vendredi 27 avril 2018

Ariane - Myriam Leroy ♥♥♥♥

Ariane  -  Myriam Leroy

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Don Quichotte
Parution : 04/01/2018
Pages : 208
ISBN : 978-235949-675-8
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur


« Quand j’ai eu douze ans, mes parents m’ont inscrite dans une école de riches. J’y suis restée deux années. C’est là que j’ai rencontré Ariane. Il ne me reste rien d’elle, ou presque. Trois lettres froissées, aucune image. Aucun résultat ne s’affiche lorsqu’on tape son nom sur Google. Ariane a vécu vingt ans et elle n’apparaît nulle part. Quand j’ai voulu en parler, l’autre jour, rien ne m’est venu. J’avais souhaité sa mort et je l’avais accueillie avec soulagement. Elle ne m’avait pas bouleversée, pas torturée, elle ne revient pas me hanter. C’est fini. C’est tout. »


Elles sont collégiennes et s’aiment d’amour dur. L’une vient d’un milieu modeste et collectionne les complexes. L’autre est d’une beauté vénéneuse et mène une existence légère entre sa piscine et son terrain de tennis. L’autre, c’est Ariane, jeune fille incandescente avec qui la narratrice noue une relation furieuse, exclusive, nourrie par les sévices qu’elles infligent aux autres. Mais leur histoire est toxique et porte en elle un poison à effet lent, mais sûr.


Premier roman sur une amitié féroce, faite de codes secrets et de signes de reconnaissance, à la vie à la mort.

L'auteure nous en parle





Mon avis

C'est un premier roman sélectionné pour le Goncourt du 1er roman.  Résultat le 5 mai prochain.

Quoi qu'il en soit un premier roman très fort qui nous parle de l'adolescence et d'une très grande amitié.

Nous sommes en 1994 dans le Brabant Wallon, au sud de Bruxelles; direction : Nivelles.

Attention si vous y habitez, vous risquez de ne pas trop apprécier car la ville en prend pour son grade, décrite comme moche, triste, austère.

La narratrice y vit avec sa famille d'origine modeste.

'Ma soeur et moi ne manquions de rien, sauf du superflu"  ...cela veut tout dire ! Ils ont de l'argent mais on ne dépense rien.  Habillée à "l'as de pique", un père comptable et une mère au foyer, pas de resto, pas de cadeaux de Noël, les vacances se passent dans une vieille masure familiale à la campagne.

La narratrice a 13 ans en 1995.  Hors de question pour ses études secondaires qu'elle fréquente les "ploucs", c'est décidé ses parents l'inscrivent à Braine-l'Alleud dans un collège plus bourgeois.  C'est là qu'Ariane croisera l'élite des alentours et Ariane qui vit à Lasne, la commune par excellence où vivent les riches du BW (Brabant Wallon).

Pour s'intégrer, la narratrice aura droit à quelques achats vestimentaires; son premier "Levi's", c'est l'époque des vestes Donaldson et pour les ados, l'importance de ces codes vestimentaires est grande.
On va avec joie parcourir les années '90 que ce soit au niveau vestimentaire, musical.

Ariane est belle, d'origine indienne.  Elle a été adoptée il y a trois ans.  Elle vit dans un autre monde; piscine et tennis à la maison, des parents aux moeurs familiales très libres.  C'est une amitié fusionnelle qui prend naissance, mais Ariane n'a pas froid aux yeux, et cette belle amitié deviendra bien vite toxique.

Un premier roman très réussi.  Le langage est cru et direct comme le sont les ados.  Le besoin d'exister, de plaire, de s'affirmer est très bien décrit. Myriam Leroy dépeint à merveille le ressenti de cet âge, elle nous fait vraiment revivre l'époque, ses changements physiques et émotionnels de l'adolescence, l'instabilité psychique ressentie à cette période de la vie.

Une amitié toxique, amour-haine qui sans doute autobiographique a laissé des traces chez l'auteure.

Mais pourquoi revenir sur cette histoire de plus de vingt ans, s'interroge la narratrice?  Elle nous parle de l'écriture, de ce besoin d'utiliser le "je" ou pas, sur le besoin de dire ou non la vérité ?

Un premier roman entre fiction et autobiographie, un roman initiatique qui se lit très vite et qui augure une plume très prometteuse.

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

Ariane fit tomber les derniers résidus de crainte hérités de douze années d'éducation fondée sur le mantra préféré de mes parents : "Se méfier de tout et tout le monde, ne jamais rien attendre de personne."

J'en étais sûre.  Notre binôme était surnaturel.  Nous étions plus que la somme de nos parties, nous étions cette complétude en tous points soudée dont naissaient les rayons lasers et les pouvoirs magiques.  Nous imaginions avoir en poche ces deux médaillons orphelins, le croissant de lune et le soleil qui, s'emboîtant, devenaient la clef des Mystérieuses Cités d'or.

J'ai compris que la vie n'avait d'autre sens que de la vivre et, si je ne m'en réjouis pas forcément, j'en fais mon affaire, je l'accepte et n'en veux à personne (enfin, pas vraiment) de ne pas m'en avoir avertie.  J'ai intégré que l'amour était une humeur hormonale utile à la perpétuation de l'espèce, le désir soluble dans l'amitié une disposition occupationnelle.

Une pire ennemie, on y pense encore plus qu'à une meilleure amie, c'est fou le cerveau humain.










3 commentaires:

Anne a dit…

Il me faut l'avouer, je ne suis pas attirée par ce roman, l'auteure m'horripilait un peu quand je l'entendais à Livrés à domicile...

lcath a dit…

Les ados ... j'ai du mal avec ce sujet dommage le livre a l'air interessant

Nathalie Vanhauwaert a dit…

Anne je ne l'entends pas en radoi ou télé, j'ai donc lu sans préjugés. Icath il y a un temps pour tout et on ne peut pas tout lire... c'est pas le choix qui manque.