Zéro déchet - Fabienne et Manuel Capouet
Parution : 09/09/25
Pages : 244
Isbn : 9782806138989
Prix : 21 €
Présentation de l'éditeur
Alors qu’il célèbre l’inauguration de sa nouvelle invention, un composteur capable de recycler n’importe quel déchet, Dumont voit sa carrière menacée par l’arrivée de la nouvelle directrice des ressources humaines. Mis sous pression, il cède à un accès de rage aux conséquences fatales.
Dumont échappera t-il aux interrogatoires musclés menés par l’inspecteur Vansteenkiste et son robot obsessionnel compulsif ?
Embarquez dans ce récit jubilatoire dézinguant l’intelligence artificielle, les dérives du management ou la psychologie positive, et plongez dans la personnalité complexe d’un personnage qui, à défaut d’adhérer à une modernité qu’il ne comprend plus, tente surtout de renouer avec lui-même.
Manuel Capouet
Zéro déchet est son deuxième roman.
Fabienne Capouet
Fabienne est professeur de français langue-étrangère.
Mon avis
Être au monde, c'est être égoïste.
Le professeur Dumont est le chef du département d'études des insectes à l'université de Bruxelles. C'est un sacré personnage, un génie qui vient de créer un immense composteur capable de recycler n'importe quel déchet et d'en digérer une tonne. Jusqu'ici il était le seul maître dans sa faculté, il y exerçait un contrôle absolu, c'est qu'il faut pas trop le déranger, le professeur Dumont, lui le misanthrope, il aime avoir le dernier mot.
Tout aurait dû bien se passer lors de l'inauguration mais la Sauterelle - entendez par là, la nouvelle jeune DRH - avec ses nouvelles méthodes managériales, lui a fait péter les plombs, et il a commis l'irréparable, un meurtre !
Faut dire qu'il avait l'habitude d'en faire à sa guise, le professeur Dumont, et qu'il est colérique, faut pas le chercher, ce solitaire vivant le plus souvent à l'hôtel en compagnie tarifée nous raconte ce récit jubilatoire où l'intelligence artificielle, les méthodes managériales nouvelles, coopératives, de pensées positives en prennent pour leur grade.
On y rencontrera L'inspecteur Vansteenkiste et son super flic robot, Oléan.
Cela commence comme une enquête policière mais détrompez-vous, en réalité c'est aussi la psychologie des personnages qui est mise en avant. On entre dans la tête de Dumont qui partage avec nous ses pensées, ses ressentis sur l'évolution des technologies, la déshumanisation des ressources humaines, les méthodes de management et sa vision de la société.
Un personnage à la fois exécrable et en même temps attachant.
La particularité de ce roman c'est qu'il a été écrit à quatre mains, un duo, de la plume de Manuel Capouet, chimiste de formation et écrivain et de sa sœur Fabienne, romaniste qui prend la plume pour la première fois.
Ma note : 7.5/10
Les jolies phrases
On ne le rappelle pas assez, mais les ressources humaines restent l'énergie la plus renouvelable qui soit, et elle peut même s'avérer bon marché dans de telles conditions.
Peut-être étais-je arrivé à un point critique. L'ou ou l'autre soupçon allait germer comme une pustule. Dès l'apparition de bourgeons de mauvais augure, les "choses" pouvaient évoluer très vite, comme disait l'oncologue. Mon cancer à moi, c'était la vérité. Le jour où elle éclaterait, je serais en phase terminale? Si je supposais la rémission encore possible à ce stade, encore fallait-il savoir comment traiter la maladie... La fuite ? Cela reviendrait à un aveu...
Au fond, je devrais accepter mes paradoxes. Peut-être que j'avais une place parmi les gens, comme ces insectes qu'on qualifiait de nuisibles et qui étaient pourtant bien utiles. Je n'avais aucune pathologie, juste un léger déphasage.
L'affection, c'est comme une fougère, ça pousse sournoisement et soudain on a le cœur envahi de rhizomes.
« Imaginons que nous disposions tous d’une application qui nous permette de tuer en ligne. Nous entrons le nom d’un type, nous le mettons dans le panier, nous décidons d’un jour, d’une heure et hop ! Au moment voulu, le gars est vidé du panier. Il décède d’une crise cardiaque, d’un accident de la route ou de toute autre broutille statistiquement plausible. Pas de scie à métaux, ni de congélateur. Tout se passe loin de nous. Nous aurions tous quelques noms en tête. Il y a quand même sur terre de fameux salauds qui ont suffisamment sévi. On commence par les dictateurs, c’est facile, tout le monde sera content. Après, ça se complique car il faut prendre ses responsabilités, comme on dit. Admettons qu’un petit algorithme nous aide à évaluer si la future victime mérite d’y passer. On examine son historique d’activités. Si la balance penche un peu trop du côté obscur, dommage pour le bonhomme, sinon il est gracié (temporairement). Imaginons que nous ayons chacun droit à cinq commandes par an, sans possibilité d’annuler un achat, que celui-ci soit mûrement réfléchi ou décidé sur un coup de tête. À combien estimerait-on la démographie après quelques années ? Combien de morts pour de petites jalousies ? À partir de quel âge, de quel statut social ou de quel niveau hiérarchique, un type a-t-il une chance de se retrouver dans le panier ?”
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« Imaginons que nous disposions tous d’une application qui nous permette de tuer en ligne. Nous entrons le nom d’un type, nous le mettons dans le panier, nous décidons d’un jour, d’une heure et hop ! Au moment voulu, le gars est vidé du panier. Il décède d’une crise cardiaque, d’un accident de la route ou de toute autre broutille statistiquement plausible. Pas de scie à métaux, ni de congélateur. Tout se passe loin de nous. Nous aurions tous quelques noms en tête. Il y a quand même sur terre de fameux salauds qui ont suffisamment sévi. On commence par les dictateurs, c’est facile, tout le monde sera content. Après, ça se complique car il faut prendre ses responsabilités, comme on dit. Admettons qu’un petit algorithme nous aide à évaluer si la future victime mérite d’y passer. On examine son historique d’activités. Si la balance penche un peu trop du côté obscur, dommage pour le bonhomme, sinon il est gracié (temporairement). Imaginons que nous ayons chacun droit à cinq commandes par an, sans possibilité d’annuler un achat, que celui-ci soit mûrement réfléchi ou décidé sur un coup de tête. À combien estimerait-on la démographie après quelques années ? Combien de morts pour de petites jalousies ? À partir de quel âge, de quel statut social ou de quel niveau hiérarchique, un type a-t-il une chance de se retrouver dans le panier ?”
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