Les grues volent vers le sud - Lisa Ridzén ♥♥♥♥♥
Parution : 07 mai 2026
Traduit du suédois par Catherine Renaud
Pages : 432
Isbn : 978-2-925416-89-0
Prix : 23 €
Prix du livre de l’année en Suède, 2025Prix : 23 €
Prix Norrland Culture, 2025
Prix Adlibris (Meilleur livre de fiction et meilleur premier roman), 2024
Présentation de l'éditeur
Bo n’a plus beaucoup de temps devant lui. À quatre-vingt-neuf ans, il vit isolé dans un village suédois et sa santé décline rapidement. Sa solitude n’est troublée que par le va-et-vient de ses aides à domicile. Parmi les rares choses qui lui restent, il y a les appels à son meilleur ami et la fidèle compagnie de Sixten, son gros chien auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Bo aime s’endormir avec lui, sa main enfouie dans l’épais pelage. Quand son fils juge qu’il ne peut plus s’occuper d’un tel animal, l’orgueilleux Bo plonge dans un tourbillon d’émotions. Père et fils n’ont jamais su communiquer. Comment dire aujourd’hui ce qui compte vraiment? Bo dresse le bilan de sa vie, de ses liens familiaux, et se penche sur la façon imparfaite dont il a exprimé son amour au fil des ans.
Bestseller international profondément émouvant, gagnant du Prix du livre de l’année en Suède, Les grues volent vers le sud est le récit d’une dernière réconciliation. Lisa Ridzén célèbre la beauté des lumières du crépuscule avec une œuvre irrésistible, traduite dans plus de quarante langues.
Lisa Ridzén
Lisa Ridzén est née en 1988 en Suède. Elle est doctorante en sociologie et étudie les normes de la masculinité dans les communautés rurales du Norrland, région où elle vit. Plusieurs fois primé, Les grues volent vers le sud est son premier roman.
Source : La peuplade
Mon avis
Bo a 89 ans, il vit seul avec son chien Sixten dans sa maison d'un petit village du Nord de la Suède depuis que Fredrika sa femme est placée dans une institution pour démence. Une équipe d'aides- soignantes merveilleuses se relaient pour prendre soin de lui. Hans, son fils passe régulièrement, il pense que Bo n'est plus capable de s'occuper de son chien et veut lui trouver une autre famille.
C'est un cataclysme qui se produit dans la tête de Bo à cette annonce. On va vivre son quotidien, ressentir avec lui ses sentiments. Lisa Ridzen dans ce premier roman magnifique nous fait ressentir avec beaucoup d'émotions les ressentis de Bo, on entre dans sa tête, dans ses pensées, ses souvenirs intérieurs, sa vie d'époux, l'amour profond pour sa femme, sa vie de père, cet enfermement dans ce corps, dans sa tête que par pudeur la vieillesse lui empêche de partager, comme une incapacité de faire, de dire l'amour qu'il porte à son fils. Il ne veut pas reproduire la relation vécue avec son père, il sait que son fils l'aime et veut le lui dire mais c'est difficile. Il s'interroge aussi au basculement de changement de rôle lorsque ce n'est plus le père qui prend soin du fils mais l'inverse.
Un roman qui parle aussi de l'amitié envers son ami Ture, son chien Sixten, et puis un questionnement aussi sur les limites du système pour vieillir bien, de merveilleux aides-soignants se relaient pour permettre à Bo de rester chez lui, l'attachante Ingrid qui fait ce travail avec empathie, amour et respect.
Ce qui bouleverse ici c'est l'humanité dans l'écriture. C'est d'une justesse incroyable. C'est beau, maîtrisé et cela m'a vraiment bouleversé au plus profond de mon être.
Coup de cœur à découvrir d'urgence.
Les jolies phrases
Je lui en veux toujours de vouloir contrôler ma vie, mais en même temps, je veux pas qu'il me lâche.
Je peux presque toujours me réfugier dans le sommeil. Là, les choses sont encore comme elles doivent être, j'y ai encore mon mot à dire.
Le temps et les souvenirs forment une bouillie informe et il arrive que les premières années passées avec toi me semblent plus proches que la semaine dernière. Mes anciens professeurs et mes camarades de classe me rendent visite et les souvenirs que j'ai refoulés refont surface.
Je contemple notre fils de cinquante-sept ans. Il n'y a rien de comparable à ça. Elever un être humain. Personne ne nous avait prévenus avant que tu tombes enceinte. Que ça allait être aussi difficile que ça. Comment est-ce que quelque chose d'aussi naturel que d'avoir un enfant peut-il être si compliqué ?
Je caresse la tête de Sixten et je pense à l'accord que j'ai passé avec moi-même. Que je voulais tout régler avant que ce soit mon tour. Que je ne voulais pas qu'il reste de tensions entre nous avant la fin. Je ne veux pas qu'il ait à ruminer sur ceci ou cela.
Je ne sais pas quand c'est arrivé, mais nos rôles ont été inversés. Bien que son corps n'ait jamais été aussi imposant et musclé que le mien l'a été, il est celui qui détient l'autorité désormais. Celui qui décide de ma vie. C'est moi qui suis la raison de son existence, et pourtant je suis celui qui doit se soumettre. Qui dépend de ses décisions. C'est lui qu'on écoute, pas moi.
On en a souvent parlé, du fait qu'on ne veut pas qu'ils nous gardent en vie quand on n'en aura plus de vie.
















