samedi 7 mars 2026

Fauves - Mélissa de Costa

 Fauves - Mélissa da Costa




















Albin Michel
Parution : 07/01/26
Pages : 484
Isbn : 9782226483546
Prix : 21.50 €

Présentation de l'éditeur




« Je veux jouer avec le feu, trembler, sentir la morsure de la mort. Défier les instincts les plus brutaux, les plus sauvages, et les dépasser. »

Comment s’échapper de sa cage ? C’est l’obsession des fauves mais aussi celle de Tony, dix-sept ans, lorsqu’il rejoint un cirque itinérant après avoir fui la violence de son père. Faire face aux bêtes, affronter ses propres démons...

Le nouveau roman de Mélissa Da Costa nous propulse au cœur de l’arène, où l’ivresse du danger fait oublier la mort. Une fresque magistrale, portée par une écriture tendue et charnelle.

Mélissa da Costa



Melissa Da Costa est une auteure française contemporaine née en 1990. Elle grandit avec une passion pour la lecture et l’écriture, ce qui la pousse à poursuivre des études en lettres modernes et elle travaille un temps dans le secteur de la communication et du marketing.

Elle se fait connaître avec son premier roman, Tout le bleu du ciel (2019). Ce livre, qui raconte l’histoire émouvante d’un jeune homme atteint d’une maladie incurable et de son voyage initiatique, a remporté le Prix Alain-Fournier en 2020 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche.

Forte de ce succès, Melissa continue sur sa lancée et publie plusieurs autres romans, chacun explorant des thèmes universels tels que l’amour, la résilience et la quête de soi. Parmi ses œuvres notables, on trouve Les lendemains (2020), une histoire poignante sur le deuil et la reconstruction, et Je revenais des autres (2021), qui aborde les relations humaines et la recherche de l’identité.

Les douleurs fantômes (2022) raconte l’histoire de cinq amis, qui se retrouvent après cinq ans de séparation à cause d’un drame. Il remporte le prix Babelio la même année.

Les femmes du bout du monde, publié en 2023, raconte l’histoire de trois femmes en quête de rédemption et de nouvelles vies en Nouvelle-Zélande. Tenir debout (2024) nous plonge dans l’intimité d’un couple en difficulté, abordant des thèmes comme le désespoir, la rédemption, et la soif de vivre malgré les obstacles.

Fauves (2026), plonge le lecteur sous le chapiteau d’un cirque des années 1980 : Tony, 17 ans, fugue après une dispute avec son père et rejoint un cirque ambulant, obsédé par l’idée d’affronter les fauves pour se mesurer à ses peurs et à ses propres démons.

Source : Fnac



Mon avis

Quelle belle découverte!  C'est avec ce roman que je découvre la plume de Mélissa da Costa, et je vous avoue que le monde circassien n'était pas un sujet qui me tentait très fort  ! Quelle erreur, j'ai été emportée dès le début du roman car Mélissa da Costa a une plume  immersive, puissante qui vous cueille d'entrée de jeu, vous emmène dans le mental de ses personnages.

Tony a 17 ans,  il fuit son père alcoolique et violent qu'il craint après une xième dispute.  Il est sous sa coupe depuis que sa mère Danie est partie avec son frère lorsqu'il avait cinq ans et demi.  Sa tristesse s'est peu à peu transformée en colère.  

Il se fait engagé par un cirque de passage, et part avec le cirque Pulko, loin de chez lui mais pas loin de ses tourments.   L'occasion de découvrir l'univers circassien, la vie, les traditions d'une troupe tsigane.

Il commencera avec les chevaux grâce à l'amitié d'Alessio et son frère Jason, deux écuyers de sa génération.  Au cirque tout le monde met la main à la pâte, il faut tout faire, participer au montage du chapiteau, coller des affiches, nourrir les bêtes. Il s'occupera des chevaux dans un premier temps, sera  assistant écuyer, mais ce qui l'attire le plus ce sont les "fauves" de Chavo.  

L'univers fascinant des fauves réservé aux membres du clan, il n'est qu'un gadjo, un étranger, ce domaine lui semble inaccessible et pourtant son rêve est de devenir "dresseur" comme Chavo. 

En voulant quitter sa 'cage' et en fuyant son père, Tony parviendra-t-il réellement à quitter cette violence, à affronter ses propres démons en étant face aux bêtes ?

Tony veut régner, dominer, triompher, y arrivera-t-il ?

Ce roman parle de toutes les violences, de dominés et de dominants.  Des violences subies entre père et fils, dans le couple, entre membres du cirque mais aussi des violences envers ou entre les animaux, de la brutalité et de la cruauté des hommes.  Il y a les fauves avec leur instinct primaire mais on peut se demander qui est le fauve ?

Un récit très bien documenté, passionnant , captivant qui nous raconte le monde du cirque, ses coutumes et traditions, un monde très macho où la femme est reléguée à la cuisine, à la logistique et à la maternité.

J'ai découvert beaucoup de choses sur le dressage et l'univers fascinant des fauves.  Un thème qui ne m'attirait pas vraiment et pourtant ce roman , je l'ai dévoré, j'ai beaucoup aimé ses personnages torturés, humains à la psychologie travaillée.    L'écriture est immersive, en tension, c'est sombre, puissant et pourtant on s'attache aux personnages, une écriture envoûtante.

Merci Mélissa da Costa, j'ai vraiment passé un excellent moment. Je ne suis pas prête d'oublier Tony, Sabrina, Chavo et la petite panthère nébuleuse Asia.

Un coup de ♥

Les jolies phrases

Tout ce qui perdure se fait dans la lenteur.

Il s'agit pas juste de donner des coups de fouet et de balancer des ordres.  Dompter c'est plus subtil.  Il faut entrer à l'intérieur des fauves.  Plonger dans leurs yeux, violer leur esprit et déjouer leurs plans.  Tu saisis ?

Le métier de dompteur est un de ceux qui nécessitent le plus de ressources physiques.  Chaque jour, la fatigue nerveuse atteint le maximum de ce qui est supportable. 

Un fauve est toujours un fauve.  Aucun d'entre eux n'est jamais dressé, contrairement à ce que notre métier pourrait laisser croire.  Un fauve qui a accroché la chair avec ses griffes se sent surpuissant, ses instincts millénaires de chasseur reprennent le dessus sur sa soumission de commande.  On ne peut pas devenir un bon dresseur par la peur. 

Mettre ses hommes et ses femmes en sécurité, loin du besoin, c'est l'unique priorité d'un chef de clan et ça doit le rester. Chavo fait preuve de sagesse. 

Nous les hommes, on a beau paraître civilisés, on est comme eux : des bêtes sauvages et impatientes, enclines à la violence.

Ces fauves qu'on force à quitter le confort et le calme de leur cage pour être jetés en pâture en pleine lumière, cernés d'une foule bruyante, intimidante, voire carrément effrayante. Ce soir, Tony se sent un peu plus proche d'eux. 

La confiance qui donne envie à l'animal de travailler, d'obéir.


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