dimanche 30 août 2015

Ils ont rejoint ma Montagne à lire



De retour d'une petite escapade française, de passage par Lille et son célèbre "Furet du Nord" en cette période de rentrée littéraire, impossible de ne pas craquer.

Deux premiers romans pour commencer, deux plumes à découvrir:

Camille, mon envolée

Sophie Daull



Philippe Rey
Date de parution : 20/08/2015
ISBN : 978-2-84876-468-9
Format : 14.5 x 22 cm
Pages : 192
Prix : 16.00 €

Avis de l'éditeur


Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.
Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent… Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.
Loin d’être l’épanchement d’une mère endeuillée ou un mausolée – puisque l’humour n’y perd pas ses droits –, ce texte est le roman d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie : « la fabrication d’un belvédère d’où Camille et moi pouvons encore,
radieuses, contempler le monde ».

« Dans les jours d’après, nous distribuerons tes soixante-dix-sept peluches, une par une ou deux par deux, à des fossés dans les campagnes, à des clairières, à des rochers. C’est joli, ces ours, ces lapins, ces petits chats abandonnés sur les tapis de mousse, prenant la pluie sous les marguerites. »

                                                 

Un mauvais garçon

Deepti Kapoor


Seuil
Traduit de l'anglais (Inde) par Michèle Albaret-Maatsch
140 x 205 mm
204 pages
9782021165678
17€

Avis de l'éditeur

Elle a vingt ans à New Delhi. Elle n’a ni père (parti vivre à Singapour), ni mère (décédée), ni repères. Sa tante, chez qui elle vit, cherche à la marier. Elle brûle d’une énergie qui n’a nulle part où aller, alors elle se plie aux conventions et garde ses pensées pour elle-même.
Un jour, dans un café, il la dévisage. Plus âgé, il semble venir d’ailleurs. Il est laid, et pourtant tout chez lui attire la jeune fille.
Il l’initiera au sexe, à l’alcool, aux drogues ; aux plaisirs du corps et à la noirceur de l’âme. Elle bravera les interdits et découvrira avec lui un New Delhi aussi dangereux qu’enivrant, où se côtoient l’ancestral et l’ultramoderne, la richesse et la putrescence, le profane et le sacré, et où pulse une rage de vivre que rien n’arrête.
Spirale d’amour et de destruction virtuose, Un mauvais garçon est porté par une prose qui vibre de désir et de révolte, jusqu’à l’incandescence.

Un incontournable de ma compatriote.

Le crime du comte de Neville

Amélie Nothomb



Albin Michel
août 2015
Format : 200 mm x 130 mm
144 pages
EAN13 : 9782226318091
Prix : 15.00 €


Quatrième de couverture

« Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. » Amélie Nothomb

Je vous en parle très vite car déjà lu et apprécié.  Une bonne année.

La blogosphère m'a donné envie de découvrir son écriture.

Otages intimes

Jeanne Benameur

Otages intimes

Actes Sud
Août, 2015
11,5 x 21,7 
208 pages
ISBN 978-2-330-05311-6
prix indicatif : 18,80€

Quatrième de couverture

Photographe de guerre, Étienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce qu’il lui reste à réapprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril.
De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre depuis lequel il pourrait reprendre langue avec le monde.
Au contact d’une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l’Italien, l’ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, “la petite qui vient de loin”, devenue avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de mettre en mots ce qu’elles ont vécu.
Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l’urgence de la question cruciale : quelle est la part d’otage en chacun de nous ?
De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l’otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu’on ne trouve qu’en atteignant l’intime de soi.

Il était attendu, hâte de la relire.

D'après une histoire vraie

Delphine de Vigan




JC LATTES
EAN : 9782709648523
Parution : 26/08/2015
484 pages
20.00 €

Avis de l'éditeur

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain.Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais rencontrer. »
Dans ce roman, Delphine de Vigan raconte l’histoire d’une amitié. Séduction, dépression et trahison sont les trois temps de ce récit qui entraîne le lecteur dans les coulisses de la création, là où le doute, les apparences et les faux-semblants tendent un piège redoutable. Qui est le maître du jeu ?
« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. »

J'avais beaucoup aimé "Le domaine des murmures" 

La terre qui penche

Carole Martinez



Gallimard
Broché: 368 pages
Parution : 20 août 2015
Collection : Blanche
ISBN-13: 978-2070149926
Dimensions du produit: 20,5 x 2,5 x 14 cm
Prix : 20 euros



Présentation de l'éditeur

Blanche est morte en 1361 à l'âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu'elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu'elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent. L'enfance se raconte au présent et la vieillesse s'émerveille, s'étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l'y attend. Veut-on l'offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais ? Par la force d'une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l'orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman.

Une attente , après avoir adoré "Quatrième mur", un partenariat me permet de découvrir :

Profession du père

Sorj Chalandon


Grasset
Parution : 19/08/2015
Pages : 320
Format : 142 x 205 mm
Prix :  19.00 €
EAN : 9782246857136

Avis de l'éditeur


« Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »


L'envie de découvrir la plume d'Agnès Ledig


Juste avant le bonheur

Agnès Ledig



Pocket 15948
Albin Michel en grand format

Quatrième de couverture


Prix Maison de la Presse

Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Ému par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ? C’est le temps de la découverte, des vacances, de l’amitié profonde. Le temps de vivre pleinement. En espérant que cela dure toujours.

Et pour terminer deux petits romans graphiques , J'en avais envie depuis longtemps.

L'arabe du futur
Riad Sattouf

  
Allary Editions                                  Allary Editions
Roman graphique                              Roman graphique
160 PAGES COULEURS                 160 PAGES COULEURS
170 X 240 mm                                   170 X 240 mm
20,90€                                                20.90 euros
15 MAI 2014                                     11/06/2015
EAN : 978-2370730145                     EAN / 978-2370730541


Tome 1


Une enfance dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.

Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.


Tome 2


Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L’Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient.

Dans le premier tome (1978-1984) le petit Riad était balloté entre la Libye, la Bretagne et la Syrie.

Dans ce second tome, qui couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père.

La vie paysanne et la rudesse de l’école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d’Hafez Al-Assad.



Fin de mon gros shopping lillois, mais les tentations de l'Intime Festival risquent d'en ajouter d'autres.

samedi 29 août 2015

La petite communiste qui ne souriait jamais Lola Lafon

La petite communiste qui ne souriait jamais

Lola Lafon

La petite communiste qui ne souriait jamais

Actes Sud
Janvier, 20
11,5 x 21,7
320 pages
ISBN 978-2-330-02728-5
Prix indicatif : 21, 00€


Avis de l'éditeur

Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux j.o. de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le romanacrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.



"C’est un dialogue fantasmé entre Nadia Comaneci, la jeune gymnaste roumaine de quatorze ans devenue, dès son apparition aux J. O. de 1976, une idole pop sportive à l’Ouest et « plus jeune héroïne communiste » à l’Est, et la narratrice, « Candide occidentale » fascinée, qui entreprend d’écrire son histoire, doutant, à raison, des versions officielles. L’histoire d’une jeune fille face à ses juges, qu’ils soient sportifs, politiques, médiatiques, désirée et manipulée également par les États, qu’ils soient communistes ou libéraux. L’histoire, aussi, de ce monde disparu et si souvent caricaturé : l’Europe de l’Est où j’ai grandi, coupée du monde, aujourd’hui enfouie dans une Histoire close par la chute d’un Mur.

Comment raconter cette « petite communiste » à qui toutes les petites filles de l’Ouest ont rêvé de ressembler et qui reste une des dernières images médiatiques non sexualisée de jeune fille sacralisée par un Occident en manque d’ange laïque ?

La Petite Communiste qui ne souriait jamais est l’histoire de différentes fabrications et réécritures : réécriture, par CeauŞescu, du communisme dans la Roumanie des années 1980, fabrication du corps des gymnastes à l’Est comme à l’Ouest, réécriture occidentale de ce que fut la vie à l’Est, réécriture et fabrication du récit par l’héroïne-sujet, qui contredit souvent la narratrice et, enfin, réécriture du corps féminin par ceux qui ne se lassent jamais de le commenter et de le noter…

C’est cette phrase-là, à la une d’un quotidien français, commentant Nadia Comaneci aux J. O. de Moscou, qui m’a décidée à écrire ce roman : « La petite fille s’est muée en femme, verdict : la magie est tombée. » Ce roman est, peut-être, un hommage à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue."


Mon avis

C'est une lecture choisie par ma binôme Julie et je suis contente de l'avoir réalisée.

Nous sommes le 26 juin 1976 aux jeux olympiques de Montréal.  J'avais onze ans et demi à l'époque et je garde en mémoire ce prodige, cet exploit. Nadia Comaneci âgée d'à peine quatorze ans vient de réaliser l'incroyable.  Elle a même semé le trouble dans les ordinateurs car jamais ce n'était arrivé, elle réalise le score parfait, un 10.  La perfection est incarnée par cette petite roumaine qui renouvellera l'exploit tant aux barres asymétriques qu'au cheval d'arçon, à la poutre et au sol.  Elle éblouit le jury et conquit la planète.  Mais à quel prix réalise-t-elle ses exploits ?

C'est un peu l'enquête que va mener Lola Lafon.  Un procédé original et ambitieux : durant plus d'un an elle va échanger téléphoniquement et par mail avec Nadia et construire ce récit à la fois historique et journalistique. Chapitre après chapitre, au fil des échanges s'écrit ce récit sensible, juste, captivant et poignant pour nous conter le destin de cette petite fée adulée par son pays tout entier.

Je ne suis pas particulièrement férue de gymnastique et ce n'est pas nécessaire pour être embarqué dans ce récit magnifique. On y découvrira comment et par quels sacrifices, cette fillette d'Onesti est devenue ce qu'elle est.  C'est à l'âge de six ans qu'elle a débuté les entraînements longs et durs imposés par son coach et entraîneur Bela Karoly aux méthodes pas toujours orthodoxes.

On découvrira la détermination, le perfectionnisme de Nadia, mais aussi les rouages du communisme de Ceaucescu qui fit de Nadia sa chose , l'icône adulé de la nation, le symbole de la réussite roumaine.  Le rôle et la place prépondérante de la Securitate, la peur, les manques de nourriture, les magasins vides, la soumission, l'obéissance au régime seront également abordés.

Nadia deviendra l'image du pouvoir, soumise au régime, exhibée partout en compagnie du roitelet (le fils de Ceaucescu, elle vivra par procuration, à travers les autres même pour communiquer).  On la suivra jusqu'à sa fuite, la fin du régime et sa "mauvaise" entrée aux Etats-unis.

Un livre encensé souvent.  J'avoue avoir adoré le premier tiers, la force de l'écriture, l'écriture sensible, un texte intelligent et instructif.  Je me suis un peu perdue dans la seconde partie du récit même si je suis contente d'avoir fait cette lecture très instructive retraçant l'histoire d'un mythe, d'une reine déchue et l'histoire d'un peuple, d'un pays.

Ma note : 7/10


C'est ma lecture commune du mois avec Julie des Petites lectures de Scarlett, son avis est ici


Les jolies phrases

Ce qu'elle accomplit ce jour là, personne ne sera capable de le raconter, ne restent que les limites des mots qu'on connaît pour décrire ce qu'on n'a jamais imaginé.

Ces étages d'horaires, d'aliments immuables, de gestes et d'odeurs.  Et leur soumission tranquille à toutes les restrictions parce qu'elles savent que chaque poussière d'envie, chaque déviation possible, un samedi à flâner, à jouer dans la chambre, un goûter trop copieux, chacun de ces virages penche vers une autre vie, celles des enfants ordinaires, sans but ni avenir.

Nadia, elle est une plante carnivore de dangers dont il faut la gaver.

Tous les sportifs qui gagnent des symboles politiques.  Ils promeuvent des systèmes.  Communisme à l'époque, capitalisme aujourd'hui.

Barres, magnésie et sueur, ce mélange, la trilogie de son existence.

Sa vie, dure comme un vaillant train télécommandé, s'enraye.  L'obéissance n'est qu'une des pièces détraquées et manquantes du puzzle parfait de sa vie précédente, parmi celles-ci : cette faim permanente qui rend le sommeil difficile (rêver qu'on mange et s'éveiller à l'aube terrorisée d'avoir failli manger), les mains entamées d'ampoules et de minuscules coupures jamais refermées, les cuisses tatouées de bleus ancrés dans les veines et ces muscles dont les fibres lâchent, tendons claqués toujours rattrapés de justesse par les indispensables codéine et cortisone.

Je ne vais pas tourner le dos à ce qui me fait peur.  Je fais face, parce que la seule façon d'échapper à ma peur est de la piétiner.

Pendant les années 1990, il était de bon ton de haïr notre passé comme s'il n'y avait rien eu de bon du tout sous le régime communiste, comme si nous n'avions pas de passé!  On a existé ! On a même ri! Aimé ! Il n'y avait pas de farine ?  C'est vrai.  On était tous en uniforme ? Vrai! Vrai! On ne se moquait pas des enfants qui ne portaient pas la "bonne marque" de sweat-shirt, les vêtements étaient des vê-te-ments pas des symboles!

Mes parents sous Ceausescu, allaient à la montagne, au restaurant, au concert, au cirque, au cinéma, au théâtre ! Tout le monde gagnait plus ou moins la même chose, les prix n'augmentaient presque pas ! Ils avaient constamment peur, c'est vrai, peur qu'on ne les entende dire des choses interdites, aujourd'hui, on peut tout dire, félicitations, seulement personne ne nous entend....  255  et suite

jeudi 27 août 2015

Le chant du canari Anne-Frédérique Rochat

Le chant du canari
                       Anne-Frédérique  ROCHAT

Couverture Le chant du canari

Editions Luce Wilquin
Collection Sméraldine
Parution le 21 août
176 pages
ISBN  9782882535085

Avis de l'éditeur


Anatole et Violaine sont en couple depuis de nombreuses années. Combien de temps exactement? Ils ne s'en souviennent plus, cela fait si longtemps. Lui travaille dans une animalerie, entouré de sifflements et de plumes de canaris; elle surveille la section zoologie du Musée d'Histoire Naturelle, silence et relents de camphre. Leur vie quotidienne est une suite d'habitudes rassurantes et de paroles répétées, Bien dormi? - Oui, merci chéri, bien dormi. Et toi, bien dormi? Ils ont tout pour être heureux. Et pourtant. Quelque chose, imperceptiblement, semble les éloigner l'un de l'autre. Il disparaît de plus en plus souvent. Pour aller où? Faire quoi? Le doute s'immisce, les certitudes s'emmoussent. Et s'il suffisait d'un grain de sable, d'une pensée (un peu trop obsédante) pour tout remettre en question, tout perturber?

En librairie dès le 21 août.


L'auteure

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Anne-Frédérique Rochat est née le 29 mars 1977 à Vevey, elle a grandi à Clarens sur Montreux. En juin 2000, elle obtient un diplôme de comédienne au Conservatoire d'Art Dramatique de Lausanne, depuis elle joue régulièrement en Suisse romande. Elle a commencé par écrire des pièces de théâtre, puis a eu envie de s'essayer à un autre genre qu'elle aime et admire particulièrement, le roman. Aujourd'hui, elle continue de jouer et d'écrire. Elle vit à Lausanne.
Ses romans 

Août 2014: À l'abri des regards, Éditions Luce Wilquin.  ,   mon avis est ici
Août 2013: Le sous-bois, Éditions Luce Wilquin.
Avril 2012: Accident de personne, Éditions Luce Wilquin.

Source : son site perso 


Mon avis

Anatole et Violaine sont en couple depuis très longtemps.  Le temps passe et Violaine aimerait avoir un enfant. Anatole n'est pas du même avis. En guise de réponse à sa demande, il lui apporte un poisson rouge !

Il est vrai que Violaine aime jouer à la sirène en prenant de très longs bains mais c'est pas une raison tout de même. Elle prend ce poisson en grippe, c'est pas très affectueux un poisson et elle l'aide à passer trépas.

Anatole et Violaine veulent se plaire, c'est indéniable.  Chacun met de l'eau dans son vin pour que tout se passe bien, pour éviter les conflits.  Anatole offrira à Violaine un canari auquel elle s'attachera beaucoup.  Mais l'envie d'un enfant devient une fixation pour Violaine et cette fixation changera peu à peu sa vision de la vie, déformera sa réalité. Son imaginaire s'emballera, un malaise entre eux grandira.  Perception réelle ou fictive ?  le fil est ténu entre les deux.

Le chant du canari, c'est l'obsession de Violaine.  En argot du milieu c'est la dénonciation du traître, toute une symbolique.  C'est aussi la peur qu'il représente.  Le canari était emmené dans les mines jadis pour détecter le grisou, lorsqu'il étouffait c'était le signe qu'il fallait remonter, qu'il y avait du danger.

C'est avec une écriture fluide, humoristique parfois caustique qu'Anne-Frédérique Rochat nous parle de la confiance, des peurs, d'amour, de l'habitude, de la perte de complicité, de trahison et de la folie.
Entre réel et imaginaire, où se trouve la frontière?

J'ai aimé passer un moment avec Anatole et Violaine, j'ai aimé être emmenée par l'auteur là où je ne m'y attendais pas.  Un agréable moment de lecture.


Ma note : 8.5/10


Les jolies phrases

Ce n'est pas toujours donnant-donnant, explique-t-il, il faut savoir recevoir sans donner et donner sans recevoir, c'est une des clés du bonheur.

Tu es en pleine forme, tu as mes gènes, tu dois les transmettre à quelqu'un, ton patrimoine génétique ne t'appartient pas, il ne fait que passer par toi.

C'est ma vie, papa, répondit Anatole d'une voix mal assurée, vous me l'avez donnée, et je vous en remercie, mais il me semble que j'ai quand même le droit de la mener comme je l'entends.

Tu n'as confiance en rien ni personne, tu es dans le doute perpétuel, ce qui est aussi fatigant pour toi que pour moi.  C'est important d'avoir la foi.  En quelque chose, quelqu'un : n'importe quoi.

Vous avez sûrement raison, un enfant doit être l'expérience la plus extraordinaire qu'un être humain puisse vivre, c'est juste que j'ai des peurs mais en réalité je suis  comme tout le monde, j'ai envie de transmettre quelque chose, de laisser une trace.

La liberté est une absurdité.  Elle n'existe pas.  A partir du moment où on vient au monde, on est prisonnier de celui-ci. Prisonnier de la vie.  De notre enveloppe corporelle.  La seule porte de sortie, c'est la mort. Et encore, ce n'est même pas sûr.  Peut-être que mourir, c'est simplement passer d'une prison à une autre.

Que valait-il mieux ?  Avoir sa mangeoire remplie tous les jours et être enfermé, ou crever la dalle en liberté ?

On ne réalise pas toujours qu'on nage en plein bonheur quand on se contente de barboter dedans.

Se perdait-on un peu lorsqu'on devenait deux ? Où était-il possible de rester entier tout en partageant son quotidien avec un autre être humain ?

Leurs regards se croisèrent.  Et quelque chose s'entrebâilla.  Ils laissèrent entrevoir un morceau de leur âme. Leurs solitudes purent s'admirer l'une l'autre, se saluer. Donner la vie, c'est donner un sens à la sienne, c'est être essentiel pour quelqu'un, cesser de ne penser qu'à soi !

La colère, qui était resté très discrète jusqu'ici, commençait à se réveiller, à frémir, gronder, bruire. Comme des braises sur lesquelles on souffle pour que le feu prenne.  Il n'y avait pas beaucoup de travail.  Le bois était parfait.  Ni trop sec, ni trop humide.  Il n'attendait que ça, d'être dévoré par les flammes, rongé par l'élément puissant et diabolique. Anatole tenait le rôle du soufflet.  Sa respiration, ses mots stupides et maladroits étaient l'oxygène pour l'incendie qui se préparait.

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dimanche 23 août 2015

Monsieur a la migraine Valérie Cohen

Monsieur a la migraine
                Valérie Cohen





Editions Luce Wilquin
Collection Sméraldine
Parution le 28/08/2015
160 pages
ISBN 978-2-88253-511-5
Prix 16 euros



Note de l'éditeur


Vous pensiez tout connaître sur le désir féminin ? Anna, Noémie, Lucia et Julie aussi, jusqu’à ce qu’elles rencontrent Patrice Denis, un sexothérapeute aux méthodes originales.

Mariée depuis trente ans, Anna simule le plaisir sexuel et est bien plus attachée à son chien qu’à son acariâtre époux. Noémie, très amoureuse de son compagnon, supporte de plus en plus mal la libido fatiguée de ce dernier. Julie, fraîchement divorcée et mère de quatre enfants, enchaîne les relations sans lendemain tout en espérant trouver l’amour. Quant à Lucia, après avoir quitté Buenos Aires et son amant destructeur, son corps s’est éteint et le plaisir l’a désertée.

Quatre personnalités attachantes, confrontées à la même difficulté de se sentir pleinement Femme.

Leur point commun ? Patrice Denis, architecte du désir. Cet homme organise des soirées de partage sur le désir féminin auxquelles elles s’inscrivent. Cet adepte du développement personnel va les inviter à un voyage tumultueux dans les tréfonds de leur histoire. Entre rires, pleurs et actes symboliques, elles y livreront leurs secrets les plus intimes, leurs ombres et leurs désirs inavouables.


L'auteure



Elle nous parle d'elle :

Je suis née à Bruxelles en 1968. Gourmande, curieuse et un tantinet insolente, j’ai comblé très jeune mes envies d’ailleurs par des lectures en douce jusqu’aux petites heures du jour.

Une licence en droit social en poche, j’ai exercé quelques années la fonction de juriste d’entreprise. En 2001, je décide de conjuguer deux de mes plaisirs : l’écriture et les voyages.

Beaucoup d’incertitudes, de belles rencontres… quelques mois plus tard, naît ‘‘Le Petit Vadrouilleur’’ (Ed. Clair de Lettre). Ce guide de tourisme m’ouvre la porte de rédactions belges et de sociétés où je jouerai de ma plume.

Quarante ans… d’autres envies, notamment celle d’une écriture plus intimiste et personnelle. Le public belge me découvre dans ‘‘Nos mémoires apprivoisées’’, un second roman paru en février 2012 aux Editions Luce Wilquin après ‘‘Double vie d‘un papillon’’ (2009-Ed.Dorval).

Dans ‘‘Alice et l’Homme-Perle’’ (2014 - Editions Luce Wilquin) et dans ‘‘Monsieur a la migraine ‘’ (2015 – Editions Luce Wilquin), je tente de poser, une fois encore, mon regard tendre, lucide et foncièrement positif sur le monde qui m’entoure.

Extrait de son site, je vous invite à le découvrir c'est ici

Mon avis

J'avais beaucoup aimé "Alice et l'homme perle" , mon avis est ici , et c'est avec beaucoup d'impatience que j'attendais ce nouveau roman de Valérie Cohen.

Un régal.  Valérie Cohen nous emmène dans un domaine qui suscite énormément d'engouement ces dernières années avec les publications de "Cinquante nuances ...", celui du plaisir féminin.

Nous allons rencontrer quatre femmes, quatre histoires, quatre tranches de vie, durant quatre semaines elles vont se côtoyer ; un lien entre elles, un homme : Patrice Denis, c'est un architecte du désir.

Son rôle : réunir ces femmes.  Elles partageront leurs secrets les plus intimes, leurs désirs, leurs hontes, leurs envies, le tout entre rires et larmes.  Un lien se créera entre elles, une amitié magnifique naîtra.   Découvrons-les.

Anna : la cinquantaine, mariée depuis trente ans à Edgard, un mari de plus en plus imbuvable, acide. Elle est emprisonnée, soumise, en quête de liberté.  Anna est flétrie, elle se soumet à son devoir conjugal, simule le plaisir.  Pour elle la sexualité est synonyme de honte, de crasse.

Noémie : 40 ans, follement amoureuse de son mari mais depuis six mois c'est lui qui a souvent la migraine et une libido en berne.  Noémie en souffre.

Julie : 33 ans, divorcée, quatre enfants.  Elle est adepte des galipettes, en quête du plaisir et du bonheur dans des relations sans lendemain.  Un amant, une rencontre, un orgasme, une douche, c'est simple oui mais pas vraiment son idéal.

Lucia : a quitté son pays l'Argentine, son amant et le plaisir l'a déserté, son corps s'est assoupi, aucun depuis ne lui donne du plaisir.

Le désir féminin est au centre de ce récit avec beaucoup de pudeur, de douceur, de tendresse et d'humour.  Valérie Cohen aborde le plaisir, le désir, l'accomplissement de chacun.  Joies, frustrations, manques, difficultés rencontrées dans le cadre d'une vie sexuelle épanouie ou non.

J'ai aimé son "architecte du désir", c'est joliment dit qui amènera chaque femme à gagner l'estime de soi, à trouver l'épanouissement. J'ai aussi aimé le lien créé entre ses femmes, une certaine entraide qui les aidera à se trouver et surtout cette belle amitié.

J'ai passé un bon moment à la lecture de ce récit, j'ai retrouvé la plume fluide, tout en douceur et tendresse de Valérie Cohen.  C'est avec justesse qu'elle nous dépeint qu'être femme peut être source de joie mais aussi de grandes souffrances.


Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

On peut très bien vivre sans plaisir, où est le problème ?  Cela fait trente ans que je fais illusion. Mieux vaut une existence sans orgasme que sans argent et en mauvaise santé.

Se taire et faire semblant était si facile.  Ce qui n'est pas exprimé n'existe pas, ou si peu.

Désirer sans aimer est si facile, mais peut-on aimer sans désir ?

Peut-on aimer par habitude ?

Je voudrais juste être femme, même à temps partiel.

Les pieds ancrés dans le quotidien, la tête dans ses dossiers, il avance dans la vie sans se poser de questions, convaincu que le meilleur est toujours à venir.

Cela doit être ça, vieillir aux côtés d'un être aimé.  Remarquer tout ce qui dysfonctionne et en être profondément touchée.

Etre femme ou ne pas savoir comment l'être pleinement.  Aucun cours et manuel disponible sur le marché.

Le désir, c'est un peu comme mes abdos.  Moins ils travaillent, plus ils se ramollissent.

Une évidence la frappe : si vivre est compliqué, inventer sa vie est un exercice plus fastidieux encore.

Virginité, mère, pénétration, plaisir, violence, désir, orgasme, goût, dégoût, verge, sperme, trahison, père, enfantement, comédie, bonheur, sang, amour, famille, colère, salope, plaisir, haine, lit conjugal. Les mots sont des projectiles lancés à la figure.  Certains résonnent avec force.

Et puis, il y a l'Homme.  Ses étreintes, son odeur, sa salive, sa langue chaude, sa peau, le goût de son sexe.  Celui qui rend un corps joli et fait oublier le temps qui passe.  Celui qui prend, s'offre avec talent, ou sait juste recevoir.  Celui qui butine, dévore, pénètre, engloutit sa partenaire dans une vague de plaisir et la fait renaître à chaque fois.  Celui qui baise ou fait l'amour, fait durer le plaisir ou s'éclipse avant d'en avoir donné.  L'homme du désir, le mâle?  Celui des adjectifs crus et des caresses libertines.  Celui dont il est si difficile de parler.  A son sujet, les mots deviennent mièvres ou teintés de laideur, jamais à la bonne température.

En gommant mon plaisir, j'ai oublié la femme en moi. Je l'ai niée, je suis devenue anonyme.  Presque invisible.



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mercredi 19 août 2015

La maladroite Alexandre Seurat ♥♥♥♥♥

La maladroite

Alexandre SEURAT


Un premier roman attendu pour cette rentrée littéraire.



Rouergue La Brune
Parution le 19/08/2015
Premier roman
128 pages
EAN 978-2812609251

Avis de l'éditeur


Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d’une enfant de huit ans. La photo produit un choc chez une institutrice qui a bien connu Diana. D’emblée, elle n’a aucun doute. La gamine n’a pas été enlevée, ses parents sont responsables de sa « disparition ».
Remontant sa courte vie jusqu’au temps même de sa conception, le roman égrène les témoignages de ceux qui l’ont côtoyée. Enseignants ou médecins scolaires, gendarmes, assistantes sociales, et jusqu’à la grand-mère ou le demi-frère de la victime : toutes et tous viennent prendre la parole, dire, dans la stupeur et l’urgence de s’exprimer, ce qui s’est noué sous leurs yeux, qui les a alertés, sans que jamais ils ne puissent enrayer le dénouement fatal. Peu à peu, ils cernent les zones aveugles de cette histoire ainsi que les failles d’un système pourtant dédié à la protection et l’épanouissement de l’enfance. Inspiré d’un fait divers récent, ce roman choral tient volontairement à distance tout effet de style, et évite la surenchère émotionnelle et compassionnelle.
Seulement les faits, et les faits connus par les témoins extérieurs : autour du trou noir de ce que fut le martyre de celle qui est appelée Diana dans le livre, l’auteur conserve le plus parfait silence.

L'auteur


Alexandre Seurat est né en 1979, il est professeur de lettres à Angers. Il a soutenu en 2010 une thèse de littérature générale et comparée.

Il nous parle de son roman






Mon avis


Un grand merci aux éditions Rouergue pour cette découverte de la rentrée littéraire avant l’heure.  Un premier court roman d’Alexandre Seurat qui semble fort attendu pour cette rentrée.

Il part d’un fait divers, un procès qu’Alexandre Seurat avait suivi. Il l’a marqué, poursuivi et est le point de départ de ce récit choc remarquablement mis en mots (monde) ;  un récit coup de poing qui bouscule, dont on ne sort indemne.

J’en suis sortie K.O.  Un récit parlant d’un sujet brûlant : la maltraitance parentale.  Je vous rassure il n’est pas question de voyeurisme, ce n’est pas pathos.  Le sujet est traité avec beaucoup de pudeur.
C’est la description d’un destin sans précédent, un destin qui apparait au fil de la lecture comme une évidence, sur lequel il était impossible d’interagir.

Diana est une petite fille de huit ans.  Elle a disparu.  Un avis de recherche est lancé.  Celles et ceux qui l’ont croisée durant sa courte vie vont prendre la parole et témoigner.

Une écriture magnifique, sous forme d’un roman choral.  Tour à tour chacun témoignera de ce qu’il a vu, des initiatives mises en place pour sauver Diana, en vain.

La violence du récit n’est pas dans les descriptions des sévices de son quotidien, pas du tout, ce n’est pas le sujet central.  La violence vient des sourires et des silences de Diana.


Il n’y a pas de surenchère émotionnelle, tout réside dans les faits. Entre réalité (revendiquée par l’auteur) et fiction, axé sur les émotions, un roman coup de poing qui nous fait prendre conscience de la nature humaine, de l’impuissance, du déni et de la manipulation.   A découvrir sans plus attendre.


Ma note : un grand coup de ♥ , coup de poing


Les jolies phrases

C'est tellement bien écrit que j'avais envie d'en noter à chaque page, en voici quelques-unes.

Une famille bricolée, oui, une famille rapiécée, une famille où rien ne se dit, mais où les drames se passent au vu de tous, et en silence, sans que personne ne s'interpose.

Paralysée en raccrochant, parce que je n'avais pas fait ce qu'il aurait fallu, pas dit ce qu'il fallait comme il fallait.

p29

J'ai cessé d'enseigner - la décision, c'est ce qu'il y a de facile, le soulagement de rompre, de se dire, "Plus rien ne sera plus pareil", tout brûler compense les regrets qui vous brûlent, il y a une ivresse.

J'aimerais pouvoir dire que je l'aimais comme une soeur - mais elle n'en était pas une pour moi, puisqu'elle n'était RIEN... (105)


Challenge 1 % de la rentrée littéraire

C'est parti.

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