vendredi 29 janvier 2016

Manhattan people Christopher Bollen

Manhattan People

Christopher BOLLEN


traduit par Nathalie Peronny

Manhattan people -


CALMANN-LEVY
EAN : 9782702158883
Format : 135 x 215 mm
544 pages
Parution : 6 janvier 2016
Prix TTC : 22.50 €


Présentation de l'auteur

Comme la plupart des New-Yorkais, Joseph Guiteau n’est pas né à Manhattan. Originaire de l’Ohio, il est venu y bâtir sa carrière d’acteur quinze années auparavant. À l’aube de ses trente-quatre ans, son visage n’est apparu que dans des spots publicitaires. Pourtant, ce constat d’échec importe peu au vu d’un secret douloureux : une malédiction familiale frappe tous les hommes du clan Guiteau à l’âge de trente-quatre ans…

Face à ce compte à rebours anxiogène, autour de Joseph, tout semble soudain malicieux. Sa nouvelle compagne grecque lui impose de l’épouser pour obtenir une green card ; son meilleur ami William, comédien raté et destructeur, le soupçonne de décrocher des rôles derrière son dos ; et une veuve fortunée traque Joseph pour qu’il incarne le rôle de son mari assassiné.

Entre malaise et ambition, mortalité et exode, un tourbillon étourdissant émane des nombreux New-Yorkais d’adoption croisés dans ce premier roman. Manhattan y incarne le théâtre de toutes les désillusions face au grand rêve américain. Une fresque des temps modernes dévoilant l’élan de survie nécessaire aux Manhattan People d’aujourd’hui.


« Bollen excelle dans la construction d’une atmosphère d’angoisse propre
à Manhattan, et certaines scènes sont des chefs-d’oeuvre tragicomiques.»
The New Yorker

«Ambitieux. Un premier roman nerveux et illuminé d’éclats d’intelligence.»
The Wall Street Journal

«Manhattan People perce tout en profondeur les émotions
et les raisons qui nous poussent à agir. Un pur plaisir de lecture.»
Douglas Coupland, auteur de Génération A




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Mon avis

Un premier roman écrit par le rédacteur en chez de la célèbre revue "Interview" fondée par Andy Warhol nous emmène à Manhattan.  Christopher Bollen fait de New York le décor mais également un des "personnages" de son récit.

Nous sommes en 2007, la ville est toujours tourmentée suite aux attentats du 11 septembre, des thèses conspirationnistes sont évoquées.  New York, la ville où tout est possible pensent nos protagonistes, la ville où tout brille et tout réussit.   Illusions car la réalité est tout autre.

L'auteur nous emmène avec brio dans l'envers du décor, des individus venus d'ailleurs, du fin fond de l'Amérique profonde composent le terreau new-yorkais. Ils arrivent plein d'espoir à la recherche de célébrité, de richesse ou d'anonymat.

Joseph Guiteau va avoir trente-quatre ans, il est acteur, arrive de l'Ohio.  Une publicité l'a sorti de l'anonymat lui octroyant des castings et des petits contrats. Il épouse Del.

Delphine Kousarios travaille dans un zoo au département reptiles, diplômée mais dans un statut précaire depuis une dizaine d'années.  Elle voudrait avoir sa green card qui lui permettra de trouver un meilleur job. Elle se souvient de ses anciennes amours, Dash et Raj photographe de son état.

Raj est le frère de Madi sa meilleure amie qui a des origines indiennes de par son père.  Elle travaille dans la finance et prône la délocalisation en Inde espérant ainsi rendre service à son pays d'origine.  Elle croisera malheureusement le chemin de William.

William, comédien raté, ami de Joseph. Désabusé, drogué il dit qu'il va quitter la ville..

On va les regarder vivre dans Manhattan, histoire d'amitié, d'amour... , jusqu'où sont-ils prêts pour se faire une place dans la ville?

On aborde la peur, le deuil, la paranoïa, le conspirationnisme, la délocalisation et l'occasion d'en savoir plus sur les reptiles, tout cela dans un magnifique décor : la grosse pomme, car il s'agit ici d'une déclaration d'amour à cette ville.

J'ai toujours un peu de mal avec la littérature américaine, il faut du temps pour planter le décor, il ne se passe pas grand chose au début, on prend l'atmosphère de la cité, on fixe les personnages dans leur vie et puis soudain la magie opère. L'écriture est belle, captivante, passionnante; on plonge dans la quête de chacun, à la recherche de leur identité.

Une belle découverte grâce aux éditions Calmann-Lévy et My Boox que je remercie.

Ma note : 7.5/10


Les jolies phrases

L'amour était peut-être ce qui se rapprochait le plus du sentiment d'être à l'abri dans ce monde.  Du moins, autant qu'on pouvait encore l'être à deux.

Bien sûr qu'il avait envie de se confier à Del. Mais il était aussi conscient du fait que certains secrets étaient si destructeurs qu'ils pouvaient faire exploser même les fondations les plus solides.

Le secret le mieux gardé était celui qui restait caché.

Pourquoi dans ce pays, fallait-il systématiquement devenir quelqu'un d'autre pour accomplir ses
rêves ?

..la parole des autres pouvait se révéler dangereuse.  Il aurait dû le savoir après tant d'années passées à écouter sa mère.  Les mots se logent au fond de votre oreille et se répandent en vous tel un virus.

Elle était venue pour faire ce que les adultes aiment parfois : se comporter comme des gamins.  Elle voulait lui montrer à quel point elle avait changé.  Lui faire comprendre que les gens pouvaient partir
et ne plus revenir.


On ne s'attaque pas à un naufrage, avança-t-il.  Tu ne peux pas me demander aux gens de rater leur vie discrètement. L'échec, c'est toujours bruyant.

Les catastrophes nous procurent toujours un petit frisson inavouable avant de nous faire payer le prix fort.  On tremble un peu en se disant que rien ne sera plus jamais pareil.  Sauf que c'est faux.

Tu ne seras jamais parfaitement heureux, déclara-t-il d'un ton paternaliste. Jamais.  Profite de ce que tu peux chaparder.  Nous nous faisons maltraiter par la vie, tous autant que nous sommes.  Tâchons de profiter des rares instants où nous ne le sommes pas.

La mort rapprochait les êtres avant de les plonger chacun dans une terrible solitude.



C'est le second de mon challenge pavés


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour, ce serait sympa (et pro) de votre part de signaler les noms des traducteurs dans vos chroniques, car quand on est sensible à la "beauté de la langue", dans un roman étranger, c'est quand même aussi grâce au dur travail des traducteurs... Merci de ne pas les oublier. Et bravo pour votre site :)

Nathalie Vanhauwaert a dit…

Bonjour, vous avez absolument raison, en général je le mentionne. J'ai été un peu vite pour la publication de ma chronique. L'erreur est rectifiée. Nath