lundi 4 novembre 2024

Mythologie du .12 - Célestin de Meeûs ♥♥♥♥♥

 Mythologie du .12      -  Célestin de Meeûs  ♥♥♥♥♥
















Editions du sous-sol
Parution : 22 août 2024
Pages : 144
Isbn : 9782364688035
Prix : 17,50 €

Présentation de l'éditeur

C’est l’histoire d’un jour de solstice d’été au milieu de nulle part.
C’est l’histoire de deux jeunes types qui zonent sur le parking d’un supermarché dans une vieille Clio, à se chambrer
et à enchaîner les bières et les joints.
C’est l’histoire d’un médecin, dont la vie rangée et la famille modèle, construites dans une obsession de réussite, volent en éclats, un homme éméché qui ressasse, impuissant, ses échecs et s’enferme peu à peu dans un monologue paranoïaque et délirant.
C’est l’histoire d’une soirée qui n’en finit pas, d’un snack sur le bord de la route, d’un trip dans la nature et d’une petite cabane au bord de l’eau, de Max et de Théo, de Rombouts et du tenancier de Chez Moustache, d’un médecin à la dérive, de traînards, de la haine et de l’ennui, de ce qu’on ne regrette que parce que cela nous échappe, du besoin de possession et du constat amer que rien ne se contrôle, de l’ivresse et de la violence.

L'auteur





Né à Bruxelles en 1991, Célestin de Meeûs a notamment publié Cadastres (prix de la Vocation) aux éditions Cheyne, ainsi que Cavale russe (mention spéciale du prix Apollinaire et prix Triennal de poésie de la Fédération Wallonie-Bruxelles).

Depuis 2018, il anime les éditions de l’Angle Mort, dont il est cofondateur.  
Mythologie du .12 est son premier roman.

source : éditions du sous-sol









Mon avis

Théo, 18 ans depuis peu, vient de terminer sa rhéto.  Il glande, fume des pétards et boit des coups sur le muret d'un parking de supermarché. Il attend son pote Max qui va arriver.  Il se dit qu'il serait mieux chez lui mais il y a sa petite soeur, sa mère, alors il traîne là, tuant le temps. On partage ses pensées, ses peurs, ses angoisses. Que va-t-il faire plus tard, il aime la mythologie, on revit avec lui la naissance du monde - passage fabuleux -  c'est sympa pense-t-il, il aime ça, pourquoi pas étudier l'histoire.  Perdu dans ses pensées, dans la moiteur de l'été, l'asphalte  fond, le temps s'étire dans l'attente de son pote, l'ennui s'installe.  
Max arrive, ils continuent à boire dans la voiture pourrie de son pote, sur ce parking à refaire le monde.

En parallèle on découvre, Rombouts, un toubib qui fait de longues journées de travail à l'hôpital.  Il vient de faire dix heures de permanence, reprend sa voiture sur le coup de 20h.  45 minutes de route pour rentrer chez lui et retrouver son havre de paix.  Rentrer, s'installer face à son jardin en bordure de la forêt, face au petit bois avec son étang qu'il vient d'acheter pour retrouver sa tranquillité, boire un verre de whisky puis un autre et un autre encore face à sa solitude.  Faut dire qu'il a tout, qu'il mesure l'étendue de son patrimoine, la valeur des choses gagnées à la sueur de son travail mais l'essentiel, il l'a perdu, sa femme et se enfants l'ont quitté pour une petite infidélité.  

La soirée est longue, interminable, c'est le premier soir d'été. Fin de la première partie !

Ces personnages vont bien entendu se croiser, on sent la tension, cela va mal se passer, la perte de contrôle est inéluctable.  Un fait divers en somme, une violence, une folie passagère.

Célestin de Meeûs nous propose un premier roman d'atmosphère, par sa narration, ses longues phrases dépourvues ou presque de ponctuation qui nous tiennent en haleine, la tension qui monte de ligne en ligne. Les phrases sont sans fin c'est comme une respiration - inspiration et expiration de plus en plus longue-, on lit en perdant son souffle, en apnée, les mains moites à la fin car la seconde partie particulièrement se lit d'une traite.  Je l'ai terminée à voix haute accentuant ainsi la tension du récit.  

Célestin est un poète avant tout et le choix des mots, du langage n'est pas laissé au hasard.  On sent d'emblée que l'on va vers la tragédie, on sent le gouffre des générations, le désarroi des jeunes, la crainte de l'avenir, et la peur, la paranoïa de perdre les acquis pour les plus anciens.

C'est un récit remarquable, d'une force incroyable, un premier roman déjà récompensé du  Prix Stanislas délivré à Nancy en septembre dernier.

Ma note : 9.5/10







samedi 2 novembre 2024

Bilan de lecture d'octobre

Bilan de lecture octobre 2024




Octobre c'est la préparation de la campagne  Lisez-vous le belge ?, c'était la découverte du magnifique "Le bastion des larmes", Prix Décembre 2024 et ensuite 10 lectures d'auteur.e.s ou maisons d'éditions de Belgique.  C'est un peu dans mon ADN de lire belge, j'en lis toute l'année et espère vous donner l'envie d'être curieux.



On connaît le Prix décembre 2024, magnifique roman d'Abdellah Taïa, une lecture suite à une belle rencontre à Nancy en septembre dernier.



"Dans quel monde on vit"  réflexion que je me fais souvent ! , Ralph Vendôme nous propose des nouvelles, réflexions, instantanés de notre quotidien.



C'est le livre que j'avais envie de découvrir cette rentrée, récompensé par le "Prix Stanislas", pour son premier roman, il est aussi en lice pour le Prix Rossel , une plume magnifique, hors du commun.  A découvrir ! ♥




Magnifique aussi le roman de Dominique Van Cotthem qui avait subi les inondations en 2021, un sujet qui malheureusement est plus que jamais d'actualité.  


 


Un autre premier roman incroyable, lui aussi en lice pour le Prix Rossel, Anne-Sophie Kalbfleisch sera une de mes invitées au café littéraire du 14 novembre.  



Un joli opuscule aux éditions Lamiroy, Luce Caron nous parle du harcèlement scolaire.  Un petit livre à mettre entre toutes les mains. 




Nouvelle plume dans une petite maison d'éditions liégeoise que je découvre. 





Gros coup de coeur pour ce livre jeunesse qui parle d'amitié, d'écologie, de solitude.  Une petite merveille ♥



Dans un registre différent, voici un album très intéressant, original, il parle de colonisation, de la confrontation de cultures 




Une nouvelle collection de textes courts, poétiques a vu le jour chez Murmure des soirs.



Il sera lui aussi  au café littéraire de novembre, il est wavrien et son petit premier roman est vraiment très très beau. ♥


N'oubliez pas qu'en novembre c'est la campagne  Lisez-vous le belge ? (toutes les infos et agenda en cliquant sur la photo)






Comme toujours en cliquant sur la couverture du livre, vous avez accès à l'article s'il est déjà publié.

La mise à jour de cette rubrique est mensuelle.

Belles lectures ! 

vendredi 1 novembre 2024

Lisez-vous le belge ? 5 ème édition

 Novembre c'est la 5 ème édition de Lisez-vous le belge ?









Si vous suivez mon blog de façon régulière, vous avez constaté que je suis belge et que j'aime particulièrement vous faire découvrir des auteurs de notre pays.


C'est donc tout naturellement que je participe avec plaisir à cette nouvelle édition qui se déroulera ce mois de novembre.

C'est une grande campagne de promotion célébrant la diversité du livre belge francophone* en librairie, en bibliothèque, dans les écoles, dans des lieux culturels partout en Wallonie et à Bruxelles ainsi qu'en ligne.




L’objectif ?

Faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre.

Des activités auront lieu un peu partout durant ce mois de novembre, sur les réseaux sociaux avec la participation de chroniqueurs et chroniqueuses, dans les écoles, dans les librairies indépendantes et dans les bibliothèques.




Envie de découvrir des auteurs belges ?

Voici le lien des auteurs chroniqués sur mon blog ici

En utilisant le #lisezvouslebelge

Soyez curieux, laissez-vous surprendre en novembre.


Une dizaine de lectures déjà à vous proposer pour ce mois belge, mais pas que je vous propose un café littéraire qui rassemblera trois nouvelles plumes belges de qualité. C'est le 14 novembre à 19h à la bibliothèque Maurice Carême de Wavre.

Nous rencontrerons : 

- Anne-Sophie Kalbfleisch
- Nathalie Marquès
- Olivier Terlinden


  
C'est gratuit !  Tout est indiqué dans mon article ici 


L'agenda complet de la campagne est ici



Soyez curieux ! 




mardi 29 octobre 2024

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils  ont rejoint mon Himalaya à lire






Quelques petites merveilles dans ma Boîte aux lettres en rentrant de congé.  On découvre ?

Un album jeunesse magnifique :


Debout, les arbres !  -  Carl Norac et Stéphane Poulin

















Ecole des loisirs
Pastel
Parution : 25/09/2024
ISBN : 9782211330794
Prix : 15.50 €


Présentation de l'éditeur

Zad le sanglier adore les arbres. Parce qu'un arbre ne ment jamais et ne dit pas de bêtises. Par contre, Zad n'aime pas les gens. Ils sont les seuls ennemis de la forêt, ceux qui coupent tant de troncs sans réfléchir. Zad chasse les intrus avec sa catapulte à pommes de pin. Mais quand la société immobilière des Quatre Frères Grandes Mallettes décide de raser la forêt à grands coups de tronçonneuse, peut-être devra-t-il se rapprocher de la belette Miss Angel et des autres animaux de la forêt pour éviter cette catastrophe.


Souvenir d'enfance avec cette chouette anthologie

Les 4 As Anthologie 1  -  François Craenhals et Georges Chaulet


















Casterman
Parution : 23 octobre 2024
Pages : 232
Scénario : Georges Chaulet
Dessin : François Craenhals
Isbn : 9782203280991
Prix : 35 €


Présentation de l'éditeur


Une sélection des meilleurs albums d’une série marquante de la maison Casterman


En 1957, Georges Chaulet publie son tout premier roman des 4 As, Le Fantôme de Campaville, aux éditions Casterman. Un livre drôle, plein de fantaisie, dans lequel Dina, Lastic, Bouffi et Doct, une fille et trois garçons, et leur chien Oscar, enquêtent sur un curieux revenant. « Je crois, décidément, qu’il est sans aucun doute possible de tirer quelque chose de cette équipe-là. », assure bientôt son éditeur. Le but recherché est clair : proposer une série qui ne soit pas un obstacle éducatif, avec des personnages à la psychologie assez poussée pour souligner les qualités de chacun. Leurs travers sont amusants et contribuent à la réussite de l’entreprise. L’écriture extrêmement visuelle de Chaulet et le trait élégant de Craenhals - qui s’inscrit parfaitement dans la continuité d’Hergé concourent à faire la différence. Les 4 As se déclinent en bande dessinée à partir de 1964.

Ce volume reprend Les 4 As et le serpent de mer, Les 4 As et l’aéroglisseur, Les 4 As et la vache sacrée et Les 4 As et le visiteur de minuit.

Celui-ci me tente énormément

Ajouter de la vie aux jours  -   Anne-Dauphine Julliand



















Les Arènes
Parution : 10 octobre 2024
Pages : 144
Isbn : 9791037510914
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur



Avec simplicité et justesse, Anne-Dauphine Julliand raconte les gestes, les paroles et les liens qui sont autant de lumières dans la nuit.


« J’ai déjà tout raconté, tout écrit. J’aurais dû m’arrêter là, garder pour moi ce qu’il nous restait à vivre. Mais Gaspard est mort. La veille de ses vingt ans.

Il n’y a rien à écrire. Et pourtant, j’écris. Parce que je suis en vie. Pour ceux qui sont en vie. J’écris, au nom de tous les miens. Ceux Là-Haut et ceux ici-bas. J’écris le lien. J’écris ce qui nous maintient. J’écris la vie. »


Deux nouveautés chez Albin Michel

Le café des au revoir   -  Toshikazu Kawaguchi

























Albin Michel
Parution : 04/11/24
Pages : 208
EAN : 9782226485977
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur 



Savourer le présent jusqu’à la dernière goutte :

c’est ce que propose le café des au revoir.



« Je voulais que tu saches que mon bonheur, c’est à toi que je le dois. » Ce sont les paroles de Monji, décidé à tout dire à sa femme plongée dans le coma. Comme lui, ceux qui fréquentent le café Funiculi Funicula espèrent y réparer le passé. Une tasse de café leur permettra de voyager dans le temps et d’adresser à l’absent le message d’amour qu’ils n’ont pas su formuler à l’époque. Ainsi, Hikari qui se sent coupable de n’avoir pas répondu à la demande en mariage de son petit ami, disparu depuis ; Michiko, hantée par le souvenir de son père qu’elle a rejeté ; Sunao, qui pleure son chien adoré … Sauront-il dire au revoir à leurs aimés et, ce faisant, se réconcilier avec eux-mêmes ? Car pour honorer la mémoire des absents, il faut d’abord trouver la paix en soi.

Initiée avec Tant que le café est encore chaud, la suite d’une série au succès international, un roman plein de poésie et d’émotion.


Sortir de mes habitudes

Prime Time   - Maxime Chattam




















Albin Michel
Parution : 04/11/2024
Pages : 560
EAN : 9782226470089
Prix : 22.90 €

Présentation de l'éditeur




Alors que des millions de téléspectateurs regardent le 20h sur la chaîne nationale, un homme masqué, la voix déformée, prend en otage le présentateur vedette.

Si le direct est coupé, il le tue.

 

Maxime Chattam orchestre une véritable course contre la montre où s’affrontent le cynisme des médias, les jeux de pouvoir et les scrupules moraux. Jouant avec brio sur les ressorts psychologiques autant que sur l’action, il déploie dans ce nouveau roman tout son art de maître du suspense.


Belles lectures !


vendredi 25 octobre 2024

Messes amères - Benoît Goffin

 Messes amères - Benoît Goffin




















Weyrich
Plumes de Coq
Parution : février 2022
Pages : 420
Isbn : 9782874896811
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur



Que cherche ce jeune homme idéaliste en ces saints lieux ? Des réponses à ses questions existentielles et sa voie parmi tant de chemins de vie, sans doute. Mais c’est un frère novice assassiné qu’il découvre bientôt derrière les murs de son institution religieuse…

D’un couvent bruxellois à un ermitage ardennais et d’une Semaine Sainte bien peu régulière à un sombre passé guerrier, l’enquête policière bute et trébuche entre cachotteries et dénis. C’est que même dans la clôture d’un monastère liégeois, on oublie que le mensonge est un péché… capital !


Benoît Goffin

Né en 1961 et historien de formation, Benoît Goffin s’est intéressé particulièrement aux ordres monastiques en Belgique. Il a enseigné plus de vingt ans dans un collège bruxellois, avant d’en devenir le directeur. Messes amères est son premier roman.













Mon avis

Voici un premier roman bien singulier à de nombreux égards.  Un genre nouveau inventé : un polar écclésiastique, un thriller monastique ! Je ne sais comment le nommer, c'est original d'enquêter dans ce milieu fermé et particulier et ce qui est encore plus fort c'est que c'est un mort qui nous parle et nous raconte ce récit.

Nous sommes dans un monastère de Bruxelles en 1982.  L'action se passe le temps de la semaine Sainte qui chaque jour nous apportera du suspense, des éléments nouveaux.  Un jeune novice, le frère Jean de Jésus est retrouvé mort dans la sacristie.  Le prieur, père Elisée de la Nativité qui dirige la communauté va devoir faire face à un suicide ou à un meurtre, pas à une mort naturelle c'est certain.

D'autant plus que d'autres faits étranges surviennent, un autre décès, un accident? Voilà que la police en la personne du commissaire Philippe Légaut et de son équipe investit les lieux.

La tâche ne sera pas facile, imaginez-vous faire parler des gens qui s'adonnent à la prière et au silence, ce ne sera pas simple de délier les langues. 

Benoît Goffin nous propose une immersion au coeur du monastère, comprendre la vie monacale, les us et coutumes, la recherche de la foi, du silence et des secrets. Qui triomphera la justice des hommes ou la justice divine?

Un récit passionnant, très bien construit autour de courts chapitres émaillés de mystères.  Les voies de Dieu sont-elles vraiment impénétrables?

Mais que cache l'Eglise, que vient négocier l'archevêque Dutilleul avec les autorités européennes?

Une jolie plume , des descriptions de la nature magnifique nous entraineront à travers la Belgique. Une écriture chirurgicale, précise, riche en vocabulaire. Benoît Goffin nous propose des personnages décrits en profondeur. Des âmes noires côtoyant des âmes pures.  Avec humour et de nombreuses références bibliques, l'intrigue avance peu à peu nous entraînant à travers l'histoire trouble parfois de la seconde guerre mondiale.  Notre victime trouvera-t-elle le repos éternel ?

Une enquête originale et passionnante.

Ma note : 8/10


Les jolies phrases

La vieillesse a cette beauté de rendre serein ce que la nature peut avoir d'exalté.

C'est une chose étonnante que ces hommes d'Eglise formés pour habiller la souffrance des autres  avec les mots de compassion les plus absolus  et qui vivent dans une pudeur  muette et extrême de leurs propres deuils. 

Mais le temps ne reconstruit-il pas nos souvenirs ?

Quelle carte allaient-ils sortir de leur manche pour que l'Eglise fléchisse le genou là où elle était plutôt habituée aux prosternations des autres devant sa grandeur ?  

La vie solitaire accentue les travers et petites manies de ceux qui s'y plongent, parce que le solitaire suit sa pente naturelle sans que quiconque l'aide à en corriger le tracé. 

Décidément, la vie monastique, même si elle tend à simplifier les comportements humains, n'amène pas nécessairement à simplifier le questionnement...