mercredi 17 mars 2021

La traversée des temps - Paradis Perdus - Eric-Emmanuel Schmitt ♥♥♥♥♥

 La traversée des temps



1. Paradis perdus - Eric-Emmanuel Schmitt









Albin Michel
Parution : le 03 février 2021
Pages : 576
Isbn : 9782226450227
Prix : 22.90 €


Présentation de l'éditeur

Cette Traversée des temps affronte un prodigieux défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas. Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Éric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il lui donne aujourd’hui naissance et nous propulse d’un monde à l’autre, de la préhistoire à nos jours, d’évolutions en révolutions, tandis que le passé éclaire le présent. Paradis perdus lance cette aventure unique. Noam en est le héros. Né il y a 8000 ans dans un village lacustre, au cœur d’une nature paradisiaque, il a affronté les drames de son clan le jour où il a rencontré Noura, une femme imprévisible et fascinante, qui le révèle à lui-même. Il s’est mesuré à une calamité célèbre : le Déluge. Non seulement le Déluge fit entrer NoamNoé dans l’Histoire mais il détermina son destin. Serait-il le seul à parcourir les époques ?

L'auteur



Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 45 langues et joué dans plus de 50 pays, Éric-Emmanuel Schmitt est l’un des auteurs les plus lus et les plus représentés dans le monde. Le Cycle de l’invisible s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde. Il a été élu en janvier 2016 à l’unanimité par ses pairs comme membre de l’Académie Goncourt.www.eric-emmanuel-schmitt.com/

source Albin Michel





Mon avis 

Eric-Emmanuel Schmitt nous propose le premier tome d'une octalogie, un récit romanesque de l'histoire de l'Humanité au départ de nos récits fondateurs.  C'est audacieux, merveilleux car ce premier volet est un réel enchantement dès les toutes premières pages.

C'est Noam qui sera notre guide à travers cette épopée.  Noam se réveille dans la grotte de Jeita au Liban, proche de Beyrouth, nous sommes aujourd'hui dans un monde en perdition.  8 milliards de personnes à nourrir, des changements climatiques, un gâchis dans une société qui consomme et surconsomme, dans un monde qui ne pense plus qu'au profit...

"Il a quitté le monde pour LA Fuir.  Ne rentre-t-il que pour la retrouver"

Elle, il l'a voit partout ?  mais de qui nous parle-t-il ?  Que fait-il là ?  

Il décide d'écrire sa vie, son histoire ou devrais-je plutôt dire Notre Histoire.

Noam a 25 ans en apparence mais en réalité il est né en 134 au bord d'un lac, il y a 8000 ans, il est immortel.  

Je suis né il y a plusieurs milliers d'années, dans un pays de ruisseaux et de rivières, au bord d'un lac devenu mer"

D'emblée on est captivé par la plume d' Eric-Emmanuel Schmitt.  Une plume au langage riche, imagé, ressenti, fluide.  Une plume qui nous fait vivre, ressentir l'histoire, on a l'impression d'être là avec Noam le fils du chef Panoam, le veilleur, cultivateur du néolithique, à l'écoute de la nature.

On a le sentiment d'accompagner Tiboe le guérisseur qui partage et transmet ses connaissances de la nature.

De vibrer pour Elena (sa maman) et Noura, oh la belle et troublante Noura l'amour de sa vie !

D'aimer Barak, ce géant des bois, cette force de la nature.

On vit le moment, ce retour aux sources intensément.  La nature est le personnage principal, c'est celle qui impose ses lois, ses règles, celle que l'Homme écoute attentivement , celle qu'il respecte , celle que nous avons trahie !  car EES nous ramène à elle, à l'essentiel, on se questionne sur la véritable place de chacun, sur les changements opérés peu à peu, sur l'évolution qui a chamboulé l'ordre des choses amenant notre planète et notre espèce vers la perdition.  

On réfléchit avec lui sur des questions fondamentales, sur la véritable place de chacun, sur les sentiments et actes de chacun , la profondeur de l'âme humaine , sa complexité et notre véritable nature.  Rien n'est complètement noir ni complètement blanc, nos choix inflencent et modifient le cours des choses.  

Schmitt a le sens du détail et nous questionne énormément.  C'est super bien documenté, j'ai aimé les notes de bas de page, un régal qui pousse la réflexion un peu plus loin, du gai savoir, apprendre des choses de manière agréable sans en avoir l'air !

Il est aussi question d'amour, d'amour filial, d'amour tribal mais aussi du véritable amour .  La profondeur des sentiments aussi pour notre planète.

Après la vie au village, les dangers de l'eau qui monte, la seconde partie abordera le déluge.

C'est juste magnifique, Noam, Tibor, Barak et Noura restent dans un coin de ma tête et m'accompagnent, j'étais juste triste de les abandonner, j'ai vraiment hâte de vivre la suite.

Magnifique.  ♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

Aucune vie ne débute, elle résulte.  Avant ce qui est, toujours quelque chose a été.

On subit une fatalité.  On s'adapte à un changement.

Un guérisseur est un traqueur spirituel.  Il part à la recherche des traces; son art consiste à bien les observer.

Nous sommes aveugles au monde parce que aveuglés par nous-mêmes.  Nous sommes sourds au monde parce que assourdis par nous-mêmes.  La rêverie nous sauve en nous rendant au monde.

La nature nécessite la mort afin de perpétuer la vie.  Regarde autour de toi.  Cette forêt existe depuis toujours et se nourrit d'elle-même.  Examine ! Aucun débris.  Rien d'inutile.  Ni les excréments, ni les cadavres, ni les pourritures.  Des ramures sont tombées, qui ont enrichi la terre.  Des arbres sont tombés, dont la moisissure a engraissé les plantes, les champignons, les vers.  Des animaux sont tombés et leurs chairs, leurs pelages, leurs os ont restauré leurs congénères. Lorsque tu marches au milieu des broussailles, des bruyères et des surgeons entrelaçés, tes pieds foulent les mille forêts précédentes.  Les feuilles mortes forment les feuilles vivantes, la jeune tige jaillit d'une décomposition.  Chaque chute produit une pousse, chaque disparition grossit l'être.  Il n'y a pas de défaites.  La Nature ne connaît ni arrêt ni fin puisqu'elle recycle en enchaînant les formes nouvelles.  La mort, c'est ce par quoi la vie renait, persévère et se développe.

Quand tu aimes, tu ne cesses jamais d'aimer.  L'amour se transforme, il ne part pas.

On vit pour travailler au lieu de travailler pour vivre.

Là réside l'essentiel : savourer.  Quand tu sais où tu te rends, tu te contentes de passer. Vivre l'instant.

Des provisions, quelle horreur ! Avec ce procédé, Pannoam a rendu les villageois dépendants ! Produire, entasser, surveiller, distribuer, planifier, voilà le chemin de l'asservissement.  Ils se persuadent de posséder les choses alors que les choses les possèdent.  

Il y a pire que de ne rien savoir, c'est imaginer...

Ce qu'on fuit nous rattrape toujours.

Régner ne détruit pas l'inquiétude ; assurer la sécurité ne préserve pas de l'insécurité.

..Noam c'était vite rendu compte que l'homme moderne est un homme assis qui vit à l'intérieur, telle une plante en pot jamais exposée au grand air ni au soleil :  non seulement il ne bouge plus, mais il ne se déplace plus - il se fait transporter par des voitures, des trains, des avions.  

Ce n'est plus le Tout-Puissant qui punit les hommes, ce sont les hommes qui exterminent la Nature.  Dorénavant, Dieu est exclu de l'Apocalypse.  L'homme y suffit.  Il se débrouille seul.

Le migrant, c'est celui qui ne veut pas partir.

On accède à la vérité autant par la sincérité que par le mensonge.

Pour grandir, il ne faut pas que des aliments, mais des raisons de manger. On pousse mal sans amour.

Savoir ne consiste pas à supprimer le mystère, mais à le cerner.

Savoir consiste d'abord à savoir qu'on ne sait pas.

Quel que soit l'âge auquel on apprend la mort de ses parents, ce jour-là tue l'enfant.  Devenir orphelin, c'est devenir veuf de son enfance. 

Les hommes n'ont pas besoin de vérité, ils ont besoin de légendes.

La spécialisation du savoir-faire avait supprimé le pouvoir-faire.  Les hommes dépendaient les uns des autres, condamnés à la vie collective.

Plus les hommes savent de choses, moins l'individu sait.

Du même auteur j'ai lu et chroniqué

Cliquez sur la couverture pour avoir accès à l'article

  


 




1 commentaire:

Philippe D a dit…

J'ai lu un article dans le journal sur cette loooooongue série !
Je me demande comment on peut décider d'écrire autant de tomes d'une même série.
Je lirai sûrement celui-ci quand il sortira en poche. Tu as l'air emballée !