mercredi 30 mai 2018

Est-ce ainsi que les hommes jugent ? Mathieu Ménegaux ♥♥♥♥♥

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?  ♥♥♥♥♥

Mathieu Ménegaux



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Grasset
Parution : le 02 mai 2018
Pages : 234
ISBN : 978-2-246-81743-7
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur


Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.

Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.

Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.

Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?


Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.

L'auteur

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Mathieu Menegaux est né en 1967. Il est l’auteur Je me suis tue (Grasset, 2015, Points 2017), primé aux Journées du Livre de Sablet, et de Un fils parfait (Grasset, 2017, Points 2018), prix Claude Chabrol du roman noir, en cours d’adaptation pour la télévision.

Olivia de Lamberterie nous en parle  (extrait de Télé Matin)


Mon avis

J'ai découvert le premier roman de Mathieu Menegaux le 1er avril de cette année sur les conseils de ma libraire que je remercie encore vivement.  Sous le charme de cette plume, il me semblait donc évident de découvrir ce tout dernier roman..

Une claque ! Comme à chaque fois Mathieu Menegaux a le don de retourner les situations, de faire en sorte que tout bascule dans une vie pourtant bien rangée.

Bertrand et sa fille Claire vont comme chaque semaine faire les courses avant d'aller fleurir la tombe de Nathalie, l'épouse, la mère partie trop tôt.

Pressé par le temps, Bertrand laisse sa fille sans surveillance, une seconde seulement, le temps de finir de payer.  Sur le parking du centre commercial Claire a disparu, un homme essaye de l'enlever.  Bertrand entendant le cri de sa fille, accourt, Claire s'échappe mais Bertrand continue à poursuivre la voiture de l'inconnu, une Mégane blanche qui braque et lui fonce dessus.  Bertrand meurt devant les yeux de sa fille.

Trois ans plus tard, le 22 mars 2016, Gustavo Santini, argentin d'origine est réveillé en sursaut.  C'est une journée très importante pour lui -  il est directeur financier dans une société pharmaceutique - c'est aujourd'hui qu'il présentera le projet sur lequel il travaille ardemment depuis des mois, un projet d'acquisition important qui devrait même être le plus beau jour de sa carrière. 

Oui mais, on frappe à sa porte.  Des flics par dizaine débarquent chez lui avec un mandat de perquisition.  Tout bascule, ils vont mettre la maison sans dessus-dessous sans grande communication, un vrai champ de bataille.  Sa femme et les enfants sont questionnés. Ils sont heureux de trouver une Mégane blanche, une vieille veste en jeans..  Gustavo est emmené en garde à vue au DRPJ pour tentative d'enlèvement de mineur et homicide volontaire.

Gustavo est perdu, ok il a une Mégane blanche et une veste en jeans ... et alors, comment se souvenir ce qu'il faisait trois ans plus tôt !

Un roman qui nous parle une fois encore de la "justice", point commun avec les précédents romans.
Il nous parle plus exactement de la manière dont la justice fonctionne ou dysfonctionne...

Pas de gants, pas d'écoute et d'empathie, juste du traumatisme et de l'humiliation au rendez-vous.  Un manque complet d'humanité.

Sans vouloir en dire trop, l'auteur s'interroge également sur le rôle des médias et réseaux sociaux qui peuvent manipuler l'opinion publique, l'orienter, créer des croyances.

Ce que j'aime chez Mathieu Menegaux c'est que le coeur de ces romans pose toujours questionnement sur des faits de société;  le fonctionnement de la justice, la nature humaine.   La psychologie des personnages est superbement bien rendue.  Nous sommes à la lecture dans la tête des protagonistes, ressentant tout à tout inquiétude, espoir, doute et empathie.

La tension monte progressivement, l'écriture est directe, claire, limpide et addictive. Lecture faite en apnée, impossible de poser le livre sans l'avoir terminé.  Une belle analyse de notre société.

Gros coup de coeur pour moi.

Si vous ne connaissez pas cette plume, n'attendez plus, vous ne serez pas déçu.



Les jolies phrases

Ce n'est plus une intrusion.  C'est un viol.  Toute sa vie est là, étalée devant lui, par terre, dans un capharnaüm indescriptible...

Si tout point vers lui, à la fin, c'est que c'est lui.

La télévision et les réseaux sociaux vont réussir là où ils ont échoué ; faire condamner un innocent.

Son avenir n'est plus qu'une suite d'orages jusqu'à ce que le ciel finisse par lui tomber violemment sur la tête.

Il s'y était engagé, contre toutes les consignes, contre les usages, contre les années de son expérience accumulée, contre toute forme de bon sens.  Comme si un chirurgien promettait avant l'opération d'une tumeur au cerveau qu'il allait sauver la vie de son patient ! Jamais.  On promet qu'on va faire de son mieux, donner le meilleur de soi-même, mobiliser l'équipe idéale, attribuer des moyens, remuer ciel et terre, mais s'engager ainsi sur un résultat devant une victime traumatisée ?

D'expérience, il préférera toujours être trop suspicieux que bienveillant ou coulant.  Relâcher un coupable est bien pire pour lui que garder un peu trop longtemps un innocent, qui s'en remettra avec le temps et des excuses.

"Tout le monde ment", c'est son quotidien de flic.  Tout le monde ment, sur tout, tout le temps.  Coupables, innocents, tous ont quelque chose à dissimuler, une vérité à travestir pour les convenances, pour la famille, pour la société.  C'est aussi ce qui rend son métier fascinant.  L'imagination humaine est sans limites et ces moments sont ceux qu'il affectionne le plus.  Démêler le faux du vrai, mettre en lumière les contradictions, faire surgir la vérité touche par touche, par la force du raisonnement, la puissance des faits et quelques ficelles de praticien chevronné.

Ça doit ressembler à ça la guerre.  Un escadron qui débarque chez vous, qui occupe les lieux et installe dans votre maison un poste de commandement, qui vous dépossède et vous asservit en moins de temps qu'il faut pour le dire.

A-t-il dû avouer, lui aussi, des crimes qu'il n'aurait pas commis pour protéger sa famille et son existence ?

...les héros ne sont plus ceux qui agissent, mais bien ceux qui peuvent revendiquer le statut de victime, victime de l'injustice, victime du système, victime des circonstances.

Du même auteur j'ai lu

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dimanche 27 mai 2018

Mai 69 - Marcel Ghigny

Mai 69    -  Marcel Ghigny

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Editions Bernardiennes
Parution : février 2018
Pages : 195
ISBN : 978-2-9307-3851-2
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur


Che Guevara est mort.
Ils ont assassiné Martin Luther King et Robert Kennedy, la guerre du Viêt Nam n'en finit pas.
Scott Mackenzie chante « San Francisco ».
Et Paris explose.

La nuit des barricades, Lucie et Julien. Rencontre improbable de deux milieux que tout sépare.
Et lorsque de Gaulle démissionne, que Woodstock résonne dans toutes les oreilles, ils s'installeront dans les Cévennes, dans les pas de ces soixante-huitards qui veulent créer un autre monde. Le monde du tout possible, de l'amour libre et de l'utopie. Mais un monde qui tombera dans ses propres pièges

Mai 69 est l'histoire d'un amour hors norme, transcendant. Un amour éternel à l'histoire éphémère. Sylvain en naîtra et devra ravaler sa rage et sa violence pour comprendre le départ de son père trois ans après sa naissance.

Mon avis

Sylvain Loriers envoie un manuscrit à son père Julien lui demandant de le préfacer.  Il a souffert de l'absence de son père qui a quitté sa vie lorsqu'il était âgé de trois ans.

C'est en mai 1993 qu'il le rencontre et part avec l'aide de sa mère à la recherche de son passé.

Un passé qui remonte à la rencontre de ses parents dans un climat particulier, celui des barricades de mai 68.  Avec Lucie sa mère et les courriers de Julien, il va revivre leur histoire d'amour, sa genèse en somme.

Un amour qui n'aurait sans doute pas existé sans mai 68 dont on fête cette année les 50 ans !  Mai 68 qui a fait changer les mentalités et apporté plus de libertés amenant les parents de Sylvain à vivre en communauté à la campagne.  Un amour compliqué.

On retrouve en filigranes le climat de mai 68 et des années suivantes, le quartier latin, la Sorbonne, les revendications mais aussi ce que cela provoquera par la suite dont l'émancipation des femmes et l'évolution des mentalités.

J'avoue avoir eu un peu de mal à relier les personnages entre eux au départ de l'histoire, la mise en place d'un arbre généalogique aurait un peu facilité la lecture.

Il y a Julien Loriers, commercial, le fils d'une manufacture de textile.  Lucie est enseignante, c'est la femme de Maurice qui travaille aux usines Renault.  Deux mondes totalement différents qui vont se croiser.  Une passion qui va naître et des vies qui vont basculer, nous emmener dans les petites communautés où l'on fait son pain, élève des chèvres, ...

Une originalité dans ce roman, des éléments politiques, musicaux, cinématographiques ponctuent le récit en fonction des dates des événements.

J'avoue que je pensais découvrir  un récit relatant mai 68, il s'agit ici d'un récit qui nous parle de choix personnels, d'amour, d'une passion et qui rend compte de l'évolution de la société.

Ma note : 6.5/10

Les jolies phrases

Le bonheur n'est-il pas construit sur l'ignorance ?

La liberté se conjuguait sous toutes ses formes.

Vivre sur une île est une chose, savoir que c'est une île en est une autre. Tout devient différent.  Les souffrances comme les bonheurs.

Elle lui disait de s'endurcir, de se caparaçonner contre l'amertume, prendre du recul. Mais ce n'est pas en bouchant le cratère d'un volcan qu'on l'apaise.  La douleur s'enfonce, s'enracine.

En 69, rompre est un séisme et je ne savais pas si lui ou moi en aurions le courage et l'audace. Mai 68 avait délié les langues, pas encore les mentalités.

La solitude sera toujours mon lot.  Notre amour était un océan, mais notre couple n'était qu'une île !

Nous ne sommes que des êtres humains, ballottés par nos sentiments et nos émotions.  Il nous faut juste aimer, difficile à accepter ! 

jeudi 24 mai 2018

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire.

Incorrigible alors qu'elle risque de s'effondrer voici ceux qui ont rejoint mon Himalaya à lire.

Impossible de passer à côté c'est mon auteure asiatique préférée :

Fuki-no-tô    -   Aki Shimazaki



Actes Sud / Leméac
Parution : avril 2018
Pages : 152
ISBN 978-2-330-08739-5
Prix indicatif : 15, 00€

Présentation de l'éditeur

Atsuko est épanouie sur la petite ferme biologique dont elle a longtemps rêvé et où son mari a fini par la rejoindre, renonçant à la vie citadine qu'il appréciait. Quand une amie du passé resurgit, l'équilibre tranquille de son existence se trouve remis en cause.

Merci à Babelio et Masse critique pour cette découverte:

Si on dansait ...               Rachel Joyce

Couverture du roman Si on dansait... de Rachel Joyce

XO Editions
Parution : 16 mai 2018
Pages : 374
ISBN : 9782374480428
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur



À Londres, au bout d’une impasse délabrée, Frank n’est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.

Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d’un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin…

C’est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s’être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l’aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l’excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.

Lui qui ne croit plus en l’amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s’écroule, il disparaît.

C’est sans compter, pourtant, sur l’extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n’est jamais trop tard pour faire renaître l’espoir et réapprendre à danser…

Avec une sensibilité magnifique, Rachel Joyce célèbre le courage de gens ordinaires, la force de l’amour, mais aussi la puissance de la musique qui, parfois, peut sauver des vies.


J'ai aussi eu l'envie de découvrir le dernier né de ma compatriote Barbara Abel

Je t'aime       Barbara Abel

Je t'aime

Belfond
Parution : 03/05/2018
Pages : 464
ISBN : 9782714476333
Prix : 19.50 €

Présentation de l'éditeur


Rien n'est plus proche de l'amour que la haine.

Après un divorce difficile, Maude rencontre le grand amour en la personne de Simon. Un homme dont la fille, Alice, lui mène hélas une guerre au quotidien. Lorsque Maude découvre l’adolescente en train de fumer du cannabis dans sa chambre, celle-ci la supplie de ne rien dire à son père et jure de ne jamais recommencer. Maude hésite, mais voit là l’occasion de tisser un lien avec elle et d’apaiser les tensions au sein de sa famille recomposée.
Six mois plus tard, Alice fume toujours en cachette et son addiction provoque un accident mortel. Maude devient malgré elle sa complice et fait en sorte que Simon n’apprenne pas qu’elle était au courant. Mais toute à sa crainte de le décevoir, elle est loin d’imaginer les effets destructeurs de son petit mensonge par omission…

Ceci n’est pas exactement une histoire d’amour, même si l’influence qu’il va exercer sur les héros de ce roman est capitale. Autant d’hommes et de femmes dont les routes vont se croiser au gré de leur façon d’aimer parfois, de haïr souvent.
Parce que dans les livres de Barbara Abel, comme dans la vie, rien n’est plus proche de l’amour que la haine…

Et enfin un tout grand merci à Luce Wilquin qui nous fait découvrir ses prochaines parutions , une maison d'éditions que j'aime beaucoup et trois auteurs que je méconnais:

 Elisabeth , en hiver              Michelle Fourez

 
Luce Wilquin
Sméraldine
Parution : 03 mai 2018
Pages : 112
Isbn : 978-2882535450
Prix : 12 €

Présentation de l'éditeur 

Élisabeth, que le temps ne semble pas atteindre, vit à Bruxelles entre vitalité inébranlable, désespoir lancinant et solitude amie. Ses enfants et leur famille reviennent du bout du monde pour Noël, qui du Vietnam, qui du Canada… Mais la santé de leur père, divorcé depuis longtemps de leur mère, donne des signes inquiétants. Un huis clos riche en rebondissements, un texte dense et épuré, tout en intériorité.


Si près de l'aurore       Daniel Charneux

Luce Wilquin
Sméraldine
Parution : le 31 mai 2018
Pages : 352
Isbn : 9782882535467
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur

Parfois, un astronome découvre dans le ciel une petite planète. Il la nomme, la décrit, publie à son sujet. Elle n'avait jamais été remarquée, car elle se tenait dans l'ombre d'un astre qui l'éclipsait, mais elle était bien là, pareille, avec toute son histoire amorcée depuis la nuit des temps, ses ères géologiques, ses volcans, ses glaciations, son étrange et banal paysage de petite planète. Quelques mois après la disparition du jupitérien Henry VIII, la petite planète Jane Grey entrait dans la lumière. Car elle n'était rien moins que troisième dans l'ordre de succession. À moins de quatorze ans, humaniste accomplie, Jane Grey amorce une correspondance en latin avec le réformateur suisse Heinrich Bullinger et lit Platon dans le texte grec. Et tout ça dans un cadre historique passionnant : la Renaissance, l'humanisme, l'Angleterre des Tudors... Dans ce roman, Daniel Charneux conte l'histoire de cette jeune fille si brillante qui sera reine d'Angleterre durant neuf jours, devenant malgré elle l'enjeu d'une vaste et cruelle partie d'échecs.

Seuls les échos de nos pas      Françoise Houdart


Luce Wilquin
Sméraldine
Parution : le 31 mai 2018
Pages : 208
Isbn : 9782882535474

Présentation de l'éditeur

À Bruxelles, une jeune comédienne de talent, Coline, disparaît mystérieusement. Sa voiture est retrouvée sur un parking dans le Sud de la France. Bouleversés par ce drame, son frère Gilles et sa meilleure amie Anaïs mènent l'enquête, chacun de leur côté. Et, un jour, leurs chemins se croisent. C'est le début d'une aventure qui va les conduire jusqu'en Espagne, dans les Pyrénées. Là-bas, quelque part dans les montagnes, se trouve peut-être le secret de Coline. Amitié inaltérable, soif d'idéal, serments d'enfants, illusions, tableaux en trompe-l'oeil... Plusieurs personnages hantent ce roman : un Russe un peu bourru, un voyou attachant, un artiste excentrique obsédé par un château, un vieux montagnard au coeur tendre... Et surtout, une femme celle de Gilles dont la voix résonnera longtemps en nous. Tous ont un lien particulier avec celle que la presse nomme désormais la disparue de Saint-Vens.

lundi 21 mai 2018

Le meilleur des amis - Sean Rose

Le meilleur des amis  -  Sean Rose

Le Meilleur des amis

Actes Sud
Parution : janvier 2017
Pages : 160
ISBN 978-2-330-07271-1
Prix : 16.90 €

Présentation de l'éditeur


Vingt ans après un rendez-vous manqué, un homme s’apprête à retrouver l’ami qu’il a trahi et qu’il n’a pas revu depuis. Du temps de leurs études à Paris, Thibaut et lui ont tout partagé, y compris une passion pour Camille, promise au premier. Au milieu des vignes du domaine familial de Thibaut, attendant de le revoir enfin, le narrateur est assailli de souvenirs aussi réels que la brume qui se lève, le vent sur la joue, la lumière dans les arbres. Pour ce solitaire exilé du royaume de K., petit pays du Sud-Est asiatique, Thibaut incarnait la sérénité bienveillante et joyeuse de qui connaît ses racines et les chérit. Tous deux se complétaient, se répondaient. Aimer Camille, espérer être aimé d’elle, c’était confirmer le lien fraternel en même temps que le bafouer.

Dans ce roman au charme cinématographique, temps et espace se mesurent à l’aune du point zéro de toute existence : le premier amour. Autour de ce centre de gravité de la révélation à soi tournoient les réminiscences, les évocations, les regrets qui lui sont associés et irriguent une vie. L’écriture, élégante et elliptique, accompagne le mouvement dansant de la mémoire quand elle se confie à l’attente.

L'auteur

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Né en 1969 à Saïgon, d'une mère vietnamienne et d'un père anglais, Sean Rose vit à Paris. Journaliste littéraire et critique d'art, il a publié un premier roman en 2009 chez Denoël : Et nos amours.




Mon avis

Cela fait longtemps que le narrateur n'a plus vu Thibaut, son meilleur ami. Il lui rend visite dans son domaine du Bordelais. 

20 ans se sont écoulés, rongés par les remords, 20 ans de souffrance, de trahison ...

Il se souvient de leur rencontre lorsqu'étudiant Thibaut l'avait abordé en lui demandant du feu, par la suite ils ne s'étaient plus quittés.

Notre narrateur, orphelin de père, originaire du Royaume de K, quelque part dans le Sud-Est asiatique, enfance gâchée par le deuil et le déracinement, la peur de l'abandon, avait trouvé "un frère" en la personne de Thibaut.  Pourtant d'origine sociale différente car le narrateur dont on ne connaît pas le nom, est issu d'un milieu modeste, il doit pour joindre les deux bouts effectuer des petits boulots dans le restaurant de sa tante, Thibaut par contre fait partie des nantis, fils d'un domaine viticole important dans le Bordelais.

Ils ne se sont plus quittés.  Le narrateur, Thibaut et ses livres, s'évadant dans leurs nombreuses lectures.  Puis, il y a eu Camille, la fiancée de Thibaut, elle fait ses études de droit sans passion, ce qui l'anime, elle c'est l'art, la peinture.

Le narrateur l'accompagnera à une exposition, Thibaut n'aimant pas ça, et ensuite ce sera une habitude, le narrateur partageant la passion de Camille pour la Renaissance italienne, et l'inévitable arrivera...

C'est bien d'un triangle amoureux que nous parle l'auteur.  Les  notions de trahison, de mensonge, d'exil pour le narrateur seront développées dans ce récit à la forme originale.  En effet la notion de temps et d'espace est particulière.  Le narrateur s'exilera et plus de 20 ans plus tard, un élément fera ressurgir cette période de sa vie et l'envie de revoir Thibaut.  Est-il au courant de cette passion, de cette relation ?  Que sont-ils devenus ?

Une belle écriture qui nous replonge dans les souvenirs un peu nostalgique du narrateur.

J'ai un peu été perturbée par l'utilisation du Royaume de K., même s'il s'agit d'un endroit imaginaire relatif au monde de l'enfance, je pense que j'aurais pris plus de plaisir s'il avait été expressément nommé.

Ma note : 7/10

Les jolies phrases


Les choses du coeur sont plus faciles pour certains que pour d'autres. N'ayant reçu que de l'amour il n'avait rien d'autre à donner.


Il n'est d'amour dont on puisse longtemps cacher le feu, ni non plus de feu sans coupable combustible.


Quant au vide laissé par l'absence, le manque se pétrifie avec le temps, vous vous reconstruisez autour de ce grand trou mais votre existence n'en est pas moins lézardée de nuit.


Faut-il connaître pour aimer, ou l'ignorance, le mystère, si vous préférez, est-il le voile nécessaire à toute passion ?


La deuxième est souvent plus angoissante que la première. La première fois vient en quelque sorte par surprise. Un étonnement rétrospectif - on se surprend- d'avoir fait ce qu'on vient de faire, l'action se consume dans son mouvement, pas d'anatomie mais de l'alchimie, pas de mémoire juste une adhésion, le corps fait corps avec l'autre corps. La deuxième fois c'est différent, au plaisir s'ajoute son souvenir qui l'amplifie - le grain de la peau, l'odeur des cheveux, le goût du sexe, on découvre qu'il y a toujours à découvrir, l'inédit se cache dans les détails, pâles éphélides sur les épaules, naevus insolite, infine tâche dans l'iris. La deuxième fois est néanmoins précédée d'une différente appréhension, celle de décevoir, d'être déçu, peur de n'être pas à la hauteur de son désir.


Ma vie m'est apparue empêchée. Comme si passé le midi de notre bonheur, son ombre ne cesserait de grandir jusqu'à engloutir ce dont elle était l'ombre.


Je me suis longtemps interrogé sur la disproportion entre nos efforts pour atteindre un but qui nous est agréable et la fugitive sensation de plaisir lorsque ce but a été atteint.





dimanche 20 mai 2018

Frère des astres - Julien Delmaire ♥

Frères des astres    -  Julien Delmaire

Frère des astres

Grasset
Parution : 09/03/2016
Pages : 234
EAN : 9782246855842
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur

Benoît est un pèlerin de notre temps, un drôle de randonneur qui traverse la France, les yeux tournés vers les étoiles. Figure de clochard céleste, digne d’un roman de Kerouac, Benoît va à la rencontre de son destin avec douceur et naïveté.
Librement inspiré de la vie de Saint Benoît Labre, le vagabond mystique du XVIIIème siècle, Frère des astres est un « road-book », nourri de rencontres improbables, de paysages grandioses et de couleurs saturées. Frère des astres s’écoute comme une ballade folk de Johnny Cash. Profondément humain, ce roman chante la joie d’être au monde.

Mon avis

Benoît vit dans le Nord de la France, il est issu du milieu ouvrier.  Son père est syndicaliste à l'usine.  A l'école ses congénères l'ont baptisé l'autiste.  Il s'arrête souvent à la chapelle devant la statue de la Vierge Marie.  Il est fasciné.

A 12 ans il s'enlise dans sa scolarité, il se cultive à sa façon, sa lecture préférée est la Bible.

A 16,  il quitte l'école pour travailler à l'usine.

Un jour, Benoît laisse une lettre et de l'argent à sa mère pour ses frères et soeurs. Il emporte avec lui pour seul bagage, l'écharpe de son père (emporté par un cancer), une Bible, un opinel et un duvet. 
Il part sur la route, pèlerin à l'image de Saint-Benoît.

Il traversera la France du Nord au Sud en passant par les cathédrales Notre-Dame entre autre.  Il se nourrira comme un cueilleur préhistorique de fruits et légumes crus.  Il vivra avec la nature, prêt à souffrir pour aimer, accordant le pardon à ses agresseurs, donnant ce qu'il récolte à plus pauvre que lui, il partagera l'aumône qu'il reçoit dans les troncs des églises  Comme Saint Benoît, il marchera des jours entiers, entrant toujours en contemplation avec la nature.

Ce récit sur la spiritualité, un peu mystique est écrit de manière poétique.  Folie, candeur, un portrait touchant empreint d'humanité.

J'ai trouvé ce cheminement à travers la France et à travers sa foi; juste, reposant.

L'écriture est magnifique, j'ai vraiment passé un excellent moment de lecture.

Ma note : 9/10


Les jolies phrases

Benoît traverse des villages sans éclat, des bourgades où l'ennui suit son cours.  Il n'a plus un sou en poche.  Il a atteint son idéal : le voilà pauvre, affamé, sans autre issue que la charité.

Ce qu'éprouve Benoît à l'endroit de son père n'a pas de nom.  Il est le tuteur de noisetier, la rigole creusée pour irriguer les jours, le cordeau de filasse qui délimite la terre. Quand il récite le Notre Père, c'est le visage du sien qui s'anime sous ses paupières.

Son bonheur est complet lorsque sa mère, libérée du joug, s'évade, les coudes sur la table de la cuisine, en parcourant des romans de plage aux intrigues ficelées d'un ruban rose.  Bovary du borinage, fée du logis sans baguette magique, maman s'ennuie et se résigne.

La prière est pour lui une ivresse sans cesse renouvelée.  Si Benoît était un junkie, nous dirions qu'il se défonce sans répit, s'injecte des extases en intraveineuse.  Mais l'amertume qui succède à la piqûre, la perte qui obstrue l'aiguille lui sont inconnues.  Sa drogue est idéale, il n'en manque jamais.

L'homme au sifflet se relève, empoussiéré des pieds à la tête. "Merci.  Vous êtes berger ?
- Je suis chrétien, c'est un peu la même ", répond benoîtement Benoît en caressant l'encolure d'une brebis.

La joie d'être sur le chemin.  La joie de n'être qu'un passant.  Joie de ne rien posséder et de n'être possédé par rien.  LA JOIE D'ÊTRE NU. Entièrement nu. Nu dans son entier.  Nu face au vent, nu face au destin, nu face à la joie.


Benoît n'a plus de raison de vivre, ni aucune envie de mourir.  Les dunes, à ses pieds, sont de simples châteaux d'enfant.  Il marche vers un soleil renouvelé, un jour unique, où tout prend sens, chaque respiration, chaque foulée.

Benoît est le roi du monde, un monarque crasseux.  Dire qu'il empeste n'est pas suffisant.  Son parfum est complexe, dense, feuilleté de strates olfactives.  D'abord une senteur de gravier, d'humus, d'écorces poussiéreuses.  La fragrance se prolonge d'un coeur floral : colchique décomposé, armoise, sauge amère, une nuance de sainfoin ou d'orge humide.  Ensuite, le suint, le musc se mêlent à des effluves sucrés : spéculoos écrasé, canne à sucre  trop mûre.  La sueur apporte sa touche d'acidité sa touche d'acidité, aussitôt confondue dans les miasmes de tourbe et de lichen.  Enfin, une persistance iodée, une note saline, fumet de laminaires abandonnées sur la grève.  Benoît se hume comme un single malt, fleuron d'Islay, un breuvage endeuillé, que les Écossais boivent les yeux clos, en songeant aux marins engloutis.

Du même auteur j'ai lu

Mon billet en cliquant sur la couverture :

Minuit, Montmartre





samedi 19 mai 2018

Défaite des maîtres et possesseurs - Vincent Message ♥♥♥♥

Défaite des maîtres et possesseurs   -   Vincent Message


Seuil Edition
Cadre Rouge
Parution : 07/01/2016
Pages : 304
EAN 9782021300147
Prix : 18 €


C'est le Prix Horizon 2018   Prix des lecteurs du deuxième roman

Présentation de l'éditeur

Iris n’a pas de papiers. Hospitalisée après un accident de voiture, elle attend pour être opérée que Malo Claeys, avec qui elle habite, trouve un moyen de régulariser sa situation. Mais comment la tirer de ce piège alors que la vie qu’ils mènent ensemble est interdite, et qu’ils n’ont été protégés jusque-là que par la clandestinité ?

C’est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci notamment : nous n’y sommes plus les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a de nouveaux venus, qui nous ont privés de notre domination sur le vivant et nous font connaître le sort que nous réservions auparavant aux animaux.

Plongeant dans un des enfers invisibles de notre modernité, retraçant l’histoire d’un amour difficile, Défaite des maîtres et possesseurs nous entraîne dans une fable puissante où s’entrechoquent les devenirs possibles de notre monde.

L'auteur nous en parle





Mon avis


C'est étrange j'étais récemment au théâtre pour voir "Les Mandibules" de Louis Calaferte, un texte écrit fin des années 70, un texte qui nous parle de la surconsommation, de nos dérives alimentaires, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement en pensant à ce récit.

C'est un livre puissant, marquant, un roman d'anticipation que nous propose Vincent Message. Une fable écologique.

Nous sommes dans un avenir qui pourrait être proche, dans une société de l'ordre du possible.

Un peuple venant de l'univers est arrivé sur notre terre, il a colonisé l'homme et est devenu "Maître et possesseur" de la nature, de la planète. Parlons-en de la nature !

Tout a disparu sur terre, le gibier, les oiseaux, tout cela à cause de la surconsommation. Par son comportement irresponsable l'homme a fait disparaître toutes les richesses de la terre.

Il y a aujourd'hui trois catégories d'humains, trois castes :

- ceux qui travaillent

- les hommes de compagnie qui remplacent les animaux disparus

- les hommes d'élevage

Malo est aujourd'hui rapporteur à l'assemblée, il est porteur d'un projet de loi visant à améliorer la fin de vie des hommes, à la prolonger.

Il a rencontré Iris il y a 11 ans, à l'époque où il était inspecteur des élevages.... Elle est depuis devenue "Humain de compagnie" clandestine.

Suite à un accident - elle a la jambe broyée - il lui faut un bracelet d'identité pour la soigner, ce combat n'est pas simple car nous sommes dans une société différente avec des codes stricts, pas de mélanges entre les trois "castes"....

Comme Louis Calaferte, Vincent Message analyse nos comportements, envisage l'évolution de notre société. Inévitablement on s'interroge sur ce que nous pourrions changer pour sauvegarder notre belle terre, sa biodiversité, son équilibre.

C'est avec une écriture puissante, audacieuse, dure parfois mais aussi très poétique que l'auteur nous fait réfléchir au devenir de notre belle planète bleue.

Les conditions d'élevages sont la plupart du temps désastreuses pour les animaux (je pense à Isabelle Saporta et "Le livre noir de l'agriculture" mais aussi au combat mené à travers ses récits d'Aymeric Caron). Si l'on transpose ceci chez l'homme, on prend plus conscience, on est secoué et c'est peut-être aussi l'occasion de modifier nos comportements.

Des réflexions sur le monde du travail, de l'argent, une ambiance incroyable, des mots percutants, Vincent Message sème le trouble, le doute dans nos esprits.

Un livre fort, puissant, noir mais il est vrai tellement indispensable.

Vous l'avez compris c'est un coup de ♥


Les jolies phrases


C'était le chaos de la vie qui veut vivre, mais si grouillante qu'on comprenait pourquoi les équilibres globaux exigeaient que des virus périodiques les déciment au hasard et recréent autour de chacun, par ce moyen toujours contestable qu'est la mort, un peu d'espace pour respirer.

Jusqu'à quand une vie d'homme mérite-t-elle d'être vécue ? Qui peut savoir cela ? Qui a le droit d'en décider ?

Les hommes ne voulaient plus être seuls, mais ils ne s'entendaient qu'avec ceux qui leur étaient semblables presque en tous points.

On fait souvent le mal qu'on ne veut pas. Souvent on vise l'ennemi et ce n'est pas l'ennemi qui tombe. Parfois on ne vise même pas et il y en a qui tombent quand même.

...comment prend-on en compte les intérêts de ceux qu'on ne voit pas, ou qui ne parlent pas, ou auxquels on se refuse par principe à donner la parole ?

Ce n'est pas parce que quelqu'un est inférieur qu'il devient soudain légitime de le maltraiter et de l'asservir.

Aimer les animaux ce n'est pas moins aimer les hommes ; aimer les hommes ce n'est pas moins aimer les gens de notre espèce. Car si on aime la vie avec une passion folle, alors on peut aimer tous les vivants, reconnaître partout leur souffle, et ce qu'il a de fragile, et sa capacité à se détraquer en peu de temps, et se mettre à haïr, en regard, toutes les violences qui leur sont faites.


vendredi 18 mai 2018

Majda en août - Samira Sedira

Majda en août    -    Samira Sedira


Rouergue
La Brune
Parution : mars 2016
Pages : 144
ISBN : 978-2-8126-1029-5
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur

À 45 ans, Majda se réfugie chez ses vieux parents d’origine immigrée, après un séjour en hôpital psychiatrique. Fille aînée d’une fratrie de sept enfants, la seule à avoir fait des études universitaires, elle aurait dû pourtant s’élever dans l’échelle sociale. Durant le mois d’août, alors qu’elle reste confinée dans le petit appartement familial d’une cité du Var, on revisite avec elle les non-dits familiaux, notamment le drame vécu dans son adolescence.

L'auteur



Née en Algérie, formée à l’école du Centre dramatique national de Saint-étienne, Samira Sedira est comédienne et écrivain. Elle vit en banlieue parisienne.  (source : Rouergue éditions)

Mars 2013 son premier roman :   "L'odeur des planches" ​​ ( Prix Beur FM Méditerranée 2014)
Mars 2016  "Majda en août"
Mars 2018  " La faute à Saddam"  troisième roman  tous chez Rouergue La Brune


Mon avis

Majda a 45 ans, elle erre pieds nus depuis trois jours sur la route.  C'est un routier qui la dépose dans un hôpital psychiatrique.  Cela fait 3 ans que ses parents sont sans nouvelles de sa part.

Mais que s'est-il passé durant tout ce temps ? Comment Majda en est-elle arrivée là ?

Perdue entre deux cultures, parents immigrés du Magreb vers le Sud de la France, Majda est l'aînée de sept enfants, seule fille ayant pourtant réussi des études universitaires.  Ahmed, un père très libéral, une mère fatiguée par des grossesses successives deux ans après l'arrivée de Majda.

Tout va bien jusqu'à l'adolescence, moment ou Aziz l'aîné prend le relais voulant faire rentrer sa soeur dans "le moule".  Il se substituera au père et s'imposera.

A l'âge de 14 ans ce sera le drame ! Le manque d'amour de sa mère, la culpabilité de son frère qui n'a rien fait, rien dit, l'enfoncera peu à peu et changera Majda.  Elle continuera pourtant ses études, fêtera sa maîtrise jusqu'au jour où en quelques secondes, Majda se réveillera comme une autre !

C'est un narrateur extérieur qui nous conte la vie de Majda de manière froide, sans émotion. à la recherche d'amour et de la compréhension de la folie.

C'est dur, l'hôpital psychiatrique est dépeint sans détour, cela fait froid dans le dos, pas de tri des patients, tous ensemble.  Un récit qui aborde la folie, l'amour, les regrets, la culpabilité.

Une plume qui m'a touchée, un très beau récit à découvrir.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Quand on est, comme elle, affamée de caresses, avoir l'illusion d'être aimée vaut toujours mieux que la certitude de ne pas l'être.

Le coeur supplie de tendre les bras, mais les yeux paniqués ajournent les retrouvailles.

Feindre le calme.  Traverser la tourmente.  Se dire que toute vague n'accouche pas d'un raz-de-marée.

Contre le poison de la culpabilité, l'éloignement n'était-il pas le meilleur antidote ?

S'il était possible de lire la douleur à travers les corps, comme sous l'effet des rayons X, on aurait vu, à l'endroit des deux coeurs, la douleur dans sa représentation la plus vive.

Je dois la surveiller, comme le lait sur le feu, elle avait confié, le matin même, à sa voisine de palier, comme le lait sur le feu, et si elle déborde, je dois tout nettoyer !





mardi 15 mai 2018

L'ombre sur la lune - Agnès Mathieu Daudé

L'ombre sur la lune  -  Agnès Mathieu Daudé


Gallimard
Ma Blanche
Parution : 24 août 2017
Pages : 208
ISBN : 9782072735530Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

L’ombre sur la lune aurait prouvé à Magellan que la terre était ronde : tableaux de maîtres, footballeurs ou mafieux en parcourent la surface dans une circumnavigation infinie. À la croisée de ces univers en apparence éloignés, la passion de la Giganta, une Chinoise de deux mètres, pour une œuvre de Goya, réunit Attilio, un Sicilien qui a tué sa femme le jour de leur mariage, et Blanche, une discrète employée de musée qui se croit le sosie d’un célèbre footballeur.
Depuis leur rencontre dans les tribunes d’un stade madrilène, la relation mouvementée d’Attilio et de Blanche les mènera jusqu’en Andalousie, le lieu de toutes les rédemptions et de tous les possibles.

L'auteur

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Agnès Mathieu-Daudé est française, elle a fait des études d'histoire. Elle a été élève de l'institut national du patrimoine, elle est conservateur du patrimoine, spécialisée en restauration d 'oeuvre d art, actuellement en disponibilité. Elle a été Chargée de séminaire deuxième cycle à l'École du Louvre.

Un marin chilien  07/01/2016 chez Gallimard est son premier roman. Il a été récompensé par  le Prix de la 25ème heure du Mans 2016.


Mon avis


Attilio est sicilien et le jour de ses noces, il ensable son épouse vivante ! Etrange personnage, d'accord c'est un procédé qui ressemble à la mafia qu'il fréquente mais tout de même étrange d'entrée de jeu.


Il sera contacté par "la Gigante", Soony May-Ling, une chinoise de 2 mètres qui dirige la mafia chinoise espagnole. Elle est dingue de chiens et contacte Attilio pour une demande un peu spéciale.


Blanche travaille dans un musée, elle pense être le sosie du joueur de foot Fernando Torres. C'est dans un stade que l'on fait sa connaissance.



Quel rapport me direz-vous entre ces personnages ? Quelle entrée en la matière étrange et loufoque ! C'est quoi ce récit ? Ce sont les interrogations que je me suis posées.


Intriguée j'ai poursuivi la lecture car la plume est belle et agréable, poétique même.


Ce récit va nous emmener en Andalousie, dans les coulisses du monde de l'art et de celui de la tauromachie.


Un récit que j'ai apprécié, un peu burlesque, décalé où des personnages malmenés par la vie, étrangement assortis, s'attirent et se complètent.


Une lecture originale avec une plume magnifique dans le cadre du Prix Horizon 2018.


Ma note : 8 /10


Les jolies phrases

Il fallait avoir tout perdu pour espérer gagner et c'est vrai qu'en ce moment, il perdait beaucoup.


La foule est comme ça, au moindre frémissement elle écarquille les naseaux, on peut l'entendre souffler, un grondement rauque qui monte et vous intime de la suivre. Et d'un seul geste la foule se redresse, la foule s'emballe, la foule charge sans savoir vers où ni vers quoi, la foule ne sait rien sinon le mouvement.


Blanche détestait que l'on diluât l'alcool dans des montagnes de glaçons, des branches de menthe rabougrie et du jus de citron en bouteille avant d'y planter une, voire deux pailles, comme si les femmes étaient siamoises, dotées de deux orifices buccaux, en plus de mineures ou grabataires.



dimanche 13 mai 2018

Le dernier amour d'Attila Kiss - Julia Kerninon

Le dernier amour d'Attila Kiss   -   Julia Kerninon



Rouergue - La Brune
Parution : janvier 2016
Pages : 128
ISBN : 978-2-8126-0990-9
Prix : 13.80 €


Présentation de l'éditeur

«Par la suite, il se demanderait souvent s’il devait voir quelque chose d’extraordinaire dans leur rencontre – cette fille venant à lui sur la terrasse d’un café qui n’était même pas son préféré, qu’il ne fréquentait que rarement. Si elle était passée par là la veille, ou simplement une heure plus tôt ou plus tard, elle l’aurait manqué – il ne l’aurait jamais connue, il serait resté seul avec ses poussins et sa peinture et sa tristesse et sa dureté. Mais elle était venue, et il avait poussé doucement la lourde chaise de métal pour qu’elle puisse s’installer, et c’était comme ça que tout avait commencé.»

À Budapest, Attila Kiss, 51 ans, travailleur de nuit hongrois, rencontre Theodora Babbenberg, 25 ans, riche héritière viennoise. En racontant la naissance d’un couple, Julia Kerninon déploie les mouvements de l’amour dans ses balbutiements. Car l’amour est aussi un art de la guerre, nous démontre-t-elle avec virtuosité dans son deuxième roman.

L'auteure nous en parle




Mon avis

Après avoir mené une autre vie, un mariage très jeune, un divorce, une vie volage, trois enfants avec Irisz, Attila triste, seul, quitte tout, sa Puszta pour s'établir à Budapest.

Il va peindre pendant un an... Il deviendra ensuite sexteur, trieur de poussins dans une usine de fois gras.

Attila a 51 ans, il est d'origine modeste, il est hongrois marqué par l'histoire de son peuple, les guerres du passé de l'empire austro-hongrois.

Un jour il rencontre Théodora, 25 ans, elle est une riche héritière d'une des plus vieilles lignées autrichiennes.  A la tête de la fortune de son père, le plus célèbre des chanteurs d'opéra.

Ce sont deux mondes qui s'opposent, âge, milieu social, laissant les traces du passé historique entre leurs deux peuples et pourtant entre eux va naître une belle histoire d'amour : le dernier amour d'Attila Kiss.

C'est une plume alerte, acérée.  L'écriture est très belle, ciselée.  Un récit qui reprend l'histoire d'un peuple.

Peut-être pas le bon moment pour moi, car malgré toutes ces qualités, j'avoue être restée en dehors.

Ma note : 7.5/10

Les jolies phrases

Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu'à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre - par la considération des forces en présence.

Mon amour pour elle, c'est comme déserter mon pays, c'est coucher avec l'ennemi, c'est trahir ma conscience de classe, c'est accepter de fermer les yeux, de mettre mes mains sur mes oreilles et d'oublier qu'ils nous ont laissés derrière, autrefois, que c'est à cause de leur atavisme, de leur besoin navrant de protéger leur ville muséale, que nous en sommes là.  

...c'était minuscule, mais l'amour est la forme la plus haute de la curiosité et je suis tombée amoureuse de toi.

De la musique parfaite inventée par un idiot, un idiot qui n'était touchant que quand il chantait, et qui dans le civil était juste une brute, mais les brutes sont parfois capables de grandes choses, comme l'a maintes fois démontré l' Histoire, et tout le ressentiment de Theodora ne faisait pas le poids face à sa connaissance profonde de l'opéra.


Du même auteur j'ai lu





vendredi 11 mai 2018

De la terre dans la bouche. Estelle Tharreau ♥♥♥♥

De la terre dans la bouche     -     Estelle Tharreau  ♥♥♥♥

De la terre dans la bouche

Editions Taurnada
Parution : 18/01/2018
Pages : 250
ISBN : 978-2-37258-038-0 (Papier)
ISBN : 978-2-37258-039-7 (EPUB & MOBI)
Prix : 9.99 €, 4.99 € en numérique

Présentation de l'éditeur

Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s'aiment ou se détestent, même si les autres l'ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu'ils ont écrite au musée de la Chênaie.
Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d'un village martyr.

Guerre. Occupation. Épuration.

Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé !



Estelle Tharreau

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Après avoir travaillé dans le secteur privé et public, cette passionnée de littérature sort son premier roman en 2016, Orages, suivi de L'Impasse en 2017. Depuis, elle se consacre entièrement à l'écriture

Mon avis

Un grand merci aux Editions Taurnada pour leur patience et l'envoi de cette super découverte.

Waouh ! Estelle Tharreau vous avez un talent fou !  Quel superbe thriller historique !  Quel suspense ! C'est un livre que l'on commence et ne dépose qu'une fois arrivé à son terme.  C'est vraiment captivant.   Et dire qu'il dormait dans ma PAL !  

Le 19 décembre 1986, Elsa apprend à la lecture du testament de sa grand-mère Rose l'existence d'une petite maison dans la forêt près du village de Mont-Eloi.  Jamais auparavant elle n'avait entendu parlé de ce petit village.  

Sa grand-mère Rose lui laisse une enveloppe avec une vieille photo noir et blanc, la maison dans les bois "La Braconne".  Sur cette photo, elle a un bébé dans les bras, il s'agit de Michelle la maman d'Elsa décédée lorsqu'Elsa avait 11 ans.

Cette photo l'intrigue, cette maison aussi dont elle n'a jamais entendu parlé, Elsa décide alors d'aller sur place.  En arrivant à  "La Braconne", elle  y rencontre Fred Prevalin, le petit-fils de Georges qui  pensait bien y être chez lui.  Que de mystères  !

En arrivant à Mont-Eloi, notre héroïne ne soupçonne pas qu'elle va faire ressurgir les souvenirs enfouis, les secrets des anciens bien gardés jusqu'ici.   En effet, un drame a eu lieu ici il y a plus de quarante ans durant la seconde guerre.

Elsa et Fred vont essayer de comprendre.

Je n'ai pas envie de vous en dire plus si ce n'est qu'il y a Jeanne, une étrange voisine, le musée de la Chénaie et les anciens qui racontent très peu de choses.  Le mystère s'épaissit au lieu de s'éclaircir.

Estelle Tharreau a habilement construit son récit, elle maîtrise parfaitement son sujet distillant peu à peu des éléments qui nous font soupçonner tout à tour les différents protagonistes.  Le suspense reste entier jusqu'à la dernière page enchaînant retournement sur retournement.

On fait des aller-retour entre le passé et le présent.  On découvre un peu de l'Histoire, le souvenir douloureux de la seconde guerre, résistance et occupation, épuration.  Il ne faut pas se fier aux apparences.

C'est bien documenté, passionnant, addictif.  Les pages tournent toutes seules. Une réussite.

Un coup de coeur  ♥

Foncez ! c'est vraiment top.

Les jolies phrases

Ta mère a tant souffert par ma faute que tu ne dois pas lui en vouloir de ne pas savoir te montrer son amour.

Immense sensation de néant pour Elsa, qui parvenait à contenir ses larmes, mais pas la morsure de la douleur.

Et toi , Tu n'es jamais tombée amoureuse ? Tu ne t'es jamais dit que la personne que tu aimais comptait plus que l'avis de ta famille ou les convenances sociales ?
-Non ! hurla Elsa. Non ! Jamais !
-Alors, tu n'as jamais été amoureuse comme Rose l'a été ! répliqua Léontine avec dureté. Ecoute-moi avant de la juger ! Ne la juge pas comme elle l'a été dans le passé !

On jugeait moins les personnes que des actes contre la résistance.


jeudi 10 mai 2018

Les soeurs de Fall River - Sara Schmidt

Les soeurs de Fall River    -   Sarah Schmidt



Payot/Rivages
Traduit de l'anglais (Australie) par Mathide Bach
Parution : 07 mars 2018
Pages : 360
Isbn : 9782743643119
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur

« J’ai regardé Père. Touché sa main en sang… » 

Le 4 août 1892, à Fall River (Massachussetts), Lizzie Borden découvre son père et sa belle-mère sauvagement assassinés. Très vite, son attitude oriente les soupçons. Sa fragilité la rend-elle coupable pour autant ? Et comment une telle violence a-t-elle pu surgir dans une ville si paisible ?

 D’après une histoire vraie, Sarah Schmidt a fait un roman fascinant, réinventant l’un des crimes les plus célèbres d’Amérique. Elle plonge dans les secrets d’une famille, mettant à nu la relation bouleversante de deux sœurs, Lizzie et Emma, leur besoin d’indépendance aux prises avec les carcans de l’époque. Au-delà du fait divers, ce conte hypnotique lève le voile sur la part d’ombre de chacun.


Sarah Schmidt vit à Melbourne, où elle travaille dans une bibliothèque. Devenu un best-seller dans plusieurs pays, Les Sœurs de Fall River est en cours d’adaptation pour le cinéma et la télévision.

Mon avis

Sara Schmidt pour son premier roman s'empare d'un fait divers qui a secoué les États-Unis et défraie toujours la chronique.  Une affaire non résolue qui se passe dans la ville de Fall River en 1892.

En effet, le 4 août 1892, Lizzie Borden découvre le corps sans vie de son père et celui de sa belle-mère, ils ont été sauvagement assassinés à coups de hache. Fait troublant, les portes  étaient fermées de l'intérieur.  Dans la maison se trouvaient Lizzie, la fille cadette, 32 ans et Bridget, la bonne irlandaise.

Personne n'a rien vu, rien entendu.

Lizzie Borden est un peu fragile émotionnellement, elle fait donc une suspecte idéale mais est-elle réellement coupable ?

Il s'agit ici d'un premier thriller psychologique remarquable pour un premier coup d'essai.

Sara Schmidt a choisi d'en faire un roman choral ou chronologiquement à tour de rôle chaque protagoniste s'exprimera.  On entendra Lizzie qui la première découvre les corps mais aussi sa soeur aînée Emma qui était absente lors du drame, Bridget la bonne qui est à leur service depuis sept ans et Benjamin amené par John l'oncle des filles Borden.

L'ambiance est glauque, poisseuse, à la hauteur de ce crime violent.  On sent presque l'odeur du sang, l'atmosphère lourde de la maison.  On se rend très vite compte que la vie n'était pas simple, les relations complexes et tendues.  Chacun a sa part d'ombre, des raisons peut-être d'avoir voulu passer à l'acte.

Les personnages sont vraiment aboutis, quelle précision psychologique.  Bravo, une plume à suivre.

Au fil de l'écriture, Sara Schmidt nous dévoile la face cachée de chacun, elle distille avec adresse de petits éléments nous permettant de nous faire notre propre opinion sur ce mystérieux drame.

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

Qui sait ?  J'aime me dire que je les aide avant même qu'elles aient compris qu'elles avaient besoin de mon aide.

Malheureusement, la vie prend parfois de tristes chemins. On n’a pas toujours tout ce qu’on veut quand on veut. Tu verras, un jour tu comprendras.

Comment pouvait-on consoler quelqu'un d'un malheur inconnu ? 

Par expérience, je savais qu'on ne pouvait jamais tout avoir.  

J'avais envie de leur dire : "Oh que vous seriez surpris du peu de bruit que fait une vie en se finissant"

dimanche 6 mai 2018

Un arbre, un jour ... Karine Lambert

Un arbre, un jour ...

Karine Lambert




Calmann Levy
Parution : le 02 mai 2018
Pages : 264
ISBN : 978-2-7021-6324-5
Prix : 17.50 €



Présentation de l'éditeur

Du haut de mes trente-deux mètres,
je les regarde vivre sur la place du village.
Depuis cent trois ans, je partage leurs nuits et leurs jours,
j’effeuille leurs amours et parfois j’envie leurs cris de joie.


En ce matin de printemps, un avis d’abattage est cloué
sur le platane centenaire qui ombrage ce village de Provence.
Entraînés par un petit garçon effronté, sept habitants s’unissent
pour découvrir qui souhaite la mort du géant.
Ensemble, ils combattent cette sentence absurde,
tandis que l’arbre les observe et vibre avec humour et philosophie
au rythme de leurs émotions et de leurs conflits.
Qui l’emportera… le pouvoir ou la solidarité ?
Aux premiers jours de l’été, Clément, Suzanne, Fanny
et les autres ne seront plus les mêmes.

« LE ROMAN QUI CACHE UNE FORÊT D’ÉMOTIONS. »
Pascal Laurent, librairie Filigranes Corner

L'auteure

Karine Lambert



Karine Lambert est une photographe belge. Ses clichés sont de minuscules instants essentiels : éclats de rire, de sensualité, de fragilité, de vérité. Dévoreuse de livres, elle a toujours rêvé de partager sa passion pour les mots. D’une façon ou d’une autre, avec des images ou des phrases, elle raconte ce qui la touche.

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes a remporté en 2014 le Prix Saga Café qui couronne le meilleur premier roman belge.

Le second publié en mai 2016 est "Eh bien dansons maintenant"

Source : Goodreads

Illustration musicale :

Je ne pouvais m'empêcher d'avoir cette chanson en tête lors de la lecture, alors je partage...
Francis Cabrel.



Mon avis

Quel bonheur de retrouver la plume toute en émotion de Karine Lambert.

Direction dans un petit village du sud de la France, cela fait plus d'un siècle que le platane trône au milieu de la place.  Du haut de ses trente-deux mètres, il est témoin de la vie du bourg.  Nous sommes le 1er mars, le printemps approche.

François Lebrun l'ouvrier communal plante deux clous dans son écorce, il ne fait qu'exécuter les ordres : un avis qui signale que le 21 mars, jour du printemps, le platane sera abattu !

Ce message ne reste pas longtemps en place.  Clément Pujot, un gamin du village l'arrache dépité.
Ce n'est pas possible ! Pas l'arbre !  Il va du haut de ses dix ans se démener pour sauver l'arbre.

Petit à petit un comité de soutien se constitue, c'est l'occasion de découvrir la petite communauté villageoise et de créer des liens, une vraie solidarité !

Sur la place, il y a Suzanne qui vient de reprendre le bar PMU de sa tante, et qui au delà de ses problèmes personnels (l'accident de Joe et son absence) et se problèmes financiers va organiser le comité de défense de l'arbre.

Il y a les soeurs Bonnefay, nonagénaires , cabossées par la vie, qui vont aussi se livrer au combat, quitter leur isolement pour participer à la vie de la communauté.

Raphaël  l'indécis, incapable de faire des choix, quittera-t-il son psychiatre pour enfin avancer ?

Fanny est styliste culinaire, ses amours sont compliquées.

François le vendeur d'artichauts qui fument des joints pour oublier sa solitude sera t-il spectateur ou acteur ?

Il y a aussi le voyageur de retour au village...


L'arbre sera le centre des préoccupations de chacun.  On chanterait bien "Auprès de mon arbre, je vivais heureux...

L'originalité de ce récit réside dans le fait que l'arbre est un personnage comme les autres, lui aussi parfois empreint de solitude et il parle, il s'exprime tout au long du récit.  J'ai un peu pensé à Didier van Cauwelaert "Le journal intime d'un arbre" à la lecture mais de très loin car là aussi l'arbre mort s'exprimait.

On apprend des tas de choses sur les arbres et leurs vies, leurs amours, leurs nuits.

La solitude est au centre du récit, l'arbre rapprochera certains, ils deviendront solidaires.

Quelle jolie plume, bienveillante, sensible.  L'écriture est poétique, très belle.  La construction est chronologique, très vivante, elle nous livre les points de vue des habitants du bourg.  C'est aéré, la cohésion est parfaite.

J'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, rapide, fluide.  Lisez-le c'est un remède contre la morosité, ce récit est original et procure de belles émotions.

Ma note : ♥


Les jolies phrases

Pour lui, la vie ressemble à ces restaurants japonais où les sushis et les sashimis défilent sur un tapis roulant : le temps de choisir, le plat a disparu, des yakitoris et des teppanyakis surgissent, ce qui rend l'incertitude oppressante.

Tous accros aux billets de loto, cochent, grattent, espèrent.  La vie est-elle un jeu de hasard, tout est-il écrit à l'avance ou faut-il reconnaître la chance et la saisir ?  Elle n'a jamais acheté de ticket de loterie.

Les humains nous serrent dans les bras, nous écrivent des poèmes et des chansons, gravent des prénoms sur nos troncs, et nous acceptions sans broncher.  Nous leur offrons volontiers l'oxygène dont ils ont besoin.
Nous les arbres, nous avons également nos rêves, nos envies d'ailleurs, nos moments de solitude intense. Quelquefois, comme eux, nous titubons au bord de l'abîme.  Et les sapins ! Idolâtrés pendant trois semaines, ampoulés, enguirlandés, choyés, illuminés, couverts de cadeaux et quelques jours après, déposés, nus et morts, sur le trottoir.

Adeline pensait que l'arbre lui survivrait, comme un ami dont la présence semble tellement évidente qu'on n'imagine pas qu'il pourrait disparaître le premier. Ça l'aidait à accepter la perspective de pousser un jour son dernier soupir.

Ma tante Judith m'a souvent répété que rêver une autre réalité était préférable à la soumission.

Et si parfois les enfants réalisaient les rêves inconscients de leurs parents ?

Tout est un mouvement perpétuel.  Il y a toujours de l'espoir. Chaque matin est un nouveau départ. Vous savez, Suzanne, quand je me réveille au milieu du désert, la vie semble absente, mais, à elle seule, la lumière rasante sur le sable justifie d'être là.

Faut-il que quelque chose se brise pour nouer des liens ?

Avez-vous envisagé qu'en vous demandant de choisir, aucun de vos parents ne vous avait choisi ?


Du même auteur j'ai aimé

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samedi 5 mai 2018

Ils ont rejoint mon Everest à lire

Ils ont rejoint mon Everest à lire

Les romans pour commencer :





Ce sont les arrivées de la semaine.

Déjà en lecture le nouveau roman de ma compatriote Karine Lambert

Un arbre, un jour      Karine Lambert

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Calmann Lévy
Parution le 02 mai 2018
Pages : 264
ISBN : 978-2-7021-6324-5
Prix : 17.50 €

Présentation de l'éditeur

Du haut de mes trente-deux mètres,
je les regarde vivre sur la place du village.
Depuis cent trois ans, je partage leurs nuits et leurs jours,
j’effeuille leurs amours et parfois j’envie leurs cris de joie.

En ce matin de printemps, un avis d’abattage est cloué
sur le platane centenaire qui ombrage ce village de Provence.
Entraînés par un petit garçon effronté, sept habitants s’unissent
pour découvrir qui souhaite la mort du géant.
Ensemble, ils combattent cette sentence absurde,
tandis que l’arbre les observe et vibre avec humour et philosophie
au rythme de leurs émotions et de leurs conflits.
Qui l’emportera… le pouvoir ou la solidarité ?
Aux premiers jours de l’été, Clément, Suzanne, Fanny
et les autres ne seront plus les mêmes.

Je suis fan inconditionnelle de cette plume, sortie prévue aussi le 02 mai 

Je te protégerai    -  Peter May

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Rouergue Noir
Traducteur : Ariane Bataille
Parution : 02 mai 2018
416 pages
ISBN : 978-2-8126-1526-9
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur

Niamh Macfarlane a créé avec son mari Ruairidh une entreprise de textile renommée, Ranish Tweed. Alors qu’ils séjournent à Paris, Niamh est tourmentée par de mauvais pressentiments, l’intuition que son mari la trompe avec Irina Vetrov, la séduisante et célèbre créatrice de mode. Oui, à chaque instant, elle a la sensation de perdre un peu plus cet amour qu’elle croyait destiné à durer toute une vie et pour lequel elle a tout bravé, à commencer par l’hostilité de sa propre famille. Un soir, place de la République, l’impensable se produit. Ruairidh meurt sous les yeux de Niamh dans l’explosion de la voiture d’Irina. Accablée par la douleur, Niamh ne tarde pas à comprendre qu’elle est la principale suspecte. Alors que le lieutenant Sylvie Braque progresse dans son enquête, Niamh sombre dans les souvenirs dévorants de son amour perdu et de son île Atlantique. Avec la certitude écrasante que quelqu’un l’observe en secret, prêt à tuer encore.
Une nouvelle fois, Peter May nous emporte vers l’archipel des Hébrides, dans ces îles jetées au paroxysme des tempêtes où les sentiments paraissent s’exacerber. Et si Niamh a dû lutter contre la noirceur du cœur des hommes pour imposer son amour pour Ruairidh, elle va devoir, jusque dans l’extrême solitude des éléments déchaînés, affronter un indémasquable assassin.

Je viens de lire les deux précédents, sortie aussi début mai

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?   -  Mathieu Menegaux

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?

Grasset
Parution : 02/05/2018
Pages : 234
Prix : 18.00 €
EAN : 9782246817437

Présentation de l'éditeur

Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.

Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.

Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.

Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.

A force de voir passer de beaux billets j'ai été tentée

La petite fille sur la banquise        Adélaïde Bon

La petite fille sur la banquise

Grasset
Parution : le 14/03/2018
Pages : 256
ISBN : 978 2 246 81589 1
Prix : 18.50 €

Présentation de l'éditeur

« J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc.
Après, la confusion.
Année après année, avancer dans la nuit.
Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j’ai traversé mon passé, j’ai confronté les faits, et phrase après phrase, j’ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre.
Page après page, je suis revenue à la vie. »
A. B.
Quand ses parents la trouvent en pleurs, mutique, Adélaïde ignore ce qui lui est arrivé. Ils l’emmènent au commissariat. Elle grandit sans rien laisser paraître, adolescente puis jeune femme enjouée. Des années de souffrance, de solitude, de combat.
Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert l’affaire dite de l’électricien, classée, et l’ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. On lui attribue 72 victimes mineures de 1983 à 2003, plus les centaines de petites filles qui n’ont pas pu déposer plainte.
Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde affronte le violeur en série qui a détruit sa vie.

Avec une distance, une maturité et une finesse d’écriture saisissantes, Adélaïde Bon retrace un parcours terrifiant, et pourtant trop commun. Une lecture cruciale.

Une partie des entrées bd et romans graphiques



Sourire 58   -  Patrick Weber-Bauduin Deville

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Anspach 
Parution :  22/03/2018
Pages : 64
ISBN : 9782960210408
Prix : 14.50 €

Présentation de l'éditeur

Expo 58. A l'ombre de l'Atomium, la Belgique donne rendez-vous au monde. Kathleen est fébrile, en devenant hôtesse, elle sera l'un des précieux sourires de l'Exposition Universelle... La jeune femme est loin de deviner qu'elle va se retrouver au coeur d'une affaire d'espionnage qui engage les grandes puissances en pleine guerre froide.

Il me donnait tout simplement envie celui-là 

Ceux qui restent   -  Busquet . Xoul

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Delcourt
Parution : 21/03/2018
Scénariste : BUSQUET Josep
Coloriste : XÖUL Alex
Illustrateur : XÖUL Alex
Série : DES GENS ORDINAIRES
Collection : HORS COLLECTION
Pages : 128
Isbn : 9782756052625
Prix : 19.99 €

Présentation de l'éditeur


Un soir, le jeune Ben part sauver un royaume magique d’un terrible danger, de la même manière que Wendy et ses frères suivirent Peter Pan. Mais ce qui ressemble à un rêve d’enfant se transforme en cauchemar pour ses parents.

Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer

la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

Primé à Angoulême

Ces jours qui disparraissent   -  Timothé Le Boucher

Ces jours qui disparaissent

Glénat
Collection 1000 feuilles
Parution : le 13/09/2017
Pages : 192
ISBN : 9782344013328
Prix : 22.50 €

Présentation de l'éditeur

Une course poursuite contre le temps perdu...

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

Au-delà d’un récit fantastique totalement prenant, Ces Jours qui disparaissent, roman graphique en couleurs de 200 pages à la personnalité très marquée, pose des questions fortes sur l’identité, la dualité de l’être et le rapport entre le corps et l’esprit. Tout du long, le lecteur se demande si Lubin disparait vraiment ou s’il est atteint de schizophrénie. Évidemment, le jeune et talentueux Timothé Le Boucher, qui signe ici son troisième ouvrage, se garde bien d’y répondre... Et si ce personnage qui en chasse un autre était tout simplement l’homme adulte qui, petit à petit, chasse l’enfant qui est en lui ?

Un petit dernier pour terminer ☺

Est-Ouest        Pierre Christin et Philippe Aymond

Est-Ouest - Est-Ouest

Dupuis   Aire Libre
Parution le 04/04/2018
Pages : 136
ISBN : 978-2-8001-6799-2
Prix : 26 €

Présentation de l'éditeur

Du grand Ouest américain aux territoires les plus reculés du bloc communiste, le scénariste Pierre Christin raconte ses voyages des deux côtés du rideau de fer, chose rare du temps de la guerre froide. Il évoque ses rencontres avec d'éminents auteurs tels que Jean-Claude Mézières, Enki Bilal et Jean Giraud - dit Moebius.
Entre Flower Power et catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le scénariste de "Valérian et Laureline" se dévoile au fil d'une histoire subjective de la seconde moitié du XXe siècle, tracée en parallèle de son parcours artistique admirablement mis en images par Philippe Aymond.