samedi 7 novembre 2026

Et nos poèmes resteront émeutes - Lisette Lombé

Et nos poèmes resteront émeutes  -  Lisette Lombé



















Maelström
Parution : avril 2026
Pages : 160
Traduit en néerlandais par Katelijne De Vuyst
Traduit en allemand par Christina Brunnenkamp
Isbn : 9782875055514
Prix : 15 €


Présentation de l'éditeur



Ce livre regroupe les douze poèmes écrits par Lisette Lombé lors de son mandat de deux ans (2024-2026) en tant que poétesse nationale de Belgique.
Un corps debout, une voix qui ne tremble plus. Des poèmes-émeutes pour sortir de la sidération et refuser l’anesthésie des solidarités. Une langue frondeuse et nerveuse en contre-attaque des rhétoriques de division.
Un dialogue entre les générations, un socle, une espérance. Des territoires fertiles, rues, cités, forêts, cœurs, mers. Entre belgitude et congolitude.
Ça danse, ça questionne, ça construit. Des projets collectifs, des rencontres, des voyages, des métissages. Drapeau de la tendresse en étendard.
Tentatives de rapprochement.
Fierté.

Édition trilingue français-néerlandais-allemand.

Coédition avec PoëzieCentrum. 


Lisette Lombé






Lisette Lombé, née en 1978, est belge-congolaise. Grande figure de la scène slam en Belgique, elle défend avec rage toutes les minorités. Elle a été nommée citoyenne d’honneur de la ville de Liège pour son activisme. Elle est l’autrice de Black words et Venus poetica (L’Arbre à paroles).


Source : l'iconoclaste


Poétesse nationale de Belgique 24-25











Mon avis


Lisette Lombé est belge d'origine congolaise par son père, pas toujours facile à vivre dans notre monde de plus en plus haineux, raciste. Et pourtant ses origines sont à mon sens une richesse énorme. Elle est arrivée au slam, à la poésie, aux mots, à la scène après une remise en question, un changement de cap dans sa vie.

Elle exprime son métissage dans sa poésie, cette ambivalence et s'en nourrit et dénonce avec force, revendique, combat.


"Dans mon sang,
 deux corps, deux cœurs
 qui ont dit merde à la norme !"


Durant deux ans elle a été poétesse nationale, elle a observé notre monde avec la mission d'écrire au moins douze poèmes qui sont repris dans ce livre traduits dans les trois langues de mon pays.

Elle est passeuse de feu, semeuse de graines, voix des sans voix. Elle écrit pour que ses enfants n'oublient pas d'où ils viennent.


De la poésie qui voit le monde et le raconte, les enfants victimes des guerres, des injustices. Pour défendre l'intégration, la diversité, porter haut et fort la voix des minorités, des victimes de violences quelles qu'elles soient - professionnelles- sexuelles- racistes- esclavagistes - haineuses. Toujours elle se lève contre les injustices, pour défendre les plus faibles, vaincre sa peur , assumer son corps et faire en sorte que la honte change de camp.


Sa langue est souvent forte, saccadée, cadencée, à lire dans l'oralité. Une plume nécessaire pour lutter contre les menaces de notre société : haine, fascisme, violence, injustice, manque de moyens à la culture, à l'éducation pour permettre de donner ses chances à chacun.


Une plume indispensable.

♥♥♥♥  



De la même autrice j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour accéder à l'article





























mercredi 4 novembre 2026

J'ai survécu - Mila Verhamme

 J'ai survécu -  Mila Verhamme















On lit éditions
Parution : 14 octobre 26
Pages : 96
Isbn :  9782875601902
Prix : 9 €

Présentation de l'éditeur

Une crise d’angoisse. Puis une autre. Les pensées qui tournent sans fin. Le corps qui lâche. La peur de sortir, de parler, de continuer. Et les idées noires que personne ne voit.


Composé de fragments, J’ai survécu, le premier livre de Mila Verhamme, raconte de l’intérieur le combat contre une souffrance que les mots peinent souvent à exprimer. Un texte brut, sincère et bouleversant, pour toutes celles et ceux qui se sont déjà sentis seuls au milieu des autres.


L'autrice




Mila Verhamme a dix-neuf ans. Originaire de Tournai, elle étudie la psychologie. J'ai survécu est son premier livre.














Mon avis

Attention pépite, un petit diamant à l'état pur !

Elle a 19 ans, c'est son premier livre.  Ce sont des fragments de ce qui se passe à l'intérieur pour comprendre.

Des crises d'angoisse depuis un an suite à un trauma enfoui profondément.  
Des crises d'angoisse qui la dévalorise, elle se sent nulle, son corps a envie d'en finir car la tête n'arrive pas à gérer.   Les gens voient ce qu'ils veulent voir, ils ne ressentent pas ce qu'elle vit dedans, si elle veut l'empêcher, l'angoisse, c'est pire, elle ne fait que grandir, dévaste tout !

Dans ce monde, difficile à vivre, on survit, on subit, on ne dit rien puis on implose à tout prendre sur soi. 

Difficile pour l'extérieur de comprendre sa douleur mentale sur son corps.  La peur de mourir et l'envie de le faire !  

Heureusement elle aime le sport, les mouvements de jeunesse et découvrir le monde.

Ecrire pour s'ouvrir, partager, se libérer et enfin exprimer ce trauma d'enfance, ses parents séparés, les disputes qui l'ont détruite.

Ce combat contre les souffrances.  C'est beau, c'st brut, c'est sincère et lumineux, universel au final.

Ces mots m'ont bouleversée, touchée , émue, ils sont beauté.

Ma note : ♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

Pourquoi toujours demander "ça va ?" La plupart du temps, ça sera "Oui, ça va, et toi ?" Alors qu'au fond, il y a cette douleur qui m'attaque de l'intérieur. 

Les gens ne veulent pas comprendre.  Ils voient ce qu'ils veulent voir. 

La seule personne qui m'a sauvée, c'est moi !.

Quand tout va bien, on ne se rend pas compte de la chance que l'on a. 

Au fond, on trouve parfois un certain réconfort dans le mal-être?  Alors c'est à toi de trouver un réconfort dans le bonheur.  Même si ce n'est pas facile, ce n'est pas impossible.  Alors j'essaie. 

J'ai toujours eu peur de mourir, mais ce qui est drôle, c'est que pendant des années, j'ai voulu me tuer. 

Chaque fois qu'il pleut, il finit par éclore des fleurs.







 

lundi 2 novembre 2026

Lisez-vous le belge 7ème édition !

  Novembre c'est la 7 ème édition de Lisez-vous le belge ?






Si vous suivez mon blog de façon régulière, vous avez constaté que je suis belge et que j'aime particulièrement vous faire découvrir des auteurs de notre pays.


C'est donc tout naturellement que je participe avec plaisir à cette nouvelle édition qui se déroulera ce mois de novembre.

C'est une grande campagne de promotion célébrant la diversité du livre belge francophone en librairie, en bibliothèque, dans les écoles, dans des lieux culturels partout en Wallonie et à Bruxelles ainsi qu'en ligne.




L’objectif ?

Faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre.

Des activités auront lieu un peu partout durant ce mois de novembre, sur les réseaux sociaux avec la participation de chroniqueurs et chroniqueuses, dans les écoles, dans les librairies indépendantes et dans les bibliothèques.




Envie de découvrir des auteurs belges ?

Voici le lien des auteurs chroniqués sur mon blog ici

En utilisant le #lisezvouslebelge

Soyez curieux, laissez-vous surprendre en novembre.


J'ai des découvertes de lectures à vous proposer pour ce mois belge, mais également un café littéraire qui nous permettra de découvrir l'univers de Daphné Tamage.  Á vos agendas, ce sera le 12 novembre à 19h à la bibliothèque Maurice Carême de Wavre.






  
C'est gratuit !  Tout est indiqué dans mon article ici


L'agenda complet de la campagne est ici



Soyez curieux ! 











dimanche 1 novembre 2026

Bilan de lecture d'octobre

 Bilan de lecture d'octobre






Une semaine de repos au soleil, cela aide à faire diminuer un peu mon Himalaya à lire. Il y a les lectures du Grand Prix des Lectrices de Elle (3 par mois qui booste un peu ma cadence), le club de lecture des Ponctuelles et la préparation de mon café littéraire le mois prochain. On ajoute à cela la préparation de Lisez-vous le belge dont le coup d'envoi a lieu ce 1er novembre et des petits livres jeunesse, cela donne beaucoup de lectures. On regarde en détail ?




Un immense coup de cœur avec un livre qui me sort de ma zone de confort, comme quoi il faut toujours s'ouvrir à d'autres horizons.






Le plaisir de retrouver les comptines d'enfant dans un chouette format pour les plus petits.






On reste avec les plus-petits, le premier imagier photo pour apprendre à retenir les choses, les animaux et surtout donner goût à l'objet livre . 






Martine, c'est mon enfance, j'avais envie de retrouver son univers, un tome qui explique de façon simple la maladie d'Alzheimer





Une petite bulle de douceur et de tendresse. 


L'histoire du soir, un rite, difficile pour ceux qui ne veulent pas dormir, un récit tout en couleurs.



Un tout jeune auteur, une plume très intéressante qui nous fait découvrir un siècle d'histoire. 



Elle est toute jeune, elle est belge, sa plume est très prometteuse, le sujet grave mais indispensable !


Ce roman est paru au printemps dernier, la joie de retrouver la jolie plume de Valérie Cohen.


Noël est encore loin, quoi qu'il en soit, il n'est jamais trop tôt pour faire entrer un peu de sa magie au quotidien.  J'ai vraiment adoré ce livre.



Le 12 novembre 2026, elle sera mon invitée pour un café littéraire , une plume à découvrir.




Du belge aussi côté jeunesse chez Casterman.



Encore du belge, chouette car nos auteurs ont du talent !


Pas simple d'être une femme en Inde, deux fillettes ont disparu, pourquoi ?  Un récit qui ouvre les yeux sur les conditions de vie en Inde.


Retour à l'actualité littéraire belge !


Paru au printemps dernier, une magnifique histoire qui a trop longtemps dormi dans ma PAL. Une jolie plume qui se confirme. 
 

Le tout premier roman de Daphné Tamage. 


Sortir de sa zone de confort, un auteur croate qui nous emmène dans une enquête passionnante, l'occasion de revenir sur l'histoire de l'ex-Yougoslavie. 


J'adore Jean-Claude Servais, un bédéiste de chez nous.  4ème tome de la faune symbolique. 


Un livre marionnette sonore pour découvrir les instruments de musique. 



J'ai trouvé des livres jeunesse à mon retour, l'occasion de terminer le mois d'octobre en douceur :







Comme à chaque fois, si la chronique est publiée, il suffit de cliquer sur la couverture pour avoir accès à l'article.

La rubrique est mise à jour de façon mensuelle. 




samedi 31 octobre 2026

Sauf la frontière - Elisa Shua Dusapin

 Sauf la frontière  -  Elisa Shua Dusapin

















Zoé éditions
Parution : 27/08/2026
Pages : 240
Isbn : 978-2-88907-643-7
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Au dernier jour d’un festival de littérature à Beyrouth, Elisa Shua Dusapin descend au Sud Liban. Elle ne sait pas ce qui se passe de l’autre côté de la frontière en Israël, c’est tôt le matin, le 7 octobre 2023. Quelques mois plus tard, après son retour en Europe, un pressentiment la pousse à retourner d’urgence au Proche-Orient. Elle commence par poser ses valises à Amman en Jordanie. Elle ne connait ni la ville, ni sa culture. La jeune femme apprend l’arabe, s’initie à la plomberie avec des Jordaniennes, se rapproche de réfugiés syriens, partage de furtives confidences avec des Palestiniens et des Israéliens. Une sorte de secret se dévoile dans les silences et grâce aux gestes. Comme si c’était en compagnie des gens, et non à leur propos, qu’Elisa Shua Dusapin écrivait ce texte lumineux et grave, échappant à tout manichéisme et qui pose un regard inédit sur cette région et sur la violence.



Elisa Shua Dusapin



Née en 1992 à Sarlat-la-Canéda d’un père français et d’une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Elle est diplômée de l’Institut littéraire suisse de Bienne. Son premier roman, Hiver à Sokcho (Zoé, 2016, Folio 2018) obtient les prix Robert Walser, Alpha, Régine-Desforges, Révélation SGDL. En 2021, sa traduction anglaise reçoit le National Book Award for Translated Literature. Plusieurs fois adapté au théâtre, le livre a été adapté au cinéma par le réalisateur Koya Kamura, avec Roschdy Zem dans le rôle principal. Suivent Les Billes du Pachinko (Zoé, 2018, Folio 2020), prix suisse de littérature et Alpes-Jura, Vladivostok Circus (Zoé, 2020, Folio 2022), sélectionné pour le prix Femina et Le vieil incendie (Zoé, 2023) qui a été finaliste du prix Médicis, dans la sélection du prix Femina et lauréat du prix Wepler. Elisa Shua Dusapin publie également en jeunesse Le colibri (La joie de lire, 2023), illustré par Hélène Becquelin, qui obtient le prix suisse de littérature. Elle collabore régulièrement à des projets dramaturgiques. Ses quatre romans sont traduits dans plus de 35 langues.







Mon avis



Elisa Shua Dusapin est à Beyrouth la nuit du 7 octobre 2023 pour un festival littéraire. Elle vit les coupures d'électricité, d'eau, pas de batterie, la violence sur place. Rapatriée en Suisse, elle a du mal à se reconnecter à son quotidien. Elle a besoin de comprendre, c'est nécessaire. Entre août 2024 et février 2026, elle sillonne la Jordanie, la Cisjordanie, Israël et les territoires palestiniens. Elle rencontre, questionne, apprend l'arabe, participe à des groupes de paroles, apprend la plomberie avec des femmes jordaniennes, partage leur quotidien.



C'est un témoignage autobiographique à la première personne et non pas une fiction. Le besoin de se confronter à la région pour comprendre la frontière physique et intime et découvrir la résilience et la liberté.



Une écriture authentique, sincère qui nous fait vivre avec elle le quotidien. C'est fort, puissant, on a le sentiment d'y être. Un récit lumineux qui donne un autre regard sur cette région du monde.

Ma note : 9/10


 Les jolies phrases

Je viens d'un pays sans guerre ! pourtant la guerre est dans ma vie. 

Il faut de l'intelligence pour aimer, du cœur pour comprendre.

C'est normal d'avoir peur.  Pense au sol.  Ne pense qu'à ton corps qui s'enfonce dans le sol. Le reste, tu sais.

Mais si une femme fait comme un homme en public, elle manque à l'honneur.  Tu sais ce que c'est, l'honneur ?  Non, bien sûr.  Vous ne pouvez pas comprendre.  je vais t'expliquer.  Si un homme permet à une femme de se ridiculiser, il mérite autant qu'elle d'être tué.  Si t'étais ma femme, je pourrais te tuer pour moins que ça. 
T'es pas chez toi ici.  Tu arrêtes de dire n'importe quoi. 

Le monde dans lequel j'ai grandi prend des directions que je ne suis pas.
Je dois franchir des frontières. C'est un défi. Peut-être une insolence. Chercher à comprendre. Aller chercher. Vérifier que je suis libre. Je n'ai pas besoin d'autre raison. Je suis ivre de frontière et de liberté.

Le capitalisme tue nos valeurs, l'occupation tue notre mémoire culturelle et religieuse. J'ai peur de perdre ma vie. Mais aussi mon héritage mémoriel.

J'ai moins peur des bombes que de l'amour.