mercredi 7 octobre 2026

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire  



Une semaine de vacances et au retour plus de livres arrivés que de livres lus !!  Cela devient difficile de suivre, je travaille toujours à temps plein  et vais beaucoup au théâtre ! L'avantage d'un livre c'est qu'il est non périssable.  Du belge au programme, cela tombe bien car je vais me préparer pour novembre et la campagne "Lisez-vous le belge" !


Une bd pour commencer, la suite et fin de Zebraska


ZEBRASKA  - Le secret de la grande bascule 

Borecki-Bary-Corbeyran















Dupuis
Parution : 13/9/26
Scénario : Corbeyran/Bary
Dessin : Ludo Borecki
Pages : 72
Isbn : 9782808512008
Prix : 13.50 €

Présentation de l'éditeur

2055. Dans un monde apaisé après les mesures de la « Grande Bascule », qui ont sauvé la Terre d'un burn-out global, Marty vit pourtant dans l'incertitude. Car dans cette société sans livres ni mémoire historique, l'adolescent découvre, grâce à Zebraska, la BD réalisée par sa grand-mère, que d'horribles crimes ont été perpétrés par le passé contre les citoyens jugés différents. Par un certain Hitler, par exemple... Et que Thomas, le père de Marty, pourtant Haut Potentiel Intellectuel et donc différent, a peut-être lui aussi commis d'inavouables méfaits...

Basé sur le formidable roman d'Isabelle Bary, le scénario de Corbeyran (Le chant des Stryges), porté par le dessin de Ludo Borecki (Léa Olivier), invite à réfléchir à la condition des HPI, à leur place dans la société et à la société tout court. La conclusion tout en émotions d'un indispensable diptyque à Haut Potentiel !

Un peu de poésie avec Lisette Lombé qui fut poétesse nationale de 2024-2026

Et nos poèmes resteront émeutes  -  Lisette Lombé



















Maelström
Parution : avril 2026
Pages : 160
Traduit en néerlandais par Katelijne De Vuyst
Traduit en allemand par Christina Brunnenkamp
Isbn : 9782875055514
Prix : 15 €


Présentation de l'éditeur



Ce livre regroupe les douze poèmes écrits par Lisette Lombé lors de son mandat de deux ans (2024-2026) en tant que poétesse nationale de Belgique.
Un corps debout, une voix qui ne tremble plus. Des poèmes-émeutes pour sortir de la sidération et refuser l’anesthésie des solidarités. Une langue frondeuse et nerveuse en contre-attaque des rhétoriques de division.
Un dialogue entre les générations, un socle, une espérance. Des territoires fertiles, rues, cités, forêts, cœurs, mers. Entre belgitude et congolitude.
Ça danse, ça questionne, ça construit. Des projets collectifs, des rencontres, des voyages, des métissages. Drapeau de la tendresse en étendard.
Tentatives de rapprochement.
Fierté.

Édition trilingue français-néerlandais-allemand.
Coédition avec PoëzieCentrum.

Cela fait un moment que je tourne autour de ce livre, comme un appel à le découvrir

La bonbonnière des Wagowski  -  Cpralie Vankerkhoven




















Murmure des soirs
Soirs en poche
Parution : mars 2026
Pages : 304
ISBN: 9782931235355
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

En 1926, Wolf Wagowski, Juif originaire de Pologne, émigre en Belgique. En 1929, sa future femme, Johanna Goldberg, Juive originaire d’Allemagne, vient vivre avec lui à Bruxelles.
Janvier 1943. Un train part de Malines à destination d’Auschwitz. À bord, parmi des centaines de déportés, se trouvent Wolf et Johanna. Ils n’en reviendront pas. A défaut d’avoir voulu les aider, la grand-mère de Coralie Vankerkhoven en portera la culpabilité jusqu’à sa mort.
Dans la Bonbonnière des Wagowski, écrit sous la forme épistolaire, Coralie Vankerkhoven imagine, en se référant aux documents d’époque, quelle a été leur vie ainsi que celle de leurs proches restés en Pologne et en Allemagne. Au fil des lettres qui, de 1929 à 1943, s’égrènent jusqu’à la catastrophe finale, la menace se fait plus précise, l’existence devient plus précaire, tandis que l’impensable s’installe inexorablement.

Découverte en 2017 avec "La sonate oubliée", Christiana Moreau nous propose déjà son sixième roman

La petite fille du tableau -  Christiana Moreau



















Empaj éditionas
Parution : 02/10/26
Pages : 280
Isbn : 9782931011546
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur 

Mélanie croyait avoir touché le fond. L'alcool lui avait tout pris : son travail, son foyer et surtout la garde de sa petite Alice, qu'elle espère un jour serrer de nouveau dans ses bras. Pour tenir debout, elle décide d'écrire un roman pour sa fille qui s'est entichée d'une étrange enfant ayant vécu quatre siècles plus tôt et représentée sur un tableau conservé au château de Blois. Antonietta Gonsalvus est née à la Renaissance. Porteuse d'une rarissime maladie qui se manifeste par une pilosité anormale recouvrant son visage et son corps, elle grandit sous le regard fasciné des plus importantes cours d'Europe. Considérée comme une curiosité, elle trouve pourtant, sous le pinceau de Lavinia Fontana, femme peintre au destin exceptionnel, la reconnaissance de son humanité. Pour la première fois, quelqu'un ne voit plus un phénomène, mais une fillette. En écrivant cette histoire pour Alice, Mélanie découvre que les siècles abolissent parfois les distances et que les blessures, quelles qu'elles soient, n'empêchent ni la beauté, ni la dignité, ni l'amour de survivre. Après avoir fait revivre des artistes et des femmes d'exception dans ses livres précédents, Christiana Moreau nous entraîne sur les traces d'une héroïne méconnue de la Renaissance. Entre émotion et fresque historique, La petite fille du tableau, roman dans le roman, célèbre la force des liens qui unissent les mères et leurs enfants, et le pouvoir de l'art capable de rendre leur identité à ceux que l'Histoire avait condamnés à n'être qu'une curiosité.

Changement de registre , celui du thriller psychologique

Accident(s) -  Sophie Loubière




















Belfond noir
Parution : 08/10/26
Pages : 560
Isbn : 9782714404718
Prix : 22.90 €

Présentation de l'éditeur

Après son grand roman d'anticipation Obsolète, Sophie Loubière décortique l'intime et use comme jamais de ses talents de manipulatrice.

Après une collision qui a failli lui coûter la vie, l'autrice de romans noirs Cécile Varennes voit son monde se fracturer une nouvelle fois lorsque la voiture de son père est retrouvée calcinée au fond d'un bois, près de Nevers. L'enquête conclut à un accident. Cependant, une valise cachée dans la maison du défunt raconte une autre histoire.
À l'intérieur, des coupures de presse faisant mention de disparitions et de meurtres survenus le long de la nationale 7. La même route où ont péri la mère et le petit frère de Cécile, trente ans plus tôt.
Ce que son père traquait, elle l'ignore.
Mais ce sera le moteur de son prochain polar.
Désormais incapable de tenir un volant, la romancière fait appel à Tristan Frato, un ancien photoreporter devenu journaliste dans la Nièvre, pour arpenter les 996 kilomètres de la route bleue. Un homme dont le passé pourrait bien télescoper le présent de la " reine du crime ".

Vérités enfouies, meurtres en héritage... De Paris à Nice plane l'ombre d'un mensonge. Et si la quête de Cécile la conduisait droit dans le mur ?

Original,  un roman double face, je m'explique  "Te retrouver en automne" d'un côté et de l'autre "T'aimer à Noël"  c'est chez Fleuve

Te retrouver en automne  et T'aimer à Noël -  Carène Ponte



















Fleuve
Parution : 17 septembre 26
Pages : 272
Isbn : 978-2265158955
Prix : 19.95 €


Présentation de l'éditeur

La reine de la comédie est de retour cette année avec une double comédie automne/Noël pour vous accompagner au fil des saisons jusqu'aux fêtes !


Il suffit parfois de la magie d'un automne pour raviver un amour de jeunesse.
Mise au défi par Valentine, sa meilleure amie, de recontacter un garçon du lycée dont elle était secrètement amoureuse, Gabrielle est loin d'imaginer jusqu'où ce message anodin va l'emmener...
Quand l'automne touchera à sa fin, il ne restera plus qu'à patienter (si vous le pouvez !) jusqu'en décembre pour retourner le livre et plonger dans l'ambiance de Noël !


Une surprise jeunesse en photos, le monde sauvage à hauteur d'enfant

Au plus près des animaux  -   Laurent Baheux/Mathilde Boisson




















Les arènes jeunesse
Parution : 22 octobre 26
Pages : 80
Photos : Laurent Baheux
Texte : Mathilde Boussion
Isbn : 9791037516510
Prix : 19 €
Lectorat : dès 6 ans

Présentation de l'éditeur

Laurent Baheux est photographe animalier. Depuis plus de vingt ans, il part en expédition en Afrique et en Arctique, à la rencontre des grands mammifères : lions, éléphants, léopards, gorilles, ours polaires... Au fil des pages, il entraîne petits et grands dans une exploration stupéfiante au cœur de la vie sauvage.
Un livre immersif, aux images puissantes, riches en émotions.

Un livre belge jeunesse chez Casterman

Moineau et moi  -   Anne Herbauts

























Casterman jeunesse
Parution : 7/10/26
Pages : 32
Isbn : 9782203315594
Prix : 17.90 €
Lectorat : 3 à 9 ans


Présentation de l'éditeur

Moineau nous emmène explorer des émotions à travers de magnifiques poèmes.

Cet album est tiré du podcast Les émotions : petite musque du dedans dans lequel RadioFrance a invité aNNe Herbauts à écrire des poèmes autour des émotions.
Chaque émotion (fierté, étonnement, timidité, courage, colère, sérénité, solitude, coquin, tristesse, joie, peur, nervosité) correspond à un épisode auquel on accède à la fin du livre grâce à des QRcodes.
Moineau introduit avec malice et délicatesse chaque poème : son humeur, les objets posés autour de lui et la météo par la fenêtre racontent à leur manière ces émotions.
Oh ! Coquin de moineau !
Il a goûté le gâteau !
"Sans manières aucunes,
Le gros fou rire
A grimpé les escaliers
en courant
depuis ton ventre
jusqu’à ta gorge
déployée"


Joie de retrouver Pacco et ses amoureux

Toi et moi  forever  -  Pacco




















Casterman
Parution : 7/10/26
Pages : 128
Isbn : 9782203299962
Prix : 15.95 €

Présentation de l'éditeur


L’album qui rend deux fois plus amoureux !


Avec Toi & Moi – Forever, Pacco revient avec un nouveau recueil de gags inédits, cette fois tout en couleurs !

Sous le regard et les dessins de Pacco, la vie à deux reste un espace de tendresse, de complicité et de fun.

On s’identifie, on s’amuse et on s’émeut toujours autant !


Un peu de musique en bd 

Ringo -  Hervé Bourhis



















Casterman
Parution : 7/10/26
Pages : 88
Isbn : 9782203304239
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur


Les confessions du musicien le plus chanceux du monde


En 1968, en pleine création du mythique « Double Blanc », Ringo Starr quitte temporairement les Beatles. Épuisé par les tensions internes et persuadé de ne plus être à la hauteur, il part se réfugier en Sardaigne. Isolé, il replonge dans ses souvenirs : une enfance pauvre et marquée par la maladie, le Liverpool populaire des années 1950, les clubs enfumés, puis son arrivée tardive au sein du plus grand groupe du monde.

À travers son regard, la légende des Beatles prend une dimension nouvelle : plus intime, plus fragile, profondément humaine.

On termine avec une surprise et une maison d'éditions que je découvre 

Catastrophe naturelle  -  Elya Verdal




















Edwarda
Amazuz
Parution : 15 octobre 26
Pages : 96
Isbn : 9791090778235
Prix : 26 €

Parution de l'éditeur

Ce texte s’est écrit depuis l’effondrement d’un monde, s’est arraché à la blessure, s’est construit sur la destruction de l’amour, la trahison par l’homme aimé. Comment, à partir de la rage, de l’abîme de voir vingt-sept ans de vie commune exploser, se reconstruire en tant que femme ? Comment faire face à une catastrophe naturelle, sentimentale, qui saccage les assises d’une vie ? Que connaît-on de l’autre, cet aimé que l’on croit si proche ?

mardi 6 octobre 2026

Les amateurs - Yan Lespoux

 Les amateurs - Yan Lespoux





























Agullo
Parution : 27/08/26
Pages : 240
Isbn : 978-2-38246-157-0
Prix : 21.50 €


Présentation de l'éditeur


Un roman noir à l’humour décapant


Lors d’une de ses sessions de formation à la récupération de cocaïne en mer, Cosimo Perri, mafieux innovateur, perd malencontreusement la cargaison qu’il devait réceptionner dans le golfe de Gascogne. Dans une station balnéaire du Médoc en pleine hibernation, les locaux commencent à voir s’échouer de nombreux pains estampillés d’un Al Pacino approximatif. Très vite, la nouvelle se répand et les gendarmes voient bientôt débarquer au village des curieux de toute la France. Dans le même temps, Hélène, la patronne du seul bar ouvert, assiste à la naissance de narcotrafiquants en herbe. Débute alors pour Arnaud, Fleur et quelques autres «chanceux» une course contre la montre effrénée pour écouler leur butin et toucher le pactole. Mais c’était sans compter sur Perri qui entend bien récupérer ce qui lui appartient… Inspiré par la « marée blanche » de 2019, Yan Lespoux convoque un casting de personnages aussi hilarants que mémorables dans un roman choral entre polar social et pulp médoquin.


Yan Lespoux


 

Yan Lespoux est né en 1977. Il a grandi dans le Médoc. Il enseigne l’occitan à l’université Paul Valéry Montpellier 3. Il anime régulièrement des débats d’auteurs dans des festivals, et organise des rencontres avec Olivier Pène et Hervé Le Corre à la Librairie La machine à lire à Bordeaux. Il collabore à diverses revues (Marianne, Alibi, Sang Froid, 813) pour lesquelles il chronique des romans noirs. Et il a également créé un blog : www.encoredunoir.com, devenu une référence dans l’univers du polar.

Presqu’îles est son premier recueil de nouvelles. Son roman Pour mourir, le monde paraît le 24 août 2023 chez Agullo.

Source  : Agullo


Mon avis

C'est Hélène, la narratrice qui nous raconte cette histoire tirée d'un fait divers, elle nous fait découvrir une galerie de personnages hauts en couleur, aux surnoms improbables, un univers délirant, ubuesque parfois.

Nous sommes dans une station balnéaire du Médoc en période hivernale, Hélène tient son bistrot, le seul ouvert toute l'année.  Imaginez le décor, vintage, un vieux juke-box avec des titres des années 90, une tête de sanglier empaillée et en dessous, sa vieille mère de 90 ans qui tient la caisse.  Rien de moderne, une ambiance d'un autre temps, même la carte n'a pas évolué, pas de Spritz ou Mojito, un rhum coca au mieux.   Bref, peu importe, ce sont des habitués qui passent, et je peux vous dire que cet hiver là, il y aura du monde régulièrement.

Au large, Cosimo Perri, un mafieux qui donne des cours de récupération de cocaïne en mer.  Vous avez compris, le plan va foirer, une centaine de ballots d'un kilo de cocaïne vont échouer ça et là sur la plage et nous allons être témoins des attitudes de chacun face à cette manne tombée du ciel !!!!

Hélène nous raconte les agissements de Jason le bordelais, Fleur et Arnaud, Créatine et Temesta, l'Américain et puis il y a Justine Raymond, la flic qui enquête, bien entendu, Cosimo Perri qui essaie de récupérer sa marchandise.

C'est drôle, cela commençait en force, un humour décalé, plein de promesses, j'avoue m'être un peu emmêlée les pinceaux à un moment par les nombreuses digressions - amusantes j'en conviens - mais qui m'ont fait perdre le fil.

Je précise que je suis sortie de ma zone de confort, ce n'est pas mon genre de lecture de prédilection.

Ma note : 7/10


dimanche 4 octobre 2026

Bilan de lecture de septembre

 Bilan de lecture de septembre



Septembre, le mois de la rentrée ! Rentrée scolaire qui rime avec rentrée littéraire et un rendez-vous devenu incontournable pour moi, celui du "Livre sur la place" à Nancy.  Un moment de rencontres, convivialité et partage que j'apprécie particulièrement.  Découvertes de nouvelles plumes, augmentation catastrophique de ma PAL !!!!   

Heureusement c'était aussi pour terminer le mois, une semaine de repos et de lectures, 11 livres lus au final.


J'ai commencé le mois avec la préparation de mon café littéraire de septembre et la relecture de ce titre  





La découverte de la magnifique plume de Lilia Hassaine et surtout l'envie de lire "Jane Eyre"



Deux livres jeunesse sur la thème de la rentrée





En allant à Nancy, j'ai écouté l'audio book de Nina Bouraoui




J'ai tenté mais abandonné car ce n'était sans doute pas le bon moment



Un immense coup de cœur pour la plume d'Emma Marsantes,  une belle rencontre à Nancy



Le plaisir de retrouver la jolie plume de Serge Joncour, et cette histoire d'amours à deux siècles d'intervalle



Une rencontre à Nancy, un livre conseillé par un pote et cela fait une belle découverte ! 



En préparation de la rencontre des Ponctuelles, la découverte d'une plume féminine africaine  ♥




Et je termine septembre avec Elisa Shue Dusapin 




Et vous votre mois de septembre ?  De belles découvertes ?


Pour accéder aux chroniques, il suffit de cliquer sur la couverture, si la chronique a été publiée, vous y aurez accès.  Actualisation mensuelle. 

jeudi 1 octobre 2026

Je - Lilia Hassaine

 Je -  Liliane Hassaine















Gallimard
La Blanche
Parution : 20/08/26
Pages : 256
Isbn : 32601000048280
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

« — Que savez-vous de la beauté, Antoinette ?
Il se tourna vers moi, suspendu à ma réponse.
— Pas grand-chose. Mais je sais la reconnaître quand elle est là.
— Eh bien moi, chaque fois que je la vois, elle me blesse.
Quand je vois votre visage, par exemple, quelque chose en moi se trouve comme ébranlé. »

Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s’éprend d’Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau.
Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire.
JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s’est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée.


Lilia Hassaine



























Mon avis

Lilia Hassaine revisite ici le roman victorien et le transforme en thriller domestique qui à l'heure actuelle résonne en violence conjugale, au poids du patriarcat.

JE, c'est la première personne avec laquelle s'exprime Antoinette Cosway alias Bertha Mason, mais ce sont aussi les initiales de Jane Eyre, l'héroïne de Charlotte Bronté.

Avec beaucoup de finesse dans une écriture travaillée, sensorielle, délicate, un style élégant, Lilia Hassaine imagine et donne la parole à la première épouse de Rochester enfermée dans le grenier. 

Antoinette Cosway, créole de bonne famille rencontre Edward Rochester en Jamaïque et en tombe éperdument amoureuse.  Un récit d'amour passion qui deviendra vite celui de la violence et de l'emprise mais aussi celui du déni des personnes qui en sont témoins par leur silence.

La fin de l'esclavagisme et du colonialisme sont bien présents, nous sommes en 1831 lorsqu'Antoinette quitte la Jamaïque pour rejoindre l'Angleterre.

Une découverte par ce roman de la plume de Lilia Hassaine que j'ai vraiment beaucoup aimée.

C'est un coup de ♥


Les jolies phrases

Mais si le cœur est vide, vous verrez la vérité ; et vous n'aimerez pas ce que vous verrez.  Parce qu'un cœur vide, c'est une maison sans gardien : tôt ou tard, de mauvais esprits viennent l'habiter.

Pourquoi le langage amoureux est-il si plein de mensonges, d'histoires qu'on se raconte et qu'on raconte aux autres ?

Pourtant, si je devais plonger plus profondément en moi-même, il me faudrait admettre que je savais déjà. Je savais l'ambivalence de ce geste. Que dans toute morsure est contenue une menace. La morsure parle, et elle dit : Je peux te faire mal, je peux t'entamer, je peux te déchiqueter. Elle est le velours de la bouche, et la cruauté de la mâchoire. La douceur des lèvres, et la pointe des dents. Le baiser, et la blessure. La morsure elle-même recelait toute l'ambivalence du caractère de Rochester.

Les vrais remèdes, c'est pas dans les feuilles.  C'est dans nous. 

Je pensais à tout ce qui porte un nom : une musique qui vous précède, une mémoire qui se déploie à chaque syllabe.  "Antoinette" portait l'odeur du café grillé et des livres humides.  C'était le grain d'une langue dans laquelle ma mère avait ri, pleuré, aimé, la cadence grave de Christophine quand elle priait pour moi.
"Bertha" n'avait pas encore d'odeur. "Bertha" était un couloir vie. 

Ce que Rochester n’aime pas, il ne le détruit pas. Et ce qu’il ne peut pas détruire ne l’intéresse pas.

J'enviais ces femmes de lettres, capables de transformer leur fièvre en lumière, leurs élans en liberté.

Si la vieillesse réduit mon corps, elle semble en retour éclaircir mon esprit - comme si la vie, en se retirant, révélait un sens plus profond à chaque chose.  Peut-être est-ce là le privilège des années : goûter le monde avec plus d'acuité, plus de passion peut-être, à mesure que le temps se resserre. 

Ces hommes éveillent en nous des sentiments si violents qu'on les confondrait aisément avec la passion véritable, oubliant que l'amour ne conduit jamais à l'abîme. 

On juge une femme nerveuse, excessive, ingrate.  Si elle se défend, on la dit violente ; si elle se tait, on l'estime coupable. 

mardi 29 septembre 2026

N'efface pas mes cercles - Emma Marsantes

 N'efface pas mes cercles   -  Emma Marsantes













Verdier
Collection jaune
Parution : 08/26
Pages : 160
Isbn :  9782378562953
Prix : 19.50 €

Présentation de l'éditeur



1980, une femme se suicide dans un appartement cossu. Dans les années cinquante, elle s’était unie avec un jeune homme à qui tout l’opposait.

Explorant son histoire familiale, la narratrice tente de démêler les raisons de ce drame et dresse ce faisant le portrait d’une société aux prises avec ses démons : le patriarcat, la guerre, la colonisation, les injonctions à la réussite et au bonheur.

N’efface pas mes cercles remonte le temps à la recherche des destins brisés et restitue avec force l’atmosphère des époques traversées. Cette saga bouleversante confirme le grand art d’Emma Marsantes.

Emma Marsantes



Née en 1960, Emma Marsantes a grandi à Neuilly-sur-Seine. Elle suit des études de lettres modernes à la faculté de Nanterre, puis à la Sorbonne.

Dans les années quatre-vingt-dix, elle écrit de la poésie qu’elle publie en revue. Professeure de français, elle a principalement enseigné dans des collèges de la banlieue parisienne. À partir de 2009, elle se consacre à la pratique de la photographie.
















Mon avis

Le 18 octobre 1980, la mère de Mia met fin à ses jours dans son appartement cossu de Neuilly.  Emma Marsantes s'interroge sur l'héritage familial.

Par cercles concentriques, comme les anneaux d'un arbre, elle va remonter l'histoire de la famille, des femmes en particulier depuis le début du siècle dernier, une histoire qui se répète, le poids du passé sur des vies empêchées ou dirigées. 

Un style incisif, sobre, petites touches par petites touches, des fragments pour comprendre l'effacement, la violence familiale, le poids du patriarcat, le colonialisme, le manque de liberté des femmes, l'emprise et les injonctions sociales.

La langue est poétique, subtile tout en délicatesse, élégance et pudeur.  Une écriture aiguisée, fragmentée d'une puissance et d'une beauté extraordinaire.

Coup de ♥



Les jolies phrases

Sa vie délivre son grand-père de ce chagrin qui a failli le tuer.

Est-ce d'avoir pris la vie d'un autre qui va le rendre fou ?

Les morts sont-ils morts ? Apparemment, tant qu'on n'en parle pas. Elle a fait passer une consigne stricte, on ne discute pas de politique à table, vous n'y comprenez rien et on n'évoque pas les absents, cela attristerait les enfants.  Comme la guerre s'éteint à peine autour des Grands Chênes, il ne reste plus beaucoup de vivres pour la conversation.  Traverser l'étendue des repas de famille, sans marcher sur les mines enterrées, demande aux convives de la concentration, et l'on avance de gaffe en gaffe, de foudroiement de regard en coup de pied sous la nappe, on s'étouffe à avaler les plats le plus vite possible, on renonce au café pour s'échapper, les larmes aux yeux, dans le jardin.


Sentiments, assentiments, sans et sang, tels sont les homonymes du mot femme.  Sentir, ressentir, être sensible, et supporter le sang.  Le sang rouge et avare laisse les hommes sans voix.  Il s'agit de ne pas en parler.  Chez les hommes, on ne saigne pas. 

Ils obéissent.  Ils n'ont pas le choix.  Déserter, être fusillé, fuir, ou alors la garnison, un régiment, le front.  C'est pour eux;  Affaire de génération. 

Léa fixe l'avenir dans les yeux.  Ne pas jeter un regard en arrière.  Ne pas se retourner.  Qui est ce soldat mort dans la boue des rizières ?  Le savoir, elle n'y survivrait pas.  Si elle rejoint le môle, si elle embarque, il n'y a rien.

Entendez bien, il y a une vulgarité pour les pauvres et une autre pour les riches, il s'agit simplement de ne pas adopter les mauvaise pratiques des autres. 

L'insecte danse dans la lanterne.  Epouse coloniale, femme colonisée, au nom de Dieu, au nom du mâle, au nom des innocents, le grand prisme de la violence, chacun y sera réfléchi à son tour, prédateurs ou indigènes dominés.  La narration est une imposture assumée.  De ma mère, pourtant, je ne retiens pas l'abjection. 

Personne ne sauvera tante Nanette.  Mais Elsa a retenu la leçon.  Obéir. Passer pour, filer droit, ou être transformée en déchet.