Les étoiles du silence - Jean-Marc Ceci
Parution : 13/03/2025
Pages : 232
Isbn : 9782940797042
Prix : 17.95 €
Présentation de l'éditeur
« C’était il y a longtemps.
Il veut raconter avant d’avoir tout oublié.
Quel âge avait-il ?
Dans sa tête, il n’était encore qu’un enfant. »
Enfant, Peihn ne parle pas. La nuit, il s’enfuit de chez lui, se couche sur le toit des immeubles et regarde les étoiles. Il souffre d’un mal rare et étrange, issu du mystère de nos origines. Perdu dans une existence terne et solitaire, le garçon multiplie les comportements provocateurs, si bien que les convocations au tribunal jalonnent son quotidien. Quand le destin met sur son chemin deux êtres décidés à l’aider, un juge particulièrement bienveillant et une adolescente venue de l’autre bout du monde, Peihn se sent prêt à affronter ses épreuves. Mais comment guérir d’un mal dont on ignore le nom ?
Les Étoiles du silence est un roman saisissant d’une grande sensibilité. Il embarque le lecteur dans un monde sans voix qui peu à peu se trouve et se déploie.
Jean-Marc CECI
Jean-Marc Ceci est écrivain et poète.
Il est titulaire d'un doctorat en théorie du droit ainsi que d'un LL.M en théorie du droit (Université Catholique de Louvain, Académie européenne de théorie du droit, Université de Luxembourg).
Il est l'auteur de trois romans. Son premier roman Monsieur Origami (Gallimard, 2016) est primé à plusieurs reprises et traduit en plusieurs langues. Son deuxième roman, L’herbe dorée (2020), s'inscrit dans un projet d'alphabétisation.
Il collabore également à des projets poétiques et artistiques.
Parallèlement, il accompagne écrivains et éditeurs dans leurs projets et propose des services de coaching, s’appuyant sur une expérience de plus de 20 ans comme indépendant et en entreprise.
Son troisième roman, Les étoiles du silence, a paru le 13 mars 2025, aux Éditions Le Soir Venu.
Source : site de l'auteur
Mon avis
Entre le récit initiatique et le conte philosophique, "Les étoiles du silence" nous raconte le parcours de Peihn, un enfant qui ne parle plus depuis deux ans. Peihn se réfugie dans le silence, dans son monde imaginaire pour combler le vide, la solitude qu'il porte en lui. Difficile pour lui d'être au monde, de comprendre ce qu'il ressent, une sorte de deuil, il se sent incomplet.
Peihn vit à Guennaroq, une ville imaginaire dans les terrils du Borinage. Il habite à la villa Melisande dans une famille dysfonctionnelle, avec la Girolama (son arrière-grand-mère), Nathalie sa maman, silencieuse elle aussi, toujours devant la fenêtre attendant celui qui ne vient jamais, et puis il y a ses sœurs Hannah et Clémentine.
La nuit, Peihn fuit, s'évade et grimpe sur les toits en compagnie de ses amis imaginaires ; Glenny, Aïfa la lionne, et ils s'évadent vers la savane africaine. Il adore contempler les étoiles, silencieuses comme lui.
Un soir, en descendant du toit, il est attiré par de la musique, un duduk arménien, c'est "ce qu'il aime le plus au monde " pense-t-il. La porte est ouverte, il rencontre Peditus Wein, un vieil homme essayant de terminer un poème depuis 40 ans, il rencontrera aussi Muskaan, Adelaïde, des rencontres qui devraient peut-être le mener sur le chemin de la guérison. Et puis il y a aussi le juge Artorius Wesley qui sur le toit du palais de justice lui parle des étoiles.
Les arts vont le guider, la poésie, le chant, la musique, le dessin, au fil des rencontres, Peihn pourra peu à peu trouver sa voie. Une écriture épurée, allant à l'essentiel avec une forme poétique, des blancs pour les silences. Un récit sur le poids du passé, la transmission des non-dits, l'oubli, le mystère des origines.
Très beau récit à découvrir au plus vite.
Les jolies phrases
Elles sont comme moi, pense Peihn. Elles vivent sans parole. Ou alors parlent et le bruit du jour recouvre leurs voix nocturnes.
La souffrance demeure de ne pas avoir trouvé en ses parents le refuge contre les lois du monde.
Notre propre vérité parfois nous échappe et nous oublions des pans entiers de notre histoire.
Il faut faire confiance à ce que l'on ressent parce que c'est notre seule vérité dans notre solitude.
Quand on n'a plus besoin des gens, on se rend compte qu'on les désire encore.
On voudrait tant qu'une mère porte en elle toutes les réponses du monde, mais ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent.
Toute obscurité a une part de lumière.
J'ai appris que les hommes n'aiment pas les femmes qui marchent parce qu'une femme qui marche n'a pas besoin d'un homme, et un homme qui sait que l'on n'a pas besoin de lui se sent seul et inutile, comme un chien de berger se sent perdu dans troupeau à garder.
Je pense que d'une certaine façon nous sommes, nous tous sur cette terre, des êtres arrachés. Chacun à sa manière. Arrachés à un frère, une mère, un rêve, un désir. Mais cette partie de nous qui est restée debout est encore disponible et promise à quelque chose d'autre qui peut encore venir.
Comment se fait-il qu'avec le temps l'on oublie ce qui était si important à nos yeux ?
Avec l'apparition de la parole, l'homme a aussi créé le non-dit.




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