Ce qui dort sous le camélia - Claudie O. Wetterwald
Editions du gros caillou
Parution : 27/08/26
Pages : 456
Isbn : 9782494202399
Prix : 21 €
Présentation de l'éditeur
« Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. »
Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire. Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre. Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus.
Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre. Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.
Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O.Wetterwald nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.
Le destin de deux femmes qui devront lutter pour survivre au cœur du chaos.
Une fresque bouleversante !
Amoureuse des mots, Claudie O. Wetterwald écrit depuis toujours. En 2022, son premier roman, La Fille d’encre et de lumière, est le coup de cœur unanime du concours des Éditions du Gros Caillou.
Vendu à plus de 10 000 exemplaires, il a été en sélection du Prix des lecteurs Gouttes de Sang d’Encre 2024 et en sélection du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2025.
Ce qui dort sous le camélia est son deuxième roman.
Mon avis
Elles sont 254 femmes livrées à la vindicte populaire, un immense procès est orchestré dans un stade de foot, du jamais vu, mais c'est normal car les temps ont changé, nous sommes après le Désastre, dans un autre monde. Elles attendent leur sort. Elles, car ce sont exclusivement des femmes ordinaires comme vous et moi. Que leur reproche-t-on ? De s'être débrouillées, d'avoir fait ce qui était nécessaire pour défendre les leurs ?
Parmi elles, Lisenn Delors qui risque le plus gros, pourquoi ? Pour son courage, son humanité ? Une autre femme, Rym Kettani a la lourde tâche de la défendre.
Cette dystopie est incroyable, glaçante car le fil entre la fiction et la réalité est très mince. Tout a commencé par une panne d'électricité, un black-out, un monde qui bascule dans le chaos, pas de communications, ni d'eau, tout s'arrête, il faut survivre, réapprendre à vivre autrement. Comment faire? Tenir , c'est le sort des femmes, leur condition qui sont évoqués, la sororité, l'entraide, le maintien des liens et le partage du savoir ancestral pour continuer à vivre, survivre.
Une construction parfaite dans le temps, très claire, de courts chapitres, un récit magistral qui tient en haleine. Un récit qui en plus fait réfléchir aux choix à faire et à notre société si individualiste et à la montée de la haine et du nationalisme.
Immense coup de cœur.
Les jolies phrases
Le choix pouvait sembler curieux, mais il était évident qu'il s'agissait du moyen le plus efficace de contrôler l'information et le pouvoir.
Les hommes allaient-ils tous devenir fous ? Car c'était bien d'eux qu'il s'agissait, après tout. Ils étaient si nombreux à être partis en quête de solutions. Ou bien était-ce plutôt en quête d'adrénaline ...
Avant qu'on ne m'en accuse, je n'appelle pas à la guerre civile. Au contraire, j'appelle à la prudence. Car si nous ne résistons pas maintenant, ce n'est pas une lutte intestine qui est à craindre, c'est la fin de nos libertés. Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n'est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts : nous avons survécu.
Le combat aujourd'hui n'est pas contre un ennemi invisible il est pour la survie. Tout ce qui importe c'est de préserver les siens.
La folie des hommes n'avait désormais plus besoin de trouver une raison. Il n'y avait plus rien pour l'arrêter.
Mais surtout, souvenez-vous : le corps sait. Il connaît son travail. Il n'a pas besoin d'électricité pour mettre au monde un enfant, seulement de votre amour.
Une chose n'avait pas changé : les vivants vibraient toujours d'une forme d'espoir. Ils étaient capables de joie, même si plus rien ne serait jamais comme avant.
Une chose n'avait pas changé : les vivants vibraient toujours d'une forme d'espoir. Ils étaient capables de joie, même si plus rien ne serait jamais comme avant.
Entre deux pics de douleur, je réalisais que, bientôt, le petit être que j'avais couvé avec tant d'amour serait de ce monde et que plus jamais je ne pourrais le protéger de la même manière. Il ou elle serait comme nous, soumis aux mêmes rigueurs, aux mêmes dangers.



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