Une histoire d'amour et de violence - Olivier Bourdeaut
Gallimard
La Blanche
Parution : 30/04/26
Pages : 240
Isbn : 9782073130242
Prix : 20.50 €
Présentation de l'éditeur
Car derrière la consécration de l’écrivain se cache une histoire intime. Celle d’un fils qui a grandi dans l’ombre d’un père aussi impressionnant qu’insaisissable, d’un enfant qui s’est construit contre la violence et sous les coups, d’un adolescent qui les a rendus et d’un homme qui, au moment de devenir père à son tour, choisit de transformer son héritage.
De Nantes
à l’Espagne, des bancs de la pension aux plateaux de télévision, Olivier Bourdeaut remonte le fil d’une vie faite de chutes, de réconciliations inattendues et de victoires inespérées. Peut-on réécrire son histoire familiale ? Et que reste-t-il, au fond, de nos pères ?
Traversé par une émotion et un humour irrésistibles, ce livre raconte la métamorphose d’un mauvais élève en écrivain, d’un fils blessé en un père attentionné. Un récit vibrant sur la filiation, les épreuves, et finalement la joie de trouver enfin sa place.
Olivier Bourdeaut
Olivier Bourdeaut est né au bord de l'Océan Atlantique en 1980. L'Education Nationale, refusant de comprendre ce qu'il voulait apprendre, lui rendit très vite sa liberté. Dès lors, grâce à l'absence lumineuse de télévision chez lui, il put lire beaucoup et rêvasser énormément.
Durant dix ans il travailla dans l'immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant. Puis, pendant deux ans, il devint responsable d'une agence d'experts en plomb, responsable d'une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d'édition de livres scolaires - un comble - et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres.
Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.
Durant dix ans il travailla dans l'immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant. Puis, pendant deux ans, il devint responsable d'une agence d'experts en plomb, responsable d'une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d'édition de livres scolaires - un comble - et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres.
Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.
Source : Fnac
Photo Francesca Mantovani © Éditions Gallimard
Mon avis
Magnifique roman autobiographique empreint s'une grande humanité et émotion. Olivier Bourdeaut nous conte son enfance et la dualité des sentiments d'amour et de violence envers son père.
Tout commence le jour de ses funérailles qui coïncide avec le début du succès de son célèbre et extraordinaire "En attendant Bojangles"; Après 35 ans de galère, la réussite est enfin au rendez-vous.
"Mon éclosion coïncide avec sa consomption"
Lui qui a toujours été considéré par un incapable pour son père lui démontre le contraire, qu'il est "trop intelligent" lui dira-t-il.
Olivier revient à la source de son enfance, déchiré entre l'admiration et la terreur que lui provoquait son père, une dualité entre attirance et répulsion, amour et violence.
Un père notaire, une mère éteinte, soumise, réduite au silence, impuissante. Issu d'une fratrie de 5, c'est sur lui que son père s'acharnait souvent, semant la peur permanente, la violence physique et psychologique, la persécution le plus souvent sous l'effet de l'alcool. Un père qui pour l'extérieur semblait fréquentable, charismatique mais qui en réalité était despote, destructeur.
Olivier était difficile plus petit, c'était une teigne, un bagarreur qui se voulait justicier auprès de ses frères, faire mal, humilier, taper, rendre quelque part la monnaie de sa pièce. Il lui a fallu vingt-trois ans pour s'en rendre compte.
Il a entrepris l'écriture de ce livre lorsqu'il est devenu père à son tour pas peur de reproduire cette violence.
"J'écris ce livre pour tuer le fils que j'avais fini par devenir."
Il y a aussi une reconnaissance
"Alors qu'il est le plus grand échec de ma vie et que c'est grâce à celui-ci que j'écris aujourd'hui."
L'écriture est fluide, rythmée, tout en finesse. C'est intime, lucide, bouleversant d'émotions. Un livre coup de poing qui ne manque pas de traits d'humour.
Ma note : 9.5/10
Photo Francesca Mantovani © Éditions Gallimard
Mon avis
Magnifique roman autobiographique empreint s'une grande humanité et émotion. Olivier Bourdeaut nous conte son enfance et la dualité des sentiments d'amour et de violence envers son père.
Tout commence le jour de ses funérailles qui coïncide avec le début du succès de son célèbre et extraordinaire "En attendant Bojangles"; Après 35 ans de galère, la réussite est enfin au rendez-vous.
"Mon éclosion coïncide avec sa consomption"
Lui qui a toujours été considéré par un incapable pour son père lui démontre le contraire, qu'il est "trop intelligent" lui dira-t-il.
Olivier revient à la source de son enfance, déchiré entre l'admiration et la terreur que lui provoquait son père, une dualité entre attirance et répulsion, amour et violence.
Un père notaire, une mère éteinte, soumise, réduite au silence, impuissante. Issu d'une fratrie de 5, c'est sur lui que son père s'acharnait souvent, semant la peur permanente, la violence physique et psychologique, la persécution le plus souvent sous l'effet de l'alcool. Un père qui pour l'extérieur semblait fréquentable, charismatique mais qui en réalité était despote, destructeur.
Olivier était difficile plus petit, c'était une teigne, un bagarreur qui se voulait justicier auprès de ses frères, faire mal, humilier, taper, rendre quelque part la monnaie de sa pièce. Il lui a fallu vingt-trois ans pour s'en rendre compte.
Il a entrepris l'écriture de ce livre lorsqu'il est devenu père à son tour pas peur de reproduire cette violence.
"J'écris ce livre pour tuer le fils que j'avais fini par devenir."
Il y a aussi une reconnaissance
"Alors qu'il est le plus grand échec de ma vie et que c'est grâce à celui-ci que j'écris aujourd'hui."
L'écriture est fluide, rythmée, tout en finesse. C'est intime, lucide, bouleversant d'émotions. Un livre coup de poing qui ne manque pas de traits d'humour.
Ma note : 9.5/10
Les jolies phrases
J'écris ce livre pour tuer le fils que j'avais fini par devenir.
Mon éclosion coïncide avec sa consomption.
Alors qu'il est le plus grand échec de ma vie et que c'est grâce à celui-ci que j'écris aujourd'hui.
Nous sommes des enfants abimés par ceux qui sont là pour les défendre, les aimer.
Et je comprends mieux la théorie de Jean d’Ormesson, cette enfance, cette poubelle, c’est mon trésor. Qui peut se vanter d’avoir une anecdote pour chaque jour durant vingt ans ? Oui, ce genre de souvenir est plus simple à retenir que celui, par exemple, de la joie de manger une tartine de confiture devant un fleuve avec sa grand-mère, car la violence on la rumine, on l’entretient, on s’en souvient et on la ressert des années plus tard sur un divan ou sur une feuille de papier. J’ai choisi la seconde option.
Je te dois tout, je ne te dois plus rien.
Je te devais bien ce texte.
Mon père était un homme de loi, c'est elle qui nous faisait manger? Mais c'est la sienne qui nous empêchait de respirer.
De toutes les drogues que j'ai consommées la lecture est la plus puissante, sans descente. C'est la seule qui ne réduise pas l'espérance de vie, au contraire, elle la multiplie par mille sans bouger d'un centimètre. J'ai mis un peu trop de temps à le comprendre.
L’humour ça ne coûte rien, et ça tombe bien, c’était un cadeau dans mes moyens.
Les drogues sont une pyramide de Ponzi. On emprunte à sa vie pour financer d’autres vies, en vivre mille. Au moment du remboursement final, il ne reste que des dettes sur la seule qui compte, la vraie, la sienne. Ces expériences ne sont pas des opérations rentables. Pas même si l’on s’estime lésé d’une valeur ni échangeable, ni remboursable : l’enfance.
Mon père était intelligent, très intelligent. Mon père était cultivé, très cultivé. Mon père était généreux, surtout avec ceux qui ne faisaient pas partie de sa famille.
C’est bien connu, la mort gomme les défauts et accentue les qualités.
C'était un peu le problème avec mon père, c'est qu'on l'admirait souvent pour de mauvaises raisons.
Contrairement à ce que je redoutais, je prends du plaisir à écrire ce livre. Après une longue dépression je n'étais pas certaine de vouloir me plonger dans les tourments qui ont marqué la première partie de ma vie. Je me suis trompé, la noirceur de ma vie d'avant rend celle que je vis désormais encore plus douce.
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