samedi 15 juin 2019

Une maternité rouge - Christian Lax ♥♥♥♥♥

Une maternité rouge   -   Christian Lax



Futuropolis   - Louvre
Parution : 16/01/2019
Pages : 144
ISBN : 9782754816601
Prix  : 22 €

Présentation de l'éditeur


Au Mali, une Maternité rouge, sculpture datant du XIVe siècle, est sauvée de la folie destructrice des islamistes par Alou, un jeune chasseur de miel. En compagnie d’autres migrants, soeurs et frères d’infortune, Alou prend tous les risques pour rejoindre l’Europe. Son but et son obsession : confier la précieuse statuette au musée du Louvre !


Alou, chasseur de miel, se dirige vers les ruches sauvages d’un baobab. Circulant en 4x4, armés jusqu’aux dents, une bande d’islamistes radicaux foncent sur lui et font exploser le baobab sacré.
Parmi les débris du baobab, Alou découvre, intacte, une statuette représentant une femme enceinte. Encouragé par son père, il se rend dans le pays Dogon présenter la statuette au sage du village, le hogon, respecté de tous pour sa culture. Le hogon reconnaît aussitôt cette Maternité rouge . Elle est l’oeuvre, selon lui, du maître de Tintam, dont une première Maternité se trouve déjà au Louvre, au Pavillon des Sessions. Pour le vieil homme, la sculpture, en ces temps de barbarie,
sera plus en sécurité au Louvre, près de sa soeur, qu’ici, au Mali.
Confier la statuette au musée parisien, c’est la mission d’Alou. Et pour la mener à bien, le jeune homme prendra tous les risques en traversant déserts et mers, en compagnie de migrants, ses soeurs et frères d’infortune.

Christian Lax rejoint la collection Louvre avec un récit engagé, aux côtés de celles et ceux qui subissent la violence, la misère et la guerre et tentent de rejoindre nos côtes dans l’espoir d’une vie meilleure…

Mon avis

Magnifique album paru chez Futuropolis dans la collection "Louvre"


Septembre 1960 : le Soudan français (Mali) est dépossédé, pillé de ses oeuvres artistiques. Une maternité rouge atterrira au Louvre.


Une autre sera cachée et retrouvée au printemps 2014 par Alou, un chasseur de miel qui la retrouvera et sera chargé par Hogan, un maître érudit , oh comble et ironie du sort ! de la sécuriser en France au Louvre pour qu'elle ne soit pas détruite par les islamistes fanatiques qui ne supportent pas l'art et les traces du passé.


C'est donc au péril de sa vie qu'Alou entreprend le voyage des migrants pour sauver son patrimoine et l'art Dogon.


Un magnifique album en bichromie, des vues magnifiques du Mali, alternant des passages où le dessin prend la parole et de très beaux dialogues reprenant les thèmes suivants : l'art Dogon, un peuple persécuté de tous les temps, la place dédiée à l'art Primaire , les migrants, le long voyage semé d'embûches pendant et après son arrivée en Europe et la mise en évidence du Pavillon des Sessions au Louvre.


Des dessins magnifiques où, malgré la bichromie pour les scènes africaines, on ressent les couleurs et la chaleur.


C'est un gros coup de ♥

Une jolie phrase 


Ne devrait-on pas tous se mobiliser, par les temps qui courent, à préserver les êtres de chair plutôt que leurs innombrables représentations artistiques ?








jeudi 13 juin 2019

Ils ont rejoint ma pal special BD

Ils ont rejoint ma pal spécial BD




Un petit craquage bd, et une arrivée rentrée littéraire cette semaine.  J'adapte ma liste PAL de mon gros arrivage rentrée littéraire de jeudi, c'est encore un peu tôt pour vous parler de chaque livre, je vous les présenterai en fonction des sorties.

Mais revenons à ce qui nous occupe, les BD's.

François de Livraison de mots  m'a vraiment donné l'envie de découvrir ce roman graphique un peu particulier, il parle de l'art brut.

Enferme moi si tu peux    -  Pandolfo/Risbjerg

Enferme-moi si tu peux

Casterman
Biographie - art brut
Scénario : Anne-Caroline Pandolfo
Dessin : Terkel Risbjerg
Parution : 1/05/2019
Pages : 168
ISBN : 9782203162815
Prix : 16.99 €

Présentation de l'éditeur

Six récits de vie étonnants qui interrogent sur des capacités trop rarement explorées de l’esprit humain.


Entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle, femmes, pauvres, malades et fous n’ont aucun droit. Parmi eux, Augustin Lesage, Madge Gill, le Facteur Cheval, Aloïse, Marjan Gruzewski et Judith Scott sont enfermés dans une société qui les exclut. Ils vont pourtant transformer leur vie en destin fabuleux. Un jour, du fond de leur gouffre, une inspiration irrépressible leur ouvre une porte. Sans culture, sans formation artistique, ils entrent comme par magie dans un monde de créativité virtuose. Touchés par la grâce ou par un « super-pouvoir de l’esprit », ils nous ont laissé des œuvres qui nous plongent dans un mystère infini.

J'avais aussi envie de découvrir Zidrou dans un autre registre


Les mentors    Tome 1  Ana     -   Zidrou/Porcel

BD MENTORS (LES)

Grand Angle
Scénario : Zidrou
Dessin : Francisco José Porcel Rodrigues
Parution : 24 avril 2019
Série : Les Mentors
Genre : Fantastique - thriller
ISBN 978-2-81896-794-2
Prix : 14.50 €

Présentation de l'éditeur


Rien n'est plus fort que l'amour d'une mère !

Ils lui ont volé son bébé.

Un commando armé.

Des professionnels.

Son bébé !...

Elle venait à peine de le mettre au monde.

Cela fait bientôt vingt ans qu'Ana cherche à comprendre.

Qui ?...

Pourquoi ?...

Vingt ans qu'elle cherche un indice, aussi infime soit-il.

Vingt ans !..


Dans la même maison d'éditions, repéré par mon mari

Détox   -   Jim/Gallo

BD DETOX

Grand Angle
Scénario : Jim
Dessin : Antonin Gallo et Jim
Parution : 27 mars 2019
ISBN 978-2-81896-676-1
Prix : 16.90 €

Présentation de l'éditeur


Se retrouver face à face avec soi-même. La pire compagnie qui puisse exister…

Mathias vit à 200 à l’heure. Jusqu’à ce que son médecin lui conseille de mettre le pied sur le frein. Sans ça, Mathias risque gros. Il décide alors de suivre un stage un peu particulier. Pendant dix jours, pas d’ordinateur, pas de téléphone. La nature à perte de vue. Un séjour pour retrouver ce qu’il est vraiment au fond de lui. Mais avec quoi occupe-t-on son cerveau quand on n’a pas à checker ses mails toutes les dix minutes ? Y a-t-il une vie sans la 4G ? Sans l’urgence, sans le trop-plein de tout qui nous prouve qu’on existe ?

Pour terminer en bd, j'avais vraiment apprécié "Magasin général" de Loisel, curieuse de voir cette nouvelle série qui nous emmène en Amazonie

Un putain de salopard  -  Tome 1 Isabel

Loisel et Olivier Pont


Rue de Sèvres
Série : Un putain de salopard
Scénario : Régis Loisel
Dessin : Olivier Pont
Parution : 24 avril 2019
Pages : 88
ISBN : 9782369816720
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Au coeur de la jungle menaçante, des destins se mêlent... souvent pour le pire.


Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie.Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70. Il découvre un territoire gangréné par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide.

Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.


Autre arrivée de la rentrée de septembre chez Actes Sud que je remercie vivement pour cet envoi

Ceux qui partent   -  Jeanne Benameur

Ceux qui partent

Actes Sud
Parution : 21 août 2019
Pages : 336
ISBN 978-2-330-12432-8
Prix ; 21 €

Présentation de l'éditeur 

Ils sont une poignée, Ceux qui partent, au cœur de la foule qui débarque du bateau sur Ellis Island, porte d’entrée de l’Amérique et du XXe siècle. Jeanne Benameur orchestre cette ronde nocturne où chacun tente de trouver la forme de son propre exil et d’inventer dans son corps les fondations de son pays intime. Où l’arrachement se fait libération – envol.

Où l'auteur de Profanes et des Demeurées signe son premier grand roman américain.

lundi 10 juin 2019

AYA - Marie-Virginie Dru

Aya        -     Marie-Virginie Dru



Albin Michel
Parution : 24 avril 2019
Pages : 224
EAN13 : 9782226438430
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Aya, c’est toute l’âme de l’Afrique, sa sensualité, sa magie et sa rudesse. Aya, c’est une fille de douze ans, pas encore une femme, belle comme un soleil, et qui ne rêve que d’épouser son petit amoureux, Ousmane. Main dans la main, ils se promènent sur les bancs de sable de Karabane avant de plonger dans l’eau, où ils croisent Moussa de retour de la pêche dans sa barque bleue.
Ce paradis, Aya ne l’abandonnerait pour rien au monde, s’il n’y avait ce terrible secret qui la fait grandir trop vite et qu’elle ne peut partager avec personne. Contrainte de fuir son île, elle va peut-être se libérer du poids qui lui coupe le souffle et se forger enfin un destin.
Une magnifique histoire de résilience que la plume sensuelle, poétique et envoûtante de Marie-Virginie Dru, grande amoureuse du continent africain, fait vibrer tel un chant initiatique.


La maison rose à Dakar

La Maison Rose, Saint-Louis | senegal-online.com

A la rencontre de Mona




Mon avis

Direction Karabane, une île au Sud-Ouest du Sénégal dans l'embouchure du fleuve Casamance, on y rencontre Aya, une fillette de 12 ans.  Aya cela veut dire jeudi, c'est le jour où elle est née.  On espérait un garçon alors on lui a donné le nom du jour car aucun nom n'était prévu pour une fille, pas vraiment un bon début !

Aya vit avec sa mère Aïssatou qui n'est plus la même depuis la mort de son mari et le départ de son fils Djibrill.   Aya fait de son mieux pour veiller sur sa mère, garder les chèvres, gagner un peu d'argent, elle n'est pas facile sa vie... sans compter qu'elle vit dans la crainte de son oncle Boubacar qui se veut son protecteur ...   Faut dire qu'il a pour habitude de déposer un sac de riz et d'emmener Aya dans sa voiture, d'en abuser et puis la jette comme un vieux sac et se barre. 

Heureusement il y a Ousmane, c'est son amoureux, son frère de coeur, sa promesse, sa vie qui lui permet de tout oublier.

Marie-Virginie Dru connaît bien et aime cette région d'Afrique, elle nous fait "vivre" le village, ses odeurs, ses traditions, ses croyances.  C'est une réelle immersion qu'elle nous propose.

Le jour de l'initiation approche, le Bakhut, Ousmane entrera bientôt dans la forêt sacrée pour récolter le secret des anciens, après il sera considéré comme un homme.

Aya avait croisé Camille une photographe venue de France, de passage sur l'île après un reportage à Dakar sur Mona et la maison rose.  Elle est revenue pour immortaliser la cérémonie d'initiation, cette rencontre créera un lien avec Aya.

Cependant Aya devra quitter l'île avec un terrible secret, qui comme Ousmane qui va devenir un homme, la fera grandir trop vite et devenir femme.

C'est un premier roman lumineux, qui nous parle de résilience.  Aya transformera son fardeau en joie et acceptation.  Son destin l'emmènera à la maison rose à Dakar, un lieu ouvert par une française, Mona qui fait don d'elle même pour l'épanouissement de jeunes filles mères abusées, abandonnées.

C'est une écriture poétique, sensible, soignée sans pathos.  Un récit qui nous invite à une immersion totale au coeur de l'Afrique.

Le destin d'une femme moderne, libre, partagée avec ses traditions et coutumes, des choix à porter.

D'autre part, de manière contemporaine, elle nous parle du sort des migrants à Paris, Porte de la Chapelle, ceux qui ont tout quitté pensant trouver un Eldorado, un monde meilleur.

Un joli premier roman dont les destins s'entrecroisent.  Une plume à suivre.

Ma note : 9/10


Les jolies phrases

Parler, c'est comme deux mains qui se tiennent, les paroles créent le lien.

Les choses vraies, il faut les dire tout haut, les parler, les chanter pour pas qu'elles fondent comme des bonbons dans la bouche.

Aya a pensé que c'était pratique les brouillons, ça devrait être pareil dans la vie.

Tant pis, a-t-elle murmuré, les fautes on peut les effacer mais les taches ça reste pour toujours, c'est comme ça.

J'ai rencontré des femmes voilées aux libertés souterraines, et des dévoilées bien plus enfermées.

Les vagues se serrent contre elle pour calmer ses blessures, le murmure de la mer apaise son âme.  Elle danse comme un dauphin, portée par les rouleaux, et remonte le temps pour se retrouver flottant dans le ventre de sa maman. Tout l'océan la submerge d'amour.

C'est dans cette maison remplie d'histoires tristes à crever que j'ai découvert, comment dire...  la joie.  Oui, la joie. Pas celle que je connaissais avant.  La vraie.  La joie de ces femmes quand elles retrouvent la confiance. La joie d'être de nouveau appelées par leur prénom, d'avoir une identité.  La joie d'apprendre à aimer leur enfant.

Nous on n'a rien, mais on a le sourire dans le coeur, vous, vous avez tout, mais vous ne le voyez pas...

L'homme est le remède de l'homme.

Je me demande encore aujourd'hui si la vie doit avoir un sens pour être vécue.  J'ai tellement de livres, ils m'ont appris qu'il n'y a pas de passion sans lutte.  Et c'est ça que je ne veux pas oublier, les conséquences sur les vies à venir, c'est à ça que je me cramponne.

Mona pose sa main sur mon épaule, et me dit qu'on a toutes en nous des flots de larmes qu'il faut sortir pour bien laver l'intérieur.

Je regarde les yeux bleus de Mona et je sais qu'elle partage nos chagrins, qu'elle les ressent, qu'elle prend nos blessures pour les cicatriser en les comprenant.  Elle écoute au-delà des mots, l'ombre des mots.  Et nous guérit.  Je le sens si fort.  Elle nous accompagne, nous sommes réunies, enfin entourées et comprises.

Elle ressentait la souffrance des exilés, ces hommes dont les rêves avaient coulé au fond de leurs poches et qui n'avaient plus la force de les poursuivre.




samedi 8 juin 2019

En mode découverte de la rentrée littéraire

En mode découverte de la rentrée littéraire

(Vis ma vie de blogueuse littéraire ♥♥)




C'était jeudi dernier dans un cadre magnifique, celui de l'auberge de Boendael, une journée sous le signe de la rentrée littéraire.

  

Une présentation destinée aux libraires et pour la toute première fois ouverte à 4 instagrameurs dont j'avais la chance de faire partie.

Un programme bien chargé car treize maisons d'éditions sont venues nous présenter leurs nouvelles parutions, les défendre avec passion et émotion. Au total un peu plus de 50 livres.

  

Quelques minutes pour nous faire voyager, rêver, nous donner envie.  Des auteurs confirmés, attendus comme Kaouther Adimi, Vincent Message, Patrick Deville, Luca de Fulvio, Jean-Paul Dubois, Joyce Carol Oates mais aussi des premiers romans, de nouvelles plumes.

Quelques auteurs belges au programme de cette rentrée : Myriam Leroy qui nous proposera "Les yeux rouges" le 14 août chez Seuil, Guillaume Sorensen qui nous proposera son premier roman chez l'Olivier avec "Le planisphère Libski" le 22 août , Sylvie Lousberg et Salvotore Minni  en octobre.




Autres auteurs présents, Sofia Aouine pour un premier roman "Rhapsodie des oubliés" chez La Martinière et le captivant  Alexis Ragougneau et son prometteur "Opus 77" chez Viviane Hamy.




Une rentrée qui fait envie, beaucoup de jolis textes en perspective.  ♥

Une journée riche en rencontres.  Un tout grand merci à Antony et Interforum pour cette belle invitation.  Un moment partagé avec les IG Livraison de mots, Cathdelamanu et Cunegonde de la haute.


Merci aux maisons d'éditions pour leur présentation :  Tripode, Le Seuil, Chandeigne, Metaillie, Olivier, Sous-sol, Philippe Rey, Le passage, Slatkine, De la Martinière, Castor Astral, Viviane Hamy et Agullo.

Voilà de quoi passer un bel été afin de vous en parler dès la rentrée.


jeudi 6 juin 2019

Pour l'amour de Lauren - Karine Lebert ♥♥

Pour l'amour de Lauren    -    Karin Lebert

Pour l'amour de Lauren : Les Amants de l'été T. 2

Presse de la cité
Terres de France
Parution : 17 janvier 2019
Pages : 416
ISBN : 978225816195-5
Prix : 20.50 €


Présentation de l'éditeur

Au nom de la vérité, Gemma, New-Yorkaise, a fait voler en éclats son quotidien trépidant
de femme d’affaires. Sous le charme de la Normandie, elle part depuis Honfleur sur les
traces de son aïeule, Philippine, cinquante ans après, grâce à ceux qui l’ont connue.
Par amour, celle-ci a tout quitté, sa famille, sa Normandie. Pour Ethan, un beau GI rencontré
à l’été 1944, Philippine a rejoint sa belle-famille en Louisiane. Passé le choc de la découverte
du Nouveau Monde, le bonheur s’offrira-t-il à la jeune exilée, mariée, enceinte, loin des traditions
de son pays natal ?
Gemma veut savoir : quelle était la vie de Philippine, là-bas, à La Nouvelle-Orléans ?
Pourquoi est-elle rentrée en France ? Seule ?…

Entre deux continents, deux époques, portraits croisés de deux femmes entières qui
vibrent à l’unisson. Pour l’amour d’une petite fille, Lauren…



C'est la suite de "Les amants de l'été 44"

Cliquez sur la couverture pour avoir accès à l'article.

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Mon avis

Une réussite ! A lire absolument !

Si vous n'avez pas lu le premier tome de cette saga familiale, ne lisez pas ce qui suit mais filez lire mon modeste avis sur "Les amants de l'été 44" en cliquant ici  car j'ai peur de vous dévoiler une partie de l'histoire.


A la fin du premier tome, Philippine était sur le point de quitter son pays et de partir avec d'autres rejoindre leurs amours de l'autre côté de l'Atlantique.

Gemma Harper, New-Yorkaise trentenaire est sur les traces de son passsé, sa maman Lauren avant de mourir lui avait parlé d'une photo d'enfant retrouvée dans la doublure d'un manteau.  C'est cette photo qui a permis à Gemma de remonter à l'histoire de Philippine, sa grand-mère, la fille des Lemonnier décédée très jeune à Barfleur.

Karine Lebert nous propose deux voix dans la narration, celle de Gemma en 2000 qui enquête pour retrouver ses origines et juste après la guerre avec celle de Philippine par le biais de sa correspondance.  Alternativement en France et aux États-unis.

Philippine est sur le bateau qui va l'emmener près d'Ethan, son mari G.I. qui avait débarqué sur les côtes normandes.  Elle quitte tout en compagnie d'autres war-brides , vers l'inconnu, dans l'espoir d'une vie meilleure.

Nous allons vivre la traversée, son arrivée aux States, découvrir New York et un autre monde.  Vivre son arrivée en Louisiane à la plantation Magnolia.  Éblouie au départ, Philippine va très vite déchanter et se rendre compte que la vie est dure dans cette plantation de coton du clan des Reed, un endroit qui a dû être magnifique au départ.

On y parle d'histoire, c'est très bien documenté, la guerre de sécession, l'esclavage, la guerre mondiale, les séquelles traumatiques des G.I. , la ségrégation et les réalités du Sud sont exposées.

A travers des portraits de femmes et la correspondance entre les war-brides, on apprend multitudes de choses.  Celles qui croyaient y trouver une vie meilleure sont rares, solitude, difficulté d'intégration, pauvreté, rudesse de la vie ou du climat sont les réalités.  Un soutien important et intéressant que cette correspondance échangée entre elles.

L'enquête de Gemma est passionnante, un récit magnifique.  Comme à chaque fois, Karine Lebert nous emporte.  Une plume fluide, captive mêlant romance, découverte d'une région et Histoire qui vous fera passer un moment agréable comme à chaque fois.

C'est réussi, je vous le recommande chaleureusement.  Comme déjà signalé c'est une suite, il y a de petits rappels qui permettent de comprendre mais le mieux est de commencer par le début et de lire le premier.


Ma note :  un coup de ♥

Les jolies phrases

Gabrielle se rendait compte que l'abandon dont elle avait été victime l'avait peut-être sauvée d'une vie médiocre, voire misérable, aux États-Unis.

Quatre ans, cela paraît peu pour des femmes des années 50, mais beaucoup pour celles de ma génération, rétorqua Gemma.

A présent que s'expatrier, épouser quelqu'un d'une nationalité, d'une culture différentes était devenu plus courant, Gemma voyait dans leur décision un acte d'un grand courage, précurseur de ce que deviendrait un monde aux distances abolies, aux civilisations métissées.

Me pardonner quoi ?  Je n'ai commis aucune faute, sinon de tomber amoureuse de la mauvaise personne.

Les souvenirs se perdent, ils sont trop souvent déformés par les générations qui se succèdent.

Du même auteur j'ai lu

Il suffit de cliquer sur la couverture pour lire mon billet.


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mardi 4 juin 2019

Pour lui - Peggy Silberling ♥♥♥♥♥

Pour lui - Peggy Silberling



Stock
Hors Collection
Parution : le 10 avril 2019
Pages : 288
Isbn : 9782234086159
Prix : 19 €


Présentation de l'éditeur

« – Madame Silberling ?
Une policière balaie la petite salle du regard. Je lui fais signe et la rejoins.
– Suivez-moi, s’il vous plaît.
Elle m’emmène dans une pièce impersonnelle, sans fenêtre, avec une table, deux chaises, un ordinateur.
Je m’assieds en face d’elle. Après les questions d’usage concernant mon état civil, elle entre dans le vif du sujet :
– Contre qui désirez-vous porter plainte ?
Je me tais un instant. Combien de fois ai-je dû raconter mon histoire ? Une centaine ? Plus ? Et pour quel résultat ? Rien. Le vide intersidéral. J’espère aujourd’hui que cela servira à quelque chose.
Je lève les yeux et croise ceux de la policière. Elle m’observe avec l’expression bienveillante de celle qui est rompue à confesser les malheurs quotidiens de l’humanité.
Je me redresse, remets une mèche de cheveux derrière mon oreille, prends une profonde inspiration et, partagée entre la honte et désespoir, prononce ces mots qui m’arrachent les entrailles :
– Contre mon fils. »

Voici le récit poignant d’une mère forcée de porter plainte contre son fils, devenu violent, pour lui sauver la vie. Chronique d’une spirale infernale, entre drames intimes, drogue et solitude, Pour lui s’impose comme une merveilleuse ode à la vie et à l’amour.
Avec la collaboration d’Harold Cobert

L'auteure



Peggy Silberling est directrice artistique et mère de deux enfants. Elle vit à Paris avec son compagnon, l’écrivain et scénariste Harold Cobert, co-auteur de ce livre. Par son
témoignage, elle espère contribuer à libérer la parole des parents sur ce sujet ultrasensible et attirer l’attention sur les dysfonctionnements de notre système.

Mon avis

Une belle claque que ce témoignage !

Chapeau Madame Silberling pour ce témoignage qui je l'espère sera entendu et aidera des parents à libérer la parole, fera prendre conscience des dysfonctionnements de notre système.

Merci de parler de ce tabou, la violence d'un enfant envers ses parents. 

Quel courage, quel preuve d'amour énorme nécessaire pour nous confier votre histoire personnelle.

J'avoue, j'appréhendais, je craignais du voyeurisme, mais non, tout est nécessaire, juste pour comprendre votre parcours, le combat énorme que vous avez mené.

Il en faut une certaine dose de courage, une hargne pour toujours se relever alors que la vie ne vous a épargnée en rien. Une dose d'amour incommensurable.

Peggy nous livre sa vie, son enfance difficile dans une famille dysfonctionnelle ; un père "absent" absorbé par l'alcool, violent ; une mère indifférente, absolument détachée de ce qui peut arriver à sa fille, préférant la traiter de menteuse plutôt que de lui ouvrir son coeur et ses bras.

A 18 ans, Peggy est tout simplement jetée hors de chez elle.

Elle nous raconte son histoire petit à petit alternant avec celle de son fils Evan, un ado qui dévisse sous double influence; celle de substances et celle de Laetitia.  

La violence est le trait d'union des deux récits.

Habilement, Peggy Silberling nous livre de petits éléments qui se recoupent en répondant à son enfance.

Une femme qui s'est construite sur des bases et un passé compliqué, jamais rien ne lâche.  Elle veut aller de l'avant, toujours malgré toutes les embûches.  C'est bien écrit, on a envie de savoir ce qui les relie, comment on arrive à déposer plainte contre son fils.

Oui déposer plainte contre son fils par amour, en ultime recours dans le but de le sauver.

Un témoignage fort, puissant, qui remue.

Les thèmes abordés : le décrochage scolaire, l'addiction, la banalisation des drogues, la violence des enfants à l'encontre de leurs parents, le manque d'écoute de notre société.  J'ai aussi été interpellée par le dysfonctionnement de la justice, par les appels à l'aide réguliers d'une mère qui ne sait plus que faire, du manque de réponse des institutions, aide et justice familiales aux abonnés absents.   L'inertie de ces services car Peggy avait des revenus, elle ne vivait pas dans un HLM alors est-ce bien nécessaire de lui apporter de l'aide ?  Le manque de prise au sérieux et les appels à l'aide restant lettres mortes.

Ce qui marque, c'est le manque de moyens mis en oeuvre pour apporter une aide efficace.  En tant que mineur, chaque affaire est traitée dans son individualité, il a fallu déposer plainte pour recouper les différentes affaires, pour enquêter et agir !  Une aberration !  La justice aussi trop lente pour permettre aux jeunes de se reconstruire au plus vite ...

Malgré les blessures, les fêlures de jeunesse, la combativité de Peggy est incroyable.  Elle ne lâche rien, laisse tomber ses aspirations professionnelles pour sauver ses deux enfants.  Quel témoignage bouleversant, indispensable.

Merci Peggy Silberling de l'avoir partagé avec nous, merci à Harold Cobert de lui apporter le soutien et l'aide qu'elle mérite et d'avoir permis l'existence de ce témoignage.

J'espère du fond du coeur qu'aujourd'hui il a permis de reconstruire une famille et de retrouver la vie heureuse que vous avez amplement méritée.

Un coup de ♥

Les jolies phrases

Jamais d'homme marié ma chérie, tu finiras toujours par vieillir plus vite que sa femme.

J'ai mal au ventre, je pleure seule dans ce taxi qui change d'itinéraire pour me conduire vers ce à quoi ma vie ressemble de plus en plus : une prison.

Quelqu'un pourrait-il dire un jour à tous ces parents que leur devoir est d'être contre leurs enfants quand ils dévissent ? Que leur devoir est de faire en sorte qu'ils n'aient pas un avenir gondolé ? 

Longtemps, je me suis demandé qui, de ma mère ou de mon père, de celle qui laissait s'accomplir des actes inacceptables ou de celui qui les infligeait, de la victime ou du bourreau, avait été le pire des  deux.  Aujourd'hui, je sais.

Ai-je vraiment le choix ?  Entre porter plainte contre mon fils et déchirer à jamais la relation qui nous lie, ou laisser les choses empirer au risque qu'il finisse par tuer quelqu'un ou se suicider, j'ai l'impression d'être face à deux impasses.

Evan, très aimable, très poli, très précieux, sert le café et se comporte en fils modèle.  En bon fumeur, il enfume son monde.


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samedi 1 juin 2019

Bilan de lecture de mai et prévision de juin

Bilan de lecture de mai et prévision de juin

Temps fort du mois de mai grâce aux éditions Rouergue, le déjeuner rencontre avec Peter May , un de mes auteurs préférés.  Si vous ne le connaissez pas, foncez , je vous conseille de commencer avec "La trilogie écossaise".  Son dernier roman est toujours actuel car il nous parle de la Grande Bretagne et de l'Europe, une vieille histoire, des doutes depuis plus de 40 ans.

Je m'étais fait une PAL pour mai, je n'ai évidemment pas respecter mes objectifs mais  8 lectures tout de même et la moitié des prévisions de cette pile.




Voici le résultat :

Comme toujours cliquez sur la photo pour acceder à la chronique si elle a déjà été publiée.  Mise à jour mensuelle.


Dans la collection Le Louvre, une immersion en Afrique ♥

Un des mes auteurs favoris que j'ai eu la chance de rencontrer

C'est la suite de la saga familiale "les amants de l'été 44"  ,  un super moment de lecture





Un manga très intéressant



Un récit poignant, un sujet tabou, la violence des enfants à l'égard de leurs parents.  A lire !


Immersion au Sénégal, à la découverte de la maison rose.  Un roman initiatique magnifique.  Un premier roman.





Récit choc, bouleversant , un indispensable, Bravo Monsieur Delacourt.




J'ai terminé le mois en douceur avec une de mes auteures préférées .  Magnifique comme à chaque fois.  J'adore Aki Shimazaki.  Si vous ne la connaissez pas, découvrez la vite !





Voici mes prévisions de juin, ceux que j'ai vraiment envie de découvrir .



Ma lecture en cours, un essai pour changer :





vendredi 31 mai 2019

A comme Eiffel - Martin Trystram

A comme Eiffel       -   Martin Trystram/Xavier Coste

A comme Eiffel

Casterman
Biographie
Scénario : Martin Trystram
Dessin :  Xavier Coste
Parution : le 20 mars 2019
ISBN : 9782203164383
Prix : 14.99€

Présentation de l'éditeur 

Eiffel, l’ingénieur amoureux

Que cache la vie publique étonnamment lisse de Gustave Eiffel ? Nous connaissons ses grands travaux (sa Tour, la structure de la statue de la Liberté, le canal de Panama...), mais l’homme beaucoup moins...
Ingénieur paradoxal (il pratique le magnétisme, fréquente Victor Hugo et la franc-maçonnerie), Eiffel entretient un rapport particulier avec les femmes de sa vie : sa mère, sa fille, sa femme
et surtout sa cousine Alice avec qui il vécut une relation cachée pendant de très nombreuses années. Alice, la muse qui inspira peut-être par son initiale la fameuse tour. Alice, dont la beauté emportait le rigide Eiffel, travailleur infatigable et apôtre de la technique... Entre réalité historique et fiction romantique, A comme Eiffel nous entraîne à la rencontre d’un Icare moderne qui connut l’ascension puis la chute, vivant aujourd’hui encore dans nos imaginaires à l’ombre de son œuvre la plus célèbre.




Mon avis

Vous voulez savoir pourquoi A comme Eiffel, lui qui se nome Gustave ?  Alors lisez cette BD super intéressante qui nous conte la vie du génie.

L'album commence le 31 mars 1889, c'est l'exposition universelle de Paris et c'est tout en haut de la tour qu'on lui remettra sa légion d'honneur.

Mais qui était vraiment Eiffel ?

Il n'aura plus aucun secret pour vous à la fin de cet album.  Il passe son enfance avec sa cousine Alice dont à l'âge de 16 ans il est éperdument amoureux.  Il quittera sa province pour poursuivre ses études d'ingénieur.  Il travaille beaucoup et à l'âge de 30 ans, toujours célibataire, sa mère s'en mêle et il épousera Marguerite.

C'est un bosseur Monsieur Eiffel, parcourant le monde pour exercer son savoir : les viaducs de Gabarit, Porto, la gare de Budapest c'est lui .  Il préconisera la modernité - ironie du sort, cette même modernité qui aura raison de sa mère (fumées, suie etc) - remplacera la pierre par le fer pour les ponts de chemins de fer (Porto).

Il rencontrera Bartholdi et créera "La statue de la Liberté".  C'est Victor Hugo qui lui parlera du concours pour l'exposition ; construire la plus haute tour de Paris.

Mais, ce n'est pas que la gloire qui accompagne Eiffel, il aura ses années noires avec l'affaire du canal de Panama.

Envie d'en savoir plus, ouvrez la bd et lisez.

Une jolie mise en page et graphisme.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

L'univers des possibles est infini.

Le temps n'existe pas.  Ah le temps !  Le temps n'est qu'une illusion.  Peut-être la pire invention de l'homme.  Une invention pour contrôler la nature.

Toute médaille possède deux facettes.  Rien ne peut-être tout bon ou tout mauvais.  Parfois, il faut des décennies ou des siècles pour remarquer la face sombre d'un progrès.  Mais nous devons aller de l'avant.




jeudi 30 mai 2019

DOUBLE JEU - Jean-Philippe Blondel

Double jeu     -       Jean-Philippe Blondel

"Double jeu" de Jean-Philippe Blondel chez Actes Sud ...

Actes Sud Junior
Collection : roman ado
Dès 15 ans
Parution : août 2013
Pages : 144
ISBN 978-2-330-02211-2
Prix : 11,00 €

Présentation de l'éditeur

Renvoyé de son lycée, Quentin est placé dans un lycée bourgeois du centre-ville. D'origine beaucoup plus modeste que ses nouveaux camarades de classe et loin de ses amis d'enfance, le garçon se sent étranger, exclu. Dans sa classe de première L, la majorité des élèves suit les cours de théâtre de Mme Fernandez, la professeur de français.

Rapidement fasciné par cette femme charismatique, Quentin va se laisser convaincre et intégrer le cours d'art dramatique pour incarner Tom, le héros de La Ménagerie de verre, la pièce de Tennessee Williams.

Quentin accepte progressivement de baisser la garde, de remettre en cause ses propres préjugés et se familiarise peu à peu avec les codes de ce nouveau milieu... Il se rapproche de ses partenaires de jeu, d'Heathcliff, jeune dandy solitaire, et de Julie, dont le charme ne le laisse pas longtemps indifférent. Mais, de plus en plus absent pour ses proches, Quentin se sent tiraillé entre deux mondes. Ce malaise latent fait écho à la pièce de Tennessee Williams et, entre la vie et les répétitions du spectacle, l'acteur et son personnage, les frontières tendent à s'abolir. Finalement, un seul choix s'impose à Quentin : celui de faire du théâtre sa vie.



Questions à Jean-Philippe Blondel :


Dans Double jeu, l’expression artistique est une étape déterminante pour le héros, et l’occasion d’une reconstruction de lui-même. Ce sujet semble être une thématique essentielle dans vos romans pour adolescents ((Re)play !, Brise-glace…). Comment commenteriez-vous cette facette de votre écriture ?

La découverte de soi à travers l’expression artistique est effectivement au centre de mes préoccupations dans mes romans, parce que je l’observe chez mes élèves – qui révèlent une partie d’eux souvent insoupçonnée des adultes quand ils se lancent dans l’artistique (le slam, la musique, la danse, le théâtre) –, et aussi parce que cet élément a une résonance autobiographique certaine : je me suis construit par l’écriture, elle m’a stabilisé. Elle m’a aidé à survivre dans les moments de tempête. Elle m’a permis de me comprendre et de comprendre les autres, et le monde autour de moi. Trouver l’expression artistique qui permet l’épanouissement me paraît central – encore plus à l’adolescence, qui à la fois a besoin de cadres et d’intimité. Il n’y a guère que l’art qui permette de faire coexister une subjectivité et un format.




Dans votre roman Double jeu, le contexte social est particulièrement marqué. Il met en scène un adolescent en décalage, en hésitation entre deux mondes. Quelles raisons vous ont poussé vers cette voie ?



Une fois de plus, c’est un faisceau d’éléments : beaucoup d’observation face aux injustices sociales subies par certains de mes élèves (au lycée, elles sont cachées mais prégnantes, notamment dans les choix d’orientation) et une part autobiographique indéniable (l’accès à la culture quand on vient de la petite classe moyenne provinciale et qu’on a grandi dans les années 1970 n’est pas une évidence, et la “montée” à Paris révèle les manques et les inadéquations). Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est de construire des ponts, entre les univers, les classes sociales, les gens, la littérature jeunesse et la littérature générale. Quentin Silber est un de ces ponts. J’espère en être un aussi. Je trouve que c’est beau, d’être un pont – de se faire rouler dessus, soit, mais d’amener les autres d’un point à un autre, plus loin, plus avant…

Source /  Actes Sud Junior

Mon avis

Quentin Silber est adolescent, il change de collège à la rentrée, c'est sa seconde chance !  Il arrive au lycée Clémenceau, un autre univers que le sien.  En effet il vit avec sa soeur Anna, son père ouvrier d'usine et sa mère caissière dans un HLM, à l'école , il n'y a que des riches !

Différence de classe, il a du mal à s'intégrer.

Un jour en classe, il a la tête ailleurs.  Il pense à Dylan, son ancien pote de la cité.  Il est repéré par la Fernandez, sa prof qui lui demande ce qu'elle vient de dire.   Et là avec beaucoup d'applomb, il sort la réplique, un peu arrogant, et lui sert presque mot à mot les cinq dernières minutes de cours.

Il pense être puni mais pas du tout, au contraire, il impressionne , on s'intéresse enfin à lui., il devient populaire au point que, quelques jours plus tard, on lui suggère de rejoindre le groupe de théâtre.  La Fernandez y monte chaque année un spectacle, c'est un peu le "Graal" du lèycée d'en être.

Fernandez lui propose le rôle principal de "La cage de verre" de Tennessee William.  Une histoire qui ressemble un peu à la sienne.., il est tiraillé entre l'envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre.

Affronter les autres, soi-même, se dépasser.  La différence des classes, l'amitié, la littérature, beaucoup de thèmes dans ce roman jeunesse passionnant , c'est super bien écrit, fluide.

Lu et approuvé par mon ado de 14 ans.

Quel bonheur de trouver des enseignants qui donnent l'envie de lire come "La Fernandez" donne à Quentin les repères pour évoluer, pour se construire.

Une très belle lecture.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Chacun sa route. Il y a un moment où c'est important d'être égoïste.  Tu vis pour toi, pas pour les autres.

Son regard e fait penser aux phares, sur les bords de mer : c'est un faisceau qui tourne et éclaire la plage, les vagues, les navires, l'horizon.

Si tu lui ressembles trop, tu vas t'identifier et une des premières choses qu'on apprend dans le cours de théâtre, c'est que la scène, ce n'est pas la vie.  Qu'il faut savoir redevenir soi-même quand les lunières s'éteignent.

En classe, vous jouez.  Constamment.  Tous.  Vous avez vos petits rôles que vous vous êtes distribués, ou que d'autres vous ont distribués.  Et vous vous jouez la comédie, toute la journée.  L'intéressant, Silber, chez vous, c'est que le changement d'établissement vous a poussé à changer de rôle.  C'est comme une mue, pour les reptiles.  Vous êtes le même mais vous avez été obliger d'abandonner votre vieille peau à l'extérieur.  Par moments, ça doit tirer et être douloureux, mais c'est avec la douleur et le souvenir de la douleur qu'on fait du bon théâtre, n'est-ce pas ?

Un metteur en scène, avant de vraiment mettre en scène, il rêve, il visite les personnages, il trouve des similarités, des dissemblances, il fait le tour du propriétaire. Et ensuite, il frappe dans ses mains, il sonne le rappel - fini de jouer, au travail.


mardi 28 mai 2019

Mauvais Genre - Isabelle Villain ♥♥♥♥♥

Mauvais genre          -    Isabelle Villain

Mauvais genre
Taurnada éditions
Parution : le 15 novembre 2018
Pages : 252
ISBN : 978-2-37258-048-9
E book : 978-2-37258-049-6
Prix : 9.99 €



Présentation de l'éditeur

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d'une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.
Vingt-trois ans plus tard, l'équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d'une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d'effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L'entourage de la victime est passé au crible, et l'histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Mon avis

Ce n'est pas le premier roman d'Isabelle Vilain car on retrouve l'équipe du commandant de Lost.  Rassurez-vous, c'est le premier que je lis et cela ne m'a posé aucun problème de lecture.

Le 16 juin 1993, Hugo a douze ans, il fait de la pâtisserie avec sa mère Coralie lorsque son père Sébastien Nicollini rentre.  Comme souvent il tabasse sa mère en envoyant Hugo dans sa chambre.
Scène très violente, très réaliste à la limite de l'insoutenable.  Hugo se décide à appeler les secours et à porter plainte.

Vingt-trois ans plus tard, le 16 mai 2016, Angélique, une kiné ouvre sa porte et se fait poignarder à mort.  C'est le commandant de Lost et son équipe qui vont gérer l'affaire.

Un corps est retrouvé dans la rue, les doigts en bouillie, un mot sur la victime à l'attention du commandant de Lost "en souvenir du bon vieux temps".  Le tueur au marteau, tueur en série qui avait stoppé ses activités depuis sept ans reprend du service, oui mais pourtant il est toujours en prison ...

Le commandant de Lost reçoit régulièrement les derniers teps des sms et courriers de menaces.

Le décor est planté, 3 histoires, 3 enquêtes qui s'entremêlent.  Il est question d'identité, de mémoire, de traumatismes.

L'auteure utilise le présent ce qui donne l'impression au lecteur de vivre les scènes.  Les phrases sont courtes, c'est intense, super bien rythmé.  L'ambiance est glaciale par moment.  Belle construction, c'est rempli de fausses pistes, maîtrisé, on soupçonne chacun tour à tour, on se fait balader.  La psychologie des personnages est bien fouillée.

Suspens garanti jusqu'au bout, j'en veux encore..

Un coup de ♥

Les jolies phrases

Et rigoler sur une scène de crime, c'est une question de survie.  Seuls le détachement et la plaisanterie peuvent aider à rendre la mort tolérable.

Doit-on tout faire pour être heureux ?  L'homme ne peut pas ne pas rechercher le bonheur.

Même celui qui cherche à se suicider cherche la vois vers son bonheur car il et fin à son malheur.

Les psychopathes naissent psychopathes, les sociopathes le deviennent.