de son aimée.

C'est aussi un couple qui se nourrit de ce que la nature lui donne et qui n'arrive pas à planter, à faire germer la vie.  

"Elle et lui, ça fait comme l'huile et l'eau, ça ne se mélange pas, ça n'adhère pas."

Un jour , un homme aux mains violettes, le même violet que sa robe - la couleur des prunelles -, arrive.  Il est étrange dans sa bulle comme s'il n'entendait pas. Il prétend avoir retrouvé en elle son amour de jeunesse.  Il n'entend pas qu'elle ne le connait pas, que ce n'est pas elle.  L'homme s'incruste, n'arrête pas de la peindre, de la dessiner, il partage son chagrin, une perte, un vide, une douleur.

C'est métaphorique, lié à la nature.  Une plume allant à l'essentiel, magnifique.

J'ai adoré ce livre que je vous recommande chaleureusement.

Un coup de ♥

Les jolies phrases

Ils ont pourtant, le même chagrin, celui d'un bébé absent et quelque part, ça la touche.

Elle et lui, ça fait comme l'huile et l'eau, ça ne se mélange pas, ça n'adhère pas.

Quand on vit ensemble, tout le temps, on se regarde mais on ne se voit plus.

C'est toujours la même histoire. Elle accueille la tristesse des autres et pense ensuite que c'est la sienne. N'arrive pas à s'en défaire.

Avec la lame de son couteau, elle caresse la chair, retire la terre, la mousse, les épines de sapin collées sur le pied et le chapeau.  Sa mémoire fait le même geste, gratte délicatement ses souvenirs pour ne pas les abîmer, cherche à trouver qui est cet homme et pourquoi il est là. 

L'homme continue à gribouiller dans son carnet, il ne quitte pas sa femme du regard.  Le mari se rappelle qu'enfant, son père lui ordonnait toujours, dans les magasins, de ne pas toucher avec les mains mais de toucher avec les yeux.  Ça lui semblait une chose impossible et pourtant, ce type-là ne fait que ça : toucher sa femme avec les yeux. 

La femme se dit que c’est comme ça que fonctionne leur couple, ils avancent dans le même sens mais ont chacun besoin de leur espace. Ils n’aiment pas se marcher dessus, n’ont pas le même rythme, ni ne portent attention aux mêmes détails.

Ça ne l'intéresse pas de faire du maraîchage, de cultiver. Son projet à lui c'est la cueillette sauvage.  Il veut travailler avec la nature, se contenter de ce qu'elle lui offre, se servir sans la piller.