Dans la jungle - Adeline Dieudonné
L'iconoclaste
Parution : 02 avril 26
Prix : 22.50 €
Une jolie villa dans le Brabant wallon, l’été à la mer, l’hiver au ski, deux enfants : Aurélie et Arnaud se sont construit une vie qui leur ressemble. Pourtant, un soir d’été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider. Adeline Dieudonné rembobine le film de l’histoire de ce couple, du premier regard à la mise en place d’un quotidien bourgeois. À chaque étape, la mécanique prend forme sous nos yeux, insidieuse, inéluctable. Chronique d’une mise à mort annoncée, ce roman haletant nous entraîne au cœur de la bourgeoisie belge, où il est courant de tutoyer son banquier et où la violence se dissimule derrière les façades de briques blanches.
Adeline Dieudonné
Source : L'iconoclaste
Le décor est planté mais que s'est-il passé dans cette famille aisée, donnant l'apparence d'un couple solide dans un quartier bourgeois du Brabant Wallon ? Adeline Dieudonné nous décrit la jungle et nous propose de remonter le temps pour comprendre comment s'installe petit à petit la domination, quand l'amour cesse et devient un terrain de prédation.
C'est au scalpel, avec minutie qu'elle décortique les petits détails insidieux qui vont construire cette dépendance, cette emprise et violence conjugale : un silence, un regard méprisant, des humiliations répétées, une jalousie de plus en plus grande, un contrôle de tout allant jusqu'à la géolocalisation.
C'est quatorze ans de vie depuis la rencontre jusqu'à la catastrophe finale, la tension est croissante durant tout le récit, la psychologie et profondeur des personnages est excessivement bien décrite. C'est une écriture sèche, précise, sans pathos qui accompagne le récit. J'ai beaucoup aimé , c'est bien documenté mais il m'a manqué un petit quelque chose, les descriptions précises des mécanismes ont peut-être enlevé l'émotion ressentie lors de la lecture.
Ma note : 8.5/10
On rêve toujours de ce que l’on n’a pas et pour finir la réalité déçoit.
Il aimait l'ordre. Et comme il aimait l'ordre, il se délectait aussi du désordre car il promettait le rangement, la remise à niveau.
La surveillance permanente, la rigidité de leur vie, soumise à des règles toujours plus nombreuses à mesure que les enfants grandissaient, la façon qu'il avait de hausser les sourcils quand elle se servait un verre de vin ou qu'elle commandait un dessert au restaurant. Quand il s'absentait pour le boulot ou pour une compétition, elle ne pouvait s'empêcher de penser.
Les caméras l'empêchaient de préparer le moindre sac, elle envisagea un moment de lui dire qu'elle partait en week-end avec les enfants pour pouvoir emmener au moins le minimum mais le délai était trop serré, jamais elle ne planifiait quoi que ce soit à si court terme, ça éveillerait ses soupçons. Elle ne pourrait même pas prendre les cartes d'identité de Diego et de Lily, qu'il gardait dans son portefeuille. Elle disposerait d'une trentaine de minutes, entre le moment où il quitterait la maison avec les petits le matin et celui où elle se mettait en route d'habitude. A priori il n'y avait aucune chance qu'il l'observe via les caméras durant cet intervalle. Ça lui laisserait juste le temps de jeter quelques vêtements dans une valise, son ordinateur, quelques objets rassurants pour les enfants, ses albums photos et sa caisse à souvenirs, le reste, elle le rachèterait.
C'était comme abandonner sa maison lors d'un incendie.













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