dimanche 2 février 2014

Les voyages de Daniel Ascher Déborah Lévy-Bertherat *****

Les voyages de Daniel Ascher

Genre : littérature française
Collection : littérature / Rivages
Parution août 2013
Grand format 192 pages
18 euros
ISBN 2-7436-2584-8


QUATRIÈME DE COUVERTURE



Une année particulière commence pour Hélène, quand elle s'installe à Paris pour étudier l'archéologie. Elle est logée par son grand-oncle Daniel, un vieux globe-trotter excentrique qu'elle n'apprécie guère. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de H.R. Sanders, de La Marque noire, une série de romans d'aventures qu'elle n'a même pas lus. Son ami Guillaume, fanatique de cette série, l'initie à sa passion. Mais pour Hélène le jeu des lectures ouvre un gouffre vertigineux. Elle découvre en Daniel un homme blessé, écartelé entre deux identités et captif d'un amour impossible. Elle exhume de lourds secrets de famille remontant aux heures sombres de l'Occupation. Pendant ce temps, les lecteurs de H.R. Sanders attendent le vingt-quatrième volume de la série, dont les rumeurs prétendent qu'il sera le dernier. En explorant avec finesse les blessures d'une mémoire tentée par le vertige de l'imaginaire, Déborah Lévy-Bertherat rend ici hommage aux sortilèges ambigus de la fiction.




Déborah Lévy-Bertherat



Déborah Lévy-Bertherat vit à Paris où elle enseigne la littérature comparée à l'Ecole normale supérieure. Elle a traduit Un héros de notre temps de Lermontov et Nouvelles de Pétersbourg de Gogol. Les Voyages de Daniel Ascher est son premier roman.


Mon avis

Hélène , jeune étudiante en archéologie s'installe dans une chambre de bonne chez son grand oncle Daniel à Paris.  Ce grand-oncle , frère de sa grand-mère, elle le connaît très peu, et il est vrai qu'elle ne l'a jamais apprécié.

Daniel a toujours été présent aux réunions de famille, à la table des enfants à raconter des histoires fantasques.  Il est toujours aux quatre coins de monde pour y trouver source d'inspiration. Et pour cause, son grand-oncle aime les aventures et c'est sous le pseudo de H.R. SANDERS qu'il publie la célèbre série  "la Marque Noire".  Hélène et son frère ont d'ailleurs reçu les 23 volumes dédicacés, mais Hélène n'en a lu aucun.

En s'installant chez Daniel, elle tombe amoureuse de Guillaume, un étudiant qui est lui grand fan de la série.

Petit à petit, Hélène et Daniel vont s'apprivoiser.  Guillaume lui racontant la série va lui donner une clé, et en future bonne archéologue, Hélène va mettre au grand jour les secrets enfouis de son grand oncle.

Daniel, Ascher de son vrai nom, fils d'un photographe juif polonais est arrivé à l'âge de 10 ans dans la famille Roche, des Justes qui l'ont hébergé pendant la guerre, puis adopté c'est alors qu'il est devenu Daniel Roche.

Hélène se rendra très vite compte que les 23 aventures de la Marque Noire racontent la véritable histoire de son grand-oncle.  Elle les relira un à un, voyagera au départ de la rue d'Odessa, en Auvergne, aux Etats-Unis et comprendra le destin tragique, la tristesse de Daniel et comment en utilisant ces déchirements, en se livrant il donnera du rêve aux enfants.

Ce livre fera grandir Hélène , qui quittera sa vision d'ado pour entrer de plein pied à l'âge adulte.  Dommage que le personnage d'Hélène et sa relation avec Guillaume ne soient pas aboutis.

C'est le seul bémol de ce livre oscillant entre histoire d'amour, l'histoire avec un grand h, roman d'aventures qui nous emmène vers une palette d'émotions oh combien variées.  Il revient avec un peu de nostalgie sur des personnages du passé, la guerre, la persécutions des juifs, les Justes.

Un petit livre lumineux, petit format de 185 pages qui se lit d'une traite et nous montre également un  joli travail sur l'écriture et sa nécessité d'être.

Un petit coup de coeur.

ma note  9/10


Les jolies phrases

Est-ce qu'à son âge elle pourrait refaire sa vie, on refait une partie de cartes ou les peintures du salon, mais sa vie, est-ce qu'on peut.

 L'avion est passé au-dessus des nuages, l'océan a disparu.  C'était peut-être ça devenir adulte, émerger des nuages, quitter la pénombre bénie de l'enfance, entrer dans la clarté aveuglante d'une vérité qu'on n'avait pas demander à connaître. Et elle qui n'avait jamais eu peur de l'altitude, elle a senti, pour la première fois, les trente mille pieds de vide au-dessous d'elle.

De toute façon, se disait Hélène, la ressemblance non plus ne veut rien dire, le père, c'est celui qui se lève la nuit quand on a peur, qui retrouve la pièce du puzzle perdue.  C'est celui qui passe des savons. Celui qui est là.

2 commentaires:

argali a dit…

Merci pour ce conseil lecture. J'ai beaucoup aimé l'histoire, l'écriture et le jeu de piste que nous fait suivre l'auteur. Un livre parfait pour mes élèves. Simple et complexe à la fois.
Quelques imprécisions, quelques aspects un peu classiques mais une jeune auteure à suivre je pense.

Nathalie Vanhauwaert a dit…

Heureuse que tu aies apprécié, tu as raison les petites imperfections d'un premier roman. Le second "Les fiancés" est plus abouti et vraiment magnifique.