Spectres - Thomas Gunzig
Parution : 20/08/26
Pages : 396
Isbn : 979-1030707359
Prix : 23 €
Présentation de l'éditeur
« Ce que l’on voyait du Plan dimensionnel secondaire, c’était un paysage. Un paysage étrange et calme. Un ciel d’un noir parfait, immaculé, sans étoiles ni corps célestes. Le sol semblait constitué de structures rectangulaires s’accumulant les unes sur les autres comme l’auraient fait des feuilles mortes en automne. Jusqu’à l’horizon, ou ce qui faisait office d’horizon, il n’y avait rien d’autre qu’un relief légèrement vallonné évoquant la houle sur un océan calme. »
Lorsqu’une physicienne découvre l’accès à une dimension parallèle, il faut peu de temps au capitalisme pour s’en emparer. On y construit des bases. On fore. On détruit. L’objectif ? Exploiter ce qui fut pendant longtemps le plus grand mystère de l’être humain.
« Je voulais un roman sur la folie, l’avidité, l’amour au milieu du désespoir, la magie dont est capable la science, la curiosité sans limite, la nature du hasard et la relativité générale. Et surtout, je voulais que tout cela devienne une aventure qui m’emporte avec, à l’intérieur, des personnages qui seraient comme des amis. » Thomas Gunzig
Thomas Gunzig
Né et résident à Bruxelles, Thomas Gunzig est lauréat des plus grands prix littéraires belges et traduit jusqu’en Chine. Il enseigne à l’Université de Bruxelles.
Nouvelliste exceptionnel, il a reçu le Prix des Éditeurs pour Le Plus Petit Zoo du monde, le prix Victor Rossel dès son premier roman Mort d’un parfait bilingue, les prix de la RTBF et de la SCAM, le prix spécial du Jury, le prix de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Française de Belgique, le prestigieux prix Triennal du Roman pour Manuel de survie à l’usage des incapables et le prix Filigranes pour La Vie sauvage.
Scénariste, il a signé le Tout Nouveau Testament, récompensé par le Magritte du meilleur scénario et nominé aux Césars et Golden Globes.
Vendu à plus de 13.000 exemplaires, son dernier roman au Diable vauvert, Rocky, dernier rivage était sélectionné au Prix roman des étudiants de France Culture et les droits d’adaptation audiovisuelle ont été cédés à Jaco Van Dormael.
source : au diable vauvert
Mon avis
Est-ce une dystopie, une réflexion sur la nature humaine et ses dérives, de la science fiction ? Peut-être un peu de tout cela mais je peux vous dire que c'est fort, puissant, empreint d'amour et que c'est un livre qui pendant sa lecture et au-delà va vivre en vous et susciter beaucoup de réflexion et questionnement. Pour moi, ce sont les signes d'un grand livre, un chef-d'œuvre, qui survivra et se fera sa place dans le genre.
Ce n'est absolument pas mon registre de lecture au départ et pourtant j'ai vraiment pris énormément de plaisir à sa lecture. Un peu ardu parfois car je n'ai pas vraiment l'esprit scientifique, je pense ne pas avoir tout compris de la la gravitation quantique à boucle et autres développements physiques plus ardus, mais quelle importance, ce n'est pas le plus important et cela vaut la peine de lire ces passages pour s'imprégner du contexte de l'histoire.
Léa depuis ses six ans veut tout savoir sur le monde qui l'entoure, elle deviendra une grande scientifique, celle qui découvrira le plan dimensionnel secondaire et qui permettra l'accès à cette dimension parallèle. Malheureusement comme toute découverte, il ne faudra pas attendre longtemps pour que le capitalisme s'en mêle, loin d'avoir une vision altruiste, le patron de Zenith Dynamics y verra une opportunité de s'enrichir et de faire ce que l'homme a toujours su faire : découvrir, maîtriser, exploiter et détruire...
Une réflexion passionnante sur la nature profonde de l'homme, sur notre monde pollué, abîmé, la destruction de la nature et l'exploitation outrancière de notre planète.
La plume est passionnante, le récit va crescendo, c'est très documenté et puis il y a surtout le plus important, une forme de poésie et de l'amour. L'amour qui sauve l'humanité.
Je n'ai pas envie de vous raconter l'histoire, la quatrième de couverture est explicite, laissez vous porter par cet imaginaire de chez nous - oui si vous ne le savez pas, Thomas est belge - un récit qui parle de notre monde d'aujourd'hui et de ses grands enjeux.
Coup de ♥
Les jolies phrases
Bien entendu, il y avait toujours des humains qui travaillaient avec Nora* (*I.A.) Des gens pour la contrôler, pour la superviser. Mais dans le fond, tout le monde savait que "la couche humaine" placée au-dessus de la "couche numérique" n'était pas vraiment nécessaire, elle n'était là que pour ménager l'amour-propre de ceux qui dépendaient de la machine, elle n'était là que pour garder l'illusion de garder le contrôle.
Le langage est ce qui nous permet de percevoir et de comprendre le monde parce qu'il articule la conscience et la connaissance.
Avant de penser aux problèmes, il faut penser à la manière de parler du problème.
Ouvrir des portes fermées, c'est ce que font les scientifiques depuis la nuit des temps... Si nous nous mettions à croire qu'il y a des interdits, nous serions des religieux... Les religieux nous haïssent et ils nous tuent. Tu comprends, le danger vient de ceux qui ne veulent pas ouvrir les portes, pas de ceux qui les ouvrent...
Tout ce qu'on apprend depuis un an est étrange. J'imagine que c'est comme ça chaque fois que la science fait un nouveau pas. Quand cela se produit, les humains doivent reconfigurer leurs esprits pour accepter les changements.
Nous sommes des destructeurs, c'est notre nature profonde, c'est tout ce qu'on sait faire !
Le réel était toujours plus simple qu'on le croyait.
Mon argent me sert à essayer de changer le monde, pas à accumuler des choses.
Être cinglé dans un monde de cinglés, c'est peut-être la seule chose à faire.
Un souvenir, ce n'est pas rien, c'est quelque chose de vivant.
C'est ce que nous sommes dans le fond, des idées qui ne veulent pas mourir.
L'univers a besoin de la vie, de la mort et surtout de la mémoire des choses.
Le pire malheur des humains est de se croire éternel.
On a bousillé notre monde en croyant qu'il était à nous, qu'on pouvait en faire ce qu'on voulait. Et puis on n'a rien trouvé de mieux qu'essayer d'en bousiller un autre. Rien ne nous appartient. Nous sommes juste des locataires. Des locataires particulièrement peu soigneux !
- Comment c'est d'être mère ? je n'ai pas d'enfants, c'est un mystère pour moi.
-Pour moi aussi, c'est un mystère. Les gens vous disent que c'est de l'amour, que c'est du bonheur. Mais c'est faux. Ça n'a rien à voir avec l'amour. C'est plus fort que ça. La première fois que vous voyez un enfant, vous passez au second plan. Votre vie n'est plus une priorité.
Un souvenir est une créature vivante, délicate et sensible. Un souvenir n'est pas que l'empreinte d'un événement court ou long, c'est un être qui habite l'univers au-delà du temps, qui se cache et parfois revient, qui change de forme, qui se déguise mais qui ne cesse jamais de s'adresser à vous.
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