mardi 15 novembre 2016

Chanson douce - Leila Slimani

Chanson douce
Leila Slimani

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Gallimard
Collection Blanche
Parution : 18/08/2016
240 pages
140 x 205 mm
ISBN : 9782070196678
Prix : 18,00 €

Avis de l'éditeur


Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

L'auteur nous en parle





Mon avis


Un récit dont on parle beaucoup, un incontournable de cette rentrée à mon sens surtout pour le questionnement qu'il véhicule. Des réflexions concernant l'éducation que l'on donne à nos enfants, le temps qu'on leur consacre, toujours occupés, jamais disponibles, obnubilés par notre travail, notre ascension sociale.

Le sujet est grave puisque le livre commence de suite par l'horreur. Myriam rentre plus tôt du travail dans le but de surprendre ses enfants et de jouer un peu avec eux et c'est l'horreur. Son bébé Adam et sa soeur Mila sont retrouvés morts. Louise a voulu se donner la mort après les avoir massacrés, elle est dans le coma. Mais que s'est-il passé ?

C'est ce qui est intéressant, Leila Slimani va peu à peu nous faire comprendre comment on en est arrivé là.

Paul et Myriam ont deux enfants Mila et Adam. Myriam éprouve le besoin d'à nouveau travailler; elle étouffe un peu à la maison avec ses enfants qu'elle adore. Elle était avocat avant leur naissance et veut retrouver un épanouissement professionnel. Il va falloir trouver une nounou aux enfants, ce n'est pas facile, ils n'ont jamais été séparés de leurs parents.

Une chose est certaine il faudra trouver quelqu'un de confiance, pas de personnes étrangères, sans papier, ne parlant pas français. Non il faut quelqu'un qui n'aura pas peur d'agir et de demander de l'aide en cas de problème. Les auditions se poursuivent et ils rencontrent Louise. Elle a de belles références, elle est veuve, plus d'enfant dans les pieds.

Petit à petit Louise, véritable fée du logis, va savoir se rendre indispensable. Ils ont trouvé la perle rare, discrète, qui non seulement s'occupe à merveille des enfants, joue avec eux mais aussi s'occupe du linge de maison, du ménage, cuisine des repas de rêve. Il est devenu inimaginable de faire sans elle. Mais Paul et Myriam doivent aussi veiller à garder leurs distances, à jouer leur rôle d'employeur; tout cela sans jamais choquer ou risquer d'humilier Louise qui est seule et ne roule pas sur l'or.

Leila Slimani excelle dans la psychologie de ses personnages. Petit à petit elle distille de petits éléments sur la personnalité de Louise qui amèneront peu à peu de la suspicion, des tensions car on le sait depuis la première page le drame va surgir un moment donné. On est bien loin d'une chanson douce, c'est un véritable drame psychologique. Le côté obscur de Louise se dévoile peu à peu. Ce qui dérange c'est que ce récit est très réaliste.

Leila Slimani aborde la parentalité, la dualité entre les contraintes liées à la réussite professionnelle et le rôle de parents. Elle aborde aussi la solitude, les milieux défavorisés, immigrés, les sans-papiers, la pauvreté.

La tension est permanente et ce récit nous laisse un sentiment dérangeant, une culpabilité dans nos rapports avec nos enfants. Un roman fort qui secoue et ne laisse pas indifférent.


Ma note : 8.5/10


Les jolies phrases

Elle se dit qu'elle pourrait les contempler des heures sans se lasser jamais.  Qu'elle se contenterait de les regarder vivre, d'agir dans l'ombre pour que tout soit parfait, que la mécanique jamais ne s'enraie. Elle a l'intime conviction à présent, la conviction brûlante et douloureuse que son bonheur leur appartient.  Qu'elle est à eux et qu'ils sont à elle.

Mais dans quel lac noir, dans quelle forêt profonde est-elle allée pêcher ces contes cruels où les gentils meurent à la fin, non sans avoir sauvé le monde ?

Louise est un soldat. Elle avance, coûte que coûte, comme une bête, comme un chien à qui de méchants enfants auraient brisé les pattes.

Elle se sent sentimentale tout à coup.  C'est ça qu'être mère a provoqué.  Ça la rend un peu bête parfois.  Elle voit de l'exceptionnel dans ce qui est banal.  Elle s'émeut pour un rien.

Vous ne devriez pas chercher à tout comprendre.  Les enfants, c'est comme les adultes.  Il n'y a rien à comprendre.




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