dimanche 17 mars 2019

La langue de Trump - Bérengère Viennot

La langue de Trump   -    Bérengère Viennot

Livre PDF Téléchargement La Langue de Trump ...

Les arènes
Parution : 23 janvier 2019
Pages : 160
Isbn : 97827112001157727031
Prix : 14.90 €


Présentation de l'éditeur

Traductrice de presse, Bérengère Viennot s’est trouvée confrontée à un défi inédit après l’élection de Donald Trump.

Le président américain a fait exploser les codes de la parole politique. Sa langue est vulgaire et confuse, truffée de fautes de syntaxe et de phrases sans queue ni tête, de sarcasmes et d’invectives – signes d’un rapport dévoyé à la réalité et à la culture.

D’une plume aussi désopilante qu’incisive, l’auteure raconte son casse-tête de traductrice et s’interroge. Comment glisse-t-on de la violence des mots à la violence politique ? En quoi est-ce là un symptôme de l’état de la démocratie ? Pourquoi sommes-nous tous concernés ?

La langue de Trump est un miroir implacable : du président lui-même, de l’Amérique et de notre époque.

Mon avis

Bérengère Viennot est traductrice politique et lorsque le 08/11/2016 Trump a été élu, c'est avec "la gueule de bois" qu'elle s'est réveillée.  L'inimaginable était devenu réalité !

Il est clair que c'est un autre discours que celui de ses prédécesseurs ! Celui de Trump reflète l'Amérique de notre époque.

Être traducteur ne se limite pas à traduire des mots, il faut aussi tenir compte de la personnalité, de l'intention du locuteur, du contexte dans lequel il a prononcé ces mots.

Le vocabulaire de Trump est limité, 500 mots environ !  Des mots simples, du niveau de 5ème, des mots simples faciles à comprendre de tous mais difficile à traduire car  s'il est évident que chacun les comprend, cela permet aussi à chacun d'en entendre ce qu'il veut !

Trump utilise le plus souvent les mots "Great(est)/win/looser/bigger/better/stronger/America great again".

L'usage de TWITTER, outil de communication est aussi perçu comme un moyen honnête de faire passer un message par de simples phrases proches de l'oralité, ce qui interpelle.  C'est inédit pour un président d'utiliser ce type de média.  Le moins que l'on puisse dire c'est que Trump est dans l'air du temps.

Sa syntaxe à elle seule permet de le décrypter :

  • "  "             le cynisme
  • ???             l'incrédulité
  • !!!               l'incrédulité extrême
  • majuscule   la colère
Ces petites phrases courtes martelées comme des slogans font croire sa vérité même si celle-ci est fausse.  A force de le dire Trump finit par croire parfois ses propres messages.

Vocabulaire simple et limité, utilisé sciemment, faisant preuve d'un manque de culture du Président ?  ou au contraire d'une stratégie, d'une certaine intelligence ??  C'est une vraie question.

On constatera aussi que certains mots ne font pas partie de son vocabulaire comme "regrets, excuses, être désolé" !

Beaucoup de choses analysées dans cet essai vraiment très intéressant, interpellant.

Un chapitre est consacré au Point Godwin et ose un parallèle avec les discours de Goebbels, l'esprit des années 30, cette simplification du langage qui divise et fait preuve d'une violence grave qui divise la société et éveille la haine de l'homme.  Est-ce conscient ?  N'y a-t-il pas danger que ces discours ne divisent encore plus et soit un premier pas vers une dictature ?

Trump ne lit pas ou très peu de prompteur, que cela cache-t-il ?  D'autres questions posées dans ce récit très intéressant et très agréable à lire car parsemé de touches d'humour.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Traduire, c'est vouloir susciter dans sa langue (car le bon traducteur travaille vers sa langue maternelle) les sensations intellectuelles et affectives que le lecteur d'origine a éprouvées.

Il est incapable de filtrer ce qu'il pense, parce qu'il n'arrive pas à adapter son comportement aux situations auxquelles il est confronté.  Ce qui explique son extrême vulgarité mais aussi, sans doute, sa popularité auprès de la frange de la population américaine qui a l'impression d'être menée en bateau par une élite politique qu'elle ne comprend pas, et qui voit dans le côté "nature" des propos de Donald Trump, qui dit tout ce qu'il pense, une forme de franchise et, partant, d'honnêteté.

Dans le discours, au sens large, de Trump, candidat puis de Trump président, c'est cela aussi qui a choqué les traducteurs: tout chez lui n'est qu'oralité.  Même lorsqu'il écrit, on dirait qu'il parle, qu'il est là, physiquement, et qu'il harangue les lecteurs à coups de slogans et de tweets comminatoire où se retrouve souvent en filigrane la menace de juger antipatriotiques tous ceux qui ne pensent pas comme lui.


..le langage binaire utilisé par les "grands hommes" de la dictature nazie simplifie la pensée et la rend incohérente, et c'est cette incohérence qui conduit à l'arbitraire et à l'autoritarisme.

Et finalement, cela n'a pas d'importance, car la lecture est loin d'être l'unique accès à la culture.  Les techniques dont nous disposons au XXIe siècle - les livres lus, les films, les documentaires, Internet ! - permettent de compenser en très grande partie les lacunes que l'absence de lecture va créer.  Et ne pas lire ne veut pas dire être incapable de penser, de réfléchir, de s'instruire et de se cultiver.

La langue de Donald Trump tourne en boucle, ses discours aussi, tout comme sa réflexion et sa pensée politique, car il ne se fie qu'à lui-même pour prendre ses décisions.  Or, un autre inconvénient du refus d'apprendre, d'en savoir plus, c'est que c'est aussi l'expérience des autres qui déclenche le mécanisme de l'empathie.  Il faut avoir eu l'expérience de points de vue différents pour "sortir de soi" et adapter sa pensée à d'autres fonctionnements que ceux qui nous sont familiers.

samedi 16 mars 2019

Haut le choeur - Gaëlle Perrin-Guillet ♥♥♥♥♥

Haut le choeur             -    Gaëlle Perrin-Guillet   ♥♥♥♥♥




















Taurnada
Collection :  le tourbillon des mots
Parution : 14 mars 2019
Pages : 244
ISBN : 978-2-37258-052-6
Prix : 9.99 €

Il s'agit d'une réédition de l'excellent thriller publié en 2013, un gros coup de coeur. A découvrir d'urgence !

Quatrième de couverture

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »

Depuis qu'Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l'angoisse que la criminelle sanguinaire s'évade de prison...

Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d'Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse...
Une promesse de sang...

En images ...






Gaëlle Perrin-Guillet


Gaëlle Perrin-Guillet (auteur de Soul of London) - Babelio


Née en 1975, Gaëlle Perrin-Guillet, depuis toujours amatrice de thrillers et polars, s’essaie à l’écriture au début des années 2000. Aujourd'hui, après plusieurs romans très appréciés par les lecteurs, l'un de ses écrits désormais introuvable, Haut le choeur, Prix du Polar 2014 Dora Suarez, est réédité par les éditions Taurnada.

Mon avis

Un véritable coup de coeur.  Une réelle découverte. Une bonne idée de rééditer ce thriller qui m'avait véritablement happée à l'époque découvrant ce genre littéraire : une claque ! Un récit de très grande qualité. Quelle force dans l'écriture, aucun temps mort. J'en reste sans voix!

Alix Flament est journaliste. Il y a 6 ans elle était spécialiste en affaires criminelles. Pendant plus de deux ans, elle a interrogé une redoutable tueuse en série : Eloane Frezet. De ces nombreuses conversations, elle en a écrit un livre. Éprouvée par cette période de sa vie, Alix s'est alors reconvertie dans le journalisme tout court. 

Il est tard, elle travaille au journal et reçoit au milieu de la nuit un étrange coup de fil. 
 
De suite elle sait que c'est Eloane qui lui avait juré qu'un jour elles se retrouveraient.
Elle vient de s'évader de prison, de façon sanglante comme toujours et le cauchemar oublié resurgit.

Alix la connaît mieux que personne. Comment l'arrêter, comment la comprendre et l'empêcher de reprendre son oeuvre sanguinaire...


Avec beaucoup de style, Gaëlle Perrin-Guillet nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l'âme humaine. Son écriture est captivante. J'ai lu le livre très rapidement, impossible de le poser et d'attendre. Non, l'envie de savoir, de comprendre cette énigme, ce qui se passe dans la tête d'Eloane.

Quelle imagination, que dis-je d'inimaginable.. Le récit est lent, sombre, très sombre, sans temps mort, il explore vraiment le côté le plus obscur de l'espèce humaine. J'ai beaucoup aimé l'aspect psychologique, l'accent posé sur les relations entre les différents protagonistes. L'auteure nous "sème" des pièces de réponse petit à petit au fil du récit.


Un sentiment étrange, un malaise me poursuit à la fin de la lecture. Chapeau, j'en veux d'autres. Madame Gaëlle Perrin-Guillet, votre talent est éclatant. A lire de toute urgence.


Gros coup de coeur  ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases


Elle refusa qu'il entre dans la maison arguant du prétexte que son conjoint devait dormir et qu'elle ne voulait pas le réveiller. En fait, elle ne voulait pas faire entrer cet homme, et la fonction qu'il incarnait dans son sanctuaire et ramener avec lui toute l'horreur des dernières heures. Sa maison était son refuge, le seul endroit où elle pouvait laisser à la porte ses problèmes, ses tensions et toute la saleté du monde que son couple côtoyait chaque jour.

Et si elle avait raison ? Si au fond de chacun de nous résidait une poussière d'animalité capable de nous faire commettre les pires folies sous l'influence du déclencheur le plus vieux du monde : 
l'amour ?

Mes lumières, messieurs ? J'espère que vous avez une bonne pelle pour aller déterrer de ma mémoire au fin fond des abysses de mon crâne !

mardi 12 mars 2019

Comme elle l'imagine - Stéphanie Dupays ♥♥♥

Comme elle l'imagine - Stéphanie Dupays  ♥♥♥




Mercure de France
Collection Bleue
Parution : 07 mars 2019
Pages : 160
Isbn : 9782715249882
Prix : 15.50 €


Présentation de l'éditeur



Laure avait des mots d’amour mais pas les preuves : Vincent n’évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible.

Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l’imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s’inquiète, s’agace, glisse de l’incertitude à l’obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d’une histoire d’amour ou bien une illusion qui se brise?

Subtile analyse du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d’aimer et signe aussi un roman d’amour intemporel sur l’éveil du désir, l’attente, le doute, le ravissement

L'auteure nous en parle 




Mon avis

Laure est professeur de littérature, spécialiste de Flaubert.  C'est via les réseaux sociaux qu'elle a rencontré Vincent.  Ils ont des goûts communs, les vieux films noir et blanc et la littérature.

Laure a hâte en rentrant de scruter son téléphone.  Il faut qu'elle voie si Vincent est disponible, c'est addictif, viscéral.  Elle décortique sa page FB, la moindre photo, le moindre like pour essayer de décoder, de connaître Vincent.  Elle interprète le moindre signe.

Laure se sent bien dans leurs échanges, elle pense être amoureuse mais la relation n'est que virtuelle, ils ne se sont jamais rencontrés réellement.  Est-ce possible de tomber amoureux et d'aimer sans se voir?

Aujourd'hui, via les réseaux sociaux, comment décoder si c'est de l'amour ou non?

Les codes changent, on est dans l'immédiateté, on voit si l'autre est connecté, on attend sa réponse illico alors qu'au 19ème les amoureux s'écrivaient, on attendait une semaine avant de s'inquiéter, et aujourd'hui si la réponse ne vient pas dans la minute , Laure s'imagine plein de choses.

Et le jeu de la séduction dans tout cela !  Dans un message on ne voit pas le regard, l'attitude, la gestuelle de l'autre, on n'entend pas le son de sa voix qui permet de comprendre tant de choses, le monde virtuel pose questionnement, interprétation?  On est bien loin de ce qui les unit, la littérature, les mots de leurs livres qui nourrissent leur relation. Une fuite, une crainte de la réalité ?

Ce n'est qu'au bout de cinq mois qu'une rencontre aura enfin lieu.  Où les mènera-t-elle ?

Un joli roman de Stéphanie Dupays dont je découvre la jolie plume, fluide, riche en références littéraires car on parle du virtuel, de la recherche de l'amour, de la solitude engendrée par nos petits écrans mais on parle aussi énormément de littérature.

L'imaginaire de Laura, ses lectures , les infos glanées sur les écrans font qu'avec ses indices, ses espoirs et sa réalité elle le décrit "comme elle l'imagine"  , un roman qui nous parle aussi des changements de notre société et de l'addiction aux réseaux sociaux.

Je vous le recommande chaleureusement.


Une autre façon de résumé ce livre en lisant les jolies phrases !

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

L'amour, la mort, les deux choses qui font marcher le monde font aussi tourner les réseaux sociaux.  (...)  Une émotion malsaine, un plaisir à se sentir triste sans éprouver la douleur d'un deuil véritable.

Elle avait besoin des mots des autres pour décoder les êtres et les choses; interposer la littérature entre elle et le monde la protégeait.

A vingt ans, le célibat n'était qu'une étape qu'un avenir plein de promesses reléguerait au rang des souvenirs un peu pénibles; à trente, être célibataire commençait à devenir moins enviable, presque incongru.  A presque quarante, Laure semblait entendre se former dans la tête de ses amis les pensées interrogatrices?       "Qu'est ce qui cloche chez elle ?" ou réprobatrices   "Quand va-t-elle enfin grandir ?".

Laure recueillait tous ces petits détails avec une attention extrême car, pour elle, dans des choses aussi infimes que le choix d'une étoffe, d'une matière, d'un objet, se situait le tremblement d'un être, sa singularité.

Les sentiments sont une énergie renouvelable, non ?

La photogénie n'existe pas, il n'y a que de mauvais photographes.  Et, le plus important, c'est la préparation, un bon maquillage !

Internet crée une intimité virtuelle inédite ; on peut avoir peur de la briser dans le réel.

Face à son béguin virtuel, ces hommes n'avaient aucune chance car ils étaient réels alors que Vincent était une idée façonnée par Laure à l'image exacte de son désir.

L'Atlantide ! Comme toutes nos préférées, elle n'est pas réelle.  Ça pourrait être le but d'une vie, trouver son Atlantide, se la fabriquer, ou au moins un endroit à soi qui y ressemble.

Une promesse de bonheur déçue était encore pire que rien du tout.

Facebook est un peu une salle de shoot, non ?  On peut se sevrer avec des images, les regarder indéfiniment jusqu'à se convaincre de la présence de l'autre.


dimanche 10 mars 2019

Où vivre - Carole Zalberg

Où vivre        -         Carole Zalberg

Où vivre
Grasset
Parution : 03/10/2018
Pages : 144
ISBN : 9782246818472
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur

« Peut-être que nous n’étions pas faits pour avoir un État à nous, après tout. Voilà ce que me confie, à voix basse, comme pour elle-même, ma tante assise sous la pergola devant sa maison inchangée depuis ma dernière visite, trente ans auparavant. Cette réflexion, la déception qu’elle révèle me glacent mais que répondre ? Et qui suis-je pour avoir une opinion, moi qui n’ai pas remis les pieds ici depuis si longtemps ? C’est à peine croyable mais les décennies ont filé sans que j’y prenne garde, sans que j’affronte les contradictions et le malaise qui me tenaient éloignée de ce pays que je qualifiais de compliqué pour évacuer la question. »

A travers leurs voix recomposées par Marie, née en France dans les années 60, les membres d'une famille juive polonaise relatent leur installation en Israël après la guerre. Au long des décennies intranquilles, les générations nouvelles venues dans l'État juif puis celles qui y sont nées expriment leurs attentes et leurs déceptions, au fil d’un quotidien à jamais hanté par la Shoah. C'est cette fin d'un monde que les plus âgés ont voulu surmonter en construisant un lieu sûr. C'est elle que les plus jeunes veulent empêcher de se reproduire en acceptant avec plus ou moins d'évidence les épreuves que leur pays ne cesse d'imposer.

De l’après-guerre à nos jours, l'exil des uns et les questionnements de la famille restée en France se répondent, tissant des liens indéfectibles. Leurs voix se mêlent pour dire avec puissance une destinée familiale complexe et vitale qui est aussi une magnifique plongée dans les paradoxes de l’État d’Israël, autour de la question des pionniers, de leurs rêves, de leurs déceptions.

L'auteur nous en parle

J'ai visionné ceci après la lecture, je vous conseille vivement de la regarder avant .



Mon avis

Une jolie plume, un beau récit dans un roman choral où au fil du temps - de l'après-guerre à nos jours - les membres d'une famille juive polonaise séparée par l'Histoire et les kilomètres, se livrent à nous.

Des fantômes liés à l'histoire de la famille les poursuivent au quotidien.

Marie est née en 1960, c'est la fille d'Anna restée en France.

Les ancêtres, "les pionniers" arrivent en 1949 dans la terre promise d'Israël.  Nous sommes juste après la guerre et la création de l'état d'Israël.  Les ancêtres vont participer à la création d'un Kibboutz.  Les langues sont multiples et l'on décide que ce sont l'anglais et l'hébreu qui seront adoptées.  Les exilés sont souvent lettrés, musiciens, médecins, bijoutiers, ils vont tout abandonner et se donner corps et âmes pour cette terre ingrate.  Ils renoncent à beaucoup mais ils ont une certitude : celle de rompre avec la malédiction, ne plus être désignés, ils n'attendront plus le prochain massacre.

Oui mais il y a tout de même trois ans de service militaire, et la paix n'est pas vraiment retrouvée.

De l'autre côté, ceux qui sont restés en France ou aux États-Unis ne pouvant plus supporter de vivre en ghetto, ont le sentiment de se sentir libre, ils peuvent étudier, se cultiver, trouver une place dans le monde sans le risque de croiser un regard haineux.

Mais tous qu'ils soient ici ou là-bas sont hantés par l'Histoire.

Dans ce récit, plusieurs générations se livrent , nous font prendre conscience d'un idéal difficile à atteindre, de la difficulté de trouver la Paix.

On suit l'évolution de la vie au Kibboutz, l'envie de réussir, l'espoir, la joie mais aussi la nostalgie.  La difficulté pour Marie restée en France en rendant visite après 30 ans de prendre position, de réaliser qu'il y a une absence de solution pour trouver la paix intérieure.

J'ai aimé l'écriture incisive, profonde du récit en partie autobiographique.  C'est fort, cela amène à la réflexion, à considérer la question autrement sur un sujet complexe, Vivre ici ou ailleurs, un autre regard pour comprendre la complexité du choix.

Très émouvant et intéressant.


Ma note : 8.5/10



Les jolies phrases

C'est peut-être pour cela qu'il s'est passé trente ans avant que je retourne en Israël : pour discerner la vérité fragile et complexe de ces vies, il fallait éviter le fracas du réel et de son actualité constamment tourmentée.

Qui sait, peut-être allons-nous être heureux dans notre pays, s'il reste en nous de quoi l'être au moins un peu.

Je savais, moi, que j'avais beaucoup plus que mes 15 ans.  On grandit vite dans le danger et les privations.  Le temps que la guerre prenne fin, j'étais devenue tout à fait adulte et je ne comprenais pas que les autres n'en conviennent pas.

Mais comment être légers quand tous nous venons de lignes décimées ?  Quand alors qu'on nous veut invincibles, plus jamais victimes, nous avançons avec la conscience presque honteuse de notre précarité ?

C'est peut-être essentiellement ainsi que se manifeste votre héritage juif, dans cette forme de pudeur et de résilience qu'est l'auto dérision des persécutés, des menacés, des survivants.

Aussi conflictuelles soient-elles, nos relations avec les Palestiniens ne préparent pas à cela non plus.  Être l'objet de la haine, en ressentir ou au moins de l'incompréhension, les deux pieds plantés dans ce qu'on considère comme sa terre, n'a rien à voir avec le rappel constant de son illégitimité, de sa qualité d'indésirable.  On comprend que la plupart revienne vivre ici après avoir vu le vaste monde, qui aurait tant à leur offrir.

Rien n'est achevé.  La paix se refuse encore, se refusera sans doute à jamais tant les hommes sont doués pour tout gâcher, nos fils poussent à peu près droits mais tourmentés, pleins de nos drames et de ce qu'ils auront à affronter, et je la laisse seule ?

Nous n'avons peut-être pas le choix, mais nous en avons fait, ou plutôt, des choix ont été faits en notre nom qui n'avaient rien d'obligatoire, qui sont de l'huile constante sur le feu.  Nous n'avions pas à occuper plus de territoire qu'il n'en faut.  Comment espérer la paix quand on fournit à ceux qu'on croit ainsi dominer de quoi nous haïr de génération en génération ?  Et comment fait-on pour vivre heureux, nous, sans être désespérés par cette situation impossible ?

Grandir au kibboutz nous a permis de gagner du temps.  On est quasiment nés affranchis.  Pas question d'oublier une minute de quelle tragédie on était les rejetons ni que nos géniteurs ne nous étaient pas dévoués.  Au moins, on avait de l'entraînement, on ne s'attendait pas à ce que le monde nous ouvre les bras.

Peut-être avions-nous fini par partager quelque chose d'essentiel, en nous taisant pourtant des heures côte à côte.  Ne serait-ce que le fragile souvenir, sans qu'il soit jamais évoqué, du très ancien bonheur enfui, un bonheur passant alors inaperçu, tant  qu'on en jouissait, et la conscience d'avoir traversé ensemble des épreuves qui nous avaient usés mais pas vaincus.  Nous étions sauvés, nos enfants et nous.  Nous avions fait ce qu'il fallait.



samedi 9 mars 2019

Concours 1000 abonnés

Concours 1000 abonnés.




Que de chemin parcouru depuis le 21 septembre 2012 !

Passionnée de lecture depuis toujours, je suis belge, mariée et maman d'un ado de 14 ans.  Je travaille à temps plein dans le secteur bancaire.  Lire c'est ma bulle d'air, mon évasion, une nécessité.

C'est un peu par défi que j'ai créé ce blog suite à une annonce pour participer aux Matchs de la rentrée et obtenir un roman contre une critique !

Quelle évolution depuis et que de beaux moments partagés avec vous, fidèles lecteurs.  C'est avec joie que je vois ce blog grandir, s'épanouir.

Si je l'ai créé, c'est aussi et surtout parce que la passion des livres et les belles découvertes que l'on fait en solitaire, il faut les partager. Etre passeur de mots, vous donner l'envie de découvrir et partager mes et vos coups de coeur, est la raison d'être de ce blog.

Votre fidélité se fête, c'est la raison pour laquelle j'ai envie avec de nombreux partenaires de vous récompenser.

Que diriez-vous de gagner 5 de mes derniers coups de coeur ?

C'est la réalité grâce aux éditions Albin Michel, Les Escales, et aussi mes partenaires belges car une des particularités de ce blog est de vous faire découvrir la littérature de mon pays !

Merci à Editions 180 °, Robert Laffont (merci Sarah !) et Lilys éditions

On gagne quoi ?

Mes 5 derniers coups de coeur  (en cliquant sur la couverture vous avez accès à mon article complet)

3 belges

  Une drôle de fille

et

Belle-Amie L'Appartement Du Dessous, Herrlemann Florence - Livro - WOOK


Comment participer ?

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Si ce n'est fait liker la page FB du "Coin lecture de Nath"  et celle du concours et taguer 3 personnes à participer.

Liker la page de mes partenaires est un plus 180 °, Lilys éditions, Robert Laffont, Albin Michel et Les Escales.


N'oubliez pas de me communiquer pour quel livre vous jouer et de me donner vos coordonnées afin que je puisse vous recontacter.

Le concours s'adresse à la France et au Benelux. Désolée pour les autres pays .

Le concours se terminera le samedi 23 mars à minuit.




Mille Mercis ! – La Siphonnée


Merci à mes partenaires  (lien vers leur page en cliquant sur le logo)

N'hésitez pas à aller les visiter.

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