Kaya - Lily H. Tuzroyluke
Seuil
Traduit de l'anglais (USA) par Claire Desserrey
Pages : 352
Parution : 7 mai 26
Isbn : 978-2021566604Prix : 23 €
Présentation de l'éditeur
Mon avis
Il y a des livres, allez savoir pourquoi, qui vous attirent et vous disent "lisez-moi". C'est le cas de ce livre-ci, tout d'abord une couverture magnifique qui nous propose une immersion dans le Grand Nord. Je suis sortie de ma zone de confort et je peux vous dire que c'est un éblouissement ce premier roman, une petite merveille que je garderais longtemps en mémoire. J'ai pensé à l'univers de Bérengère Cournut avec "De pierre et d'os".
Alaska, printemps 1893, Kaya est une jeune mère de trois enfants, elle vient d'enterrer sa sœur, son mari et une partie de sa famille décimée par l'épidémie de variole. Elle quitte son village avec ses enfants affamés, son traineau et ses chiens. Objectif le Nord, dans l'espoir de retrouver d'autres survivants de sa tribu, les Inupiaqs.
Alors qu'ils campaient près de la banquise, Samaruna, sa fille âgée de 5 ans est enlevée par des baleiniers. Commence alors une course contre la montre, elle n'a qu'un seul objectif, récupérer sa fille, suivre les baleiniers jusqu'à Herschel avant que les équipages ne prennent le large. Elle va faire de belles rencontres qui vont l'aider à atteindre son objectif.
En parallèle, on suit Ibai, un jeune noir qui fait sa première campagne sur un baleinier américain. On alterne entre le récit de Kaya et celui d'Ibai qui nous permet de vivre de l'intérieur les conditions sur les baleiniers et son désenchantement concernant ce travail.
Immersion complète dans la culture, le savoir et les traditions du peuple Inupiaq. On découvre ce peuple magnifique, sa façon de vivre, la rudesse des conditions de vie du peuple. On ressent le froid, le vent, l'immensité de la nature et de ses magnifiques paysages arctiques, un peuple autochtone décimé par la maladie. J'ai aimé la rigueur historique et la vision et les conséquences de l'industrie baleinière à l'époque. On assiste à l'effondrement d'un monde.
L'écriture est magnifique, immersive. Les paysages incarnés. Le livre se dévore. Une plume à suivre.
Une merveille je vous dis; à découvrir au plus vite.
Un gros coup de ♥
Les jolies phrases
Les enfants ... C'est difficile de les inciter à faire quelque chose, mais une fois qu'ils ont commencé, ils se donnent à fond.
Chasser la baleine revient en vérité à garnir les coffres en banque des riches Blancs qui possèdent le monde.
La peur rend fort, elle aiguise les sens.
Je ne sais rien, et l'incertitude me ronge au point que j'ai mal, que je pleure, que je me tors de douleur, que je me raidis tellement c'est un supplice.
Moi aussi, je veux que mes fils voient ce territoire où ils vivront heureux et en paix, profitant de ce que la terre a à offrir. Le rêve d'une mère.
L'amour maternel ne peut se comparer à aucune forme d'amour, de compassion ou de joie.

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