Des idées lecture pour l'été
Si vous êtes en manque d'idées lecture cet été, voici la sélection du dernier café littéraire coup de ♥ fin juin. Idées pour passer un bon été.
Lequel de nous portera l’autre - Violaine Lison
C'est une petite merveille que je vous propose de découvrir, un livre magnifique qui nous fait connaître la courte vie de Léonce Delaunoy, jeune séminariste, brancardier durant la Première Guerre Mondiale.
Léonce a vingt ans lorsqu'il est réquisitionné comme brancardier. Il va vivre l'horreur, l'enfer, la peur, côtoyer la mort, vivre la solitude sans armes pour finalement être emporté par un éclat d'obus quelques jours avant la fin de la guerre, le 15/10/1918.
Ce qui est touchant et incroyable c'est la manière dont Léonce est arrivé à nous pour y trouver une place dans nos cœurs, car croyez-moi après la lecture il restera gravé au plus profond de vous.
Violaine Lison reçoit en 2014 des carnets de guerre de la part du petit-neveu de Paul Nackart. Elle en commence la lecture, la retranscription (un travail de longue haleine), elle est frappée par la beauté de l'écriture poétique, la sensibilité de l'auteur pour la nature, une véritable plume d'écrivain.
" Trouver la beauté dans l'immonde. Dire l'immonde avec beauté "
Violaine se rend compte d'éléments qui clochent et que Paul Nackart n'est que le copiste des carnets de Léonce Delaunoy. Elle enquête auprès de sa famille, se rend à Ostiches et recevra les carnets originaux de Léonce et toute une série d'objets se trouvant en photo à la fin du livre.
Très vite elle se rend compte que des passages n'ont pas été retranscrits. Pourquoi ? Par pudeur ? Pour cacher sa colère contre les autorités ? Ou parce que trop intime parlant d'une amitié amoureuse ?
Et puis, il y a un grand mouchoir militaire plié en seize avec un nom et une adresse, un certain Herman habitant au Havre.
Patiemment avec tous ces éléments, Violaine va tisser des liens, entremêler sa plume à celle de Léonce pour le faire revivre plus d'un siècle après sa mort et lui donner une nouvelle vie de papier. Ce livre est juste sublime, lisez-le, il est en lice pour le prix des librairies indépendantes.
Lalie en l’air - Anne-Sophie Kalfleish

Léonce a vingt ans lorsqu'il est réquisitionné comme brancardier. Il va vivre l'horreur, l'enfer, la peur, côtoyer la mort, vivre la solitude sans armes pour finalement être emporté par un éclat d'obus quelques jours avant la fin de la guerre, le 15/10/1918.
Ce qui est touchant et incroyable c'est la manière dont Léonce est arrivé à nous pour y trouver une place dans nos cœurs, car croyez-moi après la lecture il restera gravé au plus profond de vous.
Violaine Lison reçoit en 2014 des carnets de guerre de la part du petit-neveu de Paul Nackart. Elle en commence la lecture, la retranscription (un travail de longue haleine), elle est frappée par la beauté de l'écriture poétique, la sensibilité de l'auteur pour la nature, une véritable plume d'écrivain.
" Trouver la beauté dans l'immonde. Dire l'immonde avec beauté "
Violaine se rend compte d'éléments qui clochent et que Paul Nackart n'est que le copiste des carnets de Léonce Delaunoy. Elle enquête auprès de sa famille, se rend à Ostiches et recevra les carnets originaux de Léonce et toute une série d'objets se trouvant en photo à la fin du livre.
Très vite elle se rend compte que des passages n'ont pas été retranscrits. Pourquoi ? Par pudeur ? Pour cacher sa colère contre les autorités ? Ou parce que trop intime parlant d'une amitié amoureuse ?
Et puis, il y a un grand mouchoir militaire plié en seize avec un nom et une adresse, un certain Herman habitant au Havre.
Patiemment avec tous ces éléments, Violaine va tisser des liens, entremêler sa plume à celle de Léonce pour le faire revivre plus d'un siècle après sa mort et lui donner une nouvelle vie de papier. Ce livre est juste sublime, lisez-le, il est en lice pour le prix des librairies indépendantes.
Lalie en l’air - Anne-Sophie Kalfleish

Un court mais dense qui nous raconte une amitié merveilleuse dans un contexte difficile. Nous sommes en 1994 à La Louvière en Belgique lorsque le roman commence à l'époque de l'affaire Dutroux qui aujourd'hui encore a laissé des traces.
alie est une enfant vive et solitaire souvent livrée à elle-même, son père rentre tard du resto où il travaille, sa mère est débordée par son travail et son père à gérer. Nicolas et Justine, frère et sœur plus âgés ont d'autres priorités. Du coup Lalie se promène seule au bord du canal et un jour découvre la maison de Mark, un flamand, jardinier discret vivant là depuis quelques années. Mark était prof de bio à l'université, il est doux, attentif et connait plein de choses sur les oiseaux. Lalie y trouve un père, un ami, elle se sent écoutée au centre des attentions chez lui. Une amitié est née, Monsieur Mark va l'aider pour l'école, lui transmettre son savoir, Lalie sourit enfin.
Mais nous sommes dans les années de disparition des fillettes, de l'affaire Dutroux et les regards suspicieux vont changer la vision des choses. Mais pourquoi un prof d'univ se retrouve ici comme jardinier, les rumeurs vont bon train et on a vite fait de faire un amalgame, de déformer les choses.
L'originalité du récit réside dans l'écriture, l'usage du "tu" pour Lalie nous donne un regard à hauteur d'enfant mais on a aussi d'autres points de vue, celui de son amie Sophie qui rêve de devenir détective, celui des adultes, des voisins.
L'écriture est tout en délicatesse, poétique. La tension grimpe au fil du récit, c'est somptueux. Le récit nous replonge à l'époque et nous interroge sur la vision que l'on peut avoir en fonction du contexte social et des traces du passé.
Trace – Geneviève Damas
alie est une enfant vive et solitaire souvent livrée à elle-même, son père rentre tard du resto où il travaille, sa mère est débordée par son travail et son père à gérer. Nicolas et Justine, frère et sœur plus âgés ont d'autres priorités. Du coup Lalie se promène seule au bord du canal et un jour découvre la maison de Mark, un flamand, jardinier discret vivant là depuis quelques années. Mark était prof de bio à l'université, il est doux, attentif et connait plein de choses sur les oiseaux. Lalie y trouve un père, un ami, elle se sent écoutée au centre des attentions chez lui. Une amitié est née, Monsieur Mark va l'aider pour l'école, lui transmettre son savoir, Lalie sourit enfin.
Mais nous sommes dans les années de disparition des fillettes, de l'affaire Dutroux et les regards suspicieux vont changer la vision des choses. Mais pourquoi un prof d'univ se retrouve ici comme jardinier, les rumeurs vont bon train et on a vite fait de faire un amalgame, de déformer les choses.
L'originalité du récit réside dans l'écriture, l'usage du "tu" pour Lalie nous donne un regard à hauteur d'enfant mais on a aussi d'autres points de vue, celui de son amie Sophie qui rêve de devenir détective, celui des adultes, des voisins.
L'écriture est tout en délicatesse, poétique. La tension grimpe au fil du récit, c'est somptueux. Le récit nous replonge à l'époque et nous interroge sur la vision que l'on peut avoir en fonction du contexte social et des traces du passé.
Trace – Geneviève Damas
Farkass a 15 ans, elle a échoué avec sa mère dans les Tours, dans une cité délaissée suite à la séparation de ses parents. Son père avait des dettes de jeu, aujourd'hui encore, sa mère fait des ménages à l'hôpital et chez des particuliers pour rembourser. C'est la raison pour laquelle elles ont échoué ici.
Farkass a changé d'école, elle est en décrochage scolaire et pour subvenir aux besoins de sa mère vend de la coke après les cours. C'est elle qui nous raconte à la première personne son histoire, une manière d'immerger dans ce monde, avec son langage, ses codes, ses dangers.
Un jour, Farkass est présente au cours de sport de Couturier, il la repère pour son endurance à la course. Elle a du talent, il lui propose de l'entraîner mais cela demande rigueur, discipline. Farkass découvre enfin un exutoire, un lâcher-prise, un moment où elle se sent bien et oublie le reste. C'est qu'elle aime cela la course, l'effort, la fierté d'y arriver, la réussite, la confiance que cela procure, l'oubli le temps d'un instant.
Le souci c'est que c'est difficile à concilier avec la bande, elle, la nana de 15 ans qui a su se faire une place dans ce monde masculin, l'incompatibilité de ses horaires, cet argent facile, non sans risque mais nécessaire à leur subsistance. Elle va en parler au boss qui va aménager ses horaires et lui proposer des missions spéciales pour qu'elle puisse s'entraîner.
Farkass est face à un dilemme, tendre la perche de Couturier et peut-être accéder à une carrière athlétique, grandir ou rester dans le milieu. Fera-t-elle les bons choix ?
La plume de Geneviève Damas est fluide, elle colle aux personnages, proche de l'oralité avec un vocabulaire jeune, actuel, authentique et crédible. On est dans la tête de Farkass qui essaie de s'en sortir, de faire au mieux. On s'attache à elle qui est déchirée entre l'espoir de s'en sortir et la réalité.
Une façon de comprendre un fait de société, le pouvoir du milieu de la drogue, les guerres de gangs, la violence, la jeunesse précaire démunie face à de l'argent facile ne voyant malheureusement pas beaucoup d'autres alternatives.
Fêlée – Isabelle Félix
Isabelle,
Je voulais vous dire mon admiration, quel courage de se mettre à nu, de nous raconter votre histoire, votre vie avec tant de sincérité, de simplicité. Merci pour ce courage, cette résilience car vous avez raison, il faut parler, expliquer, ruer dans les brancards pour que les choses changent.
Isabelle dans ce récit de vie nous parle de la santé mentale, de son manque de prise en charge, de la réalité du terrain. Isabelle souffre de troubles bipolaires. Elle a des phases hautes avec une énergie folle, où elle peut être énergique, exaltée, grisante suivies de périodes basses, amorphe, apathique, vidée où elle ressent la peur, la honte.
Ce qui lui arrive, il a fallu du temps pour le comprendre et l'accepter. Isabelle est une femme énergique qui ne manque pas de ressources, c'est une amoureuse, une mère de 3 enfants. Sa chance : avoir une famille unie, des amis toujours présents à intervenir en cas de crise. Lors de ces crises, elle fait souffrir son entourage, elle rit, rugit, se met en colère puis se calme. Elle a galéré et ce n'est pas rien de le dire, à différents moments de sa vie, le plus difficile, inadmissible pour une mère étant la mort de son fils Léon, par choix craignant de ne pas supporter lui aussi la maladie.
On s'y attache à Isabelle, en la lisant on rit, on pleure, on a peur, on se révolte. La colère nous gagne lorsque l'on se rend compte du manque criant de service d'aide, d'accompagnement, de l'attitude des services d'urgence psychiatriques. Une honte alors qu'aujourd'hui tant de jeunes et moins jeunes ont des soucis de santé mentale.
Il est temps de faire quelque chose d'urgent. Ecrire pour être comprise, entendue et lue par vous pour faire changer la vision des choses.
Isabelle, vous êtes une femme forte, magnifique, j'admire votre courage, votre énergie, l'amour porté à vos enfants, toujours aller de l'avant, se relever et avancer malgré tout.
Merci pour ce témoignage très bien écrit, j'ai été très émue à sa lecture, bouleversée, interpellée, en colère parfois. Il faut qu'on en parle et que les choses changent.
La dernière nuit - Odile D’Oultremont
Je voulais vous dire mon admiration, quel courage de se mettre à nu, de nous raconter votre histoire, votre vie avec tant de sincérité, de simplicité. Merci pour ce courage, cette résilience car vous avez raison, il faut parler, expliquer, ruer dans les brancards pour que les choses changent.
Isabelle dans ce récit de vie nous parle de la santé mentale, de son manque de prise en charge, de la réalité du terrain. Isabelle souffre de troubles bipolaires. Elle a des phases hautes avec une énergie folle, où elle peut être énergique, exaltée, grisante suivies de périodes basses, amorphe, apathique, vidée où elle ressent la peur, la honte.
Ce qui lui arrive, il a fallu du temps pour le comprendre et l'accepter. Isabelle est une femme énergique qui ne manque pas de ressources, c'est une amoureuse, une mère de 3 enfants. Sa chance : avoir une famille unie, des amis toujours présents à intervenir en cas de crise. Lors de ces crises, elle fait souffrir son entourage, elle rit, rugit, se met en colère puis se calme. Elle a galéré et ce n'est pas rien de le dire, à différents moments de sa vie, le plus difficile, inadmissible pour une mère étant la mort de son fils Léon, par choix craignant de ne pas supporter lui aussi la maladie.
On s'y attache à Isabelle, en la lisant on rit, on pleure, on a peur, on se révolte. La colère nous gagne lorsque l'on se rend compte du manque criant de service d'aide, d'accompagnement, de l'attitude des services d'urgence psychiatriques. Une honte alors qu'aujourd'hui tant de jeunes et moins jeunes ont des soucis de santé mentale.
Il est temps de faire quelque chose d'urgent. Ecrire pour être comprise, entendue et lue par vous pour faire changer la vision des choses.
Isabelle, vous êtes une femme forte, magnifique, j'admire votre courage, votre énergie, l'amour porté à vos enfants, toujours aller de l'avant, se relever et avancer malgré tout.
Merci pour ce témoignage très bien écrit, j'ai été très émue à sa lecture, bouleversée, interpellée, en colère parfois. Il faut qu'on en parle et que les choses changent.
La dernière nuit - Odile D’Oultremont
Abel né Abélard Comte de Hesbaye et Nikki sont de deux mondes différents, l'un est bien né et fera des études de finances dans un internat anglais à l'adolescence et deviendra banquier d'affaires, elle est fille de métayer, elle reprendra plus tard l'exploitation de ses parents en prenant soin au bien-être animal.
Pourtant enfants, ceux que tout séparait, étaient unis comme les doigts de la main, toujours ensemble. C'est lui qui a fait aimer la ferme, les animaux à Nikki qui les détestait petite. C'est Chance, une vache exceptionnelle au destin tragique qui est le lien véritable de leur amitié mais aussi de leur différend et de la naissance du sentiment de vengeance.
Par une nuit d'ivresse, douze ans après son départ en Angleterre, Abel a voulu impressionner ses amis et a tiré sur une vache l'abattant par balle, lâche il n'a pas comparu au procès laissant ses avocats régler le problème. Depuis Nikki rumine, s'emplit de colère et il est temps deux ans plus tard d'assouvir sa vengeance.
C'est un huis clos alternant passé et présent que nous propose Odile d'Oultremont qui aborde avec brio, la domination des classes, le spécisme et le bien-être animal mais aussi les traces du passé et du manque d'amour et de considération et surtout la question de la justice et de la vengeance libératrice.
L'écriture est nerveuse, hypnotique, happante. La plume est à la fois tranchante, incisive, percutante mais également caressante. La tension est parfaitement maîtrisée, le livre se lit vraiment comme un thriller. L'écriture riche décrit à merveille la profondeur des sentiments, de la colère, de l'impuissance face à l'injustice et de l'envie de vengeance.
Zebraska - Isabelle Bary /Ludo Borecki
C'est avec eaucoup d'intérêt que je découvre la première partie de ce dyptique adapté du roman éponyme d'Isabelle Bary lu à sa publication d'origine. L'idée est géniale car elle permettra de donner le goût de la lecture à un maximum de monde et sans doute d'enfants et parents concernés qui ne comprennent pas toujours leur malaise et leur différence par rapport à d'autres.
Nous sommes en décembre 2055, Martin alias Marty a 15 ans, sa grand-mère Mamiléa lui offre un cadeau singulier, un livre unique, une bd qu'elle a rédigé et publié en un seul exemplaire. Un livre qui va sans doute changer la perception des choses pour Martin. Il faut savoir que nous sommes après la Grande Bascule, dans un monde où l'on porte des lunettes holographiques, un monde hyper connecté où les livres et les traces du passé ont disparu. Un monde dans une société tolérante et apaisée.
Marty va à travers ce livre découvrir la vie de Thomas, son père. Il va découvrir son père, un enfant différent dans une société qui n'aimait pas cela et ne lui laissait pas toujours la place, laissé au jugement et regard des autres. Ce livre le titille, lui fait peur mais pourquoi ?
Il se rend compte que lui aussi parfois ne se sent pas à sa place, voit la vie en noir, est nerveux, émotif, avide de sens, éprouve un sens de la justice exacerbé, qu'il aime les autres mais n'aime pas être comme les autres. Le livre de Mamiléa va agir comme un miroir entre sa vie et celle de son père.
J'ai beaucoup aimé les deux temporalités représentées graphiquement en bord noir pour aujourd'hui et en bord blanc pour le passé, une mise en scène qui nous permet de nous situer de suite en tant que lecteur.
Le trait est clair et expressif, l'émotion tout en finesse dans les visages et le ressenti.
L'adaptation en bd permet d'aborder la douance avec un jeune public, de manière simple et imagée. Le cahier pédagogique à la fin complète bien le sujet donnant des clés pour comprendre cette "différence" et d'aider les parents et enfants concernés sur le fonctionnement du mental des enfants HPI.
Frankenstein - David Sala

Une réinterprétation graphique magistrale et contemporaine de l’œuvre de Mary Shelley.
En adaptant magistralement l’œuvre de Mary Shelley, David Sala ne se contente pas de lui donner une sublime interprétation graphique. S’il a choisi ce roman parmi tout ce que compte de chefs-d’œuvre la littérature, c’est qu’il y trouve une résonance particulière avec des thématiques qui lui sont chères : l’acceptation de la différence, la peur de l’inconnu, les violences faites aux minorités, la vindicte populaire... autant de sujets déjà abordés dans ses précédents albums, qu’il met ici en exergue pour faire de ce Frankenstein son album sans doute le plus personnel. Oubliez l’idée d’un récit romantique à la langue ampoulée du XIXᵉ, Frankenstein est une œuvre terriblement moderne, qui fait directement écho aux grands défis actuels de nos sociétés. À lire et faire lire impérativement !
Trois fois la colère – Laurine Roux
Au temps des croisades, Miou accompagne son grand-père, Hugon le terrible et d'un coup d'épée mortel elle rend enfin justice aux siens, une vengeance qui prend source quelques générations précédentes.
Remonter aux sources du mal pour comprendre via quatre chapitres : racine, branche, sève, drageon.
Un récit qui se déroule dans les Hautes-Alpes, en partie dans la forêt de Bénévent, la nature étant un personnage à part entière, mystérieuse, envoûtante, crainte pour ses sortilèges. C'est dans cette forêt que tout a commencé et que Joseph le père de Gala a injustement été porté au bûcher.
C'est dans cette forêt que Gala va accoucher avec l'aide de la Prodigue. Trois enfants portant tous une tâche rouge, comme un coquelicot cousu dans le cou, la même que porte le seigneur Hugon, un homme infâme semant sa semence de force un peu partout. Un pacte scellé entre la Prodigue et dame Clarisse qui souhaite un héritier va changer leur destin.
La Prodigue enlèvera les trois bébés, Ephraïm avec un iris vert et un autre marron (signe du diable) sera déposé au monastère, le père Guillaume en prendra soin comme son fils, Reine sera comme convenu remise à dame Clarisse qui a simulé une grossesse et Mange-Ciel laissée pour morte, restera avec Gala dans la forêt.
C'est une fable médiévale, au temps des croisades, une épopée épique qui traite de sujets contemporains : la domination masculine, la soif de justice, l'emprise du passé et la recherche d'identité, la répartition aux victimes mais aussi la puissance de l'amour, la beauté et la force de la nature et l'espoir.
Cela se dévore, l'écriture est riche, poétique, sensorielle. La langue est puissante, très belle, on se laisse emporter par la magie de l'écriture.
Les grues volent vers le sud - Lisa Ridzen

Bo a 89 ans, il vit seul avec son chien Sixten dans sa maison d'un petit village du Nord de la Suède depuis que Fredrika sa femme est placée dans une institution pour démence. Une équipe d'aides- soignantes merveilleuses se relaient pour prendre soin de lui. Hans, son fils passe régulièrement, il pense que Bo n'est plus capable de s'occuper de son chien et veut lui trouver une autre famille.
C'est un cataclysme qui se produit dans la tête de Bo à cette annonce. On va vivre son quotidien, ressentir avec lui ses sentiments. Lisa Ridzen dans ce premier roman magnifique nous fait ressentir avec beaucoup d'émotions les ressentis de Bo, on entre dans sa tête, dans ses pensées, ses souvenirs intérieurs, sa vie d'époux, l'amour profond pour sa femme, sa vie de père, cet enfermement dans ce corps, dans sa tête que par pudeur la vieillesse lui empêche de partager, comme une incapacité de faire, de dire l'amour qu'il porte à son fils. Il ne veut pas reproduire la relation vécue avec son père, il sait que son fils l'aime et veut le lui dire mais c'est difficile. Il s'interroge aussi au basculement de changement de rôle lorsque ce n'est plus le père qui prend soin du fils mais l'inverse.
Un roman qui parle aussi de l'amitié envers son ami Ture, son chien Sixten, et puis un questionnement aussi sur les limites du système pour vieillir bien, de merveilleux aides-soignants se relaient pour permettre à Bo de rester chez lui, l'attachante Ingrid qui fait ce travail avec empathie, amour et respect.
Ce qui bouleverse ici c'est l'humanité dans l'écriture. C'est d'une justesse incroyable. C'est beau, maîtrisé et cela m'a vraiment bouleversé au plus profond de mon être.
Kaya – Lily H Tuzroyluke
Remonter aux sources du mal pour comprendre via quatre chapitres : racine, branche, sève, drageon.
Un récit qui se déroule dans les Hautes-Alpes, en partie dans la forêt de Bénévent, la nature étant un personnage à part entière, mystérieuse, envoûtante, crainte pour ses sortilèges. C'est dans cette forêt que tout a commencé et que Joseph le père de Gala a injustement été porté au bûcher.
C'est dans cette forêt que Gala va accoucher avec l'aide de la Prodigue. Trois enfants portant tous une tâche rouge, comme un coquelicot cousu dans le cou, la même que porte le seigneur Hugon, un homme infâme semant sa semence de force un peu partout. Un pacte scellé entre la Prodigue et dame Clarisse qui souhaite un héritier va changer leur destin.
La Prodigue enlèvera les trois bébés, Ephraïm avec un iris vert et un autre marron (signe du diable) sera déposé au monastère, le père Guillaume en prendra soin comme son fils, Reine sera comme convenu remise à dame Clarisse qui a simulé une grossesse et Mange-Ciel laissée pour morte, restera avec Gala dans la forêt.
C'est une fable médiévale, au temps des croisades, une épopée épique qui traite de sujets contemporains : la domination masculine, la soif de justice, l'emprise du passé et la recherche d'identité, la répartition aux victimes mais aussi la puissance de l'amour, la beauté et la force de la nature et l'espoir.
Cela se dévore, l'écriture est riche, poétique, sensorielle. La langue est puissante, très belle, on se laisse emporter par la magie de l'écriture.
Les grues volent vers le sud - Lisa Ridzen

Bo a 89 ans, il vit seul avec son chien Sixten dans sa maison d'un petit village du Nord de la Suède depuis que Fredrika sa femme est placée dans une institution pour démence. Une équipe d'aides- soignantes merveilleuses se relaient pour prendre soin de lui. Hans, son fils passe régulièrement, il pense que Bo n'est plus capable de s'occuper de son chien et veut lui trouver une autre famille.
C'est un cataclysme qui se produit dans la tête de Bo à cette annonce. On va vivre son quotidien, ressentir avec lui ses sentiments. Lisa Ridzen dans ce premier roman magnifique nous fait ressentir avec beaucoup d'émotions les ressentis de Bo, on entre dans sa tête, dans ses pensées, ses souvenirs intérieurs, sa vie d'époux, l'amour profond pour sa femme, sa vie de père, cet enfermement dans ce corps, dans sa tête que par pudeur la vieillesse lui empêche de partager, comme une incapacité de faire, de dire l'amour qu'il porte à son fils. Il ne veut pas reproduire la relation vécue avec son père, il sait que son fils l'aime et veut le lui dire mais c'est difficile. Il s'interroge aussi au basculement de changement de rôle lorsque ce n'est plus le père qui prend soin du fils mais l'inverse.
Un roman qui parle aussi de l'amitié envers son ami Ture, son chien Sixten, et puis un questionnement aussi sur les limites du système pour vieillir bien, de merveilleux aides-soignants se relaient pour permettre à Bo de rester chez lui, l'attachante Ingrid qui fait ce travail avec empathie, amour et respect.
Ce qui bouleverse ici c'est l'humanité dans l'écriture. C'est d'une justesse incroyable. C'est beau, maîtrisé et cela m'a vraiment bouleversé au plus profond de mon être.
Kaya – Lily H Tuzroyluke

Une extraordinaire odyssée dans le Grand Nord arctique. Alaska, printemps 1893. Une épidémie de variole décime les populations autochtones. La sœur de Kaya vient de succomber à son tour ; la jeune Inupiaq et ses trois enfants sont désormais les seuls survivants de leur village. Alors qu’ils campent près de la banquise, sa petite fille de cinq ans, Samaruna, est enlevée par des baleiniers américains. Kaya et ses fils se lancent dans une poursuite désespérée à travers les immensités glacées, affrontant la faim, les tempêtes et la débâcle des fleuves. Leur quête les mènera jusqu’au port de Herschel, où se rassemblent tous les équipages. Puissant cri de révolte mais aussi formidable déclaration d’amour à l’Alaska, à ses peuples et à leurs mythologies, ce roman est le premier récit inupiaq à s’inscrire, enfin, dans la mythique littérature du Grand Nord. Lily H. Tuzroyluke a fait ses études à l’Université de l’Alaska, à Fairbanks, et a travaillé au sein du gouvernement tribal de sa communauté. Elle vit aujourd’hui à Anchorage. Kaya est son premier roman. « Lily H. Tuzroyluke brûle d’une passion farouche pour son peuple et sa terre. »
Les livres de mes invités :
La nuit des cochons- Hélène Zoler
Entre roman noir rural et thriller domestique, c'est noir, très noir, une écriture, une ambiance qui m'a un peu fait penser à l'univers de "Débâcle" de Lise Spit.
Nous sommes en 1991, cela fait 35 ans que Julien a quitté la ferme familiale après la fameuse "nuit des cochons" qui a vu le décès de son père dans des circonstances troubles. Que s'est-il véritable passé cette fameuse nuit ? Julien est toujours en questionnement et c'est l'appel de sa sœur Faustine qui va le ramener à ces souvenirs, à son sentiment de culpabilité. C'est à la demande de son autre sœur "Agnès" qu'elle renoue contact, Agnès est au bout de sa vie et réclame son frère à tout prix pour trouver la paix avant de partir.
Retour en 1956-1957 dans cette famille dysfonctionnelle, un père alcoolique, jaloux, violent, dominant qui impose ses lois, semant la peur au sein de la famille nombreuse, une mère froide, silencieuse, détachée. On vit dans le monde rural avec quelques animaux dont des cochons. Chaque année la mise à mort du cochon pour une subsistance économique. Un geste qui avec la violence du père laisse des traces, traumatise la famille. Des peurs, des dénis, l'alcoolisme du père, son racisme, sa xénophobie, c'est tout ce qui ravive la mémoire de Julien en répondant à l'appel d'Agnès.
L'écriture est très visuelle, efficace, elle vous prend et ne vous lâche pas. La tension grimpe au fil des pages et des secrets qui éclatent. Un magnifique premier roman à découvrir au plus vite !
Le Ciel de Samuel - Sylvie Stuer

C'est un roman historique, un docu-fiction que nous propose la wavrienne Sylvie Stuer. Un roman indispensable, lumineux.
Voici un récit qui nous plonge dans deux temporalités, 2012 et la période de juin 42 à janvier 45.
Samy essaie de faire éditer l'histoire de son père David qu'il a découverte il y a peu suite à un voyage à Auschwitz-Birkenau. C'est seulement à partir de ce moment que David a commencé à lui parler de son passé, son histoire familiale, son destin et celui de son père Samuel.
Sur place il ne fallait penser à rien, sinon à survivre mais aujourd'hui, ce qu'il a vécu là-bas, les souffrances et horreurs vues ne l'ont jamais quitté, c'est son quotidien, cela l'accompagne à jamais.
C'est un rescapé mais aussi un mal aimé car il était membre d'un Sonderkommando dont la mission était de participer bien malgré eux à la disparition des leurs.
Se posent alors des questions sur la spiritualité, la foi, la culpabilité d'avoir survécu et surtout la notion de pardon, sur le silence, les non-dits, la difficulté de raconter. Je n'ai pas envie de vous en dire plus si ce n'est qu'il ne faut pas avoir peur de le lire, certains passages sont durs mais essentiels, nécessaires, car au bout il y a toujours la lumière.
La construction du roman est très intéressante, des pièces de puzzle qui s'emboîtent, de belles personnes qui se rencontrent, des destins croisés. L'écriture est belle, très documentée. J'ai beaucoup aimé les réflexions profondes sur la notion de pardon et sur la spiritualité.
Les enfants de Voynich - Olivier Papleux

Al-Jabr, Aurore, Babel, Kryptos et Floris ont tous en commun d'être diagnostiqués HPI, ils ont tous un QI proche ou supérieur à 140, ils sont soit laminaire, Asperger ou à tendance complexe. Ils vont vivre une expérience particulière durant 8 semaines dans un ancien couvent près de Waterloo.
C'est Topaze, professeur de neurosciences de 39 ans, qui est chargé d'une étude universitaire d'étude comportementale. Il sera assisté du neveu de son boss, Vinci. Ce sont tous des adolescents de 10 à 15 ans qui ont cette différence liée à la douance, une difficulté d'adaptation ou un décrochage scolaire, ils sont inadaptés à la vie en société, ont du mal à trouver leur place et éprouvent un grand besoin de reconnaissance. Vous l'avez compris ce roman aborde d'une façon originale les ados HPI.
C'est qu'il va falloir les occuper pour les observer ! Une mission leur est confiée : décrypter le fameux manuscrit de Voynich, un manuscrit du quinzième siècle non élucidé, conservé à Yale et chose non négligeable!, une récompense de 7 millions de dollars est promise à qui le déchiffrera. Ce point n'est évidemment pas divulgué aux adolescents qui sont stimulés par l'envie d'élucider ce mystère.
Voilà une façon originale de nous tenir en haleine et je peux vous dire que vous ne serez pas au bout de vos surprises ! Aspect scientifique très documenté comme toujours dans les récits d'Olivier Papleux, on parle de manipulation ! On verra qui manipule qui ! Mystère mais les rebondissements sont nombreux, on voyage, il nous emmène ailleurs de façon originale.
L'écriture est fluide mais parfois aussi un peu trop pointue au niveau scientifique. Entre laminaire, asperger ou complexe, si cela semble ardu au tout début, cela se fluidifie par la suite et on comprend bien les personnalités de chacun. On se laisse emporter dans cette aventure passionnante. J'ai apprécié l'humour et la fantaisie dans la construction et les retournements de situation du roman.
Un roman qui éclaire et fait réfléchir sur la différence, sur la santé mentale, sur la difficulté pour les jeunes HP de vivre avec des gens normaux et sur leur besoin de reconnaissance. Un questionnement également sur la différence de regard sur les personnes HPI se trouvant dans les maximas ou minimas de la courbe de Gauss.
Les veilleurs (le pacte des solitudes) - Laurence Legrand
Cinq solitudes. Une maison pour refuge. Un pacte invisible pour ne plus jamais sombrer.
À 71 ans, Élisabeth pensait avoir scellé son destin en revenant dans la demeure de son enfance. Elle n'attendait plus que l'oubli. Mais on ne décide pas de l'heure du départ.
Tour à tour, les portes de sa grande maison s'ouvrent à ceux que la vie a malmenés :
Charles et Dimitri, deux anciens mariniers qui cachent sous leur bonhomie trente ans de tendresse clandestine.
Gabriel, l'ancien ouvrier qui a laissé son vélo au garage, écrasé par un père trop rigide. Il lui faudra le regard des autres pour oser, enfin, se remettre en selle.
Sandrine, une jeune femme qui sort de prison, cherchant à reconstruire les pièces d'un passé douloureux.
Dans ce foyer improvisé, les silences s'apprivoisent autour des plats généreux de Dimitri et les corps se réparent au rythme des entraînements à vélo. Mais pour guérir vraiment, chacun devra accepter de rouvrir les placards du passé et de briser le verrou des secrets pour écrire, enfin, sa propre histoire.
Un roman choral lumineux et vibrant sur la résilience, la force des familles que l'on se choisit et ces liens inattendus qui nous sauvent quand tout vacille.
« Un hymne à la seconde chance et à la solidarité intergénérationnelle. »








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