mardi 20 juin 2023

Relation - Alexis Alvarez

Relation - Alexis Alvarez














L'arbre à paroles
If
Parution : mars 2023Pages : 83
ISBN: 978-2-87406-735-8
Prix : 14 €


Présentation de l'éditeur

Un couple se défait dans la nuit madrilène. Resté seul, le narrateur se remémore les instants partagés, récolte les cendres de ce qui a été, tente de donner corps à des souvenirs endoloris. Des fragments de la relation achevée viennent s’échouer dans le quotidien de celui qui reste, comme des emballages vides transportés par le vent. À l’instar du périple bien réel de Francisco de Orellana sur l’Amazone, les contours du deuil se révèlent toujours insaisissables, sans début ni fin, sans ligne de démarcation claire. La relation revêt alors un nouveau sens, celui d’un récit visant à restituer l’expérience sans tricher, sans masquer ses côtés les plus glauques, mais sans rien effacer de la tendresse qui demeure malgré tout. On retrouve dans Relation le style alerte d’Alexis Alvarez, l’ironie de ses métaphores et sa saisie ultra-contemporaine du monde. Car l’amour dont il est question ici est un nouvel amour, l’amour au temps de la vitesse, au temps de la consommation et de l’oubli, un amour comme un aboutissement vertigineux de la solitude, à une époque où tout s’achète et tout se vend. « Nous, justement, on n’a rien créé. C’est dommage que notre relation n’ait pas accouché de quelque chose de tangible. Un calendrier de l’avent, un bricolage branlant, un jardin japonais en pot. N’importe quoi, mais un sanctuaire où je pourrais nous prier. »


Alexis Alvarez

Né aux abords de la Nationale 4, 726 ans après Marco Polo, Alexis Alvarez est écrivain, musicien, traducteur, enseignant, j’en passe et des meilleures. Après deux livres, Exercices de chute (éd. L’arbre à parole) et Une année sans lumière (éd. Tétras Lyre), il continue à explorer les formes brèves qu’il pleuve ou qu’il vente. Il a participé en 2020 à l’ouvrage collectif La ligne blanche (éd. L’arbre à paroles). En 2021, il a pris part au projet Borderlines, avec le texte « Haku », et son film « Cielo » a été sélectionné pour le Festival International de Littérature à Montréal (FIL).

Relation est son premier roman publié chez L'arbre à paroles

source : Pilen 









Mon avis

Un très beau roman très poétique, celui d'Alexis Alvarez.

Nous sommes à Madrid à l'époque où le narrateur travaille sur sa thèse "Sur la première navigation complète de l'Amazone par Orellona au 16ème", période où il a vécu une passion avec N.O..

Ce récit va osciller entre le voyage en Amazonie de la thèse et l'histoire d'amour avec N.O..  Les chemins se croiseront.  C'est le souvenir, la douleur de la séparation du jour au lendemain, l'oubli.  Le temps pour le narrateur de se plonger dans des fragments du quotidien, la nostalgie mais aussi la douleur de l'absence, de ce que l'autre a laissé en lui.


"Mais c'est quoi une vie ? Une "dévie" plutôt.  Plombé par le poids de notre amour, j'ai dévécu quand toi tu vivais pleinement."

C'est tout en profondeur et poésie. C'est beau.

A découvrir.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Le nombre de souvenirs ne dépend pas de la quantité de temps passé ensemble mais du degré de détail avec lequel notre esprit décompose ce temps.

Quand on baisait j'ai vu ton coeur.

On a tous peur de ça, je crois non ? que des phrases nous dévorent l'intérieur de la tête ?

J'étais raide dingue de toi.  On ne peut être que raide dingue ou raide mort.  C'était l'un ou l'autre.  On ne peut pas être raide heureux ou raide comblé.  En tant qu'adverbe raide ne sert que pour les dingues et les morts.

A partir de quel moment tes baisers sont-ils devenus des baisers de Judas?  A partir de quand les savais-tu comptés ? A partir de quel moment chacun d'eux est-il devenu un adieu? A partir de quand l'amour, à l'intérieur de toi, s'est défait comme un château de sable et quelle timide vague a bien pu l'emporter ?

Tant que je ne l'ai pas ouvert, le message reste un emballage qui enveloppe en puissance le joyau le plus pur.

Je reste prisonnier d'une ancienne version de moi-même, périmée.  Ayant refusé les mises à jour successives qui m'étaient proposées, je dysfonctionne. 

Je traque partout tes traces écrites.  Je m'aperçois que je ne connais même pas ton écriture manuscrite.  C'est terrifiant je trouve.  Aujourd'hui on peut très bien partager la vie de quelqu'un et ne jamais l'avoir vu tracer une lettre.



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