mardi 30 juin 2026

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire





La rentrée littéraire s'invite dans ma PAL, je commence avec Gallimard 

Je -  Liliane Hassaine















Gallimard
La Blanche
Parution : 20/08/26
Pages : 256
Isbn : 32601000048280
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

« — Que savez-vous de la beauté, Antoinette ?
Il se tourna vers moi, suspendu à ma réponse.
— Pas grand-chose. Mais je sais la reconnaître quand elle est là.
— Eh bien moi, chaque fois que je la vois, elle me blesse.
Quand je vois votre visage, par exemple, quelque chose en moi se trouve comme ébranlé. »

Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s’éprend d’Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau.
Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire.
JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s’est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée.

Très envie de découvrir le livre de Pierre Adrian

Le pays des étés -  Pierre Adrian


















Gallimard
La Blanche
Parution : 13/08/26
Pages : 190
Isbn : 9782073140920
Prix : 19 €



Présentation de l'éditeur

« Ce pays était celui de mon bonheur. Ce sentiment se passait d’explication ; c’était une intuition, un consentement, et la survivance des jours heureux de l’enfance quand, allongé sur la pelouse grasse encore trempée de rosée, j’écoutais le bruissement du vent dans les arbres. Prêt à pleurer, j’avais déjà le cœur serré devant une joie si facile. J’appris plus tard, en apprivoisant l’absence, que les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin. Ils réparent, et la mer où qu’elle soit console. La mer console toujours. »

Alors que sa grand-mère vient de mourir, le narrateur retrouve sa famille dans la maison bretonne de son enfance. Peu après, celle-ci est mise en vente. Entre sentiment de dépossession et trouble provoqué par les nouveaux occupants, une menace plane désormais sur le pays des étés…
Après le succès de Que reviennent ceux qui sont loin, Pierre Adrian signe un roman d’une beauté déchirante sur les lieux qui nous habitent et les souvenirs qui nous font.

En littérature étrangère j'ai repéré 

Baignade interdite  -  Laura Kasischke




















Gallimard
Du monde entier
Parution : 27/08/26
Trad. de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy
Pages : 322
Isbn : 9782072977626
Prix : 23 €


Présentation de l'éditeur

Qui à Mission Hills pourrait oublier le 16 juillet 1969 ? Le matin, tous les regards étaient médusés par les premières images d’une fusée décollant vers la Lune. L’après-midi, le petit Richie Manning se noyait dans la nouvelle piscine bleu lagon du quartier, bondée en cette journée si chaude. Une maître-nageuse était pourtant présente — une splendide étudiante, aux longs cheveux blonds et aux jambes parfaitement bronzées. Mais derrière ses lunettes de soleil, surveillait-elle vraiment la baignade ?
De ce jour tragique qui fait chavirer une famille et toute une communauté, Laura Kasischke scrute chaque recoin, sans relâche, pour en saisir toutes les failles. Elle plonge également dans les destins des témoins clés, qui se trouvent heurtés, par ricochet. Baignade surveillée, lecture vertigineuse, signe le retour époustouflant de l’immense écrivaine américaine.

Dans la collection Verticales, un premier roman

Humain   -  Sam Bouffandeau



















Gallimard
Verticales
Parution : 20 août 26
Pages : 176
ISBN :
9782073158895
Prix : 19 €

Présentation  de l'éditeur

« J’étais venu à Humain et j’avais demandé à un homme où se trouvait le crématorium. Il m’avait répondu Il n’y a pas d’aquarium ici et cela avait été comme si le mot crématorium n’existait pas. Mon père m’avait donné le nom du mauvais village. J’étais resté immobile quelques minutes à regarder devant moi et je m’étais demandé à quoi pouvait bien ressembler une cérémonie dans un aquarium. Les gens ne se rendraient pas au cimetière mais ils iraient voir les poissons nager. »

Sam Bouffandeau brouille le regard de son personnage sur sa parenté, son passé et son présent, comme si Humain, au-delà de brutales révélations, nous disait que le flou est un moment du vrai.

Dans la collection L'Arbalète

Choses que je croyais perdues  -  Clémentine Mélois




















Gallimard
L'arbalète
Parution : 20 août 26
Isbn : 9782073162854
Prix : 19 €


Présentation de l'éditeur

« Je voulais te dire : sans le faire exprès, j’ai cassé le verre à moutarde Musclor que tu aimais bien. Le prince sous stéroïdes mal imprimé a perdu sa tête, mais il continue de flatter d’une main distraite l’encolure de son tigre vert de compagnie. Tu avais trouvé ce verre dans un vide-greniers où les gens vendaient pas cher de jolies choses. Après l’avoir regardé longtemps, avec intensité, tu l’avais négocié à deux euros. C’était un souvenir d’enfance et ta joie m’avait attendrie. Ça allait encore entre nous à ce moment-là, enfin je crois. »

Seule dans son appartement, une jeune femme emballe ses affaires. Demain, des déménageurs emporteront ces traces fragiles de son existence. Elle pense à l’homme dont elle vient de se séparer, et des histoires surgissent des objets qu’elle manipule. Une assiette au filet d’or, un ensemble H&M couleur poil de chameau, un rouleau de Sopalin : ces témoins d’une vie ordinaire ont autant à raconter qu’un trépidant roman d’aventures...
Que reste-t-il de ce que nous avons vécu ? De quelles légendes sommes-nous faits ? Les grandes amours comme les petits riens, les désillusions et les désirs sont au cœur de ce roman plein de surprises, à la fantaisie incomparable.

Chez Mercure de France

Après Mireille  -  Robin Josserand



















Mercure de France
La Bleue
Parution : 27/08/26
Pages : 160
Isbn : 9782715268579
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur

« Je scrutai une dernière fois le visage de mon arrière-grand-mère. J’aurais tant aimé lui accorder cette humanité qui m’a ému dans ses livres, faire apparaître des irisations de délicatesse, de bonté. J’ai entretenu l’espoir de pouvoir relativiser la colère de mon grand-père, de dessiller le regard sur son histoire, espérant qu’il ait involontairement laissé des pistes de côté. Mireille était une femme blessée. Une orpheline confiée à l’Assistance publique. Une survivante, réduite à l’état de bête. »

Pour brosser le portrait de son arrière-grand-mère Mireille, Robin Josserand dispose d’un témoin privilégié : Jean-Claude, son grand-père. Celui-ci a quatre ans et demi quand sa mère est arrêtée et déportée pour faits de résistance. À son retour, neuf mois plus tard, elle n’est plus la même, désormais incapable de prendre soin de ses enfants. Sa peine, elle l’écrira dans deux livres.
Fils mal aimé, Jean-Claude est devenu un homme meurtri. Grâce à de nombreuses conversations avec le narrateur il pourra enfin saisir toute la complexité de l’histoire de sa mère, esquissant le début d’un pardon.
Comment vivre après avoir connu les camps ? Roman familial aux entrées multiples, Après Mireille parle de mémoire et de transmission. Robin Josserand nous entraîne dans une enquête passionnante sur les traces de son aïeule.

Merci à Mélodie Ducoeur , je vais découvrir son nouveau roman

Et continuer à sauter dans les flaques - Mélodie Ducoeur



















Amazon
Parution : 18 juin 2026
Pages : 546
Isbn : 978-2958206963
Prix : 19.99 €

Présentation de l'éditeur



À 12 ans, Maxime a dû quitter le système scolaire traditionnel.

Trois ans plus tard, cet adolescent avec un TDAH se lance un défi fou.

Pendant sept mois, sa mère, romancière et éditrice, tient un journal de bord pour raconter cette aventure hors du commun, au fil des jours, sans savoir où elle les conduira.

Entre les doutes, les éclats de rire, les épreuves et les petites victoires qui finissent par changer une vie, elle témoigne avec sincérité du combat de son fils, mais aussi du sien. Car tandis que Maxime poursuit son rêve avec une détermination sans faille, elle doit apprendre à dompter ses propres peurs, ses incertitudes et ses rêves d'autrice.

Réussiront-ils à avancer malgré les obstacles, les tempêtes et les regards des autres ?

Page après page, ce récit nous rappelle que les plus belles victoires ne sont pas toujours celles que l'on croit... et que certains chemins, aussi difficiles soient-ils, méritent d'être empruntés jusqu'au bout.

Et continuer à sauter dans les flaques est un récit autobiographique profondément humain, où l'émotion côtoie l'humour, où les épreuves révèlent la force des liens, et où chaque page rappelle qu'il n'existe pas de rêve trop grand lorsque quelqu'un croit en vous.

Un témoignage sensible et inspirant sur la différence, la résilience et l'amour inconditionnel entre une mère et son fils.

Merci Sarah pour ces réceptions chez XO

Le café des rêves   -  Gavin's Clemente Ruiz




















XO
Parution : 07 mai 2026
Pages : 288
Isbn : 9782374489933
Prix : 20.90 €


Présentation de l'éditeur



Après un burn-out à Berlin, Inès, trentenaire à la vie jusque-là très « connectée », trouve refuge dans le sud de l’Espagne, chez sa grand-mère, Pilar, qu’elle n’a pas vue… depuis trop longtemps.

Dans ce coin de paradis chauffé par le soleil, le « café sans nom » – mais à l’âme si présente – bat au rythme des confidences et des rêves qui s’y croisent.

Autour des tables, Inès fait la connaissance de Luz, la voisine au food truck poétique, de Ruben, le patron aux doux silences, de Julia, la coiffeuse au cœur cabossé, et d’Alberto, ancien instituteur aux secrets bien gardés. Sans oublier le cercle des sorcières bien-aimées animé par Pilar – vieilles dames aussi fantasques que redoutablement lucides.

Entre tortillas bien grasses, olives pimentées, cartes postales pleines de vérités et rires qui font du bien, Inès découvre alors que, loin des ambitions et des illusions, il existe mille façons de vivre, d’aimer… et de rêver sous les figuiers.

Un roman gorgé de soleil qui nous rappelle qu’il y a toujours quelqu’un, parmi nos proches ou sur nos routes, pour nous tendre la main.

Tendre et poétique. Un bonheur de lecture.

On passe au rayon thriller avec Olivier Bal

Le piège  -  Olivier Bal




















XO
Parution : 23/04/26
Pages : 416
Isbn : 9782374489391
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur



« Tu n’auras nulle part où te cacher. Je serai là. Partout. »

Depuis dix ans, Harry Miller traque Frank Lombardo à travers les États-Unis.

Il le laisse disparaître. Changer de ville. Recommencer une vie.

Et puis, quand Frank croit enfin être libre, le piège se referme. Une nouvelle fois.

Pourquoi cet acharnement ?

Dans la guerre que se livrent ces deux hommes, une enquêtrice, Leah, est rongée par le doute.

Qui est le chasseur… qui est la proie ?

Et si le véritable piège n’était pas celui que l’on croit ?


Une plume à découvrir pour moi

Puzzle macabre  -  Nadine Mousselet





























XO
Parution : 7/05/26
Pages : 526
Isbn : 9782374489872
Prix : 20.90 €

Présentation de l'éditeur



Qui sera le vainqueur de ce jeu macabre ?

Dans un bois, près de Lille, un chasseur bute sur une jambe de femme portant un bas résille et un escarpin. Dans le même temps, un bras est découvert dans les poubelles d’une rue de la capitale du Nord. Puis une tête, ne « matchant » pas avec le bras et la jambe, est récupérée dans le canal de Furnes, à la frontière franco-belge.

Devant un tel carnage, les légistes font appel à la psycho-criminologue Laura Claes, dont le flair et le sens de l’observation impressionnent. Pour elle, pas de doute, des pièges sont tendus par un tueur froid et organisé.

Mais quelles sont ses motivations ? Là est la clé de l’enquête. Le temps est compté, le tueur s’emballe. Il n’hésite plus à provoquer Laura, qui a su le cerner. Qui sera le vainqueur de ce jeu macabre ?


On termine par deux numériques de la rentrée

Eskera au bord du monde -  Bérangère Cournut





























Le tripode
Parution : le 27 août 2026
Pages : 400
Isbn : 9782370555151
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur



Sur une grève battue par les vents, Eskera vit seule avec son ­­­­­grand-père. Au cœur des canaux maritimes de Patagonie, elle plonge pour cueillir des moules, ramasse des œufs dans les marais. Depuis la forêt escarpée elle guette l’arrivée de ses amis Yuras et Yasoep, dont les familles sont en perpétuelle migration. Jusqu’à ce qu’un jour, une vague immense vienne ravager ce monde. Arrachée au rivage qu’elle a toujours connu, Eskera est entraînée par les flots dans un voyage à travers le temps et l’histoire de ses ancêtres, nomades de la mer présents depuis des milliers d’années sur la pointe australe du continent.

Après les Hopis dans Née contente à Oraibi et les Inuits dans De pierre et d’os, c’est à la rencontre des Kawésqar que Bérengère Cournut nous emmène. Eskera au bord du monde raconte le destin d’une enfant-esprit pleine d’élan et de candeur, qui grandit en suivant les traces d’un peuple et d’un monde menacés d’effacement – et pourtant toujours vibrants.



L'illustration de couverture a été réalisée par Carla Richard.

Hâte de découvrir le nouveau Lize Spit

Autobiographie de mon corps - Lize Spit




















Actes Sud
Parution : 26/08/26
Traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif
Pages : 384
Isbn : 9782330224851
Prix : 23 €


Présentation de l'éditeur

À l’annonce de la maladie incurable de sa mère, Lize Spit entreprend un dernier rapprochement. Jamais trouver les mots n’aura été aussi difficile, jamais trouver les mots n’aura été aussi nécessaire. Autobiographie de mon corps est une mise à nu d’une honnêteté brutale et bouleversante : celle d’une fille qui cherche à comprendre non seulement la relation complexe qui la lie à sa mère, mais aussi le rapport troublé qu’elle entretient avec son propre corps. Ce qui pourrait n’être qu’un récit intimiste devient une quête exploratoire à la portée universelle : celle de notre rapport aux parents, de l’empreinte de leurs failles et des dynamiques familiales dans notre construction. Un récit qui redéfinit le genre autobiographique en le poussant vers une vérité brute et sans concession.

On termine en beauté avec le nouveau roman de mon compatriote Thomas Gunzig

Spectres  - Thomas Gunzig




















Au diable Vauvert
Parution : 20/08/26
Pages : 396
Isbn : 979-1030707359
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur



« Ce que l’on voyait du Plan dimensionnel secondaire, c’était un paysage. Un paysage étrange et calme. Un ciel d’un noir parfait, immaculé, sans étoiles ni corps célestes. Le sol semblait constitué de structures rectangulaires s’accumulant les unes sur les autres comme l’auraient fait des feuilles mortes en automne. Jusqu’à l’horizon, ou ce qui faisait office d’horizon, il n’y avait rien d’autre qu’un relief légèrement vallonné évoquant la houle sur un océan calme. »

Lorsqu’une physicienne découvre l’accès à une dimension parallèle, il faut peu de temps au capitalisme pour s’en emparer. On y construit des bases. On fore. On détruit. L’objectif ? Exploiter ce qui fut pendant longtemps le plus grand mystère de l’être humain.

« Je voulais un roman sur la folie, l’avidité, l’amour au milieu du désespoir, la magie dont est capable la science, la curiosité sans limite, la nature du hasard et la relativité générale. Et surtout, je voulais que tout cela devienne une aventure qui m’emporte avec, à l’intérieur, des personnages qui seraient comme des amis. » Thomas Gunzig



Belles lectures !

samedi 27 juin 2026

Kaya - Lily H. Tuzroyluke ♥♥♥♥♥

 Kaya -  Lily H. Tuzroyluke






















Seuil
Traduit de l'anglais (USA) par Claire Desserrey
Pages : 352
Parution : 7 mai 26
Isbn : 978-2021566604
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur

Une extraordinaire odyssée dans le Grand Nord arctique. Alaska, printemps 1893. Une épidémie de variole décime les populations autochtones. La sœur de Kaya vient de succomber à son tour ; la jeune Inupiaq et ses trois enfants sont désormais les seuls survivants de leur village. Alors qu’ils campent près de la banquise, sa petite fille de cinq ans, Samaruna, est enlevée par des baleiniers américains. Kaya et ses fils se lancent dans une poursuite désespérée à travers les immensités glacées, affrontant la faim, les tempêtes et la débâcle des fleuves. Leur quête les mènera jusqu’au port de Herschel, où se rassemblent tous les équipages. Puissant cri de révolte mais aussi formidable déclaration d’amour à l’Alaska, à ses peuples et à leurs mythologies, ce roman est le premier récit inupiaq à s’inscrire, enfin, dans la mythique littérature du Grand Nord. Lily H. Tuzroyluke a fait ses études à l’Université de l’Alaska, à Fairbanks, et a travaillé au sein du gouvernement tribal de sa communauté. Elle vit aujourd’hui à Anchorage. Kaya est son premier roman. « Lily H. Tuzroyluke brûle d’une passion farouche pour son peuple et sa terre. » Publisher’s Weekly Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Claire Desserrey.

Mon avis

Il y a des livres, allez savoir pourquoi, qui vous attirent et vous disent "lisez-moi".  C'est le cas de ce livre-ci, tout d'abord une couverture magnifique qui nous propose une immersion dans le Grand Nord.  Je suis sortie de ma zone de confort et je peux vous dire que c'est un éblouissement ce premier roman, une petite merveille que je garderais longtemps en mémoire.  J'ai pensé à l'univers de Bérengère Cournut avec "De pierre et d'os".

Alaska, printemps 1893, Kaya est une jeune mère de trois enfants,  elle vient d'enterrer sa sœur, son mari et une partie de sa famille décimée par l'épidémie de variole.   Elle quitte son village avec ses enfants affamés, son traineau et ses chiens.  Objectif le Nord, dans l'espoir de retrouver d'autres survivants de sa tribu, les Inupiaqs.   

Alors qu'ils campaient près de la banquise, Samaruna, sa fille âgée de 5 ans est enlevée par des baleiniers.  Commence alors une course contre la montre, elle n'a qu'un seul objectif, récupérer sa fille, suivre les baleiniers jusqu'à Herschel avant que les équipages ne prennent le large.  Elle va faire de belles rencontres qui vont l'aider à atteindre son objectif.  

En parallèle, on suit Ibai, un jeune noir qui fait sa première campagne sur un baleinier américain. On alterne entre le récit de Kaya et celui d'Ibai qui nous permet de vivre de l'intérieur les conditions sur les baleiniers et son désenchantement concernant ce travail.


Immersion complète dans la culture, le savoir et les traditions du peuple Inupiaq.  On découvre ce peuple magnifique, sa façon de vivre, la rudesse des conditions de vie du peuple.  On ressent le froid, le vent, l'immensité de la nature et de ses magnifiques paysages arctiques, un peuple autochtone décimé par la maladie.   J'ai aimé la rigueur historique et la vision et les conséquences de l'industrie baleinière à l'époque.  On assiste à l'effondrement d'un monde.

L'écriture est magnifique, immersive.  Les paysages incarnés.  Le livre se dévore.  Une plume à suivre.

Une merveille je vous dis; à découvrir au plus vite.

Un gros coup de ♥

Les jolies phrases

Les enfants ... C'est difficile de les inciter à faire quelque chose, mais une fois qu'ils ont commencé, ils se donnent à fond. 

Chasser la baleine revient en vérité à garnir les coffres en banque des riches Blancs qui possèdent le monde. 

La peur rend fort, elle aiguise les sens. 

Je ne sais rien, et l'incertitude me ronge au point que j'ai mal, que je pleure, que je me tors de douleur, que je me raidis tellement c'est un supplice.

Un blanc qui construit une bicoque est ingénieux et plein d'imagination ; si c'est un noir ou un immigrant, il est paresseux ou criminel. Le monde dans lequel nous vivons est biaisé.

Moi aussi, je veux que mes fils voient ce territoire où ils vivront heureux et en paix, profitant de ce que la terre a à offrir.  Le rêve d'une mère. 

L'amour maternel ne peut se comparer à aucune forme d'amour, de compassion ou de joie. 

mercredi 24 juin 2026

Les grues volent vers le sud - Lisa Ridzén ♥♥♥♥♥

 Les grues volent vers le sud  -  Lisa Ridzén  ♥♥♥♥♥














La peuplade
Parution : 07 mai 2026
Traduit du suédois par Catherine Renaud
Pages : 432
Isbn : 978-2-925416-89-0
Prix : 23 €
Prix du livre de l’année en Suède, 2025
Prix Norrland Culture, 2025
Prix Adlibris (Meilleur livre de fiction et meilleur premier roman), 2024


Présentation de l'éditeur



Bo n’a plus beaucoup de temps devant lui. À quatre-vingt-neuf ans, il vit isolé dans un village suédois et sa santé décline rapidement. Sa solitude n’est troublée que par le va-et-vient de ses aides à domicile. Parmi les rares choses qui lui restent, il y a les appels à son meilleur ami et la fidèle compagnie de Sixten, son gros chien auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Bo aime s’endormir avec lui, sa main enfouie dans l’épais pelage. Quand son fils juge qu’il ne peut plus s’occuper d’un tel animal, l’orgueilleux Bo plonge dans un tourbillon d’émotions. Père et fils n’ont jamais su communiquer. Comment dire aujourd’hui ce qui compte vraiment? Bo dresse le bilan de sa vie, de ses liens familiaux, et se penche sur la façon imparfaite dont il a exprimé son amour au fil des ans.



Bestseller international profondément émouvant, gagnant du Prix du livre de l’année en Suède, Les grues volent vers le sud est le récit d’une dernière réconciliation. Lisa Ridzén célèbre la beauté des lumières du crépuscule avec une œuvre irrésistible, traduite dans plus de quarante langues.

Lisa Ridzén

Lisa Ridzén est née en 1988 en Suède. Elle est doctorante en sociologie et étudie les normes de la masculinité dans les communautés rurales du Norrland, région où elle vit. Plusieurs fois primé, Les grues volent vers le sud est son premier roman.

Source : La peuplade



















Mon avis

Bo a 89 ans, il vit seul avec son chien Sixten dans sa maison d'un petit village du Nord de la Suède depuis que Fredrika sa femme est placée dans une institution pour démence.  Une équipe d'aides- soignantes merveilleuses se relaient pour prendre soin de lui.   Hans, son fils passe régulièrement, il pense que Bo n'est plus capable de s'occuper de son chien et veut lui trouver une autre famille.

C'est un cataclysme qui se produit dans la tête de Bo à cette annonce.  On va vivre son quotidien, ressentir avec lui ses sentiments.  Lisa Ridzen dans ce premier roman magnifique nous fait ressentir avec beaucoup d'émotions les ressentis de Bo, on entre dans sa tête, dans ses pensées, ses souvenirs intérieurs, sa vie d'époux, l'amour profond pour sa femme, sa vie de père, cet enfermement dans ce corps, dans sa tête que par pudeur la vieillesse lui empêche de partager, comme une incapacité de faire, de dire l'amour qu'il porte à son fils.  Il ne veut pas reproduire la relation vécue avec son père, il sait que son fils l'aime et veut le lui dire mais c'est difficile.  Il s'interroge aussi au basculement de changement de rôle lorsque ce n'est plus le père qui prend soin du fils mais l'inverse.

Un roman qui parle aussi de l'amitié envers son ami Ture, son chien Sixten, et puis un questionnement aussi sur les limites du système pour vieillir bien, de merveilleux aides-soignants se relaient pour permettre à Bo de rester chez lui, l'attachante Ingrid qui fait ce travail avec empathie, amour et respect.

Ce qui bouleverse ici c'est l'humanité dans l'écriture.  C'est d'une justesse incroyable.  C'est beau, maîtrisé et cela m'a vraiment bouleversé au plus profond de mon être.


Coup de cœur à découvrir d'urgence.


Les jolies phrases

Je lui en veux toujours de vouloir contrôler ma vie, mais en même temps, je veux pas qu'il me lâche. 

Je peux presque toujours me réfugier dans le sommeil.  Là, les choses sont encore comme elles doivent être, j'y ai encore mon mot à dire. 

Le temps et les souvenirs forment une bouillie informe et il arrive que les premières années passées avec toi me semblent plus proches que la semaine dernière.  Mes anciens professeurs et mes camarades de classe me rendent visite et les souvenirs que j'ai refoulés refont surface.  

Je suppose qu'il fait référence à ta mémoire et je suis d'accord avec lui. C'est bizarre tout ce qui a disparu en toi. Toute notre vie. Mais je m'imagine qu'il doit encore rester quelque chose. Des souvenirs qui refont surface dans tes rêves. Des images qui défilent parfois devant tes yeux quand tu regardes par la fenêtre. Peut-être que je me dis ça pour que ce ne soit pas trop douloureux.

Je contemple notre fils de cinquante-sept ans.  Il n'y a rien de comparable à ça.  Elever un être humain.  Personne ne nous avait prévenus avant que tu tombes enceinte.  Que ça allait être aussi difficile que ça.  Comment est-ce que quelque chose d'aussi naturel que d'avoir un enfant peut-il être si compliqué ?
Je caresse la tête de Sixten et je pense à l'accord que j'ai passé avec moi-même.  Que je voulais tout régler avant que ce soit mon tour.  Que je ne voulais pas qu'il reste de tensions entre nous avant la fin.  Je ne veux pas qu'il ait à ruminer sur ceci ou cela.  

Je ne sais pas quand c'est arrivé, mais nos rôles ont été inversés.  Bien que son corps n'ait jamais été aussi imposant et musclé que le mien l'a été, il est celui qui détient l'autorité désormais.  Celui qui décide de ma vie.  C'est moi qui suis la raison de son existence, et pourtant je suis celui qui doit se soumettre.  Qui dépend de ses décisions.  C'est lui qu'on écoute, pas moi. 

On en a souvent parlé, du fait qu'on ne veut pas qu'ils nous gardent en vie quand on n'en aura plus de vie. 

jeudi 18 juin 2026

Lalie en l'air - Anne-Sophie Kalbfleisch ♥♥♥♥♥

 Lalie en l'air   -  Anne-Sophie Kalbfleisch   ♥♥♥♥♥
















Rouergue
La Brune
Parution : avril 2026
Pages : 128
Isbn : 978-2-8126-2829-0
Prix : 18.00 €

Présentation de l'éditeur

Lalie n’est qu’une enfant. Et si elle dérive bien souvent de rue en rue, dans le quartier de l’Ancien Canal, c’est que ses parents travaillent et que ni sa grande sœur ni son grand frère ne veulent s’encombrer d’une gosse.
Un jour, elle entre dans le jardin d’un homme qui s’exprime avec un drôle d’accent.
Sa meilleure amie Sophie a beau lui dire que les hommes sont dangereux, Lalie ne peut renoncer à ses échappées auprès de Mark. Là où, enfin, quelqu’un prend le temps de s’intéresser à elle. Et puis elle ne lit pas les journaux, lesquels ne parlent plus que des petites filles qui disparaissent dans le pays, semant la peur et le désarroi.
Avec ce roman pudique et tendre, Anne-Sophie Kalbfleisch raconte par petites touches une amitié sous le sceau de l’interdit au milieu des années 1990, lorsque des crimes inouïs ont changé la Belgique.


Anne-Sophie Kalbfleisch


Née en 1988 à Bruxelles, Anne-Sophie Kalbfleisch est enseignante en physique. Elle a participé en tant que commandante à une simulation de mission sur Mars dans le désert de l’Utah. Cette expérience lui a inspiré ce récit ancré dans l’Amérique profonde, ses ambiguïtés et ses inégalités. En 2015, elle a été lauréate du Prix du Jeune Écrivain pour sa nouvelle « Un ours, et d’autres évidences ». En 2024 paraît son premier roman, Eureka dans la nuit, aux Editions du Rouergue.

source : Rouergue









Mon avis

Après "Eureka dans la nuit" qui était magistral, Anne-Sophie Kalbfleish nous revient avec brio pour ce deuxième roman d'un genre totalement différent, une véritable pépite à lire absolument.

Un roman court mais dense qui nous raconte une amitié merveilleuse dans un contexte difficile.  Nous sommes en 1994 à La Louvière en Belgique lorsque le roman commence à l'époque de l'affaire Dutroux qui aujourd'hui encore a laissé des traces.
Lalie est une enfant vive et solitaire souvent livrée à elle-même, son père rentre tard du resto où il travaille, sa mère est débordée par son travail et son père à gérer.  Nicolas et Justine, frère et sœur plus âgés ont d'autres priorités.  Du coup Lalie se promène seule au bord du canal et un jour découvre la maison de Mark, un flamand, jardinier discret vivant là depuis quelques années.  Mark était prof de bio à l'université, il est doux, attentif et connait plein de choses sur les oiseaux.  Lalie y trouve un père, un ami, elle se sent écoutée au centre des attentions chez lui.  Une amitié est née, Monsieur Mark va l'aider pour l'école, lui transmettre son savoir, Lalie sourit enfin. 

Mais nous sommes dans les années de disparition des fillettes, de l'affaire Dutroux et les regards suspicieux vont changer la vision des choses. Mais pourquoi un prof d'unif se retrouve ici comme jardinier, les rumeurs vont bon train et on a vite fait de faire un amalgame, de déformer les choses.

L'originalité du récit réside dans l'écriture, l'usage du "tu" pour Lalie nous donne un regard à hauteur d'enfant mais on a aussi d'autres points de vue, celui de son amie Sophie qui rêve de devenir détective, celui des adultes, des voisins. 

L'écriture est tout en délicatesse, poétique.  La tension grimpe au fil du récit, c'est somptueux.  Le récit nous replonge à l'époque et nous interroge sur la vision que l'on peut avoir en fonction du contexte social et des traces du passé.

Bravo Anne-Sophie et merci pour ce magnifique récit, un immense coup de cœur à découvrir au plus vite.

Les jolies phrases

Un homme, c'est un garçon adulte, ça cumule les défauts des deux. 

Tu te demandes si être enfant n’est pas la chose la plus dangereuse au monde, il suffit d’un adulte, un seul…

Tu penses à cet immense noisetier sur le chemin de l'école, à quelques rues de chez toi. Quand en automne tu passais par-là, tu ne voyais jamais de noisettes sur le trottoir, ou à peine les week-ends de grand vent. Mais cet automne, depuis les dernières disparitions, tu as vu le trottoir se couvrir de noisettes. Des tas et des tas de noisettes, que les écoliers ne ramassent plus. Parce qu'à présent les parents accompagnent ou déposent leurs enfants à l'école, parce que ceux-ci n'ont plus l'occasion de marauder, parce que : on a peur. C'est cela, que raconte le noisetier. La peur.

Au contraire des romans policiers, qui tendent à dissiper le mystère, le monde réel ne fait que l'épaissir.





mardi 16 juin 2026

D'elle à moi - Lucy Sante

 D'elle à moi   -   Lucy Sante














Phébus
Traduit de l'anglais par Eric Reyes Roher
Parution : 05-03-26
Pages : 208
Isbn : 9782752915467
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur



« Je ne suis pas une écrivaine trans. Je suis une écrivaine qui est trans. »

Début 2021, Luc Sante envoie à son cercle d'amis un mail bouleversant : à 67 ans, il s'apprête à devenir Lucy, en ajoutant une lettre à son nom.

Sante s'est longtemps sentie déplacée : enfant unique de parents catholiques et ouvriers, née en Belgique, elle émigre très tôt aux États-Unis avec sa famille, puis s'installe à New York où elle fréquente la scène artistique du début des années 1970. Elle se lie d'amitié avec des figures entrées dans la légende : Nan Goldin, Jean-Michel Basquiat, Jim Jarmusch et Martin Scorsese, qui s’inspirera de son œuvre pour réaliser Gangs of New York. Lorsque Sante reconnaît enfin sa véritable identité de genre, réprimée pendant plus de soixante ans, cette révélation bouleverse tout et, avec une honnêteté désarmante, elle retrace les moments où cette conscience souterraine a orienté sa vie. Car c’est bien là, dans l’écriture et le récit de soi, que tout prend sens.

Un témoignage dépassionné et dédramatisé, qui ne cesse jamais de surprendre son lecteur, accueilli avec ses doutes et accompagné hors de ses préjugés.


Lucy Sante

Artiste, autrice et critique reconnue, spécialiste des marges et des contre-cultures, Lucy Sante a longtemps collaboré avec The New Yorker ou The New York Review of Books, et enseigné l'histoire de la photographie au Bard College. Plusieurs de ses livre ont déjà été publiés en France, notamment L’Effet des faits chez Actes Sud, Dope(s) ou My lost City chez Inculte.

source  Phébus









Photo : Jem Cohen  



Mon avis

Merci à Jérôme Colin et à la RTBF d'avoir invité Lucy Sante dans son émission "Entrez sans frapper" , c'est ce qui m'a donné l'envie de découvrir ce livre passionnant. (Le podcast est ici )

C'est un récit de vie, un témoignage très émouvant, celui de Lucy Sante, une écrivaine qui est trans.  On voyage dans le temps, sans chronologie dans son histoire, dans son ressenti, ses émotions.

Lucy est née à Verviers le 22 mai 1954 dans une famille ouvrière qui a subi de plein fouet la crise industrielle de la région, une mère catholique, dure, intransigeante.  La perte d'un enfant Marie-Luce, un an et un jour avant l'arrivée de Luc Marie ! La famille fera plusieurs aller-retours vers les Etats-Unis pour s'y installer au final.  Lucy vivra dans la région de New-York dans les années 70 et fréquentera de grands noms du monde artistique : Basquiat, Nan Goldin, Jim Jarmusch et Martin Scorsese.  Elle évoluera dans le monde de la musique et deviendra une écrivaine reconnue sous le nom de Luc Sante.

A 67 ans après avoir construit une vie, une famille, une réputation, il y aura une prise de conscience de ce qu'elle a toujours refoulé en elle et pourtant présent depuis son enfance, Luc deviendra Lucy car elle est femme !   C'est l'application Face App qui ouvre une porte sur son inconscient, en y glissant des photos, elle se voit enfin en femme, ce qu'elle a toujours été au fond d'elle-même.

Alors tout s'éclaire, une lettre à ses amis pour leur révéler sa vraie nature de femme, à 67 ans c'est évident et c'est vital, nécessaire, une question de survie, elle doit transitionner pour enfin être elle-même.  

Elle nous raconte cette décision difficile mais essentielle, son rapport au corps, au regard des autres.  C'est un récit intime écrit de manière fluide et agréable avec une sensibilité et une sincérité rare qui touche. 

A l'heure où beaucoup ne comprenne pas la transidentité, la réfute, la condamne, il est vraiment INDISPENSABLE de lire ce magnifique récit  pour permettre la tolérance, l'écoute et permettre à ceux et celles qui ne sont pas né.es dans le bon corps d'enfin être soi et trouver la paix. 

Merci Lucy pour votre témoignage que je recommande à tous.tes. 


Ma note : 9.5/10


Les jolies phrases

Je ne suis pas une écrivaine trans. Je suis une écrivaine qui est trans.

La perspective d'une transition est à la fois séduisante et terrifiante.

Le vent de tolérance qui souffle aujourd'hui, celui-là même qui a permis mon envol, ne fera-t-il pas dire à certains que je cède à un effet de mode, histoire, peut-être de rester dans le coup ? 

C'est un choix difficile, qui a le pouvoir de chambouler ma vie de fond en comble.  Ne vais-je pas détruire des choses essentielles au passage ?  

J'ignore pourquoi je suis, je sais néanmoins que mon désir d'être une femme est si fort que je ne peux l'exprimer par des mots.  Il est tellement plus fort que moi qu'il semble venir du dehors.

J'étais sûre de moi et paralysée par le doute, sans peur et facilement effrayée, euphorique et susceptible de m'effondrer subitement.

L'identité n'est-elle pas une construction au bout du compte ?

J'accepte ce que je suis et ma destinée, à présent que j'ai conquis mon identité.  Je ne la déteste plus, ne m'excuse plus d'être qui je suis.  Je marche la tête haute.