dimanche 1 mars 2026

Bilan de lecture de février

 Bilan de lecture de février






Un petit mois riche en lectures, j'aime ça, il faut que je suive dans la rédaction de mes chroniques.

Beaucoup de publications en février et un nombre de vues record, merci à vous.  Ce qui serait chouette, c'est d'avoir un peu plus d'échanges et de réactivité  mais cela voudrait dire plus de temps sur les écrans et moins de lecture. 

Février c'était aussi l'animation d'une rencontre croisée avec Jean-Marc Ceci et le duo Fabienne et Manuel Capouet 



L'occasion de rencontrer Hardoc et Hautière , auteurs de "La guerre des Lulus"





On découvre les lectures du mois ?


C'est parti , j'ai commencé le mois dans la continuité de janvier avec la seconde partie de "Les guerres invisibles"




J'aime beaucoup l'écriture de Marie-Hélène Lafon et je ne peux que vous conseiller son dernier titre




Le prix des librairies indépendantes de Belgique a attiré mon attention sur une petite pépite à découvrir absolument :



On reste dans les auteurs belges avec Jérémie Claes qui nous emmène dans les montagnes du Sud de la France, une immersion nature ♥


Je dois vous faire un aveu, je n'avais jamais encore lu la plume de Mélissa da Costa, elle nous emmène dans le domaine du cirque, oui et en particulier des fauves, j'ai fait la grimace en découvrant le sujet mais quelle découverte, j'ai vraiment pris énormément de plaisir.



Vous souvenez vous du roman d'Isabelle Bary, Zebraska? Voici le premier volet d'une adaptation très réussie en BD



Geneviève Damas nous revient avec l'histoire de Farkass. Courir ou mourir ?



Toujours en compagnie d'un auteur belge, il rejoint la thématique d'Isabelle Bary et des enfants à haut potentiel , il nous propose de déchiffrer un manuscrit non élucidé 



Dans l'actualité, il y a le nouveau roman de Delphine de Vigan qui nous parle des traces laissées par notre portable, de la place que le téléphone prend dans nos vies . Cela pose question !




Toujours chez Gallimard, à peine reçu, directement lu, que dis-je dévoré, le nouveau Laurent Seksik



Un livre de photos magnifique sur la ville de Liège, plus exactement la ville au cœur des saisons, avec des personnalités locales.  Magnifique.



Je termine avec une bd jeunesse colorée et magnifique !  A partir de 6 ans 





Voilà c'est fini.
 Je vous souhaite de belles découvertes !

En cliquant sur la couverture, accès à l'article s'il est publié , la rubrique est mise à jour chaque mois. 



samedi 28 février 2026

Hors-champ / Marie-Hélène Lafon

 Hors-champ   /  Marie-Hélène Lafon
















Buchet Chastel
Parution : 02/01/26
Pages :
Isbn : 9782283041604
Prix : 19.90 €



Présentation de l'éditeur



Gilles est le fils, celui qui devra tenir la ferme. Claire, la sœur qui n'est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études.

La ferme est isolée de tous. C'est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence.

"Hors champ" traverse cinquante années. Dix tableaux, dix morceaux de temps, détachés, choisis ; le lecteur y pénètre tantôt avec elle, Claire, tantôt avec lui, Gilles. L'auteure fait alterner ces points de vue, toujours à la troisième personne, en flux de conscience.

Les parents, la sœur et le frère, et les autres - au bout du monde où ils se tiennent encordés, impuissants tous les deux.

"Hors champ" est le onzième roman de Marie-Hélène Lafon.

 
Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon est une professeure agrégée et écrivaine française.

Née dans une famille de paysans, elle est élève à l'Institution Saint-Joseph (collège) puis à La Présentation Notre-Dame (lycée) deux pensionnats religieux de Saint-Flour.

Elle part ensuite étudier à Paris, à la Sorbonne, où elle obtient une maîtrise de latin et le CAPES de lettres modernes. Elle obtient également un Diplôme d'études approfondies (DEA) à l'Université Paris III-Sorbonne Nouvelle puis un doctorat de littérature à l'Université Paris VII-Denis Diderot.

Elle devient agrégée de grammaire en 1987. Elle enseigne le français, le latin et le grec dans le collège Saint-Exupéry, Paris 14e, en banlieue parisienne, dans un collège situé en Zone d’Éducation Prioritaire, puis à Paris, où elle vit.

Elle commence à écrire en 1996, à 34 ans. Son premier roman "Le soir du chien" (2001) est récompensé par le prix Renaudot des lycéens en 2001.

Elle avait précédemment écrit des nouvelles - pour lesquelles elle ne trouvait pas d'éditeur - dont "Liturgie", "Alphonse et Jeanne", qui seront publiées l'année suivante dans le recueil "Liturgie" (2002), récompensé par le prix Renaissance de la Nouvelle en 2003. Elle préside le prix littéraire des lycéens de Compiègne en 2003-2004. En 2015, le téléfilm "L'Annonce" est adapté de son roman éponyme de 2009, réalisé par Julie Lopes-Curval, avec Alice Taglioni et Éric Caravaca, produit par Arte.

Lauréate de nombreux prix, Marie-Hélène Lafon obtient le Prix du Style 2012 pour "Les Pays" et le Prix Goncourt de la nouvelle en 2016 pour "Histoires". Elle reçoit le Prix Renaudot 2020, pour son roman "Histoire du fils".

Célibataire et sans enfant, son département d'origine, le Cantal, et sa rivière, la Santoire, sont le décor de la majorité de ses romans.     

Source : Babelio

Mon avis

On retrouve Gilles et Claire, deux personnages de son précédent roman "Les sources".  Nous sommes bien entendu dans la vallée de la Santoire, dans la ferme familiale pour retracer différents "tableaux" de la vie de Gilles sur cinquante ans, de ses 4 à 55 ans.

L'histoire d'une fratrie, l'interrogation sur leur lien, sur des trajectoires de vie si différentes.  Unis dès la plus tendre enfance, complices, peu à peu les liens qui restent bien présents vont se délier, s'étioler en apparence par la force des choses.  C'est par la force des mots que Claire va les retisser, les conserver en témoignage de son amour fraternel. 

Gilles et Claire sont tous deux enfants de paysans du Cantal, leur enfance rurale est commune et le lien à la terre aussi mais pour Gilles, son destin est tout tracé, il est le fils et il reprendra la ferme quoi qu'il lui en coûte, c'est ainsi, la transmission paysanne, assignation dès l'enfance.

Claire elle, va partir à Paris faire des études de lettres, elle va s'établir là-bas, enseigner et vouer sa vie à l'écriture.  La vallée de la Santoire coule dans ses veines, elle y reviendra régulièrement, brièvement mais entre la fratrie l'écart se creusera de plus en plus.  Elle a les mots, Gilles a du mal à les exprimer, peu à peu, ils perdent le contact physique, la solitude pour Gilles qui a une vie de labeur, de sacrifices, entièrement vouée à sa terre, à ses bêtes au détriment des contacts sociaux sous le joug de la soumission au père, à sa violence. 

Peu à peu c'est l'enfermement, la solitude, le silence et la difficulté de parler, de trouver les mots.   Les mots c'est ce qu'apportera Claire pour s'immiscer dans les labyrinthes intérieurs de Gilles.

Un texte magnifique, une langue fluide, dépouillée, élégante qui nous fait ressentir au plus profond de nous mêmes la condition paysanne contemporaine, l'enfermement dans une condition, le manque de choix.

Magnifique !

Ma note : 9.5


Les jolies phrases

Les gens disent une carrière dans l'Armée, personne ne dit une carrière de paysan.

Elle ne l'embrasse pas, il n'aime pas ça, elle non plus ; si c'est possible, elle le touche, elle pose sa main sur son épaule, elle est plus petite que lui, elle le regarde aux yeux.  C'est de plus en plus difficile, d'attraper ses yeux, son regard.  Il s'ensauvage, elle pense ça dans la grange, le mot monte, malgré les dates et les chiffres dont le mince barrage va craquer, craque.  Il s'ensauvage, ses yeux, ses cheveux, ses habits, tout son corps, il s'ensauvage dans la douleur et la colère, elle ne peut rien.  Ils s'ensauvagent, les trois, seul chacun ; le travail de la ferme, sa routine, les tient et les écrase.  Leur vie est faite comme ça.  Son frère est peut-être derrière les ballots, adossé, il attend qu'elle s'en aille. 


Chercher les mots, les exhumer, les trier, les choisir, et aligner les gestes, balayer, laver, repasser, ranger, elle ne sait pas vivre autrement, elle ne peut pas vivre autrement.

Le plancher craque au-dessus de sa tête, elle tend l'oreille, Gilles est là-haut, à la grange, elle attend un peu, il descendra peut-être ; elle ne peut pas savoir, on ne peut pas savoir ce que son frère pense, ce qui lui fait plaisir ou pas, si quelque chose lui fait encore plaisir.

Elle avance à tâtons aux lisières de la vie de son frère, elle se tient là comme en vigie.

Quand on ne s'entend pas pour travailler ensemble, c'est la force qui finit par commander.

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mercredi 25 février 2026

Zéro déchet - Fabienne et Manuel Capouet

 Zéro déchet  -  Fabienne et Manuel Capouet




















Academia
Parution : 09/09/25
Pages : 244
Isbn : 9782806138989
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

Le professeur Dumont, chef du département d’études des insectes à l’Université de Bruxelles, exerce un contrôle absolu sur son domaine. Profondément misanthrope, il trouve refuge dans le confort impersonnel d’un hôtel de luxe ou dans des relations tarifées.
Alors qu’il célèbre l’inauguration de sa nouvelle invention, un composteur capable de recycler n’importe quel déchet, Dumont voit sa carrière menacée par l’arrivée de la nouvelle directrice des ressources humaines. Mis sous pression, il cède à un accès de rage aux conséquences fatales.
Dumont échappera t-il aux interrogatoires musclés menés par l’inspecteur Vansteenkiste et son robot obsessionnel compulsif ?
Embarquez dans ce récit jubilatoire dézinguant l’intelligence artificielle, les dérives du management ou la psychologie positive, et plongez dans la personnalité complexe d’un personnage qui, à défaut d’adhérer à une modernité qu’il ne comprend plus, tente surtout de renouer avec lui-même.

Manuel Capouet

Né en 1974, Manuel Capouet vit à Waterloo. Expert en chimie environnementale, il a travaillé sur des super-modèles climatiques. Sa nouvelle Tokyo a été sélectionnée en 2012 parmi les meilleurs textes du concours « Crescendo » de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est l'auteur de "Le modèle" en 2017 chez "Diagonales".

Zéro déchet est son deuxième roman.

Fabienne Capouet

Fabienne est professeur de français langue-étrangère.   


Mon avis


Le professeur Dumont est le chef du département d'études des insectes à l'université de Bruxelles.  C'est un sacré personnage, un génie qui vient de créer un immense composteur capable de recycler n'importe quel déchet et d'en digérer une tonne.  Jusqu'ici il était le seul maître dans sa faculté, il y exerçait un contrôle absolu, c'est qu'il faut pas trop le déranger, le professeur Dumont, lui le misanthrope, il aime avoir le dernier mot.  

Tout aurait dû bien se passer lors de l'inauguration mais la Sauterelle - entendez par là, la nouvelle jeune DRH - avec ses nouvelles méthodes managériales, lui a fait péter les plombs, et il a commis l'irréparable, un meurtre !

Faut dire qu'il avait l'habitude d'en faire à sa guise, le professeur Dumont, et qu'il est colérique, faut pas le chercher, ce solitaire vivant le plus souvent à l'hôtel en compagnie tarifée nous raconte ce récit jubilatoire où l'intelligence artificielle, les méthodes managériales nouvelles, coopératives, de pensées positives en prennent pour leur grade.

On y rencontrera L'inspecteur Vansteenkiste et son super flic robot, Oléan.

Cela commence comme une enquête policière mais détrompez-vous, en réalité c'est aussi la psychologie des personnages qui est mise en avant.  On entre dans la tête de Dumont qui partage avec nous ses pensées, ses ressentis sur l'évolution des technologies, la déshumanisation des ressources humaines, les méthodes de management et sa vision de la société.

Un personnage à la fois exécrable et en même temps attachant.

La particularité de ce roman c'est qu'il a été écrit à quatre mains, un duo, de la plume de Manuel Capouet, chimiste de formation et écrivain et de sa sœur Fabienne, romaniste qui prend la plume pour la première fois.


Ma note : 7.5/10

Les jolies phrases

Être au monde, c'est être égoïste.

On ne le rappelle pas assez, mais les ressources humaines restent l'énergie la plus renouvelable qui soit, et elle peut même s'avérer bon marché dans de telles conditions.

Peut-être étais-je arrivé à un point critique.  L'ou ou l'autre soupçon allait germer comme une pustule.  Dès l'apparition de bourgeons de mauvais augure, les "choses" pouvaient évoluer très vite, comme disait l'oncologue.  Mon cancer à moi, c'était la vérité.  Le jour où elle éclaterait, je serais en phase terminale?  Si je supposais la rémission encore possible à ce stade, encore fallait-il savoir comment  traiter la maladie...  La fuite ?  Cela reviendrait à un aveu...

Au fond, je devrais accepter mes paradoxes.  Peut-être que j'avais une place parmi les gens, comme ces insectes qu'on qualifiait de nuisibles et qui étaient pourtant bien utiles.  Je n'avais aucune pathologie, juste un léger déphasage. 

L'affection, c'est comme une fougère, ça pousse sournoisement et soudain on a le cœur envahi de rhizomes.


« Imaginons que nous disposions tous d’une application qui nous permette de tuer en ligne. Nous entrons le nom d’un type, nous le mettons dans le panier, nous décidons d’un jour, d’une heure et hop ! Au moment voulu, le gars est vidé du panier. Il décède d’une crise cardiaque, d’un accident de la route ou de toute autre broutille statistiquement plausible. Pas de scie à métaux, ni de congélateur. Tout se passe loin de nous. Nous aurions tous quelques noms en tête. Il y a quand même sur terre de fameux salauds qui ont suffisamment sévi. On commence par les dictateurs, c’est facile, tout le monde sera content. Après, ça se complique car il faut prendre ses responsabilités, comme on dit. Admettons qu’un petit algorithme nous aide à évaluer si la future victime mérite d’y passer. On examine son historique d’activités. Si la balance penche un peu trop du côté obscur, dommage pour le bonhomme, sinon il est gracié (temporairement). Imaginons que nous ayons chacun droit à cinq commandes par an, sans possibilité d’annuler un achat, que celui-ci soit mûrement réfléchi ou décidé sur un coup de tête. À combien estimerait-on la démographie après quelques années ? Combien de morts pour de petites jalousies ? À partir de quel âge, de quel statut social ou de quel niveau hiérarchique, un type a-t-il une chance de se retrouver dans le panier ?”


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dimanche 22 février 2026

Donald - Stefano Massini ♥♥♥♥♥

 Donald -  Stefano Massini  ♥♥♥♥♥ 



























Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
 Parution : 14 janvier 2026
 Pages : 272
 ISBN : 9782207187609
 Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur



«Donald J. est venu au monde,
selon la volonté de Notre Seigneur
qui a dispensé
Sa bénédiction
sur la maison.»

Si l’on fait la somme des instants fatidiques de nos vies, dix minutes suffisent à définir l’existence d’un être humain.
Ce livre raconte les dix minutes décisives d’un homme qui n’a toujours désiré qu’une seule chose : la domination. Ce n’est pas une biographie, mais plutôt une ballade, un roman picaresque, rythmé et mordant. De sa plume incomparable, Stefano Massini retrace l’odyssée d’un enfant devenu golden boy, puis entrepreneur sans scrupule, le parcours de celui que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Donald Trump.

Mon avis

C'est l'écriture de Stefano Massini qui m'a donné envie de découvrir ce livre, j'avais vraiment envie de savoir comment il allait traiter le sujet et je ne suis pas déçue, au contraire.

Avec son écriture saccadée en vers libres, utilisant la répétition, de manière très théâtrale, il décortique très bien la figure de Donald Trump et nous fait comprendre sa vision des choses.

Au diable l'horizontalité, cet homme d'en bas préfère largement la verticalité, ce n'est pas pour rien qu'il a gravi toutes les échelles pour se retrouver seul au sommet du monde, au sommet de sa tour gigantesque.

Trump est né le 14/06/46 et est en réalité comme bon nombre d'américains, fils d'immigrés.  Sa mère Mary-Ann MacLeod, écossaise de l'île de Lewis, fermière d'origine et son père, Frederick Christ Drumpf, allemand de Rhénanie, avaient déjà compris que le mensonge serait utile.  Coiffeur, puis marchand de soupe avant de s'installer à New York en tant que loueur de biens, son père se fait appeler Fred le Suédois et change son nom en Trump.

Donald dès son plus jeune âge, a compris le sens de la domination et de la compétition, il refuse la discipline, se fait renvoyer de son école.  Ses lectures : la Bible et la vie de George Washington ! 

Très vite guidé par Roy Cohn il apprend que le pouvoir n'a pas de règles, pas de frontières, que plus haut on se trouve, moins on risque.  Le vrai pouvoir c'est ignorer les autres, ne pas se défendre, "L'attaque est la seule défense possible, l'attaque est la seule règle possible".

Il ne comprend pas pourquoi assister le peuple car lui c'est fait tout seul.  Il se rend compte aussi qu'il ne faut faire confiance à personne, il doit agir seul, imposer ses règles et être au sommet de la pyramide mais pour se faire il faut descendre dans la fourmilière, au niveau du peuple et même plus bas.  Pour vraiment contrôler la ville il faut connaître les égouts !

Un récit passionnant, une plume addictive, cela se lit quasi d'une traite, permet de comprendre la vision de ce personnage qui malheureusement n'est pas de fiction.  


Ma note : ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases

Je l'ai gagné,
tu l'as perdu,
si tu ne voulais pas le perdre
il ne fallait pas parier
il m'appartient !

chaque fois
que tu portes un brassard de capitaine
chaque fois
il y a toujours
quelqu'un
qui te l'a donné.

Il existe des moments 
le pire cauchemar
n'est pas un cauchemar
mais une vérité
absolue
dévastatrice.

Le pouvoir de Dieu.
Sur quoi se fonde
le pouvoir de Dieu
sinon sur le fait
qu'il a créé
le paradis terrestre ?
L'homme est un locataire,
Dieu lui a donné l'immeuble. 

Je te le garantis,
ces gens apprendront la leçon.
Plus encore
je tiens
à ce que tu l'apprennes, toi :
l'attaque
est la seule défense possible
l'attaque
est le seule règle possible
quand on veut devenir
en l'espace de quelques années
le souverain incontesté
de New York
le roi Donald 1er
l'homme qui
avant de régner
créa 
la ville. 

Seuls les solitaires
ne restent jamais seuls.
Seuls les solitaires
ne perdent jamais personne.

La domination
n'est pas en haut
elle est là
en bas
dessous



Le fait est
que si les choses changent
changent certainement
changent inévitablement,
certains détails
demeurent intacts
au fil du temps
et ce sont les choses
qui changent autour d'eux.





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samedi 21 février 2026

Cavillore - Jérémie Claes ♥♥♥♥♥

 Cavillore   -   Jérémie Claes   ♥♥♥♥♥




















Héloïse d'Ormesson
Parution : 19/02/26
Pages : 240
Isbn : 9782487819696
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l'époque court toujours. La menace sourde plane encore. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.

Quelle est cette créature qui a déposé à l'aube le cadavre d'une jeune inconnue devant l'auberge de Gourdon ? Que veut-elle exposer ? Nul ne croit vraiment à la thèse de l'accident, et dans le village à la tranquillité bousculée, les langues médisantes accusent les Camillieri, une famille de marginaux récemment installée sur les hauteurs. La rumeur enfle et détourne l'attention des ombres menaçantes qui rôdent. Déterminée à protéger les siens, la mère Camillieri se lance à leur poursuite. Mais le silence s'installe, dense comme la roche qui les cerne, et scelle les lèvres des coupables. Patience... La vérité attend son heure.

Ode à la nature provençale et au lien charnel qui unit la terre et ceux qui y vivent, Cavillore est un roman noir aussi éclatant qu'un orage de montagne. Jérémie Claes embarque le lecteur dans une traque à flanc de falaise et sonde le coeur battant des hommes

Jérémie Claes













Né en 1975, Jérémie Claes est caviste. Il vit entre Bruxelles et Namur, et retourne régulièrement en Provence, à Forcalquier et à Gourdon, le village de sa grand-mère. Après le succès de L’Horloger, prix de l’Evêché - Polars du sud et prix Club thriller, et de Commandant Solane, Cavillore est son troisième roman.   source : Héloïse d'Ormesson


Mon avis

Le corps d'une jeune femme est déposé par une immense chienne devant l'auberge de Gourdon, un véritable mystère !  Personne ne croit à la thèse de l'accident, c'est l'interrogation dans ce petit village de Provence dans l'arrière pays niçois où dominent Cavillore, la montagne et ses mystères.

Sur la montagne un vautour sillonne, observe les habitants de ce petit village de montagne.

Il y a la commère, Léonce, celle qui harangue les touristes en vendant ses savons à côté de l'épicier.

Son petit fils Rémi qui n'a pas bonne réputation et traîne avec sa bande.

Il y a le maire centenaire, Jean-Baptiste, l'aubergiste porté sur l'alcool et son fils Raphaël, victime de la bande à Rémi.

Et puis il y a les "étrangers", la famille Camillieri, installée sur les hauteurs.  Luigi (Louis) et sa femme Ariane, une véritable louve veillant sur sa famille, Lucie, Jonas et Sylvestre, ses enfants et Claude, le frère de Louis un peu simplet.

Au moment des faits arrive Nico qui nous racontera trente années plus tard les faits de l'été 93.

D'entrée de jeu on est capté pat l'écriture de Jérémie Claes qui dans ce troisième roman nous surprend une fois de plus.  La nature, Cavillore est un personnage central de ce roman rural noir.  Il décrit de manière magnifique les sentiers fleuris, la montagne, la roche, le plateau de Cavillore, un peu à la manière de Giono.  Le lien à la terre, le village mais aussi les falaises, les sentiers tortueux, la forteresse, une immersion totale sur les chemins de rando.  On sent le soleil sur la peau, le vent et la pluie de l'orage.   

Une tension au fil du récit, traques, fausses pistes, tout est réuni pour passer un bon moment, il faudra laisser le temps au temps pour que la montagne nous livre ses secrets mais cela en vaut la peine.

L'écriture de Jérémie est comme le bon vin, elle se bonifie de roman en roman, charnelle, riche, visuelle, un vrai plaisir de lecture.  Une ode à la nature et un récit tout en profondeur dans la psychologie des personnages avec une réelle authenticité et sincérité. 

Ma note :  coup de cœur.

Les jolies phrases

Le village ne s’enflamme pas, personne à Gourdon n’appelle à la revanche ou à la justice, non, le village demeure coi. Mais pour qui connaît les pierres et les histoires de cet endroit, pour qui est né sur le Nid d’Aigle, il n’y a rien de plus évident que la tension qui parcourt la rue Principale, celle de l’École, ou la rue Basse, qui grimpe les escaliers, les étages, qui cause aux oreilles. Certains ont leur avis et le partagent d’un froncement de sourcil ou d’une inclination de la tête. On ignore qui est la morte, mais on sait qui l’a tuée.


Un vautour vole contre la montagne, si proche d’elle qu’on craint qu’il ne s’y fracasse. Il glisse sur ses flancs, gracieux et rapide, il se joue de la roche et des arbres, du vent puissant. Cavillore, c’est le nom de la montagne, gonfle sa poitrine au passage du rapace, elle montre ses muscles, bien éveillée ce matin d’été, alors que le soleil n’est pas encore passé au-dessus de Courmette, sa sœur de l’autre côté des Gorges. Les hommes, ici, ne sont rien. La montagne ­ s’appartient.



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