samedi 16 février 2019

Une bouche sans personne - Gilles Marchand

Une bouche sans personne    -  Gilles Marchand

Prix de Littérature - Kiwanis

Aux forges de Vulcain
Parution : 25 août 2016
Pages : 282
ISBN : 9782373050134
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur

Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. Tous découvrent qu’il a été défiguré. Par qui, par quoi? Il commence à raconter son histoire à ses amis et à quelques habitués présents ce soir-là. Il recommence le soir suivant. Et le soir d’après. Et encore. Chaque fois, les clients du café sont plus nombreux et écoutent son histoire comme s’ils assistaient à un véritable spectacle. Et, lui qui s’accrochait à ses habitudes pour mieux s’oublier, voit ses certitudes se fissurer et son quotidien se dérégler. Il jette un nouveau regard sur sa vie professionnelle et la vie de son immeuble qui semblent tout droit sortis de l’esprit fantasque de ce grand-père qui l’avait jusque-là si bien protégé du traumatisme de son enfance.
Léger et aérien en apparence, ce roman déverrouille sans que l’on y prenne garde les portes de la mémoire. On y trouve les Beatles, la vie étroite d’un comptable enfermé dans son bureau, une jolie serveuse, un tunnel de sacs poubelle, des musiciens tziganes, une correspondance d’outre-tombe, un grand-père rêveur et des souvenirs que l’on chasse mais qui reviennent. Un livre sur l’amitié, sur l’histoire et ce que l’on décide d’en faire. Riche des échos de Vian, Gary ou Pérec, lorgnant vers le réalisme magique, le roman d’un homme qui se souvient et survit – et devient l’incarnation d’une nation qui survit aux traumatismes de l’Histoire.

L'auteur



» Un funambule sur le sable « – Dealer de lignes


Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux.

Batteur dans un groupe de rock, il se tourne vers l’écriture de nouvelles en 2010. Son premier roman, Le Roman de Bolaño en 2015 aux éditions du Sonneur, est écrit en collaboration avec Éric Bonnargent, et suscite l’enthousiasme des libraires et des lecteurs du romancier Roberto Bolaño.

C’est avec son premier roman solo qu’il rencontre un grand succès : Une bouche sans personne est publié en 2016. D’abord sélectionné parmi les « Talents à suivre » par les libraires de Cultura, il remporte le prix Libr’à Nous, le Coup de cœur des lycéens du Prix Prince Pierre de Monaco en 2017 et le prix du meilleur roman francophone Points Seuil en 2018.

Son deuxième roman, Un funambule sur le sable, publié en 2017, est un succès et impose cet écrivain original, qui mêle réalisme magique et humanisme, comme l’héritier de Boris Vian, Romain Gary et Georges Perec.

En 2018, il recueille les nouvelles qu’il a publiées dans divers collectifs aux éditions Antidata au sein d’un seul volume, qu’il étoffe d’inédits : Des mirages plein les poches. Ces textes reçoivent le prix du premier recueil de nouvelles de la Société des Gens de Lettres.




Mon avis

Thomas est comptable, il a 47 ans, il passe ses journées dans les chiffres et depuis dix ans ses soirées dans le bar de Lise dont il est secrètement amoureux, c'est devenu un rituel. Il y rencontre ses amis Thomas et Sam.  Un disque des Beatles, le plus souvent, un morceau qu'on écoute et nos amis ont pris l'habitude de combler ensemble leur solitude.

Thomas écrit un roman dont il parle peu.  Ecorché de la vie suite à un accident, il parle de ses deux enfants perdus - enfants qu'il n'a jamais eu...

Sam, orphelin a atterri dans ce bar depuis la mort de son père, étrangement depuis peu il reçoit régulièrement des lettres de ses parents disparus...

Notre narrateur quand à lui, porte toujours une écharpe autour du cou quelque soit la saison cachant des cicatrices... Un soir, par maladresse, il renverse son café brûlant.  Le liquide s'échappe dans son cou et sur l'étoffe qui l'entoure.  Troublé, il rentre chez lui.

Ses amis lui disent qu'entre amis on peut tout se dire.  C'est peut-être le moment de se libérer de son lourd secret.  En effet, peu à peu une brèche s'ouvre et notre narrateur va peu à peu nous raconter son histoire , le tout au départ d'une photo jaunie, celle de papi Pierre-Jean.

Le récit semble léger d'apparence, loufoque , fantasque par moments. mais détrompez-vous il est beaucoup plus profond.

Il nous raconte entre autre comment on récolte les nouilles en carrière, ce qui se passe dans son immeuble suite au décès de la concierge pour la gestion des déchets.  Ceux-ci s'accumulent dans la cage d'escalier comme son lourd fardeau qui, au plus il se libère de son secret, au plus profond des strates de souvenirs il creuse, obligeant à creuser une galerie pour se rendre chez lui comme au plus profond de son âme.

C'est étrange au plus il se livre, au plus le bar se remplit, de plus en plus de monde vient pour l'écouter.   Bienvenue dans le monde de l'imaginaire, de l'absurde, un monde ressemblant étrangement à celui de Boris Vian, une filiation qui correspond à mon sens à merveille à l'auteur.

J'avoue m'être un peu perdue dans cet univers décalé durant la lecture, me demandant où Gilles Marchand voulait m'emmener mais il le savait lui, il m'a mené comme un funambule (oui je sais c'est facile - second titre de l'auteur) sur un fil tendu auquel je me suis accrochée jusqu'au bout du récit.  Croyez-moi il savait exactement où il voulait nous mener.  Et au final j'en suis enchantée.

Avec poésie, extravagance, l'imaginaire de Gilles Marchand nous parle dans ce premier roman très réussi du poids des secrets, de la solitude et de l'amitié.

Une belle découverte au final, le second "Un funambule sur le sable" a rejoint ma PAL car j'ai vraiment envie de connaître l'univers de cet auteur.

Ma note : 8/10



Les jolies phrases

Ce morceau, cette ambiance, je prends conscience que nous avons tous nos secrets, nous sommes effectivement ici chez nous.

Je me souviens qu'après ces siestes tu me proposais d'aller au café, parce que les amis c'est ce qu'il y a de plus important dans la vie, et que les amis c'est dans les cafés qu'on les trouve.

L'Histoire n'est pas juste.

L'écharpe m'a permis de masquer cette différence.  Elle soulève d'autres questions mais il est plus facile de vivre avec des questions qu'avec une différence.

J'ai trouvé mon écharpe comme un voile qui transforme la réalité.

La présence de tous ces anonymes me permet de me détacher de ce que je leur raconte. A travers eux, mon histoire devient 'une histoire".  C'est peut-être ce dont j'avais besoin pour avancer.

C'était l'école qui me renvoyait le plus le reflet de ma différence.

Ne pas s'encombrer de la réalité, transformer son présent pour oublier son passé.

Le discours d'adieux c'est la main du noyé qui se dresse une dernière fois à la surface de l'eau parce qu'il sait que dans quelques instants si l'on parle encore de lui, ce sera uniquement au passé.

Nous avançons et nous jetons au rebut tout ce que nous estimons inutile, tout ce qui nous embarrasse.  Nous pensons faire place nette, mais au final, nous ne faisons que déplacer, éloigner.

C'est peut-être ce dont j'avais besoin pour avancer.  Je ne suis qu'une bouche, une espèce de lien avec un autre temps qui se dépossède de ce qu'il a sur le coeur.  Mon histoire leur appartient et se mêle à leurs propres souvenirs.

dimanche 10 février 2019

MUJIRUSHI - Le signe des rêves Naoki Urasawa

MUJIRUSHI

Le signe des rêves    (intégrale)      Naoki URASAWA

Tome 1



Futuropolis
Collection Louvre
Parution : 23/08/2018
Pages : 144
ISBN : 9782754825771
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Gérant naïf et falot d’une petite manufacture d’objets en caoutchouc, Takashi Kamoda se voit placer sous séquestre pour fraude fiscale. Il perd son entreprise et sa femme le quitte. Les dettes accumulées, il reste seul avec sa fille, et un désespoir grandissant. Epuisé et découragé, il erre en ville avec sa petite Kasumi. À deux doigts de céder à l’irréparable, il trouve sur sa route un étrange “signe des rêves”, envoyé par Iyami, mystérieux dandy au sourire affable, qui se prétend ami de Sylvie Vartan et de François Mitterrand, et qui veut lui confier une mission qui le conduira à… musée du Louvre à Paris ! Il accepte, contre l’avis de sa fille, contrainte de le suivre dans l’aventure. Les voilà embarqués dans une série de manigances improbables autour de la Dentellière, le chef-d’oeuvre de Vermeer, dans les dédales du Louvre.

L'auteur

naoki-urasawa

Naoki URASAWA est né en 1960 à Tokyo. Diplômé en économie, il partage son temps, depuis le lycée, entre le dessin et la musique. En 1982, il reçoit le prix du meilleur jeune mangaka décerné par l’éditeur Shôgakukan. Sa première œuvre “Beta” - un récit de science-fiction – publiée, il enchaîne les séries à succès et les distinctions : 35e prix Shôgakukan pour ''Yawara'' ! (une série sportive sur le judo) en 1990. Un hit incontestable passé du manga au petit et grand écran. L’énorme succès de Master Keaton le mène tout droit en ’99 au prix Tezuka décerné à sa nouvelle création : ''Monster''. Témoin de son époque, Urasawa met son dessin soigné, réaliste et classique au service d’un récit haletant et détonant proche du roman policier noir. Cette série se poursuit toujours dans le magazine “Big Comic Original”.

Texte © Dargaud

Nominé au meilleur scénario en 2003 à Angoulême pour Monster.

En 2004, il obtient le prix de la meilleure série pour 20th Century Boys au Festival d'Angoulême.



Mon avis

Rien ne va plus pour la famille de Takoshi Kamoda, les temps sont difficiles.  Elle possède une petite usine de sandales en plastique mais les affaires sont difficiles. Takoshi est tenté de faire une fausse déclaration fiscale pour économiser et offrir à sa femme la croisière dont elle rêve mais manque de chance le contrôle fiscal a lieu....  Madame gagne la croisière à la tombola du quartier et part avec le voisin.

Takoshi Kamoda va faire un mauvais choix et se reconvertir dans la création de masques , il s'endette et malheureusement fait faillite.  Il est seul avec sa fille Kasumi qui avec une grande maturité veille sur lui.

Un jour au bord du désespoir un corbeau noir portant un signe - celui des rêves - les conduise chez le directeur de l'institut de France, un personnage particulier aux dents saillantes, vêtu d'un costume et d'un noeud papillon, habité de tics du langage (pardi ici/sans façon par là)...   Il leur dit avoir conseillé Mitterand pour la construction de la pyramide du Louvre.  Il leur parle abondamment de la France et veut les envoyer là-bas car  "même en ayant tout perdu, on peut saisir le bonheur de vivre"

Départ en France avec de très jolis intérieurs du Louvre.  

Ce récit du célèbre mangaka japonais Naoki URASAWA est une commande du Louvre.  Les intérieurs et tableaux sont extrêmement bien réalisés.  Ce premier tome met surtout l'histoire en place.


Le personnage du directeur de l'institut français m'a agacé avec des tics de langage permanents jusqu'au moment où j'ai appris qu'Urasawa rendait hommage à Akatsuka Fujio qui avait crée IYAMI un personnage de manga très populaire dans les années 60.

Ma note : très belle découverte ♥♥♥♥♥

Attention ne lisez la suite qu'après la lecture du tome 1 au risque de vous gâcher le plaisir de la découverte et d'apprendre des éléments de l'histoire.

Tome 2


Futuropolis
Collection Louvre
Parution : 11 octobre 2018
Pages : 136
ISBN : 9782754825818
Prix : 20 €

Mon avis

On retrouve Takoshi Kamoda et sa fille Kasumi à Paris.  Ils sont hébergés chez une mamie qui chante les airs de Paris.  Une occasion de partager la culture française aux japonais qui viendraient visiter Paris ?

Son petit-fils Michel est pompier, il va les aider dans leur projet en mémoire de Kyôko une japonaise qui l'a élevé et qui elle aussi avait un point commun avec le signe des rêves.  

Objectif premier replacer la bille contenant le signe des rêves au Louvre afin de réaliser leur rêve et moins louable substituer le tableau de Vermeer...   C'est parti ou presque pour l'opération clairon.

Pendant ce temps à Tokyo, un inspecteur enquête de concert avec son homologue parisien Juve sur un gang de vol de tableaux.

Les intérieurs du Louvre et les tableaux sont magnifiques.  Le graphisme est superbe. L'histoire se déroule avec des inattendus très intéressants nous présentant un très joli tandem père-fille.
Un album très réussi qui me donne envie de découvrir l'univers de Naoki Urasawa.

C'est une très belle découverte, un coup de ♥



Résultat de recherche d'images pour "naoki urasawa"

samedi 9 février 2019

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire





A vrai dire il y en a un quatrième en numérique suite à des retours positifs , c'est le roman de Tom Noti, je n'ai pu résister à la tentation

Les naufragés de la salle d'attente   -   Tom Noti

Les naufragés de la salle d'attente

Paul & Mike éditions
Parution : 12/01/2017
Pages : 256
ISBN : 978-2-36651-092-8
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur

François, Hervé, Gabriela.
Ils sont trois dans la salle d'attente d'un psychologue grenoblois.
Trois personnes qui ne se connaissent pas.
Bloqués, ils attendent... Dehors un terrible accident de tramway a plongé le quartier dans l'obscurité. Aucun d'entre eux ne sait quand cela prendra fin, tandis qu'un invité surprise joue avec leurs nerfs.
Dans ce roman à huis clos, Tom Noti entraîne ses personnages dans une introspection croisée donc aucun ne sortira indemne. L'attente, l'angoisse, la peur de l'autre redistribuent les cartes et révèlent de douloureux passés, courbant même la trajectoire de ces existences toutes tracées.

Reçu fin de la semaine dernière, il m'a donné envie de lire un classique  "Bel-Ami" de Guy de Maupassant, j'ai hâte de le découvrir.  Regardez comme l'objet est magnifique .

Belle-amie       -  Harold Cobert

Belle-Amie

Les escales
Parution : le 07 février 2019
Pages : 416
ISBN : 9782365693776
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur

Que diriez-vous de retrouver Georges Duroy, le fameux « Bel-Ami » de Maupassant ? Comment va-t-il poursuivre sa fulgurante ascension après son fastueux mariage avec Suzanne à la Madeleine ? Mettant ses pas dans ceux du maître, Harold Cobert livre une suite possible au chef d’œuvre de Maupassant.


Après son fastueux mariage en l’église de la Madeleine à Paris, Georges Du Roy, le « Bel-Ami » de Maupassant, se met à rêver d’une carrière politique. Et si ce monde devenait son nouveau terrain de jeu, l’arène de son ambition dévorante ?
Louvoyant entre le milieu journalistique et celui des affaires, Du Roy intrigue comme jamais pour accéder aux plus hautes sphères du pouvoir. Alors qu’elle milite pour les droits des femmes, Suzanne, son épouse, se révèle une alliée précieuse dans cette lutte féroce.
En glissant ses pas dans ceux du maître et en nous entraînant dans le Paris de la fin du XIXe siècle, Harold Cobert propose une suite haletante au chef-d’œuvre de Maupassant. À lire aussi comme un saisissant miroir de notre époque.


« Un pari fou et totalement réussi. Un somptueux plaisir de lecture ! »
Tatiana de Rosnay

Si vous me suivez régulièrement, vous savez que j'aime mettre à l'honneur la littérature belge.  En voici deux qui me font particulièrement plaisir.

Une chouette maison carolo qui fait du beau boulot, LiLys éditions  m'a fait parvenir le dernier roman de Claude Rappe , souvenez-vous "La prophétie" en 2016, voici :

Mort imminente  -  Claude Rappe


Lilys éditions
Paru le 09/12/2018
Pages : 482
ISBN: 9782930848631
Prix : 24 €

Présentation de l'éditeur


Thaïlande 26 décembre 2004… 9h30 du matin. Anita et Michaël sont en voyage de noces. Elle disparait dans le tsunami.
L’eau nettoie tout, sauf les souvenirs. Michaël veut croire qu’elle vit. Il ne quitte plus la Thaïlande. Petits boulots, tracs en tous genres, filles, alcool, prison, Triangle d’Or, mariage bouddhiste, les Triades chinoises, la ma a russe, Mister Di, Dimitri Vassili Ushak Kartov, le maître du sexe tarifé, propriétaire du tabac russe et de mille bars asiatiques… Pris dans la toile des mafias, Michaël devient une cible à abattre. Incarcéré dans un centre de neuropsychiatrie punitive sibérien, il subit toutes les tortures d’aliénation dont des expériences de mort imminente où il voyage dans le passé et le futur.

Tout arrive à Michaël, tout…
Un jour, sur son lit d’hôpital, il entend la voix d’Anita…

Quel honneur cette semaine de trouver dans ma boîte le dernier roman dédicacé d' Armel Job ,
hâte également de le découvrir. 

Une drôle de fille    -    Armel Job

Une drôle de fille

Robert Laffont
Parution le 07 février 2019
Pages : 288
EAN : 9782221239872
Prix : 19.50 €

Présentation de l'éditeur

Méfiez-vous des « bonnes intentions »…


Rien de plus paisible que la Maison Borj, boulangerie d’une petite ville de province belge à la fin des années 1950. Un foyer sans histoire, deux adolescents charmants, un commerce florissant : les Borj ont tout pour être heureux. Avec générosité, ils acceptent de prendre Josée, une orpheline de guerre, en apprentissage. Une drôle de fille, cette Josée. Épileptique, pratiquement illettrée, mais pourvue d’un don d’autant plus émouvant qu’elle n’en a aucune conscience : elle chante divinement.
Comment imaginer qu’une jeune fille aussi innocente puisse devenir celle par qui le malheur et la ruine vont s’abattre, telle une tornade, sur cette famille en apparence si harmonieuse ?
Une intrigue au suspense virtuose, une manière unique d’explorer au scalpel les sentiments inavouables, d’effeuiller les êtres jusqu’à révéler leur vérité la plus intime : grand romancier de l’âme humaine, Armel Job est ici au sommet de son art.

Voilà qui clôture les arrivées de la semaine.  Merci de votre confiance à tous mes partenaires.  Patience aussi car j'ai un vrai métier à côté de ma passion et les arrivées sont de plus en plus grandes, mes nuits de plus en plus courtes.  Je suis boulimique et ne sais pas dire non, j'adore découvrir et partager mes diverses lectures.  La rédaction du blog prend du temps également. mes retours dès que possible.


A bientôt car avec la Foire du livre de Bruxelles la semaine prochaine, je crains de nouvelles entrées ... 

Un demi-siècle de mensonges - Jean-Louis Aerts ♥♥♥♥♥

Un demi-siècle de mensonges    -   Jean-Louis Aerts ♥♥♥♥♥























180 ° éditions
Parution : 17 décembre 2018
Pages : 348
Isbn : 9782931008003
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur


1940 : Emilie a 14 ans quand la Seconde Guerre mondiale vient bouleverser ses rêves adolescente.
1961 : Jeanne a 18 ans lorsque sa vie vole en éclats.
2006 : Marylou a 40 ans au moment où deux drames font basculer son existence et lui rappellent son douloureux passé.

Quel lien unit ces trois femmes ? Qui donc a intérêt à déterrer les vieux démons ? L’inspecteur Gleizner mène l’enquête et tente de démêler l’écheveau de mensonges qui entoure les mystérieux incidents dont est victime Marylou. Le lecteur est forcé de plonger de nouveau dans le passé pour comprendre le présent. Un récit croisé émouvant qui prend racine au début de la Seconde Guerre mondiale. L’auteur nous (re)prend par la main et nous guide avec curiosité à travers les méandres de la vie. Passionnant de bout en bout, ce roman revisite quelques événements marquants de l’histoire de Belgique. Jean-Louis Aerts conclut avec ce nouveau roman la fantastique saga commencée avec Un siècle de mensonges.


L'auteur


Résultat de recherche d'images pour "jean-louis aerts"


Professeur de français, de latin et de théâtre dans une école bruxelloise depuis plus de vingt-cinq ans, Jean-Louis Aerts a multiplié les expériences littéraires et artistiques : one man show, saynètes théâtrales, improvisations théâtrales, nouvelles, contes.

Il nous en parle : interview BX1

Mon avis

C'est le deuxième roman de mon compatriote Jean-Louis Aerts, prof de français et latin, historien de formation, et on le sent dans l'écriture de ses romans.  ♥  Il s'agit de la suite et fin d'une belle saga, le premier tome était "Un siècle de mensonges" paru en mai 2016. (Mon billet se trouve ici)


Pour rappel, dans le premier tome, Marylou, jeune pigiste était contactée par un richissime homme d'affaires américain, Dantiedov, qui souhaitait qu'elle écrive sa biographie.  Avec lui, on a voyagé sur un siècle à New York, Syracuse et ailleurs retraçant quelques grands moments de l'Histoire.  C'était aussi l'occasion pour Marylou de se pencher sur ses origines.

C'était un gros coup de coeur .  Je vous conseille de commencer par celui-là mais si ce n'est pas le cas, pas d'inquiétude.  J'avais, je l'avoue, un peu peur d'avoir oublié le début de cette saga mais l'auteur nous la remet habilement en mémoire, restituant les éléments essentiels.

Dans "Un demi-siècle de mensonges", l'action se situe cinq ans plus tard.  La biographie écrite devrait voir le jour car Marylou est déterminée à la publier après la disparition de son aïeul.  Son grand-père renversé par une voiture, un accident ou un assassinat ? C'est la question que se pose l'inspecteur Gleizner qui enquête sur les circonstances de ce décès.

De nouveaux personnages apparaissent, on fait des allers-retours dans le temps, la grande Histoire se mêle à nouveau à la petite histoire - exposition universelle de 58 à Bruxelles, incendie du magasin Innovation, pouponnière de Wégimont -.  On découvre toujours la Belgique en voyageant de Redu à Couvin en passant par Floreffe.

C'est construit comme un thriller, je l'ai dévoré, ne pouvant pas lâcher ce roman.  L'écriture est simple, sans fioritures, allant à l'essentiel.  Elle est captivante et addictive, de courts chapitres permettent au lecteur de rassembler les éléments du puzzle qui se compose peu à peu.  

Les rebondissements sont multiples et nombreux, l'auteur nous retourne littéralement jusqu'à la dernière page. C'est magnifiquement construit et réalisé.  J'ai été bluffée.

Merci Jean-Louis Aerts pour ce pur moment de bonheur, vous l'avez compris c'est un immense coup de coeur.

Le souci après une lecture intense comme celle-ci, sera le choix du prochain qui risque de me sembler bien fade.

Foncez amis lecteurs, c'est du bon, c'est du belge.

Ma note : ♥♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

Thannatos ! soupira-t-il.  La mort n'a pas supporté qu'on se substitue à elle.  On ne joue pas impunément avec la Grande Faucheuse.  Elle peut se montrer plus rancunière et réclamer plus que son dû.

Écrire est un acte égoïste de survie, un exutoire utilisé par l'écrivain pour ne pas sombrer dans la bêtise humaine, une bouée qui l'empêche de se noyer dans l'océan de haine que l'homme déverse jour après jour sur cette terre qu'il méprise.

Tu vois, soupira Émilie, tant que les hommes se nourriront de vengeance, la paix sera impossible.  Ton Hitler et mon père sont pareils.  Il faudrait faire une table rase du passé et reconstruire un monde uni.

Seul un drame peut en gommer un autre.  A croire que les gens n'ont de place que pour une seule tragédie dans leur boîte à souvenirs.

Dans la vie, il faut savoir ce qu'on veut.  Si tu sais ce que tu veux, tu deviendras un loup, sinon, tu resteras un petit agneau tout doux, qui se fait bouffer tout cru, comme dans les fables de La Fontaine.

Le devoir de mémoire ! Le devoir de mémoire, madame Voinet ! Le même argument qui pousse des milliers de victimes de la Shoah à sillonner le monde.  L'individu doit passer à autre chose, mais la collectivité a le devoir de se souvenir, toujours ! La société est la gardienne de la mémoire du monde.



Du même auteur j'ai lu et adoré

Cliquez sur la couverture pour avoir accès à l'article

Résultat de recherche d'images pour "un siècle de mensonges aerts"




mardi 5 février 2019

Chien-Loup - Serge Joncour ♥♥♥♥♥


Chien-loup                        Serge Joncour   ♥♥♥♥♥



Résultat de recherche d'images pour "chien loup joncour"

Flammarion
Parution : le 22 août 2018
Pages : 480
ISBN : 9782081421110
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

L’idée de passer tout l’été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecœur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L’annonce parlait d’un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cet endroit que personne n’habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s’est imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître. En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu’on avait apprivoisée aussi bien qu’un animal de compagnie, n’avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s’entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c’était en arrivant.

Serge Joncour raconte l’histoire, à un siècle de distance, d’un village du Lot, et c’est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu’il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence, il nous montre que la sauvagerie est toujours prête à surgir au cœur de nos existences civilisées, comme un chien-loup.

L'auteur

















Nationalité : France
Né(e) le : 28/11/1961


Biographie :

Comme l'écrit son premier éditeur, Le Dilettante :

"Il est né un jour de grève générale. On lui en a longtemps fait le reproche. Depuis, il continue sur sa lancée. Très tôt il est allé à l’école, puis par la suite, il en est sorti. Il a passé son enfance entre Paris, la Nièvre, l'Eure et loir et le Valais suisse. Il a commencé des études de philosophie alors qu’il voulait faire nageur de combat, mais il s'en est sorti autrement, faute de temps."

Avant de devenir écrivain, il a exercé de nombreux métiers dont maître-nageur et publicitaire.

Il publie son premier roman, "Vu", en 1998 au Dilettante qui a obtenu le Prix France Télévisions en 2003.

En l'an 2005, il a reçu le Prix de l'Humour Noir Xavier Forneret pour son livre "L'Idole".

Il a écrit le scénario du film "Elle s'appelait Sarah", d'après le roman éponyme de Tatiana de Rosnay, avec Kristin Scott Thomas.

Il est enfin, avec Jacques Jouet, Hervé Le Tellier, Gérard Mordillat et bien d'autres artistes et écrivains, l’un des protagonistes de l'émission de radio Des Papous dans la tête de France Culture.

Il publie chez Flammarion "Que la paix soit avec vous" en 2006, "Combien de fois je t'aime" en 2008, "L'homme qui ne savait pas dire non" en 2009, "L'Amour sans le faire" en 2012.

Son roman "U.V.", publié au Dilettante, a été adapté au cinéma en 2007 par Gilles Paquet-Brenner. En 2012, "L'idole" est adapté au cinéma par Xavier Giannoli sous le titre "Superstar" avec Kad Mérad et Cécile de France. Il s'agit de l'histoire d'un homme qui devient célèbre sans savoir pourquoi. Le film, est présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2012.

"L'écrivain national", sorti pour la rentrée littéraire 2014, est finaliste du Renaudot.

En 2016, il remporte le prix Interallié pour "Repose-toi sur moi".



Source : Babelio




Mon avis

Attention gros coup de coeur.  Voici un roman que j'ai savouré, que j'ai pris le temps de lire pour apprécier chaque ligne car Monsieur Serge Joncour n'a pas de pareil pour nous décrire la nature.  Ces mots sont somptueux, on ressent la beauté et on rentre en immersion dans ces jolis paysages.

Direction le Mont d'Orcières, une maison perchée sur une colline dont l'accès est quasi inaccessible tant la pente est abrupte.  Nous sommes dans les Causses dans le Lot, un gîte perdu au milieu des collines et des forêts, loin de tout village et de toute communication, il n'y a ni téléphone, ni connexion internet, ni gsm...; juste des forêts dans lesquelles évoluent gibiers et bêtes sauvages.

Le roman se passe alternativement sur deux périodes, 1914 d'une part, le tout début de la première guerre et l'été 2017.  Par une construction habile l'auteur nous permettra de comprendre ce qui relie les deux.

1914, c'est la mobilisation, les hommes quittent le village mais aussi les animaux réquisitionnés pour faire la guerre; chevaux, chiens, pigeons, ânes, vaches, moutons...  Les femmes resteront seules au village avec les enfants et les vieillards.  Elles devront mettre les bouchées doubles pour remplacer les hommes et les bêtes aux champs, c'est qu'il faut bien nourrir les soldats.

Un troupeau de 200 moutons sera caché sur les Causses, et Wolfgang Hallzenmaier, un allemand dompteur de fauves sera caché sur le mont d'Orcières avec ses cinq lions et trois tigres attisant les peurs des villageois.

Dévouement des femmes, travail acharné seront mis en avant, on y suivra également le destin de Joséphine.

Un siècle plus tard, c'est Lise et Franck qui viendront s'installer le temps d'un été au Mont d'Orcières.  Lise veut se ressourcer, se recentrer sur elle, actrice de son état, elle souffre des ondes dans nos villes, elle les sent la traverser.  Elle sort d'un cancer et veut quitter tout cela, se reconnecter dans la nature.  Elle a repéré une annonce parlant de calme, de paix et de sérénité. 

Ici, dominant les forêts avoisinantes, elle se sent vivre, elle veut juste peindre, méditer, marcher, respirer, changer de mode de vie loin des radiations, des pesticides et de la pollution de toute espèce.

Franck l'accompagne depuis 25 ans, à tout moment ils étaient ensemble, joignables, connectés l'un à l'autre. Il est producteur de films, depuis peu avec deux associés aux dents longues : Travis et Liam.  Il doit rester joignable pour le boulot et devient fou cherchant désespérément un signal pour son portable -  scène amusante qui démontre notre addiction aux écrans.

Le premier soir, des yeux les observent, c'est un grand chien-loup? Difficile à dire, il semble les avoir choisis.    Il semble chien, ami de l'homme mais est aussi sauvage et agressif. 

Franck résistera-t-il à l'appel de notre monde moderne ?  Appréciera-t-il ce calme apparent ? Car la nuit toutes sortes de bruits et de cris étranges retentissent.  Cette maison, que leur cache-t-elle ?

Un magnifique récit, superbement construit, d'un siècle à l'autre, chapitre après chapitre, il nous parle de la nature humaine, de cette dualité qu'il y a en nous, de notre côté animal, prédateur à l'image de ce grand chien (ami de l'homme) - loup (sauvage).

Il nous parle habilement de notre société, ses dérives, son évolution, notre addiction au smart phone, à ce besoin de connexion virtuelle, de notre mode de vie carnivore, végétarien, de l'évolution du cinéma, des technologies, de l'arrivée d'Amazon et Netflix ...

L'écriture est juste sublime.  On s'attache aux personnages et on voit et ressent profondément cette belle nature.   Immense coup de coeur.

♥♥♥♥♥


Les jolies phrases

Parfois un boulot occupe tellement la vie qu'il envahit l'être, avec son lot de satisfactions, mais surtout ce stress constant.

C'est peut-être ça un couple, avoir irrémédiablement besoin de l'autre, être fondé en partie sur lui, sachant que vu les circonstances, ce sera à l'un ou à l'autre d'assurer, en fonction des échecs et des réussites, sans quoi il n'y aurait plus d'équilibre.  

Chaque femme était une âme en veille dans un monde travaillé par la mort.

Un acteur qui ne tourne plus, c'est une bête lâchée par la meute, un chien ensauvagé.

Les enfants servent à cela, à combler le silence, le vide, les humains ne font pas des enfants pour peupler le monde mais pour se prouver qu'ils existent...  


Lise était aux anges, elle avait ce qu'elle voulait, ne voir que des collines et des arbres, une disposition qui faisait de cette maison, une île, une île perdue dans un océan vert et insondable.

La nature de l'homme est de vite oublier les catastrophes passées, autant que de ne pas voir celles qui s'amorcent.

Être maître d'un animal c'est devenir Dieu pour lui.  Mais avant tout c'est lui assurer sa subsistance, sans quoi il ne redeviendrait rien d'autre que sauvage, ou mourrait.  La nourriture, tout part de là, 'est la concession faite à la liberté.

L'image que Franck se faisait d'Amazon et Netflix, c'était celle de deux prédateurs mille fois plus gros que tout le monde, avec un appétit sans limite, deux super-prédateurs qui comme les loups régulent l'écosystème en éliminant d'abord les proies les plus faibles, les plus petites, les plus vulnérables, avant de s'imposer comme les maîtres absolus du jeu ...

On s'aime mais on ne se le dit plus, on s'aime de telle manière qu'il n'y a même plus lieu de se le dire, de le penser... C'est peut-être le stade ultime de l'harmonie, le seuil de la béatitude entre deux êtres, l'amour devenu à ce point naturel qu'il ne s'énonce même plus.

Les fauves ne renoncent jamais, dès lors qu'ils savent des proies dans les parages, d'une façon ou d'une autre ils cassent les chaînes, les lions plus encore que les hommes ne cèdent jamais sur leur désir.

Aimer c'est ne pas se rendre compte, aimer c'est ne même pas réaliser qu'on est tendu vers l'autre, sans cesse propulsé vers un déséquilibre tentant.

L'homme c'est cette créature de Dieu qui corrompt et dilapide, qui se fait un devoir de tout salir et d'abîmer.  Sans qu'il soit question de malveillance ou de jalousie, de frustration ou de colère, par sa seule présence un homme peut tout détruire.



Du même auteur j'ai lu

et adoré, cliquez sur la couverture pour lire mon billet

Résultat de recherche d'images pour "repose-toi sur moi"