samedi 27 juin 2026

Kaya - Lily H. Tuzroyluke ♥♥♥♥♥

 Kaya -  Lily H. Tuzroyluke






















Seuil
Traduit de l'anglais (USA) par Claire Desserrey
Pages : 352
Parution : 7 mai 26
Isbn : 978-2021566604
Prix : 23 €

Présentation de l'éditeur

Une extraordinaire odyssée dans le Grand Nord arctique. Alaska, printemps 1893. Une épidémie de variole décime les populations autochtones. La sœur de Kaya vient de succomber à son tour ; la jeune Inupiaq et ses trois enfants sont désormais les seuls survivants de leur village. Alors qu’ils campent près de la banquise, sa petite fille de cinq ans, Samaruna, est enlevée par des baleiniers américains. Kaya et ses fils se lancent dans une poursuite désespérée à travers les immensités glacées, affrontant la faim, les tempêtes et la débâcle des fleuves. Leur quête les mènera jusqu’au port de Herschel, où se rassemblent tous les équipages. Puissant cri de révolte mais aussi formidable déclaration d’amour à l’Alaska, à ses peuples et à leurs mythologies, ce roman est le premier récit inupiaq à s’inscrire, enfin, dans la mythique littérature du Grand Nord. Lily H. Tuzroyluke a fait ses études à l’Université de l’Alaska, à Fairbanks, et a travaillé au sein du gouvernement tribal de sa communauté. Elle vit aujourd’hui à Anchorage. Kaya est son premier roman. « Lily H. Tuzroyluke brûle d’une passion farouche pour son peuple et sa terre. » Publisher’s Weekly Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Claire Desserrey.

Mon avis

Il y a des livres, allez savoir pourquoi, qui vous attirent et vous disent "lisez-moi".  C'est le cas de ce livre-ci, tout d'abord une couverture magnifique qui nous propose une immersion dans le Grand Nord.  Je suis sortie de ma zone de confort et je peux vous dire que c'est un éblouissement ce premier roman, une petite merveille que je garderais longtemps en mémoire.  J'ai pensé à l'univers de Bérengère Cournut avec "De pierre et d'os".

Alaska, printemps 1893, Kaya est une jeune mère de trois enfants,  elle vient d'enterrer sa sœur, son mari et une partie de sa famille décimée par l'épidémie de variole.   Elle quitte son village avec ses enfants affamés, son traineau et ses chiens.  Objectif le Nord, dans l'espoir de retrouver d'autres survivants de sa tribu, les Inupiaqs.   

Alors qu'ils campaient près de la banquise, Samaruna, sa fille âgée de 5 ans est enlevée par des baleiniers.  Commence alors une course contre la montre, elle n'a qu'un seul objectif, récupérer sa fille, suivre les baleiniers jusqu'à Herschel avant que les équipages ne prennent le large.  Elle va faire de belles rencontres qui vont l'aider à atteindre son objectif.  

En parallèle, on suit Ibai, un jeune noir qui fait sa première campagne sur un baleinier américain. On alterne entre le récit de Kaya et celui d'Ibai qui nous permet de vivre de l'intérieur les conditions sur les baleiniers et son désenchantement concernant ce travail.


Immersion complète dans la culture, le savoir et les traditions du peuple Inupiaq.  On découvre ce peuple magnifique, sa façon de vivre, la rudesse des conditions de vie du peuple.  On ressent le froid, le vent, l'immensité de la nature et de ses magnifiques paysages arctiques, un peuple autochtone décimé par la maladie.   J'ai aimé la rigueur historique et la vision et les conséquences de l'industrie baleinière à l'époque.  On assiste à l'effondrement d'un monde.

L'écriture est magnifique, immersive.  Les paysages incarnés.  Le livre se dévore.  Une plume à suivre.

Une merveille je vous dis; à découvrir au plus vite.

Un gros coup de ♥

Les jolies phrases

Les enfants ... C'est difficile de les inciter à faire quelque chose, mais une fois qu'ils ont commencé, ils se donnent à fond. 

Chasser la baleine revient en vérité à garnir les coffres en banque des riches Blancs qui possèdent le monde. 

La peur rend fort, elle aiguise les sens. 

Je ne sais rien, et l'incertitude me ronge au point que j'ai mal, que je pleure, que je me tors de douleur, que je me raidis tellement c'est un supplice.

Un blanc qui construit une bicoque est ingénieux et plein d'imagination ; si c'est un noir ou un immigrant, il est paresseux ou criminel. Le monde dans lequel nous vivons est biaisé.

Moi aussi, je veux que mes fils voient ce territoire où ils vivront heureux et en paix, profitant de ce que la terre a à offrir.  Le rêve d'une mère. 

L'amour maternel ne peut se comparer à aucune forme d'amour, de compassion ou de joie. 

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