dimanche 30 juin 2019

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire




Voici les derniers arrivés dans ma PAL cette fin de semaine.

Je viens de lire et j'ai vraiment beaucoup aimé la plume de Philippe Besson avec "Un certain Paul Darrigrand" donc quoi de plus logique que d'avoir envie de lire la suite.

Dîner à Montreal    -    Philippe Besson

Dîner à Montréal

Julliard
Parution : 29 mai 2019
Pages : 198
Isbn : 9782260053170
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Ils se sont aimés, à l’âge des possibles, puis quittés, sans réelle explication. Dix-huit ans plus tard, ils se croisent, presque par hasard, à Montréal. Qui sont-ils devenus ? Qu’ont-ils fait de leur jeunesse et de leurs promesses ? Sont-ils heureux, aujourd’hui, avec la personne qui partage désormais leur vie ?
Le temps d’un dîner de retrouvailles – à quatre – chaque mot, chaque regard, chaque geste est scruté, pesé, interprété. Tout remonte à la surface : les non-dits, les regrets, la course du temps, mais aussi l’espérance et les fantômes du désir. À leurs risques et périls.

Un personnage connu, le portrait d'un des plus grands sportifs de tous les temps 

Cassius          Catherine Locandro



Albin Michel
Litt'
Parution : 24 avril 2019
Pages : 352
Isbn : 9782226437570
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur



Dans les années 50, aux États-Unis, la ségrégation bat encore son plein. Malgré leur jeune âge et l’amour protecteur de leur mère Odessa, Cassius et Rudy en subissent la violence au quotidien. Ils encaissent les inégalités comme autant de coups. Jusqu’au jour où l’aîné des deux frères découvre la boxe… Dans les gymnases, la couleur de peau importe peu. Sur les tapis et les punching-balls, les distinctions s’effacent dans une même odeur de sueur. Jab ! Crochet ! Uppercut ! Pour Cassius, progresser devient rapidement une obsession. Il pratique chaque jour et gagne peu à peu en technique et en endurance, aidé en cela par son entraîneur Angelo Dundee. Sur le ring, son énergie est stupéfiante, et son jeu de jambes si rapide qu’il fait penser à une danse. Ses adversaires peinent à suivre le rythme ! Et ce n’est encore qu’un début…
Catherine Locandro raconte avec sensibilité et passion le parcours et l’ascension extraordinaire de celui que l’on surnommait « The Greatest », l’un des plus grands boxeurs de l’histoire.

À partir de 13 ans


C'est chez Slatkine et compagnie, la lune est un roman

La lune est un roman     -  Fatoumata Kebe

ebook La lune est un roman - Récit de Fatoumata Kebe

Slatkine et copagnie
Parution : 08 avril 2019
Pages : 192
Isbn : 9782889441068
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur



Le plus ancien calendrier lunaire remonterait à 18 000 ans, peint par les premiers artistes du paléolithique, à Lascaux. Au plus loin que porte la mémoire écrite des hommes, on parle de la Lune.

Elle est à l’origine de tous les mythes, de toutes les religions. Elle est restée la même depuis que l’humanité existe. Permanente, rassurante, inquiétante aussi, la Lune change de forme, de couleurs, fait gonfler l’océan, pousser les plantes et danser les farfadets.

Déesse ou dieu, on l’a depuis toujours vénérée, écoutée. La Lune parle, elle dit le temps. Le temps qui passe, le temps qu’il fait. Elle rythme et dirige la vie de l’humanité.

La Lune est un roman.

Fatoumata Kebe est titulaire d’un doctorat d’astronomie et d’un master de mécanique des fluides obtenus à Sorbonne Université. Elle a été formée pendant un an au département d’ingénierie spatiale de l’université de Tokyo. Elle a créé l’association Éphémérides, qui organise des ateliers d’astronomie principalement auprès des publics empêchés.


Même si c'est le début des vacances, la rentrée littéraire se profile , les trois suivants en seront.  Hâte de découvrir le deuxième roman d'Odile D'Oultremont   


Baïkonour    -    Odile D'Oultrmont

Odile D'oultremont - Baikonour.

L'observatoire
Parution 21/08/2019
Pages : 219
Isbn : 9791032904329
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Anka vit au bord du golfe de Gascogne et rêve depuis toujours de prendre le large. Mais un jour, la mer lui prend son père, un pêcheur et le capitaine du Baïkonour. Marcus est quant à lui grutier. Un matin, distrait par la beauté d’une jeune femme, il chute de sa grue et tombe dans le coma. «Baïkonour » est le deuxième roman d’Odile d’Oultremont. Un roman d’amour qui lie les destins de deux êtres que tout oppose.

Autre tentation très attirante chez Calmann Levy

Où bat le coeur du monde         Philippe Hayat

Où bat le coeur du monde

Calmann Lévy
Parution : 14 août 2019
Pages : 429
Isbn : 9782702167304
Prix : 20.50 €

Présentation de l'éditeur

"Sa musique décrivait un coin du ciel, une façade éclaboussée de lumière, invisibles sans jazz. Il jouait et la joie se réveillait d’un rien et de partout."

À Tunis dans les années trente, Darius Zaken est frappé de mutisme après la disparition brutale de son père. Élevé par sa mère Stella qui le destine aux plus hautes études et sacrifie tout à cette ambition, il lutte pour se montrer à la hauteur. Mais le swing d’une clarinette vient contredire la volonté maternelle. Darius se découvre un don irrésistible pour cet instrument qui lui redonne voix. Une autre vie s’offre à lui, plus vive et plus intense.
De la Tunisie française aux plus grandes scènes du monde, en passant par l’Europe de la Libération et l’Amérique ségrégationniste, cette fresque est
un magnifique roman d’initiation et d’émancipation, mené au rythme étourdissant du jazz.

On termine avec chez Albin Michel 

Par les soirs bleus d'été         Franck Pavloff

Par les soirs bleus d'été

Albin Michel 
Parution : 21 août 2019
Pages : 208
Isbn : 9782226441119
Prix : 17.90 €

Présentation de l'éditeur

Dans le lieu-dit la Montagne perdue, Détélina, une jeune femme hantée par la mémoire des mineurs de fond, veille sur son fils Léo, un enfant hors du commun, qui ne s’exprime que par un rituel minutieux de dessins et de couleurs. Quand arrive du Donbass, terre de combats, un étranger sur un side-car d’une autre époque, l’enfant se laisse peu à peu approcher. Mais que cherche cet homme qui bouscule leurs habitudes, ce frère d’exil qui rend leur quotidien plus lumineux ?
Depuis Le Pont de Ran-Mositar (prix France Télévision 2005), Franck Pavloff poursuit une œuvre à l’écriture ciselée et puissante où évoluent des « perdants magnifiques » qui vivent aux frontières du réel et de l’imaginaire, et reconstruisent un monde de liberté.

samedi 29 juin 2019

L'homme sans talent - Yoshiharu Tsuge

L'homme sans talent  -   Yoshiharu Tsuge



Atrabile
Parution : novembre 2018
Traduction de Kaoru Sekizumi et Frédéric Boilet.
Adaptation graphique de Frédéric Boilet.
Pages : 224
ISBN 978-2-88923-073-0
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur

Chef d’œuvre : voilà un mot bien galvaudé, mais amplement mérité par ce magnifique joyau noir qu’est L’Homme sans talent. Initialement publié dans les années 80 au Japon, traduit en français par ego comme x en 2004, cette œuvre emblématique du watakushi manga («bande dessinée du moi») n’était plus disponible depuis de nombreuses années. Les éditions Atrabile sont incroyablement fières et heureuses de pouvoir donner une nouvelle vie à ce livre qui mérite d’être lu et relu. Le personnage central en est un auteur de manga, intègre et jusqu’au-boutiste, qui refuse les compromis et les travaux de commande; face aux vicissitudes de l’existence, il semble décidé à faire de sa vie une étrange ode à l’échec, en vendant des cailloux piochés dans la rivière, dont personne ne semble vouloir. Lentement mais sûrement, il se met lui-même au ban d’une société qui ne l’intéresse plus, comme un laissé pour compte volontaire. Ne répondant que mollement aux injonctions répétées de sa femme, qui le conjure de trouver une solution à leur situation et donner enfin une vie digne à sa petite famille, cet «homme sans talent» persévère, bricole et s’enfonce lentement dans la précarité et une certaine misère sociale… Au fil des pages, Yoshiharu Tsuge transforme ce ratage annoncé en un poème lancinant, un véritable éloge de la fuite et une belle invitation à célébrer l’immanence des choses, le tout porté par une touche d’humour et d’ironie salvatrice. Figure emblématique du manga d’auteur, malgré tout peu connu chez nous, Yoshiharu Tsuge est un des auteurs les plus respectés, révérés et étudiés au Japon.
L’Homme sans talent, dans sa précédente édition, avait été nommé en 2005 au 32e Festival d’Angoulême pour le prix du Meilleur album de l’année; il avait également remporté un succès aussi bien public que critique. Pas loin de quinze ans après sa première apparition chez nous, gageons que ce titre mythique devrait à nouveau conquérir bien des lecteurs…

Traduction de Kaoru Sekizumi et Frédéric Boilet.
Adaptation graphique de Frédéric Boilet.
Préface de Stéphane Beaujean.et Léopold Dahan.




Yoshiharu Tsuge


Yoshiharu Tsuge naît en 1937 à Tôkyô. Il est élevé par sa mère dans des conditions difficiles, en l'absence d'un père prématurément disparu. Après l'école primaire, il doit travailler et exerce différents petits métiers (distributeur de journaux, livreur de nouilles...). Tsuge est un adolescent perturbé, mal dans sa peau. À 14 ans, il s'embarque clandestinement dans un cargo à destination des États-Unis, mais il est découvert par les garde-côtes, avant même sa sortie des eaux territoriales. À 16 ans, il fait ses débuts dessinant pour des librairies de prêt, marché parallèle à la grande édition mais qui disparaît dans la décade suivante et le laisse sans emploi. Comme la plupart des japonais de cette génération, il a souffert du désastre économique après la 2e guerre mondiale mais sa situation fut à l'extrême car il a dû vendre son propre sang pour survivre. Balançant ainsi constamment entre pauvreté et dépression, il fit une tentative de suicide. C'est Garo, magazine qui tirera la bande dessinée du carcan de la publication pour enfants et se portera à l'avant-garde de la bande dessinée des années soixante, qui lui donne une nouvelle chance. Dans le numéro de 1965, l'éditeur lui lance un appel : "Monsieur Tsuge Yoshiharu, veuillez nous contacter". Dès lors, c'est dans ces pages qu'il présentera les bandes dessinées que la critique portera au rang de chefs-d'œuvre. Tsuge cherchait le moyen de s'affranchir de la structure narrative généralement de mise, c'est-à -dire celle établie après-guerre par Tezuka Osamu, et reposant sur l'impératif explicite d'une introduction, d'un développement et de son dénouement. Il y parvient avec la réalisation du Marais, récit de treize planches sans véritable intrigue. En fait, le sens que l'on pourra trouver dans la plupart de ses bandes dessinées ne s'affiche pas simplement dans la relation entre les faits relatés. Il se noue plutôt dans celle qui lie un personnage à son environnement. De 1966 à 1976, Tsuge voyage à travers le Japon. Il affectionne les lieux aux dimensions réduites, certains quartiers urbains peu habités, faubourgs, villages de montagne, petits ports de pêche ou stations thermales inconnues des guides touristiques. C'est là qu'il puise la matière de ses récits. Ses personnages confrontés à des événements plus ou moins insolites évoluent dans des cadres en tout point semblables à ceux de la société japonaise. Il arrive qu'ils s'y sentent étrangers ou bien à leur aise mais leur espace n'est pas un décor gratuit. Les bandes dessinées de Tsuge ont été divisées en trois catégories : les unes relèvent de ce que l'auteur appelle lui-même "les récits de voyage" et qui regroupent celles retraçant des rencontres en quelques lieux de l'archipel. Il en va ainsi pour certaines qui ont fait ses premiers succès mais on pourrait aussi bien citer Hatsutake gari [La cueillette des champignons] (Garo, avril 1966) ou Tsuya [La veillée funèbre] (Garo, mars 1967). Viennent ensuite celles qui sont nées des rêves de l'auteur et dont l'atmosphère est assez surréaliste. Outre La vis, Gensenkan shujin [Le patron du Gensenkan] (Garo, juillet 1968) en fournit aussi un bon exemple. Enfin, il y a les bandes dessinées publiées dans les années 70 et 80, au caractère autobiographique prononcé, telles que Ô ba denki mekki kôgyôsho [L'usine d'étamage d'âba] (Manga Story, avril 1973) ou Shônen [Jeunesse] (Custom Comic, juillet 1981). La carrière de TSUGE a souvent été interrompue à cause de sa dépression. Il a néanmoins rédigé des recueils de ses rêves et illustré des ouvrages sur ses voyages à travers le Japon. Actuellement, il ne dessine quasiment plus. Néanmoins son œuvre connaît une grande postérité. TSUGE n'est certes pas un auteur grand public, mais dès 1968, ses histoires ont été publiées en recueils et sont constamment rééditées depuis. Son œuvre touche sans cesse de nouvelles générations de lecteurs et de créateurs, et la critique est unanime sur son inestimable importance. Deux de ses histoires ont été portées à l'écran pour le cinéma. Munô no Hito (L'Homme sans talent, publié en 1985), a notamment été réalisé en 1991 par Takenaka Naoto et a reçu le prix de l'Association internationale des critiques au festival du cinéma. Au japon, Tsuge est invariablement présenté dans les médias avec le mot Ishoku, qui signifie "unique", ou Kisai, qui peut se traduire par "génie singulier"...

Texte © Ego comme X


Source : BD Gest


Mon avis

C'est un WATAKUSHI MANGA, entendez par là un manga autobiographique que nous propose Yoshiharu Tsuge.  Sa parution au Japon date des années 80.  C'est la maison d'éditions suisse ATRABILE qui nous propose une réédition de ce manga qui était dans la sélection du meilleur album à Angoulême en 2005.

On suit Sukezo qui a décidé de vivre d'un commerce de pierres, de cailloux qu'il ramasse un peu partout.  C'est facile, c'est gratuit...  Oui mais, qui achèterait ces pierres ?, S'il suffit de s'arrêter et de se baisser pour les ramasser...

C'est son choix, sa philosophie de vie...

Avant cela il était tour à tour réparateur d'appareils photos, amateur d'oiseaux chanteurs.  Son talent car il en possède un est le dessin, dessinateur de manga.  Il a tout laissé tomber pour suivre un autre chemin.
Sa femme lui dit que c'est une larve.  Pauvre vision pour son fils qui est l'élément positif, un personnage aimé, qui le rattache à l'humanité. 

Tout quitter, toucher le fond, une philosophie de vie qui relate sans doute le passage dépressif du grand mangaka Yoshiharu Tsuge, une remise en question complète.

Il soulève ici une angoisse.  C'est quoi réussir dans la vie ?  Un refus de productivité, un refus de l'argent,  l'essentiel n'est-il pas ailleurs ?


Un récit qui questionne et ne laisse pas indifférent.

Ma note : 8/10





jeudi 27 juin 2019

Kokekokkó! ♥♥♥

KOKEKOKKO ! 16 vues du Japon



Editions Issekinicho
Parution 2015
Pages : 320
Isbn : 9791095397007
Prix : 21.50 €


Présentation de l'éditeur
16 auteurs français,
16 expériences du Japon !

Qu’ils soient expatriés de longue date ou partis quelques semaines à la découverte du pays du soleil levant, ils vous entraîneront au fil de ces 320 pages de bandes dessinées où se mêlent récits de voyages, rencontres insolites et vie quotidienne (bien loin d’être zen et de tout repos !).

Auteurs :


Rémi Maynègre, Yllya, Cyrielle, Florent Chavouet, Remka, Yatuu,Jibé, Alexandre Bonnefoy, Delphine Vaufrey, Priscilla Moore, Dreamy, Julie Blanchin, Sylvie Bessard, Martin Faynot, Nini Wanted, Ulysse Malassagne.


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La maison d'éditions


Une maison d'éditions que je ne connaissais pas "Issekinicho" découverte à la Foire du livre de Bruxelles en février dernier.
issekinicho-alex-delphine-2

Deux passionnés du Japon , Delphine Vaufrey et Alexandre Bonnefoy illustrateurs à la base de la maison d'édition créée fin 2013. Envie d'en savoir plus ? suivez ce lien pour les découvrir en interview
Les Éditions Issekinicho publient des livres sur le Japon abordant des sujets inédits et insolites.

Elles apportent un éclairage différent sur la culture contemporaine japonaise en collaborant avec des auteurs qui vivent en Asie et qui connaissent la culture de l’intérieur, apportant un point de vue personnel et vivant.

Du graphisme, au choix des typographies et des papiers, chaque élément est choisi avec soin afin de participer à la qualité et à la richesse des ouvrages qu’elles choisissent de publier.


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Mon avis

Un livre pour les amateurs du Japon ou tout simplement pour les curieux qui ont envie d'en savoir un peu plus sur la culture japonaise de façon ludique.

Ils sont 16 auteurs français à avoir vécu une expérience à la culture japonaise. Ils ont passé du temps au pays du soleil levant, un pays que j'adore et qui me fascine ayant eu la chance d'y passer trois semaines l'été dernier.

Chacun avec son style, son expérience va nous raconter de manière graphique les us et coutumes du Japon, la vie de tous les jours.

Une petite présentation originale nous racontant leur approche du Japon, leur vécu, se définissant par un plat, un quartier du Japon, un personnage de fiction ou un objet japonais.

On découvre donc 16 univers avec à chaque fois leur bibliographie , leur blog ce qui peut donner envie d'en savoir plus sur eux. 

Issekinocho veut dire "D'une pierre deux coups"  et le titre de l'ouvrage est "Kokekokkò" , un joli clin d'oeil qui résume parfaitement le concept car il s'agit de la traduction de "Cocoricco" !


Après lecture vous connaîtrez le parcours à effectuer pour vous installer au Japon, vous serez un peu plus familiarisé avec la nourriture japonaise car il y a bien d'autres choses que les 'sushis'.  Vous saurez pourquoi on parle de cafards, de tremblements de terre, de traditions comme les maikkos, les onsen, les religions, l'expérience des ryokans, des religions.... et bien d'autres choses.

Une idée originale, une belle découverte, dépaysement garanti.

Ma note : 9.5/10 


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lundi 24 juin 2019

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à suivre


De retour d'une virée parisienne, si vous me suivez un peu, vous savez que ma Pal risque d'en prendre un coup.  Je suis incorrigible, ben oui pour un livre , il n'y a pas de date de péremption..

Voici ce que cela donne :


Juste avant de partir, c'est monsieur qui avait craqué la semaine dernière.

On découvre tout cela ? C'est parti, on commence par les romans.

Une belle rencontre à la librairie L'instant  dans le 15 ème à Paris.  Une très belle librairie-café qui proposait une rencontre avec 5 auteurs nous proposant une soirée haribo-mojito.  L'occasion de revoir les copines parisiennes.  J'y ai rencontré Caroline Boudet, la présentation de son livre m'a touchée.

La vie réserve des surprises  -    Caroline Boudet

La vie réserve des surprises

Édition originale Fayard
Le livre de Poche 34425
Parution : 15/02/2017
Pages : 256
Isbn : 9782253186342
Prix : 7.10 €

Présentation de l'éditeur


Elle, c’est ma fille. Louise. Qui a quatre mois, deux bras, deux jambes, des bonnes grosses joues et un chromosome en plus. S’il vous plaît, quand vous rencontrez une Louise, ne demandez pas à sa mère : « Ça n’a pas été dépisté pendant la grossesse ? » Soit ça l’a été et la décision de « garder l’enfant » est assumée, soit ça ne l’a pas été et la surprise a été assez importante pour ne pas revenir dessus. Ne dites pas à sa mère : « C’est votre bébé malgré tout ». Non, c’est mon bébé, point.
C. B.
C'est l'histoire, émouvante et souvent drôle, du chemin parcouru par une jeune femme bien ancrée dans sa supposée normalité, et dont la petite fille vient faire exploser les certitudes et les horizons. Une véritable ode à la différence.

Le cri d’amour d’une mère. Sarah Gandillot, Femme actuelle.

Un texte plein d’humanité et d’autodérision mais n’édulcorant rien des épreuves traversées. Marine Lamoureux, La Croix.

Un livre poignant. Candice Satara-Bartko, Parents.

Repéré à sa sortie , il était évident qu'il rejoigne ma PAL au plus vite :

Une sirène à Paris  -   Mathias Malzieu

Livre: Une sirène à Paris, Mathias Malzieu, Albin Michel ...

Albin Michel
Parution : 06 février 2019
Pages : 240
Isbn : 978226439772
Prix : 18 €


Après le bouleversant Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu retrouve la veine du merveilleux de La Mécanique du cœur avec cette Sirène à Paris, l’histoire d’amour impossible entre un homme et une sirène dans le Paris contemporain. Nous sommes en juin 2016, la Seine est en crue. De nombreuses disparitions sont signalées sur les quais. Attiré par un chant aussi étrange que beau, Gaspard Snow découvre le corps d’une sirène blessée, inanimée sous un pont de Paris.
Il décide de la ramener chez lui pour la soigner, mais tout ne passe se pas comme prévu. La sirène explique à Gaspard que les hommes qui entendent sa voix tombent si intensément amoureux d’elle qu’ils en meurent tous en moins de trois jours. Quant à elle, il lui sera impossible de survivre longtemps loin de son élément naturel…
À travers ce conte moderne, Mathias Malzieu questionne l’engagement poétique et le pouvoir de l’imagination dans une époque troublée. Ce livre est une déclaration d’amour à l’amour, au panache, à l’épique, à la camaraderie et à la surprise.

Autre chanteur dont je suis fan, j'aime ses mots.  Voici son premier roman

Fugues -  Arthur H

Fugues

Mercure de France
Traits et portraits
Parution : 04 avril 2019
Pages : 192
Isbn : 9782715249981
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

«J’avais quinze ans, et un mois plus tôt j’avais fugué. Ça avait été beaucoup plus simple que je ne le croyais. On était à l’aéroport de Pointe-à-Pitre, pour rentrer à Paris, et j’avais fermement pris ma décision. Deux jours avant, il s’était passé une chose prodigieuse et après cette chose je ne pouvais plus revenir en arrière.»

Arthur H signe ici un bouleversant autoportrait, en trois fugues. Celle de sa mère, Nicole Courtois, à l’âge de dix-huit ans. La sienne, lorsqu’il avait quinze ans, pendant un séjour en Guadeloupe avec son père Jacques Higelin, dans la maison de Coluche. Et la dernière fugue de Bach, laissée inachevée : L’Art de la fugue.

J'avais adoré "Ces jours qui disparaissent" , trop impatiente de découvrir le dernier :

Le patient   -  Timothé le Boucher

Le Patient

Glénat
Collection 1000 feuilles
Parution : 10 avril 2019
Pages : 296
Isbn : 9782344028070
Prix : 25 €

Présentation de l'éditeur

À quoi bon se souvenir qu’on a vécu l’enfer ?

La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée... 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie…

Après le remarqué Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher revient avec un ouvrage témoignant une nouvelle fois de sa science narrative exemplaire. S’inscrivant dans une veine plus réaliste, Le Patient est un thriller psychologique prenant et surprenant, laissant entrevoir quelques-uns des thèmes de prédilection de l’auteur : le rapport à l’autre, la notion du « temps », de l’identité et de la mémoire.

Je n'ai pas lu le roman et j'ai vu passé beaucoup de bien de cette adaptation, hâte de la découvrir

Nymphéas noirs  -  Cassegrain/Duval/Bussi

Nymphéas noirs - Nymphéas noirs

Dupuis
Aire Libre
Parution : 25/01/19
Pages : 144
Isbn : 9782800173504
Prix : 28.95 €

Présentation de l'éditeur

Dans le village de Giverny, où Claude Monet peint quelques-unes de ses plus belles toiles, la quiétude est brusquement troublée par un meurtre inexpliqué. Tandis qu'un enquêteur est envoyé sur place pour résoudre l'affaire, trois femmes croisent son parcours. Mais qui, de la fillette passionnée de peinture, de la séduisante institutrice ou de la vieille dame calfeutrée chez elle pour espionner ses voisins, en sait le plus sur ce crime ? D'autant qu'une rumeur court selon laquelle des tableaux d'une immense valeur, au nombre desquels les fameux Nymphéas noirs, auraient été dérobés ou bien perdus.


Quand la passion se mêle à l'art en un jeu de miroirs, Michel Bussi nous emporte dans un tourbillon d'illusions et de mystère, merveilleusement retranscrit par Fred Duval et mis en lumière par Didier Cassegrain, dont les atmosphères évanescentes rappellent l'empreinte impressionniste.

Bien plus qu'une adaptation, Nymphéas noirs est à la fois un hommage à l'un des mouve-ments les plus symboliques de la peinture moderne, un polar envoûtant à travers les époques et un superbe conte de fées empoisonné. À l'image de ces nymphéas, aussi sombres que sublimes.

Fan de Zidrou, je l'avais pas encore celui-ci  alors ....

Merci     -   Zidrou et Monin


Bamboo éditions
Grand Angle
Parution : 29/10/2014
Pages : 64
Isbn : 9782818932155
Prix : 14.90 €

Présentation de l'éditeur

Comment une petite délinquante, grâce à un juge d'application des peines facétieux, transforme la vie politique de sa commune Bredenne, dans la Marne. 9974 habitants et presque autant d'âmes. On parie combien que vous ne connaissez pas ? Faut dire aussi : entre Disneyland Paris et Bredenne, le choix est vite fait. Un peu trop vite peut-être. Merci Zylberajch, bientôt 16 ans et gothique jusqu'au bout des ongles, a commis des actes répréhensibles, comme on dit. Elle n'était pas seule, mais elle a décidé de porter le chapeau. Ses actes n'en méritent pas moins une sanction, d'autant qu'elle n'en est pas à son coup d'essai. Encore faut-il décider quelle sanction ! C'est pour cela que l'État français paie Sébastien Pirlot, juge des enfants. Un juge un peu. olé olé, si vous voulez mon avis. Pirlot ignore encore qu'en condamnant Merci à une peine de substitution, il va offrir à de nombreuses personnes. une joie de substitution.

On continue avec les découvertes de mon cher et tendre

Le rapport W    Infiltré à Auschwitz    -  Gaétan Nocq

Couverture de Le Rapport W

Editions Daniel Maghen
Parution : 23 mai 2019
Pages : 263
Isbn : 9782356740700
Prix : 29 €

Présentation de l'éditeur

Witold Pilecki, capitaine de cavalerie, membre de l’armée secrète polonaise, volontairement interné au camp d’Auschwitz en septembre 1940 sous la fausse identité de Tomasz Serafinski raconte sa mission : organiser dans le camp un réseau de résistance pour créer un soulèvement. Menacé d’être démasqué par les SS, il s’évade du camp en avril 1943. Pendant ces 947 jours d’enfer, Witold rédigera plusieurs rapports pour l’armée secrète polonaise en attendant, en vain, l’ordre du soulèvement. Il fait partie des premières personnes à avoir informé les alliés des conditions de détention et des atrocités commises à Auschwitz.

L’histoire vraie du polonais Witold Pilecki qui a relaté son expérience et sa mission dans le camp d’Auschwitz de septembre 1940 à avril 1943.

Un roman graphique pour suivre

Speak   -  Emily Caroll


Rue de Sèvres
D'après le roman de Laurie Halse Anderson
Parution : le 09/01/2019
Pages : 376
Isbn : 9782369819974
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Melinda a 15 ans. Ce soir d'été, au beau milieu d'une fête, la jeune fille est victime d'un drame. Elle appelle la police. Personne ne saura jamais pourquoi elle a lancé cet appel, ni ce qu'il lui est arrivé cette nuit-là. Tout simplement parce que Melinda, murée dans son silence, ne parvient pas à l'exprimer...

et pour terminer non pas une mais deux versions :

Le dernier pharaon  -  Schuiten/Van Doormael/Gunzig/Durieux

 
Dargaud
Parution : 29 mai 2019
DESSIN: FRANÇOIS SCHUITEN
SCÉNARIO : THOMAS GUNZIG
VAN DORMAEL JACO
FRANÇOIS SCHUITEN
COULEURS : LAURENT DURIEUX
Pages : 92
Isbn : 9782870972809
Prix : 17,95€

Présentation de l'éditeur

« Par Horus, demeure ! » Le souvenir de la Grande Pyramide hante à nouveau Mortimer. Ses cauchemars commencent le jour où il étudie d'étranges radiations qui s'échappent du Palais de Justice de Bruxelles : un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales, des pannes dans les circuits électroniques et d'épouvantables hallucinations chez ceux qui y sont exposés. La ville est aussitôt évacuée et enceinte d'un haut mur.

Pour venir à bout du rayonnement, l'armée a conçu un plan qui met en péril l'avenir du monde. Pour Blake et Mortimer, malgré leurs vieilles querelles, malgré leur âge, il va s'agir de repartir à l'aventure, vers une Bruxelles abandonnée pour tenter encore une fois de sauver le monde. Et s'apercevoir que la zone interdite n'est pas si abandonnée que cela.

Ce qu'ils trouveront là est en lien avec leur aventure passée, celle qui les avait menés au temps de leur jeunesse, vers les mystères de la Grande Pyramide.

Dans "Le Dernier Pharaon", les Belges François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux ont voulu revisiter l'oeuvre d'Edgar P. Jacobs, où se mêlent leurs talents respectifs et le plus grand respect pour la série originelle. Un hors série fidèle, mais à la fois très personnel, qui prend ses sources au coeur même des aventures de Blake et Mortimer. À ne pas manquer !

jeudi 20 juin 2019

Mon père - Grégoire Delacourt ♥♥♥♥♥

Mon père  -  Grégoire Delacourt  ♥♥♥♥♥






JC Lattès
Parution : 20 février 2019
Pages : 256
ISBN : 9782709665339
Prix : 18 €


Présentation de l'éditeur



Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront nos Rois.

Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu'un attentait à l'un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?

G.D.



Mon avis

Quelle claque !

Difficile de trouver les mots que ce roman magistral de Grégoire Delacourt. Ce livre est bouleversant, il secoue et questionne et est plus que jamais malheureusement toujours d'actualité.

Un sujet tabou abordé avec énormément de justesse.

Un homme Edouard entre dans une église et saccage absolument tout ! Il détruit tous les objets sacrés, ce jusqu'au Tabernacle.  Il semble possédé, animé par une rage qu'il ne peut plus contenir !

Mais que se passe-t-il ?  Attiré par le bruit, un prêtre, Préaumont sort de la sacristie et calmement le soigne et l'écoute.

Edouard ne cesse de dire ; Pourquoi lui ?  Pourquoi mon fils ?


Parallèlement à cela et en préambule, Edouard est obsédé par une scène de catéchisme; le sacrifice d'Isaac par Abraham  (l'ancien testament parle lui du sacrifice d'Abraham ! )

J'ai été éduquée tout comme Edouard et Nathalie (celle qui deviendra la mère de Benjamin, leur fils, sa femme) dans la foi catholique, j'ai eu droit au catéchisme matinal quotidien durant deux ans!  oui je sais.. mais j'ai survécu..  Un bourrage de cerveau d'amour du prochain, de pardon, mais surtout avec le recul d'hypocrisie (désolée si j'en choque certains).   J'ai aussi fait les camps de patro mais ma chance est d'avoir côtoyé un prêtre qui était dans l'écoute, partage et sans dérives.  C'est loin d'être toujours le cas, raison pour laquelle Grégoire Delacourt aborde ce sujet difficile, malheureusement intemporel, faisant toujours autant scandale dans l'Eglise.  (La parution de SODOMA il y a peu nous le rappelle)

Mais bien des choses donnent l'envie de vomir tout comme l'utilisation du prétexte de l'amour de Dieu, l'amitié naissant, il est normal de se laisser abuser, oui c'est bien car Dieu ne l'interdit pas.

Et mon doigt a caressé ses lèvres, je lui ai expliqué que se toucher, lorsqu'on est amis, est un cadeau qu'on se fait, quelque chose de rare puisque ceux qui ne sont pas amis n'y ont pas droit, et Dieu qui nous regarde se réjouit de notre amitié.

Grégoire Delacourt nous dresse le portrait d'un père qui s'investit et veut à tout prix aimer, chérir et protéger son enfant.  Mais il y a la loi du SILENCE, difficile à rompre.  Que faire lorsque son enfant ne va pas bien, est-ce dû à la séparation des parents car Nathalie et Edouard divorcent.  Quel mal-être de ne pas VOIR, ne pas Comprendre ce qui ne va pas chez Benjamin âgé de 10 ans.

Ce n'est plus possible pour Edouard d'imaginer, il veut des certitudes, il a besoin d'entendre, de savoir ce que Benjamin a supporté même si c'est difficile à entendre, les confessions du prêtre sont indispensables.

Un roman qui nous parle de ce lourd fardeau qu'est le silence, synonyme d'une grande souffrance.  Qui nous parle du pardon, celui qui permet tout, qui absout.  Un roman qui nous parle de l'Eglise et de sa façon d'agir, de ne rien dire, de fermer les yeux, le silence encore et toujours!

Ce récit soulève d'autres questions comme le célibat des prêtres qui eux contrairement aux autres ecclésiastiques ne font pas voeux d'abstinence, de chasteté.  L'hypocrisie de l'Eglise, ses contradictions !

Ce huis-clos entre un père qui donne l'amour filial, paternel et un Père , prêtre qui prend l'amour d'une main et abuse et donne le corps du Christ de l'autre ! Grégoire Delacourt secoue, déstabilise.  Il parle de l'innommable, de l'insoutenable avec une plume d'une terrible justesse.  Il trouve les mots précis, il est magistral.

Que ferions-nous dans le même cas ? Jusqu'où pourrions-nous aller pour protéger nos enfants ?  Quelle limite y-a-t-il à notre humanité ?

Un roman fort, indispensable.  A lire absolument !

Ma note : 10/10  ♥




Les jolies phrases

Et je m'étais plus tard demandé comment un père peut sauver un fils qui s'est emmuré dans un tel silence.

Le chagrin fait grandir plus vite pour avoir plus vite de longues jambes et plus vite le fuir.

Je lui ouvrirai mes bras pour lui apprendre qu'un père est un arbre près duquel on peut se réfugier, se cacher les jours de peur.

Aimer quelqu'un peut l'ébrécher, je le sais maintenant.

Car tout est là, dans cette escroquerie, dans cette mystification.  Le pardon permet l'infamie.  Le pardon autorise toutes les abominations.  Il est la semence du mal.  L'épine du monde !

Et moi, Edouard, je te dis qu'il faut deux parents à un enfant, sinon il boîte.

Les prêtres ne font pas voeu de chasteté, vous savez, mais promesse de célibat.  Les barreaux du grand malentendu.  Vous n'avez pas idée de notre impossibilité à gérer la sensualité.  Le plaisir, la jouissance.

Et mon doigt a caressé ses lèvres, je lui ai expliqué que se toucher, lorsqu'on est amis, est un cadeau qu'on se fait, quelque chose de rare puisque ceux qui ne sont pas amis n'y ont pas droit, et Dieu qui nous regarde se réjouit de notre amitié.

Le silence étouffe les victimes, vous savez, mais paradoxalement il est aussi un aveu.

Le pardon n'est pas une rémission, poursuit-il.  C'est juste une promesse, un espoir.  Celui de créer le temps et l'espace où se reconstruire. Il n'est pas une fin en soi mais un commencement.

Je sais que la paix disparaît quand triomphe l'injustice et que l'injustice est le tombeau de la prière. Ce qu'a fait le père Delaunoy est une abjection, une tragédie.  C'est la ruine de toute notre Église, et que que fait l'Église, tout comme les mères qui savent et se taisent, est un crime.

Je n'ai pas entretenu mon fils de la laideur et des dangers du dehors parce qu'il est inutile de placer des mines dans les jardins de l'enfance.

Il est vrai que le législateur ne s'embarrasse guère des enfants.  Ils ne votent pas.

Je suis parvenu au point où confluent ma part tellement civilisée, celle d'un fils de la subordination, et l'autre, primitive, animale de la famille des ursidés, capable d'un coup de patte de dépecer celui qui menace sa géniture.

Mais rien n'y fit car tu le sais bien, toi, Isaac le Muet, que le silence est le seul refuge des enfants quand ceux qui devaient inconditionnellement vous aimer vous ont trahi.

Du même auteur j'ai lu (et chroniqué)



dimanche 16 juin 2019

Bluebird - Geneviève Damas ♥♥♥♥♥

Bluebird    -   Geneviève Damas   ♥♥♥♥♥

Bluebird - G.Damas - Librairie Eyrolles
Gallimard - La Blanche
Parution : 16 mai 2019
Pages : 160
Isbn : 9782072853401
Prix : 14.50 €

Présentation de l'éditeur

Juliette, ou Bluebird, ainsi que l’a surnommée son jeune amoureux de passage, ne va plus au lycée. Elle a coupé les ponts avec ses parents pour aller vivre chez sa grand-mère. Officiellement, elle a contracté une maladie infectieuse. La réalité, que l’adolescente n’a pu admettre à temps, que son corps même lui a cachée, est tout autre : elle est enceinte. Garder le bébé, le confier, le «donner» en adoption, tel est désormais le choix qui s’impose à elle.
Dans une longue lettre adressée à l’enfant à naître, la toute jeune femme exprime avec une rare justesse ses peurs, ses rêves et sa fragilité au long de ce cheminement incertain.

Mon avis

Bluebird est le cinquième roman de ma compatriote Geneviève Damas.  C'est l'histoire de Juliette, une adolescente de seize ans et demi, aux yeux bleus d'où son surnom donné par Tom son amoureux de passage.

Juliette, bonne élève, première de classe vit avec sa mère, son frère Ludo 15 ans et Lou sa petite soeur de 8 ans dont elle s'occupe un peu comme une maman car la sienne, polonaise d'origine, travaille beaucoup.  Elle veut donner le meilleur à ses enfants et c'est difficile car il faut compter beaucoup, elle est loin d'être riche.  Depuis son divorce elle est coiffeuse à domicile, souvent absente pour gagner le moindre sou.

Chez le père de Juliette, c'est le contraire, on vit dans l'opulence, on ne se prive de rien, on va au resto, part en vacances, oui c'est cool sauf qu'il y a Martha, la nouvelle jeune compagne de son père ... et Juliette lui en veut de les avoir planté pour elle.

Un jour, Juliette est pliée de douleur et souffre d'un horrible mal au ventre.  Sa mère l'emmène aux urgences craignant une crise d'appendicite mais il n'en est rien !  On découvrira qu'un bébé pousse dans le ventre de Juliette, il s'est niché sur la colonne comme s'il se cachait, on ne voit absolument rien !  Le problème c'est que le bébé a déjà six mois et demi.  La maman de Juliette est furieuse, elle ne comprend pas car Juliette a pourtant toujours ses règles, elle en est certaine. Cela arrive rarement mais il s'agit d'un déni de grossesse.

Pour Juliette c'est difficile de comprendre et d'accepter ce qui lui arrive. Dans un premier temps, elle ne comprend pas que c'est d'elle que l'on parle ! ce n'est pas d'elle, non c'est impossible.

Les relations sont difficiles alors elle part s'installer chez sa mamy, une occasion pour celle-ci de se rapprocher de Juliette.  Mamy l'écoute, lui fait confiance, la conseille, elle ne la juge pas et lui transmet son expérience.

Juliette écrit alors ce roman, enfin cette lettre à son futur bébé qu'elle doit apprendre à accepter, à connaître, à aimer en si peu de temps car il leur reste à peine deux mois et demi.

Elle lui raconte tout : ses peurs, la difficulté de ses choix, les questions qu'elle se pose, son regard sur l'avenir, sur la vie qui l'attend.

Jamais nous ne connaîtrons sa décision finale, elle sera laissée au lecteur en somme.

Et puis il y a une belle rencontre en la personne d'Yvette, la voisine de mamy.  Elle est infirmière africaine et bienveillante avec Juliette.  Son histoire interpellera Bluebird, elle m'a profondément émue.  Je ne vous en dis pas plus, à vous de la découvrir.

Ce récit est une petite merveille, une pépite.  La plume de Geneviève Damas est juste superbe, elle utilise un langage vivant, d'adolescent chargé d'émotions qui se questionne sur sa vie.  C'est très fort, puissant.  Les mots sont bien choisis, avec délicatesse sortis de leur écrin, les personnages nous livrent le plus profond de leur âme, leurs sentiments.  C'est puissant.   Elle crée une empathie profonde envers les personnages, la connaissance de l'humain et de ses sentiments.

Un livre sur des choix?  l'adoption ou pas, sur le déni, un sujet encore tabou.  Comment accepter l'idée d'avoir un enfant alors qu'elle en est un encore elle-même ? l'acceptation.  Un récit sur les conditions de vie d'une famille séparée, sur l'écologie, l'amour, les relations humaines, le génocide, la transmission intergénérationnelle, la rencontre et l'écoute de l'autre.

Un bijou à découvrir d'urgence.


Immense coup de ♥


Les jolies phrases

Ce n'est pas facile, la vérité . Ça fait peur, parfois.  Ce n'est pas toujours ce qu'on a envie d'entendre.  Je vais y aller, petit à petit, un peu de travers, comme les chemins de montagne qui ne font que tourner pour qu'on ne se prenne pas la pente en pleine face.

Faut croire qu'une mamy et une maman, ce n'est pas pareil.  Les mamans, on ne leur passe rien, on veut qu'elles soient parfaites.  

Comme quoi dans le malheur, il y a toujours une part de bonheur.

Le temps passe et l'amour aussi.  Ça fait de la peine aux enfants mais les adultes n'en peuvent rien.  Toutes les choses, même les montagnes disparaissent.  Les sentiments, c'est pareil.  Avant, on vivait moins vieux et l'amour durait toute la vie. A présent, l'existence est trop longue. Alors c'est obligé qu'on ait plusieurs amours.  Ce n'est pas mieux ou moins bien.  C'est comme ça.

D'après Madame Leroy, il faut se concentrer sur sa vie.  Chacun la sienne.  Si on s'encombre des histoires des autres, on n'a jamais terminé.  Je ne suis pas d'accord.  On ne peut pas s'occuper que de ses affaires.  Ta vie, elle rencontre d'autres vies, c'est ça qui crée les problèmes.  Les joies aussi.

Il y a toujours quelqu'un dans le vie qui doit t'apprendre l'amour, sinon, tu ne peux aimer personne.

C'est si facile de dire pour les autres, si simple les "il faut", "tu dois", quand on a le nez dessus, tout devient flou, on ne sent plus rien.

On a tous besoin de quelqu'un qui caresse notre visage, qui attache sur nous ses yeux doux, qui nous murmure des mots qui n'appartiennent à personne.  Parfois, la vie est trop rapide, on ne cesse de courir après le travail, les sous, l'école, les vacances, le sport, et il ne reste plus de temps pour une main douce sur une autre main.

C'est fou ce que les gens changent quand tu les connais.  Tu te fais une idée et lorsque tu les approches, tu les perçois autrement.

Un jour, on fait un choix et ça fiche la vie en l'air.

...c'est ça que j'aime avec la musique, tu  l'écoutes et, en même temps, tu pars ailleurs, loin, si loin, c'est comme un voyage.

Pourquoi ce qui dure serait-il plus beau que ce qui passe ?  Pourquoi devrait-on préférer les montagnes aux fleurs ? Les éléphants aux papillons ? L'eau du robinet à la goutte de pluie ?  Mais s'il n'y avait pas d'amour entre Tom et moi, peut-être que ça n'a pas de sens de te garder .  Mamy affirme que si moi, j'ai aimé ton père, ça suffit.  L'amour n'a rien à voir avec ma décision.  Tant de femmes gardent des bébés quand il n'y en a pas, tant d'autres les donnent quand il y en avait. C'est tellement étrange, l'amour, qui peut dire ce que c'est?  Ce n'est pas parce qu'il n'y en a pas eu entre un homme et une femme qu'il n'y en aura pas entre elle et le bébé.  Ce n'est pas parce que quelqu'un répète qu'il t'aime que c'est de l'amour.  Ce n'est pas parce que quelqu'un crie qu'il ne t'aime pas qu'il n'y en a pas.  Mamy explique que plus on avance dans la vie, moins on sait ce que c'est.   et le reste p 124 ♥

la p 138  et tant d'autres , difficile de faire des choix tant l'écriture est belle

Du même auteur j'ai lu 

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Image de couverture de Histoire d’un bonheurhttps://nathavh49.blogspot.com/2014/04/benny-samy-lulu-et-autres-nouvelles.html
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samedi 15 juin 2019

Une maternité rouge - Christian Lax ♥♥♥♥♥

Une maternité rouge   -   Christian Lax



Futuropolis   - Louvre
Parution : 16/01/2019
Pages : 144
ISBN : 9782754816601
Prix  : 22 €

Présentation de l'éditeur


Au Mali, une Maternité rouge, sculpture datant du XIVe siècle, est sauvée de la folie destructrice des islamistes par Alou, un jeune chasseur de miel. En compagnie d’autres migrants, soeurs et frères d’infortune, Alou prend tous les risques pour rejoindre l’Europe. Son but et son obsession : confier la précieuse statuette au musée du Louvre !


Alou, chasseur de miel, se dirige vers les ruches sauvages d’un baobab. Circulant en 4x4, armés jusqu’aux dents, une bande d’islamistes radicaux foncent sur lui et font exploser le baobab sacré.
Parmi les débris du baobab, Alou découvre, intacte, une statuette représentant une femme enceinte. Encouragé par son père, il se rend dans le pays Dogon présenter la statuette au sage du village, le hogon, respecté de tous pour sa culture. Le hogon reconnaît aussitôt cette Maternité rouge . Elle est l’oeuvre, selon lui, du maître de Tintam, dont une première Maternité se trouve déjà au Louvre, au Pavillon des Sessions. Pour le vieil homme, la sculpture, en ces temps de barbarie,
sera plus en sécurité au Louvre, près de sa soeur, qu’ici, au Mali.
Confier la statuette au musée parisien, c’est la mission d’Alou. Et pour la mener à bien, le jeune homme prendra tous les risques en traversant déserts et mers, en compagnie de migrants, ses soeurs et frères d’infortune.

Christian Lax rejoint la collection Louvre avec un récit engagé, aux côtés de celles et ceux qui subissent la violence, la misère et la guerre et tentent de rejoindre nos côtes dans l’espoir d’une vie meilleure…

Mon avis

Magnifique album paru chez Futuropolis dans la collection "Louvre"


Septembre 1960 : le Soudan français (Mali) est dépossédé, pillé de ses oeuvres artistiques. Une maternité rouge atterrira au Louvre.


Une autre sera cachée et retrouvée au printemps 2014 par Alou, un chasseur de miel qui la retrouvera et sera chargé par Hogan, un maître érudit , oh comble et ironie du sort ! de la sécuriser en France au Louvre pour qu'elle ne soit pas détruite par les islamistes fanatiques qui ne supportent pas l'art et les traces du passé.


C'est donc au péril de sa vie qu'Alou entreprend le voyage des migrants pour sauver son patrimoine et l'art Dogon.


Un magnifique album en bichromie, des vues magnifiques du Mali, alternant des passages où le dessin prend la parole et de très beaux dialogues reprenant les thèmes suivants : l'art Dogon, un peuple persécuté de tous les temps, la place dédiée à l'art Primaire , les migrants, le long voyage semé d'embûches pendant et après son arrivée en Europe et la mise en évidence du Pavillon des Sessions au Louvre.


Des dessins magnifiques où, malgré la bichromie pour les scènes africaines, on ressent les couleurs et la chaleur.


C'est un gros coup de ♥

Une jolie phrase 


Ne devrait-on pas tous se mobiliser, par les temps qui courent, à préserver les êtres de chair plutôt que leurs innombrables représentations artistiques ?








jeudi 13 juin 2019

Ils ont rejoint ma pal special BD

Ils ont rejoint ma pal spécial BD




Un petit craquage bd, et une arrivée rentrée littéraire cette semaine.  J'adapte ma liste PAL de mon gros arrivage rentrée littéraire de jeudi, c'est encore un peu tôt pour vous parler de chaque livre, je vous les présenterai en fonction des sorties.

Mais revenons à ce qui nous occupe, les BD's.

François de Livraison de mots  m'a vraiment donné l'envie de découvrir ce roman graphique un peu particulier, il parle de l'art brut.

Enferme moi si tu peux    -  Pandolfo/Risbjerg

Enferme-moi si tu peux

Casterman
Biographie - art brut
Scénario : Anne-Caroline Pandolfo
Dessin : Terkel Risbjerg
Parution : 1/05/2019
Pages : 168
ISBN : 9782203162815
Prix : 16.99 €

Présentation de l'éditeur

Six récits de vie étonnants qui interrogent sur des capacités trop rarement explorées de l’esprit humain.


Entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle, femmes, pauvres, malades et fous n’ont aucun droit. Parmi eux, Augustin Lesage, Madge Gill, le Facteur Cheval, Aloïse, Marjan Gruzewski et Judith Scott sont enfermés dans une société qui les exclut. Ils vont pourtant transformer leur vie en destin fabuleux. Un jour, du fond de leur gouffre, une inspiration irrépressible leur ouvre une porte. Sans culture, sans formation artistique, ils entrent comme par magie dans un monde de créativité virtuose. Touchés par la grâce ou par un « super-pouvoir de l’esprit », ils nous ont laissé des œuvres qui nous plongent dans un mystère infini.

J'avais aussi envie de découvrir Zidrou dans un autre registre


Les mentors    Tome 1  Ana     -   Zidrou/Porcel

BD MENTORS (LES)

Grand Angle
Scénario : Zidrou
Dessin : Francisco José Porcel Rodrigues
Parution : 24 avril 2019
Série : Les Mentors
Genre : Fantastique - thriller
ISBN 978-2-81896-794-2
Prix : 14.50 €

Présentation de l'éditeur


Rien n'est plus fort que l'amour d'une mère !

Ils lui ont volé son bébé.

Un commando armé.

Des professionnels.

Son bébé !...

Elle venait à peine de le mettre au monde.

Cela fait bientôt vingt ans qu'Ana cherche à comprendre.

Qui ?...

Pourquoi ?...

Vingt ans qu'elle cherche un indice, aussi infime soit-il.

Vingt ans !..


Dans la même maison d'éditions, repéré par mon mari

Détox   -   Jim/Gallo

BD DETOX

Grand Angle
Scénario : Jim
Dessin : Antonin Gallo et Jim
Parution : 27 mars 2019
ISBN 978-2-81896-676-1
Prix : 16.90 €

Présentation de l'éditeur


Se retrouver face à face avec soi-même. La pire compagnie qui puisse exister…

Mathias vit à 200 à l’heure. Jusqu’à ce que son médecin lui conseille de mettre le pied sur le frein. Sans ça, Mathias risque gros. Il décide alors de suivre un stage un peu particulier. Pendant dix jours, pas d’ordinateur, pas de téléphone. La nature à perte de vue. Un séjour pour retrouver ce qu’il est vraiment au fond de lui. Mais avec quoi occupe-t-on son cerveau quand on n’a pas à checker ses mails toutes les dix minutes ? Y a-t-il une vie sans la 4G ? Sans l’urgence, sans le trop-plein de tout qui nous prouve qu’on existe ?

Pour terminer en bd, j'avais vraiment apprécié "Magasin général" de Loisel, curieuse de voir cette nouvelle série qui nous emmène en Amazonie

Un putain de salopard  -  Tome 1 Isabel

Loisel et Olivier Pont


Rue de Sèvres
Série : Un putain de salopard
Scénario : Régis Loisel
Dessin : Olivier Pont
Parution : 24 avril 2019
Pages : 88
ISBN : 9782369816720
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Au coeur de la jungle menaçante, des destins se mêlent... souvent pour le pire.


Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie.Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70. Il découvre un territoire gangréné par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide.

Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.


Autre arrivée de la rentrée de septembre chez Actes Sud que je remercie vivement pour cet envoi

Ceux qui partent   -  Jeanne Benameur

Ceux qui partent

Actes Sud
Parution : 21 août 2019
Pages : 336
ISBN 978-2-330-12432-8
Prix ; 21 €

Présentation de l'éditeur 

Ils sont une poignée, Ceux qui partent, au cœur de la foule qui débarque du bateau sur Ellis Island, porte d’entrée de l’Amérique et du XXe siècle. Jeanne Benameur orchestre cette ronde nocturne où chacun tente de trouver la forme de son propre exil et d’inventer dans son corps les fondations de son pays intime. Où l’arrachement se fait libération – envol.

Où l'auteur de Profanes et des Demeurées signe son premier grand roman américain.

lundi 10 juin 2019

AYA - Marie-Virginie Dru

Aya        -     Marie-Virginie Dru



Albin Michel
Parution : 24 avril 2019
Pages : 224
EAN13 : 9782226438430
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Aya, c’est toute l’âme de l’Afrique, sa sensualité, sa magie et sa rudesse. Aya, c’est une fille de douze ans, pas encore une femme, belle comme un soleil, et qui ne rêve que d’épouser son petit amoureux, Ousmane. Main dans la main, ils se promènent sur les bancs de sable de Karabane avant de plonger dans l’eau, où ils croisent Moussa de retour de la pêche dans sa barque bleue.
Ce paradis, Aya ne l’abandonnerait pour rien au monde, s’il n’y avait ce terrible secret qui la fait grandir trop vite et qu’elle ne peut partager avec personne. Contrainte de fuir son île, elle va peut-être se libérer du poids qui lui coupe le souffle et se forger enfin un destin.
Une magnifique histoire de résilience que la plume sensuelle, poétique et envoûtante de Marie-Virginie Dru, grande amoureuse du continent africain, fait vibrer tel un chant initiatique.


La maison rose à Dakar

La Maison Rose, Saint-Louis | senegal-online.com

A la rencontre de Mona




Mon avis

Direction Karabane, une île au Sud-Ouest du Sénégal dans l'embouchure du fleuve Casamance, on y rencontre Aya, une fillette de 12 ans.  Aya cela veut dire jeudi, c'est le jour où elle est née.  On espérait un garçon alors on lui a donné le nom du jour car aucun nom n'était prévu pour une fille, pas vraiment un bon début !

Aya vit avec sa mère Aïssatou qui n'est plus la même depuis la mort de son mari et le départ de son fils Djibrill.   Aya fait de son mieux pour veiller sur sa mère, garder les chèvres, gagner un peu d'argent, elle n'est pas facile sa vie... sans compter qu'elle vit dans la crainte de son oncle Boubacar qui se veut son protecteur ...   Faut dire qu'il a pour habitude de déposer un sac de riz et d'emmener Aya dans sa voiture, d'en abuser et puis la jette comme un vieux sac et se barre. 

Heureusement il y a Ousmane, c'est son amoureux, son frère de coeur, sa promesse, sa vie qui lui permet de tout oublier.

Marie-Virginie Dru connaît bien et aime cette région d'Afrique, elle nous fait "vivre" le village, ses odeurs, ses traditions, ses croyances.  C'est une réelle immersion qu'elle nous propose.

Le jour de l'initiation approche, le Bakhut, Ousmane entrera bientôt dans la forêt sacrée pour récolter le secret des anciens, après il sera considéré comme un homme.

Aya avait croisé Camille une photographe venue de France, de passage sur l'île après un reportage à Dakar sur Mona et la maison rose.  Elle est revenue pour immortaliser la cérémonie d'initiation, cette rencontre créera un lien avec Aya.

Cependant Aya devra quitter l'île avec un terrible secret, qui comme Ousmane qui va devenir un homme, la fera grandir trop vite et devenir femme.

C'est un premier roman lumineux, qui nous parle de résilience.  Aya transformera son fardeau en joie et acceptation.  Son destin l'emmènera à la maison rose à Dakar, un lieu ouvert par une française, Mona qui fait don d'elle même pour l'épanouissement de jeunes filles mères abusées, abandonnées.

C'est une écriture poétique, sensible, soignée sans pathos.  Un récit qui nous invite à une immersion totale au coeur de l'Afrique.

Le destin d'une femme moderne, libre, partagée avec ses traditions et coutumes, des choix à porter.

D'autre part, de manière contemporaine, elle nous parle du sort des migrants à Paris, Porte de la Chapelle, ceux qui ont tout quitté pensant trouver un Eldorado, un monde meilleur.

Un joli premier roman dont les destins s'entrecroisent.  Une plume à suivre.

Ma note : 9/10


Les jolies phrases

Parler, c'est comme deux mains qui se tiennent, les paroles créent le lien.

Les choses vraies, il faut les dire tout haut, les parler, les chanter pour pas qu'elles fondent comme des bonbons dans la bouche.

Aya a pensé que c'était pratique les brouillons, ça devrait être pareil dans la vie.

Tant pis, a-t-elle murmuré, les fautes on peut les effacer mais les taches ça reste pour toujours, c'est comme ça.

J'ai rencontré des femmes voilées aux libertés souterraines, et des dévoilées bien plus enfermées.

Les vagues se serrent contre elle pour calmer ses blessures, le murmure de la mer apaise son âme.  Elle danse comme un dauphin, portée par les rouleaux, et remonte le temps pour se retrouver flottant dans le ventre de sa maman. Tout l'océan la submerge d'amour.

C'est dans cette maison remplie d'histoires tristes à crever que j'ai découvert, comment dire...  la joie.  Oui, la joie. Pas celle que je connaissais avant.  La vraie.  La joie de ces femmes quand elles retrouvent la confiance. La joie d'être de nouveau appelées par leur prénom, d'avoir une identité.  La joie d'apprendre à aimer leur enfant.

Nous on n'a rien, mais on a le sourire dans le coeur, vous, vous avez tout, mais vous ne le voyez pas...

L'homme est le remède de l'homme.

Je me demande encore aujourd'hui si la vie doit avoir un sens pour être vécue.  J'ai tellement de livres, ils m'ont appris qu'il n'y a pas de passion sans lutte.  Et c'est ça que je ne veux pas oublier, les conséquences sur les vies à venir, c'est à ça que je me cramponne.

Mona pose sa main sur mon épaule, et me dit qu'on a toutes en nous des flots de larmes qu'il faut sortir pour bien laver l'intérieur.

Je regarde les yeux bleus de Mona et je sais qu'elle partage nos chagrins, qu'elle les ressent, qu'elle prend nos blessures pour les cicatriser en les comprenant.  Elle écoute au-delà des mots, l'ombre des mots.  Et nous guérit.  Je le sens si fort.  Elle nous accompagne, nous sommes réunies, enfin entourées et comprises.

Elle ressentait la souffrance des exilés, ces hommes dont les rêves avaient coulé au fond de leurs poches et qui n'avaient plus la force de les poursuivre.