samedi 31 octobre 2026

Sauf la frontière - Elisa Shua Dusapin

 Sauf la frontière  -  Elisa Shua Dusapin

















Zoé éditions
Parution : 27/08/2026
Pages : 240
Isbn : 978-2-88907-643-7
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Au dernier jour d’un festival de littérature à Beyrouth, Elisa Shua Dusapin descend au Sud Liban. Elle ne sait pas ce qui se passe de l’autre côté de la frontière en Israël, c’est tôt le matin, le 7 octobre 2023. Quelques mois plus tard, après son retour en Europe, un pressentiment la pousse à retourner d’urgence au Proche-Orient. Elle commence par poser ses valises à Amman en Jordanie. Elle ne connait ni la ville, ni sa culture. La jeune femme apprend l’arabe, s’initie à la plomberie avec des Jordaniennes, se rapproche de réfugiés syriens, partage de furtives confidences avec des Palestiniens et des Israéliens. Une sorte de secret se dévoile dans les silences et grâce aux gestes. Comme si c’était en compagnie des gens, et non à leur propos, qu’Elisa Shua Dusapin écrivait ce texte lumineux et grave, échappant à tout manichéisme et qui pose un regard inédit sur cette région et sur la violence.



Elisa Shua Dusapin



Née en 1992 à Sarlat-la-Canéda d’un père français et d’une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Elle est diplômée de l’Institut littéraire suisse de Bienne. Son premier roman, Hiver à Sokcho (Zoé, 2016, Folio 2018) obtient les prix Robert Walser, Alpha, Régine-Desforges, Révélation SGDL. En 2021, sa traduction anglaise reçoit le National Book Award for Translated Literature. Plusieurs fois adapté au théâtre, le livre a été adapté au cinéma par le réalisateur Koya Kamura, avec Roschdy Zem dans le rôle principal. Suivent Les Billes du Pachinko (Zoé, 2018, Folio 2020), prix suisse de littérature et Alpes-Jura, Vladivostok Circus (Zoé, 2020, Folio 2022), sélectionné pour le prix Femina et Le vieil incendie (Zoé, 2023) qui a été finaliste du prix Médicis, dans la sélection du prix Femina et lauréat du prix Wepler. Elisa Shua Dusapin publie également en jeunesse Le colibri (La joie de lire, 2023), illustré par Hélène Becquelin, qui obtient le prix suisse de littérature. Elle collabore régulièrement à des projets dramaturgiques. Ses quatre romans sont traduits dans plus de 35 langues.







Mon avis



Elisa Shua Dusapin est à Beyrouth la nuit du 7 octobre 2023 pour un festival littéraire. Elle vit les coupures d'électricité, d'eau, pas de batterie, la violence sur place. Rapatriée en Suisse, elle a du mal à se reconnecter à son quotidien. Elle a besoin de comprendre, c'est nécessaire. Entre août 2024 et février 2026, elle sillonne la Jordanie, la Cisjordanie, Israël et les territoires palestiniens. Elle rencontre, questionne, apprend l'arabe, participe à des groupes de paroles, apprend la plomberie avec des femmes jordaniennes, partage leur quotidien.



C'est un témoignage autobiographique à la première personne et non pas une fiction. Le besoin de se confronter à la région pour comprendre la frontière physique et intime et découvrir la résilience et la liberté.



Une écriture authentique, sincère qui nous fait vivre avec elle le quotidien. C'est fort, puissant, on a le sentiment d'y être. Un récit lumineux qui donne un autre regard sur cette région du monde.

Ma note : 9/10


 Les jolies phrases

Je viens d'un pays sans guerre ! pourtant la guerre est dans ma vie. 

Il faut de l'intelligence pour aimer, du cœur pour comprendre.

C'est normal d'avoir peur.  Pense au sol.  Ne pense qu'à ton corps qui s'enfonce dans le sol. Le reste, tu sais.

Mais si une femme fait comme un homme en public, elle manque à l'honneur.  Tu sais ce que c'est, l'honneur ?  Non, bien sûr.  Vous ne pouvez pas comprendre.  je vais t'expliquer.  Si un homme permet à une femme de se ridiculiser, il mérite autant qu'elle d'être tué.  Si t'étais ma femme, je pourrais te tuer pour moins que ça. 
T'es pas chez toi ici.  Tu arrêtes de dire n'importe quoi. 

Le monde dans lequel j'ai grandi prend des directions que je ne suis pas.
Je dois franchir des frontières. C'est un défi. Peut-être une insolence. Chercher à comprendre. Aller chercher. Vérifier que je suis libre. Je n'ai pas besoin d'autre raison. Je suis ivre de frontière et de liberté.

Le capitalisme tue nos valeurs, l'occupation tue notre mémoire culturelle et religieuse. J'ai peur de perdre ma vie. Mais aussi mon héritage mémoriel.

J'ai moins peur des bombes que de l'amour.




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