dimanche 18 octobre 2020

Il a rejoint mon Himalaya à lire

 Il a rejoint mon Himalaya à lire


Merci aux éditions Belfond qui vont me permettre de découvrir la plume d'Harlan Coben.  

Jamais trop tard pour bien faire , il me tente vraiment beaucoup.


L'inconnu de la forêt      Harlan Coben













Belfond
Traduit de l'américain par Roxane Azimi
Parution : 15 octobre 2020
Pages : 432
ISBN : 9782714480866
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur

Vous ne savez rien de lui, il est pourtant votre seul espoir.
Le maître incontesté du thriller vous emmène en balade sur le chemin d’une nouvelle insomnie… Prenez garde à ne pas vous perdre.

WILDE.
SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.


Il a grandi dans les bois. Seul.
Aujourd’hui, c’est un enquêteur aux méthodes très spéciales.

VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.

Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu.
Le seul à pouvoir les délivrer d’un chantage cruel. D’un piège aux ramifications inimaginables.

Mais ne le perdez pas de vue.

CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

Les roses fauves Carole Martinez

Les roses fauves   -     Carole Martinez 
















Gallimard - La blanche
Parution : 20 août 2020
Pages : 352
Isbn : 9782072788918
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

«Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m’a raconté une coutume espagnole dont j’ignorais l’existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu’elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l’interdiction absolue de l’ouvrir. J’ai métamorphosé cette lectrice en personnage.

Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l’histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés?

Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir…»

C. M.

Carole Martinez, formidable conteuse, libère ses personnages morts et vivants et nous embarque à leur suite dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

L'auteur

Photo Catherine Hélie © Éditions Gallimard

Carole Martinez, née en 1966, est romancière et professeure de français. Son premier roman, "Le cœur cousu", a été récompensé par quinze prix littéraires, dont le prix Renaudot des lycéens en 2007. Son deuxième roman, "Du domaine des murmures", a lui aussi été acclamé par la critique. Publié en 2011, il a notamment reçu le prix Goncourt des lycéens. En 2016, Carole Martinez a publié "La Terre qui penche", qui témoigne a nouveau de son immense talent, de cet univers si singulier, entre magie et songe, sensualité et violence, petite et grande Histoire.

Source : Gallimard

Mon avis

L'envie était grande de retrouver la plume de Carole Martinez mais je dois avouer avoir eu beaucoup de mal à rentrer dans cette histoire, un peu confuse, emmêlée.  C'est un labyrinthe d'histoires, on le comprendra plus loin lorsqu'enfin la magie opère.  Mais cette confusion comme celle des sentiments des héroïnes de ce roman n'est sans doute pas fortuite.

Carole Martinez nous emmène toujours dans un univers particulier, dans le merveilleux, entre le conte initiatique et fantastique, dans un monde onirique.

Je dois bien avouer après la lecture que la construction de ce roman est géniale, ce n'est pas une histoire qu'elle nous conte mais plusieurs récits qui s'imbriquent les uns dans les autres.  Un récit qui nous parle de la transmission, de l'héritage familial.

La narratrice (Carole Martinez ?) est écrivaine, elle s'installe pour trois mois recluse dans un chalet au fond d'un parc dans le petit village breton de Trébuailles.

Pourquoi cet endroit ?  En 2009, une carte postale l'avait hypnotisée, une église, la poste et entre les deux, la silhouette d'une femme qu'elle imagine boiteuse.  C'est ce qui l'amène ici.  Á la recherche de cette femme et de l'inspiration.  Elle se rend au bureau de poste où les pipelettes (parasites pour moi) sont réunies et elle rencontre Lola Cam, la postière qui étrangement boîte.  Voilà la femme de son roman.

Elles se rencontrent, deviennent amies, Lola l'invite à dîner et elle lui parle d'une tradition ancienne originaire d'Espagne, la terre de ses ancêtres ;  les coeurs cousus.  Elle en possède cinq.  Ces coeurs, c'est l'héritage des femmes, des filles..  Lorsqu'au crépuscule de leur vie, elles se sentent partir, la mort venir, elles inscrivent leurs secrets, des petits mots sur des petits papiers enfermés à l'intérieur de ces coussins , ces coeurs cousus qui enferment à jamais leurs secrets.

Un coeur s'est éventré et Lola et la narratrice décident de les lire et de connaître la vie de l'aïeule de Lola, Ines Dolores.  Elles y découvrent sa vie sous forme de petits papiers numérotés et .. un petit sachet de graines de roses.

Des roses envahissantes au parfum entêtant, magnifiques et toxiques.  
Des roses magiques et voraces nées du sang, dévoreuses de jardin ..
Des roses qui poussent avec la découverte de la sensualité, de la sexualité, de l'envie, de l'amour...

Ces roses pousseraient-elles encore après tant de temps?   Lola et la narratrice décident de les semer, peut-être comprendront-elles pourquoi toutes les aïeules de Lola ont joint Dolores à leur prénom ?

L'histoire se répètera-t-elle ?

Lola qui menait une vie simple, austère, solitaire se métamorphose à la lecture de ces lettres et l'éclosion des roses et de leurs parfums.

D'autres personnages entreront en scène, mais quelle est la part d'imaginaire et de fiction.  Le lecteur est toujours à la frontière entre les deux.  

C'est aussi du processus de création et de l'écriture que nous parle Carole Martinez.

L'écriture est foisonnante, parfois cacophonique mais aussi belle, sensuelle, poétique.  Elle nous entraîne dans le domaine du merveilleux, du fantastique et nous promène sans cesse à travers le temps.

Un roman découvert grâce à Babelio, Masse critique et les éditions Gallimard que je remercie.

Ma note :  7.5/10

Les jolies phrases

Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? 

Je crois aux histoires de famille, de leur capacité de vous hanter.

Avant la mort de ma mère, chaque fois que mon père abattait un arbre, il en replantait un nouveau pour maintenir l'équilibre du monde.

Contrairement à Lola, je ne pense pas qu'il y ait une frontière nette entre la réalité et la fiction.  Le roman surtout nous entraîne sur des territoires flous, il occupe les lisières.

C'est très décevant, le jardinage.  Je déteste attendre.
Ecrire un livre ne demande pas un peu de patience ?
Si, beaucoup, mais quand j'écris, je suis la terre, je couve mes personnages, je les sens grandir en moi.
Mes fleurs poussent aussi en moi, je les guette, parfois je les oublie, mais elles sont là, quelque part, au fond de mon jardin intérieur.

Aimer est un art éphémère et léger.

..un mot n'est rien que des lettres accrochées les unes aux autres.

Mais l'amour peut-il vraiment durer toute une vie, se réinventer constamment ?

Nous faisons nos choix en lisant, Lola sera un bouquet composé à partir de quelques mots écrits et de vos propres souvenirs, de vos matériaux intimes.  Elle sera notre oeuvre commune, notre enfant, conçue dans le mitan du livre où nous dormons ensemble, lecteur et auteure, mêlés dans un même nid de ronces. 

Comment écrit-on sa vie quand on touche à la mort, tout en sachant que personne ne la lira ? A-t-on envie de s'inventer une belle histoire avant de s'endormir pour de bon ? S'autorise-t-on tous les mensonges ? Ou au contraire essaye-t-on de coller au réel ?  Que choisit-on de raconter ?

Qu'il est difficile d'échapper à ce qu'on a connu enfant, à ce que nos parents, réels ou imaginaires, nous ont dessiné du monde !

Mon jardin m'a enseigné l'amour.  J'ai su devenir fleur pour attirer les bourdons, j'ai joui sous mes robes, comme une rose jouit des caresses du vent, comme elle s'ouvre aux petites pattes des insectes qui la butinent, et j'ai semé la vie sans me soucier jamais de mes enfants.  Je les ai abandonnés à un père idéal qui n'était pas le leur, comme on offre des graines à la terre.  Que pouvais-je faire d'autre ?  J'ai été élevée par un jardin.

C'est curieux tout de même de passer une grande partie de sa vie dans des fictions, avec des êtres invisibles.  Parfois ma raison ne tient plus qu'à un fil.  Il suffirait de presque rien pour que je reste perchée là-haut, envolée, la tête gonflée à l'hélium avec mes amis imaginaires.  Pourquoi redescendre si personne ne vous attend sur la terre ferme ? 

Je ne me souviens pas d'avoir souffert en la mettant au monde, certaines douleurs s'oublient, surtout quand on ne sait pas quoi en faire.






jeudi 15 octobre 2020

9603 Kilomètres L'odyssée de deux enfants Pomès-Marchetti

9603 Kilomètres L'odyssée de deux enfants Pomès-Marchetti


 

Futuropolis
Parution : 16/09/2020
Scénario : Stéphane Marchetti
Dessin : Cyrille Pomès
Pages : 128
Ean : 9782754825894
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

«Adil et Shafi sont deux cousins de 12 et 14 ans. Seuls, ils fuient la guerre en Afghanistan pour échapper aux talibans et à Daech. Sur la route, ils vont connaître l’enfer qu’ils voulaient fuir chez eux.
Un récit poignant, très documenté, basé sur de nombreux témoignages, qui aborde la problématique de ces enfants partis seuls pour fuir la guerre et la misère et qui se retrouvent isolés en France et en Europe.»


2014. Province de Khost dans le sud-est de l’Afghanistan.

Adil (12 ans) et Shafi (14 ans) essaient de mener une enfance normale malgré les attentats suicides qui ensanglantent régulièrement leur quotidien. La vie d’Adil bascule le jour où son père meurt. Kunzar, son oncle, un fondamentaliste religieux, l’envoie dans une école coranique. Là-bas, Adil apprend le maniement des armes et se prépare à mourir en martyr.

Le jour de l’attentat, le détonateur de sa ceinture d’explosifs ne fonctionne pas. Il est dès lors condamné à quitter le pays pour échapper à la mort. Il doit partir avec son cousin Shafi retrouver le frère de ce dernier installé en Angleterre…

Pour sa famille, ils auront une chance d’avoir une nouvelle vie, loin de cette folie. Commence alors pour les deux jeunes enfants, un périple de 9 603 kilomètres…

Stéphane Marchetti

Stephane Marchetti est né en 1978.
Stéphane Marchetti est auteur, réalisateur et producteur de documentaires. Il obtient avec Alexis Monchovet le prix Albert-Londres en 2008 pour leur film Rafah, chroniques d’une ville dans la bande de Gaza. 

En 2017, il réalise avec Thomas Dandois Calais, les enfants de la jungle, dont les nombreux témoignages d’enfants recueillis sur place aboutiront à son premier scénario de bande dessinée, 9603 kilomètres. Il écrit actuellement son premier long métrage de fiction.

Source : Futuropolis

Cyrille Pomès


photo BD Gest

Cyrille Pomès est né en 1979.
Diplômé de l'E.E.S.I d'Angoulême en 2003, il publie son premier album, À la lettre près, en 2005 (Albin Michel). En 2013, il rejoint Futuropolis avec Le Printemps des Arabes écrit par l’historien Jean-Pierre Filiu avec qui il collabore en suite pour La Dame de Damas (2015).
2019. Le fils de l’Ursari, d’après le roman de Xavier-Laurent Petit (Rue de Sèvres) est récompensé de nombreux prix dont le Prix jeunesse ACBD 2019.

Mon avis

C'est un sujet d'actualité.  L'odyssée de deux enfants, cousins de 12 et 14 ans, obligés de tout quitter dans l'espoir d'une vie meilleure.  Être enfant en Afghanistan ce n'est pas facile avec la guerre et les explosions qui y font rage au quotidien.  

Lorsque son père décède, la vie bascule pour Adil.  Son oncle, fondamentaliste religieux l'envoie de force dans une école coranique pour apprendre à tuer et à devenir un martyr.

Le jour de l'attentat, le détonateur ne s'enclencle pas et il ne reste que la fuite comme salut à Adil.  Son cousin Shafi l'accompagnera pour un long voyage, objectif rejoindre la famille de Shafi en Angleterre, 9603 kilomètres.

Le danger est permanent, les passeurs verreux, les longues et interminables marches, la faim, les attaques, la peur continuellement au ventre.  Celle qui fait que l'enfant devienne prématurément adulte, livré à lui-même, seul pour survivre.

Abandonner tout dans l'espoir d'un monde meilleur !

C'est hyper réaliste, très bien documenté.  On sent que Pomès et Marchetti ont cotoyé la jungle de Calais.  Un récit sombre et dur mais essentiel pour comprendre ce qui pousse ces jeunes au voyage.  
Ce n'est pas un choix mais une nécessité de survie dans l'espoir d'une vie meilleure.

Le dessin est très réaliste, les couleurs dans des tons très sombres, du brun au gris rappellent la poussière et la peur.

Excellent album, extrêmement bien documenté pour prendre conscience de la réalité de ces enfants qui ont un grand besoin d'humanité.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

J'ai eu peur...  alors j'ai fait tout ce qu'ils me demandaient.  Hè, il faut connaître la peur pour avoir du courage.

Ne regarde pas derrière, continue à avancer si haute soit la montagne on y trouve toujours un sentier.





dimanche 11 octobre 2020

Il a rejoint mon Himalaya à lire - special ouverture de la librairie Claudine

 Il a rejoint mon Himalaya à lire

Special ouverture de la librairie Claudine




Impossible de revenir sans livre lorsque l'on visite une toute nouvelle librairie. 

Ce week-end des 10 et 11 octobre, événement dans ma ville.  En effet cela fait cinq ou six ans que Wavre n'avait plus de librairie indépendante.  Alors quel bonheur , enfin une librairie indépendante qui voit le jour.  Bravo à Diane Platteuw de relever ce défi en cette période difficile.

La librairie sera ouverte les mardi-jeudi et vendredi de 10 à 18 h.  Les mercredi et samedi (jours de marché) l'horaire sera 9 à 18 h.


C'est Courte rue des Fontaines 74 à 1300 Wavre en Brabant Wallon.








J'ai été raisonnable, un livre de cuisine, deux commandes  et un roman graphique dont j'avais vraiment envie.

Beate et Serge Klarsfeld    Un combat contre l'oubli 

Pascal Bresson et Sylvain Dorange


La boîte à bulles
Parution : 09 septembre 2020
Scénario : Pascal Bresson
Dessin : Sylvain Dorange
Pages : 208
Isbn : 9782849533680
Prix : 25 €

Présentation de l'éditeur

« Si les Allemands nous arrêtent, moi, je survivrai parce que je suis fort mais pas vous ». Ces paroles, prononcées en 1943 par son père, assassiné à Auschwitz, Serge Klarsfeld ne les oubliera jamais. Après la guerre, il se marie à Beate, une jeune allemande installée à Paris. Ensemble, ils se font la promesse d'obtenir la mise à l’écart de la vie politique allemande de tous les anciens nazis, puis d’obtenir le jugement et la condamnation des principaux responsables nazis de la déportation, notamment ceux ayant sévi en France. Distribution de tracts, manifestations, tentatives d'enlèvements, la « méthode Klarsfeld » prouve leur obstination à débusquer les anciens criminels de guerre qui vivent paisiblement en toute impunité alors que, durant la guerre, ils occupaient des postes officiels, soit comme gradé nazi avec Lischka, Hagen, ou Barbie soit en tant que collaborateurs français comme Papon, Bousquet ou Touvier...

Dans ce roman graphique, Pascal Bresson revient sur les combats de la vie de Beate et Serge Klarsfeld pour que justice soit rendue et que nul n'oublie. Un ouvrage très fort pour l'histoire, la mémoire et la justice, brillamment mis en image par Sylvain Dorange.

Belle semaine à vous.

BELGIQUES - Jean Jauniaux ♥

BELGIQUES     -  Jean Jauniaux  ♥

Belgiques: Nouvelles - Jean Jauniaux - Babelio

Ker éditions
Parution : 20 octobre 2019
Receuil nouvelles
Pages : 124
Isbn : 9782875862549
Prix : 12 €


Présentation de l'éditeur


Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est

un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de
la gastronomie, de la politique, des langues… Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de
ces tableaux impressionnistes est le reflet d’une Belgique : celle de l’auteur.

Trois recueils sortiront chaque année. Trois recueils et donc trois auteurs.

Sommaire

Une journée hors norme
Plisnier en 1967
Le Club des écrivains belges
INR
Attilio
Chine
Jules Morrel, un Belge en Chine
Pays noir
Le rêve de peindre
Europe 1957
Muette émeute
Fête nationale
Une année universelle



L'auteur


















Photo : Christian Lambiotte

Jean Jauniaux est né en 1954 à Haine-Saint-Paul (Hainaut, Belgique). Il a a passé son enfance à Ecaussinnes d’Enghien, village situé au cœur d’une région en déclin économique. Après des humanités gréco-latines à l’Athénée Royal de Mons, il a effectué des études de traduction et d’interprétariat à l’Ecole d’Interprètes Internationaux de l’Université de Mons. Il a choisi d’y étudier les langues russe (« pour lire « Crime et châtiment » en version originale)et espagnole (il a consacré son mémoire de fin d’études aux adaptations de « Don Quichotte », un ouvrage de plus de 300 pages d’analyse et un répertoire de plus de 700 adaptations dans tous les genres : théâtre, radio, roman, opéra, musique etc). Il a ensuite effectué à l’Institut National des Arts du Spectacle, une licence en réalisation Film-Radio-Télévision, se spécialisant dans le documentaire de création et ce qui s’appelait à l’époque le « cinéma vérité ». Il a consacré son mémoire de fin d’études au cinéaste Jean-Jacques Péché et à ses émissions « Faits-Divers ». Il a été réalisateur d’émissions de télévision à la télévision belge (dans le service « histoire » notamment) et responsable de programmes européens de soutien à l’audiovisuel et à la culture.

Il écrit des nouvelles, romans et scénarios de bande dessinée et de films documentaires. Il se consacre au journalisme culturel, à l’animation d’une revue littéraire et de rencontres littéraires. Il organise des ateliers d’écriture de nouvelles et de formation à l’interview radio. Il a publié trois recueils de nouvelles et un roman.

En juin 2009, le Secrétaire Perpétuel de l’Académie de langue et littérature de Belgique, Jacques De Decker lui demande de devenir le rédacteur en chef de la revue littéraire « MARGINALES », revue créée par le poète et romancier Albert Ayguesparse en 1945.

« Entre les lignes » : De septembre 2006 à septembre 2011, il crée et anime l’émission généraliste « Entre les lignes », une heure consacrée à l’actualité à travers le livre, la littérature, les essais, les rencontres avec des écrivains, des essayistes, des acteurs du monde culturel et de la société. L’émission a été diffusée tous les dimanche de 9h00 à 10h00 sur deux radios de proximité en Communauté Française de Belgique.

Depuis janvier 2009, il anime avec son complice Edmond Morrel un blog « web-radio » consacrée au livre et composée d’interviews exclusives d’écrivains, d’essayistes et d’auteurs de bandes dessinées, de metteurs en scène, de scénaristes, d’acteurs du monde culturel. A ce jour, plus de 800 rencontres sont en ligne à l’adresse www.espace-livres.be avec des interlocuteurs aussi variés que Michel Serres, Jean d’Ormesson, Tahar Ben Jelloun, Ken Follett, Gisèle Halimi, Albert Jacquart, Eric Orsenna, Stefan Hessel, Jacques De Decker, Amin Maalouf, Anne Nivat, Chékéba Hachémi, Gérard Chaliand, Matthieu Ricard etc.

Source ; Ker éditions

Mon avis

La collection "Belgiques" chez Ker éditions permet à des écrivain.e.s Belges de nous présenter leur vision de la Belgique, de nous la faire vivre à travers leurs yeux. 

J'ai passé un excellent moment en compagnie de la plume de Jean Jauniaux. Par le biais d'expériences personnelles voire très personnelles il nous raconte des petits bouts de la Belgique à travers son regard d'enfant, d'adolescent ou d'adulte.  J'ai eu le sentiment que Jean me livrait ses mémoires, son enfance, l'époque des années 60, qu'il était près de moi et me confiait ses souvenirs.  Une bien agréable impression, une très belle lecture.

Le fil rouge, la Belgique bien entendu, mais entre réel et imaginaire.  Quelle est la part de véracité et celle de l'imaginaire, la frontière est mince c'est tout l'intérêt. On se laisse emporter par ce que l'on sent de vrai et on se fait piéger. 

L'humain est au centre de ces petits récits en nous faisant découvrir l'Histoire par ses confessions. C'est rempli d'émotions, de nostalgie et d'empathie.  Un vrai régal !

Au programme un voyage dans le temps de 1830 à 1958.  

  • Des épisodes marquants comme sa révolution de 1830 avec une reconstitution en costumes pour la télévision, lorsque tout jeune sortant du service militaire il est engagé pour cinq émissions "chroniques d'une révolution" de Jacques Cogniaux.  Il cotoie à l'époque les grandes figures de l'INR/RTB  ; Armand Bachelier, Georges Konen, Pierre Delrock, Jacques Bredael
  • Il nous parle du Goncourt de Plisnier et de l'Athénée de Mons, du Pen Club crée par Louis Piérard dont on fête le centenaire en 2020
  • Emotion au rendez-vous avec la rencontre d'Attilio , son ami "le macaroni" où il évoque la catastrophe du Bois du Cazier mais aussi la fraternité enfantine universelle, où il confie et partage ses blessures d'enfant.
  • On voyagera en Chine ou pas
  • On se promène dans le pays Noir de son enfance à la rencontre d'artistes peintres, stars de la radio ou du petit écran.
  • Il nous parle de l'Europe, du premier pas de l'homme sur la lune.  J'ai adoré cette nouvelle , une façon inattendue de nous parler de cette événement qui en cachait un autre.
  • Il nous parle de son enfance orpheline, de l'expo universelle et de du cahier Atoma bien belge.
C'est un voyage tendre, touchant.  On ressent le manque non pas d'amour mais d'expression de celui-ci, une enfance orpheline, un manque de chaleur humaine, d'écoute et de partage.  Un grand manque d'ouverture vers le monde, il ne pouvait compter que sur son magazine Pilote et un transistor. et bien entendu les livres et leur pouvoir très important.

Jean est un merveilleux raconteur d'histoires,  j'ai hâte de lire son dernier recueil "L'ivresse des livres".

C'est un joli coup de coeur. ♥



Les jolies phrases

La mémoire flotte comme un bateau de papier qu'un enfant dépose au fil d'un ruisseau.  Elle va d'une rive à l'autre, s'immobilise quelques instants avant d'être emportée de quelques mètres plus loin. 

Il est interdit d'interdire; sois jeune et tais-toi.

J'eus le sentiment, nouveau pour moi, d'avoir un allié.  Un ami.  Pour cela, il avait donc suffi que je cesse de mentir, que je dévoile cette histoire et, à travers elle, une part de ma différence.

C'est pas grave Jeannot.  Parfois on a besoin de s'inventer des histoires même si on ne les a pas vécues.  C'est comme quand on lit nos livres : on vit des aventures sans les vivre.

Tout a été enlevé, ôté, écarté, comme si le chagrin causé par ta mort  allait s'évanouir pour peu qu'on efface les traces  de ton passage.

Avant de repartir, elle devait elle aussi nous écouter lire, d'une voix criarde, les premières lignes de Croc Blanc, de Winnetou, de Sans faille et d'autres romans qui nous enchantaient : ils nous racontaient si souvent notre propre histoire; celle d'enfants que les livres avaient sauvés de la tristesse et du chagrin des adultes.

"Les baraques en bois proche des carreaux de la mine" sont devenus containers, tentes ou rien.

Mais je ne peux m'empêcher de trouver une certaine grâce à ce capharnaüm.  Après tout, n'est-ce pas une forme de rébellion, bien humaine, à l'ordonnancement général qui semble présider, de nos jours ? 
Le mot "ordinateur" ne signifie-t-il pas " mettre de l'ordre " ?  Son équivalent anglais n'est pas plus exaltant, à mes yeux du moins: computer c'est calculer ! D'un côté, l'alignement ; de l'autre, le chiffrement ! Où se cachent la complexité, l'entrelacement, le mouvement... ce qui fait l'humain, en quelque sorte...

Après tout, depuis sa création en 1830, le Royaume de Belgique est un laboratoire de cohabitation entre pays voisins.  Mais il est aussi un lieu d'entrelacement de l'imaginaire et du terre à terre !

Nous n'avions jamais rien à nous dire.  Sauf ce soir-là.  Je n'étais plus seul, j'avais un ami.  J'avais envie de lui dire aussi qu'il n'était plus seul dans le deuil.  Je ne me souviens plus de la façon dont j'ai pu le lui exprimer.  Pour la première fois, j'avais essayé de consoler mon papa. 

En lisant Vipère au poing, je m'étais rendu compte de cette vertu irremplaçable de la littérature de fiction : celle de miroir fraternel, dans lequel le lecteur peut découvir son double, un autre soi qui traversait  les mêmes épreuves et qui, ainsi, le rend moins seul à affronter. Le livre m'offrait la formulation exacte, précise et empathique des tourments que je subissais.