samedi 18 juillet 2026

Le ciel de Samuel Survivre dans le Sonderkommando - Sylvie Stuer

 Le Ciel de Samuel Survivre dans le Sonderkommando   - Sylvie Stuer




















L'Harmattan
Romans historiques
Parution : 26-03-26
Pages : 232
Isbn : 9782336594996
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

– Le problème, c’est que le monde s’est lassé d’entendre. Presque tout a été écrit sur la Shoah.
– Presque tout, ce n’est pas tout.

Octobre 2011. À l’âge de quatre-vingt-cinq ans, David Lem retourne à Auschwitz pour la première fois depuis sa libération du camp. Lui et son fils Samy font une découverte exceptionnelle près du crématoire III de Birkenau.
Suite à ce voyage en Pologne, Samy confie son histoire familiale à une éditrice dont le grand-père a servi à Auschwitz comme sous-officier. Ensemble, ils vont découvrir les circonstances incroyables ayant permis à David de survivre au camp d’extermination, malgré son appartenance au Sonderkommando de Birkenau.



Sylvie Stuer


Étudiante aux Beaux-Arts, Sylvie Stuer est diplômée en journalisme et en sciences politiques de l’Université libre de Bruxelles. En janvier 2003, elle se rend à Auschwitz-Birkenau avec Charles Baron, rescapé des camps. Cette rencontre est le point de départ de sa réflexion sur les racines de l’antijudaïsme. Depuis, elle s’interroge sur les relations entre la foi juive et le christianisme. Ce premier roman historique est le fruit de son questionnement.   Sylvie Stuer est belge et vit à Wavre.


Mon avis

C'est un roman historique, un docu-fiction  que nous propose la wavrienne Sylvie Stuer.  Un roman indispensable, lumineux.

Voici un récit qui nous plonge dans deux temporalités, 2012 et la période de juin 42 à janvier 45. 
Samy essaie de faire éditer l'histoire de son père David qu'il a découverte il y a peu suite à un voyage à Auschwitz-Birkenau.  C'est seulement à partir de ce moment que David a commencé à lui parler de son passé, son histoire familiale, son destin et celui de son père Samuel .

Sur place il ne fallait penser à rien, sinon à survivre mais aujourd'hui, ce qu'il a vécu là-bas, les souffrances et horreurs vues ne l'ont jamais quitté, c'est son quotidien, cela l'accompagne à jamais.  

C'est un rescapé mais aussi un mal aimé car il était membre d'un Sonderkommando dont la mission était de participer bien malgré eux à la disparition des leurs.  

Se posent alors des questions sur la spiritualité, la foi, la culpabilité d'avoir survécu et surtout la notion de pardon, sur le silence, les non-dits, la difficulté de raconter. Je n'ai pas envie de vous en dire plus si ce n'est qu'il ne faut pas avoir peur de le lire, certains passages sont durs mais essentiels, nécessaires, car au bout il y a toujours la lumière.

La construction du roman est très intéressante, des pièces de puzzle qui s'emboîtent, de belles personnes qui se rencontrent, des destins croisés.  L'écriture est belle, très documentée.  J'ai beaucoup aimé les réflexions profondes sur la notion de pardon et sur la spiritualité.


Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

Tu dois seulement essayer d'avoir l'air normal.  Alors que toi, tu sais que rien n'est normal.  

La mort n'arrête pas son travail.

Faut penser à rien, sinon à survivre.  Après, tu penseras.

Chaque génération porte en elle la responsabilité du pardon ou de la vengeance. 

Je ne me suis pas battu pour tuer, mais pour survivre. 

On ne devrait pas rester, mais on ne peut pas partir.

Tu sais, j'ai remarqué qu'ici, quand les vieux parlent, personne ne les écoute.  On fait semblant, pour être poli.  

Samy, la vie après la mort ne se raconte pas.  Tu sais, je suis encore là-bas, depuis toujours.  Auschwitz est partout. Avant, je n'avais pas peur des chiens.  Je les aimais bien.  Ces bêtes étaient fidèles pour moi.  Et bienveillantes.  Depuis Auschwitz, je baisse les yeux quand j'en croise dans la rue.  C'est plus fort que moi. Je n'ose pas les regarder en face.  Je crains leurs aboiements. Pour leurs maîtres, nous n'étions que des Stücke.  Des morceaux, des pièces de rechange. 

Quand tu quittes un camp de la mort, tu penses que le pire est passé.  Eh bien, non.  En un rien de temps, tout le monde feint de reprendre une vie normale : se rétablir, trouver un travail, se faire des amis, se payer un logement, fonder une famille ; et cela, sans même chercher à récupérer ce qui t'appartenait avant.  Tu dois seulement essayer d'avoir l'air normal.  Alors que toi, tu sais. Tu sais que rien n'est normal.  Que la normalité n'existe pas, qu'elle n'a jamais existé.  Que tout peut basculer, aussi vite qu'un claquement de doigts.

Te prendre sur mes genoux, caresser ta joue, prendre un stylo pour écrire : ça c'est la vie.  Le reste est parti avec ceux que j'aimais.  

Dieu est comme le bleu.  Si on ne le nomme pas, Il demeure invisible, mais si on prononce son nom, Il existe. 

Pour moi, un Juste est quelqu'un ayant une si haute idée de l'humanité qu'il n'hésite pas à sacrifier la sienne au bénéfice de celle d'un autre.  Ce faisant, il sauve l'humanité tout entière. 

On ne peut faire le deuil que des vivants qui ne sont plus ; pas des défunts qu'on n'a pas connus. 





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