lundi 6 juillet 2015

Tendre Violette Servais

Tendre Violette

Tome 1   Julien

Servais




Casterman
Auteurs : Gérard Dewamme,Jean-Claude Servais
Date de parution : 04/12/2000
Collection : Univers d'auteurs
Serie : Tendre Violette
Tome : 1
Prix : 14,50 €
ISBN : 2203389621



Quatrième de couverture

Violette vit seule, au fond de la forêt. Violette vit libre, une bouteille à la main. Elle connaît les plantes, les animaux, les lois de la nature. Les hommes la cherchent souvent, la trouvent aussi mais ne peuvent pas l’attrapper; en tout cas pas plus que ça; par-ci, par-là, au gré de ses promenades, sans contrainte, mais pas la peine d’essayer de la boucler dans une forteresse, de la ligoter dans une robe et un corset, même si on l’aime et qu’on a les meilleures intentions du monde. Les femmes qu’elle fait cocues la haïssent et Violette rit – sa bouteille à la main. Parfois on cherche aussi vraiment à lui faire du mal, l’accusant de tous les vices et de tous les crimes. Mais Violette sait que, pour rester libre, il lui faudra souvent payer le prix fort. Certains attendent peut-être depuis longtemps une réédition de ces récits légendaires. Initialement publiées en noir et blanc dans (À SUIVRE), les aventures de “Tendre Violette” revoient le jour en deux volumes mis en couleurs par Raives..


Mon avis

Violette est une fille de la campagne qui adore la liberté.  Elle vit dans les bois de la cueillette des herbes, considérée un peu sorcière, elle aime le vin, les hommes.  Elle leur fait tourner la tête ce qui la rend détestée des femmes de la région.

Le baron Julien des Croisettes est amoureux, il veut l'épouser mais la vie au château est trop étriquée pour Violette qui n'aime que la liberté et son chat sauvage Percevent.  Elle s'échappera donc et poursuivra sa vie de bohème.

On découvre donc la campagne, ses croyances, une belle représentation d'Avioth et sa cathédrale.

Un magnifique roman graphique, le premier de sept volumes.  Je suis sous le charme, la ligne est précise.  Violette est magnifique, les cases sont truffées de détails.  C'est splendide.


Ma note : ♥♥♥♥♥

samedi 4 juillet 2015

Mes lectures de juin


Les lectures de juin placées sous le signe des lectures communes ou des polars.


6 romans au programme et une magnifique bd

Découverte à l'Intime Festival l'an dernier, j'avais envie de découvrir cette belle plume.

Moment de lecture partagé avec Jostein




Cela devait être une lecture à deux avec Aline Sybelline, c'est devenu une belle lecture du groupe tic tac books,  une plume magnifique également.



Une série qui devient introuvable , premier volume de 7, une petite merveille.




Je l'ai rencontrée le mois dernier grâce à une soirée organisée par la librairie Antigone de Gembloux.  En route pour les aventures de Mémé Cornemuse.


On reste dans les auteurs belges, trois tout de même ce mois ci.  Une enquête policière rondement menée.  Une belle découverte grâce à Luce Wilquin.




Avec ma binôme Julie, notre petite lecture commune, pleine de tendresse et d'humour.


Babelio et les Editions Denoël m'ont proposé de découvrir un premier roman, un polar italien.




Je termine le mois de juin par un gros pavé : "La trilogie écossaise" de Peter May.

Une belle évasion en cette période de vacances que je vous souhaite excellente.


jeudi 25 juin 2015

Bon rétablissement Marie-Sabine Roger

Bon rétablissement

Marie-Sabine Roger





Avril, 2015
11,0 x 17,6 
224 pages
ISBN 978-2-330-02865-7
prix indicatif : 7, 80€
Babel n° 1306
Edition originale La Brune


Avis de l'éditeur


Sauvé d'une chute dans la Seine, un sexagénaire misanthrope se retrouve immobilisé sur un lit d'hôpital pendant un mois et demi - le temps pour lui de revisiter sa vie, ses bons et mauvais côtés, et surtout de rencontrer des personnes inattendues, lui qui n’espérait plus beaucoup de surprises de l’existence… Bon rétablissement a été adapté au cinéma par Jean Becker en septembre 2014 avec Gérard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin et Fred Testot.


L'auteur





Nationalité : France
Né(e) à : Bordeaux , 1957

Biographie :

Elle commença à écrire à partir de sa 4ème.

Marie-Sabine Roger a été institutrice en maternelle pendant dix ans, avant de se consacrer entièrement à l’écriture.

Son talent est aussi appréciable dans la littérature jeunesse (albums, romans) où elle a publié une centaine de livres, souvent primés que dans la littérature adulte. Elle rencontre régulièrement enfants, adolescents et adultes dans les primaires, collèges, bibliothèques et IUFM.

Elle maîtrise aussi bien l’humour que la gravité et aime confronter les genres et les registres.
Elle obtient le Prix Inter-CE 2009 et le Prix CEZAM 2009 pour "La tête en friche" (éditions du Rouergue).

Son roman "Bon rétablissement", prix des lecteurs de l'Express 2012, a été adapté au cinéma en 2013 par Jean Becker.

Je l'ai découverte à la rentrée littéraire dernière avec "Trente six chandelles" paru chez Rouergue.

 Source ; Babelio


Mon avis

Jean-Pierre Fabre, soixante-sept ans, se retrouve à l'hôpital avec de multiples fractures.  Il est dans un sale état, plâtré de partout.  C'est un miraculé, sans l'intervention de Camille, un jeune pédé qui vendait ses charmes sous le pont, il ne serait plus de ce monde.

Mais que faisait-il à cet endroit ? A cette heure ? Impossible de se souvenir.

C'est pourquoi, étant de toute manière "coincé" dans cet environnement inhospitalier, où il n'a rien à faire, il décide d'écrire sa vie, ses souvenirs, son enfance, son parcours.  Peut-être qu'à force d'y penser, ses souvenirs reviendront...

Dans ce petit monde clos, nous nous attacherons aux relations humaines, principale caractéristique je pense de Marie-Sabine Roger.  Avec beaucoup de tendresse, d'humour, partons à la découverte de personnages attachants ou énervants, c'est selon. Ils remettront les principes et préjugés de Jean-Pierre en question.

Il y a un flic sentimental en manque de père, Myriam l'infirmière attentive et à visage humain, un kiné optimiste, un chirurgien imbuvable, Maëva l'ado qui en veut à son pc et Camille son sauveur.

Une belle brochette de personnages croqués avec humour, humanité et finesse.  L'écriture est légère, sans prétention, fluide, de petits chapitres qui nous font découvrir des tranches de vie et du quotidien.  Une belle écriture fraîche, pétillante, sans violence et drôle.  Que de jolis sentiments.  La réalité de la vieillesse, une prise de conscience avec beaucoup de spontanéité et légèreté, cela fait un bien fou.


Encore un bon choix de lecture avec ma binôme Julie des Petites lectures de Scarlett

Son avis se trouve ici

Ma note : 8/10












Les jolies phrases

Mais la mémoire est une girouette, elle est sensible à tous les courants d'air.

Une maladresse qui vient du coeur se pardonne plus volontiers qu'un silence confortable.

Je n'y peux rien, j'ai un tempérament de cheval de labour, j'ai besoin de tirer mon soc et de peiner un peu pour savoir que j'existe.  Il me faut de l'air, de l'espace.  Et de l'occupation.

Je découvre que la précision de la mémoire n'a rien à voir avec l'importance que l'on attache au souvenir.

Il m'arrive parfois de pousser une larmette.  C'est l'incontinence de mémoire, de l'énurésie de sentiments.

Etre seul, c'est aussi ne jamais s'inquiéter pour personne.

On naît roseau, on devient chêne, et on finit de balsa.

Cette fille est une matérialisation de l'arthrose, c'est une douleur chronique à laquelle on se fait peu à peu, mais qui ne vous lâche pas pour autant.

Qui dira la douleur des frères et soeurs aînés, contraints de partager les Carambar, les épaules du père, les bisous de la mère, la banquette arrière de la bagnole, la trottinette et le vélo ?  Qui dira à quel point c'est frustrant de devenir, du jour au lendemain, ou presque, et sans l'avoir voulu, celui qui doit
donner le bon exemple ?

Ces petites horreurs, on peur les regarder en face, quand on approche des soixante-dix balais.  On n'a plus grand chose à se cacher à soi-même.  On a appris à ne pas trop se juger.

On se voyait en cachette, ça attisait la flamme pire que du gros sel.  Moins on avait le droit, plus on avait l'envie.  Combien d'unions auront été scellées par l'aiguillon de l'interdit et le malin plaisir d'emmerder sa famille ?


lundi 22 juin 2015

Ils ont rejoint ma Montagne à Lire

Quelques tentations cette semaine et 3 livres en partenariat font leur entrée dans ma PAL

Une couverture qui m'a fait craquer, même si le livre précédent m'attend toujours dans ma pile depuis la rentrée littéraire, je veux parler du dernier Grégoire Delacourt

Les quatre saisons de l'été

Grégoire Delacourt




Titre : Les quatre saisons de l'été
Editions : JC Lattès
Collection : Littérature française
Date de Parution : 04/2015
Code EAN/ISBN : 9782709649339
Hachette : 1022166
Prix public : 18.50 €
Format : 135 mm x 205 mm
200 pages

Quatrième de couverture

Été 99, dont certains prétendent qu’il est le dernier avant la fin du monde.
Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil. Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d’amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, se rencontrent, se croisent et s’influencent sans le savoir.
Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d’amour.


On reste dans l'esprit de la détente, j'avais adoré en son temps la série "l'accro du shopping", je n'ai pu résister au dernier opus, une lecture d'été sans prétention.

L'accro du shopping à Hollywood

Sophie Kinsella



Belfond
Sophie KINSELLA
Traduit par Daphné BERNARD
Mai 2015
19,95 €
500 p.


Note de l'éditeur


On brûlait d'impatience : toujours plus déjantée, toujours plus hilarante, toujours plus gaffeuse, notre Accro du shopping préférée est de retour !

En s'installant avec sa famille à Los Angeles, Becky s'y voyait déjà : virées shopping avec Victoria Beckham, pauses détox avec Gwyneth Paltrow, play-dates de sa fille Minnie avec les petits Brangelina... Et puis le rêve ultime : devenir styliste pour ses nouvelles amies les stars.

Mais pas si simple de se faire une place sur la A-list quand on n'entre pas dans du triple 0, qu'on ne jure que par le breakfast saucisses-bacon et que la seule star de l'école de Minnie est le hamster mascotte. Quant à ses dons de styliste, disons que Becky les exerce surtout sur elle-même.

Heureusement, quand tout espoir semble perdu, notre Accro du shopping a toujours plus d'un tour dans ses sacs. Notamment ce superbe sac vintage qui pourrait bien lui ouvrir les portes de la gloire. Ou celles de l'enfer...

Car au pays des stars, les apparences sont souvent trompeuses et cette pauvre Becky va comprendre à ses dépens que derrière les paillettes règne un monde sans pitié...


Et puis pour compléter la série , restons à Hollywood avec Mémé Cornemuse 


Mémé goes to Hollywood

Nadine Monfils


Pocket
Date de parution : 5 Mars 2015
Nombre de pages : 256
Format : 108 x 177 mm
EAN  :  9782266253673


Quatrième de couverture


Cette fois, Mémé Cornemuse est bien décidée à épouser JCVQ, son fantasme absolu. Et rien ne l'arrêtera ! Elle ira jusqu'à voler une baraque à frites pour aller au Havre et embarquer clandestinement sur un cargo, direction les States. Mais avec cette punaise, rien ne se passe jamais comme prévu et elle va flanquer le souk à bord.
Un road-movie rocambolesque et savoureux, rehaussé façon vieille bique qui ne doute de rien.
Vous avez dit « aware » ?

« Nadine Monfils est une surdouée de l'humour noir, la reine de l'incongru. On ne rit pas, on hoquette, on s'étouffe... »Gérard Collard – Le Magazine de la Santé


Masse critique de Babelio et les éditions Denoël m'ont envoyé un auteur italien :

Piste noire

Antonio Manzini


Editions Denoël
Collection Sueurs Froides
260 pages
Prix : 20.50
Parution mai 2015
ISBN 978.2.207.11858

Avis de l'éditeur

Trad. de l'italien par Samuël Sfez

Séducteur, corrompu, sarcastique, Schiavone est aussi antipathique qu’attachant. Le genre de héros qu’on adore détester…

Le commissaire Rocco Schiavone est romain jusqu’au bout des ongles : snob, macho et ronchon, il est doté d’un humour noir dévastateur. Muté à Champoluc dans le val d’Aoste, il vit son départ en province comme un exil. À son corps défendant, il doit quitter sa paire de Clarks adorée pour porter de répugnants après-ski et considère ses nouveaux collègues comme des ploucs.
Peu après son arrivée, on trouve le cadavre d’un homme sur une piste de ski, écrasé sous une dameuse. Accident ou meurtre? Quand le médecin légiste découvre un foulard dans la gorge de la victime, le doute n’est plus permis. Schiavone se plonge alors dans une enquête rocambolesque, freiné par son ignorance, voire son mépris, de la région et de ses usages. Mais certains habitants de cette vallée hostile et glaciale trouvent grâce à ses yeux. Notamment une habitante : la somptueuse Luisa Pec…

Les éditions Lilys (voir article) me permettent de lire en e-book leur dernière parution

Engrenages

Eric Neirynck


Lilys editions
Parution le 15 mai 2015



Éric n’aime pas les psy et c’est pourtant au contact de l’une d’elles qu’il connaîtra ses plus grandes circonvolutions émotionnelles.

Courte, trop courte cette relation le conduira de Bruxelles à Paris où il tentera de trouver un sens à ce qu’il a vécu avec elle.

« Engrenages » est plus qu’une quête de reconnaissance, c’est la recherche de notre propre définition au travers des déboires de nos vies.

dimanche 21 juin 2015

La princesse et le pêcheur Minh Tran Huy *****

La princesse et le pêcheur

Minh Tran Huy















Actes Sud
Août, 2007
11,5 x 21,7 
192 pages
ISBN 978-2-7427-6953-7
prix indicatif : 18, 30€ 


Quatrième de couverture


Jamais un conte n'est vraiment innocent, ni tout à fait dénué de cruauté. En la personne de Nam, jeune Vietnamien depuis peu réfugié en France, la narratrice croit reconnaître le prince charmant. Ils sympathisent, se revoient, se confient, s'inventent un territoire secret. Mais quelque chose éloigne les gestes de l'amour : le beau garçon la traite comme une petite sœur.
A quelque temps de là, elle accompagne ses parents au Vietnam, où ils retournent pour la première fois. Devant elle, née en France, élevée et protégée comme une fille unique, le rideau se déchire. Les secrets affleurent, les rencontres dévoilent les tragédies qu'ont connues les siens. Que Nam a laissées derrière lui, peut-être...
La Princesse et le Pêcheur dessine une vietnamité aussi réelle qu'impartageable, un pays immatériel que Minh Tran Huy imprègne d'une fausse candeur toute de retenue, qui cache une mélancolie profonde. Elle y inscrit la présence de l'ami si difficile à retrouver, parce que l'Histoire est passée par là. Ou simplement le temps. Plus violent que les contes...


Mon avis

Un premier roman publié en 2007.  Nous y retrouvons deux adolescents.

Lan est née en France de parents vietnamiens   "Ils avaient en commun un passé difficile, peuplé de maux dont je n'avais pas vraiment idée (la pauvreté, la guerre, l'exil) et des valeurs solides (travail et famille) ainsi qu'une générosité qui dissimulait une obstination et une capacité de survie si stupéfiantes que je m'étonnais parfois d'être leur fille."

Nam lui est né au Vietnam, il a connu ce que Lan ne connaît pas, les atrocités de la guerre et est arrivé en boat people.

Ces deux ados se reconnaissent naturellement lors d'un leur première rencontre lors d'un séjour linguistique pendant les vacances.  Quelque chose les rapproche, une amitié, un amour va naître, ils sont à la recherche de leur identité, de leur culture, de leur racine.

Lan, née en France va sur base de contes et légendes vietnamiennes se forger son identité culturelle. Ses parents lui enseignent le travail, la rigueur et veulent qu'elle apprenne et connaissance sa langue d'origine mais ils se livrent peu sur leur passé.

Nam quand à lui a vécu l'Histoire, la tragédie de son peuple, et arrivé chez nous veut tout oublier, adopter la culture française, d'autres langues et oublier la sienne.  Il veut être brillant pour évoluer ici et rendre fier ses parents.

Au fur et à mesure du récit, entre les petits chapitres, un conte nous est petit à petit distillé, un joli témoignage sur un amour manqué.  Ce court récit va avec beaucoup de délicatesse et poésie nous faire réfléchir au déracinement, à la recherche de ses origines.  Murakami et son monde onirique en toile de fond, tout en finesse et subtilité ce récit rempli d'émotions nous emmène à des réflexions sur l'amour, l'amitié, la triste réalité de l'Histoire du Vietnam, de cette société où dans chaque famille chacun avait choisi un camp parfois opposé à la réalité d'aujourd'hui et cherche sa place dans la société.

J'ai été très touchée et émue sur un conte à la recherche de l'amour et de l'espoir, la douleur d'un amour manqué, autre thème récurrent de ce beau roman.


Ma note : 9/10

Les jolies phrases.

Vivre, c'est se lancer dans un solo, tout en apprenant à chanter ; tenir le rôle principal d'une pièce un soir de première sans avoir jamais répété ; rédiger une histoire d'une traite, sans possibilité de retour en arrière.  il n'y a pas de deuxième prise.

Avec le temps, de nombreuses choses se figent, comme du plâtre dans un seau, et on ne peut plus retourner en arrière.

Je me suis ainsi, peu à peu constitué une culture éclectique, mais à trous, et dénuée de toute hiérarchie, Aragon Eluard, Flaubert, Gionao, Hugo, Kessel, London, Maupassant, Mishima, Nabokov, Racine, Sagan, Stendahl, Tchekhov, Zola, Zweig ... Je mettais tout sur le même plan, déchiffrant les signes comme un bulldozer rase une maison.

Les mots coulaient de source et j'ai glissé dans cette Ballade comme on plonge dans une eau fraîche en plein été.

J'aimais sa discrétion, son absence d'arrogance, la modestie avec laquelle il parlait du mystère des choses.  Il ne cherchait pas à le résoudre; il le respectait, admettait qu'il n'était pas possible de tout dire et de tout comprendre, que la vie était parfois faite de récits en points de suspension, qui ne trouvaient pas de fin ou d'explication.

J'éprouvais à leur égard une cordialité mêlée de gêne. J'avais beau sourire, parler, multiplier les saluts, les témoignages de respect, je ne pouvais m'empêcher de penser que nous devions leur paraître terriblement privilégiés, et d'une certaine manière haïssables.

...dissimuler qu'il existait entre mes cousines et moi un fossé à la mesure de l'océan qui séparait la France et son ancienne colonie au point où il me venait des envies de m'excuser d'être née là où j'étais née même si je n'y pouvais rien.

Pris entre deux, nous partagions quelque chose d'impossible à détruire et de difficile à définir, une sorte de boule noire, dure et compacte qui nous restait en travers de la gorge ; la mémoire, réelle pour lui, creuse pour moi, d'une terre dont l'ombre s'étendait parfois sur nous.

Il me semblait que je contemplais le monde depuis une cellule. La vie passait devant moi sans me prendre dans son cours, et je restais sur le rivage, observant les autres en train de plonger, nager, faire la planche ou même se noyer - au moins faisaient-ils quelque chose...

Ni l'un ni l'autre ne tient à se souvenir.  Ils ont préféré vivre, et ils ont eu raison : leur métier et leur ambition suffisent à remplir leur existence et leur passé repose en paix sans qu'ils y voient d'objection.

Une seule chose me semblait plus embarrassante que d'étaler ses problèmes : laisser voir à l'autre qu'on devinait les siens.


J'observe mes parents et je me rends compte, ai-je écrit à mon ami, qu'ils ne sont ni vietnamiens, ni français.  Ils ont grandi ici mais à présent qu'ils sont revenus, rien n'est plus pareil.  On parle de double culture, de racines transplantées dans un sol, d'héritage à conserver tout en s'intégrant, mais on oublie qu'en réalité, les êtres nés ici et vivant là ne sont de nulle part.  Leur identité oscille entre deux pôles qui tantôt cohabitent, tantôt s'affrontent, plaques tectoniques qui se heurtent et créent séismes, montagne et ravins, une recomposition du décor que l'on aurait crue impossible quelques instants plus tôt ; alors on avance sur cette terre nouvelle sans trop savoir où l'on va, espérant toujours qu'à la fin, on trouvera une vois qui nous révélera notre place ici-bas...

Nam a été une exception, mais d'habitude, les histoires, à défaut de finir bien, ne finissent pas toujours mal ...  Quels qu'aient été les malheurs, tout s'apaise.  Les blessés guérissent, quand bien même ils gardent une cicatrice de vingt centimètres de long.  L'herbe reverdit, le soleil sèche la plui et on balaie les ruines pour rebâtir sinon un palais, du moins une chaumière.


La lecture avec les copines.



Au départ une LC prévue avec Aline Sybelline et son blog Du temps pour lire  c'est ici

c'est devenu une LC sur Tic Tac Books

Voici l'avis de'Emmanuelle Gibert c'est ici, une occasion de découvrir son joli blog Excalibri