mercredi 28 octobre 2020

Détox livre 2 l'acceptation Jim & Gallo

 Détox 2    L'acceptation      Jim &Antonin Gallo


Bamboo   Grand Angle
Parution : 30 septembre
Scénario : Jim
Dessin : Antonin Gallo, Jim
Pages : 88
Isbn : 978-2-81897-536-7
Prix : 16.90 €


Présentation de l'éditeur

“Il y a-t-il une vie sans la 4G ?”

Matthias d’Ogremont est un Parisien ultra-connecté, ultra stressé... Sur un coup de tête, il décide de tracer la route et de partir en stage DÉTOX. Ce bourreau de travail se retrouve alors en terrain hostile… en pleine nature… Perte de repères, résistance, colère, abandon… Si on s’arrête, est-ce que le monde s’arrête ? DÉTOX est le récit passionnant d’un homme au bord du burn-out, qui va tenter un décrassage forcé. C’est la nécessité de ralentir la course, de s’accorder une pause, une respiration… Mais si d’un claquement de doigts on se prive de toutes nos urgences artificielles, que reste-t-il à vivre ? Quelles peurs se réveillent ? Et quel sera le chemin vers l’acceptation ? Pendant dix jours : pas d’ordinateur. Pas de téléphone. La nature jusqu’à perte de vue. Courage.

Jim


Jim, de son vrai nom Thierry Terrasson, est né en 1966.

Diplômé de l’école de bandes dessinées d’Angoulême, il intègre un studio d’animation (Média 6) en temps que storyboarder.

Jim publie sous les noms de Téhy des récits de genre fantastique et sous le nom de Jim des comédies principalement axées sur les rapports amoureux.



Incontournable du 9ème art, Jim a publié plus de 90 bd et romans graphiques, et vendu plus d'un million deux cents mille albums : Une nuit à Rome (meilleur album 2013 au festival international de Nîmes), Petites Éclipses (Shérifs d’Or, prix Chambéry 2007), Une petite tentation (prix RTL avril 2013), L'invitation, Tous les défauts des mecs...

Plusieurs de ses romans graphiques sont actuellement en cours d’adaptation cinéma : Une nuit à Rome coécrit avec Jacques Malaterre, mais aussi L’invitation réalisé par Michael Cohen, Petites Eclipses réalisé par Sylvain Monod…

Parallèlement, Jim développe des scénarios originaux, Le mariage d'Emma et moi, Un week-end à Londres, Les femmes de mes amis (également coécrit avec Jacques Malaterre). Réalisateur de nombreux courts métrages, (George, diffusé sur Canal +, Sci-fi, 13ème rue…) le tout dernier court achevé produit par In Efecto, Vous êtes très jolie mademoiselle, vient d’être sélectionné au Short film Corner de Cannes 2013.

Jim a également écrit avec l’humoriste Cartouche le one-man show : Les hommes sont des femmes comme les autres et la pièce de théâtre L'invitation.


Antonin Gallo



Antonin Gallo est illustrateur et auteur de bande dessinée. Après deux baccalauréats (Scientifique spé Math et Littéraire spé arts) ainsi qu’un DEUG en arts plastiques, il préfère l’autodidaxie et travaille dans l’illustration pour quelques multinationales. En parallèle, il mène à terme des projets personnels d'édition qu’il expérimente dans la narration numérique le monde de Minito et à l’ombre du cerisier

Source  Grand Angle

Mon avis

Souvenez-vous Antonin, intox du travail, a soudainement rejoint ce stage de détox de dix jours suite au décès de son assistante.  Lui aussi a tout pour faire une crise cardiaque.

A son arrivée au stage il est dans le déni le plus total.

On le retrouve en pleine nature.  Notre bon Matthias, le rebelle, la grande gueule va petit à petit se faire au jus de romarin, au jeûne et malgré son égoïsme, sa marque de fabrique, son dos qui lâche... il va progressivement prendre conscience d'un trauma de son enfance. Mais avant d'en arriver là... vous ne serez pas au bout de vos surprises, il y aura des rencontres un peu "particulières".

On est dans le registre de la comédie mais pas tant que cela en fait, ce récit n'est-ce pas pour révéler ce que l'on est chacun?  Nous avons tous besoin de lâcher prise, de prendre du temps, ce que l'on ne fait pas toujours en général.  Arrêtons de courir et lâchons prise !

C'est parfois un peu loufoque, drôle mais juste.  J'ai aimé le graphisme magnifique et les couleurs tendres, orangées.  Un chouette album qui termine ce dyptique.

Les jolies phrases

Ah, l'ironie... rabaisser par le rire toute idée nouvelle plutôt que de se laisser questionner.. la belle couardise du vingt-et-unième sièle ...

Finalement la nature loin de la nature humaine... c'est encore ce que je préfère.

Le corps aime l'attention qu'on lui porte... La maladie entre quand tu n'es pas dans ton corps, si tu habites trop le passé et le futur.

On ne choisit pas son avenir... mais on choisit nos habitudes, et nos habitudes décident de notre avenir.

Des mêmes auteurs j'ai lu

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dimanche 25 octobre 2020

Il a rejoint mon Himalaya à lire



Il a rejoint mon Himalaya à lire




Un seul livre cette semaine, un livre très attendu. J'espérais le rencontrer au Festival Iris Noir malheureusement annulé pour les raisons que l'on connaît (Covid :-( )







Impact Olivier Norek























Michel Lafon
Parution : 22/10/2020
Pages : 350
Isbn : 9782749938646
Prix : 19.95 €

Présentation de l'éditeur


Par le lauréat du Prix Maison de la presse, Grand prix des lectrices de Elle - policier, Prix Le Point du polar européen

Face au mal qui se propage
et qui a tué sa fille

Pour les millions de victimes passées
et les millions de victimes à venir

Virgil Solal entre en guerre,
seul, contre des géants.


Belle semaine à tous.

BELGIQUES - Michel torrekens

 Belgiques - Michel Torrekens
















Ker Editions
Parution : 21 octobre 2020
Pages : 132
Isbn : 9782875862778
Prix : 12 €

Présentation de l'éditeur


Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est
un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues… Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d’une Belgique : celle de l’auteur.
Trois recueils sortiront chaque année. Trois recueils et donc trois auteurs.

Sommaire

L’homme de Spy
Diable rouge un jour, diable rouge toujours
Sémira, née le 25 décembre 1999
Le roi, le journaliste et l’homme-léopard
Mort d’un roi
Un jour, mon père viendra
Un père à la mer
Une soirée en enfer
La vie ratée de Johnny
Place des Palais
Nationale 4
Gembloux, ma planète
Un divorce à la belge
Academia (Belgica)
Bye, bye, Belgium

L'auteur














Photo Zellige éditions

Né à Gembloux où il vit, Michel Torrekens est journaliste et auteur. Il publie régulièrement dans "Le carnet et les instants", revue présentant en autres le monde littéraire belge.

Bibliographie :


L'herbe qui souffre, Mémor, Bruxelles, 1997
Foetus fait la tête, L'Age d'Homme, Lausanne, 2001
Le géranium de Monsieur Jean, roman, coll. Vents du Nord, Zellige, 2012
Papas, nouvelles , coll. Vents du Nord , Zellige, 2016
L'hirondelle des Andes  , Coll. Vents du Nord, Zellige , 2019

Il a obtenu le Prix Saga Café du meilleur premier roman francophone qui récompense un premier roman francophone.


Mon avis

Gembloutois, navetteur, Michel Torrekens donne lui aussi sa vision de la Belgique dans cette collection "Belgiques" chez Ker éditions, où carte blanche est donnée à un auteur sur ce qui représente notre plat pays.

A travers une série de nouvelles et de courts récits, Michel Torrekens nous fait réfléchir, prendre du recul sur notre passé, il se projette dans l'avenir, dans un monde sans frontières, une utopie.  Il rêve de changement, d'intégration.

A la frontière entre fiction et réalité, il nous propose des histoires aux chutes insolites et inattendues.

Ses thèmes les plus récurrents : la monarchie, la royauté, l'architecture, les trains... notre passé, notre patrimoine, nos musées, l'art et bien entendu le pouvoir des livres.

Il nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, de Spy et son célèbre "Homme", en Afrique, à Matongé, Mons, Rome en résidence d'écritures.

Il nous parle de sa ville , Gembloux, la cité aux trois clés, ses coutelliers, son beffroi et sa N4 illuminée de vitrines particulières.  

On visite avec lui quelques musées ; celui de Spy, des sciences naturelles, l'Africa Museum, le musée des arts anciens.  On y rencontre Verlaine et Rimbaud, Johnny et un très bel hommage à Jacques Dedecker.

Un très beau voyage , une jolie plume liant le réel et l'imaginaire. Une très belle découverte pour voir notre pays sous d'autres facettes.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Amour toujours, eh oui, il était un indécrottable romantique.  Il souriait intérieurement : l'amour n'a pas d'âge et il rajeunit ses adeptes.  Á cinq, dix, quinze, vingt, vingt-cinq ou soixante ans, tomber amoureux plonge dans un état originel, une aube des temps, une nouvelle naissance, une jouvence.  Pourquoi tomber d'ailleurs alors que l'on s'envole, que l'on est emporté dans une autre dimension et que tout semble possible?  Le contraire absolu d'une chute.

Son père lui parlait souvent de ce roi qu'il avait vu naître et grandir, de ce fils orphelin, de cet enfant triste qui voulait être comme "les garçons d'en face", de ce prince exilé par l'ennemi, de cette époque terrible où l'opprobre subi par son père fut lavé par le fils, de ce roi sans héritier, déshérité par la nature.

Tout passe sauf le passé.  J'étais perplexe.  Sachant que le futur devient le présent et que le présent glisse dans le passé, cette phrase nous incitait à penser que rien ne se passe, alors que tout, dans ma vie, m'incitait à penser le contraire. 

Le plus important dans la vie , c'est l'enfance.

Même le sexe n'est pas égal.  Pour les bourses moins fournies, une maisonnette plus simple destinée à la conciergerie à l'origine ?

À défaut de l'amour qui ne se commande pas, ni ne se décrète, elle aura obtenu la vérité, vérité juridique, légale, officielle.  Sa vérité.

Un ami m'a un jour dit que le hasard n'était finalement que ce que nous voulions bien en faire.

La réalité mondiale ressemblait au scénario d'un film catastrophe ou d'une dystopie romanesque.  L'épidémie tuait moins que la faim, chaque jour et depuis toujours, songeait Iblis, mais pour la première fois, le monde paniquait.

Les humains étaient rendus à la vérité de leurs existences, à leur matérialité, à leur fragilité.

Quand les musées rouvriraient-ils ? Quel sens une peinture ou une sculpture avait-elle s'il n'y avait plus personne pour l'admirer? Les artistes créeraient-ils encore sans possibilité d'exposer leurs réalisations? Façonnaient-ils leurs oeuvres pour eux-mêmes ou pour un public?  

La fin d'un homme, c'est la fin d'un monde et pour lui, la fin du monde. 

Tout était écrit depuis longtemps dans le Brueghel l'ancien mais les hommes avaient désappris à lire.

Du même auteur j'ai lu

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mercredi 21 octobre 2020

Un papillon sur la banquise - Brigitte Guilbau ♥♥♥♥♥

 Un papillon sur la banquise  -   Brigitte Guilbau

















Lilys Editions
Parution : octobre 2020
Pages : 210
ISBN : 9782930848976
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur



Frédérique part pour l’Afrique avec la dernière lettre de son fils Manuel. 

Pourquoi s’envole-t-elle au pays des maisons sans adresse ?

Pour que les mots du mal qui la ronge sortent enfin.

Elle a appris trop tard le harcèlement qu’il vivait dans son établissement scolaire. Elle ignorait que le cauchemar commençait pour lui dès le réveil et que l’horreur prenait l’apparence de ses copains de classe. Que faire lorsque ces lieux de savoir et de vivre ensemble que sont les écoles deviennent ceux qui nous tuent ?

L'auteure
















« Petite fille, née en hiver d’un père d’origine bretonne et d’une mère ardennaise, j’ai affiché très rapidement un caractère trempé. Enfant, je voulais devenir Chef Apache, puis, en comprenant les spécificités ethniques et donc les limites à mes souhaits, j’ai voulu être cow-boy (genre Danse avec les loups ou Little Big Man). A l’adolescence, je voulais partir avec le Commandant Cousteau. Trente années après St Germain des Prés, je revendiquais l’Existentialisme… Aujourd’hui, je suis professeur de cours philosophiques. Active et engagée, mes objectifs pédagogiques et mes travaux d’écriture sont tous tournés vers la réflexion humaniste, certains avec force et désespoir, d’autres avec l’ironie propre aux vrais sensibles, mais toujours avec le même dénominateur commun : la condition de l’Homme, ses espoirs et ses doutes. Cet engagement citoyen m’a valu la reconnaissance de mes pairs avec le prix de la Fondation Reine Paola pour l’enseignement, le prix de la CommunautéFrançaise de Belgique et le prix Condorcet-Aron. En 2003, j’ai été Namuroise de l’Année et reconnue « Enseignant Entreprenant ». Certaine que les actes prévalent sur les paroles, j’affiche une attitude résolument anti-tartuffe en disant qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une face de Carême pour défendre la vie car défendre la vie c’est l’aimer. J’apprécie cette réflexion de Zola qui dit qu’il faut savoir où on veut aller, que c’est bien…mais que c’est encore mieux de montrer qu’on y va et il m’arrive d’ajouter « Tu veux du bonheur? Donne du bonheur… »

Source Lilys éditions

Mon avis

Je découvre enfin la plume de Brigitte Guilbau, l'une des auteures phares de la maison d'éditions belge Lilys, et je peux d'ores et déjà vous dire qu'elle mérite bien le surnom que l'on lui donne "agitateur de neurones" car elle suscite du questionnement à la lecture de son roman.

Frédérique part pour l'Afrique sans adresse avec la dernière lettre de son fils.  Elle est dévastée suite au décès de son fils.  Comment ne pas l'être ?  Comment  imaginer la douleur de perdre un fils ?   Manuel avait 17 ans, il semblait fort, résistant, il semblait tout accepter mais peut-on tout accepter ?  Non, bien sûr.

Un moment il tient, mais sur la durée c'est impossible, victime de harcèlement, il préfère passer de l'autre côté.

Comment une mère peut-elle accepter cela ?  Frédérique décide de faire vivre aux harceleurs ce que son fils a subi.. oui mais cela veut dire passer de l'autre côté de la barrière.

Je vous l'ai dit, Brigitte Guilbau n'est pas agitateuse de neurones pour rien, on s'interroge sur la place du doute, sur la relation mère-fils, sur l'amour filial, la maternité, sur notre société, les réseaux sociaux, ses dérives, sur ce qu'il faut faire ou non pour être accepté par les autres.  Qu'en est-il du comportement des harceleurs et du vécu des harcelés, sur la relation du dominant-dominé. 

Multitudes de sujet proposés, dont le deuil.  Ce n'est pas pour rien qu'un dossier pédagogique accompagne ce livre si on le souhaite.  Un récit destiné à mon sens aux jeunes de 15/16 ans.

Brigitte Guilbau écrit magnifiquement bien.  Son écriture, on la ressent au fond du coeur, au fond des tripes.  C'est fluide, l'écriture est percutante, tranchante remplie d'empathie et de résilience.

Se lit très vite.  Je suis heureuse d'enfin avoir lu cette plume belge de talent.

Merci lily's.

Ma note : ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases

Elle se dit que se battre contre le malheur, ça pourrait ressembler à du bonheur.

Vous les Blancs, le temps vous tue.  Vous n'arrêtez pas de lui courir derrière en espérant trouver quelque chose que vous ne nommez pas parce que vous ne savez pas ce que vous cherchez.

On fait les meilleurs fanatiques avec ceux qui ne doutent pas, ne l'oublie jamais.

Douter est un acte de la pensée, et penser, c'est exister.  Au coeur même du doute s'affirme donc une réalité très simple qui s'appelle la liberté.

Douter, c'est oser dire qu'on est fragile et qu'on peut se tromper.

Montrer qu'on doute et qu'on réfléchit est une preuve d'intelligence.

S'ouvrir pour enfanter, c'est vivre une explosion.  Perdre cet enfant, c'est imploser.

À force de ne pas parler, on finit par se taire.

Le bonheur, c'est quand vos pensées, vos paroles ou vos actes sont en accord.

On ne se donne jamais en spectacle quand on montre ses émotions.  C'est quand on les cache qu'on se donne en spectacle.

Parce que l'amour, se disait-elle, quand il n'a plus de puissance et de raison d'être, c'est comme bouffer du carton en disant que c'est du steak.  C'est dégueulasse, et on se demande si finalement on a, un jour, eu quelque chose dans son assiette.

Le monde semble ainsi fait, se dit-elle, morose : chacun est d'accord sur le fait qu'il est impératif qu'il change pour survivre et être plus équitable, mais personne ne veut modifier ses comportements ; tout le monde vante le partage, mais personne n'accepte de fractionner ses petits avantages ; tout le monde veut la justice mais recherche des privilèges.

Le bonheur n'existe qu'en nous, et nulle part ailleurs.  Nous avons beau courir pour le trouver dans des instants fugaces avec les autres, s'il ne croît pas en nous, il est un leurre.  La porte ne s'ouvre que de l'intérieur.


dimanche 18 octobre 2020

Il a rejoint mon Himalaya à lire

 Il a rejoint mon Himalaya à lire


Merci aux éditions Belfond qui vont me permettre de découvrir la plume d'Harlan Coben.  

Jamais trop tard pour bien faire , il me tente vraiment beaucoup.


L'inconnu de la forêt      Harlan Coben













Belfond
Traduit de l'américain par Roxane Azimi
Parution : 15 octobre 2020
Pages : 432
ISBN : 9782714480866
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur

Vous ne savez rien de lui, il est pourtant votre seul espoir.
Le maître incontesté du thriller vous emmène en balade sur le chemin d’une nouvelle insomnie… Prenez garde à ne pas vous perdre.

WILDE.
SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.


Il a grandi dans les bois. Seul.
Aujourd’hui, c’est un enquêteur aux méthodes très spéciales.

VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.

Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu.
Le seul à pouvoir les délivrer d’un chantage cruel. D’un piège aux ramifications inimaginables.

Mais ne le perdez pas de vue.

CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

Les roses fauves Carole Martinez

Les roses fauves   -     Carole Martinez 
















Gallimard - La blanche
Parution : 20 août 2020
Pages : 352
Isbn : 9782072788918
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

«Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m’a raconté une coutume espagnole dont j’ignorais l’existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu’elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l’interdiction absolue de l’ouvrir. J’ai métamorphosé cette lectrice en personnage.

Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l’histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés?

Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir…»

C. M.

Carole Martinez, formidable conteuse, libère ses personnages morts et vivants et nous embarque à leur suite dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

L'auteur

Photo Catherine Hélie © Éditions Gallimard

Carole Martinez, née en 1966, est romancière et professeure de français. Son premier roman, "Le cœur cousu", a été récompensé par quinze prix littéraires, dont le prix Renaudot des lycéens en 2007. Son deuxième roman, "Du domaine des murmures", a lui aussi été acclamé par la critique. Publié en 2011, il a notamment reçu le prix Goncourt des lycéens. En 2016, Carole Martinez a publié "La Terre qui penche", qui témoigne a nouveau de son immense talent, de cet univers si singulier, entre magie et songe, sensualité et violence, petite et grande Histoire.

Source : Gallimard

Mon avis

L'envie était grande de retrouver la plume de Carole Martinez mais je dois avouer avoir eu beaucoup de mal à rentrer dans cette histoire, un peu confuse, emmêlée.  C'est un labyrinthe d'histoires, on le comprendra plus loin lorsqu'enfin la magie opère.  Mais cette confusion comme celle des sentiments des héroïnes de ce roman n'est sans doute pas fortuite.

Carole Martinez nous emmène toujours dans un univers particulier, dans le merveilleux, entre le conte initiatique et fantastique, dans un monde onirique.

Je dois bien avouer après la lecture que la construction de ce roman est géniale, ce n'est pas une histoire qu'elle nous conte mais plusieurs récits qui s'imbriquent les uns dans les autres.  Un récit qui nous parle de la transmission, de l'héritage familial.

La narratrice (Carole Martinez ?) est écrivaine, elle s'installe pour trois mois recluse dans un chalet au fond d'un parc dans le petit village breton de Trébuailles.

Pourquoi cet endroit ?  En 2009, une carte postale l'avait hypnotisée, une église, la poste et entre les deux, la silhouette d'une femme qu'elle imagine boiteuse.  C'est ce qui l'amène ici.  Á la recherche de cette femme et de l'inspiration.  Elle se rend au bureau de poste où les pipelettes (parasites pour moi) sont réunies et elle rencontre Lola Cam, la postière qui étrangement boîte.  Voilà la femme de son roman.

Elles se rencontrent, deviennent amies, Lola l'invite à dîner et elle lui parle d'une tradition ancienne originaire d'Espagne, la terre de ses ancêtres ;  les coeurs cousus.  Elle en possède cinq.  Ces coeurs, c'est l'héritage des femmes, des filles..  Lorsqu'au crépuscule de leur vie, elles se sentent partir, la mort venir, elles inscrivent leurs secrets, des petits mots sur des petits papiers enfermés à l'intérieur de ces coussins , ces coeurs cousus qui enferment à jamais leurs secrets.

Un coeur s'est éventré et Lola et la narratrice décident de les lire et de connaître la vie de l'aïeule de Lola, Ines Dolores.  Elles y découvrent sa vie sous forme de petits papiers numérotés et .. un petit sachet de graines de roses.

Des roses envahissantes au parfum entêtant, magnifiques et toxiques.  
Des roses magiques et voraces nées du sang, dévoreuses de jardin ..
Des roses qui poussent avec la découverte de la sensualité, de la sexualité, de l'envie, de l'amour...

Ces roses pousseraient-elles encore après tant de temps?   Lola et la narratrice décident de les semer, peut-être comprendront-elles pourquoi toutes les aïeules de Lola ont joint Dolores à leur prénom ?

L'histoire se répètera-t-elle ?

Lola qui menait une vie simple, austère, solitaire se métamorphose à la lecture de ces lettres et l'éclosion des roses et de leurs parfums.

D'autres personnages entreront en scène, mais quelle est la part d'imaginaire et de fiction.  Le lecteur est toujours à la frontière entre les deux.  

C'est aussi du processus de création et de l'écriture que nous parle Carole Martinez.

L'écriture est foisonnante, parfois cacophonique mais aussi belle, sensuelle, poétique.  Elle nous entraîne dans le domaine du merveilleux, du fantastique et nous promène sans cesse à travers le temps.

Un roman découvert grâce à Babelio, Masse critique et les éditions Gallimard que je remercie.

Ma note :  7.5/10

Les jolies phrases

Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? 

Je crois aux histoires de famille, de leur capacité de vous hanter.

Avant la mort de ma mère, chaque fois que mon père abattait un arbre, il en replantait un nouveau pour maintenir l'équilibre du monde.

Contrairement à Lola, je ne pense pas qu'il y ait une frontière nette entre la réalité et la fiction.  Le roman surtout nous entraîne sur des territoires flous, il occupe les lisières.

C'est très décevant, le jardinage.  Je déteste attendre.
Ecrire un livre ne demande pas un peu de patience ?
Si, beaucoup, mais quand j'écris, je suis la terre, je couve mes personnages, je les sens grandir en moi.
Mes fleurs poussent aussi en moi, je les guette, parfois je les oublie, mais elles sont là, quelque part, au fond de mon jardin intérieur.

Aimer est un art éphémère et léger.

..un mot n'est rien que des lettres accrochées les unes aux autres.

Mais l'amour peut-il vraiment durer toute une vie, se réinventer constamment ?

Nous faisons nos choix en lisant, Lola sera un bouquet composé à partir de quelques mots écrits et de vos propres souvenirs, de vos matériaux intimes.  Elle sera notre oeuvre commune, notre enfant, conçue dans le mitan du livre où nous dormons ensemble, lecteur et auteure, mêlés dans un même nid de ronces. 

Comment écrit-on sa vie quand on touche à la mort, tout en sachant que personne ne la lira ? A-t-on envie de s'inventer une belle histoire avant de s'endormir pour de bon ? S'autorise-t-on tous les mensonges ? Ou au contraire essaye-t-on de coller au réel ?  Que choisit-on de raconter ?

Qu'il est difficile d'échapper à ce qu'on a connu enfant, à ce que nos parents, réels ou imaginaires, nous ont dessiné du monde !

Mon jardin m'a enseigné l'amour.  J'ai su devenir fleur pour attirer les bourdons, j'ai joui sous mes robes, comme une rose jouit des caresses du vent, comme elle s'ouvre aux petites pattes des insectes qui la butinent, et j'ai semé la vie sans me soucier jamais de mes enfants.  Je les ai abandonnés à un père idéal qui n'était pas le leur, comme on offre des graines à la terre.  Que pouvais-je faire d'autre ?  J'ai été élevée par un jardin.

C'est curieux tout de même de passer une grande partie de sa vie dans des fictions, avec des êtres invisibles.  Parfois ma raison ne tient plus qu'à un fil.  Il suffirait de presque rien pour que je reste perchée là-haut, envolée, la tête gonflée à l'hélium avec mes amis imaginaires.  Pourquoi redescendre si personne ne vous attend sur la terre ferme ? 

Je ne me souviens pas d'avoir souffert en la mettant au monde, certaines douleurs s'oublient, surtout quand on ne sait pas quoi en faire.






jeudi 15 octobre 2020

9603 Kilomètres L'odyssée de deux enfants Pomès-Marchetti

9603 Kilomètres L'odyssée de deux enfants Pomès-Marchetti


 

Futuropolis
Parution : 16/09/2020
Scénario : Stéphane Marchetti
Dessin : Cyrille Pomès
Pages : 128
Ean : 9782754825894
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

«Adil et Shafi sont deux cousins de 12 et 14 ans. Seuls, ils fuient la guerre en Afghanistan pour échapper aux talibans et à Daech. Sur la route, ils vont connaître l’enfer qu’ils voulaient fuir chez eux.
Un récit poignant, très documenté, basé sur de nombreux témoignages, qui aborde la problématique de ces enfants partis seuls pour fuir la guerre et la misère et qui se retrouvent isolés en France et en Europe.»


2014. Province de Khost dans le sud-est de l’Afghanistan.

Adil (12 ans) et Shafi (14 ans) essaient de mener une enfance normale malgré les attentats suicides qui ensanglantent régulièrement leur quotidien. La vie d’Adil bascule le jour où son père meurt. Kunzar, son oncle, un fondamentaliste religieux, l’envoie dans une école coranique. Là-bas, Adil apprend le maniement des armes et se prépare à mourir en martyr.

Le jour de l’attentat, le détonateur de sa ceinture d’explosifs ne fonctionne pas. Il est dès lors condamné à quitter le pays pour échapper à la mort. Il doit partir avec son cousin Shafi retrouver le frère de ce dernier installé en Angleterre…

Pour sa famille, ils auront une chance d’avoir une nouvelle vie, loin de cette folie. Commence alors pour les deux jeunes enfants, un périple de 9 603 kilomètres…

Stéphane Marchetti

Stephane Marchetti est né en 1978.
Stéphane Marchetti est auteur, réalisateur et producteur de documentaires. Il obtient avec Alexis Monchovet le prix Albert-Londres en 2008 pour leur film Rafah, chroniques d’une ville dans la bande de Gaza. 

En 2017, il réalise avec Thomas Dandois Calais, les enfants de la jungle, dont les nombreux témoignages d’enfants recueillis sur place aboutiront à son premier scénario de bande dessinée, 9603 kilomètres. Il écrit actuellement son premier long métrage de fiction.

Source : Futuropolis

Cyrille Pomès


photo BD Gest

Cyrille Pomès est né en 1979.
Diplômé de l'E.E.S.I d'Angoulême en 2003, il publie son premier album, À la lettre près, en 2005 (Albin Michel). En 2013, il rejoint Futuropolis avec Le Printemps des Arabes écrit par l’historien Jean-Pierre Filiu avec qui il collabore en suite pour La Dame de Damas (2015).
2019. Le fils de l’Ursari, d’après le roman de Xavier-Laurent Petit (Rue de Sèvres) est récompensé de nombreux prix dont le Prix jeunesse ACBD 2019.

Mon avis

C'est un sujet d'actualité.  L'odyssée de deux enfants, cousins de 12 et 14 ans, obligés de tout quitter dans l'espoir d'une vie meilleure.  Être enfant en Afghanistan ce n'est pas facile avec la guerre et les explosions qui y font rage au quotidien.  

Lorsque son père décède, la vie bascule pour Adil.  Son oncle, fondamentaliste religieux l'envoie de force dans une école coranique pour apprendre à tuer et à devenir un martyr.

Le jour de l'attentat, le détonateur ne s'enclencle pas et il ne reste que la fuite comme salut à Adil.  Son cousin Shafi l'accompagnera pour un long voyage, objectif rejoindre la famille de Shafi en Angleterre, 9603 kilomètres.

Le danger est permanent, les passeurs verreux, les longues et interminables marches, la faim, les attaques, la peur continuellement au ventre.  Celle qui fait que l'enfant devienne prématurément adulte, livré à lui-même, seul pour survivre.

Abandonner tout dans l'espoir d'un monde meilleur !

C'est hyper réaliste, très bien documenté.  On sent que Pomès et Marchetti ont cotoyé la jungle de Calais.  Un récit sombre et dur mais essentiel pour comprendre ce qui pousse ces jeunes au voyage.  
Ce n'est pas un choix mais une nécessité de survie dans l'espoir d'une vie meilleure.

Le dessin est très réaliste, les couleurs dans des tons très sombres, du brun au gris rappellent la poussière et la peur.

Excellent album, extrêmement bien documenté pour prendre conscience de la réalité de ces enfants qui ont un grand besoin d'humanité.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

J'ai eu peur...  alors j'ai fait tout ce qu'ils me demandaient.  Hè, il faut connaître la peur pour avoir du courage.

Ne regarde pas derrière, continue à avancer si haute soit la montagne on y trouve toujours un sentier.





dimanche 11 octobre 2020

Il a rejoint mon Himalaya à lire - special ouverture de la librairie Claudine

 Il a rejoint mon Himalaya à lire

Special ouverture de la librairie Claudine




Impossible de revenir sans livre lorsque l'on visite une toute nouvelle librairie. 

Ce week-end des 10 et 11 octobre, événement dans ma ville.  En effet cela fait cinq ou six ans que Wavre n'avait plus de librairie indépendante.  Alors quel bonheur , enfin une librairie indépendante qui voit le jour.  Bravo à Diane Platteuw de relever ce défi en cette période difficile.

La librairie sera ouverte les mardi-jeudi et vendredi de 10 à 18 h.  Les mercredi et samedi (jours de marché) l'horaire sera 9 à 18 h.


C'est Courte rue des Fontaines 74 à 1300 Wavre en Brabant Wallon.








J'ai été raisonnable, un livre de cuisine, deux commandes  et un roman graphique dont j'avais vraiment envie.

Beate et Serge Klarsfeld    Un combat contre l'oubli 

Pascal Bresson et Sylvain Dorange


La boîte à bulles
Parution : 09 septembre 2020
Scénario : Pascal Bresson
Dessin : Sylvain Dorange
Pages : 208
Isbn : 9782849533680
Prix : 25 €

Présentation de l'éditeur

« Si les Allemands nous arrêtent, moi, je survivrai parce que je suis fort mais pas vous ». Ces paroles, prononcées en 1943 par son père, assassiné à Auschwitz, Serge Klarsfeld ne les oubliera jamais. Après la guerre, il se marie à Beate, une jeune allemande installée à Paris. Ensemble, ils se font la promesse d'obtenir la mise à l’écart de la vie politique allemande de tous les anciens nazis, puis d’obtenir le jugement et la condamnation des principaux responsables nazis de la déportation, notamment ceux ayant sévi en France. Distribution de tracts, manifestations, tentatives d'enlèvements, la « méthode Klarsfeld » prouve leur obstination à débusquer les anciens criminels de guerre qui vivent paisiblement en toute impunité alors que, durant la guerre, ils occupaient des postes officiels, soit comme gradé nazi avec Lischka, Hagen, ou Barbie soit en tant que collaborateurs français comme Papon, Bousquet ou Touvier...

Dans ce roman graphique, Pascal Bresson revient sur les combats de la vie de Beate et Serge Klarsfeld pour que justice soit rendue et que nul n'oublie. Un ouvrage très fort pour l'histoire, la mémoire et la justice, brillamment mis en image par Sylvain Dorange.

Belle semaine à vous.

BELGIQUES - Jean Jauniaux ♥

BELGIQUES     -  Jean Jauniaux  ♥

Belgiques: Nouvelles - Jean Jauniaux - Babelio

Ker éditions
Parution : 20 octobre 2019
Receuil nouvelles
Pages : 124
Isbn : 9782875862549
Prix : 12 €


Présentation de l'éditeur


Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est

un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de
la gastronomie, de la politique, des langues… Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de
ces tableaux impressionnistes est le reflet d’une Belgique : celle de l’auteur.

Trois recueils sortiront chaque année. Trois recueils et donc trois auteurs.

Sommaire

Une journée hors norme
Plisnier en 1967
Le Club des écrivains belges
INR
Attilio
Chine
Jules Morrel, un Belge en Chine
Pays noir
Le rêve de peindre
Europe 1957
Muette émeute
Fête nationale
Une année universelle



L'auteur


















Photo : Christian Lambiotte

Jean Jauniaux est né en 1954 à Haine-Saint-Paul (Hainaut, Belgique). Il a a passé son enfance à Ecaussinnes d’Enghien, village situé au cœur d’une région en déclin économique. Après des humanités gréco-latines à l’Athénée Royal de Mons, il a effectué des études de traduction et d’interprétariat à l’Ecole d’Interprètes Internationaux de l’Université de Mons. Il a choisi d’y étudier les langues russe (« pour lire « Crime et châtiment » en version originale)et espagnole (il a consacré son mémoire de fin d’études aux adaptations de « Don Quichotte », un ouvrage de plus de 300 pages d’analyse et un répertoire de plus de 700 adaptations dans tous les genres : théâtre, radio, roman, opéra, musique etc). Il a ensuite effectué à l’Institut National des Arts du Spectacle, une licence en réalisation Film-Radio-Télévision, se spécialisant dans le documentaire de création et ce qui s’appelait à l’époque le « cinéma vérité ». Il a consacré son mémoire de fin d’études au cinéaste Jean-Jacques Péché et à ses émissions « Faits-Divers ». Il a été réalisateur d’émissions de télévision à la télévision belge (dans le service « histoire » notamment) et responsable de programmes européens de soutien à l’audiovisuel et à la culture.

Il écrit des nouvelles, romans et scénarios de bande dessinée et de films documentaires. Il se consacre au journalisme culturel, à l’animation d’une revue littéraire et de rencontres littéraires. Il organise des ateliers d’écriture de nouvelles et de formation à l’interview radio. Il a publié trois recueils de nouvelles et un roman.

En juin 2009, le Secrétaire Perpétuel de l’Académie de langue et littérature de Belgique, Jacques De Decker lui demande de devenir le rédacteur en chef de la revue littéraire « MARGINALES », revue créée par le poète et romancier Albert Ayguesparse en 1945.

« Entre les lignes » : De septembre 2006 à septembre 2011, il crée et anime l’émission généraliste « Entre les lignes », une heure consacrée à l’actualité à travers le livre, la littérature, les essais, les rencontres avec des écrivains, des essayistes, des acteurs du monde culturel et de la société. L’émission a été diffusée tous les dimanche de 9h00 à 10h00 sur deux radios de proximité en Communauté Française de Belgique.

Depuis janvier 2009, il anime avec son complice Edmond Morrel un blog « web-radio » consacrée au livre et composée d’interviews exclusives d’écrivains, d’essayistes et d’auteurs de bandes dessinées, de metteurs en scène, de scénaristes, d’acteurs du monde culturel. A ce jour, plus de 800 rencontres sont en ligne à l’adresse www.espace-livres.be avec des interlocuteurs aussi variés que Michel Serres, Jean d’Ormesson, Tahar Ben Jelloun, Ken Follett, Gisèle Halimi, Albert Jacquart, Eric Orsenna, Stefan Hessel, Jacques De Decker, Amin Maalouf, Anne Nivat, Chékéba Hachémi, Gérard Chaliand, Matthieu Ricard etc.

Source ; Ker éditions

Mon avis

La collection "Belgiques" chez Ker éditions permet à des écrivain.e.s Belges de nous présenter leur vision de la Belgique, de nous la faire vivre à travers leurs yeux. 

J'ai passé un excellent moment en compagnie de la plume de Jean Jauniaux. Par le biais d'expériences personnelles voire très personnelles il nous raconte des petits bouts de la Belgique à travers son regard d'enfant, d'adolescent ou d'adulte.  J'ai eu le sentiment que Jean me livrait ses mémoires, son enfance, l'époque des années 60, qu'il était près de moi et me confiait ses souvenirs.  Une bien agréable impression, une très belle lecture.

Le fil rouge, la Belgique bien entendu, mais entre réel et imaginaire.  Quelle est la part de véracité et celle de l'imaginaire, la frontière est mince c'est tout l'intérêt. On se laisse emporter par ce que l'on sent de vrai et on se fait piéger. 

L'humain est au centre de ces petits récits en nous faisant découvrir l'Histoire par ses confessions. C'est rempli d'émotions, de nostalgie et d'empathie.  Un vrai régal !

Au programme un voyage dans le temps de 1830 à 1958.  

  • Des épisodes marquants comme sa révolution de 1830 avec une reconstitution en costumes pour la télévision, lorsque tout jeune sortant du service militaire il est engagé pour cinq émissions "chroniques d'une révolution" de Jacques Cogniaux.  Il cotoie à l'époque les grandes figures de l'INR/RTB  ; Armand Bachelier, Georges Konen, Pierre Delrock, Jacques Bredael
  • Il nous parle du Goncourt de Plisnier et de l'Athénée de Mons, du Pen Club crée par Louis Piérard dont on fête le centenaire en 2020
  • Emotion au rendez-vous avec la rencontre d'Attilio , son ami "le macaroni" où il évoque la catastrophe du Bois du Cazier mais aussi la fraternité enfantine universelle, où il confie et partage ses blessures d'enfant.
  • On voyagera en Chine ou pas
  • On se promène dans le pays Noir de son enfance à la rencontre d'artistes peintres, stars de la radio ou du petit écran.
  • Il nous parle de l'Europe, du premier pas de l'homme sur la lune.  J'ai adoré cette nouvelle , une façon inattendue de nous parler de cette événement qui en cachait un autre.
  • Il nous parle de son enfance orpheline, de l'expo universelle et de du cahier Atoma bien belge.
C'est un voyage tendre, touchant.  On ressent le manque non pas d'amour mais d'expression de celui-ci, une enfance orpheline, un manque de chaleur humaine, d'écoute et de partage.  Un grand manque d'ouverture vers le monde, il ne pouvait compter que sur son magazine Pilote et un transistor. et bien entendu les livres et leur pouvoir très important.

Jean est un merveilleux raconteur d'histoires,  j'ai hâte de lire son dernier recueil "L'ivresse des livres".

C'est un joli coup de coeur. ♥



Les jolies phrases

La mémoire flotte comme un bateau de papier qu'un enfant dépose au fil d'un ruisseau.  Elle va d'une rive à l'autre, s'immobilise quelques instants avant d'être emportée de quelques mètres plus loin. 

Il est interdit d'interdire; sois jeune et tais-toi.

J'eus le sentiment, nouveau pour moi, d'avoir un allié.  Un ami.  Pour cela, il avait donc suffi que je cesse de mentir, que je dévoile cette histoire et, à travers elle, une part de ma différence.

C'est pas grave Jeannot.  Parfois on a besoin de s'inventer des histoires même si on ne les a pas vécues.  C'est comme quand on lit nos livres : on vit des aventures sans les vivre.

Tout a été enlevé, ôté, écarté, comme si le chagrin causé par ta mort  allait s'évanouir pour peu qu'on efface les traces  de ton passage.

Avant de repartir, elle devait elle aussi nous écouter lire, d'une voix criarde, les premières lignes de Croc Blanc, de Winnetou, de Sans faille et d'autres romans qui nous enchantaient : ils nous racontaient si souvent notre propre histoire; celle d'enfants que les livres avaient sauvés de la tristesse et du chagrin des adultes.

"Les baraques en bois proche des carreaux de la mine" sont devenus containers, tentes ou rien.

Mais je ne peux m'empêcher de trouver une certaine grâce à ce capharnaüm.  Après tout, n'est-ce pas une forme de rébellion, bien humaine, à l'ordonnancement général qui semble présider, de nos jours ? 
Le mot "ordinateur" ne signifie-t-il pas " mettre de l'ordre " ?  Son équivalent anglais n'est pas plus exaltant, à mes yeux du moins: computer c'est calculer ! D'un côté, l'alignement ; de l'autre, le chiffrement ! Où se cachent la complexité, l'entrelacement, le mouvement... ce qui fait l'humain, en quelque sorte...

Après tout, depuis sa création en 1830, le Royaume de Belgique est un laboratoire de cohabitation entre pays voisins.  Mais il est aussi un lieu d'entrelacement de l'imaginaire et du terre à terre !

Nous n'avions jamais rien à nous dire.  Sauf ce soir-là.  Je n'étais plus seul, j'avais un ami.  J'avais envie de lui dire aussi qu'il n'était plus seul dans le deuil.  Je ne me souviens plus de la façon dont j'ai pu le lui exprimer.  Pour la première fois, j'avais essayé de consoler mon papa. 

En lisant Vipère au poing, je m'étais rendu compte de cette vertu irremplaçable de la littérature de fiction : celle de miroir fraternel, dans lequel le lecteur peut découvir son double, un autre soi qui traversait  les mêmes épreuves et qui, ainsi, le rend moins seul à affronter. Le livre m'offrait la formulation exacte, précise et empathique des tourments que je subissais. 



jeudi 8 octobre 2020

Mademoiselle Papillon - Alia Cardyn ♥♥♥♥♥

 Mademoiselle Papillon       Alia Cardyn   ♥♥♥♥♥


Robert Laffont
Parution : 15 octobre 2020
Pages : 272
EAN: 9782221249352
Prix : 18.80 €

Présentation de l'éditeur

L’histoire inouïe de Thérèse Papillon, reconnue juste parmi les nations, révèle la force de nos rêves.


Gabrielle, 30 ans, infirmière, s’occupe de grands prématurés dans un service de néonatologie intensive. L’univers de la jeune femme s’est réduit aux quelques mètres carrés de sa salle, la salle 79, où elle glisse lentement dans l’indifférence, lorsqu’elle découvre l’histoire de Mademoiselle Papillon.

En 1920, dans une France ravagée par la Première Guerre mondiale, cette infirmière de la Croix-Rouge est envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois. Alors qu’elle tente de mener à bien sa mission, la vision des enfants qui succombent dans la rue l’obsède. Une ambition se forme et prend bientôt toute la place : elle doit bâtir une maison pour les protéger.


Lorsqu’elle franchit le seuil de la sublime abbaye de Valloires, Mademoiselle Papillon est convaincue d’approcher son rêve.

Ce roman mêle le destin de deux infirmières et met en lumière une femme exceptionnelle : Thérèse Papillon, qui a sauvé des milliers d’enfants et a été reconnue Juste parmi les Nations. Après avoir mené une véritable enquête – en néonatologie mais aussi auprès de ceux qui ont connu Thérèse Papillon –, Alia Cardyn livre un hommage sensible et lumineux aux femmes qui ont l’audace d’incarner le changement.


L'auteure











©Astrid di Crollalanza

Belge, diplômée en droit et en sciences politiques, Alia Cardyn a été avocate. Aujourd’hui, elle consacre son temps à l’écriture. Elle a publié plusieurs romans aux éditions Charleston : Une vie à t’attendre, lauréat du prix des Lecteurs de la chaîne de magasins belges Club (2016), Le Choix d’une vie (2017) et L’Envol (2019) et Mademoiselle Papillon est son quatrième roman, le premier aux Éditions Robert Laffont.







Mon avis

Attention pépite ! ♥

C'est le quatrième roman d'Alia Cardyn.  Que de chemin parcouru depuis son premier roman "Une vie à t'attendre" prix Club 2016.

Ce sont deux destins de femmes qui sont mis en lumière.  Deux femmes extraordinaires qui se dévouent aux autres, aux enfants plus particulièrement.

L'une est actuelle, il s'agit de Gabrielle, infirmière en néonatalogie, un métier oh combien difficile, où il est parfois difficile d'accepter la vie qui s'en va.  Elle est investie dans son travail, se donne à fond, très professionnelle, consciencieuse mais sa carapace s'ébrèche et la douleur des autres la touche plus qu'il n'en faudrait.  Elle doute, se sent fatiguée, vulnérable.  

Du côté sentimental, c'est pas brillant non plus, elle se cherche, rêve des amours, les imagine, elle n'est pas prête, pas disponible pense-t-elle.

Sa mère, Rachel Adelman, est écrivaine et lui confie la lecture de son dernier manuscrit, un livre qui est très important. Il lui est dédié et raconte l'histoire de Thérèse Papillon, un personnage hors du commun qui a vraiment existé et qui a dédié sa vie aux autres.

Tout commence après la première guerre mondiale en 1920.  Thérèse arrive comme infirmière au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois.  Tout est à refaire après des années de guerre, c'est la désolation, le manque est partout.  Les enfants malnutris traînent dans les rues, les maisons sont abîmées, humides, pas bien chauffées, la tuberculose est latente et dans ces conditions peut très vite devenir active.  En se rendant au dispensaire, elle croise un petit garçon Pierre, il est maigre, ne grandit pas beaucoup.  Thérèse est touchée, elle rêve d'un endroit , d'une maison à construire pour sauver les enfants de cette misère.  Son idée créer un "préventorium".  Cela devient une idée fixe, son combat, sa mission.  Au départ de rien on peut construire, on fait avec ce que l'on a.  Sa pugnacité, sa volonté lui donneront accès à un bon toit, celui de l'Abbaye de Valloires.

Le hasard fait qu'il y a un an, je l'ai visitée, l'endroit est magnifique, toujours dédié aux enfants et l'aura de Mademoiselle Papillon est toujours là.

Gabrielle va lire le manuscrit de sa maman et trouver des similitudes entre elle, ses doutes et Mademoiselle Papillon.  Elle aussi peut changer les choses et donner une meilleure vie à ses petits protégés de la salle 79.

Ce récit est magnifique, lumineux.  La plume d'Alia est très agréable, elle nous permet de vivre avec ses personnages de papier.  Le livre se dévore, c'est une pépite qui fait du bien.

La construction est parfaite, roman polyphonique qui passe d'une époque à une autre, d'un combat à l'autre.  Peu à peu Gabrielle s'exprime, se réalise et découvrira le message que sa maman veut lui faire passer à travers ce récit.  

Un magnifique hommage aux infirmières.

Lisez ce roman c'est une petite merveille ♥

Coup de ♥






Les jolies phrases

Le temps est l'unique réponse à toutes les angoisses.  Dans notre médecine, il n'y a aucune constante.  L'incertitude est reine.  On ne peut qu'être là. Être là, c'est faire de son mieux.

Pour accéder à la liberté, le bébé doit pouvoir respirer tout seul, digérer, maîtriser sa température, s'alimenter de façon autonome et avoir un certain poids.

Ce qui nous sépare, Mademoiselle Papillon et moi, n'est pas tant le contenu, des qualités présentes ou non, mais surtout une vision.

Face à la souffrance, aider est la seule façon de pouvoir gérer.

La peur influe sur notre façon de percevoir la réalité.

Le temps qui n'est pas consacré aux autres est du temps perdu.

Ce qui rend heureux, c'est d'en avoir bavé... puis de s'en être sorti.

Les gens jugent quand ils ne connaissent pas. Les gens rejettent quand ils se sentent exclus.
J'ausculte, je soigne, j'assiste notre unique médecin, agacée par mon manque d'efficacité.  À quoi servons-nous si nous laissons traîner les petits dans la rue, premières proies pour la maladie qui sévit ?  Cela revient à soigner certains tout en contemplant d'autres devenir nos futurs patients.  Sauf qu'un bandage ne pourra rien contre la tuberculose.

J'ai l'impression que notre métier ne tolère aucune autre difficulté que celles rencontrées ici, poursuit-elle.  Pour pouvoir être une infirmière solide, on devrait toujours avoir une vie privée agréable.  Pour conserver les deux plateaux de la balance en équilibre.

C'est le principe même de notre existence.  Perdre l'équilibre puis le rétablir. Chaque fois plus solide.

De toutes façon, si on consacre sa vie aux autres pour des mercis, cela ne dure pas longtemps. On donne parce que cela a un sens profond pour soi.  Parce que c'est ce qui nous nourrit, nous élève, nous anime. C'est une tout autre posture.  On devient ces mains qui dessinent un rêve et l'individu disparaît au profit d'un miracle, celui d'enfants qui trouvent enfin refuge.

Ce soir, je pense aux parents de Madeleine. À leur chagrin, à l'amour immense qui pousse à préserver l'autre au mépris de soi-même, en s'infligeant la plus douloureuse des souffrances, celle e peut-être toucher son enfant pour le dernière fois.

C'est la relation aux autres qui donne toute sa valeur à la vie.  L'être humain existe pour cela. 

Notre monde n'a que le sens que nous lui donnons.

Je voulais raconter une histoire sur le pouvoir du don de soi.  On oublie que lorsque l'on prend soin d'un autre être humain, on prend soin de ceux qui croiseront sa route.  L'amour suscite l'amour.  Cela nous donne un pouvoir personnel infini.

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour accéder  à l'article










lundi 5 octobre 2020

La paume plus grande que toi Victoire de Changy ♥♥♥♥♥

 La paume plus grande que toi  -   Victoire de Changy  ♥♥♥♥♥


La paume plus grande que toi

L'arbre de Diane
Collection : Les deux soeurs
Parution : 05 août 2020
Pages : 121
Isbn : 9782930822174
Prix : 12 €


Présentation de l'éditeur

« si j'écris Nour c'est pour prétendre figer l'instant qui s'échappe continuellement le solidifier faire de ces secondes de Nour celles-ci toujours déjà passées des petits cristaux à admirer » 


Dans ce recueil de poèmes, Victoire de Changy nous partage ses premiers tâtonnements dans la maternité. Dans l'expérience pourtant très personnelle de ces neuf mois dedans puis dehors racontés, on trouve des résonances, des accointances, un étonnant constat d'universalité.


La paume plus grande que toi est le premier livre d'une série de trois.

Victoire de Changy









source Le Soir  DR

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Bruxelles , 1988

Biographie :

Bruxelloise née en 1988, elle a fait des étude de journalisme et de science du livre. Une douleur nécessaire est son premier roman.

Ensuite elle a publié "L'île longue", toujours aux éditions Autrement.

Source : Babelio

Mon avis

C'est un magnifique témoignage d'amour envers l'être attendu, cela commence par une main ouverte sur le ventre, sur Nour tant désiré, on le suivra jusqu'à ses 9 mois.

La couverture est magnifiquement illustrée par Alexandre Duprez.

C'est l'émotion d'un amour, de la découverte de la maternité, de l'émerveillement de la vie qui arrive.  C'est la crainte de quitter sa maison (ventre) pour une autre et exister vraiment, la découverte de la peur pour l'être aimé, attendu, les liens filiaux, et l'apprivoisement de ses peurs.

"Être la mère de Nour, la mère tout court et s'en faire tout le temps"

C'est l'envie de figer chaque instant, chaque ressenti, chaque émotion, de faire un pas à côté de Nour.

Ce sont les nuits, la complicité d'une mère envers son enfant.  C'est beau, c'est la vie ♥

Difficile de le laisser seul, ce sont les séparations, tout d'abord le passage dans sa propre chambre, la vigilance, être à l'écoute tout le temps , puis la crèche.  Apprendre à vivre des épisodes sans lui, par ouï dire.

"Il faudra composer avec ces épisodes de toi que l'on me racontera"

C'est comme un journal, la poésie est juste magnifique.  

Si comme moi, vous avez la chance d'être maman, c'est par ce petit livre revivre les souvenirs des premiers moments passés avec votre enfant.  Beaucoup d'émotions à la lecture de cette plume splendide.

C'est court, trop court mais la bonne nouvelle c'est que ce livre est le premier d'une série de trois.

Je vous mets l'eau à la bouche avec quelques extraits ci-dessous ☺

Ma note : ♥♥♥♥♥



Les jolies phrases

Clic !
c'est décidé
c'est la dernière image prise de toi
dans cette maison-là 
sur la prochaine
nous serons trois

l'autre maison est prête
et puis ne l'est plus
et puis l'est à nouveau
et puis plus
tout est rangé
les provisions mangées
les sacs bouclés
et puis plus
et puis à nouveau et puis plus
c'est comme partir en voyage
imminemment
mais sans savoir quand

elle avait les yeux ouverts
du chagrin et du sens à la fois
que ces vies qui se passent le relais
littéralement
étrangeté que cette couche de ciel en moins
disparue
cette rangée d'humains au-dessus
juste avant que tu n'arrives
toi
en deçà
d'être
avec les années
de plus en plus haut sur l'échelle
et particulièrement là
ce matin
de plus en plus un toit
par-dessus toi

il y a eu la première nuit sans Nour
et mon pyjama
imbibé e lait
qui m'a donné froid
son père
de sa voix endormie
m'a proposé d'enfiler le sien
nous avons ri de mon malheur
des surprises de mon corps appelant mon fils

j'ai vu que la somme des nuits
avait finement rainuré
les contours de mes yeux
et j'ai pensé que je n'avais plus l'air
de cette éternelle enfant
comme jusqu'il y a peu
j'ai pensé que mon enfant
justement
m'avait
finalement
donné l'âge que j'ai

Nour qui pleure et qui rit
de jour comme de nuit
est une sorte d'allégorie vivante
de traité gigotant de ce que sont les choses
de ce qu'elles font
comme elles perdent en importance
voire en existence
Nour annule
toutes les petites fins du monde

Le corps de Nour, aujourd'hui, ne se nourrit plus du mien.  Il y a quelque chose qui, physiquement, se délie.  Chacun rentre dans son enveloppe, Nour la sienne toute à construire, à étirer, moi dans la mienne, étirée, à rencontrer.



dimanche 4 octobre 2020

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Arrivées de la semaine



Une semaine un peu plus calme, cela fait du bien !

Curieuse de les découvrir ces deux là !

Sous le parapluie d'Adélaïde  - Romain Puértolas













Albin Michel
Pages :336
Parution : le 30 septembre 2020
Isbn : 9782226454171
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur


Le matin du 25 décembre, alors que le spectacle de Noël bat son plein sur la place de la ville de M, Rose Rivières, une jeune femme, est assassinée au beau milieu de la foule. Le comble est que sur les cinq cents personnes présentes, aucune n’a vu ni entendu quoi que ce soit. Sauf peut-être, cet insolite témoin, abrité sous le parapluie d’Adélaïde…

Romain Puertolas est décidément un maître des coups de théâtre. De fausse piste en rebondissement, tel un Sherlock Holmes, il poursuit une enquête littéraire qui vous mènera là où vous ne vous y attendiez pas !

Chez Belfond il est sorti le 1er octobre

Okuribi  - Renvoyer les morts             Hiroki Takahashi



















Belfond
Traduction : Miyako SLOCOMBE
Parution : 01/10/2020
Pages : 128
Isbn : 9782714486455
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Par le lauréat du prestigieux prix Akutagawa, un roman impressionnant dans la lignée de Battle Royale. Entre lyrisme et violence, une œuvre glaçante et hypnotique sur la psyché adolescente, dans un Japon inattendu, loin des clichés.

Au début, Ayumu a cru à des jeux innocents. Des moqueries, des mises au défi, des vols de babioles dans les magasins. D’autant que, pour lui, l’étranger venu de la grande ville, c’était un bon moyen de s’intégrer parmi ses nouveaux camarades dans ce petit lycée de province.

Et puis Ayumu a commencé à remarquer. Les humiliations, les punitions, les coups, tous dirigés vers le doux Minoru.

Alors Ayumu s’est interrogé : que faire ? Intervenir ? Fermer les yeux ? Risquer de se mettre les autres à dos ? Ne rien faire ?

Et l’Okuribi est arrivé, la fête des Morts. Et tout a basculé…