dimanche 14 avril 2013

Comme un roman fleuve **** Daniel Charneux


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Auteur(s) : Charneux, Daniel 
Titre : Comme un Roman-Fleuve 
Publication : Luce Wilquin / Sméraldine 
Description matérielle : 160 pages 
Collection : Sméraldine 
Autre(s) auteur(s) : 
ISBN 9782882534453 : EUR 17,00 


L'auteur




Itinéraire


Daniel Charneux (photo Paul Neuray).
Né en 1955, romaniste (liégeois) et romancier, Daniel Charneux publie entre 2001 et 2004 deux romans (Une semaine de vacanceet Recyclages) ainsi qu’un recueil de nouvelles (Vingt-quatre préludes) à propos desquels un critique a pu parler de « légèreté du désespoir ». Il reçoit en 2002 le Prix du Comité des Usagers de la Bibliothèque centrale du Hainaut pour Une semaine de vacance.
De 2004 à 2009, il dirige la publication  annuelle de six nouvelles éditées par la ville de Mons à l’occasion des « Rendez-Vous du Livre ». 36 textes en tout, dus entre autres à François Emmanuel, Colette Nys-Mazure, Françoise Houdart, Patrick Virelles, Ariane Le Fort, Foulek Ringelheim, Françoise Pirart, Christine Aventin, Alain Bertrand, Julie Guerlan, Corine Jamar, Nicolas Ancion, Luc Baba, Aurelia Jane Lee…
Norma, roman, sort des presses des éditions Luce Wilquin en février 2006. Chantal Portillo écrit à son propos : « Ce beau texte, à la langue travaillée comme une parure de Norma, l’autre, celle de Bellini, la grande prêtresse druidique trahie par l’amour et chantée par Maria Callas, est une méditation sur le temps, celui qui passe, celui qui nous terrasse. Qui nous dépouille de la grande illusion de l’image que nous espérions renvoyer. » Le 23 novembre 2007, Norma, roman reçoit le prix hainuyer de littérature française Charles Plisnier.
2008 voit la parution de Pruine du temps, un recueil de haïkus illustrés par Pierre Renard et calligraphiés par Pascal Goossens. L’esprit zen qui imprègne les haïkus est également présent dans un quatrième roman, Nuage et eau, que publient en septembre 2008 les éditions Luce Wilquin, et que distingueront dans leur dernière sélection les jurés du Prix Rossel, du Rossel des Jeunes et du Prix des Lycéens. Nuage et eau recevra en 2009 le Prix du Comité des Usagers de la Bibliothèque centrale du Hainaut et, en mars 2010, le Grand Prix Littéraire France – Communauté française de Belgique de l’ADELF.
En 2009, Maman Jeanne, « un texte court, d’une simplicité toute apparente, qui n’est finalement pas là où on l’attend et qui sait avec bonheur surprendre et toucher son lecteur », selon Dominique Baillon-Lalande, échoue à une voix du Prix Rossel des Jeunes. Ce bref récit fait l’objet d’un travail scénique coordonné par Michel Tanner, directeur du Centre Dramatique Hainuyer.
Bibliographie :
Romans et récits :
Comme un roman-fleuve, Éd. Luce Wilquin, 2012.
Maman Jeanne, Éd. Luce Wilquin, 2009.
Nuage et eau
, Éd. Luce Wilquin, 2008.
Norma, roman
, Éd. Luce Wilquin, 2006.
Recyclages
, Éd. Luc Pire, 2002.
Une semaine de vacance
, Éd. Luc Pire, 2001.
Nouvelles :
Darjeeling, Communauté française de Belgique, 2009.
Vingt-quatre préludes
, Éd. Luce Wilquin, 2004.
Le hêtre pourpre du notaire, Ville de Mons, 2004.


http://www.gensheureux.be/site/daniel-charneux-itineraire


MA CRITIQUE

François a 80 ans, il est au seuil de sa vie, il va revivre celle-ci, telle les méandres du fleuve qui a bercé son existence. Au gré de 7 chapitres, 7 ponts de Liège nous conteront son histoire.  Il vit avec Sonia qui ne lui parle plus.  Pourquoi?  On va remonter le temps et essayer de comprendre comment ils se sont éloignés.

Un amour fusionnel au départ qui nous conduit vers l'incommunicabilité. Un amour très fort, très puissant, resté intact pour François.  Mais pourquoi en est-il là aujourd'hui?

Avec beaucoup de tact et de sensibilité, on va suivre sa vie au jour le jour, le long de ses promenades le long de la Meuse.

Un vrai régal pour celui qui connaît la ville de Liège décrite avec beaucoup d'amour et de passion comme celle qui unit François à Sonia.

Le style est plaisant, Daniel Charneux est un magicien des mots, bien choisis, délicatement.  Des expressions bien liégeoises ou belges en italiques surprennent un peu.  Aucun dialogue, un style narratif très chargé, toujours très beau, mais la longueur de certaines phrases ou des descriptions m'a un peu fatiguée par moment.

Il n'en reste que c'était un excellent moment , un petit bijou au niveau de l'écriture.  En résumé, l'histoire d'une vie,  d'un roman que l'on écrit , l'histoire d'un homme et de sa ville, l'histoire d'un homme et d'un fleuve.


Les jolies phrases

Rêve que tu rêves, ça vaut mieux que de croire que tu vis.

Ne révèle jamais que tu es juif et n'oublie jamais que tu es juif.

Il songeait que le temps est une étrange chose, que l'âge suffit à faire de nous des exceptions, des reliques, qu'il faut juste un peu de patience, un peu d'endurance, un brin de chance ou de malchance pour que chacun d'entre nous devienne le dernier représentant de son espèce, le dernier vétéran de la guerre d'Espagne, le dernier d'une promotion, le dernier à avoir applaudi Brel, le dernier à se souvenir des Bains de Meuse, du kiosque à journaux de la place Cockeril, de la pharmacie de Jacques Pelzer, le dernier à avoir acheté des disques chez Etincel, des partitions chez ....... p 66

Quelques années auparavant, il avait lu dans "la Meuse" qu'un chômeur s'était recyclé dans l'écriture : il proposait sur un site internet d'écrire une histoire aux gens heureux qui n'en ont pas, si l'on en croit le proverbe ; comme il aurait aimé ne pas avoir d'histoire, ne rien avoir à raconter, comme il aurait aimé pouvoir trouver sa destinée de héros tragique contre l'existence banale de Monsieur Tout le Monde, avec en prime ce tout petit détail : le bonheur.

Et les années avaient coulé, il échouait jour après jour dans ses tentatives de renouer avec Sonia, et l'éclat de sa réussite professionnelle contrastait cruellement avec l'échec quotidien rencontré sur le terrain qui lui tenait le plus à coeur, celui des relations avec elle qui ne voulait plus de lui,....p106

Si la souffrance naît du désir, pour vaincre la souffrance il suffit de vaincre le désir.

C'est un peu comme à la roulette, qu'après le manque vient forcément le passe, que d'abord cela vous manque puis que cela vous passe, que tout a une fin, et il attendait cette fin.

Les plus belles choses ont une fin, ces roses aussi fanant, je veux garder de nous un souvenir fleuri, mieux vaut cesser de nous voir.




1 commentaire:

argali a dit…

L’écriture de Daniel Charneux est pleine de charme et de rigueur, frôlant parfois l’obsession. Je me suis un peu lassée à la fin des énumérations et appositions à n'en plus finir.
Mais j'ai adoré le récit, le cadre, le retour en enfance en ce qui me concerne.