dimanche 23 février 2014

Lauréat Prix Première, l'expérience d'un jury

Prix Première 2014 : le lauréat

Prix Première 2014  - Pierre HAVRENNE - RTBF ©Et le lauréat du Prix Première 2014 est ... Antoine Wauters !


Notre lauréat : Antoine Wauters et son magnifique premier roman "Nos mères"

Prix Première 2014  - Pierre HAVRENNE - RTBF ©Et le lauréat du Prix Première 2014 est ... Antoine Wauters ! Et le lauréat du Prix Première 2014 est ... Antoine Wauters !

Le lauréat du PRIX PREMIÈRE 2014 est ANTOINE WAUTERS pour son premier roman NOS MÈRES, publié aux éditions Verdier. Son livre a été choisi par un jury d’auditeurs de LA PREMIÈRE parmi une sélection de dix premiers romans. Ce prix, doté de 5.000 E, lui a été remis ce jeudi 20 février 2014 à 12h30, dans le cadre de la FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES à Tour & Taxis. Le PRIX PREMIÈRE récompense un premier roman francophone.
C’est sa 8e édition !

Un enfant au milieu d’une guerre.
Un jeune héros qui sort de l’enfer.
Un premier roman vibrant.
D’une force qui vous donne le courage d’aimer la vie !

"Dans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère affrontent la guerre qui vient d’emporter le père. L’un et l’autre tentent de s’aimer, de se soutenir malgré leurs souffrances. L’incompréhension l’emporte. Alors, il faut se mentir. Et c’est dans un autre pays, en Europe, que le gamin, qui se passionne pour l’opéra et l’écriture, finira par trouver une vie à sa taille.
Antoine Wauters réussit la difficile union de l’intime et de l’universel, des guerres civiles et de nos guerres intérieures. Son jeune héros, obstiné et généreux, transforme la sauvagerie en beauté et nous emporte dans le rythme de son énergique poésie." (Laurent Dehossay et les jurés du Prix Première).

Antoine Wauters (né à Liège en 1981) est philosophe de formation. Il travaille dans le domaine de l’édition et comme scénariste pour le cinéma. Il a publié trois livres aux éditions Cheyne, notamment Césarine de nuit, qui a fait l’objet de plusieurs lectures par la comédienne Isabelle Nanty. Nos mères est son premier roman.

La remise du prix en vidéo

Mon avis

C'était un énorme coup de coeur. Mon avis se trouve ici.
J'ai juste envie d'ajouter qu'il est important de lire la phrase de préface et de persévérer sur les 20 premières pages dont l'écriture (magnifique et poétique) pourrait vous perturber mais je vous assure qu'une fois entré dans la musicalité et dans le rythme de l'écriture, vous serez embarqué, happé jusqu'au bout de ce magnifique récit.


Mon expérience de jury

Jeudi se terminait une très belle expérience grâce à l'initiative de la Première.
Merci à Corinne Boulangier, directrice de la Première à l'initiative de ce prix.
Merci à Ysaline Parisis, Laurent Dehossay et Eve Jans de la RTBF qui nous ont encadrés dans les réunions liées au prix.
Merci à mes 9 acolytes, membres du jury pour ces échanges et débats enrichissants.
Ce fut vraiment une expérience très riche à tout point de vue, découvertes, partages, échanges, débats, une expérience qui restera gravée en moi et la confirmation d'un bel écrivain en devenir.

Si vous voulez vivre cette expérience unique, il ne tient qu'à vous de vous inscrire et comme moi faire de votre rêve une réalité.

Le prix m'a permis de découvrir de nouvelles plumes dans des registres complètement différents, de m'ouvrir à certaines littératures vers lesquelles je n'aurais pas été volontairement et à connaître des ouvrages qui seraient sans doute passé inaperçus sans ce prix.  Je garde quelques coups de coeur que je vous partage.

Dans un registre onirique un peu fantastique et très poétique je vous recommande Karin Serres




 mon avis est ici.  Une auteur à suivre.
Une belle graine d'écrivain également, on en reparlera très certainement: Déborah Lévy-Bertherat


Les voyages de Daniel Ascher

mon avis est ici

Et pour terminer dans le registre biographie même s'il n'en s'agit pas d'une mais d'un roman : Rodolphe Barry qui m'a donné l'envie de lire Carver.

Devenir Carver

mon avis


Les avis sur la sélection complète se trouvent ici




mardi 18 février 2014

Ils ont rejoint ma PAL

Tentations tentations,

Plume de Cajou m'a fait succomber


S  un petit bijou  dans le genre bel objet on ne fait pas mieux, j'ai lu quelques pages cela semble génial, c'est prenant

http://supernovo.net/wp-content/uploads/2013/09/S.-JJ-Abrams.jpg

Créé par JJ ABRAMS (scénariste, réalisateur et producteur entre autre de Lost, Alias ou Fringe et rédigé par Doug Dorst.



Imaginez un vieux livre de bibliothèque rempli d'annotations diverses, à l'intérieur duquel vous trouvez vieilles photos, cartes postales, articles de presse, et autres documents.  

Résumé

Straka est le nom de l’écrivain le plus énigmatique du XXe siècle. Auteur de dix ouvrages sombres et scandaleux, il aurait trouvé la mort en 1946, sans que nul n’ait jamais découvert son identité. D’aucuns pensent qu’il est lié au déclenchement de la Première Guerre mondiale, d’autres, qu’il est le nom derrière lequel se cache une sinistre société secrète ; quelques originaux disent même qu’il s’agit de l’esprit d’une nonne martyre s’exprimant par l’intermédiaire d’une fillette de 9 ans ! Éric, doctorant en lettres fasciné par cet auteur, tente de percer son mystère. Pourtant, seul, il piétine. Ce n’est qu’en retrouvant la copie égarée du dernier ouvrage de Straka, Le Bateau de Thésée, annoté par Jennifer, une autre étudiante, qu’il avance dans son enquête. La jeune fille a un esprit plus audacieux que le sien, et ses théories farfelues pourraient bien être plus proches de la vérité que les siennes. Travaillant de concert, les deux étudiants sont désormais tout près de découvrir l’identité de Straka. Un secret qui a pourtant défié le monde pendant près d’un siècle. Et certains sont prêts à tout pour le préserver… jusqu’à faire couler le sang. LA VERITE N’A PAS DE PRIX
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J'ai craqué Merci Cajou
Voir son article  Attention danger si vous lisez ceci vous risquer d'en avoir envie

Partenariats avec  Babelio



Arrivera bientôt

et j'ai vraiment une grande envie de le lire






SANDRINE COLLETTE

Un vent de cendres


Des années plus tôt, un accident l'a défiguré. Depuis, il vit reclus dans sa grande maison. Jusqu'au jour où surgit Camille...

Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges, Octave, le maître des lieux, regarde sa sœur Camille d'un œil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l'endroit au plus vite, partir loin de cette angoisse qui ne le lâche plus.
Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais Malo n'en démord pas. L'étrange facination d'Octave pour Camille, pour ses cheveux d'un blond presque blanc, le met mal à l'aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme autrefois séduisant, au visage lacéré par une vieille blessure.
Ils se disputent et, le troisième jour, Malo n'est plus là. Personne ne semble s'en soucier, hormis Camille qui veut retrouver son frère à tout prix.
Mais leur reste-t-il une chance de sortir vivants de ce domaine, ou le piège est-il déjà refermé?




272 pages, 155 x 225 mm


ISBN : 9782207117361 / Gencode : 9782207117361
Code distributeur : B26464

Catégorie > Sous-catégorie : Policiers > Romans noirs


Collection Sueurs Froides
Parution : 13-02-2014

Je l'attendais avec impatience, il figurait sur ma liste des envies, Babelio et les Editions Denoël me l'offrent. J'ai hâte de le recevoir, d'autant plus que je rencontre Sandrine Collette à la Foire du Livre de Bruxelles dimanche prochain le 23 février.



SANS OUBLIER      ARIANE BOIS

Sans oublier par Bois


Une autre découverte qui arrivera bientôt dans ma boîte aux lettres, merci Babelio et les éditions Belfond

La mort de sa mère, elle pourrait en mourir. Pourtant elle va survivre, et l'épreuve de douleur se fait parcours de réconciliation, de compréhension et de vie. Un roman thérapeutique, une plume trempée dans l'urgence, un roman d'aujourd'hui.Lorsqu'elle apprend l'accident qui a coûté la vie à sa mère, une jeune femme voit sa vie exploser. Tout se délite et s'obscurcit dans le ciel de sa mémoire. L'onde de choc atteint ses enfants et son mari. Pour enrayer cette chute libre, il lui faut partir, tenter de se retrouver pour sauver les siens.


Récit d'un crash intime, d'une fugue maternelle sur les traces d'un silence familial, Sans oublier raconte comment, pour devenir mère, il faut d'abord cesser d'être une fille.


Une écriture intense qui réconcilie de façon saisissante la noirceur du deuil et la rage de vivre.


Grand reporter au sein du groupe Marie-Claire et critique littéraire pour le magazineAvantages, Ariane Bois a déjà publié deux romans, Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay, 2009 ; J'ai Lu, 2010) et Le Monde d'Hannah (Robert Laffont, 2011 ; J'ai Lu, 2014). Tous deux ont été salués par la critique et par des prix littéraires, et traduits en plusieurs langues.


Et pour finir avant la Foire du Livre de Bruxelles qui risque de grossir ma PAL, le troisième cadeau de Babelio et les éditions Le Passage

LE SILENCE DE LA CHAIR  Olivier RASIMI


Collection : Littérature
Pages : 
320
Format : 14 x 20,5 cm

Prix : 18 €
ISBN : 978-2-84742-
222-1

Paris. Le Jardin des Plantes.
Dans son laboratoire, près de la ménagerie, Jeanne travaille au séquençage du génome des singes. Un virus vient de prendre par surprise l’humanité. Hommes et femmes tombent comme des mouches, un grand sourire aux lèvres.
La maladie, pourtant, n’atteint pas les primates.
Jeanne cherche à débusquer le virus, à trouver le vaccin, guérir l’humanité.
Ce qu’elle rencontre d’abord, c’est une petite femelle bonobo qu’elle appellera Sheena. Puis, pour s’occuper d’elle, Zem, un homme étrange, botaniste peut-être ou mystique d’un genre particulier, admirateur des arbres.
Zem qui, avec elle, cherchera à son tour la vérité. Dans les plantes, au sommet des Ginkgo biloba, en lui-même, dans les yeux de Sheena.
Dans le silence de la chair.
De belles découvertes en perspectives.


samedi 15 février 2014

Prix première : les résultats jeudi 20 février


Une très belle expérience, le Prix première, j'y reviendrai jeudi après la proclamation du lauréat ou lauréate.

Il s'agit de récompenser un premier roman francophone.

Une petite vidéo des délibérations du jury , c'était le week-end dernier.

Les coulisses du jury Prix Première


Les 10 titres en lice sont :

 L'histoire du fakir... ardenPatricia Emsens Retour à PatmosL'esprit de l'ivresseDevenir CarverLes voyages de Daniel Ascher la légèreté
 Nos mèresEn finir avec Eddy Bellegueule - Edouard Louis


Le lien vers mon modeste avis en cliquant sur la couverture

En finir avec Eddy Bellegueule Edouard Louis *****

En finir avec Eddy Bellegueule - Edouard Louis

Editions Seuil
Parution le 02/01/2014
Collection : Le cadre rouge
224 pages
prix 17 euros

QUATRIÈME DE COUVERTURE




"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ?Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici."
En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.


Édouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu: l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.

MON AVIS


Une grosse claque, un livre coup de poing.

Edouard Louis alias Eddy Bellegueule nous plante le décor dans le titre "En finir avec Eddy Bellegueule".  Dans son premier magnifique roman autobiographique : la naissance de quelqu'un d'autre, la volonté de fuir sa condition d'origine.

Du haut de ses 21 ans, il nous narre avec une très grande sincérité sa vie, son cheminement jusqu'aujourd'hui.  Brillant, étudiant en sociologie, il règle ses comptes avec son enfance et son adolescence jusqu'à l'avènement d'un écrivain très prometteur.

Tout pourtant le prédestinait à un avenir peu brillant.  Né dans un village de Picardie - comme il en existe bien d'autres en France profonde ou dans nos Ardennes - où l'on quitte généralement l'école à 16 ans pour suivre le chemin des pères : être ouvrier à l'usine, c'est comme cela de génération en génération.

Pour les filles, en général, pas d'études, elles deviennent caissières, coiffeuses, femmes au foyer et surtout mères, très jeunes.  Elles épousent des gars du village ou des environs, il n'y a pas beaucoup d'autres perspectives.


"Tout se passe comme si, dans le village, les femmes faisaient des enfants pour devenir des femmes, sinon elles n'en sont pas vraiment.  Elles sont considérées comme des lesbiennes, des frigides."

"Quelques-unes travaillent, mais la plupart du temps elles gardent les enfants Je m'occupe des gosses et les hommes travaillent, ils bossent à l'usine ou ailleurs, le plus souvent à l'usine qui employait une grande partie des habitants, l'usine de laiton dans laquelle mon père avait travaillé et qui régissait toute la vie du village."


Eddy nous dépeint les conditions sociales très précaires, un Zola du vingtième siècle.

Son grand-père était violent et alcoolique, cela a laissé des traces chez son père qui se veut être un dur, ne sait pas laisser transparaître ses sentiments.  Que faire au village à part boire un verre avec les copains au bistrot du coin et regarder la télé.  

Eddy est différent depuis toujours, un peu "maniéré" , il parle avec une vois aiguë en faisant de grands gestes.  Il ne comprend pas qui il est.  Il est quotidiennement harcelé au collège par deux élèves.  Il vit la peur au ventre, la peur que l'on sache qu'il se fait violenter quotidiennement, plus que la peur: la honte.

"Quand je me réveillais, la première image qui m'apparaissait était celle des deux garçons.  Leurs visages se dessinaient dans mes pensées, et, inexorablement, plus je me concentrais sur ces visages, plus les détails - le nez, la bouche, le regard - m'échappaient.  Je ne retenais d'eux que la peur."

"Quand elle a fait de nouveau irruption elle ne m'avait donc pas quitté. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle resurgisse.  Je pensais que la honte que nous partagions, moi, mes parents et mes copains, était trop puissante, qu'elle empêcherait qui que ce soit d'en parler et qu'elle me protégeait.  Je me trompais."



Il découvrira son homosexualité , passera de la négation, du dégoût, à la honte, en assumant et comprenant qui il est.


"En rentrant chez moi je pleurais, déchiré entre le désir qu'avaient fait naître en moi les garçons et le dégoût de moi-même, de mon corps désirant."

"Je ne me lavais plus les mains quand elles étaient imprégnées de l'odeur de leurs sexes, je passais des heures à renifler comme un animal.  Elles avaient l'odeur de ce que j'étais."

Ce livre est très fort et très prenant, je l'ai déjà dit mais c'est évident quelle sincérité.  Il dépeint une réalité sociale, la précarité, le manque d'hygiène et d'éducation, le chômage, sans misérabilisme. Il nous décrit son mal être, sa peur, sa honte, la découverte de son homosexualité, le rejet, l'envie de sortir de ce milieu.

Par l'écriture Edouard Louis  s'évade, il grandit, il nous livre crûment, durement, les propos entendus dans son enfance, ce qui apporte encore de la véracité, de l'authenticité au récit.

Veut-il par ce livre renier son milieu social ou au contraire mettre en lumière une réalité toujours présente ? Est-ce un essai sociologique ?

Quoi qu'il en soit ce livre est prometteur, une maturité et une richesse de vocabulaire incroyable.  Une écriture parfois "rustre", "rêche" mais qui décrit bien les conditions de son enfance, sans tomber dans les clichés et le pathos.

Encore une fois un livre sur la résilience sur la volonté de se sauver par l'écriture.  Un écrivain en devenir à suivre de très très près.  

A lire au plus vite.


Ma note 9.5/10




LES JOLIES PHRASES

C'est un élément auquel on ne pense pas, la douleur, le corps souffrant tout à coup, blessé, meurtri. On pense - devant ce type de scène, je veux dire : avec un regard extérieur - à l'humiliation, à l'incompréhension, à la peur, mais on ne pense pas à la douleur.

Mon père m'a tendu quelque chose, une bague, son alliance.  Il m'a invité à la mettre, à en prendre soin.  Parce que là je le sens, faut que je te dise, papa va mourir, je le sens que là je vais pas tenir longtemps. Faut que je te dise aussi un truc, c'est que je t'aime et que t'es mon fils, quand même, mon premier gamin.  Je n'avais pas trouvé ça, comme on pourrait le penser beau et émouvant.  Son je t'aime m'avait répugné, cette parole avait pour moi un caractère incestueux.


Qu'une multitude de discours la traversaient, que ces discours parlaient à travers elle, qu'elle était constamment  tiraillée entre la honte de n'avoir pas fait d'études et la fierté de tout de même, comme elle disait, s'en être sortie et avoir fait de beaux enfants, que ces deux discours n'existaient que l'un par rapport à l'autre.

Il voulait un gosse, c'est un homme, et tu sais les hommes avec leur fierté, il voulait avoir une famille.

Les enfants inspirent plus facilement la pitié et j'étais désigné comme étant celui qui devait utiliser cet atout pour obtenir de la nourriture.

Une volonté, un effort désespéré, sans cesse, recommencé, pour mettre d'autres gens au-dessous de soi, ne pas être au plus bas de l'échelle sociale.

Parler philosophie, c'était parler comme la classe ennemie, ceux qui ont les moyens, les riches. Parler comme ceux-là qui ont la chance de faire des études secondaires et supérieures et, donc, d'étudier la philosophie.

Jamais je ne parvins à complètement m'intégrer aux cercles de garçons. Nombreuses étaient les soirées où ma présence était soigneusement évitée, les parties de football auxquelles on ne me proposait pas de participer.  Ces choses dérisoires pour un adulte qui marquent un enfant pour longtemps.

Qui ne se sent pas un homme en effet aime à le paraître et qui sait sa faiblesse intime fait volontiers étalage de force.





dimanche 2 février 2014

Les voyages de Daniel Ascher Déborah Lévy-Bertherat *****

Les voyages de Daniel Ascher  -  Déborah Levy-Bertherat





Genre : littérature française
Collection : littérature / Rivages
Parution août 2013
Grand format 192 pages
18 euros
ISBN 2-7436-2584-8


Quatrième de couverture



Une année particulière commence pour Hélène, quand elle s'installe à Paris pour étudier l'archéologie. Elle est logée par son grand-oncle Daniel, un vieux globe-trotter excentrique qu'elle n'apprécie guère. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de H.R. Sanders, de La Marque noire, une série de romans d'aventures qu'elle n'a même pas lus. Son ami Guillaume, fanatique de cette série, l'initie à sa passion. Mais pour Hélène le jeu des lectures ouvre un gouffre vertigineux. Elle découvre en Daniel un homme blessé, écartelé entre deux identités et captif d'un amour impossible. Elle exhume de lourds secrets de famille remontant aux heures sombres de l'Occupation. Pendant ce temps, les lecteurs de H.R. Sanders attendent le vingt-quatrième volume de la série, dont les rumeurs prétendent qu'il sera le dernier. En explorant avec finesse les blessures d'une mémoire tentée par le vertige de l'imaginaire, Déborah Lévy-Bertherat rend ici hommage aux sortilèges ambigus de la fiction.




Déborah Lévy-Bertherat



Déborah Lévy-Bertherat vit à Paris où elle enseigne la littérature comparée à l'Ecole normale supérieure. Elle a traduit Un héros de notre temps de Lermontov et Nouvelles de Pétersbourg de Gogol. Les Voyages de Daniel Ascher est son premier roman.


Mon avis

Hélène , jeune étudiante en archéologie s'installe dans une chambre de bonne chez son grand oncle Daniel à Paris.  Ce grand-oncle , frère de sa grand-mère, elle le connaît très peu, et il est vrai qu'elle ne l'a jamais apprécié.

Daniel a toujours été présent aux réunions de famille, à la table des enfants à raconter des histoires fantasques.  Il est toujours aux quatre coins de monde pour y trouver source d'inspiration. Et pour cause, son grand-oncle aime les aventures et c'est sous le pseudo de H.R. SANDERS qu'il publie la célèbre série  "la Marque Noire".  Hélène et son frère ont d'ailleurs reçu les 23 volumes dédicacés, mais Hélène n'en a lu aucun.

En s'installant chez Daniel, elle tombe amoureuse de Guillaume, un étudiant qui est lui grand fan de la série.

Petit à petit, Hélène et Daniel vont s'apprivoiser.  Guillaume lui racontant la série va lui donner une clé, et en future bonne archéologue, Hélène va mettre au grand jour les secrets enfouis de son grand oncle.

Daniel, Ascher de son vrai nom, fils d'un photographe juif polonais est arrivé à l'âge de 10 ans dans la famille Roche, des Justes qui l'ont hébergé pendant la guerre, puis adopté c'est alors qu'il est devenu Daniel Roche.

Hélène se rendra très vite compte que les 23 aventures de la Marque Noire racontent la véritable histoire de son grand-oncle.  Elle les relira un à un, voyagera au départ de la rue d'Odessa, en Auvergne, aux Etats-Unis et comprendra le destin tragique, la tristesse de Daniel et comment en utilisant ces déchirements, en se livrant il donnera du rêve aux enfants.

Ce livre fera grandir Hélène , qui quittera sa vision d'ado pour entrer de plein pied à l'âge adulte.  Dommage que le personnage d'Hélène et sa relation avec Guillaume ne soient pas aboutis.

C'est le seul bémol de ce livre oscillant entre histoire d'amour, l'histoire avec un grand h, roman d'aventures qui nous emmène vers une palette d'émotions oh combien variées.  Il revient avec un peu de nostalgie sur des personnages du passé, la guerre, la persécutions des juifs, les Justes.

Un petit livre lumineux, petit format de 185 pages qui se lit d'une traite et nous montre également un  joli travail sur l'écriture et sa nécessité d'être.

Un petit coup de coeur.

ma note  9/10


Les jolies phrases

Est-ce qu'à son âge elle pourrait refaire sa vie, on refait une partie de cartes ou les peintures du salon, mais sa vie, est-ce qu'on peut.

 L'avion est passé au-dessus des nuages, l'océan a disparu.  C'était peut-être ça devenir adulte, émerger des nuages, quitter la pénombre bénie de l'enfance, entrer dans la clarté aveuglante d'une vérité qu'on n'avait pas demander à connaître. Et elle qui n'avait jamais eu peur de l'altitude, elle a senti, pour la première fois, les trente mille pieds de vide au-dessous d'elle.

De toute façon, se disait Hélène, la ressemblance non plus ne veut rien dire, le père, c'est celui qui se lève la nuit quand on a peur, qui retrouve la pièce du puzzle perdue.  C'est celui qui passe des savons. Celui qui est là.