mercredi 3 juin 2026

Comme ta mère - Pieterke Mol

 Comme ta mère  -  Pieterke Mol




















Noir sur blanc
Parution : 05/03/26
Pages : 272
Isbn : 9782889831890
Prix : 22.50 €


Présentation de l'éditeur



Sur insistance de son grand-père, Debbie prend le train à Bruxelles pour rendre visite à son père, qu’elle n’a pas vu depuis dix ans. Enfant non souhaité de parents trop jeunes, celui-ci en a gardé une détresse qu’il noie depuis longtemps dans l’alcool. Il vit à Rotterdam, dans un pays que Debbie évite, et parle une langue qu’elle ne comprend pas. À trente-cinq ans, l’âge où d’autres sont déjà mères, elle peine à s’inscrire dans sa propre existence, trop soucieuse d’échapper à la malédiction de son héritage familial.

En dévoilant peu à peu les non-dits d’une famille sur trois générations, Pieterke Mol éclaire les mécaniques de la transmission et signe un poignant roman d’émancipation, porté par une plume audacieuse, brusque et intense.


Mon avis

C'est l'histoire de trois générations de femmes que nous propose Pieterke Mol dans son deuxième roman.  Un roman polyphonique de 1956 à 2019.  Les mêmes interrogations pour sa grand-mère Anouk, sa mère Anne et pour Debbie 35 ans qui à l'insistance de son grand-père Pieter va renouer avec son père Guus, alcoolique qu'elle n'a plus vu depuis 10 ans.   Entre Bruxelles et Rotterdam en mélangeant langue française et néerlandais, Pieterke avec son phrasé particulier, poétique, tranchant et dynamique nous plonge au cœur de son histoire et de ses interrogations.

On découvre son questionnement par rapport à la maternité, à l'attachement maternel des enfants des autres.  On comprend le destin de trois femmes dont le vie bascule face à l'arrivée d'un enfant voulu ou pas.  On se questionne sur l'avortement inexistant par le passé, au choix à poser. Aujourd'hui Debbie 35 ans peut choisir d'avorter ou pas, de se consacrer à sa passion la photographie ou de garder son boulot alimentaire.

On voit le destin de ses ancêtres, ses souvenirs d'enfance, la tendresse mais aussi la violence, l'addiction à l'alcool,  génétique ou pas ?  C'est réaliste parfois dur mais aussi lumineux et l'humour n'est jamais très loin.  Comment se construire avec le poids du passé et de la transmission dans une famille dysfonctionnelle ?  Une belle play-list accompagne la lecture du récit.

A découvrir 

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Quand on naît dans une famille en manque, on devient ce manque.  On le mange, on l'incorpore.  On le fait sien.  Le manque dicte les gestes, creuse les trous.  Dans les organes.  Parfois, il ne reste rien. 

Ce que j'aime, c'est l'ancrage, l'idée d'enregistrer et d'ancrer un souvenir dans le réel.  Le souvenir est passé tandis que l'image est présent. 

L'alcool à flots. Ma mère née colère . L'alcool à flots. Sa mort brutale. Et moi. Moi, la dépendante à tout. En manque de tout. Qui galère dans tout.