mardi 28 janvier 2020

Le rêve d'un fou - Nadine Monfils

Le rêve d'un fou  -   Nadine Monfils

Le rêve d'un fou

Fleuve éditions
Parution : 26/09/2019
Pages : 128
Isbn : 9782265116313
Prix : 14.90 €


Présentation de l'éditeur

Le hasard sème parfois un peu de poudre d’étoiles pour aller au bout de nos rêves.

Quand le destin s’est acharné sur lui, le Facteur Cheval aurait pu sombrer dans la douleur et le désespoir. Il a plutôt choisi de se lancer dans un pari insensé : construire de ses propres mains son Palais Idéal. Mais une étrange rencontre lors de ses tournées va donner un tout autre sens à son rêve.
Parce que la passion est la seule chose qui peut nous sauver.

En s’inspirant librement de la vie du Facteur Cheval, Nadine Monfils nous offre un roman émouvant comme un hymne à la liberté, la poésie, l’art, et la foi en ce qui nous dépasse.

Palais idéal — WikipédiaPostman Cheval’s ideal palace

Source 

Mon avis

Coup de coeur absolu pour ce roman de ma compatriote Nadine Monfils.  Quel bonheur de la retrouver dans un registre différent, pas de plume déjonctée cette fois, non, juste une plume poétique, magnifique, emplie de tendresse et de poésie. Un régal.

Le rêve d'un fou, c'est l'histoire d'un homme : Ferdinand Cheval.

Un homme marqué par la mort dès son plus jeune âge, il perd successivement sa maman, son papa, plus tard il perdra son premier fils, sa première femme et sa fille Alice à l'âge de 15 ans.  Pourtant cet homme se raccroche à la vie en réalisant ses rêves...  au sens propre comme au sens figuré.

C'est en effet dans un songe, à la mort de son fils que des images du Palais ont commencé à envahir sa tête.  "Rêver pour ne pas entrer sous terre avec lui"

il aime lire même s'il n'a pas beaucoup d'instruction.  Il découvre dans la revue "Le magasin pittoresque" les architectures lointaines.

Un jour, dans sa tournée car notre ami est facteur à Hauterives dans la Drôme, il trébuche sur une pierre étrange, c'est le 19 avril 1879, à la naissance de sa fille Alice. Il la met en poche pour l'observer, il en ramassera d'autres marchant inlassablement après des tournées de plus de trente kilomètres.  Il se mettra à construire sans plan, sans notion d'architecture, son palais des Songes, le palais idéal.

Il a mis 33 ans pour le construire, ce palais admiré par Picasso, André Breton et bien d'autres.  Un palais sauvé de la démolition et classé par Malraux en 1969.

Nadine Monfils fait parler le facteur Cheval, elle y intègre des textes venant de lui..;  Mais c'est un roman, la biographie est respectée mais idéalisée avec l'apparition d'un peintre Joseph et de sa fille.

Ce roman est un petit bijou.  Une pépite, on a envie de souligner et méditer presque toutes les pages.  Tendresse, amour d'un père pour ses enfants, réflexions sur la vie, sur la mort, le sens de l'art, le rêve  car le plus important est de rêver et d'atteindre l'inaccessible étoile (n'est-ce pas Jacques ?)
car oui c'est le rêve qui sauve nous dit Ferdinand Cheval

L'écriture n'est que poésie et douceur, philosophie. Ce roman est très court mais tellement riche en réflexions, émotions.  C'est beau..

Après la lecture, j'ai regardé le film et je n'ai qu'une envie, aller à Hauterives voir et ressentir la beauté des lieux et de ce palais.

Merci Nadine ♥!

Gros coup de ♥

Les jolies phrases

Comment survivre à la mort de ses enfants ? C'est bien la pire des douleurs.  Celle qui nous donne envie d'aller les rejoindre, de pleurer toutes les larmes de son corps et de perdre tout goût à l'existence, parce que cette mort-là n'est pas dans l'ordre des choses.  Nous sommes des arbres et chaque fois que meurt une personne qu'on aime, c'est comme si on nous coupait une branche.  Quand un enfant disparaît, elles tombent toutes d'un coup.

La passion, quelle qu'elle soit, nous sauve de tout.

Parce que tout peut disparaître.  Seule l'âme résiste au temps.

Les rêves, ça chasse les larmes.

Parfois, il vaut mieux rester avec ses rêves.  Parfois pas.  Pour le savoir, il faut les vivre.  Et une vie sans risques n'est pas une vie.  La peur...  C'est la pire des prisons ! Elle coupe les ailes.

Rêver pour ne pas rentrer sous terre avec lui.  Pour ne pas me noyer dans une vallée de larmes.

Les hommes sont pareils à des fourmis qui grouillent, s'entremêlent, se grimpent dessus et s'écrabouillent.  Des fourmis qui, de toute façon, ne tirent aucune leçon de la vie et continuent à reproduire les mêmes conneries, jusqu'au jour où la planète deviendra invivable.  On avait deux magnifiques cadeaux : la nature et l'amour.  Et qu'est-ce que nous, crétins d'humains, en faisons ?  Du gâchis. On piétine tout sans vergogne.  Et ceux qui ont du respect se font bouffer par les autres. Pourquoi un dieu aurait-il créé ça ?  Nous ne sommes que des rouages d'un mouvement perpétuel qui fait avancer et reculer les aiguilles invisibles d'une horloge inutile. Tic ! Tac ! Boum ! C'est ça le sens de  l'existence.

Qu'est-ce qu'une vie si on ne peut creuser son sillon soi-même ?

Nos pires ennemis sont ceux qu'on aime, parce qu'on a tendance à plier, à se courber, pour ne pas les blesser.  Conclusion, nous nous blessons nous-mêmes.

Je le répète, il faut TOUT faire pour réaliser ses rêves, quitte à échouer ! La seule chose qu'on peut regretter à la fin de sa vie, et c'est la pire : c'est de ne pas avoir essayé.

Nous sommes tous prisonniers de quelque chose, surtout de nous-mêmes.  Ce sont les pires barreaux à briser ! On peut fuir quelqu'un, mais pas soi.

Vis ta vie, la pire des prisons, c'est la peur.

Etre comme un sourire qui passe.  Parce que c'est quand même le plus beau cadeau que l'on puisse faire.  Que reste-t-il de nous quand nous ne sommes plus là, sinon le souvenir d'un coeur qui a donné plein d'amour ?  Le reste n'est que du vent.

Il arrive un âge où l'homme doit se faire à l'idée que sa force est dans son esprit et plus dans son corps.

Du même auteur j'ai lu

En cliquant sur la couverture accès à la chronique





vendredi 24 janvier 2020

Le fils de l'ours - Servais ♥♥♥

Le fils de l'ours   -   Servais

Le fils de l'ours - tome 1 - Le fils de l'ours

Editions Dupuis
Parution : 18/10/2019
Pages : 72
ISBN: 9791034737246
Prix : 17.50 €

Présentation de l'éditeur

Lorsque l'Empereur Charles III le Gros répudie sa femme Richarde en 880, elle retourne dans son Alsace natale suite à une vision. Là où une ourse gratte la terre pour enterrer son petit, elle devra construire une abbaye. Quelques années plus tard, l'abbaye d'Andlau sort de terre et sera liée à cet animal, roi des forêts.

Bien des années plus tard, en 1760, en plein coeur de la vallée de Munster, un village festoie. Le fils encore jeune du plus important fermier de la région ne laisse pas le coeur d'Eva et de Maria insensible. Ces jumelles, que tout oppose pourtant, le trouvent charmant. Mais le père du garçon ne voit pas cela d'un bon oeil et il interdit fermement à son fils de les côtoyer. Mais les interdits sont faits pour être bravés, et à 18 ans, il est difficile de penser au lendemain. Lorsqu'un ours est aperçu dans la vallée, les chasseurs décident de traquer la bête. Mais Eva compte bien le voir avant, d'autant qu'elle connaît la légende d'Andlau et souhaite rencontrer ce gigantesque animal pour de vrai. Maria, moins sereine, va la suivre bien malgré elle. Se noue alors sous les frondaisons et dans la montagne le destin entremêlé de ces humains et de ces animaux.



Présentation Le fils de l'ours - BD, informations, cotes

Mon avis

Servais avait depuis longtemps l'envie de dessiner l'ours. Il faut savoir que ces albums se nourrissent toujours de faits réels, de légendes.
C'est dans les Vosges, dans la vallée de Munster que le dernier ours a été abattu. La légende de Sainte Richarde à Andlau en Alsace et le conte de l'ours des Pyrénées étaient ses points de départ, son imagination fertile a fait le reste pour nous donner ce somptueux album.


Monsieur Sutter, un propriétaire agricole tue une ourse et ses deux petits, nous sommes en 1760. Une fête est donnée pour célébrer l'événement. Lors de cette fête, le fils Matthis, amoureux des jumelles Eva et Maria va avoir une aventure avec l'une d'elles, ce contre la volonté de son père car on dit que ces filles sont un peu sorcières, non fréquentables.


Eva et sa soeur au printemps suivant suivent les traces d'un ours, sans doute le mâle toujours en vie. Eva rentre dans la caverne de l'ours et disparaît au désespoir de sa soeur. Mais elles sont jumelles et Maria a un lien particulier avec sa soeur, elle épousera Matthis étant lui avoue-t'elle enceinte de lui...


Je ne vous en dis pas plus? il faut lire l'aventure pour découvrir le fils de l'ours... un Mowgli des temps modernes ?


La nature est comme toujours superbement dessinée tout comme l'ours. Le graphisme et les couleurs sont magnifiques. Laissez vous emporter par cet album où l'on apprend l'histoire du Mont Saint Odile et ses légendes grâce à l'imaginaire fertile de Servais.

Servais narre ici une légende alsacienne portée par un dessin évocateur et poétique. Une histoire tragique et sublime qui permet de saisir à quel point nos régions gardent encore bien des secrets.

Magnifique comme toujours.

♥♥♥




    mercredi 22 janvier 2020

    Une mère juive ne meurt jamais - Patrice Abbou

    Une mère juive ne meurt jamais


    Patrice Abbou

    Une mère juive ne meurt jamais

    Plon
    Parution : 31/10/2019
    Pages : 304
    Isbn : 9782259277587
    Prix : 19 €


    Présentation de l'éditeur

    Les Molina n’ont pas le droit de sortir, de se laver, de se changer, de se parfumer et encore moins de travailler… pendant sept jours, comme le veut la tradition.


    Ils sont en deuil de leur mère Louise.

    Adam Molina, 40 ans, le plus jeune des quatre enfants, avait prévu de repartir le lendemain de l’enterrement. Mais devant la pression de son père et de son frère aîné Henri, il est contraint de rester. D’autant plus qu’il a une mission, la dernière volonté de sa mère : trouver un mari à Lucie, sa soeur.
    Dans ce huis clos caustique et haut en couleur, les émotions s’entremêlent, entre tendresse, culpabilité et rancoeur.

    L'auteur

    L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, gros plan





    Comédien et auteur, Patrice Abbou a collaboré au théâtre
    comme au cinéma avec notamment Gérard Oury, Pascal Elbé
    et Jean-Jacques Beineix. Il a adapté et joué sur scène son
    premier roman Une mère juive ne meurt jamais.

    Mon avis

    C'est un premier roman que nous propose Patrice Abbou, plus exactement un huis-clos de sept jours avec la famille Molina.

    Dans la famille Molina, il y a  :
    -  Aba , le père , le "roi" David
    Ima, la mère , Louise
    - les quatre enfants : Henri 44 ans, Susanne 43, Lucie 42 et enfin notre narrateur Adam, le petit dernier 40 ans.

    La famille Molina est originaire d'Algérie et de confession juive sépharade. Les traditions sont très importantes pour le patriarche.

    Louise, la maman vient de décéder  laissant une lettre pour un certain Henri El Mosnino...un mystère, un secret de famille qui risque bien d'éclater durant les sept jours qui vont suivre car comme le veut la tradition la famille pour faire le deuil va vivre ensemble dans l'appartement de la défunte.

    "Les Molina n'ont pas le droit de sortir, de se laver, de se changer, de se parfumer et encore moins de travailler ... pendant sept jours comme le veut la tradition."

    Un premier roman intéressant où l'on apprend les rites et traditions juives.  L'enterrement doit avoir lieu le plus rapidement possible, on découpe une étoile dans les vêtements, on récite le Kaddish chaque jour mais pour se faire il faut au minimum dix hommes pour le réciter......

    J'ai aimé apprendre à mieux connaître cette religion tout en m'amusant de la plume à la fois tendre et caustique de l'auteur.  Les enfants Molina sont différents, ils ne pratiquent pas leur religion de la même façon ce qui apporte des discussions parfois épiques.  De plus, leur mère leur a laissé une mission particulière ; trouver en sept jours un mari à Lucie !  Et puis n'oublions pas le secret laissé dans un courrier destiné à El Mosnino,  il faudra aussi le digérer..

    Un moment de lecture agréable que j'aurais sans doute loupé sans la préparation du salon de Lire c'est Libre .  Hâte de rencontrer l'auteur.

    Ma note : 8/10


    Les jolies phrases

    Nous ne sommes pas en période de fêtes mais le wagon déborde d'enfants qui braillent à la vie.  Moi , j'ai envie d'hurler à la mort.

    A ses yeux, aucun homme n'est assez "parfait" pour réussir à la charmer, à la cerner, à la canaliser, elle qui refuse d'aimer, par peur de ne pas l'être.

    Une mère disparaît, un père semble redevenir un enfant. Combien la mort bouleverse la hiérarchie des familles.

    En regardant s'éloigner la femme qui m'a élevé, accompagné, je deviens un homme.

    Elle ne vivait pas afin que sa présence soit remarquée, plutôt pour que son absence soit ressentie.

    J'aimerais à jamais capturer l'effluve de son être, seule drogue légale qui m'aiderait à combler l'absence.

    L'amour de ma mère s'exprimait dans ses plats, celui de mon père dans la dégustation de ceux-ci. Il pouvait être dithyrambique sur un couscous, du "pain à la graisse" qu'Ima cuisinait quelquefois, sur les repas et les halots de shabbat...  Il lui déclarait sa flamme, parfois accompagnée d'un geste, d'une furtive caresse.  Louise en était tellement heureuse. C'était leur façon de s'aimer. 
    Aujourd'hui, l'entendre dire "chérie" m'émeut doublement.  Quand ce vieux bonhomme, de surcroît mon père, le clame avec cette sincérité, cette innocence, je comprends combien il la chérissait.




    dimanche 19 janvier 2020

    Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

    Ils ont rejoint mon Himalaya à lire




    On commence par la littérature belge.

    Le rêve de Harry    -    Alain Berenboom



    Genèse éditions
    Parution :  22 février 2020
    Pages : 256
    ISBN : 9791094689622
    Prix : 22.5 €

    Présentation de l'éditeur

    Michaël, à la veille de ses 50 ans, a raté sa vie professionnelle. Il a exercé tous les métiers sans succès. Même son bureau d’agent immobilier est menacé de fermeture. Pourtant Michaël n’a eu de cesse de suivre l’exemple de son oncle Harry dont la famille a toujours vanté le talent de businessman.

    Un jour, une de ses clientes, Madame Timmerman, richissime veuve, lui demande de mettre en vente une salle de cinéma qui a connu des jours meilleurs, le Cristal Palace.

    Or, toujours selon la légende familiale, oncle Harry, grâce à son bagout et à son don des langues, s’était fait engagé avant-guerre par les célèbres studios UFA à Berlin. Après-guerre, Il avait aussi exploité des salles de cinéma à Bruxelles. Un signe prémonitoire ? La chance de Michaël allait-elle tourner ? Arriverait-il enfin à se montrer digne d’oncle Harry ?

    Entre les coups tordus du monde moderne et la nostalgie du cinéma des salles obscures, Alain Berenboom entraîne le lecteur dans un roman drôle et mélancolique.

    Un petit tour côté flandre avec un thriller littéraire, pour la première fois l'auteur à succès est traduit en français.

    L'affaire Magritte   -   Toni Coppers


    L'Affaire Magritte

    Diagonale 
    Parution : février 2020
    Pages : 360
    ISBN : 9782930947013
    Prix : 22 €

    Présentation de l'éditeur


    Toni Coppers livre avec L’Affaire Magritte un palpitant thriller littéraire.

    Alors que son héros, l’ex-enquêteur Alex Berger, lutte contre ses démons personnels, une étrange série de meurtres se déroule entre Paris et Bruxelles. Sur les lieux du crime, on retrouve chaque fois ce mystérieux message : Ceci n’est pas un suicide.


    Toni Coppers est né en 1961. Il s’est fait connaître en Flandre grâce à ses romans policiers autour du commissaire Liese Meerhout. Ses derniers livres se sont vendus à plus de 20 000 exemplaires, ont été adaptés sur VTM et ont remporté de nombreux prix tels que le prix Hercule Poirot. Il doit son succès à l’ingéniosité de ses intrigues et la profondeur de ses portraits psychologiques.

    Un roman haletant, à suspense, comme ceux auxquels le roi du crime flamand Coppers nous a habitué. Mais cette fois-ci, terriblement émouvant. Comme lecteur, vous sentez la douleur et la tristesse d’Alex Berger pour sa femme décédée. Ça vous coupe l’âme. Un hommage magnifique à Magritte.

    Merci aux éditions Maëlstromrevolution pour ce roman à découvrir.  Suis curieuse, une enquête archéologique et physique quantique...tout un programme

    Amour et Kabbale  -  Sophie Favenne-Buyse

    Amour et Kabbale

    Photo de couverture : Roman Tcherpak
    Maelstromreevolution
    Parution : 23/11/19
    Pages : 204
    ISBN : 9782875053442
    prix : 15 €

    Présentation de l'éditeur

      Un roman initiatique qui nous entraîne dans les méandres de la Kabbale mais aussi du zoroastrisme, du christianisme des origines et du soufisme. Un pont entre les diverses traditions dans un monde de plus en plus fragmenté. Une histoire où l’Amour est le moteur d’existences en quête de sens.

      Simon est astrophysicien et féru de kabbale. Il rencontre Léa, une archéologue qui travaille sur les manuscrits de la mer Morte. Ces personnages partagent une même passion pour la recherche scientifique et la quête spirituelle.
      L’un veut relier le monde d’en haut à l’infiniment petit de la physique quantique et l’autre tente de remembrer les textes du passé pour réparer les brisures de son peuple et de l’histoire. L’union de Simon et Léa s’élèvera grâce aux voies de l’amour mystique. Leurs âmes sensibles et éveillées 
    inventent une nouvelle forme d’amour inspiré par la kabbale.

    Hâte de dévorer l'adaptation graphique du roman de Pierre Lemaître 

    Couleurs de l'incendie        Christian De Metter


    Rue de Sèvres
    Scénario : Pierre Lemaître
    Dessin : Christian De Metter
    Parution : 15 janvier 2020
    Pages : 164
    ISBN : 9782369815006
    Prix : 24 €

    Présentation de l'éditeur

    Une histoire de vengeance dans laquelle Madeleine prend l’envergure d’une grande héroïne...


    Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui vont ravager l’Europe.

    Dans un registre différent hâte de retrouver l'excellente plume de Sandrine Collette

    Et toujours les Forêts    Sandrine Collette

    Et toujours les Forêts

    JC Lattès
    Parution : 02/01/2020
    Pages : 334
    ISBN : 9782709666152
    Prix : 20 €

    Présentation de l'éditeur


    Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.
    À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

    Finaliste du Grand Prix RTL-Lire 2020
    Sélectionné pour le Prix des lecteurs de l'Express - BFM TV

    Littérature étrangère, auteure Canadienne, la reine du suspense psychologique

    Blind date   Joy Fielding

    Blind date

    Michel Lafon
    Traduit de l'anglais (Canada) par Jean-Sébastien Luciani
    Parution :  9 janvier 2020
    Pages : 384
    ISBN : 9782749941400
    Prix : 19.95 €

    Présentation de l'éditeur


    Rencontrer des gens en ligne est assez risqué. Mais dans le cadre d’une application de rencontres, personne n’a vraiment besoin de se méfier… Si ?

    Quand quatre femmes, poussées par différentes raisons, s’inscrivent sur un site de rencontres, elles ont toutes en commun l’espoir de trouver le grand amour. Seulement, l’homme dissimulé derrière le pseudonyme « M. Maintenant ou Jamais » n’a pas le même objectif qu’elles. Pour lui, tous ses rendez-vous doivent se dérouler de la même manière : il rejoint dans un bar la femme qu’il a séduite, l’invite chez lui, sert un dîner gastronomique, puis la ligote, la torture et lui fait subir une mort lente et douloureuse. Très vite, l’une des quatre femmes, Paige, tombe sous le charme du beau « M. Maintenant ou jamais ». Et de message en message, leur rendez-vous se rapproche… Paige pourra-t-elle sauver sa peau ?

    On termine avec un premier roman qui me tente énormément 

    Là où chantent les écrevisses   -   Delia  Owens


    Seuil
    Traduit de l'anglais 'USA) par Marc Amfreville
    Parution : 2 janvier 2020
    Pages : 480
    Prix : 21.50 €

    Présentation de l'éditeur

    Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

    A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour.

    La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

    Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

    Delia Owens est née en 1949 en Géorgie, aux Etats-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle a vécu plus de vingt ans en Afrique et a publié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux USA.

    Là où chantent les écrevisses est son premier roman. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.


    Challenge Belgestagram

    Belgestagram Challenge

    cover photo, L’image contient peut-être : 6 personnes, personnes souriantes, texte



    C’est   @cappuccino.and.books    qui est à la base de ce challenge, je le trouve original c’est pourquoi j’ai décidé d’y participer pour essayer de diminuer ma Pal

    L’idée, j’adore, mettre en avant les bloggueurs et bookstagrammeurs belges. 
    Avoir l’occasion de se repérer et de faire un peu parler de nous, et qui sait, ce serait vraiment chouette , se rencontrer, pourquoi pas à la Foire du Livre de Bruxelles, au milieu de ce challenge.

    Au départ je n’avais pas bien compris, je pensais que l’objectif était de lire des auteurs belges, et pour cela il y a le mois belge d’Anne et Mina en avril auquel je participe chaque année !  Non ici c’est qu’on parle un peu de la communauté littéraire belge et en même temps en parlant de villes de notre beau pays. Comment ?  Sous forme de diverses catégories. Je vous explique de suite.

    Le challenge durera un mois et commence le 21 janvier jusqu’au  21 février 2020. Il est ouvert exclusivement aux lecteurs belges !!

    50 pages lues = 10 points

    Ensuite on choisit dans les catégories suivantes, sachant qu’un livre peut faire partie de plusieurs catégories.  Mais on ne cumule pas plusieurs fois la même catégorie. Tout est super bien expliqué sur la vidéo IGTV de @cappuccino.and.books.

    1.      Anvers : le dernier livre acheté ou reçu.                                        25 points
    2.     Arlon : sortir de sa zone de comfort .                                             75 points
    3.    Ath : ville des géants, lire une brique de + de 500 pages.              75 points
    4.     Binche : une couverture orange                                                     50 points
    5.   Bruges : une romance                                                                     25 points
    6.      Bruxelles : un auteur belge                                                           100 points
    7.      Charleroi : une BD                                                                          25 points
    8.      Gand : roi, complot, pouvoir                                                           50 points
    9.      Liège : connu pour son accent, un accent dans le titre                    25 points
    10.   Louvain-La-Neuve : yong adult                                                      25 points
    11.   Namur : chevalerie, conte, légendes                                                50 points
    12.   Ostende : mer, océan, piraterie                                                        50 points
    13.   Spa : feel good, détente, bien-être, un livre doux                            25 points
    14.   Tournai : auteur frontalier (Fr/NL/Lux/Allemagne)                        25 points

    Voilà pour le règlement, si vous voulez participer c’est sur IG et via FB. Il ne me reste plus qu’à vous proposer ma sélection.

    C’est une PAL provisoire car je ne connais pas encore les arrivages de la semaine !
    En photo :



    En détail :

    Le bord de l’abîme de Bernard Minier :  Ath (75) Liège (25) Gand (50) Tournai (25)
    Le second disciple   Kenan Görgun : Binche (50) Bruxelles (100)
    L'affaire Magritte  Toni Coppers   Anvers  le dernier reçu (25)
    Le stakhanoviste  Philippe Thewissen : Arlon(75)
    Voyage aux îles de la désolation  Lepage :  Charleroi (25) Ostende (50)
    La vie qui m'attendait  Julien Sandrel : Spa (25)

    et si j'y arrive  Pascal Manoukian "Le cercle des Hommes"  car j'en ai trop envie

    Ceci me semble déjà ambitieux (vu le pavé de 570 pages), la pile peut être modifiée en fonction du temps disponible et de mes humeurs de lecture.

    J'espère en lire plus car ma PAL déborde de nouveautés toutes aussi tentantes les unes que les autres.


    samedi 18 janvier 2020

    J'aurais dû apporter des fleurs - Alma Brami

    J'aurais dû apporter des fleurs  -  Alma Brami



    Première Parution : Mercure de France
    La Bleue 2014
    Folio 6147  Gallimard
    Parution : 30/05/2016
    Pages : 176
    Isbn : 9782070469697
    Prix : 6.80 €

    Présentation de l'éditeur

    «"N’apporte rien, Gérault, on a tout !" Toujours cette générosité qui écrase. Mieux vaut des mains vides et l’honneur sauf, qu’un "oh, mais fallait pas" qui accable.»

    Gérault tente d’offrir une image idéale de lui-même, mais quand on est seul, au chômage à cinquante ans, ce n’est pas chose facile. Homme empêché, il s’interdit de dire ce qu’il pense et retient en lui sa colère, sa violence. Sa voix intérieure prendra-t-elle peu à peu le dessus?

    L'auteur

    Photos de Alma Brami - Babelio.com

    Comédienne, Alma Brami a été révélée comme romancière à l'occasion de la rentrée littéraire 2008 avec Sans elle, couronné par de nombreux prix. Depuis, elle a publié Ils l'ont laissée là en 2009 et Tant que tu es heureuse en 2010. Ces trois romans ont été publiés en Chine en septembre 2011. C'est pour ton bien, son 4e roman, a été publié au Mercure de France en 2012. En janvier 2013, elle a publié Lolo, aux éditions Plon. Elle écrit également pour les enfants ; son premier album jeunesse Moi, j’aime pas comme je suis est paru aux éditions Albin Michel en 2011.
    J'aurais dû apporter des fleurs est son sixième roman.

    Source : Mercure de France


    Mon avis

    Gérault a la cinquantaine, il vient d'être viré. Il est célibataire. Sa mère malade le fait culpabiliser de ne pas lui rendre visite plus souvent. Voilà, le décor est planté. Ah oui, j'oubliais il y a aussi Françoise. " Françoise, ce n'est pas l'idéal mais c'est moins pire qu'autre chose"


    Pas drôle ce gaillard ! Charles Gérault est seul et aigri, il s'interdit de dire tout haut ce qu'il pense tout bas. Il veut prendre des décisions mais n'y arrive pas et fait l'inverse pour être dans la norme. Hypocrisie, manque de confiance en lui ? Il bouillonne de colère, mais semble doux et calme comme un mouton.


    Ce petit roman est un monologue intérieur, il nous dépeint avec ironie la vie de tous les jours.
    Gérault est un personnage avec des contraintes, ses contradictions, il dépeint de manière cynique et tragi-comique notre société. Il est empathique, empreint d'humanité.


    Ce roman raconte une histoire banale d'un gars ordinaire, cela aurait pu être ennuyeux, insipide, c'est tout le contraire grâce à la plume fluide, ironique, sarcastique d'Alma Brami. C'est toute la prouesse de ce petit roman qui se dévore rapidement. On ne le lâche pas avant la fin, c'est garanti.


    Ma note : 8,5/10

    Les jolies phrases

    Le jeune con met la tête en arrière, en avant, arrange sa mèche, il n'écoute pas vraiment, c'est le patron, un patron n'écoute pas vraiment.

    Mentir devient quotidien, c'est tellement simple que de décevoir ?

    "Ah si seulement, tu étais aussi impliqué pour tes devoirs que pour t'abrutir devant des âneries", m'aurait asséné Mémé à son âge, et ma ferveur aurait été hachée menue comme mes testicules.
    Si tu étais autant impliqué pour faire ta toilette que pour caresser le cocker de la voisine, si tu étais aussi doué en sport que pour ronger tes ongles, si tu étais autant réactif quand ton père te demande quelque chose, que quand c'est moi.
    Mon premier compare l'incomparable, mon deuxième inocule la honte et mon troisième réduit mon fils au désespoir, mon tout est un fléau. Qui suis-je ?

    "Prends un dessert, Poussin, que tu n'aies pas le ventre vide pour dormir ", le môme se ruera sur une mousse chocolat-chantilly.
    "Un fruit ce serait mieux, Poussin, une banane par exemple, tu aimes les bananes après la piscine", les bananes bruniront, à l'abandon dans le frigo, le môme est déjà loin, empreintes de doigts gras partout sur les murs.
    "Ah, les enfants" répètera Etienne ou Jeannine sur le même ton admiratif, un ah les enfants de délectation, de fierté.
    "Il mange un peu trop de sucre en ce moment, faut faire gaffe, Chat !" dira Jeannine à Etienne ou Etienne à Jeannine pour se donner bonne conscience, mais ils continueront inlassablement de remplir leur Caddie de mousses au chocolat, de Kinder Surprise, de Nutella et de brioches. "Les enfants en raffolent, pourquoi les priver d'un tel bonheur?"
    Et malgré cette enfance princière de même gâté, Tache-de-rousseur trouvera quand même le moyen de les assaillir de reproches en grandissant.

    Françoise est un cadeau.  Elle a semé des graines en moi, des graines de confiance, des graines d'amour.  La récolte sera pour une autre, une autre aux cuisses qui me réclament et au nectar sucré.  Françoise a été parfaite pour me réparer.

    Du même auteur j'ai lu et adoré

    Cliquez sur la couverture pour avoir accès à l'article.

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    mercredi 15 janvier 2020

    Une bête au Paradis - Cécile Coulon ♥♥♥♥♥

    Une bête au paradis    /   Cécile Coulon  ♥♥♥♥♥


    L'iconoclaste
    Parution : août 2019
    Pages : 352
    Isbn :
    Prix : 18 €

    Présentation de l'éditeur

    Le roman fiévreux d'une lignée de femmes envoutées par ce qu'elles ont de plus précieux : leur terre. Puissant et Hypnotique.


    La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance.

    « Une bête au Paradis » est le roman d’une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.

    Cécile Coulon


    Source : Iconoclaste

    Cécile Coulon est née en 1990. En quelques années, elle a fait une ascension fulgurante et a publié six romans, dont Trois Saisons d’orage, récompensé par le prix des Libraires, et un recueil de poèmes, Les Ronces, prix Apollinaire.

    Mon avis


    « Vous êtes arrivés  au Paradis » indique le panneau.  Est-ce le Paradis ou plutôt l’enfer depuis qu’Emilienne (la matriarche) élève Blanche 5 ans et son petit frère Gabriel, ses petits-enfants, orphelins de Marianne et Etienne disparus dans un accident de voiture?

    Le Paradis, c’est la ferme, les animaux, les tâches journalières, la vie est dure tout comme Emilienne qui peut cependant aussi avoir le cœur tendre.  Veuve, elle fait tourner sa ferme grâce à Louis le commis qu’elle a recueilli enfant, battu par son père, un écorché qui essaie de se trouver une place au Paradis.

    Le temps passe, Blanche grandit, Alexandre est son ami à l’école, un enfant du village, fils de la femme de ménage de la mairie et d’un employé des chemins de fer.  Ils ont une vie médiocre, sans artifice dans une maisonnette étriquée.
    Blanche a 16 ans lorsqu’elle s’abandonne à  Alexandre qui est devenu son premier amour.  Cela se passe le jour de l’abattage du cochon, temps fort à la ferme, sous l’œil noir de Louis, jaloux, secrètement amoureux de Blanche. 

    Blanche est convaincue qu’Alexandre est l’amour de sa vie et que comme elle il est attaché aux terres, à leur campagne mais il ne l’entend pas comme elle et part à la ville faire des études de commerce. Il succombera aux sirènes de la ville.

    Blanche est dévastée, meurtrie mais c’est une battante, une guerrière comme Emilienne, elle ne s’avoue pas vaincue, elle va se battre pour faire tourner son Paradis, avancer contre vents et marées.
    Douze ans plus tard, cet équilibre enfin trouvé risque de basculer….

    C’est un roman rural, noir que nous propose Cécile Coulon.

    Chaque chapitre porte le nom d’un verbe, d’une action et donne le ton.  « Faire mal », « protéger », « construire » … il donne le rythme..
    On sent la tension monter au fil de la lecture.

    Ce roman nous parle de la terre, de la vie en milieu rural, des racines, de l’attachement à la terre mais aussi d’exode.

    Il nous dépeint des personnages extrêmement aboutis psychologiquement, des êtres voulant vivre, aimer mais aussi de comment l’amour peut devenir de la haine, de la vengeance.  Passion, liberté, renoncement, fatalité, trahison.  La plume est juste, humaine, fluide.  C’est captivant, passionnant. 

    Mais qui est la bête qui trouble ce paradis ?  Lisez, vous le saurez.


    Gros coup de cœur de cette rentrée littéraire.  ♥♥♥♥♥

    Les jolies phrases

    Elle aimait cet homme à la manière d'un animal qui suit le maître qui le bat chaque matin pour le caresser chaque soir.

    Non pas qu'il voulût lever la main sur Blanche : au contraire, cette main qui enfonçait des pieux de bois dans cette terre mouillée du Paradis, menait les vaches aux prés, cette main il voulait qu'elle danse autour des cheveux de Blanche, qu'elle frôle sa nuque, qu'elle l'enveloppe comme quelques années plus tôt l'édredon avait adouci ses blessures.

    Très tôt, sa grand-mère lui avait expliqué que le corps des femmes était "une ville" et celui des hommes "un village".  Les formes des femmes changeaient sans cesse, évoluaient, se répandaient à la vue des autres, la peau se gonflait en certains lieux et se creusait ailleurs, tandis que le corps des hommes, passé l'adolescence, gardait son aspect et sa taille initiale. L'âge et l'alcool pouvaient l'arrondir, mais il ne se métamorphosait pas.  Blanche devait selon sa grand-mère, se préparer à de grands changements.  Sa petite ville deviendrait plus vaste, plus grosse, plus désirable. 

    Comme deux chevaux de labour, Blanche et sa grand-mère tiraient Gabriel, un garçon naïf, cassé par la mort de ses parents, à travers les plaines de son chagrin.

    Il passait sa vie à fouiller dans le regard des autres, dans leurs gestes, les méandres de leur âme, pour s'y faufiler gentiment, sans violence, avec cette aisance extraordinaire bien qu'agaçante et cruelle.

    Il scruta son visage : elle avait vieilli. Ses yeux disparaissaient enfoncés dans les rides qui les mangeaient, rivière jamais rassasiée.  Le vert si dur, si beau de ce regard avalé par le temps se transformait en gris, un gris de terre, un gris de jument, un gris qui ternissait tout, amplifiait les petites peurs, les angoisses sans importance.

    Il ne faisait pas partie de la famille.  Il était employé ici. On ne lui avait rien dit, parce qu'on attendait de lui ce qu'on attendait d'un commis de ferme. Nourrir les poules. Nettoyer la cour. Inspecter la grange. Trier les oeufs. Traire les vaches. Il ne faisait pas partie de la famille, il faisait partie de la ferme.  Louis avait oublié ce que c'était d'être du paysage sans être de la photo.






    dimanche 12 janvier 2020

    Elles m'attendaient Tom Noti ♥♥♥♥♥

    Elles m'attendaient  -   Tom Noti



    La Trace
    Parution : 18/02/2019
    Pages : 162
    Isbn : 979-10-97515-17-1
    Prix : 18 €

    Présentation de l'éditeur


    Deux personnes s’aiment et leurs solitudes s’aimantent. Cela ressemble à une histoire d’amour simple et lumineuse, mais c’est sans compter sur les ombres que Max cache derrière ses silences...

    L'auteur















    Photo prise par Willy Lefèvre à Mons Livres en novembre 19

    Il vit au creux de montagnes majestueuses qui sont son oxygène.

    Il a longtemps refréné son désir d’écrire croyant que la littérature était une affaire de castes. Passionné de lecture, de cinéma, de basket-ball, c’est en incitant ses fils à vivre leurs rêves que le boomerang des passions intimes lui est revenu en pleine tête. Il s’est donc jeté sur ses pages restées trop blanches, trop longtemps, pour être désormais, l’auteur de plusieurs romans.

    Ses histoires racontent les gens qui avancent, vaille que vaille, avec leurs sentiments en bandoulière et les casseroles qu’ils trimballent.

    Il pourrait un jour quitter ses montagnes...

    Mon avis


    C'est un véritable petit bijou que ce roman de Tom Noti. Merci aux éditions La Trace de découvrir et publier de formidables talents, des auteurs avec une plume authentique, différente procurant à chaque fois de l'émotion.


    Croyez-moi, Tom Noti en fait partie et cette petite pépite remue, c'est un récit magnifique !


    Halley a su au premier regard que Max serait l'Amour de sa vie; allez savoir pourquoi deux êtres si différents deviennent tout l'un pour l'autre.


    Halley est solaire, directe, gaie, communicative. Max est taiseux, solitaire, maladroit, blessé, renfermé. Il traîne avec lui un lourd fardeau qui le fait se refermer comme une huître mais, une chose est certaine c'est avec Halley qu'il veut se marier, avancer.


    Max est un bosseur, il travaille sur les chantiers, c'est un colosse aux pieds d'argile qui redouble d'efforts pour offrir tout ce qu'il faut pour le bébé qui va naître, car oui il va devenir père, créer une famille.


    L'arrivée de Rosie sera pour lui la découverte d'un amour immense mais aussi la naissance d'angoisses, de peurs diverses. Celle de perdre cet amour, de lui faire du mal, ses démons se ravivent à lui, sa blessure est à vif.


    C'est bien d'amour qu'il est question, l'amour dans toutes ses formes, dans tous les sens, l'amour du couple, celui de la famille, l'amour père-fille, fille-père, fille-mère...


    Un amour c'est fort, puissant mais tout aussi fragile. Max a peur de faire mal, de faire souffrir comme il a souffert. Il adore sa fille Rosie plus que tout, elle aime son père et l'admire, c'est lui qui lui transmet sa force. Il sera aussi pour Halley l'amour de sa vie même si tout basculera lors d'un accident de chantier, un destin hors du commun... Non, je ne vous en dirai pas plus, à vous de le découvrir dans cette superbe lecture.


    C'est un roman choral bien construit où par le biais de courts chapitres qui donneront le ton du roman. Chacun tour à tour se livre, se raconte. L'écriture est simple, fluide, poétique, bienveillante. Tom Noti donne beaucoup de profondeur à ses personnages parfaitement aboutis.


    La vie pourrait dans leur cas être sombre, noire même mais jamais les protagonistes ne tombent dans ces travers, au contraire. Ce texte est d'une humanité incroyable, d'une justesse et sensibilité très grandes. Sa lecture m'a remplie d'émotions.


    Une histoire d'amour hors du commun où un orphelin des sentiments communique à sa famille un amour inconditionnel dans le respect, tout en gardant une dignité, un amour à toutes épreuves.


    C'est beau, à lire, à découvrir d'urgence. Inutile de vous le signaler c'est un immense coup de coeur. ♥


    Les jolies phrases


    L'absence de mes parents, ce désert de leur défaillance. J'y vivais esseulé, dans ce désert, depuis tant de temps. Un petit nomade, un touareg, sans caravane, sans soleil. Juste le froid. J'avais vécu nuits et jours dans ce vide blanc, immaculé et glacé. Plus Inuit que Touareg. Plus nuits que jours. J'avais toujours habité un igloo de sable. Pas un château. Un igloo. Toujours. Et malgré les soleils, mes plus infimes cellules étaient polaires. Jusqu'à ce qu'Elle pose ses yeux sur moi, que mon réchauffement climatique s'amorce. Rien à faire de l'écologie ! Laissez fondre ma banquise sous le charbon ardent de ses yeux trop noirs.


    J'étais un orphelin des sentiments, un méfiant de l'attachement, un vagabond des liens humains. Elle seule m'avait attrapé au lasso de son sourire.


    Alors, les nuits sont devenues blanches. Pas comme ces feuilles qui attendent les mots d'une histoire, le dessin d'un enfant. Mes nuits étaient blanches comme la neige des sommets où l'on ne peut pas vivre, où rien ne pousse, où rien ne survit à part les quelques espèces rares... Un endroit où l'oxygène est si précieux que l'on ne respire qu'au compte-goutte.


    Les malades sont une population à part de la vie. Comme les gens qui vont à la montagne et qui pleurent parce qu'il fait froid. Tu as froid, tu te couvres, tu te protèges. Le froid, tu n'y peux rien, tu n'as pas d'influence sur le climat, il me semble... Alors, tu fais avec, tu fais contre plutôt. La maladie, les douleurs, c'est pareil. Une fois que tu es à l'hosto, c'est plus la peine de se plaindre. Tu es sur la piste noire, rouge ou bleu, peu importe, mais faut descendre en tombant le moins possible et en faisant vite. Enfin, je suppose, parce que moi, le ski, je n'en ai jamais fait. Mais ça doit être grosso modo la même chose pour tout ce qu'il t'arrive dans la vie... Tu te tais si tu n'as rien d'intéressant à dire pour changer la donne. Tu te tais si tu n'y peux rien.


    La sueur pour gagner est moins amère que les larmes de perdre.


    Regarde autour de toi, Rosie, il y en a toujours l'un des deux qui aime dans un couple et l'autre qui accepte l'amour. Un qui donne, et l'autre qui reçoit. Il y en a toujours un qui aime plus que l'autre. C'est mathématique, il n'y a pas d'égalité des sentiments.

    mercredi 8 janvier 2020

    Salon de Lire c'est Libre - 25 janvier 2020

    Salon du livre de Lire c'est libre

    Paris Mairie du 7 ème  le 25 janvier 2020

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    Notez bien la date, c'est le 25 janvier prochain de 14 à 18h.  C'est la sixième édition de ce salon que j'aime beaucoup .

    Un salon organisé par des passionnés de lecture , l'association Lire c'est libre qui vous propose de venir à la rencontre de 40 auteurs pour moitié littérature blanche contemporaine et pour l'autre de l'univers du polar, thriller, noir. 

    Chaque auteur invité a été lu et aimé par Lire c'est Libre c'est une des spécificités de ce salon.

    Une autre particularité de ce salon, c'est la convivialité, le contact humain. Les auteurs sont très disponibles, toujours heureux de rencontrer leurs lecteurs. L'occasion de discuter vraiment. Les échanges sont primordiaux et la chaleur humaine est très présente.

    Le cadre est magnifique, le salon se déroule à la mairie du 7 ème arrondissement qui est splendide.  
    Vous aurez l'occasion  d'assister à des tables rondes, à une lecture et bien entendu vous aurez l'occasion d'acheter les livres des auteurs présents grâce à la librairie Tome VII  qui sera présente.

    Attention il y aura des réductions sur les livres Coup de coeur de l'association, surprise surprise.

    Bref un super salon qui privilégie l'humain, j'en reviens chaque année enchantée, c'est toujours un bon moment alors notez la date et venez y faire un tour.

    Les amis belges, avec le Thalys c'est rapide, efficace et l'occasion de faire un week-end prolongé à Paris.

    Les invités d'honneur

    Bernard Minier                             et   Françoise Bourdin

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    ©Emanuele Scorcelletti                                                 (c) Melania Avanzato



    Demandez le programme

    Rencontres, lecture, tables rondes : voici le programme complet





    A très vite à Paris.

    vendredi 3 janvier 2020

    La guerre des Lulus - Lucien / Hautière et Hardoc ♥♥♥♥♥

    La guerre des Lulus   ♥♥♥♥

    Tome 6  Lucien     

    Régis Hautière et Hardoc

    La Guerre des Lulus - Tome 6 - Lucien
    Casterman
    Parution : 13/11/2019
    Scénario : Régis Hautière
    Dessin : Hardoc
    Pages : 64
    ISBN : 9782203159266
    Prix : 13.95 €

    Présentation de l'éditeur


    Séparés à l’issue de la guerre, les Lulus vont-ils parvenir à se retrouver ?


    Novembre 1918. La guerre est terminée mais le combat des Lulus pour leur propre survie continue. Hospitalisé à Troyes, Lucien se souvient de son arrivée à l’orphelinat de Valencourt et de sa rencontre avec ceux qui allaient devenir ses meilleurs amis. À cette époque, la Grande Guerre n’avait pas encore ravagé l’Europe et les moments de joie et d’insouciance étaient fréquents. Pourtant, la douleur, le danger et les vexations faisaient déjà partie du quotidien des Lulus...


    Mon avis

    Régis Hautière et Hardoc reforment le duo de départ pour poursuivre cette belle série qu'est "La guerre des Lulus".

    La guerre est finie et ironie du sort c'est dans un ancien orphelinat transformé en hôpital que Lucien la termine.  Il est en convalescence, on l'a amputé de la jambe et il se confie à Adélaïde son infirmière.

    Il lui raconte son arrivée en 1910 à "La maison des enfants trouvés", c'est comme cela qu'on parlait de son orphelinat.  Il se souvient de la bande d'Octave qui dirigeait la bande des grands et semait un peu la terreur sur place.

    Il nous raconte comment il a rencontré Luigi, et l'histoire de chaque enfant, comment s'est constituée "La bande des Lulus".  On comprend mieux la naissance de leur indéfectible et formidable amitié.

    Lucien fait part de ses craintes de ne pas retrouver les autres Lulus.

    Une belle façon de prolonger la série et de revenir sur chaque enfant.  Je suis une inconditionnelle, j'adore cette série.  C'est tendre, réaliste, sensible.

    A découvrir si ce n'est déjà fait.

    Ma note : ♥♥♥♥♥

    Dans la même série j'ai lu et adoré

    Cliquez sur les couvertures pour avoir accès à l'article

    Régis Hautière et  Hardoc - La Guerre des Lulus Tome 1 : 1914 : La maison des enfants trouvés.
    La Guerre des Lulus - Tome 4 - 1917, la déchirureLa Guerre des Lulus - Tome 5 - 1918, Le der des ders

    La série vue par Hautière et Cuvillier

    1916 La Perspective Luigi - Tome 1La Guerre des Lulus - Tome 2 - La Perspective Luigi