mercredi 20 juin 2018

Jamais - Bruno Duhamel

Jamais    -   Bruno Duhamel

BD JAMAIS

Grand Angle
Parution : 10 janvier 2018
Pages : 54
ISBN : 978-2-81894-381-6
Prix : 15.90 €


Présentation de l'éditeur


Face à une catastrophe naturelle, il faut une force de la nature. Madeleine, c'est les deux.

Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.



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Mon avis

C'est la couverture super belle qui a attiré mon attention et m'a donné envie d'ouvrir cet album.

Nous sommes en Normandie, à Troumesnil.  Madeleine vit dans une maison accrochée à la falaise.  L'érosion de plus en plus forte menace l'écroulement de la maison.   Le maire veut protéger ses habitants mais il n'y a rien à faire , Madeleine, nonagénaire, aveugle de naissance ne veut pas quitter sa maison!

Le décor est planté, une sacrée personnalité que celle de Madeleine !  Un petit clin d'oeil à Astérix en début d'album avec une scène du marché "Il est frais mon poisson" ☺, qui m'a fait penser que Madeleine était un peu comme ce village d'irréductibles Gaulois qui faisait de la résistance.

Les couleurs sont belles, le graphisme magnifique, les personnages attachants.

J'ai aimé l'obstination de Madeleine qui vit avec son chat Balthazar et continue à parler avec son mari disparu en mer...

Beaucoup d'humour, un scénario super, de quoi faire un chouette coup de coeur ♥

Un super bon moment en perspective, je vous le conseille vivement.

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dimanche 17 juin 2018

Un fils parfait - Mathieu Menegaux ♥

Un fils parfait      -   Mathieu Menegaux

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Points P4721
Editions originale Grasset
Parution originale : 01/02/2017
Parution : 01/02/2018
Pages : 168
ISBN : 9782757869222
Prix : 6.20 €

Présentation de l'éditeur

Maxime, enfant unique d’Élise, a tout du fils parfait : brillantes études et carrière fulgurante ; c’est un mari aimant comme un père attentionné. Un jour, sa femme Daphné va découvrir la faille dans ce tableau idyllique. Le conflit est inévitable : il sera sans merci.
Jusqu’où une mère doit-elle aller pour protéger ses filles et faire valoir ses droits, alors que personne n’accepte de la croire ?
Inspiré d’une histoire vraie, Mathieu Menegaux nous livre ici le récit du combat d’une mère contre la machine judiciaire.

L'auteur nous en parle


Mon avis

Il y a quelques semaines je découvrais le premier roman de Mathieu Menegaux "Je me suis tue", j'avais adoré, j'ai donc décidé dans la foulée de lire le second que voici.


Une fois encore, bravo Mathieu Menegaux a vraiment le don de partir de faits réels et de nous démontrer que la justice a des failles et n'est pas toujours équipée pour fonctionner correctement.


Tout avait pourtant bien commencé pour Maxime et Daphné, un mariage heureux, la naissance de leurs filles Claire (9 ans) et Lucie (7 ans). Une famille parfaite ! jusqu'au jour où ...


Daphné se consacrait à sa carrière, absente trois jours par semaine à l'étranger dans l'espoir de décrocher rapidement un poste plus stable. Maxime prenait le relais pour les enfants.


Un jour pourtant, tout bascule, Daphné rédige ici une longue lettre à l'attention de sa belle-mère Elise pour lui décrire celui qu'elle pense être un fils parfait. C'est une perche qu'elle tend, un véritable appel au secours, un cri d'amour pour ses filles... car celui qu'elle aimait plus que tout se révèle pourtant être un monstre.


Le temps de réagir, de croire sa fille qui un soir avait tiré la sonnette d'alarme en lui annonçant que le loup venait lorsqu'elle était absente, Maxime va tout mettre en oeuvre pour qu'on ne la croie pas et la faire passer pour hystérique, folle même.


Menegaux décrit à merveille le combat d'une mère contre la justice. Daphné va tout faire pour protéger et récupérer ses filles , pour les sortir des griffes du monstre.


C'est un récit qui se lit d'une seule traite, qui nous parle des failles de la justice, de la manipulation. C'est terrible et pourtant tout démarre d'une histoire vraie !


Mathieu Menegaux trouve les mots justes, le rythme. Il s'agit d'une fiction qui ressemble tant à la réalité. Un sentiment de malaise, d'impuissance s'empare de vous lors de la lecture. Ce roman m'a fait pensé à "La maladroite" d'Alexandre Seurat ou encore à "Chanson doue" de Leila Slimani.


J'ai entre temps lu le dernier "C'est ainsi que jugent les hommes" et je peux affirmer que je suis conquise par la plume de cet auteur.




Alors n'hésitez plus, découvrez vous aussi cette belle plume.


Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Les filles seraient fières de leur maman : j'étais persuadée qu'il valait mieux une maman absente mais épanouie qu'une banale mère au foyer qui ne leur donnerait que de l'amour, et pas un exemple à suivre dans la vie.

Dans ce monde de l'immédiateté et de la connexion permanente, il reste impossible de se parler spontanément.  Il faut prévoir un créneau.

La loi actuelle, en France, ferme également les yeux sur l'inceste entre adultes consentants : ils peuvent avoir des enfants du moment qu'ils ne se marient pas et que seul un des parents les reconnaissent.  A vomir...

Un violeur, un agresseur, c'est un salaud, une ordure, un pauvre type, un malade ; alors qu'un coupable d'inceste, c'est un monstre, un individu dont la société veut se débarrasser et se protéger. Mais non.  Contrairement à beaucoup de pays voisins, il n'y a pas d'inceste en France, notre société refuse d'admettre que cela existe et combien c'est plus grave encore que le viol.

Madame Sémélin, je crois que votre état mental n'est pas compatible avec la garde à vue. Votre mari nous avait prévenus...

Du même auteur j'ai lu

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vendredi 15 juin 2018

La sagesse des mythes - Thésée et le minotaure - Clotilde Bruneau

La sagesse des mythes -  Thésée et le minotaure

Clotilde Bruneau - Luc Ferry - Mauro de Luca

Thésée et le Minotaure

Glénat
La sagesse des mythes
Scénariste : Clotilde Bruneau
Dessinateur : Mauro de Luca
Coloriste : Elvire De Cock
Parution : 02/11/2016
Pages : 56
ISBN : 9782344001707
Prix : 14.50 €

Présentation de l'éditeur

Suivez le fil d’Ariane...

Au royaume de Trézène, le jeune, beau et brillant Thésée apprend qu’il n’est pas que le fils de Poséidon, mais aussi celui d’Égée, souverain d’Athènes. Alors qu’il se rend à pied à la cité mythique, il terrasse en chemin une multitude de monstres, devenant une légende avant même d’atteindre son but. Mais lorsqu’il rencontre enfin son père, il découvre que celui-ci est la proie d’un odieux chantage. Tous les neuf ans, Minos, roi de Crète, exige d’Égée un sacrifice pour lui épargner la colère de Zeus : sept jeunes hommes et sept jeunes filles doivent être jetés en pâture au Minotaure au cœur du Labyrinthe. Pour y mettre un terme, Thésée est prêt à affronter la redoutable créature. Son plus grand défi l’attend...


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Mon avis

Thésée enfant se pose des questions sur son père, il aura la réponse lorsqu'il sera jeune adulte et partira à sa rencontre. 

Chemin faisant il tuera ceux qui terrorisaient la région, ceux qui ne souhaitaient pas son arrivée à Athènes. Médée, l'épouse d'Egée lui suggérera de tuer le taureau de Marathon et voudra le faire disparaître.  

Tous les 9 ans Minos exige sept jeunes gens de chaque sexe à offrir au Minotaure enfermé dans le labyrinthe de Dédale.  Thésée se propose de les accompagner pour tuer le minotaure.  Il rencontrera Ariane, la fille de Minos qui lui donnera le sésame pour sortir.

Une belle série, j'adore, c'est bien fait, bien dessiné.  Dossier pédagogique en fin d'ouvrage.  Une jolie façon de revoir la mythologie et de la faire découvrir aux enfants.  J'ai hâte de continuer cette série en cours.

La naissance des Dieux - Luc Ferry - Clotilde Bruneau

La sagesse des mythes

La naissance des Dieux  -  Luc Ferry - Clotide Bruneau

La naissance des Dieux

Glénat
Collection : La sagesse des mythes
Scénariste :  Clotilde Bruneau
Dessinateur : Dom D.
Dessinateur : Federico Santagati
Directeur d'ouvrage : Luc Ferry
Direction Artistique : Didier Poli
Pages : 56
EAN/ISBN : 9782344001639
Prix : 14.50 €

Présentation de l'éditeur

Au commencement, il n’y avait que Chaos.


Issus du néant primordial, Gaïa, la terre, et Ouranos, le ciel, donnèrent naissance aux premiers êtres de la création. Des monstres d’une violence sans borne qui se soulevèrent contre leurs parents poussés par leur cadet, le plus dangereux des titans : Cronos. C’est pour éviter sa fureur que son fils Zeus fut élevé en secret de ce père capable de dévorer ses propres enfants. C’est pour établir la paix et l’harmonie dans l’univers qu’il se mit en guerre contre lui et permit le règne des Olympiens...

Comment Zeus et les autres dieux de l’Olympe sont-ils nés et ont-ils pris le contrôle du monde ? C’est ce que ce nouvel album de la collection « La Sagesse des mythes » raconte en revenant aux origines de la création selon la mythologie grecque.


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Mon avis

Merci à Julie de m'avoir par l'intermédiaire de son fils fait découvrir cette belle série sur la mythologie, un domaine que j'ai toujours apprécié.  Cette série "La sagesse des mythes" est conçue et écrite par Luc Ferry, professeur de philosophie.

Entrons avec lui dans l'histoire de la mythologie grecque sur base des récits originels.

L'idée de nous la conter en BD est originale.  De plus, à la fin de chaque album est repris un dossier pédagogique qui nous donne un décodage philosophique.

Au commencement, il n'y avait rien.  Issu du Chaos originel, Gaïa la terre donna la vie à Ouranos (le ciel).  En s'accouplant inlassablement ciel et terre donnèrent naissance aux premiers Dieux du panthéon grec : les Titans mais aussi aux trois cyclopes : Foudre, Eclair et Tonnerre, sans oublier les Cent Bras.  C'était le tout début.

Ouranos craignit d'être détrôné par ses enfants, les enferma dans le ventre de Gaïa.  Cronos, le cadet se libéra mais comme son géniteur, il craignait lui aussi de perdre son statut, il avala ses enfants pour les retenir prisonnier jusqu'au jour où ....

C'est passionnant, super bien réalisé.  J'ai hâte de lire cette série qui est toujours en cours.  Une manière originale de transmettre l'histoire à nos enfants en s'amusant.


Un petit coup de ♥

mardi 12 juin 2018

Entrez dans la danse - Jean Teulé

Entrez dans la danse   -    Jean Teulé


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Julliard
Parution : 01/02/2018
Pages : 160
ISBN ; 9782260030119
Prix : 18.50 €

Présentation de l'éditeur


Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
Et s’est répandue dans Strasbourg
De telle sorte que, dans leur folie,
Beaucoup se mirent à danser
Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
Sans interruption,
Jusqu’à tomber inconscients.
Beaucoup sont morts.
Chronique alsacienne, 1519

L'auteur nous en parle





Mon avis

C'est un fait divers oublié que Jean Teulé a déniché pour s'inspirer de ce nouveau roman.  

Cela se passe à Strasbourg le 12 juillet 1518.  Une épidémie de danse s'est emparée des habitants de la ville.  Une danse folle, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la mort souvent.  Hystérie collective ?

Quelle est la raison de ce mal ?

Le monde médical, politique et religieux essaient de comprendre. 
Est-ce l'ergot de seigle, le démon ???  

Quelqu'un sera-t-il capable d'éradiquer l'épidémie ?

Un peuple malmené par la famine, le froid, les épidémies de peste, choléra, syphilis, une armée turque à l'approche de la ville  ..... voilà le contexte !  

Enneline vient de jeter son bébé dans la rivière n'ayant plus de quoi le nourrir, elle est rongée par les remords mais est-ce pire que d'autres qui mangent leur enfant faute de mieux ?

Oh c'est noir, sordide mais avec un humour et un vocabulaire pas piqué des vers comme seul Jean Teulé en est capable.

J'avais peut-être trop d'attente, j'avais tant aimé "Le magasin des suicides", j'ai tout de même passé un bon moment.

Ma note : 7/10

Les jolies phrases

Alors pourquoi le clergé de Strasbourg devient-il si riche ?  Si c'était un bienfait d'être autant dans l'opulence Jésus n'aurait pas choisi de vivre pauvrement.

Quand je pense qu'il y a quelques années Erasme avait écrit des Strasbourgeois : "La discipline des Romains, la sagesse des Athéniens, la sobriété des Spartiates.  Putain, s'il revenait en ville il ferait une drôle de gueule au milieu des agités du cul.

Un pied d'organiste enfonce une pédale. Une stridence déclenche des secousses dans des épaules des paroissiens.  Une mélodie s'installe.  Les bassins de ceux venus à la messe ondulent.  Et allons-y, le cantique. Oui, c'est un flash  mob !...

Du même auteur j'ai lu

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dimanche 10 juin 2018

Les amants de l'été 44 - Karine Lebert

Les amants de l'été 44      -    Karine Lebert

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Presse de la Cité
Terres de France
Parution : 15 mars 2018
Pages : 368
Isbn : 9782258150812
Prix : 20.50 €

Présentation de l'éditeur

Gemma Harper est une jeune New-Yorkaise ambitieuse dont les certitudes vacillent à la mort de sa mère. C’est au cœur d’une Normandie inconnue que ses pas vont la guider à la découverte de ses origines cachées, liées à celles de Philippine, femme au destin romanesque durant la Seconde Guerre mondiale.

2000, Gemma est une jeune New-Yorkaise vive, séduisante, pragmatique, travaillant avec passion dans l’entreprise familiale de produits alimentaires. A la mort de sa mère, elle découvre que sa « vraie » grand-mère était française ; elle décide alors de partir, seule, sur ses traces. Ce voyage à la recherche de ses origines la conduit en Normandie. En sillonnant la région, Pont-l’Evêque, Le Havre, Barfleur, Colleville, l’Américaine recueille les témoignages de ceux qui ont connu Philippine. Tout commence en 1944, quand, en faisant du marché noir à Deauville, la jeune Normande rencontre Ethan, un GI, cajun de Louisiane.
Deux destins de femmes, deux continents, deux époques… L’une est en quête, la seconde se raconte. Gemma trouvera un nouveau sens à sa vie et comprendra comment Philippine a payé le prix de sa liberté. Avec en filigrane cette question douloureuse : pourquoi a-t-elle abandonné sa fille aux Etats-Unis ?


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Mon avis

Gemma est New Yorkaise, elle a 30 ans.  Directrice commerciale de l'entreprise familiale dans la distribution de produits alimentaires, elle rêve en secret d'exporter des produits français de qualité mais son père ne l'entend pas de la même façon qu'elle.

Nous sommes en octobre 2000, Gemma vient de perdre sa maman Lauren.  Quelques jours après son décès, elle est contactée par un détective privé  qui lui apprend que Philippine, sa grand-mère était française.  Elle décide de partir en France à la recherche de ses origines.

L'auteure nous emmène avec brio dans sa belle Normandie, direction Pont l'Evêque, Le Havre, Barfleur, Honfleur, Etretat...  Nous allons enquêter avec Gemma et comprendre ce qui s'est passé là- bas.  Cette partie est racontée à la troisième personne.

En parallèle, Karine Lebert nous replonge dans la période d'août 44 à octobre 1945.  Le débarquement vient d'avoir lieu, derniers moments de résistance à Pont l'Evêque, les alliés arrivent.  On va vivre cette période racontée  à la première personne par Philippine Lemonnier, âgée de 20 ans à l'époque.

Son frère Olivier sera malencontreusement abattu par un soldat américain, une rancoeur importante va se développer à l'encontre des sauveurs qui seront vite considérés comme de nouveaux envahisseurs dans la région.

La famille Lemonnier fabrique entre autre du cidre et du calva, c'est en faisant du marché noir à Deauville que Philippine rencontrera Ethan Reed un GI...

Le thème abordé est celui des "war-brides"  ou épouses de guerre.  Leurs espoirs, leur déceptions.., l'envie de partir aux Etats-Unis voir si l'herbe est plus verte , de goûter aux rêves américains.

Le destin de ces femmes qui espéraient tant mais pour qui beaucoup d'espoirs furent déçus.

Elle nous parle aussi de sa belle Normandie d'aujourd'hui ou d'antan.  Du peuple normand qui après avoir subi les privations de l'occupant allemand, n'a pas toujours bien supporté l'arrivée des alliés, le vivant comme une seconde occupation.  On découvre les camps Philip Morris, Pall Mall...

C'est un premier volet de l'histoire que nous propose ici Karine Lebert, je vous avoue que j'ai vraiment hâte de connaître la suite, elle est prévue je pense pour janvier prochain.


Ma note : 8.5/10

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Les jolies phrases

Je l'ai interrompu, stupéfaite.  Je connais si peu de choses sur lui et cela m'effraye.  Est-ce normal et même souhaitable d'épouser quelqu'un dont on ignore presque tout ?  Pis encore, de tout quitter pour lui et un pays inconnu ?

Nos aïeux ne nous transmettent pas seulement des ressemblances physiques ou des gènes.  Nos choix peuvent être dictés ou simplement influencés par ce que nos ancêtres ont vécu.


Les gens assistent à tant d'enterrements, depuis des jours et des jours, on dirait que leurs yeux ne sont jamais secs, ou bien qu'ils n'ont plus de larmes.

Du même auteur j'ai lu :

Cliquez sur la couverture pour avoir accès à la critique.



mercredi 6 juin 2018

Les secrets - Amélie Antoine

Les secrets                Amélie Antoine

LES SECRETS

Michal Lafon
Parution : 08 mars 2018
Pages : 400
ISBN : 978-2-7499-3558-4
Prix : 18.95 €

Présentation de l'éditeur


Vous l’aimez plus que tout au monde.
Vous lui faites aveuglément confiance.
Vous ne rêvez que d’une chose : fonder une famille ensemble.
Mais rien ne se passe comme prévu.
Jusqu’où iriez-vous pour éviter de tout perdre ?



Une histoire racontée à rebours, car il n’y a qu’en démêlant
les fils du passé que l’on peut comprendre le présent.


L'auteur

AAntoine-2-bio


Amélie Antoine est née en 1984, ce qui en fait encore d’elle, d’après son éditeur, une « jeune trentenaire ». Elle vit à Lille avec sa famille.

Après un récit autobiographique, Combien de temps, publié en 2011, elle se lance dans la fiction et publie en mars 2015 son premier roman Fidèle au poste. Ce texte connaît très vite un vif succès, et parvient à séduire plus de 25 000 lecteurs en autoédition, avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon et de sortir en librairie en mars 2016, puis dans les pays anglophones en août 2016. Depuis, ce sont plus de 250 000 lecteurs qui ont été conquis par ce thriller psychologique ! Une adaptation au cinéma est en cours de réalisation.

Son deuxième roman, Au nom de quoi, sort en 2016. Par obligation éditoriale, il est dans un premier temps publié sous le pseudonyme de Dorian Meune. Ce texte revient, par le biais de la fiction, sur la soirée du 13 novembre 2015 au Bataclan.

Sorti en 2017 en librairie, son troisième roman, Quand on n’a que l’humour…, retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

En novembre 2017, c’est un projet atypique de deux romans noirs qu’elle publie

avec Solène Bakowski : Avec elle / Sans elle.
Source : blog de l'auteur http://www.amelie-antoine.com/fr/amelie-antoine-bio
Mon avis
Mathilde et Adrien sont mariés depuis seize ans.  Ils s'aiment plus que tout mais une ombre empêche leur bonheur complet : le manque d'un enfant.
Créer une famille est devenu l'obsession de Mathilde.  Chaque mois c'est difficile, c'est l'incertitude : enceinte ? pas enceinte ?
Le livre démarre de façon positive car Mathilde découvre qu'elle est enfin enceinte et l'annonce à Adrien.  Enfin après tant de déceptions, d'épreuves..  Mathilde était prête à tout pour enfin découvrir la joie de créer une famille.
L'originalité du roman d'Amélie Antoine dont je découvre la plume est que son récit est raconté à rebours.  On commence page 391 - chapitre 20 en septembre 2015 pour terminer en septembre 2009 !
C'est ça qui le rend original !  Remonter le temps et les émotions des protagonistes.  Comprendre les raisons des actes de Mathilde, qui à l'habitude depuis des années de passer par le mensonge, de s'inventer d'autres mondes.

Quels sont ses secrets ?   Chut! je ne dirai rien, à vous de les découvrir ?
Secrets et mensonges, la frontière est mince, mais n'est-ce pas ici une preuve d'amour ?
Le sujet vous l'avez compris est le désir de maternité et de créer une famille.  Les épreuves à surmonter, le combat pour y arriver.  Amélie Antoine confronte Mathilde et Adrien, leur désir de devenir parents et le parcours de Yasha qui lui aborde le thème autrement n'ayant pas vraiment eu le choix de le faire.   Je sais ceci vous semble mystérieux mais plongez dans le livre et vous comprendrez mes propos...
Chapeau à l'auteur pour l'analyse des comportements et ressentis des protagonistes.  Cette écriture fluide, sincère est empreinte de beaucoup de finesse psychologique. Une force mais aussi une belle sincérité et des émotions fortes qui s'en dégagent.  Les pages à rebours défilent très vite.
Ma note : 8.5/10
Les jolies phrases
Elle aurait pu mais le mensonge était sorti tout seul, si facilement, si naturellement que même elle s'était demandé comment il était possible de dissimuler la vérité avec autant d'aisance et d'inventivité.  Elle a tellement pris l'habitude de s'arranger avec la réalité qu'au fil du temps, elle en a même presque oublié que le mensonge n'était pas censé être quelque chose d'habituel. Mois après mois, les cachotteries lui ont permis de se sentir libre, si délivrée des contraintes du quotidien que c'est pour elle devenu addictif d'être malhonnête. Elle n'en a pas conscience, bien sûr. Simplement, le plaisir de proférer des mensonges plus ou moins inoffensifs et de jouer avec le feu sans jamais se brûler est peu à peu devenu quelque chose de jouissif. Comme le gamin qui s'amuse à chiper des bonbons à la boulangerie juste pour le plaisir de ne jamais se faire attraper par la vendeuse.
Elle se sent soudain infiniment triste. D'avoir perdu le minuscule huit argenté, d'avoir sombré dans la dissimulation depuis si longtemps.
D'avoir imaginé qu'elle pourrait trouvé à l'extérieur du couple l'oxygène qui lui faisait défaut, de s'être éloignée d'Adrien en pensant s'en rapprocher.
Parfois, les frontières entre sa vie réelle, sa vie imaginée, et même sa vie rêvée semblent floues, comme spongieuses.  Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qu'elle a imaginé?
Ce que veut dire Sénèque, c'est que le bonheur, ce n'est pas un but lointain qu'on aperçoit au bout du tunnel.  Le bonheur est en nous, le bonheur, c'est de savoir faire avec ce qu'on a, avec ce que la vie nous donne.
On ne peut pas souffrir de ce qu'on ignore.
Et accepter ce qui nous arrive, ça ne veut pas non plus dire ne rien faire et cesser d'espérer.

dimanche 3 juin 2018

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

(Les petits derniers)



Trois entrées cette semaine, merci aux auteurs pour leur confiance.

Un premier roman adulte pour Charlotte Erlih auteur jeunesse.

Funambules   -  Charlotte Erlih

Funambules

Grasset
Parution le 02 mai 2018
Pages : 192
EAN : 9782246816089
Prix : 17.50 €

Présentation de l'éditeur

Ada et Judith. L’une rêve de réaliser un film, l’autre de devenir grand reporter, mais l’horizon du succès semble chaque jour un peu plus fantasmatique. Ada et Judith, ou deux fils tendus au-dessus du vide.
Seule, sans projet concret, bientôt délogée de son appartement, Ada présente aujourd’hui son scénario à un producteur enflé par la réussite, Denis Moucheteux. Pour elle, c’est le rendez-vous de la dernière chance, pour lui, l’occasion de jouer avec une souris affolée. Dévorée d’angoisse, Ada n’a pas le choix, elle doit convaincre le matamore. Alors elle lui raconte une histoire de funambule…
En reportage dans un cirque de seconde zone, Judith croise la route de Julien, acrobate génial mais farouche. Enfin décidée à reprendre le fil de son destin, elle lui propose une idée folle et magnifique qui les rendra tous deux célèbres. D’abord hostile, Julien finit par la rejoindre à Paris et par accepter de danser dans le ciel de la capitale…
Comiques, parfois grotesques, toujours attachantes, Ada et Judith ne sont ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait distinctes. L’humour et la sensibilité de Charlotte Erlih glisse avec grâce sur une vertigineuse construction en abyme. Sous sa légèreté apparente, Funambules évoque le difficile trajet qui consiste à prendre le risque d’exister. A être au présent, un pas après l’autre. Sur le fil du rasoir. Vivant, parce qu’on peut tomber. Parce qu’on peut rater.

J'avais bien aimé le premier "Quatorze appartements", j'ai hâte de découvrir ce deuxième roman

L'âme soeur     - Agnès Karinthi


L'astre bleu 
Collection : Hélium
Parution le 20 mai 2018
Pages : 240
ISBN : 9782490021031
Prix 17 €

Présentation de l'éditeur

« Tu n’imagines pas ce que je ressens, Maman. Ma vie a commencé quand j’avais neuf ans, au milieu des blouses blanches de l’hôpital. Avant, c’est le trou noir. J’ai perdu ma sœur. Nous devions être très proches, mais je ne le sais pas. J’ai perdu mon père. Il devait être le plus merveilleux des papas, mais je ne me rappelle pas. J’ai perdu mes camarades de classe. Ce devait être une super classe, puisque vingt ans après, il y a un certain Philippe qui débarque chez moi dans le but de refaire connaissance. Mais comment savoir ? Quand le ciel nous est tombé sur la tête à toi et à moi, tu m’as coupée de mon passé. Je me suis construite sur du néant. Aucun repère... À part toi, bien sûr. » Lorsque Philippe frappe à la porte d’Anne, elle ne le reconnaît pas. Elle ne se souvient plus de sa demande en mariage l’année de leurs huit ans. Tout s’est évanoui dans l’amnésie qui a suivi le grave accident dont sa famille a été victime. Philippe, lui, ne l’a jamais oubliée et dorénavant, il n’aura plus qu’une obsession : entrer définitivement dans sa vie. Mais Philippe et Anne peuvent-ils avoir un avenir commun ? Quel est le prix à payer pour faire renaître le passé ? Avec ce roman, Agnès Karinthi nous entraîne dans une quête angoissante où chacun traîne sa part d’ombres et de secrets.

Une journaliste que j'aime lire, une nouvelle enquête :

Les bons, les taupes et le truand      -  Alessandra d'Angelo

couv_Les bons les taupes et le truand_BD_avec cadre
Now future éditions
Parution  le 29 mai 2018
Pages : 160
ISBN : 9782930940137
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur


Jean-Claude Deffet devant ses juges
Des guerres de gangs aux « truands hybrides »


Jean-Claude Deffet (72 ans) est bien connu des autorités judiciaires. Braqueur maintes fois recherché par la police, il fut, dans les années 1970, considéré comme l’ennemi public no 1 en région de Charleroi.

Excès de zèle policier ? Dérives d’une enquête qui veut aboutir à tout prix ? Écoutes, surveillances, filatures, infiltrations, malgré la panoplie de moyens logistiques et financiers mobilisés, le multirécidiviste sera finalement arrêté pour des faits mineurs. Il ne « tombera » pas.

Petit magouilleur ou grand trafiquant d’armes rusé, qui est vraiment Jean-Claude Deffet ? Un personnage folklorique à la gouaille évidente ou le Mesrine de Châtelet ? C’est ce que la journaliste Alessandra d’Angelo tente de découvrir au fil de son enquête. Sur fond de terroir, elle emmène d’abord le lecteur au cœur d’une époque révolue, celle du grand banditisme belge, avec ses codes de l’honneur, sa loi du silence et ses diktats. Elle élargit ensuite la réflexion sur l’évolution des mœurs. Au XXIe siècle, la géopolitique du « crime organisé » a adopté un autre visage. Les néobandits sont aujourd’hui cyberactifs et sans esprit de corps. Et lorsque le politique s’en mêle, l’agir criminel devient « hybride » : il bascule par mutation fanatique dans la revendication « terroriste ».

Témoin de l’existence de ces grandes familles de truands éteintes, Jean-Claude Deffet est indubitablement l’un des derniers « Mohicans », symbole d’un milieu disparu, celui des « parrains » à l’ancienne.

Préface par Étienne Gras, avocat pénaliste au barreau de Charleroi, conseil de Jean-Claude Deffet.

Postface par Kris Daels, professeur à l’École de police, ancien agent de renseignement.

La forêt millénaire - Jiro Taniguchi

La forêt millénaire   -  Jiro Taniguchi




Rue de Sèvres
Pages : 72
Parution : 27 Septembre 2017
EAN : 9782369815327
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

L'ultime album de Taniguchi l'enchanteur.

Dernière création de Jirô Taniguchi, cette bande dessinée en couleurs occupe une place à part dans l'œuvre du maître. Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru est accueilli par ses grands-parents. Pour le jeune garçon tokyoïte, cette nouvelle vie à la campagne est un bouleversement. Il découvre sa nouvelle école, son nouvel environnement. La forêt en particulier l’impressionne et semble lui communiquer une force presque surnaturelle, venue du fonds des âges. Lorsqu’il devra faire ses preuves face au groupe d’enfants qui le mettent au défi, c’est d’elle que lui viendra un courage intérieur qui lui était inconnu.

Les pages en couleurs et à l’italienne de Jirô Taniguchi nous invitent à la contemplation de cette nature séculaire. Elles sont complétées par un entretien poussé avec l’éditeur japonais de Jirô Taniguchi et du matériel inédit provenant des carnets personnels de l'auteur .

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Mon avis

C'est le tout dernier manga de Jiro Taniguchi disparu de façon prématurée en février 2017.

Son souhait était de publier plusieurs volumes, malheureusement nous n'aurons droit qu'à celui-ci.

Cet album-manga est un hybride entre le manga traditionnel et la BD.  Cet album a été conçu pour un éditeur français, "Rue de Sèvres".  Ce format n'est pas disponible au Japon, il sort du format et du concept classique du manga.  La publication est généralement effectuée sous forme de feuilleton, de plus les étagères des librairies du Japon ne sont pas adaptées.

Le thème était cher à Taniguchi, l'homme en harmonie avec son environnement naturel.

Dans "La forêt millénaire" nous sommes dans les montagnes; un petit village dans les forêts.  Wataru a 10 ans, il est orphelin et sa mère est malade, c'est donc dans le village des grands-parents qu'il vient s'installer.  

Ils sont seulement une quinzaine dans son école et pour s'intégrer les autres enfants lui posent un défi : grimper sur le "grand sal", un arbre immense.  Il grimpe très très haut porté par la voix des arbres et des animaux de la forêt.  Il gagne ainsi l'estime de ses nouveaux congénères.

Cet album contient également des croquis et la mise en place du second tome qui ne verra malheureusement pas le jour.

C'est avec beaucoup d'émotion et bien entendu un goût de trop peu que j'ai refermé ce superbe album.

Ma note : 9/10

samedi 2 juin 2018

Bilan de lecture du mois de mai

Bilan de lecture du mois de mai 2018

Le joli mois de mai est déjà terminé, de plus longues journées bien remplies.  La belle rencontre avec Karine Lambert, deux roulades littéraires : Thierry Werts et Mark Zellweger et surtout une belle journée à Marche en Famenne pour le prix Horizon du 2ème roman dont le vainqueur était Vincent Message.

Le mois de mai m'a également permis de résorber mon retard de rédaction de mes chroniques et de publier de façon plus fréquente, ce sera encore le cas ce mois-ci.  Petite baisse de régime de lecture mais voici le bilan :

J'avais rencontrée Amélie Antoine en janvier à Paris, je suis heureuse d'avoir découvert son écriture:


C'était pour le Prix Horizon et un presque coup de coeur



Un magnifique album à découvrir, magie de l'enfance et du rêve :


Une révélation, j'ai découvert cet auteur en avril, mes billets arrivent et j'ai adoré son tout dernier roman paru début mai :



Toujours dans le cadre du Prix Horizon



Un auteur suisse rencontré lors d'une roulade, c'est le premier tome.  Bienvenue dans le monde de l'espionnage !



Un premier tome également, j'ai vraiment hâte de lire la suite prévue en janvier, un bon moment en compagnie de Karine Lebert.



Comme à chaque fois, si mon billet est publié, vous le trouverez en cliquant sur la couverture.
Un peu de patience si ce n'est le cas... merci


mercredi 30 mai 2018

Est-ce ainsi que les hommes jugent ? Mathieu Ménegaux ♥♥♥♥♥

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?  ♥♥♥♥♥

Mathieu Ménegaux



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Grasset
Parution : le 02 mai 2018
Pages : 234
ISBN : 978-2-246-81743-7
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur


Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.

Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.

Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.

Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?


Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.

L'auteur

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Mathieu Menegaux est né en 1967. Il est l’auteur Je me suis tue (Grasset, 2015, Points 2017), primé aux Journées du Livre de Sablet, et de Un fils parfait (Grasset, 2017, Points 2018), prix Claude Chabrol du roman noir, en cours d’adaptation pour la télévision.

Olivia de Lamberterie nous en parle  (extrait de Télé Matin)


Mon avis

J'ai découvert le premier roman de Mathieu Menegaux le 1er avril de cette année sur les conseils de ma libraire que je remercie encore vivement.  Sous le charme de cette plume, il me semblait donc évident de découvrir ce tout dernier roman..

Une claque ! Comme à chaque fois Mathieu Menegaux a le don de retourner les situations, de faire en sorte que tout bascule dans une vie pourtant bien rangée.

Bertrand et sa fille Claire vont comme chaque semaine faire les courses avant d'aller fleurir la tombe de Nathalie, l'épouse, la mère partie trop tôt.

Pressé par le temps, Bertrand laisse sa fille sans surveillance, une seconde seulement, le temps de finir de payer.  Sur le parking du centre commercial Claire a disparu, un homme essaye de l'enlever.  Bertrand entendant le cri de sa fille, accourt, Claire s'échappe mais Bertrand continue à poursuivre la voiture de l'inconnu, une Mégane blanche qui braque et lui fonce dessus.  Bertrand meurt devant les yeux de sa fille.

Trois ans plus tard, le 22 mars 2016, Gustavo Santini, argentin d'origine est réveillé en sursaut.  C'est une journée très importante pour lui -  il est directeur financier dans une société pharmaceutique - c'est aujourd'hui qu'il présentera le projet sur lequel il travaille ardemment depuis des mois, un projet d'acquisition important qui devrait même être le plus beau jour de sa carrière. 

Oui mais, on frappe à sa porte.  Des flics par dizaine débarquent chez lui avec un mandat de perquisition.  Tout bascule, ils vont mettre la maison sans dessus-dessous sans grande communication, un vrai champ de bataille.  Sa femme et les enfants sont questionnés. Ils sont heureux de trouver une Mégane blanche, une vieille veste en jeans..  Gustavo est emmené en garde à vue au DRPJ pour tentative d'enlèvement de mineur et homicide volontaire.

Gustavo est perdu, ok il a une Mégane blanche et une veste en jeans ... et alors, comment se souvenir ce qu'il faisait trois ans plus tôt !

Un roman qui nous parle une fois encore de la "justice", point commun avec les précédents romans.
Il nous parle plus exactement de la manière dont la justice fonctionne ou dysfonctionne...

Pas de gants, pas d'écoute et d'empathie, juste du traumatisme et de l'humiliation au rendez-vous.  Un manque complet d'humanité.

Sans vouloir en dire trop, l'auteur s'interroge également sur le rôle des médias et réseaux sociaux qui peuvent manipuler l'opinion publique, l'orienter, créer des croyances.

Ce que j'aime chez Mathieu Menegaux c'est que le coeur de ces romans pose toujours questionnement sur des faits de société;  le fonctionnement de la justice, la nature humaine.   La psychologie des personnages est superbement bien rendue.  Nous sommes à la lecture dans la tête des protagonistes, ressentant tout à tout inquiétude, espoir, doute et empathie.

La tension monte progressivement, l'écriture est directe, claire, limpide et addictive. Lecture faite en apnée, impossible de poser le livre sans l'avoir terminé.  Une belle analyse de notre société.

Gros coup de coeur pour moi.

Si vous ne connaissez pas cette plume, n'attendez plus, vous ne serez pas déçu.



Les jolies phrases

Ce n'est plus une intrusion.  C'est un viol.  Toute sa vie est là, étalée devant lui, par terre, dans un capharnaüm indescriptible...

Si tout point vers lui, à la fin, c'est que c'est lui.

La télévision et les réseaux sociaux vont réussir là où ils ont échoué ; faire condamner un innocent.

Son avenir n'est plus qu'une suite d'orages jusqu'à ce que le ciel finisse par lui tomber violemment sur la tête.

Il s'y était engagé, contre toutes les consignes, contre les usages, contre les années de son expérience accumulée, contre toute forme de bon sens.  Comme si un chirurgien promettait avant l'opération d'une tumeur au cerveau qu'il allait sauver la vie de son patient ! Jamais.  On promet qu'on va faire de son mieux, donner le meilleur de soi-même, mobiliser l'équipe idéale, attribuer des moyens, remuer ciel et terre, mais s'engager ainsi sur un résultat devant une victime traumatisée ?

D'expérience, il préférera toujours être trop suspicieux que bienveillant ou coulant.  Relâcher un coupable est bien pire pour lui que garder un peu trop longtemps un innocent, qui s'en remettra avec le temps et des excuses.

"Tout le monde ment", c'est son quotidien de flic.  Tout le monde ment, sur tout, tout le temps.  Coupables, innocents, tous ont quelque chose à dissimuler, une vérité à travestir pour les convenances, pour la famille, pour la société.  C'est aussi ce qui rend son métier fascinant.  L'imagination humaine est sans limites et ces moments sont ceux qu'il affectionne le plus.  Démêler le faux du vrai, mettre en lumière les contradictions, faire surgir la vérité touche par touche, par la force du raisonnement, la puissance des faits et quelques ficelles de praticien chevronné.

Ça doit ressembler à ça la guerre.  Un escadron qui débarque chez vous, qui occupe les lieux et installe dans votre maison un poste de commandement, qui vous dépossède et vous asservit en moins de temps qu'il faut pour le dire.

A-t-il dû avouer, lui aussi, des crimes qu'il n'aurait pas commis pour protéger sa famille et son existence ?

...les héros ne sont plus ceux qui agissent, mais bien ceux qui peuvent revendiquer le statut de victime, victime de l'injustice, victime du système, victime des circonstances.

Du même auteur j'ai lu

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dimanche 27 mai 2018

Mai 69 - Marcel Ghigny

Mai 69    -  Marcel Ghigny

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Editions Bernardiennes
Parution : février 2018
Pages : 195
ISBN : 978-2-9307-3851-2
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur


Che Guevara est mort.
Ils ont assassiné Martin Luther King et Robert Kennedy, la guerre du Viêt Nam n'en finit pas.
Scott Mackenzie chante « San Francisco ».
Et Paris explose.

La nuit des barricades, Lucie et Julien. Rencontre improbable de deux milieux que tout sépare.
Et lorsque de Gaulle démissionne, que Woodstock résonne dans toutes les oreilles, ils s'installeront dans les Cévennes, dans les pas de ces soixante-huitards qui veulent créer un autre monde. Le monde du tout possible, de l'amour libre et de l'utopie. Mais un monde qui tombera dans ses propres pièges

Mai 69 est l'histoire d'un amour hors norme, transcendant. Un amour éternel à l'histoire éphémère. Sylvain en naîtra et devra ravaler sa rage et sa violence pour comprendre le départ de son père trois ans après sa naissance.

Mon avis

Sylvain Loriers envoie un manuscrit à son père Julien lui demandant de le préfacer.  Il a souffert de l'absence de son père qui a quitté sa vie lorsqu'il était âgé de trois ans.

C'est en mai 1993 qu'il le rencontre et part avec l'aide de sa mère à la recherche de son passé.

Un passé qui remonte à la rencontre de ses parents dans un climat particulier, celui des barricades de mai 68.  Avec Lucie sa mère et les courriers de Julien, il va revivre leur histoire d'amour, sa genèse en somme.

Un amour qui n'aurait sans doute pas existé sans mai 68 dont on fête cette année les 50 ans !  Mai 68 qui a fait changer les mentalités et apporté plus de libertés amenant les parents de Sylvain à vivre en communauté à la campagne.  Un amour compliqué.

On retrouve en filigranes le climat de mai 68 et des années suivantes, le quartier latin, la Sorbonne, les revendications mais aussi ce que cela provoquera par la suite dont l'émancipation des femmes et l'évolution des mentalités.

J'avoue avoir eu un peu de mal à relier les personnages entre eux au départ de l'histoire, la mise en place d'un arbre généalogique aurait un peu facilité la lecture.

Il y a Julien Loriers, commercial, le fils d'une manufacture de textile.  Lucie est enseignante, c'est la femme de Maurice qui travaille aux usines Renault.  Deux mondes totalement différents qui vont se croiser.  Une passion qui va naître et des vies qui vont basculer, nous emmener dans les petites communautés où l'on fait son pain, élève des chèvres, ...

Une originalité dans ce roman, des éléments politiques, musicaux, cinématographiques ponctuent le récit en fonction des dates des événements.

J'avoue que je pensais découvrir  un récit relatant mai 68, il s'agit ici d'un récit qui nous parle de choix personnels, d'amour, d'une passion et qui rend compte de l'évolution de la société.

Ma note : 6.5/10

Les jolies phrases

Le bonheur n'est-il pas construit sur l'ignorance ?

La liberté se conjuguait sous toutes ses formes.

Vivre sur une île est une chose, savoir que c'est une île en est une autre. Tout devient différent.  Les souffrances comme les bonheurs.

Elle lui disait de s'endurcir, de se caparaçonner contre l'amertume, prendre du recul. Mais ce n'est pas en bouchant le cratère d'un volcan qu'on l'apaise.  La douleur s'enfonce, s'enracine.

En 69, rompre est un séisme et je ne savais pas si lui ou moi en aurions le courage et l'audace. Mai 68 avait délié les langues, pas encore les mentalités.

La solitude sera toujours mon lot.  Notre amour était un océan, mais notre couple n'était qu'une île !

Nous ne sommes que des êtres humains, ballottés par nos sentiments et nos émotions.  Il nous faut juste aimer, difficile à accepter ! 

jeudi 24 mai 2018

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire.

Incorrigible alors qu'elle risque de s'effondrer voici ceux qui ont rejoint mon Himalaya à lire.

Impossible de passer à côté c'est mon auteure asiatique préférée :

Fuki-no-tô    -   Aki Shimazaki



Actes Sud / Leméac
Parution : avril 2018
Pages : 152
ISBN 978-2-330-08739-5
Prix indicatif : 15, 00€

Présentation de l'éditeur

Atsuko est épanouie sur la petite ferme biologique dont elle a longtemps rêvé et où son mari a fini par la rejoindre, renonçant à la vie citadine qu'il appréciait. Quand une amie du passé resurgit, l'équilibre tranquille de son existence se trouve remis en cause.

Merci à Babelio et Masse critique pour cette découverte:

Si on dansait ...               Rachel Joyce

Couverture du roman Si on dansait... de Rachel Joyce

XO Editions
Parution : 16 mai 2018
Pages : 374
ISBN : 9782374480428
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur



À Londres, au bout d’une impasse délabrée, Frank n’est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.

Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d’un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin…

C’est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s’être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l’aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l’excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.

Lui qui ne croit plus en l’amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s’écroule, il disparaît.

C’est sans compter, pourtant, sur l’extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n’est jamais trop tard pour faire renaître l’espoir et réapprendre à danser…

Avec une sensibilité magnifique, Rachel Joyce célèbre le courage de gens ordinaires, la force de l’amour, mais aussi la puissance de la musique qui, parfois, peut sauver des vies.


J'ai aussi eu l'envie de découvrir le dernier né de ma compatriote Barbara Abel

Je t'aime       Barbara Abel

Je t'aime

Belfond
Parution : 03/05/2018
Pages : 464
ISBN : 9782714476333
Prix : 19.50 €

Présentation de l'éditeur


Rien n'est plus proche de l'amour que la haine.

Après un divorce difficile, Maude rencontre le grand amour en la personne de Simon. Un homme dont la fille, Alice, lui mène hélas une guerre au quotidien. Lorsque Maude découvre l’adolescente en train de fumer du cannabis dans sa chambre, celle-ci la supplie de ne rien dire à son père et jure de ne jamais recommencer. Maude hésite, mais voit là l’occasion de tisser un lien avec elle et d’apaiser les tensions au sein de sa famille recomposée.
Six mois plus tard, Alice fume toujours en cachette et son addiction provoque un accident mortel. Maude devient malgré elle sa complice et fait en sorte que Simon n’apprenne pas qu’elle était au courant. Mais toute à sa crainte de le décevoir, elle est loin d’imaginer les effets destructeurs de son petit mensonge par omission…

Ceci n’est pas exactement une histoire d’amour, même si l’influence qu’il va exercer sur les héros de ce roman est capitale. Autant d’hommes et de femmes dont les routes vont se croiser au gré de leur façon d’aimer parfois, de haïr souvent.
Parce que dans les livres de Barbara Abel, comme dans la vie, rien n’est plus proche de l’amour que la haine…

Et enfin un tout grand merci à Luce Wilquin qui nous fait découvrir ses prochaines parutions , une maison d'éditions que j'aime beaucoup et trois auteurs que je méconnais:

 Elisabeth , en hiver              Michelle Fourez

 
Luce Wilquin
Sméraldine
Parution : 03 mai 2018
Pages : 112
Isbn : 978-2882535450
Prix : 12 €

Présentation de l'éditeur 

Élisabeth, que le temps ne semble pas atteindre, vit à Bruxelles entre vitalité inébranlable, désespoir lancinant et solitude amie. Ses enfants et leur famille reviennent du bout du monde pour Noël, qui du Vietnam, qui du Canada… Mais la santé de leur père, divorcé depuis longtemps de leur mère, donne des signes inquiétants. Un huis clos riche en rebondissements, un texte dense et épuré, tout en intériorité.


Si près de l'aurore       Daniel Charneux

Luce Wilquin
Sméraldine
Parution : le 31 mai 2018
Pages : 352
Isbn : 9782882535467
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur

Parfois, un astronome découvre dans le ciel une petite planète. Il la nomme, la décrit, publie à son sujet. Elle n'avait jamais été remarquée, car elle se tenait dans l'ombre d'un astre qui l'éclipsait, mais elle était bien là, pareille, avec toute son histoire amorcée depuis la nuit des temps, ses ères géologiques, ses volcans, ses glaciations, son étrange et banal paysage de petite planète. Quelques mois après la disparition du jupitérien Henry VIII, la petite planète Jane Grey entrait dans la lumière. Car elle n'était rien moins que troisième dans l'ordre de succession. À moins de quatorze ans, humaniste accomplie, Jane Grey amorce une correspondance en latin avec le réformateur suisse Heinrich Bullinger et lit Platon dans le texte grec. Et tout ça dans un cadre historique passionnant : la Renaissance, l'humanisme, l'Angleterre des Tudors... Dans ce roman, Daniel Charneux conte l'histoire de cette jeune fille si brillante qui sera reine d'Angleterre durant neuf jours, devenant malgré elle l'enjeu d'une vaste et cruelle partie d'échecs.

Seuls les échos de nos pas      Françoise Houdart


Luce Wilquin
Sméraldine
Parution : le 31 mai 2018
Pages : 208
Isbn : 9782882535474

Présentation de l'éditeur

À Bruxelles, une jeune comédienne de talent, Coline, disparaît mystérieusement. Sa voiture est retrouvée sur un parking dans le Sud de la France. Bouleversés par ce drame, son frère Gilles et sa meilleure amie Anaïs mènent l'enquête, chacun de leur côté. Et, un jour, leurs chemins se croisent. C'est le début d'une aventure qui va les conduire jusqu'en Espagne, dans les Pyrénées. Là-bas, quelque part dans les montagnes, se trouve peut-être le secret de Coline. Amitié inaltérable, soif d'idéal, serments d'enfants, illusions, tableaux en trompe-l'oeil... Plusieurs personnages hantent ce roman : un Russe un peu bourru, un voyou attachant, un artiste excentrique obsédé par un château, un vieux montagnard au coeur tendre... Et surtout, une femme celle de Gilles dont la voix résonnera longtemps en nous. Tous ont un lien particulier avec celle que la presse nomme désormais la disparue de Saint-Vens.

lundi 21 mai 2018

Le meilleur des amis - Sean Rose

Le meilleur des amis  -  Sean Rose

Le Meilleur des amis

Actes Sud
Parution : janvier 2017
Pages : 160
ISBN 978-2-330-07271-1
Prix : 16.90 €

Présentation de l'éditeur


Vingt ans après un rendez-vous manqué, un homme s’apprête à retrouver l’ami qu’il a trahi et qu’il n’a pas revu depuis. Du temps de leurs études à Paris, Thibaut et lui ont tout partagé, y compris une passion pour Camille, promise au premier. Au milieu des vignes du domaine familial de Thibaut, attendant de le revoir enfin, le narrateur est assailli de souvenirs aussi réels que la brume qui se lève, le vent sur la joue, la lumière dans les arbres. Pour ce solitaire exilé du royaume de K., petit pays du Sud-Est asiatique, Thibaut incarnait la sérénité bienveillante et joyeuse de qui connaît ses racines et les chérit. Tous deux se complétaient, se répondaient. Aimer Camille, espérer être aimé d’elle, c’était confirmer le lien fraternel en même temps que le bafouer.

Dans ce roman au charme cinématographique, temps et espace se mesurent à l’aune du point zéro de toute existence : le premier amour. Autour de ce centre de gravité de la révélation à soi tournoient les réminiscences, les évocations, les regrets qui lui sont associés et irriguent une vie. L’écriture, élégante et elliptique, accompagne le mouvement dansant de la mémoire quand elle se confie à l’attente.

L'auteur

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Né en 1969 à Saïgon, d'une mère vietnamienne et d'un père anglais, Sean Rose vit à Paris. Journaliste littéraire et critique d'art, il a publié un premier roman en 2009 chez Denoël : Et nos amours.




Mon avis

Cela fait longtemps que le narrateur n'a plus vu Thibaut, son meilleur ami. Il lui rend visite dans son domaine du Bordelais. 

20 ans se sont écoulés, rongés par les remords, 20 ans de souffrance, de trahison ...

Il se souvient de leur rencontre lorsqu'étudiant Thibaut l'avait abordé en lui demandant du feu, par la suite ils ne s'étaient plus quittés.

Notre narrateur, orphelin de père, originaire du Royaume de K, quelque part dans le Sud-Est asiatique, enfance gâchée par le deuil et le déracinement, la peur de l'abandon, avait trouvé "un frère" en la personne de Thibaut.  Pourtant d'origine sociale différente car le narrateur dont on ne connaît pas le nom, est issu d'un milieu modeste, il doit pour joindre les deux bouts effectuer des petits boulots dans le restaurant de sa tante, Thibaut par contre fait partie des nantis, fils d'un domaine viticole important dans le Bordelais.

Ils ne se sont plus quittés.  Le narrateur, Thibaut et ses livres, s'évadant dans leurs nombreuses lectures.  Puis, il y a eu Camille, la fiancée de Thibaut, elle fait ses études de droit sans passion, ce qui l'anime, elle c'est l'art, la peinture.

Le narrateur l'accompagnera à une exposition, Thibaut n'aimant pas ça, et ensuite ce sera une habitude, le narrateur partageant la passion de Camille pour la Renaissance italienne, et l'inévitable arrivera...

C'est bien d'un triangle amoureux que nous parle l'auteur.  Les  notions de trahison, de mensonge, d'exil pour le narrateur seront développées dans ce récit à la forme originale.  En effet la notion de temps et d'espace est particulière.  Le narrateur s'exilera et plus de 20 ans plus tard, un élément fera ressurgir cette période de sa vie et l'envie de revoir Thibaut.  Est-il au courant de cette passion, de cette relation ?  Que sont-ils devenus ?

Une belle écriture qui nous replonge dans les souvenirs un peu nostalgique du narrateur.

J'ai un peu été perturbée par l'utilisation du Royaume de K., même s'il s'agit d'un endroit imaginaire relatif au monde de l'enfance, je pense que j'aurais pris plus de plaisir s'il avait été expressément nommé.

Ma note : 7/10

Les jolies phrases


Les choses du coeur sont plus faciles pour certains que pour d'autres. N'ayant reçu que de l'amour il n'avait rien d'autre à donner.


Il n'est d'amour dont on puisse longtemps cacher le feu, ni non plus de feu sans coupable combustible.


Quant au vide laissé par l'absence, le manque se pétrifie avec le temps, vous vous reconstruisez autour de ce grand trou mais votre existence n'en est pas moins lézardée de nuit.


Faut-il connaître pour aimer, ou l'ignorance, le mystère, si vous préférez, est-il le voile nécessaire à toute passion ?


La deuxième est souvent plus angoissante que la première. La première fois vient en quelque sorte par surprise. Un étonnement rétrospectif - on se surprend- d'avoir fait ce qu'on vient de faire, l'action se consume dans son mouvement, pas d'anatomie mais de l'alchimie, pas de mémoire juste une adhésion, le corps fait corps avec l'autre corps. La deuxième fois c'est différent, au plaisir s'ajoute son souvenir qui l'amplifie - le grain de la peau, l'odeur des cheveux, le goût du sexe, on découvre qu'il y a toujours à découvrir, l'inédit se cache dans les détails, pâles éphélides sur les épaules, naevus insolite, infine tâche dans l'iris. La deuxième fois est néanmoins précédée d'une différente appréhension, celle de décevoir, d'être déçu, peur de n'être pas à la hauteur de son désir.


Ma vie m'est apparue empêchée. Comme si passé le midi de notre bonheur, son ombre ne cesserait de grandir jusqu'à engloutir ce dont elle était l'ombre.


Je me suis longtemps interrogé sur la disproportion entre nos efforts pour atteindre un but qui nous est agréable et la fugitive sensation de plaisir lorsque ce but a été atteint.