samedi 17 janvier 2015

Un parfum d'herbe coupée Nicolas Delesalle ****


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Titre : Un parfum d’herbe coupée
Auteur : Nicolas Delesalle
Éditeur : Préludes
Nombre de pages : 253
Date de parution : 7 janvier 2015, version numérique sortie en 2013


Note de l'éditeur



« Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j’ai fait la gueule. Mais j’ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l’odeur de sa première clope. J’ai dit “ouais”, j’ai dit “super”, la mort dans l’âme, même si j’avais compris que la GTS pour la GTX, c’était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. »
Par petites touches qui sont autant d’instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand… Des petits riens qui seront tout.
Un premier roman remarquable, plein d’émotion, d’humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l’enfance ouvre sur une partition universelle.



Nicolas Delesalle

Nicolas Delesalle est journaliste à l’hebdomadaire Télérama après l’école de journalisme (l’ESJ Lille). Il a notamment couvert les révoltes dans la capitale égyptienne.

Il nous parle de son livre :





Mon avis

Le livre de Poche nous propose une nouvelle collection Préludes qui a pour vocation de nous proposer des premiers romans d'auteurs français et étrangers, ce à raison de dix titres par an.
Une belle initiative à saluer.
Un grand merci à eux à  et Masse critique pour cette belle découverte.

Pour les découvrir c'est ici Préludes.

Un parfum d'herbe coupée avait été salué par Le prix de lecteurs du livre numérique 2013, il nous arrive ici dans une version qui a presque triplé de volume. ♥

Tout commence par l'enterrement de sa grand-mère.  Son grand-père, victime d'Alzheimer a cette phrase dans un moment de lucidité qui est très forte : "Tout passe, tout casse, tout lasse".  Cette phrase résonne dans la tête de Kolia notre narrateur quadra.

Commence alors un courrier à Anna, sa petite fille imaginaire.  Kolia se projette et écrit ce livre en se livrant à son tour.  Que reste-t-il d'une vie ?  Des souvenirs, lesquels, pourquoi  ?  La mémoire est sélective et par de courts chapitres sans réelle chronologie, Kolia lui adresse ses souvenirs.

Oh nostalgie, souvenirs d'enfance, d'adolescence jusqu'à l'âge adulte, tout défile...

La voiture de papa, une Renault 25 GTS, mais pourquoi pas une GTX ?
La première communion, Dieu existe-t-il ?
Le premier baiser, tout un programme, le premier amour, la première rupture.
Mais aussi la découverte de Vian, de la lecture, la première cigarette.
Les rêves : devenir astronaute, l'insouciance de l'enfance, la maison des vacances, Totor, les cèpes...

Mais aussi peu à peu la découverte de ce monde, la peur, la tristesse que l'on côtoie, la vie mais aussi la mort. L'importance de la famille et le chien Raspoutine.

J'ai adoré le chapitre consacré aux deux M, les moments télé du dimanche avec Michel Drucker et la découverte du clip "Thriller" de Michael Jackson.

Un livre dont la force est l'écriture, fluide et belle.  Une écriture agile qui fait du bien.  Une plume touchante, sensible, douce.

Un livre à lire sans se poser de questions, une initiation au cycle de la vie.  Un petit bol d'air bien agréable dans ce monde de brutes.


Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases


Il faut être capable d'oublier, dit Borges, sans ce tri, nous ne pouvons plus exister.  La vie, c'est oubli, l'oubli, c'est la vie.

Je comprends les souffrances des hommes, on nous a dit que c'était des épreuves morales, Dieu te teste et te fait progresser, c'est comme les différents tableaux d'un jeu vidéo, tu souffres, mais si tu survis, tu passes au tableau suivant et puis à la fin, tu affrontes le gros monstre balèze avec sa grande faux et sa capuche et c'est gagné et c'est fini, tu t'en vas sourire au paradis.

Je découvrais qu'il était possible de s'amuser en lisant, de tordre les mots pour en essorer le sens et son espièglerie d'ingénieux me rendit fou.

3 commentaires:

Jostein a dit…

Une belle nostalgie avec humour et tendresse

tiben a dit…

Tres belle critique que je partage a 100%.

Louisa Amara a dit…

A celles et ceux qui ont aimé "Un parfum d'herbe coupée" de Nicolas Delesalle, je vous invite à le soutenir en votant au Prix Relay http://prixrelay.com/category/livre/ merci pour lui :)