samedi 6 novembre 2021

Archie - Alia Cardyn ♥♥♥♥

 Archie    -    Alia Cardyn   ♥♥♥♥





















Robert Laffont
Parution : 14 octobre 2021
Pages : 288
Isbn : 978-2221249369
Prix : 18.50 €


Présentation de l'éditeur




L'histoire bouleversante d'un jeune qui marche mille kilomètres en quête d'humanité

Archie, seize ans, est placé en institution. Sa mère, toxicomane, est incapable de s'occuper de lui. Au lieu de consentir à ce quotidien qui l'enferme, Archie lutte. Un jour, un rêve se dessine. Tout quitter pour rejoindre à pied une école où les enfants sont libres d'apprendre ce qui les intéresse vraiment.
Archie entame ce périple sur le sentier des douaniers. À force de silence, son histoire se superpose au ciel, à la mer, à la falaise qui fond dans les flots. Le film de son enfance se déroule, brut et lourd de secrets. Mais aucune vie n'est perdue d'avance. Archie découvre le journal de Madeleine – l'infirmière qui l'a accueilli le jour de sa naissance –, et en chemin, ce jeune poète va se révéler.

Avec Archie, Alia Cardyn offre un récit lumineux et surprenant sur la construction d'un être et de ses rêves.

Alia Cardyn







Crédit photo:
©Astrid di Crollalanza



Ancienne avocate, Alia Cardyn consacre aujourd’hui son temps à l’écriture. Elle est l’autrice de plusieurs romans, dont Mademoiselle Papillon (Robert Laffont, 2020), et de deux albums jeunesse, Le Bébé le plus minuscule du monde (Robert Laffont, 2021) et Le Rêve de Mademoiselle Papillon (à paraître chez Robert Laffont, février 2022)

Mon avis

C'est l'histoire d'Archie que nous conte Alia Cardyn dans son cinquième roman, un personnage magnifique, sensible qui a besoin comme nous tous d'être aimé, d'avoir des repères pour s'en sortir. Il faut dire que sa vie un peu hors norme avait très mal commencé !

Archie a eu une naissance très difficile.  Sa mère, toxico a accouché par voie basse, tout à fait inconsciente...  Un passage douloureux, presque insoutenable mais très réaliste qui permettra de comprendre les souffrances et manques d'Archie.   Madeleine a une place importante, c'est l'infirmière qui s'est occupée de lui pour le sevrage et qui gardera le contact avec lui.  

Archie a été placé en institution car sa mère ne peut s'en occuper.  Archie écrit des poèmes pour s'évader et communiquer avec elle, renouer le contact mais à chaque fois c'est peine perdue, elle replonge continuellement.

Un jour, Madeleine lui parle de l' école démocratique, ce sera le déclic pour Archie qui décide de prendre son destin en main, il part sur le chemin des Douaniers pour parcourir 1200 kilomètres, son but : atteindre cette école, marcher, méditer face à la mer, à la beauté de la nature : être libre.

En partant il emporte le carnet remis par Madeleine, c'est son histoire qu'il découvrira...

C'est un personnage attachant très mature, en manque d'amour, qui a envie de s'en sortir que nous confie Alia Cardyn.  Archie a une âme sensible, il est touchant, poète, c'est un fils aimant depuis sa naissance qui aimerait tant retrouver celle qui lui a donné la vie.

C'est un très beau roman, touchant, rempli d'émotions et de surprises, mais aussi des sujets de réflexion sur notre société comme le sevrage des bébés et l'école démocratique. Des sujets bien maîtrisés et documentés.

L'enseignement n'est-il pas le fondement de notre société? L'école on le sait ne convient pas à tous dans sa forme actuelle, l'enfant a naturellement l'envie d'apprendre, de découvrir, il se sentirait plus libre et mieux armé s'il pouvait le faire à sa façon.  

Un très beau roman dur mais lumineux qui permet par la beauté de la nature de trouver la résilience.

Ma note : 9/10 


Les jolies phrases

On est ce que l'autre voit en nous.  C'est Jean qui m'a dit cela un jour pour me consoler.  Juste après, il s'est repris et a ajouté : Mais, en réalité, personne ne voit vraiment qui on est.  Il y a toujours ce flou et ces lunettes qui ne sont pas adaptées, cette vision qui est celle de l'autre mais reste tronquée. 

Le bonheur, c'est quand on se sent à sa place, qu'on a choisi une vie qui est juste pour soi, une vie qui a du sens pour soi.

La fuite exige une énergie que seuls la colère, la peur ou le désespoir peuvent nourrir.  Je me sentais mourir.  J'étais en train de mourir.  Et dans un dernier souffle, je suis parti. 

Cette histoire me montre combien l'on peut être double, une intention dans un sens et des gestes dans l'autre.  Je suis double comme ta mère.  Deux femmes en miroir, deux femmes qui voudraient faire mieux.


Il est difficile de dire, entre l'adulte et l'enfant, qui est le maître.  L'enseignement est un flux à double sens, il transforme ceux qui partagent un temps ensemble.  C'est là que réside la véritable école, dans un lieu qui ne connaît pas les rôles.  Dans un espace où il n'y a pas l'adulte qui sait et l'enfant qui ignore.  Là où l'on est convaincu que chacun dispose d'un savoir précieux.  Là où l'on regarde l'enfant autrement.  Un peu comme un dieu, une lumière qui enchante, une nouvelle énergie. 

C'est l'histoire des autres qui nous fait les aimer.  C'est la somme de leurs tragédies qui explique la prison qu'ils se sont construite. Ils sont ce qu'ils étaient capables de devenir avec cette vie là.

Lutter pour survivre, lutter pour aimer, lutter pour mourir.  Renoncer puis lutter à nouveau.  Elle n'avait pas baissé les bras lorsqu'on l'avait ramenée à la maison avec son manque.  Elle n'avait pas abandonné non plus face aux menaces et à la violence des adultes.  

Il ne faut pas grand-chose pour briser un être humain.  Lui offrir l'amour puis le lui retirer.  Lui offrir l'espoir puis le lui ôter.  Et recommencer ce cycle jusqu'à le faire craquer.

Oser aller vers un avenir.

Je ne savais plus quoi espérer de votre couple insolite, deux êtres qui ont besoin l'un de l'autre.  Une union bancale dont l'avenir dépendrait de son équilibre fragile. 

Aujourd'hui ma mère est forte.  Ma mère est une mère.  Je suis son enfant. 

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2 commentaires:

Philippe D a dit…

Je ne connais pas encore cette auteure. Je lirai sûrement celui-ci un jour, mais je lirai "Mademoiselle Papillon" avant. J'ai failli l'acheter la semaine dernière, mais il y avait trop de monde à la caisse de la librairie, je n'avais pas envie d'attendre !
Bonne semaine.

nathalie vanhauwaert a dit…

Philippe, je garde vraiment un doux souvenir de Mademoiselle Papillon.