dimanche 24 mai 2026

Que rien ne fane - Noëlle Michel

 Que rien ne fane   -  Noëlle Michel




















Le bruit du monde
Parution : 09/04/26
Pages : 144
Isbn : 9782386010958
Prix : 18 €


Présentation de l'éditeur

Un roman pétillant et audacieux. L'héroïne octogénaire nous prouve qu'il n'est jamais trop tard pour s'affranchir, aimer et vivre pleinement.

Là, dans ma caboche, je suis toujours cette gamine, ce feu follet qui danse à l'abri des regards, sous le revêtement policé, le vernis de civilisation, sauvageonne éprise de liberté, prête à se donner en un quart de seconde à un inconnu, parce que son sourire, parce que son regard, parce que quelque chose de suave dans sa voix, frissons sur la peau, il n'en faut pas plus, croyez-moi, il n'en faut pas plus, c'est déjà énorme.

Oh, quoi ! Vous voulez connaître mon âge exact ? Ben voilà, je vous le dis : 82 ans. Vous la saisissez, maintenant, l'origine de ma fichue culpabilité ? "

À 82 ans, l'héroïne de Que rien ne fane s'enflamme d'une passion soudaine et inattendue pour un célèbre rocker et revendique haut et fort son droit à une existence pleine, riche et vibrante, malgré, ou peut-être grâce à, son âge.

Un hommage à la vieillesse, une ode à la liberté, au désir, au pouvoir de la musique, et à l'audace de vieillir avec fougue. Un roman qui décoiffe, fait rire et donne envie d'écouter du rock à plein volume !


Noëlle Michel

Je vous invite à visiter son site où j'ai trouvé sa bio c'est ici

Je suis française et je vis à Gand, en Belgique néerlandophone, depuis 2002. Ingénieur en génie biologique, j’ai travaillé dix ans dans le traitement d’eaux usées. Passionnée par les langues et la littérature, je suis devenue traductrice indépendante. D’abord spécialisée dans la traduction technique (EN/NL-FR), j’ai ensuite développé mes compétences en traduction littéraire (NL-FR), domaine pour lequel je suis accréditée par Flanders Literature et le Nederlands Letterenfonds depuis 2017. Je suis membre de la Chambre belge des traducteurs et interprètes (CBTI) depuis 2015. Je suis aussi écrivaine : mon premier roman Viande est paru en 2020, mon deuxième roman, Demain les ombres, paraîtra le 5 janvier 2023 au Bruit du monde.  Source 




Mon avis

Vieillir la belle affaire chantait Brel !  C'est vrai qu'on se pose des questions en avançant en âge, vieillir ce n'est pas toujours facile car il y a ce que l'on ressent et il y a surtout le regard des autres qui décide en quelque sorte qu'à partir d'un certain âge il y a une date de péremption et qu'une assistance doit être là et qu'il n'y a pas de raison d'avoir encore envie de ..   Aimer par exemple ou réaliser ses rêves.  

Au fond de soi, ne gardons-nous pas la jeunesse, nos désirs, nos goûts et quelque soit l'âge quoi qu'en pensent certains !

Noëlle Michel aborde ici le thème de la vieillesse avec humour et tendresse.  Vous allez passer un excellent moment en compagnie de son héroïne, une dame de 82 ans dingue de musique, de Brian Molko le chanteur de Placebo. Son fils pense qu'elle débloque et aimerait la mettre sous tutelle... mais notre mamy a plus d'un tour dans son sac.  

Cela a l'air loufoque mais derrière cela se cache des thématiques plus sérieuses comme pourquoi ne pourrait-on plus aimer sous prétexte que l'on soit vieux, l'effacement et le manque de respect des personnes âgées dans les EHPAD, leur intimité. J'ai beaucoup aimé aussi les liens intergénérationnels proposés avec son petit-fils ou son amie Mona, militante d'Extinction et Rébellion.

C'est avec beaucoup d'humour et de légèreté que Noëlle Michel explore ce sujet.  Un récit que l'on dévore d'une traite comme un petit bonbon.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

Si tous ces gaillards pouvaient passer une soirée seuls en ville dans la peau d'une femme, ils comprendraient peut-être mieux. 

C'est vrai qu'à l'image des gays, les hommes bi sont rejetés dans la marge à cause de leur goût pour les hommes, qui les exclut de l'injonction à la virilité et les condamne à rejoindre le groupe "marginal" des femmes.  Marginal, pas en termes de nombre bien sûr, mais de position sociale.  Le mâle viril, c'est la norme.  "Le neutre, c'est la subjectivité des dominants", a dit Mona. 

L'EHPAD n'était pas une prison, plutôt un cocon dans lequel on se sentait en sécurité, avec l'inconvénient qu'il devenait de plus en plus difficile de le quitter au fil du temps.

Dans "vieille", il y a "vie".  Le livre n'est pas fini tant qu'on ne l'a pas refermé.

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vendredi 22 mai 2026

Printemps à la charité - Philippe Pelaez & Alexis Chabert

 Printemps à la charité  -   Pelaez/Chabert




















Grand Angle
Parution : 25/02/2026
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Alexis Chabert
Pages : 72
ISBN : 979 1 0411 0633 2
Prix : 17.90 €

Présentation de l'éditeur


Dans le Paris de la Belle Époque, être un survivant du Bazar de la Charité n’est pas sans risque...

Paris, 1897. Quelques semaines après l’incendie du Bazar de la Charité, les survivants meurent dans d’étranges circonstances, victimes d’hallucinations terrifiantes. L’inspecteur Amaury Broyan, flic brisé, opiomane et hanté par la mort de sa fille, est chargé de l’enquête. Des salons de la haute société aux bas-fonds de la capitale, il s’enfonce dans un mystère où science, culpabilité et vengeance s’entrelacent. Sa rencontre avec Blanche Dambreville, fascinante entomologiste, pourrait bien faire basculer l’affaire… et sa propre raison.

 

Philippe Pelaez

Tout d’abord professeur d’anglais sur l’Île de la Réunion, c’est par un curieux hasard que Philippe Pelaez se retrouve propulsé scénariste de bandes dessinées. Il signe tout d’abord ses premiers ouvrages pour la maison d’édition réunionnaise Des Bulles dans l’océan : Gaultier de Châlus et Fièvre. Après un détour par le financement participatif, grâce auquel il réussira à publier deux séries Oliver & Peter et Parallèle, il rejoint finalement le circuit éditorial traditionnel en signant le scénario d’Un peu de tarte aux épinards avec Javier Casado au dessin publié aux éditions Casterman. 2019 est une année charnière pour lui puisque ses scénarios s’arrachent chez les éditeurs. Chez Grand Angle il marquera sa première collaboration avec le dessinateur madrilène Laurenzo Pinel sur le one-shot Puisqu’il faut des hommes. Depuis la collaboration avec Grand Angle est régulière : Dans mon village ont mangé des chats, Pinard de Guerre… et récemment l’adaptation de La chambre des merveilles.

Source : Grand Angle

Alexis Chabert

Alexis Chabert est né dans le 17ème arrondissement de Paris, fils d’une mère professeur des écoles et d’un père ciseleur-graveur, meilleur ouvrier de France qui lui enseigna le dessin. Avec une formation de guitare classique au conservatoire National de région de Rueil-Malmaison, il est passionné par le répertoire Renaissance et Baroque. Il travaille quelques années dans la publicité en tant qu’illustrateur-roughman tout en préparant des projets pour la bande dessinée. Il débute aux éditions Delcourt dans la collection « Terre de Légende ».Chez Jungle, il publie Gainsbourg et Hector le boucher son premier scénario qui est une réflexion sur la société de consommation. Il est également l'auteur de Rogon le Leu chez Delcourt, La Prophétie des deux mondes chez Delcourt, ou encore Taxi Molloy et Bourbon Street chez Grand Angle.

Source : Grand Angle


Mon avis

Je découvre cette série inspirée des 4 saisons d'Alfred Mucha avec cet album et je vous avoue que c'est le graphisme qui m'a attirée et j'en suis fort heureuse.

Commencer par cet album n'était pas un frein, j'ai pu comprendre que l'inspecteur Amaury Broyan était le personnage principal menant les différentes enquêtes.  Un personnage brisé par le décès de sa fille qui cherche refuge dans l'addiction à l'opium et ses dérivés, néanmoins c'est bien à lui que l'on va confier deux nouvelles enquêtes.

Nous sommes à Paris en 1897 quelques semaines après l'horrible incendie du Bazar de la Charité.

Deux faits :   -  une tentative d'incendie dans l'atelier de Méliès
                      - un homme qui a fait une chute mortelle au Museum des Sciences Naturelles

Point de départ qui lui fera rencontrer Blanche Dambreville, l'entomologiste du musée.

D'autres morts suspectes, des hallucinations, de quoi perdre la raison... l'enquête est donc lancée mais j'ai envie de dire que ce n'est qu'un prétexte, le plus important c'est l'ambiance qui se dégage du livre.

Alexis Chabert nous régale par ses dessins à tendance Art nouveau, des aquarelles magnifiques, un trait précis laissant bien apparaître les émotions de chacun.  On ressent parfaitement l'atmosphère de la belle époque.  Cela me donne envie de découvrir 'Automne' et 'Hiver', 'Eté' étant encore à paraître.

Ma note : 9/10





mardi 19 mai 2026

Je suis drôle - David Foenkinos

 Je suis drôle  -  David Foenkinos




























Gallimard
Parution : 02/04/26
Pages : 192
ISBN :
9782073152985
Prix : 20 €

Présentation de l'auteur

Gustave a compris une chose essentielle : faire rire, c’est être aimé. Alors il décide de faire rire tout le monde. Ce sera sa force, son talent, sa politesse envers les autres. Il en fera un métier, puis une identité. Il n’avait pas prévu que ce serait si dangereux.

L'auteur

Né en 1974 à Paris, David Foenkinos est écrivain, scénariste et réalisateur. Il s’impose comme un auteur incontournable de sa génération avec une œuvre marquée par l’humour, la sensibilité et les hasards de la vie.

Lors de son adolescence, David Foenkinos souffre d’une maladie rarissime, la pleuropéricardite, une infection qui touche les poumons. Hospitalisé à l’âge de seize ans, le jeune homme subit une opération du cœur et est contraint à l’immobilité. C’est à partir de cette période de convalescence difficile pendant laquelle il est alité qu’il va multiplier les lectures. Les livres lui ont permis de s’échapper, de voyager, de vivre plusieurs vies par procuration. Un nombre incalculable de livres mis à sa disposition ont favorisé une sorte de boulimie de lecture.

Après des études de lettres et de musique, il fait ses premiers pas dans le monde de l’édition en tant qu’attaché de presse.

Son premier roman, Inversion de l’idiotie : de l’influence de deux Polonais, publié en 2002, révèle son goût pour les intrigues décalées dans une écriture à la fois légère et profonde. Salué par la critique, il obtient le prix François-Mauriac.

En 2004, la parution du Potentiel érotique de ma femme attire la curiosité des lecteurs. Le personnage principal est un collectionneur compulsif capable de se procurer des séries d’objets hétéroclites comme des cloches en savon, des boules de rampe d’escalier ou des étiquettes de melon ! Or, un grain de sable vient perturber ses manies et enrayer son train-train quotidien : il tombe amoureux. Il décide désormais de collectionner des petits moments de vie de sa femme ! Ce récit un peu loufoque et plein de fantaisie pose des questions sur ce que l’on est prêt à accepter ou non en amour. Ce roman obtient le prix Roger Nimier, cela constitue un premier élan à la carrière littéraire de David Foenkinos qui fait désormais partie des auteurs à ne pas manquer.

C’est avec La Délicatesse (2009) que l’écrivain connaît un succès total. Ce roman est traduit dans plus de quarante langues et est adapté au cinéma en 2011, dans un film coréalisé avec son frère Stéphane Foenkinos.

L’œuvre de David Foenkinos mêle souvent humour et mélancolie, avec des romans comme Le Potentiel érotique de ma femme (2004), Les Souvenirs (2011) ou encore Charlotte (2014), une biographie romancée de l’artiste peintre Charlotte Salomon. Ce dernier, écrit en vers libres, remporte plusieurs distinctions prestigieuses, dont le prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens, et témoigne de son talent pour aborder des sujets plus intimistes.

En 2016, le romancier publie Le Mystère Henri Pick. L’intrigue commence en Bretagne, où une jeune femme fait la découverte dans une bibliothèque de dizaines de manuscrits refusés par des maisons d’édition. Elle se rend compte que c’est un employé qui a recueilli tous les écrits refusés et qu’il les a conservés dans une pièce unique. Parmi ces textes figure d’après son intime conviction, un chef-d’œuvre écrit par un certain Henri Pick. Elle découvre des zones d’ombre autour de l’auteur décédé deux ans auparavant et de son manuscrit. Le livre connaît un énorme succès comme elle le pressentait, mais il entraîne des retentissements dans le monde littéraire. On suit notamment les pérégrinations d’un journaliste tentant de résoudre le mystère du fameux livre. Ce roman modifie également le cours de l’existence de plusieurs personnages… L’adaptation cinématographique de cette œuvre est réalisée en 2019 par Rémi Bezançon. Les acteurs principaux choisis sont Fabrice Luchini et Camille Cottin.

Dans des romans récents tels que Deux sœurs (2019) ou La Famille Martin (2020), David Foenkinos continue d’explorer les relations humaines, les blessures intimes et les méandres du destin.

En parallèle de l’écriture, il est également scénariste et réalisateur, enrichissant son univers par d’autres formes de narration. Son style très reconnaissable lui vaut une place de choix parmi les auteurs contemporains les plus lus et traduits à travers le monde.

Il est classé en 3e place des auteurs 2025 ayant vendu le plus gros volume de livres.



Mon avis

Pour Gustave Bonsoir, faire rire c'est exister.  Il se croit drôle et a décidé que faire rire deviendrait son métier.   

Faut dire que son début de vie n'a pas été joyeux, orphelin de sa mère à 5 ans, il n'a jamais connu son père. Heureusement il a été adopté par des parents formidables mais il y a toujours au fond de lui l'angoisse, la peur de perdre les moments heureux.  Il y a Margot son amoureuse qui croit en lui.  On lui dit qu'il est drôle et s'en persuade et décide de monter à Paris tenter sa chance.

Il auditionne dans un Comedy Club, passe sur les planches et découvre ce monde impitoyable, faire rire ses proches c'est une chose mais passer derrière quelqu'un qui cartonne, être tétanisé sur scène, encaisser lorsqu'une blague tombe à plat et que le public ne réagit pas, s'en prendre plein la figure, il faut être de taille à encaisser, ne pas baisser les bras....

C'est compliqué pour lui d'encaisser l'échec, la honte, la peur, il va préférer la fuite, l'isolement, la souffrance pour ne pas voir la déception dans le regard de ceux qu'il aime. 

David Foenkinos avec une écriture qui lui est propre, des phrases courtes simples, un peu répétitives au début, nous fait ressentir les émotions de Gustave, ses espoirs, ses joies, sa honte, sa mélancolie. Il nous parle du monde difficile du stand up, de la place du rire et de l'humour dans notre société.  Ce n'est pas pour rien qu'il y a tant d'humoristes sur les réseaux, des Comedy Club pour tous les âges qui émergent un peu partout.  Mais le pendant c'est l'échec, la difficulté de faire rire, de trouver la bonne accroche, d'être réellement drôle sans être pathétique, c'est l'acceptation du regard des autres, de la société. Cela peut comme pour Gustave être très difficile à vivre. 

Au fond de lui il est persuadé qu'il va briller, que c'est son destin, deux rencontres essentielles vont le confirmer. Dans la seconde partie, l'art sous d'autres formes pourrait bien changer sa vie.

Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite mais je peux vous dire qu'une fois encore David nous surprend et amène de la résilience, de la poésie et de l'émotion.

David Foenkinos a vraiment le don de toucher juste où il faut dans les émotions et de permettre à un personnage ordinaire de vivre des choses hors du commun.  Le tout est de croire en soi et de se faire confiance. 

Les jolies phrases

Au fil des soirées, il se rendait compte que le rire était une science exacte. On riait ou on riait pas : le verdict était sans appel. C'était un monde basique, binaire, à la fois excitant et brutal. La frontière était le sourire, cet entre-deux plaisant mais insuffisant. Car aucun sourire ne vaut la puissance d'un rire ; c'est un parent pauvre, chétif, presque pitoyable. Les comiques récoltent immédiatement le succès ou l'échec.

Il se rendit compte qu'il avait tout réussi dans la vie, sauf l'essentiel. Donc il avait tout raté.

Ça fait du bien de pleurer.  Parfois autant que de rire. 

Des désastres de l'enfance découle une lumière étrange que l'on porte sur la vie. On écrit, on peint, on joue différemment.

Être artiste, c'est faire des allers-retours incessants entre la certitude et l'incertitude.

Sa petite bibliothèque lui offrait la possibilité d'agrandir son territoire minuscule; avec les livres, il voyageait.

La meilleure manière d'être décevant, c'est d'être annoncé comme une personne formidable.

Du même auteur j'ai lu 

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samedi 16 mai 2026

Ne reste que la nuit - Rose Mallai

 Ne reste que la nuit  -  Rose Mallai





















Editions du gros cailloux
Parution : 05/06/25
Pages : 271
Isbn : 9782494202276
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

GRAND PRIX DES BLOGUEURS LITTÉRAIRES 2025. 

Serge n’a que quelques heures. Pour écouter la version de Lila, son histoire, ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a subi… Seulement quelques heures pour déceler la vérité. Puis il lui faudra écouter l’autre version des faits, celle qui va tout bouleverser. Après "Et ensuite, le silence", Rose Mallai revient en force avec un nouveau thriller saisissant que vous ne pourrez pas lâcher. 

Rose Mallai



Née en 1983, Rose Mallai vit en Normandie avec ses deux enfants.

Amatrice de thrillers et de romans noirs, elle se découvre une passion pour l’écriture à l’occasion d’un atelier.

Et ensuite, le silence est son premier roman. Remarqué par les libraires, il a reçu le Prix Coquelicot Noir 2025.


Site web : https://www.instagram.com/rosemallai/
















Mon avis

C'est le Grand Prix des Blogueurs de la catégorie Littérature Noire et je peux vous dire que mes collègues de jury ont fait un excellent choix.

Une lecture addictive qui me sort de ma zone de confort et que j'ai dévoré d'une seule traite.  Bravo Rose Mallai vous avez le don de tenir vos lecteur.ices en haleine, de les retourner comme des crêpes jusqu'au final.

Serge est flic, il s'acharne comme un fou au boulot, il ne sait rester chez lui depuis qu'elle est partie il y a huit mois.  Il devrait prendre un peu de repos mais il s'accroche, il est le meilleur pour mener une audition, c'est son équipe qui le dit et puis travailler cela évite de penser...enfin c'est ce qu'il croyait !

Un cas difficile, encore de l'horreur à écouter, à encaisser.  Il y a eu un drame hier, deux personnes à auditionner au plus vite.  

Dans la salle 201, celle considérée des victimes ou témoins, Lila, une jeune femme de 23 ans. 
Dans l'autre la 202, autre atmosphère, lumière plus agressive, le présumé coupable, Antoine, 18 ans frère de la victime.

Cet interrogatoire qu'il croyait rapide va commencer par le passé, c'est toute une histoire, un contexte qui va rejaillir indirectement sur son histoire en miroir, il écoute d'abord la jeune femme avec beaucoup d'empathie, son analyse serait-elle biaisée ?   Remise en question lors de l'audition d'Antoine qui donne une toute autre version. 

C'est un thriller psychologique puissant, éprouvant, dérangeant que nous propose Rose Mallai, une immersion dans la tête des protagonistes.  L'écriture est fluide, la plume brillante et percutante.  Elle nous manipule avec brio dans ce huis clos qui explore des passés douloureux avec beaucoup de noirceur.  

Il est question de déni, d'emprise, de possession, de contrôle.  

J'ai vraiment passé un excellent moment de lecture.

Ma note : coup de ♥

Les jolies phrases

Souffrir, c'est être encore en vie, et être encore en vie, c'est pouvoir espérer.


Ne me demandez pas pourquoi mais j'ai su. Parfois, on sait des choses sans savoir pourquoi on les sait.


Les sales types ne sont jamais des monstres, juste des mecs normaux.


Parfois, le silence est plus bruyant que tous les cris.


Ce genre de blessure ne se referme jamais totalement, il reste toujours des traces, là, quelque part dans un coin de la tête. Les marques ne sont plus visibles mais la douleur, elle, est gravée à vie.



Souvenirs remise Grand Prix des Blogueurs 2025 à la foire du livre de Bruxelles le 28/03/26
 
 





jeudi 14 mai 2026

Lettres à l'autre - Giuseppe Santoliquido

 Lettres à l'autre  -  Giuseppe Santoliquido




























Ker éditions
Parution : 20/03/26
Pages : 110
Isbn : 9782875865328
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Quand tu t’es approchée de moi, tout à l’heure, c’est comme si la vie s’était rallumée. C’est pour cette raison que je dois t’écrire, pour entendre ta voix remuer en moi. J’ai besoin de ton amour comme le soleil a besoin du ciel.

Pierre Augier est infirmier. Issu d’une lignée paysanne où l’orgueil des terres et les injonctions familiales occupent tout l’espace, il s’efface jour après jour jusqu’à n’être plus qu’une présence utile. Seul l’amour lui permet encore de vivre, d’espérer en des jours meilleurs. Alors, il se met à écrire. Entre deux gardes à l’hôpital, dans la grange… Jamais il ne cessera de s’adresser à celle qu’il nomme l’Autre. Mais qui est cette présence aimée ? Est-elle réelle ? Fantasmée ?

Ailleurs, un homme privé de liberté cherche également à tenir debout par les mots. Du fond de sa cellule, il écrit, lui aussi, à l’Autre. Lettre après lettre, il tente de préserver ce qui reste d’humanité, d’amour et de mémoire.

Mêlant une langue à la Giono à une intrigue à la Simenon, Giuseppe Santoliquido interroge les thèmes qui lui sont chers : l’amour, la loyauté, la culpabilité. Un roman auquel on pense longtemps après l’avoir refermé.


L'auteur


Giuseppe Santoliquido est un politologue et écrivain belge d'origine italienne. Professeur aux Facultés de Sciences politiques d'Afrique centrale. Spécialisé en politique italienne, il collabore avec de nombreux médias belges et étrangers.

Il est chroniqueur sur le blog de l'écrivain belge Vincent Engel, Blog à part, sur lequel il anime chaque mercredi les Nouvelles d'Italie.

Partageant son temps entre la Belgique, l'Afrique et l’Italie, il est également consultant pour Area Democratica, important observatoire politique dans le Latium, pour l’Associazione culturale Talenti, qui organise des évènements culturels parmi les plus importants d’Italie et pour le « Prix de la Narration Ferri-Lawrence » de Frosinone en Italie. Il est également traducteur littéraire pour le Centro studi letterari d’Alvito, dans le Latium.

Chez Ker, il est l'auteur d'un essai sur la politique italienne ainsi que du roman Voyage corsaire et d'un recueil de nouvelles dans la collection Belgiques. Il y a également republié L'inconnu du parvis

. En 2026, il y publie son nouveau roman, Lettres à l'Autre.

Mon avis

C'est un livre court mais dense dans lequel il faut prendre le temps de s'installer pour l'apprécier pleinement.  La plume précise, magnifique, travaillée et la qualité de l'écriture le permettent rapidement.

Deux voix, deux univers s'alternent et se font écho.  

L'une à la ferme, dans le Vaucluse, un univers à la Giono pour la description magnifique de la nature, de l'environnement, celle de Pierre Augier, un homme qui rêvait de faire médecine, infirmier la nuit et à la ferme le jour.  Peut-être pas le destin qu'il avait choisi ? Mais l'amour vous savez en a décidé ainsi.

L'autre, en milieu carcéral, la promiscuité, l'enfermement, pour y échapper il écrit.

Les deux écrivent pour résister, des correspondances à "l'autre" ?   

Un autre qui questionne :  une femme, un amour, une destinée? Ce qui trouble ce sont les silences, l'atmosphère. 

Au fil des échanges, une enquête qui dévoile la nature humaine, qui parle d'amour, de domination, de culpabilité et de loyauté.

Un roman qui se mérite, qui peu à peu se distille en vous et que l'on porte en soi encore longtemps après la lecture.

Ma note : 9/10 

Les jolies phrases

Un sommeil auquel son corps voudrait se livrer, là, à l'instant, mais une demi-heure a passé depuis qu'ils ont fini de manger et il doit ouvrir les yeux, quitter sa chaise longue, et peu importe s'il a été de garde toute la nuit à l'hôpital, son métier d'homme, répète-t-elle, est d'être là, à remplir sa place dans l'ordinaire mélange des jours, même si ce ne serait pas mal de suivre, ne fût-ce qu'une heure, un autre chemin que celui où l'existence l'a placé. 

Sans l'amour, nous ne sommes rien, lui disait sa mère, l'amour est out, il est aux principes de la vie, en est la source vitale. 

Quand on est amoureux, on découvre une force ignorée de nous-mêmes ; les années à venir semblent parfaites.

Aime-moi, semblait-elle l'implorer, aime-moi et nous serons invincibles.  Je suis cet amour dont tu portais l'absence jusqu'à aujourd'hui.  Sur le chemin du retour, il lui semblait qu'elle s'était glissée dans son corps, qu'il était venu sur terre pour la rencontrer.

C'est incroyable, quand on y pense, quelle puissance ignorée de nous-même peut révéler l'amour. 

Pour être libre, il faut en avoir les moyens. 

C'est fou comme deux fruits tombés du même arbre peuvent être différents. 


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