jeudi 31 octobre 2019

De l'autre côté des flammes - Sophie Marie Dumont ♥♥♥♥♥

De l'autre côté des flammes  -   Sophie Marie Dumont



Genèse éditions
Parution : 20 septembre 2019
Pages : 184
Isbn : 9791094689585
Prix : 20 €
Numérique : 12.99 €

Présentation de l'éditeur


À la veille de son cinquantième anniversaire, Laurence, une journaliste belge, tente de reconstituer le puzzle de son enfance orpheline afin de mieux comprendre son mal-être et en particulier, sa pyrophobie. En remontant le temps, son enquête la mène aux circonstances de la mort de son père le jour de l’incendie du grand magasin bruxellois L’Innovation, le 22 mai 1967 à Bruxelles. Cet événement douloureux est resté gravé dans la mémoire collective du plat pays comme étant la plus grande catastrophe qu’ait connu le royaume en temps de paix jusqu’aux terribles attentats de 22 mars 2016.

Déterminée à en savoir plus, Laurence interroge son passé et plusieurs membres de sa famille, remonte quelques pistes, explore les témoignages de survivants et fouille les archives. Que révèle exactement l’enquête des experts menée après le drame ? Pourquoi a-t-elle été classée sans suite ? En cherchant l’origine de ce drame collectif, Laurence va découvrir une insoupçonnable vérité personnelle. La boîte de Pandore va s’ouvrir. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Pour construire ce roman, l’auteure a retracé les faits dans son contexte historique en croisant les différentes pistes et hypothèses ainsi que les témoignages des derniers survivants de l’incendie. Aux archives de Bruxelles, elle a rassemblé documents et articles de presse lui permettant de décortiquer le fil de la tragédie.

Ce roman a figuré dans la liste des finalistes du Prix Fintro 2018 après avoir conquis un jury de lecteurs.


Entendu à Bruxelles : Incendie au Centre Ville - bxl.blog  

L'auteure


Sophie Marie Dumont est née à Bruxelles en 1969. Après avoir obtenu une licence en Communication (IHECS) et une maîtrise en Sciences de L’Environnement (FUL), elle change de cap et s’expatrie à Paris. Grande lectrice, elle crée son blog littéraire (vouslisez.com) et participe à différents jurys de lecteurs. Grâce à un atelier d’écriture, elle remporte plusieurs concours de nouvelles et poèmes. De L’autre côté des flammes est son premier roman. Sophie Dumont vit à Fontenay-sous-Bois en France.


Incendie Innovation - brand Innovation - fire Innovation ... 1903, Le grand magasin "À l’Innovation" (now Galeria Inno ...

Mon avis

Tout le monde je pense en Belgique se souvient de cet événement tragique survenu le 22 mai 1967; l'incendie de l'Innovation rue Neuve à Bruxelles.  Je n'avais pas trois ans mais cela fait partie de notre mémoire collective.

Laurence Bodart est née le jour de cet incendie qui a vu périr son père Lucien.  Elle souffre de pyrophobie depuis son enfance.  Se retrouvant seule suite à l'échec de son couple, elle décide qu'il est temps de reconstituer le puzzle de son enfance orpheline et propose à son journal d'enquêter et de rouvrir ce lourd dossier joignant sa quête personnelle en cherchant les causes de ce drame collectif.

Elle souffre comme de nombreuses autres familles de victimes de ce drame.  Elle décide de créer un groupe Facebook pour retrouver d'autres personnes souffrant comme elle, discuter, entendre des témoignages, refaire l'enquête classée sans suite il y a presqu'un demi-siècle.

Elle cherche la trace du père, Lucien Bodart, électricien en chef à la Monnaie.  Ce sujet est tabou, sa mère s'enfermant dans le mutisme à chaque fois qu'elle aborde le sujet.

Incendie accidentel ou incendie criminel ?

Différentes pistes lui seront reportées, acte isolé, attentat, accident...

Une à une, elle reprend chacune des pistes se basant sur les témoignages des survivants, ce drame collectif lui donnera la clé de son drame personnel.

C'est palpitant, une enquête passionnante qui nous ramène à l'histoire de notre pays, de Bruxelles mais aussi au fort de Brendonk, le camp de concentration européen le mieux conservé d'Europe.

Ce qui m'a plu d'emblée dans ce premier roman, c'est la description détaillée des bâtiments de Bruxelles, c'est très bien documenté.  Étant belge, je me suis délectée dans les descriptions de la ville, des bâtiments historiques, un bond dans l'histoire et aussi dans l'architecture. J'ai appris beaucoup de choses intéressantes.  C'est aussi un roman nostalgique qui fait revivre l'ambiance de mon enfance.  

On apprend les origines du magasin, son évolution, l'histoire des familles Bernheim- Meyer.
Histoire et fiction se mélangent à merveille.

Pas d'inquiétude si vous n'êtes pas belge car des annotations vous permettront de comprendre des expressions ou coutumes locales, à les resituer dans le temps ou dans l'espace.  Un petit régal.

L'enquête est bien menée.  L'écriture est fluide, les courts chapitres rythment bien le récit.


Ce roman était finaliste du Prix Fintro 2018, un excellent moment de lecture.

Un tout grand merci à Danielle Nees de Genèse éditions.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

Près de 50 années s'étaient écoulées depuis 1967 : 50 Noël, le cinquième nombre magique, un demi-siècle, des noces d'or...  A mes yeux, Bruxelles évolua comme une femme : une beauté nordique qui ne ressemble à aucune autre et qui laisse derrière elle son passé.

Tout le monde se souvenait de ce qu'il faisait le 22 mai 1967. Mais quel crédit accorder à ses souvenirs ?  Les souvenirs sont des cartes postales au dos desquelles chacun écrit ce qu'il souhaite.

Les gens s'imaginent à tort qu'il faut éviter de parler pour protéger ceux qu'on aime.  Faux.  Il faut parler, parler, parler.  Extirper la souffrance au lieu de l'enfouir.  Fracasser la machine à se taire.




dimanche 27 octobre 2019

La redoutable veuve de Mozart - Isabelle Duquesnoy

La redoutable veuve de Mozart  -  Isabelle Duquesnoy



Editions de la Martinière
Parution : 5 septembre 2019
Pages : 304
ISBN : 9782732491653
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Wolfgang Amadeus Mozart était un génie.
Mort ruiné, enterré sans grande pompe, il aurait pourtant pu sombrer dans l'oubli... Si Constanze Mozart ne l'avait pas adoré au point de sacrifier leurs propres enfants à la gloire de son défunt mari. Si elle ne lui avait pas survécu pendant cinquante-et-un ans, bataillant jour et nuit pour la postérité de son œuvre. Si elle n'avait pas gratté la terre à mains nues pour retrouver son squelette, ni rebaptisé son jeune fils « Wolfgang Mozart II » pour le produire dans toutes les cours d’Europe…
Le deuil de Constanze révéla une femme d’affaires intransigeante, un caractère hors norme : une veuve redoutable. Voici le destin extraordinaire et romanesque d’une femme d’une grande modernité.


Après la publication du très remarqué L’Embaumeur, lauréat de deux prix, Isabelle Duquesnoy revient avec un nouveau roman érudit et jubilatoire. Fascinée par la figure de Constanze Mozart, elle y a travaillé vingt ans.

N'ayant pas la possibilité de tout lire, j'ai demandé de l'aide dans mon entourage

Un autre regard, celui de Christine


Constanze Mozart, veuve de Wolfgang Amadeus Mozart nous annonce tout de suite la couleur : « Le festival Mozart, c’est moi ».

En effet, dans une longue lettre à son fils ainé Carl Thomas, Constanze raconte comment elle a joué de finesse et de bravoure afin que perdure le nom de Mozart.

Elle va même jusqu’à se remarier, avec un danois du nom de Von Nissen (traduisez petit lutin), gai de son état, pour ne pas être séparée de ses enfants qu’elle compte bien former, surtout le cadet, Franz Xaver qu’elle prédit être le second Mozart, malgré sa grande paresse. E ce au grand dam de Carl Thomas qui étudie la musique sans son soutien. Ni l’un ni l’autre ne parviendra à égaler leur père et ce fut un constat amer pour Constanze.

Elle demande à Franz-Xaver Süssmayer de terminer les œuvres qui lui furent confiées, en signant Mozart, notamment « le Requiem ». Elle parvient à faire jouer ses œuvres les plus connues à Vienne dans la ville, d’après elle, de Mozart. Elle fait fi de l’arrivée de Beethoven et y parvient sans le soutien de sa belle famille, ni de sa belle sœur Nannerl pourtant mariée à un aristocrate et qui aurait pu l’aider dans sa tâche.

Mozart meurt sans le sou et en laissant énormément de dettes qu’elle mettra seulement quelques années à rembourser. Malgré toutes les péripéties de sa longue vie, elle décède à 80 ans, elle ne verra pas son plus grand rêve achevé. : la statue de Mozart fut inaugurée en 1842 et la ville de Vienne, comme elle l’avait prédit, est et restera la ville du grand Mozart.

Vengeance et souvenirs seront ses uniques sources d’intérêt.

J’ai beaucoup aimé ce tracé historique de la vie de la famille Mozart et surtout découvrir une femme dans ces années-là qui était déjà bien sûre d’elle.

On apprend beaucoup de choses ignorées à travers ce roman qui fait tout au long de la lecture référence à des moments clés de son existence ou de celle de ses descendants.


Sa note : 8/10



mardi 22 octobre 2019

Demain n'existe pas encore - Thierry Werts ♥♥♥♥♥

Demain n'existe pas encore    -     Thierry Werts  ♥♥♥♥♥

Demain n'existe pas encore

La Trace
Parution :  22/10/19
Pages : 98
ISBN : 9791097515232
Prix : 18 €


Présentation de l'éditeur



Soudain, on avait frappé à une lourde porte métallique derrière le procureur, et il était entré. Menotté. Cela faisait deux ans qu’elle ne l’avait pas vu. A cet instant, un grand frisson lui avait traversé le corps et elle avait tremblé comme une feuille, mais s’était acharnée à ne rien montrer. Pourvu que la juge ne s’adresse pas à elle ! Tout, mais pas ça ! Elle avait esquissé un regard timide en direction de son père. Il avait pleuré et elle avait eu honte. Tandis qu’on s’était affairé autour de lui pour lui ôter les menottes, il avait tenté de croiser le regard de sa fille, mais en vain...






Thierry Werts 

Thierry Werts (auteur de For Interieur - Haibus) - Babelio


Thierry Werts est un juge belge spécialisé en matière de protection de la jeunesse, d'homicides et de droit humanitaire, ce qui l'a conduit à voyager en Afrique et au Moyen-Orient. Lorsqu'il n'est pas en chambre des mises en accusation, ou il siège désormais, o,n peur le retrouver sur les chemins de grande randonnée et refaire le monde avec lui dans les refuges de montagne. Son premier texte a remporté en 2013 le second prix du 17e concours de haïkus Mainichi au Japon et il à publié un recueil poétique de voyage "For intérieur" en 2016 (éd.Pippa). "Demain n'existe pas encore" est son premier roman. Il est empreint de la mélancolie des âmes blessées rencontrées lors de ses missions.


Mon avis

Heureuse de retrouver la plume de Thierry Werts.  Souvenez-vous, un de mes gros coups de coeur l'an dernier était son petit recueil poétique "For intérieur" reprenant de très courts textes se terminant par des haïkus d'une force et d'une puissance incroyable.

Cest un premier roman, court - moins de cent pages - mais dense.  C'est juste magnifique !
Thierry Werts va à l'essentiel avec une écriture épurée, un peu à la façon de la littérature japonaise, et vous verrez que la culture de ce pays se retrouvera dans ce récit.

Le 17 mars 2006, Aurore a 12 ans, elle comparait au tribunal qui doit statuer du prolongement de son placement, c'est la procédure.  Cela fait deux ans qu'elle n'a plus vu son père Akemi Nodlot.  Il est là devant elle emprisonné pour avoir tué Victoire la maman d'Aurore.  Elle n'ose le regarder, il pleure.

Père et fille ont repris une correspondance depuis ce moment, Akemi veut renouer des liens surtout lorsqu'il apprend en 2010 qu'il est condamné, il souffre d'un cancer de la prostate.

En 2012, il a purgé sa peine, on le retrouve dans son milieu, celui de l'art au Sablon à Bruxelles, à admirer un tableau d'Alexandra Duprez.  C'est le tableau repris sur la couverture, il représente un homme marchant prisonnier dans une robe en grillage blanc, le fond de l'oeuvre est vert, un signe d'espoir ?

Qui est cet homme ?  Serait-ce lui ? Akemi ?

La vie reprend ses droits peu à peu, en 2013 père et fille se revoient enfin.

Aurore se souvient, c'était compliqué à la maison dans son enfance, Victoire sa maman voulant tout régenter, c'était une relation fusionnelle, amour-haine.

Ses rapports avec son père sont également complexes mais une chose les unit : l'art.  Il sera un joli terrain de rapprochement , les menant à une rédemption ?

Ce récit est magnifique, il nous parle aussi des peurs, des regrets, de l'amour paternel et du sacrifice.  L'écriture est belle, épurée, les mots sont bien choisis.  C'est un petit bijou qui se lit d'une traite en apnée.

Une plume à suivre avec attention.

"L'amour est la chose la plus importante et la plus difficile à partager"

Lisez, c'est excellent !

C'est un coup de


Les jolies phrases

Apprendre à écrire, c'est apprendre à penser Madame, Mon professeur me disait "on ne pense bien que la plume aux doigts, non le regard au plafond".

Des fois je me dis que c'est étrange de ne pas savoir ce qui distingue l'un de l'autre.  C'est quoi
aimer ?  Probablement le fait d'accepter l'autre tel qu'il est et non tel qu'on voudrait qu'il soit.

Toi, tu as tout et tu as compris à quel point l'art pouvait nous aider à chercher en nous le bonheur qui s'y trouve .

Après tant d'années si sombres, Akemi voulait remonter les effets de la lumière et se laisser bercer par le soleil.

Le temps s'écoule lentement avec ou sans nous, que l'on souffre ou pas.  C'est inéluctable, alors à quoi bon souffrir ?

L'amour est la chose la plus importante et la plus difficile à partager.

Au moment de tourner à droite, au croisement avec l'autre extrémité de la rue Allard, il s'était senti vaciller, ne se déplaçant plus que lentement par légers soubresauts, tel un véhicule en panne de carburant effectuant quelques bonds désordonnés avant de s'immobiliser.

- C'est étrange d'appeler son fils Crépuscule.
- Pas tant que cela pour une japonaise, c'est un signe d'harmonie ultime, le crépuscule permet d'atteindre l'immortalité par un allongement infini de l'instant.
- Le lien entre le jour et la nuit, entre la nuit et le jour ...
- Oui, le crépuscule annonce une nouvelle naissance, c'est une période du jour propice à la réflexion au voyage intérieur, le début de quelque chose !

Mais que l'amour qui unit une mère et son enfant triomphe toujours.

Du même auteur 

Je vous recommande vivement.   Accès à l'article en cliquant sur la couverture.

Couverture de : For intérieur -  Ouverture dans une nouvelle fenêtre







samedi 19 octobre 2019

Le patient - Timothé Le Boucher

Le patient    -  Timothé Le Boucher



Le Patient

Glénat
1000 feuilles
Parution : 10 avril 219
Pages : 296
ISBN978-2-344-02807-0
Prix ; 25 €

Présentation de l'éditeur

À quoi bon se souvenir qu’on a vécu l’enfer ?

La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée... 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie…

Après le remarqué Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher revient avec un ouvrage témoignant une nouvelle fois de sa science narrative exemplaire. S’inscrivant dans une veine plus réaliste, Le Patient est un thriller psychologique prenant et surprenant, laissant entrevoir quelques-uns des thèmes de prédilection de l’auteur : le rapport à l’autre, la notion du « temps », de l’identité et de la mémoire.

Mon avis

Fan de "Ces jours qui disparaissent", j'ai voulu découvrir "Le patient".  Je suis fan du graphisme de
Timothé le Boucher, un talent à suivre.

Une couverture magnifique qui annonce un suspens Hitchcockien, et nous fait penser aux "oiseaux".

Pierre Grimaud, âgé de 15 ans à l'époque est le seul survivant du massacre des Corneilles, c'est ainsi que l'on avait intitulé l'affaire à l'époque, en fait il s'agit du nom de la rue.

Toute la famille avait été assassinée au couteau mis à part deux survivants, Pierre grièvement blessé - dans le coma-  et sa soeur Laure considérée un peu "débile", différente, simplette.  On l'avait retrouvée errant un couteau à la main. 

Quelques temps après le drame, Laure s'était suicidée.

Nous sommes six ans plus tard et lorsque Pierre se réveille, il est amnésique et encore paralysé.  Il devra encore passer un petit temps à l'hôpital.

Anna Kieffer est psychologue spécialiste en criminologie, elle fait de la route pour suivre Pierre mais elle y tient car elle s'était occupée de l'affaire et avait suivi Laura.   Anna va essayer de comprendre et essayer d'aider Pierre à retrouver la mémoire.  Pierre fait des cauchemars et voit continuellement un homme tout en noir qui l'effraie.

Pierre et Anna deviendront complices au fil du temps, ce patient changera la vie d'Anna.

Un véritable thriller hitchockien, je le répète.  C'est bien pensé.  J'ai aimé la construction même si par moment on se perd un peu, c'est volontaire.

Un roman graphique de 300 pages dans lequel tensions, manipulations sont à l'ordre du jour.  Le dessin est épuré. la maîtrise narrative est parfaite.

J'ai aimé que l'auteur nous parle également du rapport que l'on a au corps, de notre image par rapport à autrui.

L'auteur nous dépeint le parcours de jeunes adolescents victimes d'accidents de la route, du réapprentissage de la vie, de leur corps et de l'image que l'on peut avoir de soi.  Il nous emmène au coeur de l'âme humaine; amnésie, manipulation, perte de la notion du temps et de son identité.

J'ai passé un excellent moment.

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

Tout le monde porte un masque de normalité, il faut savoir regarder à travers d'infimes fissures de ce qu'il dissimule.

Ma psy m'a dit l'autre jour : après une fracture, un os cassé se reforme toujours plus solidement.    Quoi ?  C'est une métaphore.  Ça veut dire qu'on sortira de ces épreuves grandis.

Vous savez je trouve que le sort qui m'est réservé est injuste.  Des hommes d'état s"octroient le droit de mener des guerres qui provoquent des milliers de victimes.  Les grands patrons exploitent les plus faibles au mépris des droits de l'Homme.  Ils détruisent les ressources nécessaires à la survie de l'humanité.  D'ailleurs une petite minorité possède la quasi totalité des richesses mondiales.  Et enfin des millions d'animaux sont tués chaque jour dans l'indifférence la plus totale pour être consommés, ils sèment la mort en toute impunité.  Je fais pâle figure face à eux.

Une victime est un terreau favorable à le redevenir.

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour avoir accès à ma chronique

Ces jours qui disparaissent - cartonné - Timothé Le ...






mercredi 16 octobre 2019

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Je vous parle des deux arrivées non lues car il y en avait quatre de plus mais je vous en parle très vite car lues.

Un livre qui m'avait interpellée lors de l'Intime Festival à Namur, celui d'un journaliste enprisonné en Turquie.

Je ne reverrai plus le monde    -   Ahmet Altan

Je ne reverrai plus le monde

Actes Sud
Traduit du turc par : Julien LAPEYRE DE CABANES
Parution : septembre 2019
Pages : 224
ISBN 978-2-330-12566-0
Prix : 18, 50€

Présentation de l'éditeur


Ahmet Altan est romancier, essayiste et journaliste, il était aussi rédacteur en chef du quotidien Taraf jusqu’au 15 juillet 2016. À cette date, la Turquie s’enflamme, des milliers de personnes descendent dans la rue à Istanbul et à Ankara suite à une tentative de putsch. Le lendemain commence une vague d’arrestations parmi les fonctionnaires, les enseignants, l’armée et les journalistes. Ahmet Altan fait partie de ceux-là, il sera condamné à perpétuité, accusé d’avoir appelé au renversement du gouvernement de l’AKP. Ahmet Altan a 69 ans.

Ces textes sont écrits du fond de sa geôle. Poignants, remarquablement maîtrisés, ces allers-retours entre réflexions, méditations et sensations expriment le quotidien du prisonnier mais ils disent aussi combien l’écriture est pour lui salvatrice. Tel un credo il s’en remet à son imagination, à la force des mots qui seule lui permet de survivre et de franchir les murs.

Un livre de résilience exemplaire.


C'est un auteur que j'aime beaucoup, il est belge. Vous souvenez-vous de "Le géranium de monsieur Jean" , un de mes gros coup de coeur et "Papas".  Michel Torrekens bous revient avec un nouveau roman.  J'aurais le plaisir d'animer une rencontre à Louvain-la-Neuve fin novembre.

L'hirondelle des Andes   -  Michel Torrekens


L'hirondelle des Andes

Zellige
Vents du Nord
Parution : 08 octobre 2019
Pages : 200
EAN : 978-2914773911
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Un voyage initiatique dans les Andes péruviennes Peu avant que son père ne s'éteigne, Pauline lui promet d'aller au Pérou sur les traces de sa mère, disparue lors d'une mission humanitaire. Arrivée à Lima la boule au ventre, elle retarde le moment de partir à sa recherche, dans un processus de procrastination. Elle a besoin de décompresser. Visite la ville, a une aventure avec Rafael, le serveur de l'hôtel, l'accompagne dans un carnaval où elle danse sans compter. Mais il faut bien honorer sa promesse. Au volant d'une vieille américaine, la voici partie dans une sierra movie, qui l'emmènera à Cerro di Pasco, la plus haute ville minière au monde, puis à Cuzco, l'ancienne capitale inca, où la rencontre avec un chaman qui l'initie à la mochica, vieille culture inca, sera déterminante, même si la vérité qu'il lui fera découvrir ne répondra à aucun des scénarios qu'elle avait imaginés... Sur les chemins escarpés des Andes, à la rencontre de populations incas traditionnelles...



lundi 14 octobre 2019

Les prisonniers de la liberté - Luca di Fulvio


Les prisonniers de la liberté   -   Luca di Fulvio

Telecharger Luca Di Fulvio – Les prisonniers de la liberté ...

Slatkine |& Cie
parution : 12 septembre 2019
Pages : 688
ISBN : 978-2-88944-096-2
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur


1913, trois jeunes gens embarquent pour l’Argentine. La rebelle Rosetta fuit son village italien. A la mort de ses parents, harcelée, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner sa ferme. Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il refuse de se soumettre à la Mafia locale. Raechel, petite juive russe, a vu sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de son père. Le nouveau monde les réunira.

Après New York, Luca Di Fulvio nous emmène à Buenos Aires. Un parcours semé d’embuches, où amitié, amour et trahisons s’entremêlent… Un grand Di Fulvio.


L'auteur


Nationalité : Italie
Né(e) à : Rome , le 13/05/1957
Biographie :

Luca Di Fulvio est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de littérature d'enfance et de jeunesse.

Avant de fonder sa propre compagnie de théâtre (Le Moveable Feast), il travaille avec Paola Bourbons, Sergio Graziani, Mario Marans, Andrzej Wajda. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d'édition.

Publié en 1996, son premier roman, "Zelter", est une histoire de vampire.

Son deuxième roman, "L’empailleur" (L'impagliatore, 2000), est un thriller qui est adapté au cinéma en 2004 par Eros Puglielli sous le titre "Ochi di cristallo".
Les droits cinématographiques de son roman "L'échelle de Dionysos" (La scala di Dioniso, 2006), dont il a aussi écrit le scénario, sont vendus avant même la parution du livre en librairie.

Sous le pseudonyme de Duke J. Blanco, il aborde la littérature d'enfance et de jeunesse avec "I misteri dell'Altro Mare" en 2002.

Luca Di Fulvio est devenu l'un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de "Le gang des rêves" ("La gang dei sogni", 2008) publié en France en juin 2016 chez Slatkine & Cie et premier tome d'une forme de trilogie. Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d'un jeune Italien, s'est lentement mais sûrement transformé en best-seller. Suivra, un an plus tard, "Les enfants de Venise" (La ragazza che toccava il cielo, 2013) puis "Le soleil des rebelles" (2018).


Source : Babelio


Il y a tellement de choses à lire, impossible pour moi de le faire seule , alors j'ai décidé d'inviter des amis à partager leur ressenti de lecture. 

Un autre regard, l'avis d'Yves 


Ces « Prisonniers de la liberté », forts de leurs 654 pages, m’ont procuré de longues heures de lecture passionnante.


J’avais découvert cet auteur italien un peu par hasard, grâce à son « Gang des rêves », paru il y a 10 ans et déniché en brocante. Déjà, pas moyen de lâcher cette histoire d’émigrés italiens aux Etats-Unis, riche en rebondissements et émotion.

Dans ce nouvel opus, l’auteur plante son décor à Buenos-Aires, en 1912-1913.

On y suit les destins de 3 émigrés (un peu contre leur gré) : Rocco et Rosetta, venus de Sicile et Raquel, jeune juive issue d’un village russe.

C’est foisonnant, passionnant, et les personnages nous entraînent dans une histoire dont on ne ressort pas indemne.

Le Nouveau Monde de 1912, c’était peut-être la liberté, mais pas pour tout le monde.
Et d’autant plus dans cette Argentine où les immigrés italiens sont légion et reproduisent les schémas mafieux de leur pays natal. Les différences de classes y sont omniprésentes et la majorité des habitants, ballottés entre pauvreté extrême et règlements de comptes, n’ont guère de raisons d’espérer.

Rocco parviendra-t-il à s’extraire des griffes de cette mafia et à retrouver Rosetta, féministe avant l’heure, croisée sur le bateau de l’immigration (coup de foudre !), elle-même sous le coup d’une accusation de tentative de meurtre et recherchée par les polices italienne et argentine ?


Raquel, qui a quitté son village natal après le meurtre de son père, pour se retrouver embringuée dans le sillage de maquereaux inhumains, trouvera-t-elle une place dans cette société qui broie tant de 
vies ?


On se doute que le roman finira bien mais les péripéties pour arriver au dénouement sont spectaculaires et toujours prenantes.


Maître d’un scénario qu’Hollywood finira bien par récupérer, Luca Di Fulvio est un auteur qui entraîne l’addiction et génère l’insomnie, tant on est pressé de connaître la suite des aventures de tous ses personnages, bons et mauvais.


A ne pas manquer !

Sa note : 9/10








jeudi 10 octobre 2019

La police des fleurs, des arbres et des forêts - Romain Puertolas

La police des fleurs, des arbres et des forêts    

Romain Puertolas

Sorcière ! - Matthieu Dhennin - MEILLEURS LIVRES . FR

Albin Michel
Parution :  2 octobre 2019
Pages : 352
EAN13 : 9782226442994
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Une fleur que tout le monde recherche pourrait être la clef du mystère qui s’est emparé du petit village de P. durant la canicule de l’été 1961.

Insolite et surprenante, cette enquête littéraire jubilatoire de Romain Puertolas déjoue tous les codes.

L'auteur




Romain Puértolas est né le premier jour de l'hiver 1975 à Montpellier. Il a une maîtrise en Lettres et Civilisation Espagnoles, une maîtrise en Français Langue Etrangère, une licence en Lettres et Civilisation Anglaises et un diplôme en météorologie de Météo France. Doté d'une oreille musicale, il parle espagnol, catalan, anglais, russe et a des notions en allemand et a même appris le swahili lors de son voyage de noce au Kenya. Il imite également très bien l'eau qui coule dans un verre.

Enfant, Romain voulait être plongeur pour le Commandant Cousteau (il l'a même chanté, la preuve ici) et agent secret. Dresseur de poupées russes, en ce sens qu'il a toujours eu comme objectif d'avoir plusieurs vies en une seule. Ainsi, tour à tour DJ, compositeur, professeur de langues, traducteur-interprète, steward, voix pour méthode de langues, nettoyeur de machines à sous, chef avion, employé de navigation aérienne et lieutenant de police, Romain a déménagé 31 fois en 38 ans et vécu dans 3 pays (France, Espagne, Angleterre), prouvant que le mouvement et le voyage tiennent une place privilégiée, si ce n'est essentielle, dans sa vie.

Il écrit depuis l'âge de 6 ans (d'abord des bandes dessinées, puis des poèmes et enfin des romans). Auteur de 7 romans et de centaines d'histoires, il justifie son imagination débordante par l'existence de Gérard, un poisson rouge offert par sa mère pour son neuvième anniversaire, qui lui dicterait phrase par phrase ses romans...

Source : son site

Mon avis

Génial ! J'étais victime d'une panne de lecture et ce livre m'a totalement guérie.  Il est fort Puertolas !

Dès l'introduction, il nous annonce qu'il s'agit d'un roman policier et "c'est juste qu'il y a ... un coup de théâtre final époustouflant.  Oui, quelque chose que l'on essaye de vous dire depuis le début, qui est là depuis le début, et que vous ne comprenez qu'à la fin.  Mais il est trop tard et vous vous apercevez que vous vous êtes bien fait avoir."

Ça marche, les amis, je me suis bien faite balader.  Un régal.

Nous sommes le 18 juillet 1961, remettons-nous dans le contexte.  Le petit village de P. , il est 11h17 le matin et un train entre en gare avec à son bord, un jeune inspecteur de police brillant dépêché à la demande du maire car un crime atroce a eu lieu dans le village.  Le corps d'un certain "Joël" a été retrouvé dans une cuve de la fabrique de confiture Boneteau, celle du maire !  Le corps avait été démembré, découpé à la scie et réparti dans 8 sacs des "Galeries Lafayette".  

A son arrivée, stupeur, le corps a déjà été enterré, un monument est en construction à la mémoire du défunt.  Pas de problème, une autopsie a bien été réalisée par le Docteur Bonnin, généraliste et vétérinaire du village.  Étranges tout cela, tout comme les habitants de la campagne.  De plus, un violent orage empêche toute communication téléphonique, originalité du roman - n'oubliez pas nous sommes en 1961 - les câbles ont été arrachés, impossible de communiquer autrement que par courrier.  Il s'agit en effet d'un roman épistolaire.

C'est assisté par J-C Provincio, de la police des fleurs, des arbres et des forêts -nous sommes à la campagne - que notre inspecteur devra résoudre ce crime horrible. Pour se faire, il a une arme secrète qui ne le quitte jamais, même dans les toilettes, si si je vous assure ...  Un enregistreur à bandes, dernier cri et ses douze piles alcalines, c'est ce qui lui permettra de retranscrire ses auditions dans des lettres envoyées au procureur. Il ne nous épargne aucun détail pour notre plus grand plaisir.

C'est une véritable enquête avec des quiproquos.  Il nous parle de la campagne et des moeurs et attitudes étranges de ces habitants, qui se croient tout permis et bafouent parfois la réglementation, quoi que ...   Parlent-ils le même langage ?

Je me suis bien amusée à la lecture, j'ai ri surtout pour le bouquet final car l'auteur s'est bien joué de nous, à des lieues de ce que l'on peut imaginer.

Coup de maître, jubilatoire !  Bravo, j'ai passé un excellent moment, un livre qui fait du bien.

Ma note : ♥

Les jolies phrases

Il est incorrect de penser que le silence règne en maître ici.  Les cigales qui font un bruit de clôture électrifiée, le meuglement des vaches, les chiens qui aboient, les clochettes des brebis qui tintent au loin comme cent églises forment un paysage sonore qui ne s'éteint pas, qui n'en finit pas, qui vous accompagne toujours, mais auquel on ne s'habitue jamais. Non, madame, il n'y a pas moins de bruit à la campagne qu'à la ville, il est juste différent.

Et puis, pourquoi tuer Joël, le seul être qui vous accompagne dans la solitude ?  Ce serait  comme, et pardon d'être si poétique, souffler sur la bougie qui illumine votre caverne, pour tomber de votre propre initiative dans les ténèbres.


Du même auteur j'ai lu 

Romain Puértolas - L'extraordinaire voyage du fakir qui ...





mercredi 9 octobre 2019

Le dernier pharaon / Schuiten-Van Dormael/Tyomas Gunzig/Laurent Durieux

Le dernier pharaon  (Blake et Mortimer)

François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig, Laurent Durieux



Dargaud
Blake et Mortimer
Parution : 29 mai 2019
DESSIN: FRANÇOIS SCHUITEN
SCÉNARIO : THOMAS GUNZIG
VAN DORMAEL JACO
FRANÇOIS SCHUITEN
COULEURS : LAURENT DURIEUX
Pages : 92
EAN.9782870972809
Prix : 17.95 €

Pour ma part, j'ai lu la version demi-format

Aucune description de photo disponible.

Présentation de l'éditeur

« Par Horus, demeure ! » Le souvenir de la Grande Pyramide hante à nouveau Mortimer. Ses cauchemars commencent le jour où il étudie d'étranges radiations qui s'échappent du Palais de Justice de Bruxelles : un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales, des pannes dans les circuits électroniques et d'épouvantables hallucinations chez ceux qui y sont exposés. La ville est aussitôt évacuée et enceinte d'un haut mur.

Pour venir à bout du rayonnement, l'armée a conçu un plan qui met en péril l'avenir du monde. Pour Blake et Mortimer, malgré leurs vieilles querelles, malgré leur âge, il va s'agir de repartir à l'aventure, vers une Bruxelles abandonnée pour tenter encore une fois de sauver le monde. Et s'apercevoir que la zone interdite n'est pas si abandonnée que cela.

Ce qu'ils trouveront là est en lien avec leur aventure passée, celle qui les avait menés au temps de leur jeunesse, vers les mystères de la Grande Pyramide.

Dans "Le Dernier Pharaon", les Belges François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux ont voulu revisiter l'oeuvre d'Edgar P. Jacobs, où se mêlent leurs talents respectifs et le plus grand respect pour la série originelle. Un hors série fidèle, mais à la fois très personnel, qui prend ses sources au coeur même des aventures de Blake et Mortimer. À ne pas manquer !




Mon avis

J'ai un aveu à vous faire, je n'ai jamais lu les aventures de Blake et Mortimer de Jacobs mais je sens que cela ne saurait plus trop tarder.

Je suis belge et j'ai comme vous le savez l'envie de découvrir et de faire découvrir des auteurs de chez nous, alors c'est tout naturellement que j'ai eu envie de découvrir cet album de François Schuiten, Jaco Vander Maelen, Thomas Gunzig et Laurent Durieux.

Un album publié en deux formats, j'ai lu l'horizontal - grand format-  et je me suis régalée.

Direction Bruxelles, plus précisément sous le palais de Justice imaginé par Poelaert.  De mystérieux hiéroglyphes, le bureau de l'architecte, le signe d'un passage, des éléments troublants, le professeur Mortimer est présent à la demande d'un ami qui s'engage dans un passage marqué du Dieu Seth, et c'est le chaos..  Un énorme faisceau de lumière se propage, émergeant de l'édifice.

Les rayonnements perturbent les champs magnétiques provoquant coupures d'électricité.  La ville est évacuée, une immense cage de Faraday est construite entourant le palais de justice pour contenir les rayons.

Quelques années plus tard, malgré les précautions, le phénomène s'étend provoquant pannes et anéantissant les ordinateurs, les transports, les télécommunications, on risque le chaos total.

Mortimer doit rejoindre Blake à Londres, il partira en mission à Bruxelles pour stopper le tout, l'armée risquant d'intervenir et de provoquer plus de dégâts.

C'est une aventure palpitante dans un monde en perdition, la ville est en ruines laissée à la nature et ses dangers.  Un groupe de survivants ?  Blake arrivera-t-il à résoudre ce mystère?

Le graphisme de Schuiten est magnifique, on retrouve des traits de ligne claire revisité.   Une réussite qui est le résultat de la collaboration entre un cinéaste, un écrivain, un dessinateur hors pair et un artiste de la couleur.  Ils nous donnent 4 regards différents.


Sauver le monde, un sujet d'actualité  Un album que je vous conseille vivement.

Ma note :  ♥♥♥♥♥

Une jolie phrase

Rien de plus effrayant que l'inconnu, rien de plus dangereux que l'ignorance.



vendredi 4 octobre 2019

77 - Marin Fouqué

77      -  Marin Fouqué


77

Actes Sud
Parution : 21 août 2019
Pages : 224
ISBN 978-2-330-12545-5
Prix  : 19, 00€


Présentation de l'éditeur

Chaque matin depuis la rentrée, ensommeillés, mutiques, mal lunés, ils se retrouvent au point de ramassage – le grand Kevin, la fille Novembre, le Traître, les faux jumeaux, et puis lui. Aujourd’hui, il ne montera pas dans le car scolaire, il va rester seul au bord de la route, sous l’abribus, sous sa capuche, toute la journée. À regarder passer les voitures. À laisser son regard se perdre sur les terres du “sept-sept”, ce département vague entre Paris et la province, entre boue et bitume, où les villes sont de simples bourgs et les champs de mornes étendues de camaïeu brun. À se noyer dans les souvenirs d’avant l’été, quand le Traître s’appelait encore Enzo et qu’avec la fille Novembre ils formaient un trio inséparable.
Ce premier roman à l’énergie brute charrie la violence et l’innocence, l’âge des possibles et de l’insupportable, la construction des corps et la fracture des rêves dans un flux de conscience époustouflant de spontanéité, d’invention, de vérité.



“Longtemps j’ai cru venir d’un paysage sans identité.

Ni tout à fait urbanisée, ni entièrement rurale, j’ai grandi dans une zone sans réelles histoire ni culture auxquelles me rattacher. J’enviais secrè­tement celles et ceux de la ville qui me parais­saient connectés en haut débit à tout ce qui palpite ; j’admirais et craignais celles et ceux des périphéries que je fantasmais comme braves et prompts à tout retourner sur leur passage ; je respectais celles et ceux des provinces qui me semblaient avoir quelque chose à protéger et à chérir. Moi, je venais seulement d’une zone où rien ne se passe et où personne n’arrive, pas assez vive et pas totalement morte, quelque part au croisement exact entre le bitume et la boue.

Du bitume et de la boue, on doute rarement de qui enfouira qui.

Alors, pour mieux la saisir avant sa dispari­tion, j’ai d’abord voulu écrire cette terre sans histoire ; mais le roman m’a tracté sur d’autres sillons : ceux d’une réalité pétrie d’entre-deux. Entre la mémoire et le paysage, entre la fange et le goudron, entre l’enfant et l’adulte, entre le jeu et le coup, entre l’oubli et le mensonge, entre l’amour et l’amitié, entre le genre et la sexualité, entre l’injonction à se construire en « vrai bon­homme » et le désir de devenir soi-même, entre la rage et l’abandon, entre la fureur et l’étreinte, entre le silence et les non-dits, entre la houle et l’impact.

C’est de cette bifurcation dans la terre que naîtrait la voix du narrateur.

Une voix si ancrée dans le paysage qu’elle l’incarnerait totalement, se faisant à la fois témoin et porte-parole d’une génération d’ou­bliées et d’oubliés de toutes provenances. Une voix pour emporter cette génération plus loin que la capuche dont elle serait protégée, plus loin que l’abribus où elle se tiendrait recluse, plus loin que l’étendue de terre qui l’entourerait avec la nationale pour seul horizon, et pourquoi pas aller encore plus loin, au-delà du territoire, au-delà des souvenirs, au-delà de l’adolescence, au-delà de la violence, au-delà de toute injonc­tion, au-delà du silence.’’

M. E

L'auteur nous en parle




Mon avis

C'est un premier roman dont on va entendre parler j'en suis certaine. Pour diverses raisons.

Sa forme : c'est un récit écrit d'un jet continu, d'une traite, sans chapître, sans alignement.  Un texte continu entrecoupé de nom de COULEUR ou de METALLISE en majuscules.  C'est tout.

Un peu perturbant au départ mais nécessaire comme un flot de paroles continu, un grand monologue qui raconte le quotidien d'un ado en capuche dans le 77.

C'est un récit qu'à plusieurs reprises, j'ai lu à voix haute pour entendre claquer la langue, sa musicalité, son rythme.

Ça claque, ça pète, ça vit et pourtant il ne se passe pas grand chose dans cet abribus en béton où notre narrateur passe ses journées à fumer des pétards refusant de prendre le car scolaire conduit par Polnareff.  Il regarde Enzo, le traître, la fille de novembre, le grand Kevin et les jumeaux partir et reste la journée dans son abri sous sa capuche.

Il nous raconte son 77, et regarde passer les voitures sur la nationale, une rouge, et il se souvient, une jaune, d'autres souvenirs reviennent et surtout 3 métallisées ce matin là.

C'est un roman d'initiation, lui au corps frêle, qui se planque sous sa capuche, nous raconte son bled, ses champs marron, le père Mandrin sur son tracteur, la vieille, les vieux qui jouent au loto, la parisienne, ce qui a fait que son pote Enzo soit devenu le traître, ...

Il nous conte l'arrivée du grand Kevin qui fera de lui un autre.

Je n'ai pas envie de vous en dire plus si ce n'est que c'est rural, c'est noir, ça claque, ça pulse, la vie quoi dans le 77.

L'écriture est tranchée, saccadée, c'est un long monologue sonore et sensible.  Poétique à sa manière.
Quelle force d'écriture.  Un coup de poing, un coup de maître disent certains.

Ce roman sort de l'ordinaire.  A découvrir de toute urgence.

Ma note : 8.5/10


Les jolies phrases

Ils se prennent pas mal la tête, les vieux, dans la vie.  Ça rassure pas pour les années à venir.

Fumer quand on est pompiste est un sport dangereux, il disait, mais ça passe le temps, il ajoutait avant de conclure que souvent, c'est ce qui est le plus dangereux qui passe le mieux le temps.


L'odeur de peau des vieux, faudrait réussir à l'isoler.  Pour comprendre. Comprendre l'odeur du temps, des paquets d'années entassés.  Comme les strates de terres en cours de SVT, à l'époque où j'y allais encore.  Cette odeur de peau de vieux, elle imprégnait la salle, tu la sentais dans ton nez à peine passé la porte.

Dingue comme le bruit d'une bagnole peut ramener au réel.  Et dingue comme les souvenirs peuvent défiler.  Encore plus vite que la vie.  Le passé, il s'enchaîne bien mieux que le présent, j'ai remarqué.

Toute la journée, calme moi aussi, les nuages à mater.  Ça bougeait toujours, les nuages, une forteresse qui devient un chien qui devient un cheval qui devient un bateau qui devient un flingue qui devient une bagnole qui devient une masse, qui devient une gueule.  Et quelques avions qui la percent comme on s'éclate les boutons.

La première claque du shit, tu t'en souviens longtemps.  D'abord tu la crains, tu te dis que c'était la pire chose au monde, le pire moment de ta vie, plus que ça se reproduise, tu t'arrêtes bien avant que ses ressacs ne reviennent.  Et puis un jour tu la regrettes.  Tu te mets à se recherche.  Tu l'idéalises.  Un peu comme l'amour.   C'est la mémoire qui te trompe.  D'ailleurs, ça sert peut-être à ça la mémoire : trouver la vie belle au moins dans le rétro.  Dans le rétro du tracteur de la vie, y a l'ancienne terre qui se retourne.  Par vagues ça se retourne et puis plus rien n'est comme avant .  Nouvelle terre.  Belle terre bien grasse et sombre du sud 77.

La vie c'est des coups, la défonce c'est de l'entraînement.  C'était ça être un homme, un vrai : se connaître de l'intérieur, en profondeur.