samedi 28 février 2026

Hors-champ / Marie-Hélène Lafon

 Hors-champ   /  Marie-Hélène Lafon
















Buchet Chastel
Parution : 02/01/26
Pages :
Isbn : 9782283041604
Prix : 19.90 €



Présentation de l'éditeur



Gilles est le fils, celui qui devra tenir la ferme. Claire, la sœur qui n'est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études.

La ferme est isolée de tous. C'est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence.

"Hors champ" traverse cinquante années. Dix tableaux, dix morceaux de temps, détachés, choisis ; le lecteur y pénètre tantôt avec elle, Claire, tantôt avec lui, Gilles. L'auteure fait alterner ces points de vue, toujours à la troisième personne, en flux de conscience.

Les parents, la sœur et le frère, et les autres - au bout du monde où ils se tiennent encordés, impuissants tous les deux.

"Hors champ" est le onzième roman de Marie-Hélène Lafon.

 
Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon est une professeure agrégée et écrivaine française.

Née dans une famille de paysans, elle est élève à l'Institution Saint-Joseph (collège) puis à La Présentation Notre-Dame (lycée) deux pensionnats religieux de Saint-Flour.

Elle part ensuite étudier à Paris, à la Sorbonne, où elle obtient une maîtrise de latin et le CAPES de lettres modernes. Elle obtient également un Diplôme d'études approfondies (DEA) à l'Université Paris III-Sorbonne Nouvelle puis un doctorat de littérature à l'Université Paris VII-Denis Diderot.

Elle devient agrégée de grammaire en 1987. Elle enseigne le français, le latin et le grec dans le collège Saint-Exupéry, Paris 14e, en banlieue parisienne, dans un collège situé en Zone d’Éducation Prioritaire, puis à Paris, où elle vit.

Elle commence à écrire en 1996, à 34 ans. Son premier roman "Le soir du chien" (2001) est récompensé par le prix Renaudot des lycéens en 2001.

Elle avait précédemment écrit des nouvelles - pour lesquelles elle ne trouvait pas d'éditeur - dont "Liturgie", "Alphonse et Jeanne", qui seront publiées l'année suivante dans le recueil "Liturgie" (2002), récompensé par le prix Renaissance de la Nouvelle en 2003. Elle préside le prix littéraire des lycéens de Compiègne en 2003-2004. En 2015, le téléfilm "L'Annonce" est adapté de son roman éponyme de 2009, réalisé par Julie Lopes-Curval, avec Alice Taglioni et Éric Caravaca, produit par Arte.

Lauréate de nombreux prix, Marie-Hélène Lafon obtient le Prix du Style 2012 pour "Les Pays" et le Prix Goncourt de la nouvelle en 2016 pour "Histoires". Elle reçoit le Prix Renaudot 2020, pour son roman "Histoire du fils".

Célibataire et sans enfant, son département d'origine, le Cantal, et sa rivière, la Santoire, sont le décor de la majorité de ses romans.     

Source : Babelio

Mon avis

On retrouve Gilles et Claire, deux personnages de son précédent roman "Les sources".  Nous sommes bien entendu dans la vallée de la Santoire, dans la ferme familiale pour retracer différents "tableaux" de la vie de Gilles sur cinquante ans, de ses 4 à 55 ans.

L'histoire d'une fratrie, l'interrogation sur leur lien, sur des trajectoires de vie si différentes.  Unis dès la plus tendre enfance, complices, peu à peu les liens qui restent bien présents vont se délier, s'étioler en apparence par la force des choses.  C'est par la force des mots que Claire va les retisser, les conserver en témoignage de son amour fraternel. 

Gilles et Claire sont tous deux enfants de paysans du Cantal, leur enfance rurale est commune et le lien à la terre aussi mais pour Gilles, son destin est tout tracé, il est le fils et il reprendra la ferme quoi qu'il lui en coûte, c'est ainsi, la transmission paysanne, assignation dès l'enfance.

Claire elle, va partir à Paris faire des études de lettres, elle va s'établir là-bas, enseigner et vouer sa vie à l'écriture.  La vallée de la Santoire coule dans ses veines, elle y reviendra régulièrement, brièvement mais entre la fratrie l'écart se creusera de plus en plus.  Elle a les mots, Gilles a du mal à les exprimer, peu à peu, ils perdent le contact physique, la solitude pour Gilles qui a une vie de labeur, de sacrifices, entièrement vouée à sa terre, à ses bêtes au détriment des contacts sociaux sous le joug de la soumission au père, à sa violence. 

Peu à peu c'est l'enfermement, la solitude, le silence et la difficulté de parler, de trouver les mots.   Les mots c'est ce qu'apportera Claire pour s'immiscer dans les labyrinthes intérieurs de Gilles.

Un texte magnifique, une langue fluide, dépouillée, élégante qui nous fait ressentir au plus profond de nous mêmes la condition paysanne contemporaine, l'enfermement dans une condition, le manque de choix.

Magnifique !

Ma note : 9.5


Les jolies phrases

Les gens disent une carrière dans l'Armée, personne ne dit une carrière de paysan.

Elle ne l'embrasse pas, il n'aime pas ça, elle non plus ; si c'est possible, elle le touche, elle pose sa main sur son épaule, elle est plus petite que lui, elle le regarde aux yeux.  C'est de plus en plus difficile, d'attraper ses yeux, son regard.  Il s'ensauvage, elle pense ça dans la grange, le mot monte, malgré les dates et les chiffres dont le mince barrage va craquer, craque.  Il s'ensauvage, ses yeux, ses cheveux, ses habits, tout son corps, il s'ensauvage dans la douleur et la colère, elle ne peut rien.  Ils s'ensauvagent, les trois, seul chacun ; le travail de la ferme, sa routine, les tient et les écrase.  Leur vie est faite comme ça.  Son frère est peut-être derrière les ballots, adossé, il attend qu'elle s'en aille. 


Chercher les mots, les exhumer, les trier, les choisir, et aligner les gestes, balayer, laver, repasser, ranger, elle ne sait pas vivre autrement, elle ne peut pas vivre autrement.

Le plancher craque au-dessus de sa tête, elle tend l'oreille, Gilles est là-haut, à la grange, elle attend un peu, il descendra peut-être ; elle ne peut pas savoir, on ne peut pas savoir ce que son frère pense, ce qui lui fait plaisir ou pas, si quelque chose lui fait encore plaisir.

Elle avance à tâtons aux lisières de la vie de son frère, elle se tient là comme en vigie.

Quand on ne s'entend pas pour travailler ensemble, c'est la force qui finit par commander.

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mercredi 25 février 2026

Zéro déchet - Fabienne et Manuel Capouet

 Zéro déchet  -  Fabienne et Manuel Capouet




















Academia
Parution : 09/09/25
Pages : 244
Isbn : 9782806138989
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

Le professeur Dumont, chef du département d’études des insectes à l’Université de Bruxelles, exerce un contrôle absolu sur son domaine. Profondément misanthrope, il trouve refuge dans le confort impersonnel d’un hôtel de luxe ou dans des relations tarifées.
Alors qu’il célèbre l’inauguration de sa nouvelle invention, un composteur capable de recycler n’importe quel déchet, Dumont voit sa carrière menacée par l’arrivée de la nouvelle directrice des ressources humaines. Mis sous pression, il cède à un accès de rage aux conséquences fatales.
Dumont échappera t-il aux interrogatoires musclés menés par l’inspecteur Vansteenkiste et son robot obsessionnel compulsif ?
Embarquez dans ce récit jubilatoire dézinguant l’intelligence artificielle, les dérives du management ou la psychologie positive, et plongez dans la personnalité complexe d’un personnage qui, à défaut d’adhérer à une modernité qu’il ne comprend plus, tente surtout de renouer avec lui-même.

Manuel Capouet

Né en 1974, Manuel Capouet vit à Waterloo. Expert en chimie environnementale, il a travaillé sur des super-modèles climatiques. Sa nouvelle Tokyo a été sélectionnée en 2012 parmi les meilleurs textes du concours « Crescendo » de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est l'auteur de "Le modèle" en 2017 chez "Diagonales".

Zéro déchet est son deuxième roman.

Fabienne Capouet

Fabienne est professeur de français langue-étrangère.   


Mon avis


Le professeur Dumont est le chef du département d'études des insectes à l'université de Bruxelles.  C'est un sacré personnage, un génie qui vient de créer un immense composteur capable de recycler n'importe quel déchet et d'en digérer une tonne.  Jusqu'ici il était le seul maître dans sa faculté, il y exerçait un contrôle absolu, c'est qu'il faut pas trop le déranger, le professeur Dumont, lui le misanthrope, il aime avoir le dernier mot.  

Tout aurait dû bien se passer lors de l'inauguration mais la Sauterelle - entendez par là, la nouvelle jeune DRH - avec ses nouvelles méthodes managériales, lui a fait péter les plombs, et il a commis l'irréparable, un meurtre !

Faut dire qu'il avait l'habitude d'en faire à sa guise, le professeur Dumont, et qu'il est colérique, faut pas le chercher, ce solitaire vivant le plus souvent à l'hôtel en compagnie tarifée nous raconte ce récit jubilatoire où l'intelligence artificielle, les méthodes managériales nouvelles, coopératives, de pensées positives en prennent pour leur grade.

On y rencontrera L'inspecteur Vansteenkiste et son super flic robot, Oléan.

Cela commence comme une enquête policière mais détrompez-vous, en réalité c'est aussi la psychologie des personnages qui est mise en avant.  On entre dans la tête de Dumont qui partage avec nous ses pensées, ses ressentis sur l'évolution des technologies, la déshumanisation des ressources humaines, les méthodes de management et sa vision de la société.

Un personnage à la fois exécrable et en même temps attachant.

La particularité de ce roman c'est qu'il a été écrit à quatre mains, un duo, de la plume de Manuel Capouet, chimiste de formation et écrivain et de sa sœur Fabienne, romaniste qui prend la plume pour la première fois.


Ma note : 7.5/10

Les jolies phrases

Être au monde, c'est être égoïste.

On ne le rappelle pas assez, mais les ressources humaines restent l'énergie la plus renouvelable qui soit, et elle peut même s'avérer bon marché dans de telles conditions.

Peut-être étais-je arrivé à un point critique.  L'ou ou l'autre soupçon allait germer comme une pustule.  Dès l'apparition de bourgeons de mauvais augure, les "choses" pouvaient évoluer très vite, comme disait l'oncologue.  Mon cancer à moi, c'était la vérité.  Le jour où elle éclaterait, je serais en phase terminale?  Si je supposais la rémission encore possible à ce stade, encore fallait-il savoir comment  traiter la maladie...  La fuite ?  Cela reviendrait à un aveu...

Au fond, je devrais accepter mes paradoxes.  Peut-être que j'avais une place parmi les gens, comme ces insectes qu'on qualifiait de nuisibles et qui étaient pourtant bien utiles.  Je n'avais aucune pathologie, juste un léger déphasage. 

L'affection, c'est comme une fougère, ça pousse sournoisement et soudain on a le cœur envahi de rhizomes.


« Imaginons que nous disposions tous d’une application qui nous permette de tuer en ligne. Nous entrons le nom d’un type, nous le mettons dans le panier, nous décidons d’un jour, d’une heure et hop ! Au moment voulu, le gars est vidé du panier. Il décède d’une crise cardiaque, d’un accident de la route ou de toute autre broutille statistiquement plausible. Pas de scie à métaux, ni de congélateur. Tout se passe loin de nous. Nous aurions tous quelques noms en tête. Il y a quand même sur terre de fameux salauds qui ont suffisamment sévi. On commence par les dictateurs, c’est facile, tout le monde sera content. Après, ça se complique car il faut prendre ses responsabilités, comme on dit. Admettons qu’un petit algorithme nous aide à évaluer si la future victime mérite d’y passer. On examine son historique d’activités. Si la balance penche un peu trop du côté obscur, dommage pour le bonhomme, sinon il est gracié (temporairement). Imaginons que nous ayons chacun droit à cinq commandes par an, sans possibilité d’annuler un achat, que celui-ci soit mûrement réfléchi ou décidé sur un coup de tête. À combien estimerait-on la démographie après quelques années ? Combien de morts pour de petites jalousies ? À partir de quel âge, de quel statut social ou de quel niveau hiérarchique, un type a-t-il une chance de se retrouver dans le panier ?”


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dimanche 22 février 2026

Donald - Stefano Massini ♥♥♥♥♥

 Donald -  Stefano Massini  ♥♥♥♥♥ 



























Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
 Parution : 14 janvier 2026
 Pages : 272
 ISBN : 9782207187609
 Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur



«Donald J. est venu au monde,
selon la volonté de Notre Seigneur
qui a dispensé
Sa bénédiction
sur la maison.»

Si l’on fait la somme des instants fatidiques de nos vies, dix minutes suffisent à définir l’existence d’un être humain.
Ce livre raconte les dix minutes décisives d’un homme qui n’a toujours désiré qu’une seule chose : la domination. Ce n’est pas une biographie, mais plutôt une ballade, un roman picaresque, rythmé et mordant. De sa plume incomparable, Stefano Massini retrace l’odyssée d’un enfant devenu golden boy, puis entrepreneur sans scrupule, le parcours de celui que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Donald Trump.

Mon avis

C'est l'écriture de Stefano Massini qui m'a donné envie de découvrir ce livre, j'avais vraiment envie de savoir comment il allait traiter le sujet et je ne suis pas déçue, au contraire.

Avec son écriture saccadée en vers libres, utilisant la répétition, de manière très théâtrale, il décortique très bien la figure de Donald Trump et nous fait comprendre sa vision des choses.

Au diable l'horizontalité, cet homme d'en bas préfère largement la verticalité, ce n'est pas pour rien qu'il a gravi toutes les échelles pour se retrouver seul au sommet du monde, au sommet de sa tour gigantesque.

Trump est né le 14/06/46 et est en réalité comme bon nombre d'américains, fils d'immigrés.  Sa mère Mary-Ann MacLeod, écossaise de l'île de Lewis, fermière d'origine et son père, Frederick Christ Drumpf, allemand de Rhénanie, avaient déjà compris que le mensonge serait utile.  Coiffeur, puis marchand de soupe avant de s'installer à New York en tant que loueur de biens, son père se fait appeler Fred le Suédois et change son nom en Trump.

Donald dès son plus jeune âge, a compris le sens de la domination et de la compétition, il refuse la discipline, se fait renvoyer de son école.  Ses lectures : la Bible et la vie de George Washington ! 

Très vite guidé par Roy Cohn il apprend que le pouvoir n'a pas de règles, pas de frontières, que plus haut on se trouve, moins on risque.  Le vrai pouvoir c'est ignorer les autres, ne pas se défendre, "L'attaque est la seule défense possible, l'attaque est la seule règle possible".

Il ne comprend pas pourquoi assister le peuple car lui c'est fait tout seul.  Il se rend compte aussi qu'il ne faut faire confiance à personne, il doit agir seul, imposer ses règles et être au sommet de la pyramide mais pour se faire il faut descendre dans la fourmilière, au niveau du peuple et même plus bas.  Pour vraiment contrôler la ville il faut connaître les égouts !

Un récit passionnant, une plume addictive, cela se lit quasi d'une traite, permet de comprendre la vision de ce personnage qui malheureusement n'est pas de fiction.  


Ma note : ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases

Je l'ai gagné,
tu l'as perdu,
si tu ne voulais pas le perdre
il ne fallait pas parier
il m'appartient !

chaque fois
que tu portes un brassard de capitaine
chaque fois
il y a toujours
quelqu'un
qui te l'a donné.

Il existe des moments 
le pire cauchemar
n'est pas un cauchemar
mais une vérité
absolue
dévastatrice.

Le pouvoir de Dieu.
Sur quoi se fonde
le pouvoir de Dieu
sinon sur le fait
qu'il a créé
le paradis terrestre ?
L'homme est un locataire,
Dieu lui a donné l'immeuble. 

Je te le garantis,
ces gens apprendront la leçon.
Plus encore
je tiens
à ce que tu l'apprennes, toi :
l'attaque
est la seule défense possible
l'attaque
est le seule règle possible
quand on veut devenir
en l'espace de quelques années
le souverain incontesté
de New York
le roi Donald 1er
l'homme qui
avant de régner
créa 
la ville. 

Seuls les solitaires
ne restent jamais seuls.
Seuls les solitaires
ne perdent jamais personne.

La domination
n'est pas en haut
elle est là
en bas
dessous



Le fait est
que si les choses changent
changent certainement
changent inévitablement,
certains détails
demeurent intacts
au fil du temps
et ce sont les choses
qui changent autour d'eux.





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samedi 21 février 2026

Cavillore - Jérémie Claes ♥♥♥♥♥

 Cavillore   -   Jérémie Claes   ♥♥♥♥♥




















Héloïse d'Ormesson
Parution : 19/02/26
Pages : 240
Isbn : 9782487819696
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l'époque court toujours. La menace sourde plane encore. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.

Quelle est cette créature qui a déposé à l'aube le cadavre d'une jeune inconnue devant l'auberge de Gourdon ? Que veut-elle exposer ? Nul ne croit vraiment à la thèse de l'accident, et dans le village à la tranquillité bousculée, les langues médisantes accusent les Camillieri, une famille de marginaux récemment installée sur les hauteurs. La rumeur enfle et détourne l'attention des ombres menaçantes qui rôdent. Déterminée à protéger les siens, la mère Camillieri se lance à leur poursuite. Mais le silence s'installe, dense comme la roche qui les cerne, et scelle les lèvres des coupables. Patience... La vérité attend son heure.

Ode à la nature provençale et au lien charnel qui unit la terre et ceux qui y vivent, Cavillore est un roman noir aussi éclatant qu'un orage de montagne. Jérémie Claes embarque le lecteur dans une traque à flanc de falaise et sonde le coeur battant des hommes

Jérémie Claes













Né en 1975, Jérémie Claes est caviste. Il vit entre Bruxelles et Namur, et retourne régulièrement en Provence, à Forcalquier et à Gourdon, le village de sa grand-mère. Après le succès de L’Horloger, prix de l’Evêché - Polars du sud et prix Club thriller, et de Commandant Solane, Cavillore est son troisième roman.   source : Héloïse d'Ormesson


Mon avis

Le corps d'une jeune femme est déposé par une immense chienne devant l'auberge de Gourdon, un véritable mystère !  Personne ne croit à la thèse de l'accident, c'est l'interrogation dans ce petit village de Provence dans l'arrière pays niçois où dominent Cavillore, la montagne et ses mystères.

Sur la montagne un vautour sillonne, observe les habitants de ce petit village de montagne.

Il y a la commère, Léonce, celle qui harangue les touristes en vendant ses savons à côté de l'épicier.

Son petit fils Rémi qui n'a pas bonne réputation et traîne avec sa bande.

Il y a le maire centenaire, Jean-Baptiste, l'aubergiste porté sur l'alcool et son fils Raphaël, victime de la bande à Rémi.

Et puis il y a les "étrangers", la famille Camillieri, installée sur les hauteurs.  Luigi (Louis) et sa femme Ariane, une véritable louve veillant sur sa famille, Lucie, Jonas et Sylvestre, ses enfants et Claude, le frère de Louis un peu simplet.

Au moment des faits arrive Nico qui nous racontera trente années plus tard les faits de l'été 93.

D'entrée de jeu on est capté pat l'écriture de Jérémie Claes qui dans ce troisième roman nous surprend une fois de plus.  La nature, Cavillore est un personnage central de ce roman rural noir.  Il décrit de manière magnifique les sentiers fleuris, la montagne, la roche, le plateau de Cavillore, un peu à la manière de Giono.  Le lien à la terre, le village mais aussi les falaises, les sentiers tortueux, la forteresse, une immersion totale sur les chemins de rando.  On sent le soleil sur la peau, le vent et la pluie de l'orage.   

Une tension au fil du récit, traques, fausses pistes, tout est réuni pour passer un bon moment, il faudra laisser le temps au temps pour que la montagne nous livre ses secrets mais cela en vaut la peine.

L'écriture de Jérémie est comme le bon vin, elle se bonifie de roman en roman, charnelle, riche, visuelle, un vrai plaisir de lecture.  Une ode à la nature et un récit tout en profondeur dans la psychologie des personnages avec une réelle authenticité et sincérité. 

Ma note :  coup de cœur.

Les jolies phrases

Le village ne s’enflamme pas, personne à Gourdon n’appelle à la revanche ou à la justice, non, le village demeure coi. Mais pour qui connaît les pierres et les histoires de cet endroit, pour qui est né sur le Nid d’Aigle, il n’y a rien de plus évident que la tension qui parcourt la rue Principale, celle de l’École, ou la rue Basse, qui grimpe les escaliers, les étages, qui cause aux oreilles. Certains ont leur avis et le partagent d’un froncement de sourcil ou d’une inclination de la tête. On ignore qui est la morte, mais on sait qui l’a tuée.


Un vautour vole contre la montagne, si proche d’elle qu’on craint qu’il ne s’y fracasse. Il glisse sur ses flancs, gracieux et rapide, il se joue de la roche et des arbres, du vent puissant. Cavillore, c’est le nom de la montagne, gonfle sa poitrine au passage du rapace, elle montre ses muscles, bien éveillée ce matin d’été, alors que le soleil n’est pas encore passé au-dessus de Courmette, sa sœur de l’autre côté des Gorges. Les hommes, ici, ne sont rien. La montagne ­ s’appartient.



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jeudi 19 février 2026

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire








Voici les arrivées de la semaine : une bd pour commencer


Les mémés  - À la recherche du temps qui reste   - Sylvain Frécon














Fluide glacial
Parution : 04/02/26
Pages : 56
Isbn : 979 1 0382 0864 3
Prix : 13.90 €

Présentation de l'éditeur


Les Mémés sont de retour pour vivre pleinement leurs plus belles années !
Huguette, Paulette et Lucette ont encore de nombreuses berges devant elles et elles comptent bien en profiter !

Avec sa bande de sacrées mémés, Sylvain Frécon s'attaque à de nombreux sujets d'actualité et de société, mais toujours sous le prisme de l'impertinence, de la légèreté et du franchement drôle.


Du belge au programme, Merci Aurelia Jane Lee, l'occasion de retrouver une jolie plume

Sous le soleil d'Augustine -  Aurelia Jane Lee




















Le livre de papier
Parution : mars 2024
Pages : 302
Isbn : 9782808328999
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Une île, trois jeunes femmes.

Junia a perdu son petit-ami Taylor dans des conditions dramatiques. Sa passion pour l'écologie est tout ce qu’il lui reste pour surmonter son chagrin. Jusqu'à ce qu'elle commence à s'intéresser de près au jeune frère de Taylor, Marcus, atteint du syndrome d'Asperger...

Ava a grandi seule avec son père, propriétaire d’un studio d’enregistrement. Sa vie est marquée par les déceptions sentimentales. Tout change le jour où elle rencontre Magnús, un musicien qui l'aide à sortir de sa carapace...

Scarlett, étudiante douée mais impopulaire, tombe amoureuse du père des fillettes dont elle est la baby-sitter. Pour elle, les ennuis commencent...

Un roman choral et lumineux qui invite à voir nos différences comme des dons et encourage à prendre confiance en soi.


Un second titre qui vient de sortir

Un été bleu saphir   -   Aurelia Jane Lee



















Le livre de papier
Parution : janvier 2026
Pages : 306
Isbn : 9782808339421
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

À dix-sept ans, Sapphire fait tourner toutes les têtes. Surnommée ainsi à cause de ses magnifiques yeux bleus, la jeune fille n’a cependant que faire de plaire aux garçons. Ce qu’elle aime, c’est se baigner dans la rivière, prendre des photos avec un antique Nikon F5 argentique, et écouter les vieux CD de son père.
Le jour où Sapphire disparaît, seul son ami d’enfance semble véritablement s’inquiéter de ce qui a pu lui arriver. Il parvient néanmoins à convaincre Clayton Church, l’adjoint un peu coincé du shérif, de mener une enquête.
Emmett, un voisin secrètement amoureux de Sapphire, a été le témoin de choses dont il n’ose parler à personne. Jusqu’au moment où il réalise que s’il veut protéger la jeune fille, il ferait mieux de livrer ce qu’il sait aux autorités.


On termine avec le dernier Geneviève Damas,  Merci Stéphane pour l'envoi

Trace  -  Geneviève Damas






























Grasset
Parution : 21/01/26
Pages : 208
Isbn : 9782246841227
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Mince, pâle et tendue, Farkass court pour dealer. Cette adolescente solitaire trouve dans le trafic de drogue une source d’argent facile. Pour subvenir aux besoins de sa mère, avec qui elle vit dans une cité délaissée, elle vend de la cocaïne après les cours.
Au lycée, elle est repérée par son professeur de sport pour ses qualités d’endurance. Rejoignant son club d’athlétisme, elle découvre un exutoire, bientôt une passion : la course. Sur la piste, elle découvre des sensations nouvelles ; elle ne pense à plus rien d’autre qu’à son corps, à cette tension enivrante, et elle excelle.
Cette nouvelle occupation devient vite incompatible avec les nouvelles tâches qui lui sont confiées par son supérieur. Trahisons, règlements de compte et tueries se multiplient. Que choisira Farkass à choisir : la course, ou le trafic ?
D’une addiction à l’autre, un roman étonnant, dans la double ligne du célèbre La solitude du coureur de fond d’Alan Sillitoe et du Mean Streets de Scorsese.


Belles lectures !

mercredi 18 février 2026

Les étoiles du silence - Jean-Marc Ceci

 Les étoiles du silence -  Jean-Marc Ceci





















Le soir venu
Parution : 13/03/2025
Pages : 232
Isbn : 9782940797042
Prix : 17.95 €

Présentation de l'éditeur



« C’était il y a longtemps.
Il veut raconter avant d’avoir tout oublié.
Quel âge avait-il ?
Dans sa tête, il n’était encore qu’un enfant. »

Enfant, Peihn ne parle pas. La nuit, il s’enfuit de chez lui, se couche sur le toit des immeubles et regarde les étoiles. Il souffre d’un mal rare et étrange, issu du mystère de nos origines. Perdu dans une existence terne et solitaire, le garçon multiplie les comportements provocateurs, si bien que les convocations au tribunal jalonnent son quotidien. Quand le destin met sur son chemin deux êtres décidés à l’aider, un juge particulièrement bienveillant et une adolescente venue de l’autre bout du monde, Peihn se sent prêt à affronter ses épreuves. Mais comment guérir d’un mal dont on ignore le nom ?
Les Étoiles du silence est un roman saisissant d’une grande sensibilité. Il embarque le lecteur dans un monde sans voix qui peu à peu se trouve et se déploie.


Jean-Marc CECI



Jean-Marc Ceci est écrivain et poète.

Il est titulaire d'un doctorat en théorie du droit ainsi que d'un LL.M en théorie du droit (Université Catholique de Louvain, Académie européenne de théorie du droit, Université de Luxembourg).

Il est l'auteur de trois romans. Son premier roman Monsieur Origami (Gallimard, 2016) est primé à plusieurs reprises et traduit en plusieurs langues. Son deuxième roman, L’herbe dorée (2020), s'inscrit dans un projet d'alphabétisation.

Il collabore également à des projets poétiques et artistiques.

Parallèlement, il accompagne écrivains et éditeurs dans leurs projets et propose des services de coaching, s’appuyant sur une expérience de plus de 20 ans comme indépendant et en entreprise.

Son troisième roman, Les étoiles du silence, a paru le 13 mars 2025, aux Éditions Le Soir Venu.

Source : site de l'auteur


Mon avis

Entre le récit initiatique et le conte philosophique, "Les étoiles du silence" nous raconte le parcours de Peihn, un enfant qui ne parle plus depuis deux ans.  Peihn se réfugie dans le silence, dans son monde imaginaire pour combler le vide, la solitude qu'il porte en lui.  Difficile pour lui d'être au monde, de comprendre ce qu'il ressent, une sorte de deuil, il se sent incomplet.

Peihn vit à Guennaroq, une ville imaginaire dans les terrils du Borinage.  Il habite à la villa Melisande dans une famille dysfonctionnelle, avec la Girolama (son arrière-grand-mère), Nathalie sa maman, silencieuse elle aussi, toujours devant la fenêtre attendant celui qui ne vient jamais, et puis il y a ses sœurs Hannah et Clémentine.

La nuit, Peihn fuit, s'évade et grimpe sur les toits en compagnie de ses amis imaginaires ; Glenny, Aïfa la lionne, et ils s'évadent vers la savane africaine.  Il adore contempler les étoiles, silencieuses comme lui.

Un soir, en descendant du toit, il est attiré par de la musique, un duduk arménien, c'est "ce qu'il aime le plus au monde " pense-t-il.  La porte est ouverte, il rencontre Peditus Wein, un vieil homme essayant de terminer un poème depuis 40 ans, il rencontrera aussi Muskaan, Adelaïde, des rencontres qui devraient peut-être le mener sur le chemin de la guérison. Et puis il y a aussi le juge Artorius Wesley qui sur le toit du palais de justice lui parle des étoiles.


Les arts vont le guider, la poésie, le chant, la musique, le dessin, au fil des rencontres, Peihn pourra peu à peu trouver sa voie.  Une écriture épurée, allant à l'essentiel avec une forme poétique, des blancs pour les silences.  Un récit sur le poids du passé, la transmission des non-dits, l'oubli, le mystère des origines.

Très beau récit à découvrir au plus vite.

Les jolies phrases

Elles sont comme moi, pense Peihn. Elles vivent sans parole. Ou alors parlent et le bruit du jour recouvre leurs voix nocturnes.

La souffrance demeure de ne pas avoir trouvé en ses parents le refuge contre les lois du monde.

Notre propre vérité parfois nous échappe et nous oublions des pans entiers de notre histoire. 

Il faut faire confiance à ce que l'on ressent parce que c'est notre seule vérité dans notre solitude.

Quand on n'a plus besoin des gens, on se rend compte qu'on les désire encore.

On voudrait tant qu'une mère porte en elle toutes les réponses du monde, mais ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent. 

Les décisions sont faciles à prendre quand on n'a rien à perdre et tout à découvrir.

Toute obscurité a une part de lumière.

J'ai appris que les hommes n'aiment pas les femmes qui marchent parce qu'une femme qui marche n'a pas besoin d'un homme, et un homme qui sait que l'on n'a pas besoin de lui se sent seul et inutile, comme un chien de berger se sent perdu dans troupeau à garder.

Je pense que d'une certaine façon nous sommes, nous tous sur cette terre, des êtres arrachés.  Chacun à sa manière. Arrachés à un frère, une mère, un rêve, un désir.  Mais cette partie de nous qui est restée debout est encore disponible et promise à quelque chose d'autre qui peut encore venir. 

Comment se fait-il qu'avec le temps l'on oublie ce qui était si important à nos yeux ? 

Avec l'apparition de la parole, l'homme a aussi créé le non-dit.

Toute ma vie je porterai un deuil étrange, dans sa cruauté de te savoir présent en un ailleurs auquel je n'aurai jamais accès.


Du même auteur j'ai lu

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dimanche 15 février 2026

Je suis capable - Déborah d'Hostingue /Réza Dalvano

 Je suis capable  -  Déborah d'Hostingue /Réza Dalvano





















Les Arènes jeunesse
Parution : 05 février 2026
Dessin : Reza Dalvano
Pages : 44
Isbn : 9791037515384
Prix : 14 €
Lectorat : à partir de 5 ans


Présentation de l'éditeur




Un album pour accompagner les enfants dans leurs moments de doute et développer leur force intérieure.

Se séparer de ses parents le matin, se faire de nouveaux amis, parler devant tout le monde, ne pas réussir du premier coup … Autant de moments de défi, où l’enfant peut perdre confiance en lui. Pourtant, la confiance peut revenir. Cet album permet à l’enfant de retrouver une sécurité intérieure pour être à nouveau capable d’oser, de s’affirmer et de se relever de ses échecs. Et de pouvoir dire à son tour « Je suis capable ».



Déborah d’Hostingue



Déborah d’Hostingue est psychologue et thérapeute, spécialisée dans l’accompagnement des enfants, de leurs émotions, et de la relation parents-enfants. Elle reçoit des familles depuis plus de quinze ans, ce qui l’inspire pour créer des textes jeunesse au plus proche de la réalité et des besoins de ses petits patients. Elle est également formatrice en thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) et instructrice de pleine conscience avec la méthode Eline Snel.



Reza Dalvand


Reza Dalvand est un auteur-illustrateur iranien, diplômé des Beaux-Arts de Téhéran. Ses publications, en majorité destinées à la jeunesse, portent plus particulièrement sur l’éveil de l’enfant. De nombreuses fois primés, ses livres sont publiés dans le monde entier. Aux Arènes, il a publié Entre toi et moi (écrit par Catherine Gueguen) et J’ai le droit.

Mon avis

Que l'on soit enfant ou adulte, on doit bien s'avouer que parfois nous sommes pris de doutes, de craintes, de peurs, choses en fait on ne peut plus normales.  Mais lorsque l'on est enfant, ces doutes, ces peurs peuvent être un frein, prendre plus de place.  Au lieu de leur dire "Tu peux le faire", ne serait-il pas plus efficace de dire "tu en es capable" !

Tu es capable même si tu doutes, c'est normal d'avoir peur, de se sentir découragé, nul parfois mais tu as en toi les capacités.   Observe les autres, échange un sourire, pense à quelqu'un que tu aimes, écoute toi, fais les choses à ton rythme, n'abandonne pas, persévère et tu verras tu es capable de plus que tu ne le crois.

Voilà le message de ce livre, prendre peu à peu conscience, prendre confiance en soi, l'essentiel est d'essayer, pas grave si tu te trompes, c'est comme ça que l'on apprend à faire des choix, à se sentir en sécurité grâce à la bienveillance.

Un petit album positif  qui fait grandir.







samedi 14 février 2026

Le jour avant le bonheur - Didier Tronchet et Christian Durieux ♥♥♥

Le jour avant le bonheur -  Didier Tronchet et Christian Durieux




















Futuropolis
Parution : 20 août 25
Scénario : Didier Tronchet
Dessin : Christian Durieux
Pages : 80
Ean : 9782754841962
Prix : 17 €


Présentation de l'éditeur


Nous sommes à Naples, dans l’immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, vit sous la protection du concierge, Don Gaetano. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains. Mais Don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l’image d’une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d’une partie de football dans la cour de l’immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l’aide de Don Gaetano...

Didier Tronchet adapte le roman d’Erri De Luca en une bande dessinée fluide et poétique, tandis que Christian Durieux recrée la cour de l’immeuble en un petit théâtre d’ombres et de lumières qui donne à cette fable une touche de merveilleux, avec un dessin élégant et mélancolique. 


Didier Tronchet

Didier Tronchet est né en 1958 à Béthune, et vit aujourd'hui à Lyon.

Il y a Didier, il y a Tronchet, et il y a Didier Tronchet. Trois personnes en une, oui, et ne questionnez pas, faussement ingénus : comme la sainte Trinité ?

Didier, Vasseur de son nom, est né dans le Nord-Pas-de-Calais. Didier est un enfant reclus dans sa chambre, à griffonner des bédés, à s’inventer des histoires de Tintin. Avec, déjà, la dérision comme blason, qui est au Nord-Pas-de-Calaisien ce que l’absurde est à l’Anglais et le surréalisme au Belge. Dérision, mâtinée de causticité, que l’École Supérieure de Journalisme à Lille et les premiers pas au Matin de Paris lui apprennent à greffer sur le réel, le vécu et le vrai.

Tronchet, sans prénom, pseudonyme un peu olé olé inspiré d’une rue de Paris, entre Opéra et Madeleine, se choisit une famille : les auteurs de la revue américaine Mad, Gotlib et ses parodies, Goossens et son non-sens. Ses frères de misère se nomment alors Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal. Sont-ce ses questionnements de père quadragénaire ? Quoi qu’il en soit, Tronchet se donne un prénom, le sien, tant qu’à faire, pour revendiquer la gravité, la tendresse, l’amour ou l’amitié dans des livres où éclate, traits vifs et libérés, « ce pathétique de l’ordinaire qui est peut-être le sens profond de son œuvre » (1). Témoin Là-Bas, adaptation de Bleu Figuier, un roman d’Anne Sibran, la femme de sa vie, ou encore La Gueule du loup, où virevolte, humour décapant et rythme endiablé, la ronde implacable des sentiments et des désirs.

(1) PASCAL ORY, in Lire, décembre 2003 - janvier 2004.

Son site : www.tronchet.com    SOURCE : Futuropolis


Christian Durieux

Christian Durieux est né en 1965 à Bruxelles et vit aujourd'hui près de Bordeaux.

La passion pour l’image, son goût pour les mots et les histoires ont amené Christian Durieux très tôt à la bande dessinée. Quelques planches publiées dans le magazine Tintin Reporter, une série de travaux d’illustration et de publicité lui servent d’apprentissage.

1989. Avel, textes de Jean Dufaux.

1999. Benito Mambo montre une autre facette de son œuvre, plus humoristique (collection Tohu-Bohu, Les Humanoïdes Associés).

2000. Christian Durieux entame Mobilis, scénario d’Andréas.

2001. Début de la série jeunesse Oscar, avec Denis Lapière.

2003. Columbia, récits de Jean-Luc Cornette avec qui il réalise Central Park en 2005.

2007. Le Pont, première publication chez Futuropolis.

2008. Les Gens honnêtes, en collaboration avec Jean-Pierre Gibrat.

2009. Deux livres paraissent simultanément aux éditions Futuropolis : L'un comme scénariste, La Maison d'éther, en collaboration avec Denis Larue (co-scénario et dessin), l'autre comme dessinateur, Appelle-moi Ferdinand, avec, au scénario Hervé Bourhis et Christophe Conty.

2011. Un enchantement, éditions Futuropolis, en coédition avec le Musée du Louvre.

2017. Geisha, le jeu du shamisen, scénario Christian Perrissin.

Source : Futuropolis

Mon avis

Nous sommes à Naples dans l'après-guerre. Erri est un orphelin, passionné de foot.  Il vit dans un réduit abandonné par sa mère adoptive et Gaetano, le concierge l'a pris sous son aile. 

Naples et ses grands immeubles, aux ruelles étroites, le soleil qui réverbère sur les vitres parvenant à se faufiler dans les cours étroites.  Les enfants jouent au foot et Gaetano va un jour récupérer un ballon sur la terrasse du 3ème étage.  Ce moment va changer sa vie.  Il grimpe par la gouttière, et là sur la terrasse, il aperçoit une petite fille, immobile, les mains sur le cœur qui la scrute.  Elle va le hanter, ne pas le quitter.  

Un jour, en voulant récupérer sa balle, il est arrivé dans une cache, une cave, un repère qui a ses secrets que Gaetano lui racontera. Il y découvrira une autre passion, celle de la littérature.

Gaetano aussi a ses secrets, il sera un peu le mentor de notre jeune garçon, que l'on retrouvera dix ans plus tard.  Il aide le concierge lorsque celui-ci est occupé. Un jour une dame demandera à voir l'appartement du troisième, il en est certain, il l'a déjà rencontrée.

Un magnifique récit initiatique proposé par Erri de Luca sublimé par cette adaptation de Didier Tronchet et le graphisme de Christian Durieux.

On ressent la chaleur, le jeu de la lumière dans les ruelles, l'ombre et la lumière mais aussi la mélancolie des personnages, les nuances de couleur faisant ressentir la chaleur, la moiteur. Quelle bonne idée de représenter Gaetano sous les traits d'Erri de Luca et sa bienveillance !

Ce roman graphique c'est l'enfance, la nostalgie, la découverte de l'amour et le passage de l'enfance à l'adolescence.  Ce qui s'apparente à une fable est en réalité une tragédie grecque.

A lire et relire tellement c'est beau, une réelle cohérence entre le texte et le graphisme.

Un excellent moment de lecture.

Ma note : *****


Les jolies phrases  

Quand ils deviennent un peuple, les gens sont impressionnants. 

Les enfants sont des explorateurs infatigables et veulent connaître les secrets..


vendredi 13 février 2026

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire





Une autrice belge que je dois absolument découvrir : Clarence Pitz !  Une parution chez Folio que je remercie. 


Les enfants du serpent 















Folio polar  1065
Parution : 12/02/26
Première édition: IFS PHENIX NOIR 2023
Pages : 416
ISBN :
9782073035851
Prix : 9.50 €


Présentation de l'éditeur

2012. Un groupe de miliciens surnommé les « arracheurs » attaque le village de Bumia, en République Démocratique du Congo. Parmi les victimes, Gloria et sa fille Phionah. L’âme blessée, la chair ravagée, elles s’enfuient, laissant derrière elles un champ de cendres.
2017. Au cœur de Bruxelles, un corps mutilé gît dans un caniveau. L’inspecteur Karel Jacobs reconnaît la signature des arracheurs. À l’approche du procès d’un d’entre eux, Jacobs craint que les témoins du massacre ne soient en danger et se lance dans une course contre la montre pour les protéger. Mais on ne fraie pas impunément avec l’innommable…


Une plume suisse que je suis depuis longtemps , merci Slatkine éditions 

Les corbereaux  -  Anne-Frédérique Rochat



























Slatkine
Parution : 31/01/26
Pages : 194
Isbn : 9782832114308
Prix : 24 €

Présentation de l'éditeur

Un beau jour, M. Corberaux, homme riche et influent, rencontre Agathe, qui vit dans la rue. Pour la sortir de la pauvreté, il lui propose un hébergement et du travail. La jeune femme accepte avec soulagement, avant de le suivre sur l'île où il vit avec son épouse. Elle découvre alors le superbe manoir dans lequel ils habitent, et qui deviendra ¿ pour un temps ¿ sa maison. L'histoire commence comme un conte de fées, mais très vite, la corne de brume qui sonne au loin a des airs d'avertissement.

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Deux réceptions jeunesse, aussitôt reçus, aussitôt lus

Je suis capable  -  Déborah d'Hostingue /Réza Dalvano




















Les Arènes jeunesse
Parution : 05 février 2026
Dessin : Reza Dalvano
Pages : 44
Isbn : 9791037515384
Prix : 14 €
Lectorat : à partir de 5 ans


Présentation de l'éditeur


Un album pour accompagner les enfants dans leurs moments de doute et développer leur force intérieure.

Se séparer de ses parents le matin, se faire de nouveaux amis, parler devant tout le monde, ne pas réussir du premier coup … Autant de moments de défi, où l’enfant peut perdre confiance en lui. Pourtant, la confiance peut revenir. Cet album permet à l’enfant de retrouver une sécurité intérieure pour être à nouveau capable d’oser, de s’affirmer et de se relever de ses échecs. Et de pouvoir dire à son tour « Je suis capable ».


Le meilleur moment de la journée  -  Eglantine Ceulemans



















Les arène jeunesse
Parution : 5 février 2026
Pages : 44
Isbn : 979-10-375-1524-7
Prix : 14.90 €
A partir de 3 ans


Présentation de l'éditeur


Dans chaque journée se cachent des bonheurs minuscules.

C’était quoi, toi, le meilleur moment de ta journée ?

Une question toute simple qui invite les enfants à revenir sur les bonheurs minuscules qui font les grands moments d’une journée.


Trop envie de celui-ci qui est en lecture 

Hors-champ   /  Marie-Hélène Lafon
















Buchet Chastel
Parution : 02/01/26
Pages :
Isbn : 9782283041604
Prix : 19.90 €



Présentation de l'éditeur



Gilles est le fils, celui qui devra tenir la ferme. Claire, la sœur qui n'est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études.

La ferme est isolée de tous. C'est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence.

"Hors champ" traverse cinquante années. Dix tableaux, dix morceaux de temps, détachés, choisis ; le lecteur y pénètre tantôt avec elle, Claire, tantôt avec lui, Gilles. L'auteure fait alterner ces points de vue, toujours à la troisième personne, en flux de conscience.

Les parents, la sœur et le frère, et les autres - au bout du monde où ils se tiennent encordés, impuissants tous les deux.

"Hors champ" est le onzième roman de Marie-Hélène Lafon.


Un passage en librairie car suis trop curieuse de découvrir ce livre dans la sélection du prix de librairies indépendantes.


Lequel de nous portera l'autre ? Violaine Lison




















Esperluète éditions
Parution : octobre 2025
Pages : 208
Isbn 9782359842029
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur


Ce n’est pas Léonce qui surgit dans ma vie un jour de mars 2014. Pas encore lui. Mais un autre. Qu’il connaît. Ça, je ne le sais pas encore. Je ne sais rien de toute façon. Cet après-midi-là. Rien de Léonce. Rien de l’autre. Rien de cette incroyable rencontre qui m’attend.


Quand Violaine Lison reçoit en dépôt les carnets de Léonce Delaunoy, elle est frappée par la beauté et la force de l’écriture de ce jeune homme mobilisé comme brancardier lors de la Première Guerre mondiale.

Malgré l’horreur des tranchées, Léonce reste à la fois proche de la nature – décrivant comme personne les paysages, l’Yser, les oiseaux… – et de ses idéaux d’amitié. Le récit de la « guerre de Léonce » se déploie sous les yeux de Violaine. Pourtant, très vite elle sent que « quelque chose » ne va pas. Des manques apparaissent. Des incohérences. S’agit-il d’un faux, d’une retranscription ? Une forme d’enquête historique et littéraire commence…

Au fil de ses recherches, l’autrice retrouve les carnets originaux et comprend que le journal de Léonce a été recopié par Paul, un ami très proche de Léonce. Mais la retranscription est lacunaire. Les parties censurées parlent de l’absurdité de la guerre, du désespoir, de l’envie de mourir, mais aussi d’une amitié amoureuse pour Herman, troisième personnage de cette histoire.

Quel intérêt avait cette censure ? Faire de Léonce un héros ? Gommer l’amour porté à un autre homme ? Violaine ne tranche ni ne juge, elle tisse son récit entre les carnets, approche la vie de Léonce tout en racontant sa propre quête.

Lequel de nous portera l’autre ? est un récit polyphonique, où les voix de Léonce et de Violaine s’entremêlent, se répondent et se questionnent. Cent ans les séparent, pourtant le texte de Léonce Delaunoy résonne avec une modernité frappante. Et c’est tout l’art de Violaine Lison que de nous ancrer dans le réel tout en laissant une place à l’inattendu des mots. Il en naît une rencontre rare et précieuse.

L’enquête menée par Violaine Lison lui a permis de récolter de nombreux objets : carnets, boutons, lettres, mouchoir, éphémérides... Témoins de la vie de Léonce, ces objets ont été photographiés et intégrés au texte.


Une surprise jeunesse

Sœurs de chœur  -  Lyra     /   Anne Loyer



















Casterman jeunesse
Parution : 04/02/26
Pages : 160
Isbn : 9782203300156
Prix : 9.90 €
Dès 9 ans

Présentation de l'éditeur

On dit que la musique adoucit les mœurs... dans cette famille, elle rapproche les sœurs !

Depuis des semaines, Lyra se prépare pour l’audition de flûte qui lui permettra d’impressionner Léonard Belcanto, son père chef d’orchestre… mais dans sa tête se joue une vraie tempête. Elle s'interroge sur l'absence d'attention de ce père qui refait sa vie de son côté et semble la remplacer, elle s'alarme de ne pas être prête le jour J et, pour couronner le tout, elle doit gérer les amours de sa sœur Antara avec le doux Virgile... Courageuse, assidue et attentive aux autres sans même s’en rendre compte, Lyra va tout faire pour que sa famille entière soit réunie lors de l’audition et s’assurer que ce petit monde reste accordé !


Un joli graphique chez Grand Angle


La nouvelle Arcadie - Juanjo Rodriguez J























Grand Angle
Parution : 28/01/26
Pages : 152
Isbn : 979 1 0411 0287 7
Prix : 23.90 €

Présentation de l'éditeur


“Dans un village où le temps semble s’être arrêté, certaines légendes refusent de disparaître...”
Fin des années 60. Prométhée Foiemangé, jeune employé d’une puissante multinationale, est envoyé dans un village méditerranéen pour acquérir les terrains afin d’y bâtir un ambitieux complexe touristique : La Nouvelle Arcadie.


Les habitants y voient la promesse d’un avenir meilleur, sauf une famille : les Nomdedieu.
Le patron de Prométhée lui intime de briser l’unité de ladite famille, propriétaire du morceau de côte le plus précieux, de les diviser pour mieux les faire plier ! Il s’installe dans leur hôtel et commence une douce manœuvre de manipulation. Il les approche méthodiquement un à un et découvre un clan excessif, fascinant, explosif… et comprend que son projet touristique pourrait détruire bien plus qu’un vieux domaine en ruine.
Un parfum d’éternité flotte en effet dans l’air, et certaines forces, anciennes ou nouvelles, ne se laissent pas acheter facilement..

La suite de "rue de la grande Truanderie"

La mort de l'utopie   -   JD Morvan - Rousseaus Perin



























Grand Angle
Parution : 28/01/26
Pages : 58
Scénario : Jean-David Morvan
Dessins : Romain Rousseaux Perin
Couleurs : Hiroyuki Ooshima
Prix : 15.90 €

Présentation de l'éditeur


Il voulait fournir l’équivalent de la richesse à la classe ouvrière.
Elle voulait une utopie durable.

Glannes, connue sous le nom de Madame Fourier, est enlevée par Émile Godin, alias Maître Caïus. Obsédé par la jalousie, il tente, par l’hypnose, d’effacer ses souvenirs et de détruire l’utopie qu’elle a fondée à Paris pour les rebuts de la société. Prêt à tout, il cherche à la briser.
Lorsque Jean-Baptiste Godin, père adoptif de Glannes et fondateur du Familistère de Guise, découvre ce que son fils Émile prépare, il s’y oppose aussitôt. Pour autant, le face-à-face entre les deux hommes révèle la profonde distance idéologique entre l’utopie de Godin, créée pour le monde ouvrier, et celle que Glannes tente de réinventer pour le monde du crime. Combien de temps Glannes pourra-t-elle encore résister ? Et quel sera le prix de ce combat pour le Familistère de Paris et celui de Guise ?
L’utopie semble s’éteindre, emportant avec elle les espoirs de ceux qui rêvaient de changer le monde...

Joie de retrouver la plume de Giuseppe Santoliquido

Lettres à l'autre  -  Giuseppe Santoliquido



























Ker éditions
Parution : 20/03/26
Pages : 110
Isbn : 9782875865328
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Dans une ferme écrasée de chaleur ou entre les murs d'une prison, des lettres s'écrivent, adressées à une femme appellée l'Autre. Un amour comme refuge, comme seul recours. Mais qui est cette femme ? Et que cherche-t-on à sauver en lui écrivant ?
Giuseppe Santoliquido mêle suspense et poésie dans une exploration sensible de la relation de couple, où s'entrelacent amour, loyauté et culpabilité.


On termine avec une surprise en provenance de  "Les ateliers de l'escargot"

Fêlée  -   Isabelle Félix
















Les ateliers de l'escargot
Parution : janvier 2026
Pages : 278
Isbn : 9782931153017
Prix: 22 €

Présentation de l'éditeur



« Fêlée », un récit vibrant sur la maladie mentale
Isabelle Félix raconte son histoire, celle d’une femme en prise avec la maladie mentale et le silence qui grandit autour de ses « crises ».

L’autrice raconte comment elle a nié, dénié sa maladie et comment ce déni, partagé par son environnement, a créé le terreau du drame. Elle nous livre aussi son parcours face aux institutions psychiatriques et les voies qu’elle a trouvées pour vivre plutôt que survivre.


Belles lectures