dimanche 12 avril 2026

Foi de prof - Harold Cobert

 Foi de prof  -  Harold Cobert





















Editions le Rocher
Parution : 14/01/2026
Pages : 336
EAN : 9782268112725
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur



Une année dans l'enseignement privé catholique


En septembre 2024, le romancier Harold Cobert devient professeur suppléant en lettres au lycée privé catholique Passy Saint-Honoré. Si, comme tout enseignant d'aujourd'hui, il fait face à la génération TikTok, dont l'orthographe ou la concentration ne sont pas le fort, il découvre au fil des jours un établissement humain, réactif et souple, loin de la bureaucratie froide imposée dans le public. Ce contexte favorable, qui pousse et soutient les élèves, conjugué à sa propre passion de transmettre, permettra à Harold Cobert d'intéresser son auditoire aux grands auteurs et aux subtilités de la langue française. Loin des idées reçues, ce journal de bord est un vibrant plaidoyer pour le système éducatif catholique, si souvent décrié, mais qui est peut-être le dernier bastion d'une certaine forme de méritocratie...

Harold Cobert

Harold Cobert est écrivain. Il a publié une dizaine de romans dont Un hiver avec Baudelaire (Héloïse d'Ormesson, 2009), La mésange et l'ogresse, dans la tête de Monique Fourniret (Plon, 2016), Belle-Amie (Les Escales, 2019), Le procès Mein Kampf (Les Escales, 2025).


Source : Le Rocher



Mon avis

C'est la plume d'Harold Cobert, que j'apprécie beaucoup qui m'a donné envie de découvrir cet essai, plus exactement ce témoignage agencé comme un journal de bord sur sa première année dans l'enseignement. Je suis belge, le système éducatif est certes différent dans mon pays, mais un constat est identique, une démotivation des profs et un nivellement par le bas dans l'enseignement, j'étais donc très curieuse.

Premier constat intéressant , c'est que l'auteur est arrivé sur le tard dans l'enseignement, à l'approche de la cinquantaine en quête de sens, à la recherche de plus d'humain. Avec un vécu, une expérience professionnelle différente, c'est peut-être plus facile de transmettre des valeurs.

C'est l'assassinat de Samuel Paty qui a été l'élément déclencheur, qui lui a donné l'envie de s'engager, de combattre à sa manière cette attaque aux connaissances, au savoir. Titulaire d'un doctorat ès lettres ,  il dispose d'un savoir à transmettre. 

Harold Cobert a postulé tant au public qu'au privé et c'est comme suppléant sous contrat dans le catholique qu'il va prendre en main, une classe de deuxième B.  

Le constat est simple, une moyenne trop basse, un manque d'écoute, de concentration, vocabulaire faible, peu de motivation au départ, faut dire que les horaires un peu "biscornus" - une pause après les 20 minutes de cours, ne l'aident pas.   

Son objectif : leur donner l'envie de lire par plaisir et pas par obligation, acquérir du vocabulaire, un minimum de syntaxe et de cohésion - une phrase c'est sujet, verbe, complément -, retrouver un sens critique en développant le vocabulaire, être agile.

On suit l'évolution de la classe au jour le jour, on ressent l'amour de ses élèves, une vraie notion d'écoute et de respect mutuel.   Il s'impose petit à petit, est honnête, juste, ne triche pas et il va parvenir petit à petit à élever le niveau et permettre à sa classe de retrouver les bases et de s'élever en intégrant des outils d'époque tel que l'I.A.

Ce qui m'a également frappée, c'est la plus grande liberté dans l'enseignement libre et la rigidité de l'appareil public, sa bureaucratie sans humanité face aux programmes. C'est passionnant, inspirant, à découvrir.  

J'ai aimé retrouver la plume de l'auteur.  Ce livre n'a rien d'un roman mais il se lit de la même façon.  De très courts chapitres au fil du temps.  J'ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture.

Ma note : 8.5/10


Les jolies phrases

Tous ont en commun le rejet de l'univers de l'entreprise, de ses dysfonctionnements, de sa déshumanisation, et par conséquent la quête d'une activité professionnelle porteuse de sens, un sens humain, un sens indexé sur autre chose que la seule rentabilité économique.  Leur présence ravive en moi une intuition que cette première année d'enseignement ne cessera de me confirmer : il serait sans doute bénéfique que notre système éducatif compte plus de professeurs n'ayant pas uniquement connu les salles de classe, de personnes qui se sont aussi frottées au monde du travail autrement qu'en tant qu'écoliers, lycéens, étudiants et enfin enseignants. 


Le prêtre enchaîne avec un constat auquel je n'avais jamais pensé : la parole est sans doute l'une des régions les plus polluées de notre monde et de notre planète.  Mal se parler pollue en effet les relations humaines.  Les paroles, sans cesse négatives, anxiogènes, mensongères ou dénigrantes, gangrènent nos pensées, l'image de soi, jusqu'à notre santé mentale.

Apprendre à raisonner et à réfléchir aux futurs citoyens reviendrait à forger des esprits libres. 

Dans un monde et une époque où les outils numériques cherchent à restreindre toujours plus la définition de ce que nous sommes à ce que nous possédons, faut-il réellement s'étonner que les jeunes générations confondent de plus en plus l'avoir avec l'être ?

Je voulais vous dire, monsieur, je me rends compte que c'est important, les mots.  Si on n'a pas les mots, on ne peut pas comprendre.  On arrive à rien, en fait.  

Citation de Camus :  " Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde"

Si tous ces ados vous apprécient, c'est parce que vous ne trichez pas.  Vous êtes honnête avec eux, et ils le sentent.
Et puis, il paraît que vous êtes passionné et passionnant. Nous sommes beaucoup de parents à vous être reconnaissants de ce que vous faîtes.


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