dimanche 21 juillet 2024

Désobéissance - Salvatore Minni

 Désobéissance - Salvatore Minni












Harper Collins Poche
Première éditions : M+ 
Parution : 03/04/2024
Pages : 336
ISBN: 9791033915973
Prix : 8.3 €


Présentation de l'éditeur



Un thriller diabolique et addictif sur la folie d’un père et ses traumatismes d’enfance

À son retour d’un voyage d’affaires, Guillaume voit son existence basculer. Son ex-femme et sa fille, Mia, sont retrouvées entre la vie et la mort. Malgré les soins prodigués par les secours, Mia finit par décéder. La perte brutale des deux êtres qui lui étaient le plus cher est un tournant pour Guillaume : ce traumatisme fait resurgir des fantômes du passé, le transformant peu à peu en ce père qu’il détestait. Guillaume décide alors de reconstituer sa famille à tout prix, mais jusqu’où sera-t-il prêt à aller ?

Une histoire sombre qui prend place à Bruxelles dans une ambiance à la fois oppressante et mystérieuse.

Salvatore Minni

Salvatore MINNI  entreprend des études de traduction avant d’exercer, entre autres, le métier de professeur de FLE qui lui permettra de transmettre sa passion à ses étudiants.
Son premier roman Claustrations a remporté le « Prix Mot Passant », « Coup de Coeur 2019 du Jury du Prix du Balai » et a également été finaliste de deux autres prix littéraires : « Prix Découverte Mines Noires 2019 » et « Auteurs Inconnus 2018 ».
En 2019, Salvatore revient avec Anamnèse, un second thriller psychologique, finaliste du « Prix des lecteurs Club » et du « Prix découverte de Noir Charbon ».

Source M+




Mon avis

Un auteur belge perdu trop longtemps dans ma Pal, c'est le troisième roman de Salvatore Minni et c'est avec celui-ci que je découvre sa plume.  J'ai été scotchée, une lecture addictive, impossible de le poser tellement c'est bien construit, fluide et rythmé.

Guillaume est divorcé, il est en voyage d'affaires à l'étranger lorsque suite à un cambriolage son ex- femme et sa fille Mia sont tuées par leur agresseur.  Sa fille, c'était son équilibre, sa raison de vivre.  Guillaume a eu une enfance compliquée, un père dominateur, manipulateur, il avait réussi à se reconstruire grâce à un traitement médical.  

Lorsque Mia meurt, tout bascule, il ne voit plus l'utilité de continuer à prendre ses médicaments et il va peu à peu s'enfoncer dans la folie.

Ravagé par sa peine, il veut à tout prix reconstruire sa vie de père, recomposer une famille.  Mais à quel prix ?

Sarah est une femme célibataire qui ne pense qu'à sa carrière, elle est victime d'un accident, va sombrer brièvement dans le coma.  Depuis ce moment, elle n'est plus elle-même, elle a des apparitions d'une petite fille, Mia.  Mia veut la mettre en garde, lui dire des choses, demande de l'aide.   Rationnelle et battante, Sarah va essayer de comprendre et voir un psychiatre pour l'aider.

Au fil de ce récit à la frontière de l'irréel et du fantastique, on découvre la psychologie des personnages en croisant tout à tour le récit de Guillaume et de Sarah.

Un thriller psychologique puissant, noir, angoissant  qui nous emmène aux confins de la réalité et de la folie.  Il aborde le deuil, l'emprise, l'enfance.   J'ai passé un excellent moment de lecture, accro, impossible de lâcher le bouquin.

Bravo Salvatore Minni.

Ma note : 9.5/10








vendredi 19 juillet 2024

Appels en absences - Nora Dasnes

 Appels en absence  -  Nora Dasnes





















Casterman
Parution : 1/05/24
Traduit (norvégien) par : Aude Pasquier
Pages : 288
ISBN : 9782203241848
Prix : 25 €

Présentation de l'éditeur


Le terrorisme, un sujet malheureusement universel


Oslo, automne 2011. Peu après les attentats qui ont frappé la capitale norvégienne et l’île d’Utøya le 22 juillet 2011, Rebekka et Fariba entrent au lycée. Alors que Fariba rejoint la Ligue des jeunes travaillistes (dont le camp d’été a été la cible du terroriste), Rebekka, même si elle ne connaissait aucune des victimes, se révèle profondément marquée par cette tragédie. Submergée par un traitement médiatique sensationnaliste, incapable de comprendre les motivations du tueur, elle perd peu à peu pied...
Comment surmonter l'horreur et le traumatisme, même lorsqu’on n’en est qu’une victime par procuration ? Nora Dåsnes avait 16 ans en 2011. Son ressenti a fortement nourri son récit.









L'autrice



Née en 1995, Nora Dåsnes se forme en illustration et en animation à l’université Kingston à Londres puis devient graphiste. Après le succès de L’Année où je suis devenue ado, son premier roman graphique traduit dans 11 langues et sélectionné au FIBD d’Angoulême, et de Le jour où j'ai voulu sauver la forêt, elle se consacre à la bande dessinée. Elle vit à Oslo, en Norvège.



Photo : Oda Berby for Aschehoug


Source : blog de l'autrice







Mon avis

La vie a changé ce 22 juillet 2011 pour Fariba et Rebekka, deux amies qui vont effectuer leur rentrée au lycée à Oslo.  Terminé le temps de l'insouciance, elles prennent conscience qu'à 17 ans la mort peut les toucher. 

Pourtant ce jour là, elles n'ont rien vu , elles étaient au skate park lorsqu'une explosion a fait 8 morts au centre d'Oslo et que la tuerie de l'île d' Utoya emportait 77 autres vies et d'innombrables blessés.  

A partir de ce moment la peur va les tenailler, Fariba qui se fait traiter de sale islamiste sans raison rejoint la ligue des jeunes travaillistes, Rebekka qui n'est pourtant pas touchée directement veut absolument comprendre ce qui s'est passé, pourquoi cela a eu lieu.

La surmédiatisation de l'événement a laissé un tramatisme latent, pour les parents, pour les jeunes, toute la société a peur, l'extrémisme n'est pas une réponse. 

Ce roman graphique, c'est la libération de la parole pour évacuer, la nécessité de dire l'indicible, d'exprimer ses peurs et d'honorer la mémoire des disparus;  C'est un roman graphique lumineux rempli d'espoir.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Peut-être cesse-t-on d'être un enfant le jour où on comprend qu'on peut mourir.
Pas dans 70 ans, mais demain.
Parce que le monde est trop vaste et trop sombre, et que ceux qui nous protègent ne sont que des êtres humains.


Je n'ai pas envie que tu me promettes que tout ira bien.
Personne ne peut promettre une chose pareille.
En revanche, je veux que nous nous serrions les coudes.
Aussi fort qu'on peut.
Car personne ne sait ce qui peut se passer demain.





mercredi 17 juillet 2024

La liste 2 mes envies - Grégoire Delacourt

La liste 2 mes envies  -  Grégoire Delacourt








Albin Michel
Parution : 17 avril 2024
Pages : 256
EAN : 9782226494474
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur



Dans "La liste de mes envies", Jocelyne avait gagné 18 millions qu’elle refusait d’encaisser.

Dans cette suite très attendue, il lui en reste 15, et une seule envie.

Les dépenser.

L'auteur






Grégoire Delacourt a publié onze romans dont L’Écrivain de la famille (Lattès, 2011, Prix Marcel Pagnol 2011, Prix Carrefour du Premier Roman 2011, Prix Cœur de France 2011) ; La liste de mes envies (Lattès, 2012), ou encore L’enfant réparé (Grasset, 2021).














Mon avis

J'avais un excellent souvenir du tout premier, dévoré à l'époque, alors vous pensez bien quel bonheur de retrouver Jocelyne douze ans plus tard. 

Souvenez-vous, Jocelyne, mercière à Arras, avait gagné un peu plus de 18 millions à l'Euromillions, elle avait dressé la liste de ses envies.  Son mari Jocelyn lui avait subtilisé le chèque, en avait dépensé une partie, cela avait abouti à un divorce.  Rongé par les remors, il lui avait finalement rendu le solde peu avant sa mort.   

Jocelyne a finalement encaissé le chèque de 15 186 004,72 € et est bien déterminée à le dépenser mais cela va s'avérer plus difficile que prévu.

On retrouve donc Jocelyne qui a compris depuis longtemps que l'argent ne fait pas vraiment le bonheur, dans les réunions d'un groupe un peu particulier, celui des G.A., entendez par là les "gagnants anonymes", une belle trouvaille de l'auteur, un groupe de personnes devenues soudainement riches et qui échangent sur leurs ressentis, comportements et rapports à l'argent.


Jocelyne a décidé que cet argent, elle voulait s'en défaire et créer un peu de bonheur autour d'elle mais elle va vite déchanter car un méchant monsieur du fisc l'a repérée et va lui couper son élan de générosité.  Pas simple de donner son argent autour de soi et de rendre les gens heureux, je vous dis...

C'est un roman qui fait du bien, qui fait prendre conscience que les choses essentielles comme le temps, la gentillesse, le respect, la tolérance, l'amour pour n'en citer que quelques unes ne s'achètent pas.  

J'ai beaucoup aimé la relation entre Jocelyne et son père dont la mémoire s'étiole atteint d'Alzheimer, l'amour qu'elle lui porte en lui inventant chaque jour des vies différentes.

On est d'accord, ce n'est pas de la grande littérature mais peu importe ce qui compte c'est qu'on se laisse emporté dans ce roman qui fait du bien.  C'est un roman drôle, attachant qui vous fera passer un bon moment et oublier la morosité du quotidien.  Le ton est léger, rempli d'humour et de tendresse.  

Ma note : 8/10

Les jolies phrases

On est toujours le riche de quelqu'un, c'est horrible. 

On rêve d'avoir plein d'argent, on se dit qu'on ferait ça, qu'on achèterait ça, qu'on offrirait ça, qu'on irait là, qu'on changerait de vie, de maison, de voiture, qu'on ne regarderait plus jamais le prix des choses, et quand on en a soudain beaucoup, voilà qu'on se rend compte que le bonheur c'est de continuer à désirer ce qu'on possède, qu'on est riche de tout ce que l'on a déjà, mais qu'on ne le voit plus, tant on se lasse si vite de tout.  

J'aurais dû partager davantage, chuchote Fanny, parce que même quand on a rien, il y en a toujours un qui a moins que rien.

Les femmes savent que la vie, ça se donne.

Comme la plupart d’entre vous, je pourrais m’acheter tout ça, mais je n’ai envie de rien. Je m’en fiche. Je ne désire plus rien. Ce qui était beau, c’était le désir justement. C’était économiser. C’était attendre. C’était rêver. Cet argent m’a amputé de tout ça. Dépossédé de ce qui rend chaque jour magnifique : l’envie de quelque chose.

Le bonheur, mon Jo, ce n'était pas nos rêves.  Il faut que les rêves restent des rêves, sinon on s'ennuie, on ne tremble plus, on ne risque plus rien, et c'est justement le risque qui maintient en vie.  C'est l'audace. Les joyeuses incertitudes.  

L'oubli, c'est le vide, Jo. N'oublie jamais.

En chemin, nous n'avons plus parlé mais je sais que nous nous sommes dit mille mots.

Tu peux être fier de notre fils, Jo. Il est resté un rêveur et ce sont les rêveurs qui dessinent le monde. 

L'argent permet d'acheter bien des choses : une maison, mais pas un foyer. Un lit, mais pas le sommeil. Une montre, mais pas le temps. Un livre, mais pas le savoir. Un spectacle, mais pas la joie. Un emploi, mais pas le respect. Des relations, mais non l'amitié. Un médicament, mais pas la santé. Du sang, mais pas la vie. Le plaisir, mais pas l'amour. Des diplômes, mais pas la culture. Des tranquillisants, mais pas la paix intérieure. Beaucoup de choses, mais pas le bonheur.

Dans ma tête se crayonne alors la liste de ce que j'attends de la vie :
La gentillesse.
La générosité.
La tolérance.
Le respect.
La courtoisie.
L'équité.
La miséricorde.
La simplicité.
La nature.
L'amour.

Rien de ce que l'argent puisse acheter, en fait.

Du même auteur j'ai lu et chroniqué

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dimanche 14 juillet 2024

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire 



C'est toujours la rentrée littéraire qui s'invite dans ma boîte aux lettres

Tout le bruit du Guéliz  -  Ruben Barrouk













Albin Michel
Parution : 21/08/2024
Pages : 224
EAN : 9782226496058
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur



« Le bruit condamne l’Homme à l’oubli. Mais parfois il arrive qu’il le sauve de l’oubli. Il ne tient qu’à nous de l’entendre. »

Dans le quartier du Guéliz à Marrakech, un mystérieux bruit hante et tourmente, nuit et jour, une vieille dame. Inquiets, sa fille et son petit-fils quittent Paris pour mener l’enquête. Sur place, ils guettent, épient, espèrent, mais aucun bruit ne se fait entendre...

Tout le bruit du Guéliz ne nous livre pas une mais mille histoires : celles des exodes, des traditions, des liens qui se font et se défont, des origines perdues.



À la violence et au vacarme assourdissant de notre époque, ce premier roman aux allures de conte, à la fois tendre, drôle et bouleversant, oppose un bruit. Le bruit du Guéliz. Celui d’un temps révolu, où l’on vivait ensemble.


Chez Verticales est attendu le dernier Maylis de Kerangal

Jour de ressac  -  Maylis de Kerangal




























Gallimard
Verticales
Parution : 15/08/2024
Pages : 256
ISBN : 9782073054975
Prix : 21 €


Présentation de l'éditeur

« Finalement, il vous dit quelque chose, notre homme ? Nous arrivions à hauteur de Gonfreville-l’Orcher, la raffinerie sortait de terre, indéchiffrable et nébuleuse, façon Gotham City, une autre ville derrière la ville, j’ai baissé ma vitre et inhalé longuement, le nez orienté vers les tours de distillation, vers ce Meccano démentiel. L’étrange puanteur s’engouffrait dans la voiture, mélange d’hydrocarbures, de sel et de poudre. Il m’a intimé de refermer, avant de m’interroger de nouveau, pourquoi avais-je finalement demandé à voir le corps ? C’est que vous y avez repensé, c’est que quelque chose a dû vous revenir.
Oui, j’y avais repensé. Qu’est-ce qu’il s’imaginait. Je n’avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d’une ville, d’un premier amour, la forme d’un porte-conteneurs. »

Chez Mialet-Barrault, deux incontournables

La désinvolture est une bien belle chose -  Philippe Jaenada



















Mialet Barrault
Parution : 21/08/24
Pages : 496
Isbn : 9782080427298
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur

Tandis qu’au volant de sa voiture de location, il fait le tour de la France par les bords, Philippe Jaenada ne peut s’ôter de la tête l’image de cette jeune femme qui, à l’aube du 28 novembre 1953, s’est écrasée sur le trottoir de la rue Cels, derrière le cimetière du Montparnasse. Elle s’appelait Jacqueline Harispe, elle avait vingt ans, on la sur nommait Kaki. Elle passait son existence Chez Moineau, un café de la rue du Four où quelques très jeunes gens, serrés les uns contre les autres, jouissaient de l’instant sans l’ombre d’un projet d’avenir. Sans le vouloir ni le savoir, ils inventaient une façon d’être sous le regard glacé du jeune Guy Debord qui, plus tard, fera son miel de leur désinvolture suicidaire.


Coeur d'amande - Yasmina Khadra





























Mialet Barrault
Parution : 21 août 2024
Pages : 320
Isbn : 9782080432605
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

Au pied du Sacré-Cœur où il habite, la vie n’a pas gâté Nestor. Rejeté à sa naissance par sa mère qui n’a pas supporté qu’il soit anormalement petit, il vit chez sa grand-mère qui l’a recueilli et qu’il adore. Elle subvient à leurs besoins avec sa maigre retraite de professeur de français tandis que son petitfils, animé d’une inlassable vitalité et d’un incurable optimisme, cherche et trouve mille occasions d’améliorer leur ordinaire dans ce quartier de Barbès où s’entremêlent tous les peuples, tous les destins, tous les désespoirs. Yasmina Khadra fait ici un portrait éblouissant de ce quartier singulier et de sa population.

Trop impatiente de découvrir le dernier Sandrine Collette

Madelaine avant l'aube  -  Sandrine Collette



























JC Lattès
Parution : 21 août 2024
Pages : 320
ISBN : 9782709674539
Prix : 20.90 €

Présentation de l'éditeur

C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.

Autre nouveauté chez JC Lattès

L'île du là-haut  -   Adrien Borne




















JC Lattès
Parution : 21/08/24
Pages : 234
Isbn : 9782709671231
Prix : 20.90 €


Présentation de l'éditeur

Lyon, 1948. À quinze ans, Marcel est atteint d’un mal contagieux. Lui qui a grandi sans père doit aussi quitter sa mère pour rejoindre le sanatorium de S.
Là-haut, face au mont Blanc, Marcel découvre une société à part, où rode la tragédie malgré le confort et l’abondance. Un lieu d’enfermement mais de liberté pour l’adolescent car, dans les interstices laissés par les soins, avec l’excentrique Scala et la lumineuse Valentine, c’est la vie qui palpite.
Un monde ambivalent, en lutte contre un mal qui lui donne sa raison d’être, chahuté au fil des décennies par les progrès contre la maladie. Et quand elle sera vaincue, quelle trace restera-t-il de ce que Marcel et ses semblables ont vécu ?

Avec cette fresque somptueuse, Adrien Borne ressuscite l’âge d’or des sanatoriums et, contre l’effacement des lieux et des êtres, fait résonner les destins de ceux qui n’ont pas eu le temps de tout.

On termine avec le dernier volume de "Les cahiers d'Esther"

Les cahiers d'Esther  - Histoires de mes 18 ans
Riad Sattouf




















Allary
Parution : 6 juin 2024
Pages : 56
Isbn : 978-2-37073-495-2
Prix : 17.90 €

Présentation de l'éditeur


Le dernier tome de la série !

Esther est en terminale, ça y est ! C’est l’année du bac (cette horreur), des choix d’orientation qu’on ne veut pas faire, de Parcoursup, cette bénédiction (rires), des illusions qui se brisent, de l’enfance qui s’évapore, et des Cahiers d’Esther qui s’arrêtent… Mais c’est aussi l’année des 18 ans, de la liberté de pouvoir enfin faire ce qu’on veut ! Tout ce qu’on veut ! Et peut-être aussi l’année de la fin du célibat éternel, qui sait ?

D’où venons-nous, où allons-nous, et surtout ça sert à quoi la vie en vrai ? Y a-t-il seulement une réponse à cette question ? Qu’en pensez-vous ? Vous avez 4 heures MDR… Esther philosophe et a un peu le vertige au moment du grand envol, mais ça va bien se passer, hein, on y croit…

Belles lectures 

vendredi 12 juillet 2024

L'honorable collectionneur - Lize Spit

 L'honorable collectionneur  -   Lize Spit



























ACTES SUD

Parution : 02/05/24
Traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif

Pages : 144
ISBN : 978-2-330-19258-7
Prix : 16 €



Présentation de l'éditeur

Depuis que ses parents ont divorcé, Jimmy trompe la tristesse et la solitude en collectionnant les flippos, des vignettes qu’il trouve dans les paquets de chips. Quand Tristan, un réfugié kosovar, arrive dans sa classe, Jimmy, excellent élève, est chargé de l’aider. Les deux garçons deviennent très amis, mais bientôt la famille kosovare est menacée d’expulsion. Heureusement, Tristan a un plan pour obtenir le droit d’asile, un plan où un rôle crucial mais mystérieux est dévolu à Jimmy… Diffusé à des centaines de milliers d’exemplaires en langue néerlandaise, le nouveau texte de Lize Spit est un roman puissant sur l’amitié et l’immigration. Un véritable coup de poing narratif.

Lize Spit





Lize Spit (1988) a grandi dans la Campine anversoise, mais vit à Bruxelles depuis 2005. Elle a obtenu une maîtrise en scénarisation du RITCS. Elle a remporté le prix du public et du jury à Write Now! en 2013.

En 2016, son premier roman « Het Smelt » a été publié et s'est vendu à plus de 200 000 exemplaires. Des traductions dans douze pays et une adaptation cinématographique ont suivi. Le livre a remporté le Bronze Owl, le Book Trade Prize, le Hebban Debut Prize, est devenu livre de l'année du CNRC et a été sélectionné pour le prix de littérature Libris et le Premio Strega Europeo. Son deuxième roman « Je ne suis pas là » a été publié en décembre 2020.

Lize Spit travaille comme conférencière invitée en écriture créative pour la LUCA School Of Arts et le RITCS. Elle est chroniqueuse à De Morgen.



Source : site de l'autrice

Mon avis


Si vous avez lu le permier roman de Lize Spit - Débâcle - , retour dans ce petit village flamand de Bovenmeer dans les années 90.

On découvre Jimmy, 11 ans, il nous raconte cette histoire avec ses yeux de pré-adolescent.  Jimmy est rejeté par ses parents divorcés, il trouve refuge dans sa précieuse collection de Flippo's.  Dans les années 90 on trouvait ces petits disques cartonnés dans les paquets de chips.  Jimmy les collectionne méticuleusement, il les bichonne, les classe dans des albums à cet effet.  Il imagine déjà son heure de gloire lorsqu'il aura récolté la plus belle collection du pays.  

Tristan, c'est un réfugié kosovar qui est arrivé au village avec sa famille et ses frères et soeurs il y a un an. Etant bon élève, c'est Jimmy qui a été désigné pour aider Tristan à apprendre la langue.  Ils sont devenus inséparables, son meilleur ami à qui il envisage d'offrir les doubles de sa collection lorsqu'il apprend que la famille va être expulsée du pays.

Jimmy va régulièrement chez son ami, ce soir il va pouvoir y loger et se rendre compte de façon encore plus grande les traces laissées par la guerre. Tristan et sa soeur ont un plan pour rester en Belgique, ils sont prêts à tout pour ne pas retourner dans leur pays, Jimmy fait partie du plan.

On ressent très vite la tension au fil de l'écriture de ce court roman. On sent aussi que l'issue risque d'être tragique.  Une fois encore Lize réussit brillament à nous capter par l'intensité de son écriture.

Au départ d'un fait réel elle nous raconte les séquelles de la guerre et ses traumas mais aussi une belle histoire d'amitié, de solidarité sous le regard candide des enfants.  Intense et très bien mené.

Ma note : 9/10


Les jolies phrases




Jimmy tendait la main vers le paquet de chips recommandé par son instinct, ce paquet qui lui donnait l’impression qu’il le choisissait, lui, plutôt que l’inverse, ce paquet dont il pouvait jurer qu’il lui chuchotait à l’oreille, et même qu’il se penchait un peu vers lui, sauf qu’au tout dernier moment, juste avant de l’attraper, il changeait d’avis et saisissait au hasard un paquet voisin, silencieux et vide de promesses. De cette façon, Jimmy esquivait le sort, obtenant quelque chose qui en fait ne lui était pas destiné. Il avait la certitude qu’il aurait plus de chance avec ce qui ne lui était pas dévolu au départ.

Dans la famille Ibrahimi, on ne dormait pas chacun dans son lit, mais tous ensemble sur des matelas posés à même le sol. Jimmy l’avait vu de ses propres yeux au cours d’une partie de cache-cache, lorsqu’il s’était engouffré dans la chambre à la recherche d’une planque. La pièce ressemblait à un vœu exaucé, à une piste d’atterrissage tapissée de couvertures et d’oreillers sur lesquels on pouvait enchaîner les galipettes et faire la roue, ou le poirier, sans se casser le dos.


Le visage et les mains du père de Tristan étaient lacérés de cicatrices datant de la fois où il avait dû défendre ses filles contre des trafiquants d’êtres humains. La mère de Tristan, enceinte de sept mois au moment de quitter son pays, avait accouché au centre d’accueil et prénommé sa fille Paola, par gratitude pour les bons soins reçus en Belgique. La reine en avait été informée et son petit mot de remerciement trônait dorénavant, dans un cadre, sur le manteau de la cheminée

Du même auteur j'ai lu

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