Une pension en Italie - Philippe Besson ♥♥♥♥♥
Julliard
Parution : 08/01/2026
Pages : 240
Isbn : 9782260056782
Prix : 21 €
Présentation de l'éditeur
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s'impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.
Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison.
L'auteur

crédit photo:
©Maxime Reychman
Philippe Besson est un écrivain, scénariste et dramaturge. En l'absence des hommes, son premier roman, publié en 2001, est couronné par le Prix Emmanuel-Roblès. Depuis lors, il construit une œuvre au style à la fois sobre et raffiné. Il est l’auteur, entre autres, de Son frère, adapté au cinéma par Patrice Chéreau, L'Arrière-saison (Grand Prix RTL-Lire), Un garçon d’Italie et La Maison Atlantique. En 2017, il publie Arrête avec tes mensonges, vendu à plus de 120 000 exemplaires, couronné par le Prix des Maisons de la Presse et Un personnage de roman, portrait intime d’Emmanuel Macron, alors engagé dans la campagne présidentielle. Il revient à l'autofiction en 2019 avec Un certain Paul Darrigrand puis Dîner à Montréal. Ses romans sont traduits dans vingt langues.
Un tango en bord de mer, sa première pièce en tant que dramaturge, a été jouée à Paris près de 200 fois en 2014 et 2015 au Théâtre du Petit Montparnasse.
Il a également multiplié les collaborations avec le milieu du cinéma et de la télévision, ayant notamment écrit le scénario de Mourir d'aimer (2009), interprété par Muriel Robin, de La Mauvaise rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, du Raspoutine interprété par Gérard Depardieu, et de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant et Charles Berling.
crédit photo:
©Maxime Reychman
Philippe Besson est un écrivain, scénariste et dramaturge. En l'absence des hommes, son premier roman, publié en 2001, est couronné par le Prix Emmanuel-Roblès. Depuis lors, il construit une œuvre au style à la fois sobre et raffiné. Il est l’auteur, entre autres, de Son frère, adapté au cinéma par Patrice Chéreau, L'Arrière-saison (Grand Prix RTL-Lire), Un garçon d’Italie et La Maison Atlantique. En 2017, il publie Arrête avec tes mensonges, vendu à plus de 120 000 exemplaires, couronné par le Prix des Maisons de la Presse et Un personnage de roman, portrait intime d’Emmanuel Macron, alors engagé dans la campagne présidentielle. Il revient à l'autofiction en 2019 avec Un certain Paul Darrigrand puis Dîner à Montréal. Ses romans sont traduits dans vingt langues.
Un tango en bord de mer, sa première pièce en tant que dramaturge, a été jouée à Paris près de 200 fois en 2014 et 2015 au Théâtre du Petit Montparnasse.
Il a également multiplié les collaborations avec le milieu du cinéma et de la télévision, ayant notamment écrit le scénario de Mourir d'aimer (2009), interprété par Muriel Robin, de La Mauvaise rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, du Raspoutine interprété par Gérard Depardieu, et de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant et Charles Berling.
Mon avis
Coup de cœur absolu pour ce nouveau Besson, je commence l'année comme l'an dernier en compagnie de la plume de cet auteur que j'aime de plus en plus.
Une plume sincère, sensible, pudique, qui a le don de me capter dès les premières lignes. Besson raconte toujours avec brio et le lecteur se laisse emporter par l'atmosphère, l'ambiance, l'authenticité de ses mots.
Ce livre c'est l'histoire d'un secret de famille, lourd, enfoui depuis des années. Ce n'est qu'à la mort de sa grand-mère, Gaby en 2010, qu'il va essayer de lever le voile, de comprendre et faire parler sa mère Suzanne. Il revient sur un voyage déterminant en Toscane en juillet 1964.
Gaby a fait toute sa carrière aux PTT, elle a 20 ans en 1939 lorsqu'elle épouse Paul Virsac, professeur d'italien. Après la guerre deux enfants : Suzanne (la mère du narrateur) suivie huit ans plus tard de sa sœur Colette. Suzanne a 18 ans, l'été 64, son père Paul , 44. Ce sont les vacances, Paul a décidé d'emmener toute sa famille à la découverte de la Toscane, pays dont il est amoureux. Ils partent avec la 404 pour une pension à San Donato dirigée par Sophia et son cuisinier Sandro, 30 ans.
Le voyage a bien commencé, Paul est heureux je pense, ils visitent, prennent des photos, les descriptions de la région sont magnifiques, on ressent la moiteur de l'été.
Une insolation, un événement inattendu et ce bonheur bascule. Paul va se retrouver face à un dilemme, il va être face à lui-même, confronté au regard de la société, du poids de l'éducation. Il se passera un événement devenu tabou dans la famille à tel point qu'il est difficile pour le narrateur de faire parler sa mère, de trouver des éléments de réponses.
Je ne vous en dis pas plus car c'est en lisant le récit découpé en 5 parties que vous les trouverez.
Un récit qui m'a beaucoup émue, retournée. Nous sommes en 2026, l'époque est différente mais le regard des autres, de la société pèsent encore dans des causes parallèles, rien ne devrait interdire l'être humain à être lui même, à vivre sa vie parce que c'est ainsi.
Une petite pépite à lire absolument.
Merci Philippe Besson pour vos récits qui m'enchantent à chaque fois.
C'est un énorme coup de cœur
Les jolies phrases
Si j'ai un conseil à te donner, en ce jour particulier où la vie s'ouvre devant toi, où l'avenir t'appartient c'est : sois toi-même, ne triche pas, ne t'oblige pas à faire ce qu'on attend de toi pour plaire aux autres, emprunte ton propre chemin, va au bout de tes envies, sinon c'est elle qui viendront à bout de toi.
La vie, tu la vis aussi pour les autres. Tu n'es pas tout seul sur cette terre.
Sauf que c'est pas de la vraie vie, si tu n'as pas commencé par t'accepter tel que tu es. C'est de la comédie. Du conformisme. Tu ne crois pas qu'il est temps que tu l'acceptes ?
C'est lui qui m'a fait comprendre que tu ne choisis pas d'être homo, que tu ne décides de rien. Ça te tombe dessus, tu n'y peux rien, c'est le hasard qui a distribué les cartes, c'est aussi bête que ça. Alors, c'est sûr que tu peux te désoler d'avoir hérité d'une mauvaise carte, mais ça ne changera pas ta carte.
C'était une autre époque, on se mariait jeune, on faisait des enfants tout de suite, au moins deux, on restait ensemble toute la vie, un soupçon pesait sur ceux qui déviaient.
Oui, la peur, celle de se trahir, d'être découvert. La peur parce que refluent, tout à coup, tant d'élans réprimés, parce que se fissurent toutes les murailles patiemment érigées. La peur de l'inconnu aussi.
Oui, la sidération de n'avoir rien vu venir, rien du tout, de ne pas être allé au-delà des apparences. Et parce que cette rencontre avec soi-même si longtemps empêchée avait fini par devenir improbable ; un embarras certains jours mais qu'on parvient à éloigner, un souvenir mais qui se chasse, un obstacle jadis mais qu'on aurait fini par surmonter.
Oui, le désir. Celui, éclatant, douloureux, qu'on ressent, pour l'autre si différent et semblable pourtant. Celui qu'on provoque aussi, qu'on s'étonne de provoquer aussi parce que ce n'est pas arrivé si souvent.
Cela commence forcément dans l'adolescence. Cela commence toujours dans l'adolescence. En réalité, c'est là dès le début, c'est ainsi, il n'y a pas à discuter, c'est constitutionnel, foncier, ça ne s'acquiert pas mais, pendant longtemps, c'est dormant, presque inerte, jusqu'à la métamorphose du corps, jusqu'au surgissement du désir, et alors ça se manifeste, malgré soi, ça aveugle.
C'est lui qui m'a fait comprendre que tu ne choisis pas d'être homo, que tu ne décides de rien. Ça te tombe dessus, tu n'y peux rien, c'est le hasard qui a distribué les cartes, c'est aussi bête que ça. Alors, c'est sûr que tu peux te désoler d'avoir hérité d'une mauvaise carte, mais ça ne changera pas ta carte.
C'était une autre époque, on se mariait jeune, on faisait des enfants tout de suite, au moins deux, on restait ensemble toute la vie, un soupçon pesait sur ceux qui déviaient.
Oui, la peur, celle de se trahir, d'être découvert. La peur parce que refluent, tout à coup, tant d'élans réprimés, parce que se fissurent toutes les murailles patiemment érigées. La peur de l'inconnu aussi.
Oui, la sidération de n'avoir rien vu venir, rien du tout, de ne pas être allé au-delà des apparences. Et parce que cette rencontre avec soi-même si longtemps empêchée avait fini par devenir improbable ; un embarras certains jours mais qu'on parvient à éloigner, un souvenir mais qui se chasse, un obstacle jadis mais qu'on aurait fini par surmonter.
Oui, le désir. Celui, éclatant, douloureux, qu'on ressent, pour l'autre si différent et semblable pourtant. Celui qu'on provoque aussi, qu'on s'étonne de provoquer aussi parce que ce n'est pas arrivé si souvent.
Cela commence forcément dans l'adolescence. Cela commence toujours dans l'adolescence. En réalité, c'est là dès le début, c'est ainsi, il n'y a pas à discuter, c'est constitutionnel, foncier, ça ne s'acquiert pas mais, pendant longtemps, c'est dormant, presque inerte, jusqu'à la métamorphose du corps, jusqu'au surgissement du désir, et alors ça se manifeste, malgré soi, ça aveugle.
Je parle de peur mais il ne s'agit pas que de cela. Il y a la honte également. Ses pulsions, lorsqu'elles le font souffrir, lui paraissent abjectes, il sait qu'elles inspirent du mépris, un dégoût moral. D'ailleurs, si cette inclination est condamnée par la grande majorité de la société, il doit bien y avoir une raison. Y céder, ce serait choisir le déshonneur et le scandale.
On ne parle pas de ce qui n'existe pas, de ce qui n'a jamais existé.
Vis ce que tu as à vivre mais sache que tu vas devoir te cacher, parce qu'ils ne veulent pas de toi.
Tu seras malheureux parce que tu vas devoir te cacher mais tu seras plus malheureux encore si tu te mens, si tu te trahis.
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