jeudi 8 octobre 2020

Mademoiselle Papillon - Alia Cardyn ♥♥♥♥♥

 Mademoiselle Papillon       Alia Cardyn   ♥♥♥♥♥


Robert Laffont
Parution : 15 octobre 2020
Pages : 272
EAN: 9782221249352
Prix : 18.80 €

Présentation de l'éditeur

L’histoire inouïe de Thérèse Papillon, reconnue juste parmi les nations, révèle la force de nos rêves.


Gabrielle, 30 ans, infirmière, s’occupe de grands prématurés dans un service de néonatologie intensive. L’univers de la jeune femme s’est réduit aux quelques mètres carrés de sa salle, la salle 79, où elle glisse lentement dans l’indifférence, lorsqu’elle découvre l’histoire de Mademoiselle Papillon.

En 1920, dans une France ravagée par la Première Guerre mondiale, cette infirmière de la Croix-Rouge est envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois. Alors qu’elle tente de mener à bien sa mission, la vision des enfants qui succombent dans la rue l’obsède. Une ambition se forme et prend bientôt toute la place : elle doit bâtir une maison pour les protéger.


Lorsqu’elle franchit le seuil de la sublime abbaye de Valloires, Mademoiselle Papillon est convaincue d’approcher son rêve.

Ce roman mêle le destin de deux infirmières et met en lumière une femme exceptionnelle : Thérèse Papillon, qui a sauvé des milliers d’enfants et a été reconnue Juste parmi les Nations. Après avoir mené une véritable enquête – en néonatologie mais aussi auprès de ceux qui ont connu Thérèse Papillon –, Alia Cardyn livre un hommage sensible et lumineux aux femmes qui ont l’audace d’incarner le changement.


L'auteure











©Astrid di Crollalanza

Belge, diplômée en droit et en sciences politiques, Alia Cardyn a été avocate. Aujourd’hui, elle consacre son temps à l’écriture. Elle a publié plusieurs romans aux éditions Charleston : Une vie à t’attendre, lauréat du prix des Lecteurs de la chaîne de magasins belges Club (2016), Le Choix d’une vie (2017) et L’Envol (2019) et Mademoiselle Papillon est son quatrième roman, le premier aux Éditions Robert Laffont.







Mon avis

Attention pépite ! ♥

C'est le quatrième roman d'Alia Cardyn.  Que de chemin parcouru depuis son premier roman "Une vie à t'attendre" prix Club 2016.

Ce sont deux destins de femmes qui sont mis en lumière.  Deux femmes extraordinaires qui se dévouent aux autres, aux enfants plus particulièrement.

L'une est actuelle, il s'agit de Gabrielle, infirmière en néonatalogie, un métier oh combien difficile, où il est parfois difficile d'accepter la vie qui s'en va.  Elle est investie dans son travail, se donne à fond, très professionnelle, consciencieuse mais sa carapace s'ébrèche et la douleur des autres la touche plus qu'il n'en faudrait.  Elle doute, se sent fatiguée, vulnérable.  

Du côté sentimental, c'est pas brillant non plus, elle se cherche, rêve des amours, les imagine, elle n'est pas prête, pas disponible pense-t-elle.

Sa mère, Rachel Adelman, est écrivaine et lui confie la lecture de son dernier manuscrit, un livre qui est très important. Il lui est dédié et raconte l'histoire de Thérèse Papillon, un personnage hors du commun qui a vraiment existé et qui a dédié sa vie aux autres.

Tout commence après la première guerre mondiale en 1920.  Thérèse arrive comme infirmière au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois.  Tout est à refaire après des années de guerre, c'est la désolation, le manque est partout.  Les enfants malnutris traînent dans les rues, les maisons sont abîmées, humides, pas bien chauffées, la tuberculose est latente et dans ces conditions peut très vite devenir active.  En se rendant au dispensaire, elle croise un petit garçon Pierre, il est maigre, ne grandit pas beaucoup.  Thérèse est touchée, elle rêve d'un endroit , d'une maison à construire pour sauver les enfants de cette misère.  Son idée créer un "préventorium".  Cela devient une idée fixe, son combat, sa mission.  Au départ de rien on peut construire, on fait avec ce que l'on a.  Sa pugnacité, sa volonté lui donneront accès à un bon toit, celui de l'Abbaye de Valloires.

Le hasard fait qu'il y a un an, je l'ai visitée, l'endroit est magnifique, toujours dédié aux enfants et l'aura de Mademoiselle Papillon est toujours là.

Gabrielle va lire le manuscrit de sa maman et trouver des similitudes entre elle, ses doutes et Mademoiselle Papillon.  Elle aussi peut changer les choses et donner une meilleure vie à ses petits protégés de la salle 79.

Ce récit est magnifique, lumineux.  La plume d'Alia est très agréable, elle nous permet de vivre avec ses personnages de papier.  Le livre se dévore, c'est une pépite qui fait du bien.

La construction est parfaite, roman polyphonique qui passe d'une époque à une autre, d'un combat à l'autre.  Peu à peu Gabrielle s'exprime, se réalise et découvrira le message que sa maman veut lui faire passer à travers ce récit.  

Un magnifique hommage aux infirmières.

Lisez ce roman c'est une petite merveille ♥

Coup de ♥






Les jolies phrases

Le temps est l'unique réponse à toutes les angoisses.  Dans notre médecine, il n'y a aucune constante.  L'incertitude est reine.  On ne peut qu'être là. Être là, c'est faire de son mieux.

Pour accéder à la liberté, le bébé doit pouvoir respirer tout seul, digérer, maîtriser sa température, s'alimenter de façon autonome et avoir un certain poids.

Ce qui nous sépare, Mademoiselle Papillon et moi, n'est pas tant le contenu, des qualités présentes ou non, mais surtout une vision.

Face à la souffrance, aider est la seule façon de pouvoir gérer.

La peur influe sur notre façon de percevoir la réalité.

Le temps qui n'est pas consacré aux autres est du temps perdu.

Ce qui rend heureux, c'est d'en avoir bavé... puis de s'en être sorti.

Les gens jugent quand ils ne connaissent pas. Les gens rejettent quand ils se sentent exclus.
J'ausculte, je soigne, j'assiste notre unique médecin, agacée par mon manque d'efficacité.  À quoi servons-nous si nous laissons traîner les petits dans la rue, premières proies pour la maladie qui sévit ?  Cela revient à soigner certains tout en contemplant d'autres devenir nos futurs patients.  Sauf qu'un bandage ne pourra rien contre la tuberculose.

J'ai l'impression que notre métier ne tolère aucune autre difficulté que celles rencontrées ici, poursuit-elle.  Pour pouvoir être une infirmière solide, on devrait toujours avoir une vie privée agréable.  Pour conserver les deux plateaux de la balance en équilibre.

C'est le principe même de notre existence.  Perdre l'équilibre puis le rétablir. Chaque fois plus solide.

De toutes façon, si on consacre sa vie aux autres pour des mercis, cela ne dure pas longtemps. On donne parce que cela a un sens profond pour soi.  Parce que c'est ce qui nous nourrit, nous élève, nous anime. C'est une tout autre posture.  On devient ces mains qui dessinent un rêve et l'individu disparaît au profit d'un miracle, celui d'enfants qui trouvent enfin refuge.

Ce soir, je pense aux parents de Madeleine. À leur chagrin, à l'amour immense qui pousse à préserver l'autre au mépris de soi-même, en s'infligeant la plus douloureuse des souffrances, celle e peut-être toucher son enfant pour le dernière fois.

C'est la relation aux autres qui donne toute sa valeur à la vie.  L'être humain existe pour cela. 

Notre monde n'a que le sens que nous lui donnons.

Je voulais raconter une histoire sur le pouvoir du don de soi.  On oublie que lorsque l'on prend soin d'un autre être humain, on prend soin de ceux qui croiseront sa route.  L'amour suscite l'amour.  Cela nous donne un pouvoir personnel infini.

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour accéder  à l'article










lundi 5 octobre 2020

La paume plus grande que toi Victoire de Changy ♥♥♥♥♥

 La paume plus grande que toi  -   Victoire de Changy  ♥♥♥♥♥


La paume plus grande que toi

L'arbre de Diane
Collection : Les deux soeurs
Parution : 05 août 2020
Pages : 121
Isbn : 9782930822174
Prix : 12 €


Présentation de l'éditeur

« si j'écris Nour c'est pour prétendre figer l'instant qui s'échappe continuellement le solidifier faire de ces secondes de Nour celles-ci toujours déjà passées des petits cristaux à admirer » 


Dans ce recueil de poèmes, Victoire de Changy nous partage ses premiers tâtonnements dans la maternité. Dans l'expérience pourtant très personnelle de ces neuf mois dedans puis dehors racontés, on trouve des résonances, des accointances, un étonnant constat d'universalité.


La paume plus grande que toi est le premier livre d'une série de trois.

Victoire de Changy









source Le Soir  DR

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Bruxelles , 1988

Biographie :

Bruxelloise née en 1988, elle a fait des étude de journalisme et de science du livre. Une douleur nécessaire est son premier roman.

Ensuite elle a publié "L'île longue", toujours aux éditions Autrement.

Source : Babelio

Mon avis

C'est un magnifique témoignage d'amour envers l'être attendu, cela commence par une main ouverte sur le ventre, sur Nour tant désiré, on le suivra jusqu'à ses 9 mois.

La couverture est magnifiquement illustrée par Alexandre Duprez.

C'est l'émotion d'un amour, de la découverte de la maternité, de l'émerveillement de la vie qui arrive.  C'est la crainte de quitter sa maison (ventre) pour une autre et exister vraiment, la découverte de la peur pour l'être aimé, attendu, les liens filiaux, et l'apprivoisement de ses peurs.

"Être la mère de Nour, la mère tout court et s'en faire tout le temps"

C'est l'envie de figer chaque instant, chaque ressenti, chaque émotion, de faire un pas à côté de Nour.

Ce sont les nuits, la complicité d'une mère envers son enfant.  C'est beau, c'est la vie ♥

Difficile de le laisser seul, ce sont les séparations, tout d'abord le passage dans sa propre chambre, la vigilance, être à l'écoute tout le temps , puis la crèche.  Apprendre à vivre des épisodes sans lui, par ouï dire.

"Il faudra composer avec ces épisodes de toi que l'on me racontera"

C'est comme un journal, la poésie est juste magnifique.  

Si comme moi, vous avez la chance d'être maman, c'est par ce petit livre revivre les souvenirs des premiers moments passés avec votre enfant.  Beaucoup d'émotions à la lecture de cette plume splendide.

C'est court, trop court mais la bonne nouvelle c'est que ce livre est le premier d'une série de trois.

Je vous mets l'eau à la bouche avec quelques extraits ci-dessous ☺

Ma note : ♥♥♥♥♥



Les jolies phrases

Clic !
c'est décidé
c'est la dernière image prise de toi
dans cette maison-là 
sur la prochaine
nous serons trois

l'autre maison est prête
et puis ne l'est plus
et puis l'est à nouveau
et puis plus
tout est rangé
les provisions mangées
les sacs bouclés
et puis plus
et puis à nouveau et puis plus
c'est comme partir en voyage
imminemment
mais sans savoir quand

elle avait les yeux ouverts
du chagrin et du sens à la fois
que ces vies qui se passent le relais
littéralement
étrangeté que cette couche de ciel en moins
disparue
cette rangée d'humains au-dessus
juste avant que tu n'arrives
toi
en deçà
d'être
avec les années
de plus en plus haut sur l'échelle
et particulièrement là
ce matin
de plus en plus un toit
par-dessus toi

il y a eu la première nuit sans Nour
et mon pyjama
imbibé e lait
qui m'a donné froid
son père
de sa voix endormie
m'a proposé d'enfiler le sien
nous avons ri de mon malheur
des surprises de mon corps appelant mon fils

j'ai vu que la somme des nuits
avait finement rainuré
les contours de mes yeux
et j'ai pensé que je n'avais plus l'air
de cette éternelle enfant
comme jusqu'il y a peu
j'ai pensé que mon enfant
justement
m'avait
finalement
donné l'âge que j'ai

Nour qui pleure et qui rit
de jour comme de nuit
est une sorte d'allégorie vivante
de traité gigotant de ce que sont les choses
de ce qu'elles font
comme elles perdent en importance
voire en existence
Nour annule
toutes les petites fins du monde

Le corps de Nour, aujourd'hui, ne se nourrit plus du mien.  Il y a quelque chose qui, physiquement, se délie.  Chacun rentre dans son enveloppe, Nour la sienne toute à construire, à étirer, moi dans la mienne, étirée, à rencontrer.



dimanche 4 octobre 2020

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Arrivées de la semaine



Une semaine un peu plus calme, cela fait du bien !

Curieuse de les découvrir ces deux là !

Sous le parapluie d'Adélaïde  - Romain Puértolas













Albin Michel
Pages :336
Parution : le 30 septembre 2020
Isbn : 9782226454171
Prix : 19.90 €


Présentation de l'éditeur


Le matin du 25 décembre, alors que le spectacle de Noël bat son plein sur la place de la ville de M, Rose Rivières, une jeune femme, est assassinée au beau milieu de la foule. Le comble est que sur les cinq cents personnes présentes, aucune n’a vu ni entendu quoi que ce soit. Sauf peut-être, cet insolite témoin, abrité sous le parapluie d’Adélaïde…

Romain Puertolas est décidément un maître des coups de théâtre. De fausse piste en rebondissement, tel un Sherlock Holmes, il poursuit une enquête littéraire qui vous mènera là où vous ne vous y attendiez pas !

Chez Belfond il est sorti le 1er octobre

Okuribi  - Renvoyer les morts             Hiroki Takahashi



















Belfond
Traduction : Miyako SLOCOMBE
Parution : 01/10/2020
Pages : 128
Isbn : 9782714486455
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Par le lauréat du prestigieux prix Akutagawa, un roman impressionnant dans la lignée de Battle Royale. Entre lyrisme et violence, une œuvre glaçante et hypnotique sur la psyché adolescente, dans un Japon inattendu, loin des clichés.

Au début, Ayumu a cru à des jeux innocents. Des moqueries, des mises au défi, des vols de babioles dans les magasins. D’autant que, pour lui, l’étranger venu de la grande ville, c’était un bon moyen de s’intégrer parmi ses nouveaux camarades dans ce petit lycée de province.

Et puis Ayumu a commencé à remarquer. Les humiliations, les punitions, les coups, tous dirigés vers le doux Minoru.

Alors Ayumu s’est interrogé : que faire ? Intervenir ? Fermer les yeux ? Risquer de se mettre les autres à dos ? Ne rien faire ?

Et l’Okuribi est arrivé, la fête des Morts. Et tout a basculé…

samedi 3 octobre 2020

Bilan de lecture septembre

Bilan de lecture de septembre


Septembre c'était le mois de la préparation d'une double rencontre organisée par la bibliothèque Charles Bertin de Rhode Saint Genèse, Michel Torrekens et Jean Jauniaux. Un peu moins de lecture donc mais 9 tout de même grâce aux albums jeunesse reçus suite au challenge "des livres belges dans votre valise" chez Alice Jeunesse.

Des chroniques en retard comme toujours que je viendrai ajouter le mois prochain  car comme toujours vous pouvez cliquer sur la couverture pour retrouver ma chronique si elle a été publiée.


On commence par des nouvelles de Jean Jauniaux que j'ai beaucoup aimées, son dernier "L'ivresse des livres" attend dans ma PAL




Un roman percutant, j'ai adoré, il est super bien ficelé, je vous le conseille vivement :



Une autre façon de voir la Belgique qui vaut le détour, celle de Michel Torrekens.



La maternité c'est magnifique, lisez ce témoignage d'amour à la naissance de son fils Nour, une plume poétique, superbe.


J'ai été gâtée par les éditions Alice et voici des petits albums jeunesse à découvrir, le premier de mon préféré Zidrou ♥





Il était grand temps que je découvre la plume de Brigitte Guilbau chez Lilys, elle nous parle du harcèlement. Un livre qui fait réfléchir et questionne.




J'adore Jordi Lafèbre, cet album est superbe !




 Belles lectures à tous.

vendredi 2 octobre 2020

Le jour où - Amélie Antoine ♥♥♥♥♥

 Le jour où    -   Amélie Antoine


Le Jour où - Amélie Antoine - Livre - France Loisirs

Xo Editions
Parution : le 3 septembre 2020
Pages : 400
ISBN : 9782374482170
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur


Quand l’amour redonne vie et espoir à des âmes cabossées…

Printemps 2019, un cimetière parisien.
Rebecca a pris l’habitude de venir fleurir des tombes à l’abandon.
Benjamin, lui, vient assister à l’enterrement d’un inconnu.

Quand le hasard les met sur la route l’un de l’autre, le rapprochement se fait avec douceur et prudence, chacun prisonnier de sa propre souffrance.
Les secrets du passé sont parfois lourds à dévoiler, et ceux de Rebecca font osciller Benjamin entre amour fou et inquiétude sourde.

Et comment séduire une femme alors que l’on porte en soi une lourde culpabilité ?
Ces deux écorchés vifs vont pourtant apprendre à s’apprivoiser, à baisser les armes, laissant de côté l’ombre pour la lumière…

L'auteure













Amélie Antoine est née en 1984, ce qui en fait encore d’elle, d’après son éditeur, une
 « jeune trentenaire ». Elle vit à Lille avec sa famille.

Après un récit autobiographique, Combien de temps, publié en 2011, elle se lance dans la fiction et publie en mars 2015 son premier roman Fidèle au poste. Ce texte connaît très vite un vif succès, et parvient à séduire plus de 25 000 lecteurs en autoédition, avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon et de sortir en librairie en mars 2016, puis dans les pays anglophones en août 2016. Depuis, ce sont plus de 250 000 lecteurs qui ont été conquis par ce thriller psychologique ! Une adaptation au cinéma est en cours de réalisation.

Son deuxième roman, Au nom de quoi, sort en 2016. Par obligation éditoriale, il est dans un premier temps publié sous le pseudonyme de Dorian Meune. Ce texte revient, par le biais de la fiction, sur la soirée du 13 novembre 2015 au Bataclan.

Sorti en 2017 en librairie, son troisième roman, Quand on n’a que l’humour…, retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

En novembre 2017, c’est un projet atypique de deux romans noirs qu’elle publie

avec Solène Bakowski : Avec elle / Sans elle.


En mars 2018  Sans elle.


Source : blog de l'auteur http://www.amelie-antoine.com/fr/amelie-antoine-bio



Mon avis

C'est l'histoire de deux êtres cabossés par la vie, de deux écorchés vifs.  Eux, ce sont Benjamin et Rebecca.  Leur rencontre a lieu dans les allées d'un cimetière parisien (tiens ça me rappelle quelque chose ça :  "Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti) .  Drôle d'endroit pour une rencontre me direz-vous, oui mais ce lieu à tout son sens.

Benjamin n'est pas bien, traumatisé par un drame vécu il y a peu.  Il a vu la mort de très près, vous le comprendrez dans les premières pages de cette fiction et il culpabilise, perd un peu ses moyens, ne supporte plus le monde... mais la rencontre de cette fille le bouleverse.  Il veut la revoir et revient s'installer sur un banc dans une allée.  Il l'invitera à prendre un verre, banal me direz-vous.  Pas tant que cela vu ce qu'ils ont vécu tous les deux.

Rebecca est à Paris pour oublier, le jour où, une culpabilité la ronge, elle essaie d'avancer et vient régulièrement entretenir les tombes oubliées.  La vie est lourde et difficile pour elle.  Sophie de Legret, sa psychiatre la suit tous les quinze jours, mais à quoi bon se dit-elle ?


Tout est rythmé sur "le jour où".  Amélie Antoine très habilement alterne entre le passé et le présent. Avant ou après "le jour où"! Le jour où quoi ? celui où l'innomable survient, celui qui pourrait être un fait divers horrible que l'on lit mais quand on le vit , on fait comment ?  Pour oublier, ne pas oublier, pour avancer, pour continuer à vivre.

Avec beaucoup de sensibilité, Amélie Antoine par sa plume nous emmène au plus près de la réalité des faits mais aussi dans les profondeurs de l'âme humaine.  Sa plume fluide , tout en délicatesse nous va droit au coeur et fait mouche.  Ce roman ne se lâche pas, on a le sentiment non de le lire mais de le vivre grâce à la sincérité et le réalisme de l'écriture.

Vous l'avez compris, elle nous parle de drame humain, de traumatisme et de passé douloureux.  Comment continuer à vivre après cela, donner un sens à sa vie ?  

Le plus beau dans cette histoire, c'est la résilience, le bout de lumière qui pourrait poindre à l'horizon.  L'amour de Benjamin c'est aussi la patience, la délicatesse, l'acceptation.

Quelle claque ! c'est super bien construit, ce livre est géant !  je ne peux que vous inviter à le découvrir !

Bravo Amélie Antoine

Ma note : *****



Les jolies phrases

Les apparences. Faire comme si. Encore et encore.

La pire des solitudes, ce n'est pas d'être sans toi, c'est de vivre à tes côtés.  En sentant, jour après jour, à quel point tu ne m'aimes plus.

Mais comment fait-on pour oublier quelqu'un et se reconstruire quand cette personne est toujours en vie, qu'on la croise toutes les semaines, et qu'elle n'a pourtant plus rien à voir avec celle qu'on aimait ? Comment fait-on ?

Quand on a peur de quelque chose, c'est toujours parce qu'on tient à la vie.  Parce qu'on ne veut pas mourir.

Si vous ressentez la musique au lieu de simplement l'écouter, elle vous accompagnera toute votre vie.

L'amour ne se divise pas, il se multiplie.

Pense positif et tu attireras le positif.  Sois pessimiste et il n'arrivera rien de bon.  Si le bonheur ne tenait qu'à ça, ça se saurait, s'était dit Benjamin.

Ta culpabilité, il va falloir que tu vives avec.  Que tu la traînes avec toi le temps qu'il faudra.  Que tu l'apprivoises sans trop la nourrir.  Que tu composes avec elle sans lui accorder trop de place, sinon elle te rongera.  Que tu l'acceptes tout en la tenant à distance.

Vous n'avez rien à perdre, oui, c'est ce que vous répétez en permanence.  Mais quand on n'a plus rien à perdre, on a aussi tout à gagner, vous ne croyez pas ?  Quand un verre est vide, il ne peut qu'être rempli à nouveau.

Les mauvais souvenirs sont comme des nuages noirs qui finissent par disparaître de l'horizon.  Pourquoi ruminer sur les jours de pluie quand il fait à nouveau grand soleil ?

La peur,  c'est comme un serpent qui s'enroule autour de vous.  Si vous ne mettez pas un holà très vite, en un rien de temps, vous finissez pieds et poings liés.  Asphyxié.  Condamné.

Les gens les plus fous sont ceux qui ont l'air les plus normaux.  Les gens les plus dangereux sont ceux qui ont l'air les plus inoffensifs.  C'est ce qu'on apprend dans tous les faits divers.

On devrait toujours faire les choses au moment où l'on a envie de les faire, sans tergiverser, sans vouloir être raisonnable, sans remettre à plus tard. Parce qu'on ne sait jamais s'il y aura un "plus tard", en réalité.  Et il suffit d'un minuscule grain de sable pour que le "plus tard" se métamorphose en regrets. La pire erreur que l'on puisse faire, dans la vie, c'est d'être raisonnable.

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