samedi 17 octobre 2026

Eskera au bord du monde - Bérangère Cournut

 Eskera au bord du monde -  Bérangère Cournut






























Le tripode
Parution : le 27 août 2026
Pages : 400
Isbn : 9782370555151
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur



Sur une grève battue par les vents, Eskera vit seule avec son ­­­­­grand-père. Au cœur des canaux maritimes de Patagonie, elle plonge pour cueillir des moules, ramasse des œufs dans les marais. Depuis la forêt escarpée elle guette l’arrivée de ses amis Yuras et Yasoep, dont les familles sont en perpétuelle migration. Jusqu’à ce qu’un jour, une vague immense vienne ravager ce monde. Arrachée au rivage qu’elle a toujours connu, Eskera est entraînée par les flots dans un voyage à travers le temps et l’histoire de ses ancêtres, nomades de la mer présents depuis des milliers d’années sur la pointe australe du continent.

Après les Hopis dans Née contente à Oraibi et les Inuits dans De pierre et d’os, c’est à la rencontre des Kawésqar que Bérengère Cournut nous emmène. Eskera au bord du monde raconte le destin d’une enfant-esprit pleine d’élan et de candeur, qui grandit en suivant les traces d’un peuple et d’un monde menacés d’effacement – et pourtant toujours vibrants.



L'illustration de couverture a été réalisée par Carla Richard.


Bérengère Cournut

Bérengère Cournut est née en 1979. Ses premiers livres exploraient essentiellement des territoires oniriques, où l'eau se mêle à la terre (L'Écorcobaliseur, Attila, 2008), où la plaine fabrique des otaries et des renards (Nanoushkaïa, L'Oie de Cravan, 2009), où la glace se pique à la chaleur du désert (Wendy Ratherfight, L'Oie de Cravan, 2013). Depuis, elle poursuit sa recherche d'une vision alternative du monde. En 2017, paraît Née contente à Oraibi (Le Tripode), roman d'immersion sur les plateaux arides d'Arizona, au sein du peuple hopi. En 2019, paraît De pierre et d'os (Le Tripode), roman empreint d’écologie et de spiritualité qui nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme inuit. C’est ce dernier roman qui révèle son œuvre au grand public (Prix du roman Fnac, 150 000 lecteurs). Elle est également l’autrice de formes romanesques plus atypiques avec la nouvelle épistolaire Par-delà nos corps (Le Tripode, 2019), le long chant d’Élise sur les chemins (Le Tripode, 2021) et la fantaisie Vövöl (Le Tripode, 2023). Dans le sillage de ses romans consacrés aux peuples des confins du monde, Bérengère Cournut écrit Eskera au bord du monde (Le Tripode, 2026), une plongée dans l’univers et l’histoire des Kawesqars, peuple de Patagonie.

Source : Le tripode

Mon avis

Le plaisir de retrouver la plume de Bérengère Cournut et son univers onirique pour nous parler de notre monde, des civilisations en mode de perdition.  Cette fois, elle nous emmène à la découverte d'un peuple de Patagonie : une plongée dans l’univers et l’histoire des Kawesqars.

Eskera vit seule avec son grand-père au bord de l'océan, elle pêche et récolte des coquillages pour le nourrir.  Elle n'a jamais quitter ce monde.  Elle attend ses amis Yasoep et Yuras qui reviennent toujours de leurs voyages sur la terre de feu.   Un jour une grande vague emporte avec elle Eskera, l'enfant esprit et avec elle commence un voyage dans le temps et à travers le Chili, la terre de feu, la Patagonie.

On va traverser le temps à l'époque des glaciers, rencontrer les loberos - des pêcheurs nomades mi colon, partir à la découverte de ses ancêtres, de leur traditions, retrouver l'amitié et rencontrer de somptueux paysages : lac, mer,  rivière, glacier, forêt.

Une rencontre d'un peuple en perdition qui nous enseigne le respect de la terre, cadeau de l'univers, le respect du vivant avant, aujourd'hui et pour l'avenir.  On voyage dans le monde des esprits, celui d'Eskera, à la découverte d'un peuple, d'un mode de vie, d'un état d'esprit. 

L'écriture est magnifique, poétique. Cette remontée aux origines, à nos ancêtres, à la beauté du monde est comme l'écriture d'une beauté immense.  Ce récit c'est aussi comprendre la perte et l'absence.

Un très joli livre dans la continuité de l'œuvre de Bérengère Cournut.

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

Le langage des humains est comme celui des autres animaux : il prend son sens dans les tonalités de la voix et s'interprète en fonction des mouvements du corps.  j'ai appris cela, dans ma solitude, en observant le  monde autour de moi. 

Disparaître pour échapper à quelque chose d'ici que l'on ne comprend pas et qui ne signifie pas forcément la fin du monde .  Tu comprends ?

C'est là ta force, Eskera : tu es l'esprit de ce qui peut encore advenir, malgré la mort, malgré la disparition des corps.

Regarde bien autour de toi : de la mort jaillit la vie, de la vie jaillit la joie.

Comme si sa longue vie lui avait appris qu'il n'y a rien à craindre et qu'à n'importe quel moment, n'importe quel endroit, il existe plusieurs voies, plusieurs chemins. 

Tu vois la forme des vagues, les rouleaux, le ressac ?  Ben, c'est à peu près pareil : le temps se déploie sans cesse, mais il revient toujours sur lui-même.

Comme ça fait du bien de se délester ainsi de ses tristesses, de ses secrets.  De jeter le manque à la nuit plutôt que de le rouler dans son ventre.

Il faut embrasser le monde tel qu'il a été, tel qu'il est, tel qu'il sera.

La puissance de l'eau, du vent, du feu et de la terre, on doit s'y plier.

Les humains se font une place - oubliant parfois à qui ils la doivent.

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