dimanche 12 juillet 2026

DJ Bambi - Auður Ava Ólafsdóttir

 DJ Bambi  -  Auður Ava Ólafsdóttir





















Zulma
Parution : 04/09/2025
Traduit de l ’islandais par Éric Boury
Pages : 208
Isbn : 9791038703933
Prix : 21.50 €


Présentation de l'éditeur



Logn est biochimiste, spécialisée dans les cellules, les plus petits éléments du corps humain. Elle a 61 ans, s’est toujours sentie femme mais est née dans un corps d’homme. Longtemps elle a tenté de s’en accommoder, s’est parfois habillée en femme, a parfois couché avec des hommes, a été DJ dans un bar gay. Puis elle s’est mariée avec Sonja, a eu un fils, qui lui-même est devenu adulte. Et soudain c’est devenu intolérable, à se jeter dans l’océan pour ne plus jamais reparaître : elle ne veut pas, quand la mort la rattrapera, que son cercueil se referme sur un corps qui ne lui correspond pas. Divorce, traitement hormonal, et bientôt, elle l’espère, l’opération du bas. À son âge ? Sa famille l’a rejetée, ses sœurs refusent qu’elle porte le prénom de leur grand-mère Guðriður. Son seul soutien est son frère jumeau, Trausti, qui passe la voir tous les jours et l’appelle pour lui souhaiter bonne nuit. Il veille sur elle. Face au désarroi d’avoir perdu un frère, il ne peut prendre le risque de perdre aussi sa sœur.
Avec délicatesse, une pudeur salvatrice et une poésie de chaque instant, DJ Bambi s’attache aux questions d’identité, aux marginalités et au temps qui passe, en une merveilleuse ode au genre féminin.



Auður Ava Ólafsdóttir

Auður Ava Ólafsdóttir est sans conteste la reine des lettres islandaises ! Depuis Rosa candida, le charme inimitable de ses romans tient peut-être à son talent sans pareil pour nous faire explorer les troublantes drôleries de l’inconstance humaine avec une poésie et un humour d’une grâce inégalable. Elle a reçu notamment les plus hautes distinctions nordiques, et le Prix Médicis étranger pour Miss Islande.

« Révélée au public français grâce à Rosa candida, l’Islandaise Auður Ava Ólafsdóttir possède l’art de dire les choses compliquées avec des mots simples. Celui aussi de suggérer l’émerveillement devant le miracle quotidien de l’existence. » – Elena Balzamo, Le Monde des Livres.





Mon avis

Logn est née plusieurs heures après son frère jumeau Trausti, comme si elle avait un doute, une appréhension, c'était il y a plus de 61 ans.  Logn est née dans le mauvais corps, celui d'un garçon et c'est toujours sentie femme. Elle ne peut se faire à l'idée de quitter ce monde dans le mauvais corps, elle est dans l'attente de l'opération "du bas".

Auður Ava Ólafsdóttir nous invite avec délicatesse et empathie à être témoin du parcours de Logn au quotidien, de vivre sans chronologie son combat au quotidien depuis sa naissance envers soi même mais aussi face aux réactions de l'entourage proche ou non.

Logn a toujours ressenti dès son plus jeune âge le besoin de s'habiller en femme, elle se sentait différente mais les conventions sociales, familiales ont fait qu'elle n'a pas eu d'autre choix au final que de se conformer et de décider d'apprendre à découvrir comment vivait et agissait les hommes et d'en devenir un, de se marier, de fonder une famille.  La réaction de son coming-out a engendré le rejet dans sa famille, le divorce, de la distance par rapport à son fils.   Seule la bienveillance de son frère Trausti présent au quotidien l'accompagne.

Une situation en effet inimaginable pour beaucoup, comment peut-on si on est né dans le corps d'un homme et être en réalité une femme et le revendiquer ?  J'espère que la lecture de ce magnifique récit le fera comprendre aux incrédules et l'essentiel n'est-il pas d'accepter, d'être tolérant et de changer le regard de la société.  Ce livre nous permet de comprendre qu'il est important d'être en phase avec ce que l'on ressent et d'accepter la transition de genre.

L'écriture est fluide, bienveillante, tout en délicatesse et poésie, d'une sensibilité rare.  Un récit superbe.

Les jolies phrases

Je ne demande pas grand chose.
Juste un corps qui me ressemble.
Un point c'est tout.

Il ne faudrait pas que j'oublie que dans bien des pays, mon existence même n'est pas envisageable, je risquerais d'y subir des violences et d'être jetée en prison. 

Pour ma plus grande joie, la psychologue m'a dit que la culpabilité est un sentiment typiquement féminin lié au fait de se sentir responsable du bien-être des autres.  Et que la mauvaise conscience est inscrite dans la mémoire génétique des femmes, qu'elle se transmet de génération en  génération, je crois même qu'elle a évoqué l'ADN de la femme. 

J'ai découvert que ce qui compte le plus dans la virilité est de susciter l'admiration des autres hommes. 

Lorsque je regarde en arrière, lorsque je balaie les six décennies de mon existence, j’ai l’impression qu’elle appartient à quelqu’un d’autre, que ce n’est pas ma vie dont je me souviens, que je ne suis qu’un hôte de passage dans l’existence d’une autre personne, que je ne suis pas encore née, que je me tiens, non seulement à l’extérieur de ma vie, mais aussi hors du temps. C’est ma blessure. Ma déchirure.

J’ai cru que la douleur finirait par s’apaiser comme le sable se dépose au fond d’une eau trouble, je ne savais pas que la tristesse colorerait toutes mes pensées, chaque jour, comme autant de fragments jalonnant mon existence, jusqu’à ce que j’atteigne l’âge de mes cinquante-cinq ans.

Celui qui connaît les faiblesse d'une personne dispose d'un pouvoir sur elle.

Chaque jour, tous les jours, à tout instant, on fait quelque chose pour la première et la dernière fois. 

Je m'appelle Logn, comme le jour  où la tempête retombe, comme le matin qui suit une puissante dépression, après un ouragan déchaîné, lorsque le monde se brise en mille cristaux, parce que lorsque les bourrasques s'apaisent ne reste que le calme plat.



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