vendredi 8 novembre 2024

Lueurs d'ermitage - Benoît Goffin

Lueurs d'ermitage - Benoît Goffin













Weyrich
Plumes de coq
Parution : 10/05/2024
Pages : 201
Isbn : 9782874899188
Prix : 22.90 €




Présentation de l'éditeur

Bernister, un petit ermitage oublié dans la forêt ardennaise, en bordure des Hautes Fagnes… Jusqu’à ce que le père Elysée, un moine en exil de sa communauté vienne y réveiller des drames enfouis. Un tourbillon d’intrigues ébranle alors les murs de l’antique bâtisse. Des visages disparus resurgissent. Des forces obscures harcellent le nouvel ermite et seul Crapule, son vieux chat neurasthénique semble le comprendre.


Benoît Goffin

Né en 1961 et historien de formation, Benoît Goffin s’est intéressé particulièrement aux ordres monastiques en Belgique. Il a enseigné plus de vingt ans dans un collège bruxellois, avant d’en devenir le directeur. Messes amères est son premier roman.











Mon avis

Bernister, le petit ermitage,  un lieu empli de souvenirs pour le père Elysée.  En exil suite aux drames subis dans sa communauté c'est ici qu'il demande à venir tout proche de la nature, un retour sur les traces de son passé, là où l'amitié, la résistance mais aussi des malheurs sont survenus.  En se détachant de son ordre, le début d'un sentiment de liberté, de lâcher prise.

C'est un homme dans le doute, qui s'interroge sur lui-même, sa vie, sa foi.  Il est à la recherche de fraternité et entame une correspondance avec le commissaire Philippe Légaut, celui qui a mené l'enquête dans sa communauté (voir Messes Amères).  

Il est à la recherche de la paix et de la vérité, de la justice divine ou de celle des hommes.

Il accueille le fardeau des autres et accepte le sien.  Il inspire confiance, les gens se confient, les langues se délient sur le passé, des confidences, des appels au secours le conduisent à enquêter, à rechercher la vérité souvent en compagnie de l'Abbé Forthomme, Doyen de Malmédy qui aime la bonne chère et les bonnes bouteilles.  

Le savoir d'historien de l'auteur agrémente cette fiction au vocabulaire étendu, une plume très agréable, visuelle.

Doute, solitude, questions existentielles mais aussi amitié, nature humaine, énigmes nous accompagnent pour un chouette moment de lecture.

Ma note de lecture : 7.5/10




Les jolies phrases

La nature a le don merveilleux de me réconcilier avec mon pire ennemi : moi-même !

Avec le temps, l'inhospitalité apparente de la nature m'est devenue compagne protectrice, douce et attentive à ma solitude. 

Dans cette nouvelle vie qui est la mienne, il me semble que toutes les sensations se sont décuplées.  Comment vous expliquer cela; c'est un peu comme si le silence et la solitude, en faisant taire tout ce qui a pu me distraire jusqu'ici, me donnaient enfin à percevoir, par tous les pores de mon être, avec une intensité jamais ressentie jusqu'ici, ce qui est à la source de l'humain en moi.

Les larmes sont un baume.  Elles emportent dans leur cours les fardeaux trop pesants.  


Je reste impressionné par l'empreinte si forte en nous de ces êtres à peine rencontrés.  La vérité de l'humain peut se dire en quelques instants.  Et ne se possède jamais.

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la couverture pour avoir accès à l'article









mardi 5 novembre 2024

Nos vendredis - Nathalie Marquès ♥♥♥♥♥

 Nos vendredis - Nathalie Marquès  ♥♥♥♥♥




























Les impressions nouvelles
Parution : 23/08/24
Pages : 208
Isbn : 9782390701507
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur



Nos vendredis est un roman choral raconté par Meg, une mère de famille apparemment comblée, qui tente d’échapper au quotidien en écrivant. Un cri qui résonne régulièrement à la tombée du jour lui coupe toute inspiration. En tentant de découvrir son origine, elle explore les environs.

Pourquoi ne croise-t-elle plus son voisin Gabin ? Pourquoi personne n’a-t-il jamais nagé dans la plus grande piscine du quartier ? Qu’attend Constance, seule, pendant des heures, une valise à la main ? À qui pense Blanche lorsqu’elle cuisine pour son mari ? Et surtout, qui hurle la nuit ?

De vendredi en vendredi, de révélation en révélation, Meg découvre que les destins de ses voisins sont bien plus liés qu’il n’y paraît et que le cri, qui emporte tout le quartier dans sa chute, n’y est pas étranger.

Avec les secrets qui se dévoilent, l’inspiration revient…


Nathalie Marques




Biologiste de formation, Nathalie Marquès est professeure de sciences en secondaire et écrivaine.
Nos vendredis est son premier roman.











Mon avis


Comment vous raconter cette petite merveille , un premier roman belge, un roman choral qui va nous faire découvrir la vie d'un quartier, plus exactement des vies qui se croisent, qui s'entremêlent, qui partagent sans le savoir des secrets, des mystères.  Un cri qui retentit et hante les femmes du quartier.

Il y a Meg et Hugo, Meg a envie d'écrire, elle est femme, elle est mère, elle est submergée par sa vie, se perd, s'oublie, un cri va l'éveiller.  Mais quel est donc ce cri ?

On va rencontrer les habitants du quartier qui vont eux aussi se livrer, nous raconter.  Au fil des courts chapitres, les liens vont se faire entre eux, leurs vies, leurs secrets, leurs espoirs.

Des tranches de vie qui vont par la magie de l'écriture devenir universelles, on va s'identifier, s'interroger sur nos petits bonheurs, nos chagrins, nos failles, ce qui nous façonnent et sur l'amour bien entendu, thématique centrale.

L'écriture est sensorielle, subtile, poétique, gourmande, délicate.  Un premier roman très abouti qui éveille tous nos sens.  Un roman d'effacement mais aussi de renaissance.  Il y a tant de choses dans ce récit, un cri, une prise de conscience, une femme qui se perd, des voisins, nous qui ne sommes pas seuls et ne vivons pas dans un monde parfait. 

L'écriture comme échappatoire, tant de pistes à explorer. Ce livre c'est la vie, notre humanité, nos forces, nos faiblesses.

Soyez curieux c'est vraiment un petit bijou.


Les jolies phrases



Mais comment peut-on dire qu'on se meurt quand on a tout ?

Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit, c'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.

J'ai pensé que mon chemin à moi était sans issue. Un beau chemin, mais impossible de faire marche arrière.

Il y a mon coeur rempli de trop d'amour
Il y a ma tête vide de trop peu de savoir
Il y a quelqu'un qui crie et je ne fais rien
Il y a lui, qui travaille et qui travaille
Et puis il y a moi et ma feuille presque blanche.

Je suis perdue quant au sujet, mais j'imagine mon roman comme un jardin anglais.  Au premier coup d'oeil, lorsqu'on regarde le jardin, et parce qu'il paraît si naturel, on pense que presque personne n'y travaille. Pourtant, rien n'est magique et derrière les bosquets qui explosent, quelqu'un se fatigue à la tâche.

Elle trouve ça beau de ne rien demander.  Quand on ne demande rien, on n'attend rien. Et quand on n'attend rien, c'est qu'on est libre.

Désaimer. Le verbe existe.  Même si personne ne l'utilise. Il implique une latence.  Une période de revalidation.  Elle ne connaît pas la marche à suivre.  Cela doit prendre du temps de désaimer...

L'homme libre est bon.  Blanche le sait.  Il est doux et fragile.  Elle en est sûre.  Même s'il semble dur.  Froid.  Mais, elle, quand elle le regarde, dans l'ombre d'un geste ou d'une imperceptible réaction, elle voit un homme apeuré d'aimer.  Et dans ces moments-là, l'amour, elle peut le voir.  Alors elle reste à distance pour ne pas le faire fuir.  Quand on a peur de l'amour, il finit par vous craindre et par s'enfuir dès qu'il s'approche.

Le plus compliqué dans la parenthèse, c'est le demi-cercle qui la ferme. 

Elle tolère la séparation mais pas la rupture.  L'abandon.  La perte.  Elle meurt de l'absence. Elle meurt du silence. 

Ne pas aimer, c'est ne pas souffrir. Alors elle n'aime plus personne.  Même pas elle.

Tu sais qu'on peut choisir ses pensées comme ses habits.  Assortis aux couleurs de la vie. Il paraît qu'en Inde, ce pouvoir se cultive.

L'amour peut-être si proche de la haine. 

Elle a appris à profiter du moment qui est là.  Sans rien attendre. Si ne rien attendre c'est être libre, alors il lui a peut-être appris la liberté.

Elle a dit que dans la vie, il n'y a pas de brouillon possible.  Même pas l'esquisse d'une esquisse puisque l'esquisse est toujours l'ébauche de quelque chose tandis que le griffonnement de nos vies est une ébauche de rien.  Alors, au risque de ne rien vivre, sans ébauche on se lance, on se jette, on se blesse. Avoir le coeur brisé prouve qu'on a essayé.









lundi 4 novembre 2024

Mythologie du .12 - Célestin de Meeûs ♥♥♥♥♥

 Mythologie du .12      -  Célestin de Meeûs  ♥♥♥♥♥
















Editions du sous-sol
Parution : 22 août 2024
Pages : 144
Isbn : 9782364688035
Prix : 17,50 €

Présentation de l'éditeur

C’est l’histoire d’un jour de solstice d’été au milieu de nulle part.
C’est l’histoire de deux jeunes types qui zonent sur le parking d’un supermarché dans une vieille Clio, à se chambrer
et à enchaîner les bières et les joints.
C’est l’histoire d’un médecin, dont la vie rangée et la famille modèle, construites dans une obsession de réussite, volent en éclats, un homme éméché qui ressasse, impuissant, ses échecs et s’enferme peu à peu dans un monologue paranoïaque et délirant.
C’est l’histoire d’une soirée qui n’en finit pas, d’un snack sur le bord de la route, d’un trip dans la nature et d’une petite cabane au bord de l’eau, de Max et de Théo, de Rombouts et du tenancier de Chez Moustache, d’un médecin à la dérive, de traînards, de la haine et de l’ennui, de ce qu’on ne regrette que parce que cela nous échappe, du besoin de possession et du constat amer que rien ne se contrôle, de l’ivresse et de la violence.

L'auteur





Né à Bruxelles en 1991, Célestin de Meeûs a notamment publié Cadastres (prix de la Vocation) aux éditions Cheyne, ainsi que Cavale russe (mention spéciale du prix Apollinaire et prix Triennal de poésie de la Fédération Wallonie-Bruxelles).

Depuis 2018, il anime les éditions de l’Angle Mort, dont il est cofondateur.  
Mythologie du .12 est son premier roman.

source : éditions du sous-sol









Mon avis

Théo, 18 ans depuis peu, vient de terminer sa rhéto.  Il glande, fume des pétards et boit des coups sur le muret d'un parking de supermarché. Il attend son pote Max qui va arriver.  Il se dit qu'il serait mieux chez lui mais il y a sa petite soeur, sa mère, alors il traîne là, tuant le temps. On partage ses pensées, ses peurs, ses angoisses. Que va-t-il faire plus tard, il aime la mythologie, on revit avec lui la naissance du monde - passage fabuleux -  c'est sympa pense-t-il, il aime ça, pourquoi pas étudier l'histoire.  Perdu dans ses pensées, dans la moiteur de l'été, l'asphalte  fond, le temps s'étire dans l'attente de son pote, l'ennui s'installe.  
Max arrive, ils continuent à boire dans la voiture pourrie de son pote, sur ce parking à refaire le monde.

En parallèle on découvre, Rombouts, un toubib qui fait de longues journées de travail à l'hôpital.  Il vient de faire dix heures de permanence, reprend sa voiture sur le coup de 20h.  45 minutes de route pour rentrer chez lui et retrouver son havre de paix.  Rentrer, s'installer face à son jardin en bordure de la forêt, face au petit bois avec son étang qu'il vient d'acheter pour retrouver sa tranquillité, boire un verre de whisky puis un autre et un autre encore face à sa solitude.  Faut dire qu'il a tout, qu'il mesure l'étendue de son patrimoine, la valeur des choses gagnées à la sueur de son travail mais l'essentiel, il l'a perdu, sa femme et se enfants l'ont quitté pour une petite infidélité.  

La soirée est longue, interminable, c'est le premier soir d'été. Fin de la première partie !

Ces personnages vont bien entendu se croiser, on sent la tension, cela va mal se passer, la perte de contrôle est inéluctable.  Un fait divers en somme, une violence, une folie passagère.

Célestin de Meeûs nous propose un premier roman d'atmosphère, par sa narration, ses longues phrases dépourvues ou presque de ponctuation qui nous tiennent en haleine, la tension qui monte de ligne en ligne. Les phrases sont sans fin c'est comme une respiration - inspiration et expiration de plus en plus longue-, on lit en perdant son souffle, en apnée, les mains moites à la fin car la seconde partie particulièrement se lit d'une traite.  Je l'ai terminée à voix haute accentuant ainsi la tension du récit.  

Célestin est un poète avant tout et le choix des mots, du langage n'est pas laissé au hasard.  On sent d'emblée que l'on va vers la tragédie, on sent le gouffre des générations, le désarroi des jeunes, la crainte de l'avenir, et la peur, la paranoïa de perdre les acquis pour les plus anciens.

C'est un récit remarquable, d'une force incroyable, un premier roman déjà récompensé du  Prix Stanislas délivré à Nancy en septembre dernier.

Ma note : 9.5/10







samedi 2 novembre 2024

Bilan de lecture d'octobre

Bilan de lecture octobre 2024




Octobre c'est la préparation de la campagne  Lisez-vous le belge ?, c'était la découverte du magnifique "Le bastion des larmes", Prix Décembre 2024 et ensuite 10 lectures d'auteur.e.s ou maisons d'éditions de Belgique.  C'est un peu dans mon ADN de lire belge, j'en lis toute l'année et espère vous donner l'envie d'être curieux.



On connaît le Prix décembre 2024, magnifique roman d'Abdellah Taïa, une lecture suite à une belle rencontre à Nancy en septembre dernier.



"Dans quel monde on vit"  réflexion que je me fais souvent ! , Ralph Vendôme nous propose des nouvelles, réflexions, instantanés de notre quotidien.



C'est le livre que j'avais envie de découvrir cette rentrée, récompensé par le "Prix Stanislas", pour son premier roman, il est aussi en lice pour le Prix Rossel , une plume magnifique, hors du commun.  A découvrir ! ♥




Magnifique aussi le roman de Dominique Van Cotthem qui avait subi les inondations en 2021, un sujet qui malheureusement est plus que jamais d'actualité.  


 


Un autre premier roman incroyable, lui aussi en lice pour le Prix Rossel, Anne-Sophie Kalbfleisch sera une de mes invitées au café littéraire du 14 novembre.  



Un joli opuscule aux éditions Lamiroy, Luce Caron nous parle du harcèlement scolaire.  Un petit livre à mettre entre toutes les mains. 




Nouvelle plume dans une petite maison d'éditions liégeoise que je découvre. 





Gros coup de coeur pour ce livre jeunesse qui parle d'amitié, d'écologie, de solitude.  Une petite merveille ♥



Dans un registre différent, voici un album très intéressant, original, il parle de colonisation, de la confrontation de cultures 




Une nouvelle collection de textes courts, poétiques a vu le jour chez Murmure des soirs.



Il sera lui aussi  au café littéraire de novembre, il est wavrien et son petit premier roman est vraiment très très beau. ♥


N'oubliez pas qu'en novembre c'est la campagne  Lisez-vous le belge ? (toutes les infos et agenda en cliquant sur la photo)






Comme toujours en cliquant sur la couverture du livre, vous avez accès à l'article s'il est déjà publié.

La mise à jour de cette rubrique est mensuelle.

Belles lectures ! 

vendredi 1 novembre 2024

Lisez-vous le belge ? 5 ème édition

 Novembre c'est la 5 ème édition de Lisez-vous le belge ?









Si vous suivez mon blog de façon régulière, vous avez constaté que je suis belge et que j'aime particulièrement vous faire découvrir des auteurs de notre pays.


C'est donc tout naturellement que je participe avec plaisir à cette nouvelle édition qui se déroulera ce mois de novembre.

C'est une grande campagne de promotion célébrant la diversité du livre belge francophone* en librairie, en bibliothèque, dans les écoles, dans des lieux culturels partout en Wallonie et à Bruxelles ainsi qu'en ligne.




L’objectif ?

Faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre.

Des activités auront lieu un peu partout durant ce mois de novembre, sur les réseaux sociaux avec la participation de chroniqueurs et chroniqueuses, dans les écoles, dans les librairies indépendantes et dans les bibliothèques.




Envie de découvrir des auteurs belges ?

Voici le lien des auteurs chroniqués sur mon blog ici

En utilisant le #lisezvouslebelge

Soyez curieux, laissez-vous surprendre en novembre.


Une dizaine de lectures déjà à vous proposer pour ce mois belge, mais pas que je vous propose un café littéraire qui rassemblera trois nouvelles plumes belges de qualité. C'est le 14 novembre à 19h à la bibliothèque Maurice Carême de Wavre.

Nous rencontrerons : 

- Anne-Sophie Kalbfleisch
- Nathalie Marquès
- Olivier Terlinden


  
C'est gratuit !  Tout est indiqué dans mon article ici 


L'agenda complet de la campagne est ici



Soyez curieux !