dimanche 16 novembre 2014

Lectures communes ou comment vider sa PAL

Comment vider sa PAL ?

La semaine dernière dans différents groupes sur FB, je suggérais de faire des lectures communes pour faire subir une cure d'amaigrissement à ma PAL car elle est vraiment gargantuesque.  Vous êtes nombreux à proposer votre aide alors un petit récapitulatif n'est pas de trop pour respecter mes engagements.

Je laisse de la place pour les lectures de mes partenariats mais voici déjà les livres prévus.

Sont également à programmer les lectures avec mon binôme Julie Vandamme pour l'année 2015 comme prévu dans le groupe des "Lecteurs belges compulsifs"



Avec Julie Désir pour le 20 décembre


Nous commencerons 2015 le 1er janvier avec Sophie Scutnaire






Le 10 janvier 2015 c'est en trio que nous lirons , merci Julie Désir et Natacha Roque
Le 20 janvier nouveau duo avec Violaine Belouard
Nous repartirons en trio avec Julie et Natacha le 10 février 2015
 


Restera à fixer

avec Violaine

     

avec Sophie


  


Voilà si vous voulez vous joindre à nous pas de problème, un petit message.  Plus on partage mieux c'est.

Bye Bye Elvis Caroline De Mulder **** 8/10

 
Bye Bye Elvis     


Actes Sud
Août, 2014
11,5 x 21,7
288 pages
ISBN 978-2-330-03594-5
prix indicatif : 20, 00€


Quatrième de couverture


Graceland, 16 août 1977, Elvis Presley disparaît et laisse derrière lui des millions d’adorateurs éperdus. Crépuscule du Roi du Rock. Jusqu’à la fin, la longue fréquentation du désastre ne lui avait pas fait perdre toute sa candeur.
Dix-sept ans plus tard, Yvonne entre au service de John White, un vieil Américain au physique fragile. Elle va passer vingt ans à ses côtés, tissant une relation de dépendance avec cet homme dont elle ne sait rien et qu’elle s’efforce de sauver d’une fin misérable. La vie de White et celle d’Elvis s’entrelacent, dessinant des créatures identiques dans leur difformité et leur isolement. Entre les deux, il est possible qu’un lien existe – à moins qu’ils ne se soient croisés que dans ce roman…
Portrait impitoyable et tendre en miroir d’une fiction, Bye Bye Elvis est un roman mélancolique et venimeux, rythmé par une métrique impeccable


L'auteur



Caroline De Mulder est née à Gand en 1976.  Elle se partage entre Namur et Paris.  En 2010, elle publie son premier "Ego Tango" qui est récompensé par le Prix Victor Rossel.  En 2012, elle publie son second roman "Nous les bêtes traquées" aux Editions Champs Wallons.  Son troisième roman "Bye Bye Elvis" est quant à lui publié chez Actes Sud.


Elle nous parle de son livre video



Mon avis

J'avais lu avec beaucoup d'intérêt "Ego Tango", Prix Rossel 2010, à l'époque le premier roman de Caroline De Mulder. J'en garde une écriture particulière, un style hors du commun.  "Nous les bêtes traquées" attend son tour dans ma PAL.  Lorsque "Bye Bye Elvis" est paru, il m'a semblé tout naturel de le lire.  L'originalité et l'écriture particulière sont toujours de mise; j'ai vraiment apprécié.

Le livre met en parallèle deux destins; celui d'Elvis et d'un vieil  américain John White.

Ce roman est une biographie fiction qui débute à Graceland le 16 août 1977.  Le roi du rock vient de s'éteindre et des millions de fans veulent lui rendre un dernier hommage.  C'est à ce moment qu'Yvonne, qui vient de perdre son mari, sonne à la porte de John White, un vieil américain excentrique.  Elle rentrera à son service pour le soigner.

Chapitre après chapitre, nous basculerons alternativement d'un homme à l'autre, une gymnastique un rien perturbante au départ que l'on oubliera bien vite par la force de l'écriture, aussi bien pour l'un comme pour l'autre, même si la vie du King et l'écriture un peu "rock" m'ont un peu plus passionnée et donné l'envie d'avancer plus vite.  Mais on se rendra compte un peu plus tard que les deux parcours sont indissociables.

Je ne suis absolument pas fan d'Elvis, mais j'avoue qu'en cours de lecture mon intérêt pour le personnage n'a fait que grandir.  Au delà de l'aspect largement connu du grand public, Caroline De Mulder s'attache surtout à la personne "intérieure", sa grande solitude et déconstruit avec brio le mythe, la légende. 

Ce beau jeune homme gracieux qui quitte la pauvreté pour la gloire, qui devient une superstar en un temps record. Il mettra vingt années pour se détruire et dépérir.  Il restera à tout jamais l'enfant orphelin qui ne s'est jamais remis du décès de sa mère.  Sa gloire le transformera physiquement et moralement, ses transformations physiques exprimant sa solitude et son mal être.  Cette question sans réponse qu'Elvis a dû se poser continuellement : était-il aimé pour lui ou pour l'image qu'il représentait?

J'ai aimé et trouvé intéressant la construction du roman sur cet homme enfant qu'il est resté toute sa vie, pris au piège de son image, d'un manager avide qui lui faisait faire n'importe quoi, navets au cinéma, chansons sans goût parfois, pour le plaisir de ses fans, de toute une armée de personnes à ses basques et à son portefeuille, une famille pas très top qui profitait de ses largesses.  Lui qui voulait à tout prix être aimé.
 
...car la pauvreté, ça vous poursuit sous forme de parents faméliques, de parasites, de piques assiettes qui portent votre nom.


Comment rester soi-même si on est fragile, je n'ai pu m'empêcher de mettre son destin en parallèle à celui d'un autre roi, celui de la pop, Michael Jackson.

A côté de tout cela, Yvonne soigne et accompagne ce mystérieux John White. Un américain fragile, bizarre, dont le corps est détruit,  malade.  Très riche au départ et puis sans le sou par la suite. Quel est donc le lien mystérieux qui l'unit à Elvis.  L'un est la lumière, l'autre l'ombre.  Yvonne est sous son emprise, son esclave.

"Pour lui, j'étais sa mère, en moins jeune.  Dans la vie, j'étais son ombre, sa main droite, j'étais ses yeux et, de plus en plus souvent, sa tête.  J'étais sa voix quand nous sortions.  J'étais son pilulier. Sa canne.  Sa montre.  Quand j'ouvrais les tentures j'étais le soleil, et j'étais la nuit quand je les fermais.  Son nid quand je le bordais.  Mais pour moi il était quoi au juste."


Deux parcours attachants, une belle découverte de la rentrée.

Ma note 8/10

Les jolies phrases

Par quel miracle se souvient-on le mieux des souvenirs lointains.  Sont-ils gravés plus profond quand l'esprit est encore neuf.  Est-ce qu'à cause de l'usure et des blessures qui lui tannent le cuir, la marque perd ensuite de sa force et de sa clarté. Au point que, pour les années les plus récentes, on finit par ne plus savoir qui est qui, et si on a aimé ou pas, tout se précipite dans le même brouillard, le temps passe de plus en plus vite.

La lucidité, c'est en plein où ça fait mal un méchant coup de néon, et sur la vitre de la lampe on voit jusqu'aux mouches les fers en l'air et elles pensaient toucher le soleil les pauvres mignonnes.

Nous vivons aveuglément, d'air pur et d'eau fraîche.  Deux boiteux qui s'appuient l'un sur l'autre.  Nous sommes à la merci d'un rien, un rien peut nous emporter.

Dire que tout allait bien, que nous vivions comme des rentiers, l'argent poussait sur les arbres et il s'en allait gentiment par les fenêtres, mais sans plus, ni cris, ni drames.

Qu'on l'accuse de vulgarité le blesse affreusement : non il n'est pas vulgaire, clame-t-il à tout propos, c'est la musique, c'est le rythme qui veut ça, ces mouvements-là précisément s'emparent de son corps.  Et d'ailleurs les Noirs jouent et chantent comme lui depuis toujours, et tout le monde s'en fout pas mal.  Quant il chante du rock'n'roll, il ne parvient pas à garder les yeux ouverts et ses jambes ne tiennent pas en place, c'est comme ça, où donc est le mal.
 
Elle est seule et mangée par la peur que quelque chose n'arrivera à son petit.  Que les femmes le déchirent de leurs ongles, que les femmes le battent, le défigurent, que la foule le tue.

D'ailleurs la laideur s'atténue avec l'âge, attire moins les yeux et tout le monde sait que ça devient au fond de moins en moins important, et ça se perd, comme la beauté, dans l'informe magma de la chair mollissante.

La gloire c'est le soleil des morts, mais pour les vivants c'est à peine un éclair, ça déchire le ciel et plus rien de rien, le noir, la nuit, le silence....
 
Il déteste Las Vegas.  La seule chose que, plus jeune, il y avait aimée, c'était qu'on n'y distinguait pas la nuit du jour.
 
Rapace jusqu'au bout des ongles, ladre à tondre les œufs et à ne pas donner les coquilles, négociateur féroce, et tout ça pour le bien d'Elvis qu'avant lui tant de salauds avaient baisé ! - il ne précise jamais lesquels.

jeudi 13 novembre 2014

ZEBRASKA Isabelle Bary 9/10


ZEBRASKA

Isabelle Bary








    





Zebraska
Isabelle Bary
Éditions Luce Wilquin
ISBN 978-2-88253-495-8
J'ai lu 12776
Parution 03/2020

 
Quatrième de couverture


Martin Leroy, quinze ans six mois et vingt-deux jours, vient de recevoir un étrange cadeau : un paquet de feuilles reliées. Il croit d’abord à une farce – on ne lit plus de livres en 2050 –, mais lorsqu’il découvre l’écriture penchée de sa grand-mère qui, sur la première page, annonce : À mon petit zébron Marty, il est pris d’un véritable tremblement. Au risque de paraître ringard, il entame clandestinement la lecture de ce roman qui dévoile la vie mystérieuse et bouleversée d’un enfant Haut Potentiel dans les années 2010 et de sa mère à la fois touchante et burlesque… Il comprend peu à peu qu’il n’est pas étranger aux secrets bien gardés que renferme ce récit.

On les appelle HP, HPI, surdoués, précoces, zèbres… À l’abri de toute prétention, avec tendresse, humour et fantaisie, une tentative de démystification de ces enfants pas comme les autres, menottés à des clichés fumistes et si souvent incompris. En osant la question « comment être un bon parent? »


L'auteur    Isabelle Bary

Isabelle Bary est née à Vilvorde en 1968, d’une maman mi-flamande, mi-anglaise et d’un papa bruxellois francophone.

Comme les chevaux, la lecture et le chocolat, l’écriture a conquis son cœur dès l’enfance, mais la possibilité de la vivre n’est venue que bien plus tard.

Ingénieur commercial Solvay, sa courte vie de « femme d’affaires » prend une tournure particulière en 1994: elle part, un an, sac au dos pour explorer le monde.

Quelques années plus tard lui vient l’envie de conter cet événement, Globe Story paraît en 2005 aux Éditions Complicités.

Le virus est ancré. La plume ensuite ne la quitte plus.

En 2008, un premier roman : « Le cadeau de Léa » aux Éditions Luce Wilquin (finaliste du Prix Première et du Prix Jean Muno) a séduit de nombreux lecteurs.

Son second roman, Baruffa, paraît en février 2009, chez le même éditeur.

Luce Wilquin lui accordera aussi sa confiance pour le troisième « La prophétie du jaguar », paru en février 2011 et encouragé par l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique.

En mars 2011, les Éditions Luc Pire lui proposent de participer à l’élaboration d’une nouvelle collection ayant pour but de stimuler le goût de lire auprès des voyageurs du train.

C’est dans cet esprit que le roman « Braine Blues » paraitra en septembre 2011.

Un cinquième roman « La vie selon Hope » est paru début février 2013, aux Éditions Luce Wilquin. Il a gagné le  Prix Soroptimiste de la romancière francophone.

Au fil de l’écriture romanesque, elle participe de façon régulière à l’écriturede plusieurs « collectifs » dont « Marginales », dirigé par Jacques De Decker et « J’écris ton nom », une collection des Éditions Couleurs Livres.

En 2006, elle entame avec une amie photographe un travail sur les sans-abri de Bruxelles. Ce projet sur les démunis se concrétise en 2009 sous forme d’un beau livre : « Juste un regard » qui parait en novembre 2010 aux Éditions Avant-Propos.

En 2007, Hervé Broquet (Éditions Couleur livres) lui commande pour sa collection « Dialogues », la rédaction d’un livre sur l’humanité en médecine, avec la collaboration du Dr Jacques Brotchi. « Le malade et le médecin, une commune humanité » paraît en septembre 2008.

Un nouveau roman paraît en octobre2014, aux Editions Luce Wilquin (avec le soutien de la Scam) :Zebraska

source : http://www.isabellebary.be


Mon avis

Un roman pour mieux comprendre le Haut Potentiel.


Martin Leroy a quinze ans, il est né le 24/05/2035.  Il vient de recevoir un étrange cadeau de Noël de Mamiléa sa grand-mère : un paquet de feuilles reliées, un roman.  C'est une blague, pense-t-il, nous sommes en 2050 et personne ne lit plus de livres aujourd'hui.  On utilise une tablette holographique.

Il tourne la première page et y trouve une dédicace "A mon petit zébron Marty", non c'est bien pour lui c'est le surnom que lui donne sa grand-mère.

Ce livre le titille, au risque de paraître ringard, il l'entame en cachette et se plongera ainsi dans le passé.  Cette histoire, c'est celle de Mamiléa il y a quarante ans, le (l'anti-) héros n'est autre que son père Thomas.

Nous allons découvrir sa vie en 2010, lui enfant HP comme on le nomme, enfant à Haut potentiel, surdoué, précoce .. mais qui est-il vraiment ?

Un roman original qui nous fait découvrir qui sont vraiment les enfants HP, parent et enfant sont les (anti) héros de ce livre.

Un univers particulier, méconnu pour certains.  Ce livre m'a beaucoup touché car le sujet je le connais bien, je le vis au quotidien, mon fils étant un petit zèbre.

Savez-vous que ces enfants sont extraordinaires, complexes car ils pensent autrement que la plupart de nous.  Leur questionnement est sans limite. Ils ont une hypersensibilité extrême, un sens profond de la justice ou de l'injustice, un curiosité sans borne.  Ils ont aussi un sens de l'humour particulier, une difficulté à entendre des consignes qui les rend  colérique.

Ils pensent sans cesse, leur cerveau bouillonne continuellement.  Ils trouvent difficilement leur place et se cherchent continuellement, conscients de leur différence.

Et les parents essayent par tous les moyens de les aider à trouver leur place, à trouver le bonheur.  Pas toujours simple mais tellement riche. 

Ceci n'est pas un livre sur les enfants HP mais un roman où ils sont mêlés. Merci Isabelle Bary, merci aux Editions Luce Wilquin pour cette belle découverte.

La façon d'aborder le sujet est vraiment géniale, Marty lit le livre de sa grand-mère et l'analyse à sa façon, c'est vraiment très réaliste, avec comme ces enfants beaucoup d'humour.  Un beau témoignage rempli d'amour et de tendresse.

L'essentiel est dit, on fait sauter les clichés et ce livre permettra certainement de comprendre ceux qui ne les connaissent pas. 

L'écriture alterne entre le roman (vécu, doute, espoirs de Mamiléa) et les réflexions de notre zèbre.

J'ai vraiment beaucoup aimé.

Je vous invite à lire "Les jolies phrases" qui vous permettront de bien comprendre les zèbres. 


Ma note : 9/10


Voici l'avis d'Argali

Les jolies phrases

Il va falloir vous habituer, mon cerveau fourmille d'idées.  C'est une sorte de phénomène inné.  Elles viennent toutes en même temps et ma tête ne s'arrête jamais de tourner.  Je passe de l'une à l'autre en jonglant.  C'est épuisant !  Si un sujet m'intéresse particulièrement, j'arrive à m'y plonger profondément.  Cela me détend jusqu'à ce que quelque chose me contrarie, alors la colère monte en moi comme un ouragan et j'en veux au monde entier !

Marty : les uns et les autres ne s'adaptent pas à la vie suivant une unique procédure.  Ils font preuve d'imagination.

L'idéal, un mot affreux qu'on aurait mieux fait de ne pas inventer.  Un mot qui suppose que la vie est une perfection qui se travaille.  Il n'y a que les fous et les morts qui sont parfaits.

Vivre est un art.

Un fils qui apprend des choses à sa mère, c'est le monde à l'envers.

Lire est une conquête, un acte d'insolence qui ne tolère aucune simplification ni évidence.

Thomas voulait être comme les autres, ils les aimait profondément, mais il n'aimait pas leurs jeux ni leurs idées.  Il parlait comme un avocat du barreau, balançait son corps d'avant en arrière en criant lorsque quelque chose le contrariait, s'endormait difficilement, s'isolait dans des pensées inaccessibles, s'enfonçait les doigts dans les oreilles lorsque les sermons de mère lui rappelaient qu'il n'était qu'un enfant.

Quand cela se brouille dans ma tête, je n'ai que ce mot là en boucle : désolé.

Comment lui dire que s'il est gauche, c'est parce qu'entre sa tête et son corps, le combat est inégal ?  Que son esprit a toujours une longueur d'avance et que les bras, les jambes, les doigts font ce qu'ils peuvent, mais qu'ils ne suivent pas? Que ce qu'il ressent comme une tare est un cadeau ?

Il est né avec une sorte de formule un dans la tête, mais il lui était impossible de l'arrêter, ni de la piloter.

Le pire c'était sa souffrance, le pire c'était mon impuissance, le pire c'était la violence sans cesse décuplée de ses crises, le pire c'était la peur de ne pas s'en sortir.

Il me dit qu'il se déteste, qu'il aimerait être différent, mais que c'est plus fort que lui.  Il me dit qu'il ne sait pas comment s'y prendre avec la vie.

...Je suis incapable de suivre les conseils ! - et si je ratais ma vie.

Tout est affaire de mots ! Ou plutôt d'images que ces mots créent en nous.  Si on change la définition d'un mot, ou si on transforme l'image que ce mot projette en nous, on modifie aussi notre façon de vivre.  On ne voit pas les choses comme elles sont vraiment, mais comme nous les ressentons.  Ce ne sont pas simplement nos yeux qui voient, mais toute notre personne, avec ce qu'elle sent, goûte et ressent, son passé, son histoire.  Les mots sont beaux par cette seule perspective.  Quand je lis les mots écrits par un autre, ils ont son parfum, mais ma couleur.  Et c'est ce mélange qui est détonnant!  Ca procure comme un vertige. J'ai fait l'exercice pour le mot bonheur.

Le cerveau de votre fils est un bijou, on le définit à Haut Potentiel, mais il n'en a pas le mode d'emploi et cela le déroute en permanence.

Etre une bonne mère, c'est empêcher son enfant de vouloir être un autre.

Je pense trop, je pense fort, je ne dors plus.  Maintenant que plus rien ne reste en surface, j'ai du mal à gérer les embouteillages d'émotions qui klaxonnent à l'intérieur.

Je ne veux pas qu'il devine mon inquiétude, je ne veux pas l'empêcher de grandir, je veux juste qu'il n'ait pas mal.  Je crois que c'est là le destin de toutes les mères.  Et quand elles ont des enfants différents, c'est juste un peu plus palpitant.

On ne choisit pas le monde qui nous entoure, mais bien la façon de s'y promener.

Le collège, c'est un peu une école de vie, un brouillon pour apprendre à se faire une place dans la société.  Cela t'apprend à vivre avec les autres. Même si ça te paraît difficile, c'est une sorte d'entraînement pour plus tard.

Pourtant, je ne suis qu'un paquet de doutes et de questions.  Avec le travail, l'amour et le temps, cela a tout simplement cessé de me contrarier.

Tout le temps on me pousse à faire des choses dont on me croit incapable.  Et je suis stressé de les rater.  Sinon on se moque et on me laisse seul.

Il faut être prêt à entendre une histoire.  Car une histoire, ce n'est pas qu'une histoire !  Il y a toujours un écho caché derrière elle.  C'est en cela qu'elle est fabuleuse, elle éveille celui qui la lit.

Sans base, rien ne tient.  C'est exactement ça ! Comprendre ne suffit pas Thomas.  Si tu ne mémorises pas un minimum tes cours, si tu ne suis pas les consignes imposées, tu négliges les fondations sur lesquelles reposent tes apprentissages futurs, et tout finira par s'écrouler.  Même ta belle façon de penser.



dimanche 9 novembre 2014

PUEBLO Evelyne Heuffel ♥♥♥♥

Pueblo



KER EDITIONS
264 pages
ISBN 978-2-87586-037-8
19x11,5 cm
2014

1993. Une lettre de Nacha m’invite à la rejoindre à Real de Catorce, un village mythique perdu dans le désert de San Luis Potosi. Ma réponse m’est retournée : adresse inconnue.
Nacha…
Elle gardait parfois ma petite fille, quand j’habitais à Mexico, il y a longtemps. Une femme fantasque dont la mère, racontait-elle, avait été recueillie par un lieutenant de Pancho Villa lors de la prise de Zacatecas, en 1914. Une Mexicaine qui vivait à travers les héros de ses romans préférés, et revivait sans cesse son film fétiche, L’Année dernière à Marienbad. Une fille du peuple qui disait avoir été poignardée dans le dos et porter un trait noir sur l’âme.
2004. Les histoires de Nacha me hantent : je pars la retrouver.



Mon avis

Une belle découverte chez Ker Editions. Un parcours de femme attachant.  
 "Pueblo sous titré Roman Boléro"
Le boléro mexicain c'est à dire de petites tragédies mises en musique ou des chansons racontant des amours ratés.

Suivons ensemble le parcours de Nacha et son amour spécial.

La narratrice a fait connaissance avec Nacha , indienne mexicaine, en 1977 à l'occasion d'un baby-sitting pour sa fille à Mexico.  A l'époque elles se sont côtoyées très souvent.  Nacha est une femme fantasque racontant des histoires, celles de sa pauvre et riche vie - oui  vous allez comprendre de suite - mais aussi des histoires imaginaires.

La vie les a séparées, et en juillet 93, elle reçoit une lettre l'invitant à la rejoindre à Real de Catorce.  C'est en cassant un bougeoir offert par Nacha que des années plus tard, les souvenirs et images défilant dans sa mémoire, que la narratrice décide d'entreprendre le voyage et de repartir sur les traces de Nacha.  Nous sommes alors en 2004.

Commence alors une véritable quête, la narratrice repart sur les traces de Nacha en se remémorant leurs rencontres de 1977/78 et 1993.  Le livre est un peu "décousu" au niveau chronologique, on voyage d'une époque à l'autre, ce qui désarçonne juste un peu au début de la lecture mais très vite on ne s'en rend plus compte et cela devient même indispensable pour comprendre l'histoire de la vie de Nacha.


Au fil de courts chapitres, le lecteur retrace et suit la chronologie de la vie de Nacha. 

Un livre magnifique à l'écriture envoûtante qui nous fait découvrir les paysages du Mexique. Les descriptions sont magnifiques, on a l'impression d'être au cinéma tant les images défilent dans votre esprit mais aussi une partie de son histoire.

En effet, Nacha n'est autre que la petite fille de Tomasita, qui à l'époque de la prise de Zacatecas en 1914 fut sauvée par le général Pancho Villa. Nacha est déchirée par l'amour. Mariée très jeune à l'âge de quinze ans à José-Jésus, mère déchirée, elle va tout faire pour le bonheur de ses enfants.  Cette petite bonne femme aux origines indiennes, marchande de fleurs puis blanchisseuse.


L'écriture titillera vos pailles gustatives également car la nourriture et gastronomie sont bien présentes.

La condition de la femme au Mexique, sa misère mais aussi la volonté de s'en sortir, de passer outre de tout pour le seul bonheur de ses enfants, le sacrifice, l'évasion par le rêve - Charlotte et Maximilien, la lecture (Romain du Gard) - et le cinéma avec "L'été dernier à Marienbad"

Une belle et forte personnalité que celle de Nacha, la généreuse, pourtant répudiée, reniée.  Un parcours de femme difficile dans ce beau Mexique.

Les dialogues sont forts, naturels, enrichis d'expressions espagnoles, sous fond sonore de boléro. 

Une très très belle découverte dont j'aimerais encore vous dire beaucoup de choses mais je pense qu'il faut que je m'arrête pour ne pas en dire trop et vous permettre de découvrir par vous-même cette très belle plume, ce style magnifique.  Faites le voyage sans plus attendre.

Ma note 9/10


 Les jolies phrases


Ce qui devrait provoquer en moi un malaise éveille plutôt une exaltation diffuse : en chaos, une multitude d’images viennent se chevaucher, des conversations jadis suspendues reprennent, je retrouve peu à peu, un ancien domaine, un jardin non pas oublié, mais endormi, laissé en friches.

Achetez-moi du rêve en couleur ! Est-ce vraiment d’un monde si serein que j’ai le souvenir ?

Ca ne s’apprend pas.  Ca pousse en dedans de toi, c’est un soulèvement qui couve et finit par éclater.  Tu te dis en toi-même ; ça c’est à faire ou bien ça je n’en veux pas, je ne le ferai pas, jamais, plutôt la mort.

Quelqu’un te dit : "Va-t’en !"  , te montre la porte, et tu ressens ce que tu vaux aux yeux des autres.  Rien.  Et de ça, tu ne te remets pas, tu te lo llevas en el alma, tu l’as sur l’âme comme un trait noir et ça ne s’efface pas : on t’a biffée, rayée. Que se chingue ese maldito chico !

Le prix à payer, le plus cher, elle le pressent, est celui des sentiments.

On meurt comme on a vécu, par où on a péché, de la vie qu’on a choisie…    Non.  On meurt d’usure, de la vie à laquelle on a été condamné.

Une femme qu’un homme a quittée est un sujet de honte, elle va tête basse.  Mais quand elle retrousse ses manches et va la tête haute, c’est une femme calomniée. Et le voisinage murmure.

…l’air de dire que  la vie danse, même en pleine tragédie, que la vie prend les détours qui lui conviennent, qu’on n’en tient jamais les rênes .

Si ce n’est par amour pour lui que vous vous êtes abaissée à venir me trouver, n’oubliez jamais que c’est par amour pour vous qu’il se sera abaissé à dérober ces chaussures, pour être à la hauteur de vos sentiments.

Elle évoque à nouveau les occasions qui auraient pu être saisies , que l’on a tenues et lâchées.  Ce qu’on aurait pu vivre et qu’on a pas vécu.  Et qui, parfois, marque plus profondément de ce qui a été, blesse et laisse ouvertes des plaies.
Mais comment deviner ce que nous réservent les intrigues de la vie ?  Ses déflagrations ne nous atteignent qu’à retardement...

Pour la troisième fois Nacha se heurte à l’intolérable.  Jamais je n’avais compris de façon aussi poignante que sa vie se résumait à trois « Vete ! » Chassée par l’un, écartée du revers de la main par l’autre, décrétée indésirable enfin repoussée à trois reprises, par les trois personnes en qui elle avait placé tous ses espoirs.

Tu crois que le ciel du Mexique s’étend à perte de vue, si tranquille, que devant toi il y a des millions de vie que tu pourrais vivre et d’un instant à l’autre, il n’y en a plus qu’un "Et tu y es condamnée. Songes-y" .

"C'est ce qu'on se doit à soi-même qu'on paie." Quel impardonnable manquement estimait-elle avoir commis envers elle-même?  Celui d'avoir scellé un jour un pacte avec un vieillard ?  Ou celui d'avoir vu clair dans le jeu du vieillard et d'avoir fermé les yeux ?

Morte, inconsolée, de dépit….  Dans un couvent de Zacatecas, morte de quelque chose s’apparentant à la peine d’avoir à vivre envers et contre les illusions de ses quinze ans.  La peine de n’avoir pas vécu ce qui aurait dû l’être. 

ILS ONT REJOINT MA GARGANTUESQUE PILE A LIRE

Des surprises dans ma boîte aux lettres cette semaine....☺


Un livre voyageur attendu :


Une histoire à tenir debout                Régine Salvat


Une histoire à tenir debout



Editions : JC Lattès
Collection : Essais et documents
Date de Parution : 02/2011
Code EAN/ISBN : 9782709636254
Prix public : 18.30 €
Format : 130 mm x 205 mm
299 pages

Quatrième de couverture

Le hasard a voulu que Rémy soit atteint d’une maladie mitochondriale. Le hasard encore a voulu que les maladies rares, héréditaires et évolutives soient justement l’objet d’étude de sa mère. Elle est donc la première à percevoir les failles infimes de son fils. Pourtant les médecins, eux, refusent d’y croire. Dans un corps à corps entre la folie qui guette et la raison qu’il faut garder, cherchant à abattre ce monstre qui assaille son fils, Régine Salvat traverse la France, hante les couloirs d’hôpitaux dont elle essaie d’enfoncer les portes… Mais les plus difficiles à ouvrir sont celles que Rémy a fermées. Celles qui verrouillent son labyrinthe mental, son « monde de Rémy », celles qui pourraient expliquer : J’ai bien réfléchi. Je dois partir.
Rémy aimait l’aïkido, le parachutisme, la philosophie, et Laëtitia


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J'ai enfin reçu le livre pour les Matchs de la Rentrée littéraire de Price Minister :

Petits oiseaux      Yôko Ogawa




Actes Sud
Septembre, 2014
11,5 x 21,7
 272 pages
traduit du japonais par : Rose-Marie MAKINO-FAYOLLE
ISBN 978-2-330-03438-2
prix indicatif : 21, 80€

Quatrième de couverture

Il est le seul à pouvoir apprendre la langue pawpaw afin de communiquer avec son frère aîné, cet enfant rêveur qui ne parle que le langage des oiseaux, n’emploie que ces mots flûtés oubliés depuis longtemps par les humains.
Après la mort de leurs parents, les deux hommes demeurent ensemble dans la maison familiale. D’une gentillesse extrême, l’aîné, qui ne travaille pas, se poste chaque jour tout contre le grillage de la volière de l’école maternelle. Peu à peu, la directrice remarque son calme rassurant pour les oiseaux, sa façon subtile de les interpeler, et lui confie l’entretien de la cage.
Quant au cadet, régisseur de l’ancienne résidence secondaire d’un riche propriétaire du pays, le jardin de roses, les boiseries des salons, la transparence des baies vitrées sont à la mesure de son attachement pour les lieux de mémoire. Parfois, les deux frères décident de “partir en voyage”. Valises en main, ils font halte devant la volière. Ravis de palabrer avec les moineaux de Java, les bengalis ou les canaris citron, ils oublient dans l’instant tout projet de départ. Un jour pourtant le calme du quartier semble en danger, une enfant de l’école disparaît.
Petits oiseaux est un roman d’une douceur salvatrice qui nous confie un monde où la différence n’influe pas sur le bonheur, où la solitude conduit à un bel univers, un repli du temps préservant l’individu de ses absurdes travers, un pays où s’éploient la voix du poème, celle des histoires et des chants d’oiseaux, celle des mots oubliés.

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Une belle surprise Merci à Actes Sud, un livre noir.

Message personnel             Opcop 1                 Arne DAHL



Message personnel

Actes Sud
Actes noirs
Octobre 2014
14.5 x 24
464 pages
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne
ISBN 978-2-330-03694-2
Prix indicatif : 23 euros


Quatrième de couverture

 Dommage collatéral de la technologie et des nouveaux moyens de communication, le monde globalisé est devenu un immense terrain de jeu pour la criminalité organisée. Dans le plus grand secret, une unité opérationnelle a été créée au sein d’Europol, à La Haye, pour tenter d’y faire face. Au menu : stratégie de l’ombre et collaboration transfrontalière. Son nom : Opcop. L’ambition de ses onze membres : poser les bases d’un FBI européen.
Juste avant de mourir, un homme glisse un message à l’oreille de l’un des représentants suédois du groupe, lors d’un sommet du G20 à Londres. Un message mystérieux proféré dans une langue inconnue. Peu après, le corps d’une jeune femme est retrouvé étrangement mis en scène dans un parc londonien. À l’intérieur du cadavre, on découvre un message cryptique directement adressé à l’unité Opcop. Problème : personne n’est censé connaître son existence… C’est le début d’une enquête déroutante qui jettera les membres du groupe aux quatre coins du monde dans un labyrinthe fatal.
Avec Message personnel, Arne Dahl, qui s’est vu décerner un prix spécial par la Swedish Academy of Crime Writers pour avoir “renouvelé le genre du polar”, déroule le fil d’Ariane d’une série des plus prometteuses.

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Et pout terminer un petit achat, j'avais déjà hésité quelques fois, le Prix Renaudot de cette année a rejoint ma PAL

CHARLOTTE      David FOENKINOS      



Collection Blanche Gallimard
Parution 21/08/2014
ISBN 978-2-07-014568-3
221 pages
Prix indicatif : 18.50 euros

Quatrième de couverture

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.