mercredi 14 avril 2021

Dernière visite à ma mère - Marie-Sabine Roger ♥♥♥♥♥

 Dernière visite à ma mère   -  Marie-Sabine Roger  ♥♥♥♥♥




















L'Iconoclaste
Parution : février 2021
Pages : 144
ISBN : 9782378801724
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur


Le regard d’une romancière sur une expérience universelle : l’accompagnement d’un parent en fin de vie.


Pendant deux ans et demi, l’autrice a visité sa mère placée en Ehpad, avant qu’elle ne décède quelques semaines avant le confinement. Très vite, la vieille dame est rendue incontinente et grabataire, faute de personnel à ses côtés. Les mains n’obéissent plus, la mémoire s’évapore, la dépression s’installe. On l’infantilise, on la médicamente pour qu’elle ne crie plus sa solitude. Bientôt, elle ne sera plus que silence. Jusqu’à la fin, cependant, sa fille cherche à renouer les liens avec cette mère fantasque, insaisissable et s’interroge : peut-on se dire ce qu’on ne s’est jamais dit à la fin du jour ? Peut-on enfin oser les gestes de tendresse ? Une écriture à l’os qui donne toute sa portée au récit.

L'auteure


















Marie-Sabine Roger vit en Charente. Autrice jeunesse importante, avec plus d’une centaine de livres à son actif, elle accède à la notoriété en littérature générale avec La Tête en friche, publié en 2008 aux éditions du Rouergue, adapté au cinéma par Jean Becker, qui adaptera aussi Bon Rétablissement. Son dernier roman, Loin-Confins, toujours au Rouergue, est sorti en août 2020. Ses romans sont traduits dans plusieurs langues, avec succès.

Source : L'iconoclaste

Mon avis

Une claque! Un livre qui secoue parce que ce qu'il véhicule est universel et que nous allons tous vieillir! 

Marie-Sabine Roger commence à écrire un journal intime en 2017 alors que sa maman a 90 ans, celle-ci décèdera deux ans plus tard, juste avant le premier confinement.

2017, sa maman doit être placée, un terme dont la définition est réservée aux objets, aux matières inertes.  " Poser quelque chose quelque part, l'y mettre, être mis en dépôt dit le dictionnaire !  Une terminologie atroce.

Être placée cela signifie l'abandon !

L'abandon de sa maison, 50 ans de vie.  L'abandon de ses repères, l'abandon de ses souvenirs.

"Cette maison, c'était un livre ouvert, qui racontait 50 ans de ta vie, de la nôtre"

"Partir, à quarante ans, ça promet l'aventure. A quatre-vingt-trois ans, ça résonne autrement. C'est plutôt le mot "fin" qu'on entend."

Difficile d'accepter la vieillesse et la maladie malgré les divers signes que l'on se refuse de voir.  Difficile de dire à sa maman qu'elle raconte toujours la même chose, qu'elle change, qu'on a remarqué des soucis d'incontinence, qu'elle ne mange plus bien et que l'on voit bien que la télé a remplacé les livres, que les choses changent.

"Ne pas vouloir vieillir, n'est pas du déni mais de l'évitement."

Pour Marie-Sabine, la distance qui s'installe, celle de la communication mais aussi huit heures de route qui les séparent rendent la situation plus compliquée.

Est ensuite décrite, la triste réalité des EHPAD, le manque de personnel, de temps, de moyens; ce qui fait qu'en un rien de temps sa maman deviendra incontinente et dépendante car c'est plus facile de mettre des couches aux gens que de les accompagner dans la dignité...

Vieillir en Ehpad c'est l'abandon de soi aussi.  Pour des raisons pratiques on habille les pensionnaires comme des clowns avec des vêtements trop grands, sans forme mais pratiques pour gagner du temps toujours.

Vieillir en Ehpad c'est subir la honte : honte de se faire dessus parce que l'on n'est plus autonome.  

Vieillir en Ehpad c'est moins de contacts sociaux ou des contacts avec des étrangers qui crient, hurlent au lieu de parler devenant séniles et malades.  C'est une détresse que l'on n'entend pas et qui conduit à l'isolement, à la perte des mots.

Vieillir en Ehpad c'est aussi de la nourriture sans texture, sans saveur, des activités de maternelles, comment garder sa personnalité, rester en éveil, c'est encore et toujours l'abandon.

Marie-Sabine Roger nous livre un récit très réaliste, c'est dur car cela nous concerne tous.  Elle choisit les mots avec force, précision et rend son récit poétique.

C'est lumineux car c'est une façon de dire combien elle l'aime sa maman, important de se réconcilier avant la fin qui est de toute façon inéluctable. Comme elle le dit si bien "On ne cesse pas plus d'être l'enfant que l'on ne cesse d'être mère".

La vie continue et elle trouve la force dans l'émerveillement, celui de la nature, de la vie.

C'est un très gros coup de coeur ♥



Les jolies phrases

Cette maison, c'était un livre ouvert, qui racontait cinquante ans de ta vie, de la nôtre.

Partir, à quarante ans, ça promet l'aventure.  A quatre-vingt-trois ans, ça résonne autrement.  C'est plutôt le mot "fin" qu'on entend.

Ce qui est trop près de nous, on ne le voit pas bien.

La distance entre nous ne se calcule pas de façon kilométrique, elle s'est tissée de choses jamais dites ou que nous disons mal.  Elle se compte en années obscures comme on dit des années-lumière.  L'obscurité est une unité de mesure, chez nous. 

Peut-on prétendre aimer la vie, quand on n'est pas capable d'apprécier un bon plat ?

Vieillir, c'était mourir à tout enchantement.

J'assiste à mon délabrement, je suis le témoin de ma ruine.

Comment être humain, sans humains ?

Faute de moyens et de temps, on te rendra incontinente, puis grabataire, en quelques semaines seulement.

Les colosses ont des pieds d'argile.  Plus près, jour après jour, de leur éboulement.

Plus le temps va, plus il va vite.
Les dix dernières années sont passées dans un souffle.  Les dix prochaines se calculeront en secondes.  Les suivantes, si je les vis, seront un battement de cils. 

On ne cesse pas plus d'être un enfant que l'on ne cesse d'être mère.

Aujourd'hui on sauve les gens, au lieu de les laisser partir.

Aucun médecin n'est formé pour laisser mourir son patient sans rien faire.

Si vieillir est inéluctable, vieillir mal n'est pas obligé. 

On t'isole dans ta chambre pour les mêmes raisons.  Pour ne pas déranger les autres.
On t'isole, quand tu cries de solitude, d'angoisse.  D'envie de retourner chez toi.
Ils ne trouveront jamais le remède, pour ça.
Il n'y en a pas. 

Je n'ai pas peur de vieillir.  Pas d'un point de vue esthétique, en tout cas.  Je me contrefous de mes cheveux blancs et si je râle sur mes rides, certains matins de vieillerie, je m'y suis quand même attachée.  Ce visage qui est le mien, il est unique au monde, il parle de mon histoire, il s'est construit, marqué, jour après jour.
Cette ride soucieuse, là, elle est venue ces derniers mois.  C'est une cicatrice d'inquiétude.  Un faux pli dans la soie de la sérénité.
Mais combien de rires, de sourires, pour toutes celles, nombreuses, qui plissent au coin de l'oeil ?

C'était comme si ton corps et ton esprit avaient fait sécession, l'un décidé à continuer le combat, cependant que l'autre, résigné, n'espérait que la reddition.

La vie est un bien précieux.  C'est aussi un mal incurable.  Personne n'en guérit jamais.

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lundi 12 avril 2021

Des larmes pour Vicky - Pilar Pujadas

 Des larmes pour Vicky   -   Pilar Pujadas










Lamiroy
Opuscule #170
Parution : 15janvier 2021
Isbn : 9782875954206
Pages : 40
Prix : 2 €

Présentation de l'éditeur


La culpabilité les ronge : leur amie Vicky, âgée de 88 ans, est morte avant qu’elles n’aient cherché à se réconcilier avec elle. Que faire de leurs remords ? Les deux femmes se mettent en route vers la maison de la défunte. Elles veulent comprendre ce qui les avait séparées après tant d’années d’amitié. Sur place, au bord de la querelle, elles vont tenter de s’imposer mutuellement leurs différents points de vue.
Qui, au juste, était Vicky ?


L'auteure















Née à Barcelone mais Bruxelloise depuis de nombreuses années, Pilar Pujadas est l’auteure d’un ouvrage publié aux éditions Le Castor Astral : Soit dit entre nous, j’aime trop l’amour, d’un premier roman aux éditions Mercure de France : Cœur-Croisé, et d’un deuxième aux éditions Poussière de Lune : Je t’écris de Barcelone. Avec Des larmes pour Vicky, elle signe une fiction inspirée d’une expérience réelle.


Mon avis

Une nouvelle, un petit opuscule chez Lamiroy.  Un concept sympa , une nouvelle chaque semaine dans votre boîte aux lettres.  Une chouette petite collection.

Vicky avait 88 ans, c'était leur amie.  Chaque mois Anita et la narratrice lui rendaient visite dans sa maison dans les bois.  Elles étaient brouillées depuis six mois et ne s'étaient pas vues depuis.  Il y a un vide mais pas de larmes qui les conduisent naturellement chez Vicky.

La porte de la maison est ouverte alors elles rentrent et s'installent à la table comme avant...

L'image de leur amie était-elle vraiment qui elle semblait être ?  Les idées qu'elles défendaient étaient-elles vraiment les siennes ?

Au bord de la rupture les amies échangent leur point de vue opposé pour mieux se retrouver.

***

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samedi 10 avril 2021

L'herbe dorée Jean-marc Ceci

 L'herbe dorée     -     Jean-Marc Ceci




















Weyrich
La Traversée
Parution : 14 décembre 2020
Pages : 144
Isbn : 9782874896200
Prix : 9.50 €


Présentation de l'éditeur


La collection La Traversée propose des romans courts, écrits par des auteurs belges, offrant aux adultes éloignés de la lecture la possibilité d’accéder au monde des livres et de la littérature.


— Je vois dans tes yeux que tu es perdu. Je connais ce regard, dit Zara.
— Et que vois-tu dans mon regard ?
— Tes yeux me disent que tu t’en vas.

Oumar regarde ailleurs et ne répond pas.

Mon avis

C'est un conte philosophique, une fable que nous propose Jean-Marc Ceci dans ce court roman. Un roman publié dans la collection "La Traversée", qui a pour caractéristique de s'adresser aux adultes en apprentissage de la lecture.  Avec des phrases simples mais pas de simples phrases, l'objectif étant pour les lecteurs moins aguerris de découvrir le plaisir de lire.

Un très joli récit où Oumar quitte un jour sa famille pour entreprendre un long voyage...

L'incipit nous parle de la légende de la prairie dorée, un endroit où l'herbe est d'or, un endroit où se trouve le rocher blanc.  Un endroit qui deviendra la propriété de celui qui le trouve en premier.  Un endroit imaginaire ? légendaire ? ou une réalité ?

Oumar entreprend ce grand voyage en chantant une chanson tout aussi légendaire,  si comme moi vous avez fait les mouvements de jeunesse, vous la fredonnerez en lisant 

Dans ma prairie
Il y a des chansons
Et je suis seul
A les écouter .......   

Je ne peux vous en dire plus , je veux garder le mystère.  Je peux vous dire que la langue est poétique, épurée.  Même si l'écriture est simplifiée pour entrer dans la ligne de cette collection, elle n'est pas simpliste.  Chaque mot est savamment choisi, pesé, ciselé.  On retrouve comme dans le très beau "Monsieur Origami" que je vous invite à découvrir si ce n'est déjà fait, des thèmes que l'auteur aime comme la marche, la quête initiatique.

Ce roman est travaillé, parsemé de symboles et de métaphores, un grand art.  

Ce voyage est magnifique, qu'attendez-vous pour embarquer.

Coup de ♥

Les jolies phrases

Celui qui marche dans la forêt ne voit pas le ciel.  Celui qui veut voir le ciel doit marcher et sortir de la forêt.

Ce que l'homme cherche est souvent déjà là, près de lui.  Parfois, il faut quitter ceux que l'on aime pour comprendre qu'on les aime.

La route est longue pour les hommes qui ne savent pas ce qu'ils cherchent.
Parfois, pour sauter vers une vie meilleure, il faut d'abord reculer et prendre le grand élan.

Quand on est avec ceux qu'on aime, le temps s'arrête mais il passe plus vite, aussi.

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Et vous recommande vivement.
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jeudi 8 avril 2021

Larmes de crocodile - Fidéline Dujeu

 Larmes de crocodile - Fidéline Dujeu














Weyrich éditions
Parution : février 2021
Pages : 144
Isbn : 978287489611-8
Prix : 14 €


Présentation de l'éditeur


Une voix d’enfant, une voix de femme. Deux histoires de métamorphose. Irrémédiablement accrochées l’une à l’autre, elles résonnent comme des contes et des chansons d’adolescence.

Deux récits, l’un centré sur une petite fille puis une adolescente, l’autre sur une femme. Peut-être – sans doute –, le même personnage à différents moments de sa vie?

Larmes de crocodiles évoque les relations de la petite fille avec sa mère. La tension est extrème, la mère est peut-être un monstre. En même temps, chaque étape est mise en pesrpective avec un conte. L’histoire personnelle, intime, devient histoire universelle. La mère et la fille, des types.

Siamois explore la relation d’emprise au sein d’un couple. Racontée du point de vue de la femme, qui subit la violence et s’adresse à son compagnon, son bourreau mais aussi son siamois, en «tu».

Fidéline Dujeu















Je suis. Se définir c’est toujours s’étrécir, rentrer dans les contours d’un texte, choisir ce qu’on dit de soi, mais surtout ce qu’on ne dit pas. Je suis une femme. En soi, c’est déjà un défi, quelle que soit l’époque et le lieu. Je suis écrivaine. J’ai écrit des romans, des poèmes, des nouvelles, des textes fragmentés et défragmentés, sur papier, sur la toile. Des projets sont en construction, ici et là. Je suis performeuse, je me promène avec ma machine à écrire et ma collègue Isabelle Collet et nous écrivons en public, pour les gens, aux gens. Je suis animatrice et formatrice, spécialisée en ateliers d’écriture et d’expression créative. J’anime et je forme, qui me le demande, où l’on m’appelle. Pour la première fois en ligne depuis le début du confinement. Je suis directrice des Ateliers de l’escargot, je ne dirige rien du tout, je suis le mouvement du mollusque. Je suis thérapeute en constellations familiales et ceci a tout avoir avec cela. Maîtrise en transformation du vivant. Je creuse la terre, je la retourne, je sème des graines de tout ce qui pousse et je souffle sur les cosses trop serrées. Voici, une partie de ce que je suis. On peut sans doute découvrir d’autres parts sur les bords de mes routes.

Source : Blog de l'auteure



Mon avis

Ce sont deux textes courts qui font écho que l'on retrouve dans ce livre, Deux histoires de transformation, d'une relation fusionnelle, de la nécessité d'un arrachement, d'une séparation pour avancer.

Voici ce que le premier m'inspire :

Pleurs, 
Peur

Mots  - lire
Lire - Libre  - Ecrire

CONTES

Fille aimée
Fille mal-aimée

Cendrillon : malédiction : souillon
Blanche Neige : pilule - liberté - miroir- beauté

PEURS

Peur : éphémère , princesse ou crapaud ?
Peur : enfant de sa mère , dans son coeur
Peur : du noir par opposition à la lumière

VIOLENCE

Violence du miroir,
Beauté, jalousie
Compétition mère - fille

Folie ou liberté ?

Beauté des filles entraîne folie des mères
Folie de liberté, envie, jalousie

Beauté : corset, cheveux

Souffrir pour être belle
Souffrir pour aimer
Aimer et souffrir

Attendre :

- le mari ?
- l'amour ?

Le temps qui passe :

- violence des images, du miroir
- Flétrir, vieillir

Force, mal , douleur
Force, bien, douceur

Violence du silence

Se perdre 
Se retrouver

Fée ou sorcière ?

De la fusion à la séparation entre la fille et la mère, tantôt la fée bienveillante, tantôt rivale, sorcière hantée par la jalousie.  Dualité, amour et violence, le tout en relation avec les contes de fée.  Une écriture poétique.

Siamoise est le second texte, il parle lui aussi d'une séparation nécessaire.

Une relation fusionnelle, un amour inconditionnel.

Seize ans d'amour, de souvenirs, de fusion mais aussi assez paradoxalement d'enfermement, de solitudes, de déchirures.  Des pleurs, des larmes, la cruauté des faits.

" Je tu nous.   Je tue nous"

L'écriture salvatrice, tout d'abord en cachette puis sur la grosse machine à écrire, assumer, le montrer, le crier pour se libérer.  Gagner la liberté par la créativité.  

Mettre de l'ordre dans l'espace, dans sa vie, dans sa tête. Vieillir, l'accepter et voir l'autre qui ne change pas !  Le temps passe, la famille est là, quatre enfants ce n'est pas rien , ceux qui manquent, les amis, la famille et pourtant la solitude.

L'arrachement est inéluctable, la séparation douloureuse mais nécessaire pour s'affirmer, pour vivre et toujours les larmes.

J'ai terminé le récit une boule dans la gorge prise par l'émotion.  Des frissons, la chair de poule pour un récit que l'on sent personnel mais qui devient universel par le choix des mots au scalpel.  Une écriture poétique, épurée.

Au delà de la souffrance, de l'errance, c'est la libération, la vie qui reprend sa place, l'amour.


Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

Est-ce que la beauté des filles fait ressortir la folie des mères ?
Est-ce que les filles préfèrent la folie à la liberté ?

Le visage de la mère est changeant.  L'enfant ne la reconnaît pas toujours.  Mauvais enfant qui ne reconnaît pas sa mère.  La nuit la transforme.  D'ange du soir, elle devient sorcière du matin.  J'aime les sorcières, pense-t-il, ce n'est pas grave. Non, non.  Baiser du soir, baiser papillon.  Baiser du matin, morsure d'araignée.  Elle n'est pas du matin.  C'est tout.  Qu'on la laisse tranquille.  L'enfant ne laisse jamais la mère en paix, il veut des preuves tout le temps.  Il veut des baisers papillons.  Laisse-moi mais laisse-moi donc, crie la mère dans la tête de l'enfant; et il ne veut pas l'entendre.   L'enfant dévore la mère.  Cannibale. Il n'est jamais rassasié.

Il faudrait écrire de nouveaux contes dans lesquels les femmes cessent de craindre les morsures de leur mère et de leurs soeurs, se débarrassent de leurs haillons, envoient valser les pots de graines et de cendres mêlées, dansent à pieds nus dans la rue, et vont leur vie. 

Migraine, mi- graine, et trijumeau.  Ce sont les noms du mal qui frappe la mère.  C'est sûr, nous avons quelque chose à voir là-dedans, pense l'enfant fille.  Et elle donne alors un peu de pouvoir à ses soeurs.

Même ce que tu voudrais soustraire à mon regard, je le vois.  C'est peut-être ça qui t'est insupportable.  Nous n'avons plus aucun mystère l'un pour l'autre. Seulement pour nous-mêmes.

Je tu nous.  Je tue nous.

La peur de perdre sa liberté peut-être plus forte que la peur de la mort, du désordre, de l'accroissement, de la désorganisation.

Je te quitte en rangeant la maison.  Tu ne vois rien.  tu vois tout.  Tu ne veux sans doute rien d'autre.

J'attendrai toujours de toi ce que tu ne peux pas me donner. 

Je n'ai pas découvert d'autres puissances que la poésie et l'amour.

Il n'empêche, nos images ne s'effacent pas.  Impossible d'être moi-même au delà de toi.

Il y a les abeilles dans le fond de mon jardin.  Je devrais te raconter la douceur de ces abeilles.  Il faut s'en approcher, il faut apprendre à les écouter, il faut faire silence en soi.  Et leur beauté alors. 

Ecrire écrire écrire parce que je ne sais rien faire d'autre, c'est ça ou devenir folle ou criser nerveuse.  Dérapages.  J'ai vieilli, je dérape moins : j'écris, c'est une forme de folie socialement admise.  Tant d'amour. Et les overdoses.  Et les addictions.  Ecrire addiction ça détruit moins, parfois, ça libère.  Être ailleurs et ici, ne pas vraiment en être, la vie est trop forte, les mouvements des corps comme des mouvements stellaires, attractions, je suis sur orbite. 



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mercredi 7 avril 2021

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire


Deux dernières semaines un peu plus calmes pour me permettre de résorber un peu (je pense que c'est illusoire) mon retard.

Le Bal  -   Diane Peylin














Héloïse d'Ormesson
Parution : 08 avril 2021
Pages : 192
Isbn : 9782350877631
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Robin, Rosa, Jeanne et les autres "Il y a des jours où le temps s'arrête pour une longue respiration. Laissant naître des bulles d'air sous le crâne. Des jours entre parenthèses où les draps blancs des fantômes ne couvrent plus le regard des vivants". Au coeur de l'été, dans un village du sud-est, Robin rejoint sa femme, sa fille et sa mère dans la maison familiale. Dans ce lieu gorgé de souvenirs, il va tenter de se réapproprier son corps meurtri après une longue maladie.
Mais les blessures que l'on voit sont rarement les plus profondes. Au cours de ces semaines caniculaires, des tensions apparaissent à l'ombre du mûrier. L'heure est venue pour chacun d'oser dire les présences invisibles qui les ont éloignés les uns des autres. Telle une peintre impressionniste, Diane Peylin sollicite nos sens et compose une ode à la nature. En faisant jaillir les mots qui sauvent, Robin et les siens, traversés par un élan vital, vont enfin panser leurs plaies.
Le Bal est un cri d'amour poussé du sommet de la plus haute montagne.

Il me tente depuis sa parution, c'est le dernier Delphine de Vigan

Les enfants sont rois    -   Delphine de Vigan


























Gallimard - La Blanche
Parution : 04 mars 2021
Pages : 352
Isbn : 9782072915819
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

« La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s’étonna de l’autorité qui émanait d’une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l’obscurité. “ On dirait une enfant ”, pensa la première, “elle ressemble à une poupée”, songea la seconde.
Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. »

À travers l’histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial.

J'avais adoré "la machine Ernetti", bien contente de retrouver la plume de Roland Portiche

Ernetti et l'énigme de Jérusalem   -   Roland Portiche



















Albin Michel - Versilio
Parution : 31 mars 2021
Pages : 400
Isbn : 9782226460653
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur



Une expédition clandestine à la recherche du Temple de Salomon révèle un énigmatique cube de pierre, vieux de trois mille ans. A l’intérieur : un secret qui pourrait remettre en cause la véracité de la Bible et déstabiliser des milliards de croyants.

Une seule solution pour éviter le chaos : mener l’enquête dans le passé. Sur ordre du pape Jean-Paul II, le père Pellegrino Ernetti remonte le chronoviseur, cette extraordinaire machine capable de voir dans le temps, qui aurait été conçue en 1964 et demeure le secret le mieux gardé du Vatican.

Ce qu’elle va dévoiler emmènera le père Ernetti plus loin encore qu’à l’époque du roi Salomon, jusque dans l'Égypte ancienne, sous le règne de l’éblouissante Nefertiti qui pourrait bien détenir la clé de l’énigme.

On termine par un voyage au Japon 

Ce que nous confions au vent -   Laura Imai Messina



















Albin Michel
Traduit de l'italien par Marianne Faurobert
Parution : 31 mars 2021
Pages : 288
Isbn : 9782226450289
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur



Sur les pentes abruptes du mont Kujira-yama, au milieu d’un immense jardin, se dresse une cabine téléphonique : le Téléphone du vent. Chaque année, des milliers de personnes décrochent le combiné pour confier au vent des messages à destination de leurs proches disparus.

En perdant sa mère et sa fille, emportées par le tsunami de 2011, Yui a perdu le sens de sa vie. C’est pour leur exprimer sa peine qu’elle se rend au mont Kujira-yama, où elle rencontre Takeshi, qui élève seul sa petite fille. Mais une fois sur place, Yui ne trouve plus ses mots...

C’est un endroit réel qui a inspiré à Laura Imai Messina ce magnifique roman. Ode à la délicatesse des sentiments, Ce que nous confions au vent est une puissante histoire de résilience autour de la perte et la force rédemptrice de l’amour.