samedi 1 août 2026

Les nuits blanches - Fiodor Dostoïevski

 Les nuits blanches   -  Fiodor Dostoïevski


















Actes Sud
Babel
Littérature étrangère
Classique
Parution : 17/09/25
Pages : 112
Traduit du russe par André Markowicz
Isbn : 9782330208684
Prix : 7.10 €



Présentation de l'éditeur

Un jeune homme solitaire et romanesque rencontre, une nuit, dans Pétersbourg désert, une jeune fille éplorée. Désespérée par un chagrin d’amour, Nastenka se laisse aller au fantasme du jeune homme, épris dès le premier instant, le berce – et se berce – dans l’illusion d’une flamme naissante…
La traduction d’André Markowicz tire de ce roman un parti stylistique étonnant. Discordante, ironique, la voix que l’on entend ici est bien celle du grand écrivain russe, qui n’a cessé sa vie durant de se battre, au nom de la vérité, contre l’élégance trompeuse, celle des mots et celle des sentiments.



Mon avis

Un petit classique et la découverte de la plume de Dostoievski.  Un livre lu dans le cadre d'une grande lecture commune à Rome le 17 juin dernier à 20h47 suite à l'appel d'Alessandro Baricco pour le mouvement "la tempête silencieuse".

Court roman, grande nouvelle qui nous plonge à Saint Petersbourg en 1848 à la rencontre d'un jeune homme solitaire rêveur.

Il observe les passants, aperçoit une jeune femme qui se fait aborder par un homme alcoolisé, il se porte à son secours. Il va passer quatre nuits avec cette femme, quatre nuits pour parler, se raconter mutuellement.  Commence alors un songe silencieux, un amour naissant, une amitié amoureuse plus exactement, et tout bien tout honneur.

Ces quatre nuits avec Natenska vont changer sa vie, être révélatrice.  C'est romantique a souhait, on a bousculer ce jeune narrateur, naïf, de lui dire de réagir  mais pour lui je cite : "Un instant de bonheur ! N'est-ce pas assez pour toute une vie !"

Ma note : 8.5/10 





vendredi 31 juillet 2026

Roar ! Roaaar ! - Tanya Lauwers

 Roar ! Roaaar !  -  Tanya Lauwers







Casterman Jeunesse
Mes tirettes sonores
Parution : 3 juin 2026
Pages : 8
Isbn : 9782203310377
Lectorat : 0-2 ans
Prix : 12.50 €

Présentation de l'éditeur

Une collection inédite de premiers livres sonores !

Que fait l'éléphant quand il se lave ? Que fait le zèbre quand il court dans les hautes herbes ?
Jouer avec les tirettes permet de découvrir les cris des animaux de la savane.
À la fin du livre, un bruit de prout. Fou rire garanti !

Tanya Lauwers

Tanya Lauwers est diplômée de l'Académie des Arts de Maastricht.  Elle a été directrice artistique dans deux agences de publicité.  Ce qu'elle aime : réaliser des illustrations et des peinture colorées et joyeuses.


Mon avis

J'ai adoré et hâte de le tester avec mon petit neveu, cet album tout-carton épais avec des tirettes et des sons.  On tire la tirette et voilà on découvre tour à tour le cri du lion, de l'éléphant, du singe, du zèbre.
C'est coloré, drôle et le final pour rire c'est certain.






mercredi 29 juillet 2026

Le calamity club - Kathryn Stockett

 Le calamity club  -  Kathryn Stockett















Robert Laffont
Pavillions
Parution : 28/05/26
Traduit de l'anglais (USA) par Laura Satz
Pages : 682
Isbn : 9782221284131
Prix : 24.90 €

Présentation de l'éditeur

Après plus de 15 ans d'absence et 15 millions d'exemplaires vendus dans le monde, le grand retour de Kathryn Stockett, l'autrice de La Couleur des sentiments. Bienvenue dans Le Calamity Club, une histoire de résilience et d'amitié où la solidarité féminine n'a d'égale que la soif de justice et de liberté.

" Si on donne à une fille une bouffée d'air frais et qu'ensuite on la lui reprend, elle se battra comme une lionne pour la récupérer. " Mississipi, 1933.

Meg, onze ans, a appris à ne compter sur personne. Depuis que sa mère l'a abandonnée, elle fait partie des grandes filles " inadoptables " de l'orphelinat, où elle se bat chaque jour pour garder espoir malgré le mépris et la cruauté de la présidente.
Birdie, missionnée d'aller retrouver sa sœur récemment mariée à un riche banquier pour sauver sa famille ruinée, découvre un foyer parfait en apparence mais qui repose en réalité sur un tissu de mensonges.
Charlie, internée de force dans un asile après avoir été jugée " faible d'esprit ", est prête à tout pour récupérer sa fille perdue et retrouver sa dignité.
Trois destins qui vont se rencontrer par la force du hasard autour de l'orphelinat du comté de Lafayette, puis converger avec celui d'un groupe de femmes intrépides qui élaborent un plan audacieux : le " Calamity Club ". Mais dans une ville où règne l'hypocrisie, le moindre acte de défi vous expose à tous les dangers... Quel sera le prix à payer pour leur désobéissance ?


Mon avis

Si vous avez aimé "La couleur des sentiments", vous aimerez sans conteste ce nouveau roman de Kathryn Stockett.  On y retrouve une fresque romanesque, des destins de femmes, une réalité historique - la période de la grande dépression 1933 dans le Mississipi - et beaucoup d'humour.  Un récit de 664 pages qui se dévore avec plaisir.

Une lecture addictive dressant le destin de trois femmes unies dans la solidarité, la sororité.

Meg Lefleur a 11 ans, elle vit l'enfer dans un orphelinat sous la coupe de Garnett Pittman, la responsable de la ligue contre l'immoralité,  qui l'enferme dans un bureau moisi aux fenêtres condamnées, la prive d'école.  Meg heureusement a de la ressource, c'est une petite fille intelligente, vive dont nous allons suivre le parcours.  La littérature aura une place importante dans sa vie.

Birdie Calhoun est une jeune femme de 24 ans qui vient à Oxford voir sa sœur Frances qui a épousé un banquier et vit dans le luxe avec la famille Tartt, son objectif sauver sa famille de la ruine.

Il y a aussi Charlie, internée de force dans un asile pour avoir parlé à un homme de couleur dans une gare, cabossée par la vie, elle est prête à tout pour récupérer sa fille qu'on lui a enlevée.

Ces trois femmes que tout sépare vont ensemble et avec d'autres s'unir pour combattre les injustices, refuser la misère et essayer de s'en sortir.

Un récit captivant qui raconte les conditions de la femme souvent exclues à cette époque, leur lutte et solidarité pour s'en sortir sur fond historique. On y parle de discrimination, des violences institutionnelles sous l'emprise de la ligue morale, de racisme, de pauvreté, du rôle de la femme, de marginalité et de différence.

Une lecture passionnante, lumineuse, drôle, originale.

Un coup de coeur ♥


Les jolies phrases

Je sais que ma vie serait plus facile si je restais là à encaisser sans bouger.  Mais il y a une autre chose que j'ai apprise : si on vous donne une bouffée d'air frais et qu'ensuite on vous la reprend, vous vous battrez comme une lionne pour la récupérer. 

J'imagine que même les riches aiment bien avoir du personnel gratuit, peut-être plus que les gens normaux. Comme ça, ils restent riches.


J’éclatai de rire. En ce monde, il y avait des chrétiens et il y avait des gens bien, mais ce n’étaient pas forcément les mêmes.


Mais tu sais, la folie, c'est relatif. Je veux dire par là qu'on est tous un peu fous, mais on pense que ce sont les autres qui le sont.


J'ai nourri toute ma vie les plus grands espoirs. Chaque jour je cultive l'optimisme et je compte continuer.


samedi 25 juillet 2026

Hippie Papy - Zidrou et Monin

 Hippie Papy  -  Zidrou et Monin




















Grand Angle
Parution : 29/04/26
Pages : 72
Scénario : Zidrou
Dessin : Arno Monin
Isbn : 979 1 0411 1141 1
Prix : 16.90 €


Présentation de l'éditeur


Et si le vrai héritage n’était pas celui du sang, mais celui du cœur ?

Ancien notaire et hippie depuis 1967, Honoré est l’inverse de son fils François-René, notaire conformiste, et de sa belle-fille Diane, obsédée par le statut social et le patrimoine. Lorsqu’il tente de repartir en stop vers l’Inde pour aider les victimes d’un séisme, son corps ne suit plus. Alors contraint de rester, il se réfugie dans son « ashram » au fond du jardin.

L’arrivée de Kiaan, fils indien qu’il a adopté autrefois, fait voler en éclats l’équilibre familial. Son adoption réveille les non-dits et sonne comme une menace pour Diane, qui craint que l’héritage lui échappe. Affaibli, Honoré renoue une dernière fois avec son rôle de notaire pour organiser sa succession. Mais pour lui, transmettre ne signifie pas posséder, c’est apprendre à vivre libre…



Zidrou 

Benoît Drousie, dit Zidrou, est né le 12 avril 1962 à Anderlecht. Après avoir exercé durant six ans la profession d'instituteur, il décide de se tourner vers l'écriture. Il travaille un temps comme secrétaire de la revue Tremplin, où il rencontre la dessinatrice Carine De Brab, avec qui il collabore sur la série Margot et Oscar Pluche (Casterman). Parallèlement, Zidrou s'associe au scénariste Falzar. Le duo inonde les rédactions de magazines jeunesse et les éditeurs de projets sous le pseudonyme des Potaches. Entre-temps, L’Élève Ducobu, lancé avec Godi comme bouche-trou dans Tremplin, a pris de l'ampleur. Publiée en album au Lombard à partir de 1997, la saga compte déjà 26 tomes, et a été portée trois fois sur grand écran. Pilier du journal Spirou, où il multiplie les histories courtes, Zidrou y crée la série Les Crannibales (avec Jean-Claude Fournier), Le Boss (aux côtés de Philippe Bercovici), et surtout Tamara, avec le dessinateur Darasse. Ce personnage d'adolescente enrobée connaît un immense succès, et connaît une double adaptation cinématographique. Dans les années 2010, Zidrou se diversifie considérablement, parvenant à se détacher de son statut d'auteur jeunesse et humour. Il travaille avec Jordi Lafebre (Lydie, Les Beaux étés), Francis Porcel (Les Folies bergères), Oriol (La Peau de l'ours), ou encore Arno Monin (L'Adoption). Il n'en oublie pas pour autant ses premiers amours, créant notamment la série jeunesse Boule à zéro (avec Serge Ernst) chez Bamboo. Scénariste prolifique, il est débauché pour reprendre plusieurs classiques de la BD franco-belge, notamment Ric Hochet et Léonard. C'est également au Lombard qu'il publie La Baleine-bibliothèque, avec Judith Vanistendael. En 2022, Zidrou s'adjoint les talents d'Eric Maltaite pour créer Hollywoodland dans le magazine Fluide glacial.


Arno Monnin

Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l'art, Arno Monin intègre une école d'arts appliqués qui proposait la formation dessin, animation, bande dessinée. En cours de formation, un projet BD commence à le démanger. Il s'y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs, jusqu'à la bonne rencontre avec Grand Angle. Il signe les dessins du très remarqué L'Envolée sauvage, suivi de L’Enfant maudit.







Mon avis

Joie de retrouver un nouvel opus dans cette série que j'adore "L'adoption" qui allie un scénario tout en finesse sur la famille et la transmission de Zidrou et le joli dessin aux couleurs douces d'Arno Monin.

On est notaire de père en fils dans la famille Codicille-Débours, enfin presque car Honoré - notre Hippie Papy - l'a été une heure en réalité.

Soixante-huitard convaincu, il a bourlingué à travers le monde, notamment en Inde. Il squatte la cabane de jardin s'adonnant au yoga et au naturisme ce qui n'est pas pour plaire à sa belle-fille. Il aimerait reprendre la route mais voilà qu'arrive son fils adoptif, un indien vivant au Québec.  

Se pose alors la question de la transmission, de l'héritage et des liens familiaux.  Une jolie brochette de personnages, un récit tout en humour et en émotion comme Zidrou aime nous en inventer.  Le dessin de Monin le complète à merveille. C'est beau, doux, tendre, humain.

Ma note : 9/10


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J'adore Zidrou; vous pouvez retrouver les albums lus en cliquant sur cette page



vendredi 24 juillet 2026

La fille de Nino - Gabrielle Borile

La fille de Nino  -  Gabrielle Borile



















Weyrich
Plumes de Coq
Parution : 19-03-26
Pages : 188
Isbn : 9782390770114
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

La neige tourbillonne et les essuie-glaces peinent à balayer le pare-brise. Angela ralentit sans freiner, la chaussée de Waterloo qui mène de Bruxelles à Charleroi est glissante. Autour d’elle, des voitures filent, indifférentes au danger. Elle essaie de ne pas penser, de ne pas pleurer, d’oublier que dans la chambre de l’hôpital, là-bas à Charleroi, son père est entre la vie et la mort. Au téléphone, sa tante a répété qu’elle appelait depuis six heures du matin. Angela n’a-t-elle pas entendu la sonnerie ? Incapable de lui expliquer qu’elle travaille le matin comme nettoyeuse, elle s’est contentée de répondre qu’elle n’était pas chez elle. Sa tante répétait avec son accent carolo: Il faut que tu viennes, il faut que tu viennes. Ne pas penser, ne pas pleurer. Rouler. Conduire. Elle tourne le bouton de la radio. C’est encore l’invasion de l’Afghanistan à la une ! Angela écoute sans entendre et laisse son regard errer sur les champs couverts de neige. Sur sa droite, au loin, la silhouette du Lion de Waterloo se dessine à l’horizon. Depuis combien d’années, son père travaille-t-il à l’usine ? Elle n’en sait rien. Elle ne sait rien de son père. Elle l’a abandonné pour monter à la capitale. Elle n’a pas pensé à l’interroger. Elle n’a pensé qu’à elle. A ses rêves de grandiosité. Elle sait juste que Nino a quitté l’Italie après la guerre et qu’il a passé cinq ans dans une mine près de Monceau, à arracher le charbon au fond des galeries, dans le tumulte des marteaux-piqueurs et la peur que tout s’effondre. Il y a quelques mois, elle a vu par hasard un reportage sur le sur le drame du Bois du Casier à Marcinelle. Elle s’est dit qu’elle interrogerait son père, et puis elle a oublié.

Gabrielle Borile


Gabrielle Borile est née à Charleroi. Sa famille est d’origine italienne de milieu modeste.
Elle est élève à l’athénée royal Vauban à Charleroi puis elle fait des études de droit et de journalisme à l’Université libre de Bruxelles avant
de se consacrer à la presse écrite en 1981 comme journaliste indépendante. Auteur de bandes dessinées, elle devient en 1994
scénariste de télévision pour France 2. Au cinéma, elle a coscénarisé avec le réalisateur Benoît Lamy le long métrage Combat de fauves (1997,
avec Richard Bohringer) et écrit le film Miss Montigny.


Mon avis

Angela est née au Pays Noir, fille d'immigré italien, un père mineur durant 5ans puis ouvrier dans la métallurgie, une mère décédée trop tard suite à la maladie.   Elle vit à Bruxelles, est diplômée en journalisme mais elle est aujourd'hui technicienne de surface dans une banque. Elle a le sentiment d'avoir trahi sa classe sociale.   Elle rêve d'écrire un roman, d'écrire pour la presse.

C'est sa tante qui la contacte et lui demande de venir d'urgence, son père a eu un accident, il est dans le coma.

En se rendant près du père, en le veillant, elle se rend compte qu'elle sait peu de chose sur son parcours, son histoire.  Lui qui à l'âge de 21 ans en 1948 alors que les fascistes avaient tout pris en Italie, fait le chemin jusqu'à la Belgique, quitte sa famille, la pauvreté pour s'y installer.  C'est pas simple à l'époque l'intégration "macaroni", "rital" , il en entend et subi des injures.  Il rencontrera Angela, sa femme, qui est décédée il y a 6 ans de la sclérose en plaque.   Angela comprendra plus tard, qu'il s'agissait d'un mariage forcé.

Elle repense à Michel, son ex mari , quelle retrouvera à l'hôpital,  une situation toxique, sous emprise, qui l'éteignait à petit feu.  Elle repense à son enfance, à son insociabilité, l'incapacité de se faire des amis, à tout ce que son père ne lui a pas transmis, ses souvenirs, ses origine.

Un roman d'apprentissage, pour se libérer du passé, de ses solitudes, dans le but d'avancer, de se réaliser.

Une jolie plume à découvrir ! 

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

Avec les mots, elle entre dans un autre monde, protégé des émotions trop violentes.

Elle n'est pas née dans la bonne maison.  Celle où l'on grandit dans le royaume des mots, avec de belles phrases et des paroles chatoyantes.  Elle, elle est née dans le silence. 

N'est-ce pas le destin de tous les émigrés ? Un chemin pavé d'errances, de regrets et de séparations douloureuses.  Hantés par les souvenirs du pays natal, les exilés rêvent de rentrer chez eux, mais il leur faut dès lors abandonner les adultes qui ont adopté le pays où ils ont grandi.  Comment savoir alors dans quel pays vieillir et mourir en paix ? 

Quand les enfants partent, ils ne reviennent jamais.

Seuls les mots sur le papier pourront la soulager de la détresse qui grandit en elle.  Quand l'encre de son stylo coule et glisse sur la feuille, elle oublie tout, le temps n'existe plus, ni son corps ni son esprit, elle entre dans un monde protégé, clos et chaud, où elle peut rester des heures durant, comme dans un paysage enchanté.