mercredi 11 septembre 2013

La nostalgie heureuse Amélie Nothomb ****

La Nostalgie heureuse
Albin Michel
Août 2013
Format : 200 mm x 130 mm
162 pages
EAN13 : 9782226249685
Prix : 16.50 €

Quatrième de couverture :

« Tout ce que l’on aime devient une fiction. »

Amélie Nothomb



Ma critique


Il est vrai qu'Amélie Nothomb fait partie de mes auteures préférées, même si parfois j'attends la parution de ses ouvrages en poche. Son "Barbe Bleue" l'an dernier m'avait tant plu, et l'idée de la retrouver au Japon a fait que, ben oui, je me suis précipitée et oui je l'ai déjà lu.

Et j'avoue, la seule réelle critique est que comme chaque fois, cela passe trop vite, cela laisse un goût de trop peu....  C'est trop court, Amélie, on en veut encore.

J'ai toujours pris autant de plaisir à la lecture, j'adore vraiment son écriture qui à chaque fois m'embarque. J'avais vraiment l'impression  de l'accompagner au Japon.

Cela faisait 16 ans qu'elle n'avait pas mis les pieds au Japon.  Le sentiment d'un nécessaire retour aux sources, d'une boucle à boucler??

Alors que la télévision française lui propose un reportage au Japon, elle accepte, persuadée que le sujet ne sera pas réalisé.  Serait-ce un manque de confiance en elle ?, la peur de ce qu'elle va retrouver ?

Mais le sujet a bien lieu, je me souviens de l'avoir vu en télé l'an dernier.

Avant le voyage, nostalgie, nostalgie.. elle reprend contact avec Rinri (son premier vrai fiancé comme elle le dit voir "Ni d'Eve, Ni d'Adam) qu'elle a pourtant abandonné il y a 16 ans.  Elle le fait comme pour être certaine que la réalité a bien existé, qu'elle n'est pas une fiction...  L'accueil est plutôt chaleureux.

Elle le retrouvera, là-bas, celui-ci évoquant leurs souvenirs de jeunesse - Amélie s'excusera, se trouvant jeune et ridicule.  J'ai eu le sentiment qu'elle voulait être japonaise, elle l'occidentale était plus japonaise que lui le natal.  Lui le japonais de souche a dû réapprendre la culture de son pays et se sentait limite plus occidental que nippon.  Il était le miroir inversé l'un de l'autre, c'est un peu mon sentiment à la fin de la lecture, cette nostalgie heureuse.

Un autre moment du livre, le plus émouvant sans doute est celui des retrouvailles avec sa vieille gouvernante  NIOSHAN.  Amélie a vraiment peur de ne pas être à la hauteur, elle a du mal à s'exprimer ayant perdu la pratique de la langue.  Tout est en pudeur, émotion, une très belle réflexion sur la mémoire du passé et la perte de la mémoire du présent, sur la réserve des sentiments.

Nostalgie heureuse car tout a changé. Amélie ne retrouve pas ses repères d'antan, tout a changé à la suite du tremblement de terre de Kobe en 1995. 

Emotion également avec un passage par Fukushima. 
Nous découvrons les usages et coutumes, façon de penser et de vivre au Japon.

J'ai eu le sentiment qu'Amélie était, est en recherche d'elle même, elle ne s'aime pas, s'impose des tas de contraintes, en voulant paraître parfaite, en cachant, masquant ses émotions.

L'européenne n'est-elle pas finalement plus japonaise qu'elle le croit?

Voilà, beaucoup de réflexions, je pourrais continuer sur ce si petit livre mais qui mine de rien nous livre beaucoup de choses sur la personnalité d'Amélie.


Les jolies phrases

Qu'est ce qu'une caméra peut percevoir de ce qui se passe en moi ?  Elle capte les remous à la surface du lac. Je reste dans mes grands fonds, là où aucune lumière n'arrive jamais.

Si le temps  mesure quelque chose chez un être humain, ce sont les blessures.  Je pense n'en avoir eu ni plus ni moins que n'importe qui : beaucoup donc.  Loin de m'aguerrir, ce lot commun m'a mis le coeur à nu.

A quoi sait-on qu'une personne âgée n'a plus toute sa tête ? Il y a comme un flottement.  Ce n'est pas elle qui a perdu face à nous, c'est nous qui sommes perdus face à elle.

La mémoire est une aventure bizarre.

L'affamé perçoit plus fort et mieux, il est suprêmement vivant et ne se pose jamais la question de l'a quoi bon; 




Ma note 8.5/10

Aucun commentaire: